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CAN 2025 au Maroc : L’imposture du "Roi Bâtisseur" et le sport comme paravent d’un Makhzen corrompu :

Découvrez comment le Makhzen instrumentalise la CAN 2025 pour masquer l’accaparement
des richesses par une minorité. Entre détournement des fonds publics, corruption des médias
européens et fabrication d'une menace algérienne imaginaire, plongez dans les
coulisses d'un régime qui sacrifie la santé et l'éducation de son peuple au
profit d'une propagande de prestige. Un éclairage sans concession
sur un Maroc devenu une 'terre hostile' pour ses voisins

Pour les Algériens, les Marocains restent de mauvais voisins tant qu'ils accumulent des gouvernants comme H.2 et M.6  qui pratiquent avec cynisme une politique continue d'affaiblissement politique, militaire et économique du Maroc qui va vers l’obscurantisme amené par une culture étrangère  juive et moyenâgeuse. Relativisme, cynisme, égoïsme, haine de soi, font le lit de sa destruction. Le bien-être du peuple Marocain ne viendra pas d’un pouvoir corrompu et conçu pour l’accaparement des richesses par une minorité de possédants, le bilan du Makhzen (largement favorisée par la France à la fin du protectorat) n’a jamais été brillant par l’étroitesse d’esprit, de l’égoïsme et des magouilles.

Cependant il n'appartient qu'aux Marocains de s'en sortir, désigner les Algériens coupables de leurs échecs semble un aveu sournois de faiblesse, de manière générale, le Maroc est agacé par l’engagement algérien en Afrique, qui marque son retour sur le continent africain. Le souverain du Makhzen voit par exemple d’un mauvais œil l’implication de l’Algérie au Niger, en Mauritanie et au Mali. Cet exemple est assez révélateur de la guerre médiatique que mènent depuis des années les médias du Makhzen Marocain, des attaques plus virulentes que les discours officiels, censées forger l’opinion publique mené dans une surenchère médiatique et diplomatique à l’encontre de l’Algérie.

Dans le cas du Maroc, l’opposition avec l’Algérie est un moyen de légitimer le makhzen en donnant le sentiment d’une menace extérieure, pourtant les demandes de la population Marocaines portent surtout sur la politique interne, et les citoyens ne considèrent donc pas les rivalités contre l’Algérie comme une priorité et ont trop d’intérêt à ce que des budgets disproportionnés soient consacrés à la gestion du Palais, à la défense et à la corruption pour l’achat des députés et des médias européens, ces sommes colossaux auraient pu être utilisées pour des services publics essentiels comme la santé ou l’éducation. On peut mesurer précisément l’impact sur l’opinion marocaine, bien que l’on puisse observer sur les réseaux sociaux la volonté de certains citoyens marocains de réaffirmer leur fraternité avec leurs voisins algériens. Pourtant plus de 45 à 55.000 ouvriers Marocains travaillent en Algérie, ce que les autorités du Makhzen forcent de garder en silence, ce qui  peut donc passer aux yeux de la société pour de la propagande.

Je suis Algérien, et nous sommes fiers du parcours de nos jeunes. Nous, Algériens  avons l’habitude de jouer dans l’adversité et de gagner,. Nous ne sommes pas des pleureurs et nous reviendrons plus forts. Nous avons perdu parce que l’adversaire était plus fort que nous et les polémiques sur l’arbitrage ne sont que des détails, Nous avons vu d’autres provocations en ce qui concerne l’arbitrage, et cette fois-ci l’Algérie a été en terre hostile au Maroc.  L’Algérie  c’est le pays de la jeunesse et d’hommes, pas de vulgaires madeleines.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                         « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

Propagande, framing et cherry-picking : la machine médiatique du Makhzen marocain à l’œuvre :

Sahara occidental : comment la presse marocaine instrumentalise les propos américains et détourne les résolutions de l’ONU au service d’une propagande politique.

Il arrive un moment où l’on ne peut plus parler de biais, d’erreur d’analyse ou même de militantisme journalistique. Le traitement par une partie de la presse marocaine de l’interview de Massad Boulos accordé à la presse Libanaise, relève désormais d’un dispositif de propagande parfaitement identifiable, mobilisant sans complexe les techniques classiques de manipulation de l’opinion : agenda-setting, framing, cherry-picking et inversion accusatoire.

Nous ne sommes plus face à une information orientée, mais face à une fabrication narrative délibérée, destinée à imposer une vérité politique artificielle là où les faits résistent. Les médias royalistes du Makhzen ne sont qu’une misérable caricature de propagandiste d’une monarchie répugnante qui s’est illustrée régulièrement par la torture de ses opposants. Le régime du Makhzen a annexé par la force un pays pour ses richesses minières et halieutiques et par des attaques, contre ceux que disent non à cette agression, ni le tweet, ni une lettre sioniste ne changeront rien à ce constat de base. Mais pour le Makhzen Marocain, il ne perd jamais une occasion de se ridiculiser

L’agenda-setting : imposer le Sahara comme grille unique de lecture

Première manœuvre : l’agenda-setting. L’interview de Massad Boulos aborde les relations américano-algériennes dans leur globalité, avec un langage diplomatique standard, prudent et volontairement équilibré. La presse marocaine choisit pourtant de réduire l’ensemble de l’entretien à un seul prisme obsessionnel : le Sahara occidental.

Tout est relu, filtré, interprété à travers ce prisme unique, comme si la politique étrangère américaine se résumait à un seul dossier. Cette focalisation artificielle vise à donner l’illusion que : toute relation avec l’Algérie serait subordonnée au Sahara, toute déclaration américaine serait un message codé adressé à Alger. C’est faux, mais c’est efficace sur le plan de la mobilisation interne. C’est l’escroquerie intellectuelle insultante d’un Makhzen à ses sujets non-voyants.

Le framing : transformer un discours diplomatique en menace politique

Deuxième procédé : le framing, ou cadrage narratif. Les propos de Massad Boulos sont neutres, consensuels, classiques. La presse marocaine les reconditionne en : « relance », «avertissement », « rappel à l’ordre » et « absence de gestes concrets de l’Algérie ».

Aucun de ces éléments ne figure dans les propos cités. Ils sont injectés dans le commentaire pour transformer un discours diplomatique banal en ultimatum imaginaire. Le lecteur n’est plus informé, il est guidé émotionnellement vers une conclusion prédéfinie : l’Algérie serait isolée, sous pression, sommée de céder. C’est une mise en scène, pas une analyse.

Le cherry-picking : sélectionné, amplifié, occulté :

Troisième instrument : le cherry-picking. On sélectionne soigneusement : les phrases favorables au plan marocain, les qualificatifs flatteurs (« historique », « partenariat profond »), les références répétées au soutien américain.

Et l’on occulte délibérément : l’absence de toute reconnaissance de souveraineté, le maintien du cadre onusien, la séparation explicite des dossiers algérien et sahraoui, la nature non contraignante des résolutions du Conseil de sécurité.

Cette sélection biaisée permet de fabriquer une continuité fictive : celle d’un alignement total, irréversible et juridiquement décisif des États-Unis sur la position marocaine. Une continuité qui n’existe que dans la narration médiatique du Makhzen

La falsification juridique : une transformée en verdict résolution

Qualifier la résolution 2797 de « consécration » du plan marocain d’autonomie n’est pas une approximation : c’est une falsification. Aucune résolution du Conseil de sécurité ne règle le statut du Sahara occidental. Aucune ne reconnaît une souveraineté. Aucune ne clôt le conflit.

Mais la presse marocaine agit comme si le droit international était une variable d’ajustement narratif. La résolution devient un verdict, le processus devient un résultat, l’attente devient une victoire. C’est une réécriture assumée du réel.

L’inversion accusatoire : criminaliser la constance algérienne

Dernier ressort, et non des moindres : l’inversion accusatoire. L’Algérie est présentée comme : passive, récalcitrante, responsable de l’absence de paix.

Or, l’Algérie n’est liée par aucun engagement juridique l’obligeant à soutenir une solution unilatérale. Elle maintient une position constante, fondée sur le droit international et le principe d’autodétermination. La transformer en faute diplomatique est une opération de culpabilisation politique, destinée à masquer l’impasse réelle du dossier.

C’est le procédé classique du propagandiste : accuser l’autre de bloquer ce que l’on n’a pas su résoudre.

Une presse devenue outil de persuasion, non d’information

Ce texte n’informe pas, il persuade. Il ne décrit pas, il oriente. Il ne rapporte pas, il fabrique. En cela, il s’inscrit pleinement dans une logique de communication politique, où la presse cesse d’être un contre-pouvoir pour devenir un relais discipliné de la narration officielle.

Cette dérive est dangereuse. Non pas pour l’Algérie — qui n’a rien à perdre à la constance — mais pour la crédibilité même du discours marocain, enfermé dans une auto-affirmation permanente, déconnectée des réalités juridiques et diplomatiques.

Conclusion : la réalité résiste à la propagande

La position américaine n’est ni un ultimatum, ni un diktat, ni une pression sur Alger. Elle est favorable au Maroc, certes, mais encadrée, nuancée et non décisive. Tout le reste relève d’un récit construit pour la consommation politique interne.

On peut répéter une narration à l’infini. On peut la durcir, la marteler, la scénariser. Mais à terme, la réalité diplomatique finit toujours par rattraper la propagande. Et aucun procédé médiatique, aussi sophistiqué soit-il, ne peut remplacer une solution politique réelle. Je crois que cette presse n’arrive pas à se rendre compte ni à admettre que le royaume du Maroc n’a jamais existé tel que la propagande du Makhzen l’a façonné à jamais dans les esprits marocains, ceci dans le but de vendre une image qui ne reflète ni la réalité historique ni l’honnêteté morale.

Le Makhzen avec ses théories farfelues se perfectionne à vouloir créer un ennemi permanent afin de se régénérer et endoctriner le peuple. Totalement falsifiée par la propagande mensongère et stupide, l'histoire du Royaume du Maroc actuel demeure méconnue des Marocains, au point de devenir un ensemble de grandes énigmes et de nombres évènements importants de l’histoire du Royaume du Maroc sont restés trop longtemps tabous par un régime du Makhzen féodal. C’est des historiens que le disent

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                           Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

CAN 2025 : Si l’Algérie emporte la Coupe, le royaume du Makhzen s’effondre

 


À défaut de produire de l’information, une certaine presse militante marocaine a choisi de produire de l’Algérie. Beaucoup d’Algérie. Trop d’Algérie. À tel point qu’on en vient à se demander si la CAN 2025 se joue réellement sur les terrains marocains ou dans les colonnes fébriles d’éditorialistes obsédés par ce voisin qu’ils prétendent mépriser.
Car le texte qui circule actuellement n’est pas un article. C’est un symptôme. Celui d’un journalisme qui a renoncé aux faits, à la preuve, à la décence, pour se réfugier dans l’invention compulsive et l’insulte répétitive.

L’Algérie imaginaire : mode d’emploi pour éditorialistes en panne : La méthode est simple, presque scolaire :
  1. Imaginer une intention algérienne.
  1. La présenter comme un fait établi.
  1. Répéter l’accusation jusqu’à saturation.
  1. Conclure triomphalement que l’Algérie est obsédée.
Tout commence par une phrase devenue culte : « Il est tout à fait aisé d’imaginer »  Effectivement. Imaginer est facile. Informer, manifestement, beaucoup moins.
Réunions secrètes, consignes occultes, guerre médiatique mondiale dirigée depuis Alger : on ne prouve rien, mais on affirme tout. Le lecteur est invité à applaudir l’imagination, pas à vérifier la réalité.
Ce n’est pas une enquête. Ce n’est pas une analyse. C’est une fan-fiction géopolitique, écrite pour calmer des angoisses internes.

Le Président Tebboune vu par Doctissimo ; Moment d’anthologie : le portrait du président algérien. Non pas analysé politiquement, mais diagnostiqué cliniquement. Obsession, pathologie, folie, haine maladive. Le tout sans source, sans fait, sans honte.
L’éditorialiste ne débat pas : il diagnostique.
Il ne critique pas : il psychiatrise.
Il ne démontre pas : il insulte.
Quand un média en arrive à médicaliser un désaccord politique, c’est qu’il n’a plus aucun argument rationnel à proposer. Ce n’est pas une attaque contre le Président Tebboune. C’est une confession d’impuissance intellectuelle.

L’Algérie, ce pays qui obsède surtout ceux qui en parlent sans arrêt : Le sommet de l’ironie est atteint lorsque le texte accuse l’Algérie d’obsession… tout en ne parlant pratiquement que d’elle. Le Maroc est censé être le héros du récit, mais l’Algérie en est le personnage principal, omniprésent, envahissant, obsessionnellement convoqué.
À ce niveau de fixation, il faudrait peut-être inverser le diagnostic. Une CAN Marocaine réussie n’a pas besoin de passer son temps à expliquer pourquoi son voisin est mauvais. Une confiance réelle n’a pas besoin d’un ennemi imaginaire permanent.

Mépris d'Etat et arrogance coloniale recyclée
   
Le vocabulaire employé à l’égard de l’Algérie est d’une violence rare : pays « handicapé », médias grotesques, État pathologique, régime fou. Ce n’est plus de la critique, c’est du mépris structurel, assumé, revendiqué.
Ce discours ne vise pas une politique précise. Il vise l’existence même de l’Algérie comme État souverain. Quand un média rabaisse un peuple entier pour se rassurer, il révèle surtout sa propre fragilité idéologique.

La CAN prise en otage par la propagande
Le sport africain, censé unir, est ici transformé en outil de règlement de comptes. La CAN devient une scène de théâtre idéologique où l’on joue la pièce habituelle : le Maroc vertueux contre l’Algérie maléfique.
Mais la vérité est brutale : les succès authentiques n’ont pas besoin d’insulter leur voisin pour exister.
À force de politiser jusqu’au ridicule un événement sportif, certains médias finissent par prouver qu’ils n’ont confiance ni dans le sport, ni dans leur propre récit.

Une propagande tellement grossière qu’elle s’auto-détruit
Tout y est : manichéisme, émotion permanente, glorification de soi, diabolisation de l’autre, absence totale de nuance. Une propagande si épaisse qu’elle en devient comique.
Elle ne convainc personne de sérieux.
Elle radicalise les convaincus.
Elle ridiculise ses auteurs.
À force de dénoncer la propagande algérienne, ce texte offre surtout une démonstration éclatante de propagande ratée et surtout expose la peur de l’Algérie de revenir avec le Trophée Africain à partir de Rabat, ce qui engendre sans équivoque la chute du royaume du Makhzen  Voilà la grande peur royale du Maroc.

Conclusion : l’Algérie comme alibi narratif
La presse ne parle pas du Maroc. Elle parle de ce que certains voudraient que l’Algérie soit. Elle ne démontre rien. Elle projette tout. Elle n’affaiblit pas l’Algérie.
Elle expose la faillite d’un journalisme militant en roue libre. L’Algérie n’a pas besoin de l’imagination maladive de quelques éditorialistes pour définir sa politique.

Le Maghreb n’a pas besoin de médias qui transforment la haine en ligne éditoriale.
Et le Marocain mérite infiniment mieux que cette caricature hystérisée du soutien et de la danse Congolaise.

Alors Bonne Année à Tous  mêmes nos voisins proches …

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/
 

Un texte servile déguisé en analyse géopolitique

Sous des apparences d’article d’analyse, le texte intitulé « La diplomatie d’orfèvre du Maroc » se révèle être une véritable opération de communication politique en faveur du régime marocain. , écrit dans un registre laudatif, presque hagiographique, à l’égard du Maroc, bien sûr on trouve comme d’habitude du mauvais et du plus mauvais, encore une coulée compassionnelle et fausse, totalement hypocrite du haut vers le bas. Pour parvenir à faire passer ce mensonge, il faut taper sur un bouc émissaire, peu importe lequel. Ici, c'est l’Algérie qui a le rôle. Mais  le ridicule se trouve dans «La "diplomatie d'orfèvre" du Maroc» ?

Le choix des mots, la structure du récit et la sélection des sources trahissent une intention claire : transformer un simple vote du Conseil de sécurité en une victoire historique du Maroc, tout en jetant le discrédit sur l’Algérie et le Front Polisario.
Ce texte n’analyse pas la diplomatie : il la célèbre. Il ne rend pas compte d’un événement : il en fabrique le récit glorieux. Et, ce faisant, il participe à la vaste entreprise de normalisation médiatique d’une occupation territoriale toujours illégale au regard du droit international.

Dès le titre, le ton est donné : « diplomatie d’orfèvre », « conquête », « moment historique ». Ces expressions n’appartiennent pas au vocabulaire de la géopolitique, mais à celui de la propagande. On y sent l’admiration aveugle, la fascination pour le pouvoir, le goût du spectaculaire. Le Maroc devient un artisan de génie, l’ONU un théâtre de sa réussite.
Mais de quelle réussite parle-t-on ?

Le Conseil de sécurité n’a nullement « validé » le plan d’autonomie marocain — il s’est borné à prendre note d’un projet, sans lui donner force de loi. La résolution en question, si elle existe dans ces termes, n’a aucune portée juridique contraignante : elle ne change rien au statut du Sahara occidental, territoire toujours considéré par l’ONU comme non autonome, c’est-à-dire à décoloniser.

L’écrit transforme donc un simple glissement diplomatique en triomphe politique. C’est là toute l’astuce du discours : substituer la rhétorique du succès à la réalité du statu quo, maquiller une situation bloquée en conquête éclatante. En d’autres termes, vendre de la diplomatie comme on vend un produit de luxe — avec du vernis, du prestige et du vide.

En face, l’Algérie n’a droit qu’à la caricature : celle du voisin boudeur, vexé, campé dans ses positions. Le texte multiplie les insinuations : « coup dur pour l’Algérie », « refus de voter », « pression algérienne ». On dépeint un pays crispé, isolé, obstiné. Nulle part l’auteur ne reconnaît que l’Algérie défend une position de principe, fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes — une position partagée par de nombreuses nations du Sud et par la jurisprudence internationale.
Quant au Front Polisario, il n’apparaît qu’à la marge, réduit à un rôle d’agité incapable de comprendre la “réalité”. On efface les décennies de lutte, les exils, la répression, les résolutions onusiennes jamais appliquées. En une phrase, l’auteur évacue tout un peuple. Ce n’est pas de l’analyse, c’est du mépris.

Cette asymétrie de traitement n’est pas innocente : elle traduit un biais idéologique pro-marocain profondément ancré dans une partie des médias français. Elle s’inscrit dans la continuité d’une narration qui, depuis des années, cherche à criminaliser la position algérienne tout en présentant Rabat comme un partenaire “modéré”, “occidental”, “visionnaire”. Le fond n’a rien de diplomatique — il est politique, et même géopolitique : il s’agit de légitimer un allié et d’isoler un rival.

Le plus grave reste la falsification du cadre juridique. L’article suggère que la résolution “entérine” le plan d’autonomie marocain. Or, aucune instance onusienne n’a jamais validé la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Le droit international reste clair :

le Sahara est un territoire non autonome dont le peuple doit décider librement du futur par référendum — référendum que le Maroc refuse obstinément depuis 1991.

En glorifiant Rabat pour avoir “conquis l’ONU”, l’auteur nie la réalité du conflit, les résolutions existantes et les souffrances humaines qui en découlent. Il substitue à la rigueur du droit la narration du vainqueur. Il transforme un processus de colonisation en réussite diplomatique. Ce glissement lexical est plus qu’un mensonge : c’est une violence symbolique, une insulte à la mémoire du peuple sahraoui et à la dignité des Algériens solidaires de sa cause.

Ce texte ne s’inscrit pas dans la tradition du journalisme critique. Il s’apparente plutôt à une chronique de cour, écrite par un auteur que ses “diverses fonctions” ont habitué à la complaisance vis-à-vis du pouvoir marocain. Il ne cherche pas à informer, mais à influencer ; non à analyser, mais à orienter l’opinion publique.
Le lecteur averti y reconnaîtra une rhétorique bien rodée : admiration de façade, vocabulaire diplomatique, citations d’experts européens pour légitimer un point de vue, et disqualification subtile de la partie adverse. Ce procédé n’a rien de neuf : c’est la vieille recette du soft power marocain, reprise ici avec zèle par un journaliste qui se prend pour un chroniqueur d’histoire alors qu’il n’est que le scribe d’une narration d’État.

Face à de telles entreprises d’enfumage, la vigilance s’impose. L’Algérie, ses intellectuels, sa diaspora et tous ceux qui croient encore à la vérité du droit international doivent répondre par la clarté du discours, la rigueur de l’analyse et le courage de la parole libre.
Non, l’ONU n’a pas légitimé le plan marocain.
Non, le Sahara occidental n’est pas marocaine.
Non, le combat du peuple sahraoui n’est pas une lubie d’un autre temps.
C’est une lutte pour la justice, la liberté et la souveraineté — des valeurs que l’Algérie, fidèle à son histoire anticoloniale, continuera de défendre malgré les campagnes médiatiques et les manipulations diplomatiques.

En définitive, cet article n’est pas un fait journalistique, mais un symptôme : celui d’une guerre médiatique et symbolique qui se joue autour du Sahara occidental. Le Maroc mène une bataille d’image ; certains médias européens, complaisants ou intéressés, lui prêtent leur plume.
Mais la vérité, elle, résiste. Elle réside dans les textes de l’ONU, dans la voix du peuple sahraoui, dans la constance d’une Algérie qui refuse de se taire face à l’injustice.
Tant que des journalistes continueront à travestir la colonisation en diplomatie, il faudra des voix pour leur rappeler qu’un mensonge répété mille fois ne devient pas une vérité — et qu’aucune “diplomatie d’orfèvre” ne saurait polir le visage d’une occupation.

L'art de la diplomatie, c'est celui de l'équilibre.

Que les extrémistes s’indignent et s’indignent, mais surtout qu’ils foutent la paix à l’Algérie, car elle s’en fiche royalement de leurs états d’âme. Nous savons tous que lorsqu’il s’agit de l’Algérie, la plupart des Français sont tout sauf rationnels. .  

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

La presse du Makhzen saute comme un cabri quand la propagande remplace l’information

 

Ah ! Cette Algérie, qui n’en finit pas de perturber le sommeil des sujets du Makhzen Marocain et sa presse courtisane, en quête de ragots de caniveau et de nouvelles diffamatoires. C’est le journalisme des applaudissements au Palais, abreuve pour satisfaire ses pulsions dans un bazar de bric et de brac, cela permet au moins de faire oublier leur extraordinaire incurie ?

Une partie de la presse marocaine transforme le dossier du Sahara occidental en récit triomphaliste, confondant diplomatie et storytelling. Derrière les insultes et les annonces d’une « victoire inévitable », la réalité reste celle d’un processus onusien ouvert, où ni la panique ni la capitulation n’existent

Un article paru récemment dans la presse marocaine prétend que « la panique gagne Alger » à propos du dossier du Sahara occidental. Il y décrit une Algérie fébrile, un Front Polisario aux abois, et même une hypothétique « intégration au Maroc » qui serait, selon lui, désormais envisagée. Derrière les formules bravaches et les insultes, l’article révèle surtout une mécanique bien connue : transformer une analyse diplomatique complexe en récit manichéen, où le Maroc serait le camp de la raison et l’Algérie celui du désarroi.

Le vocabulaire de l’injure, arme d’une faiblesse argumentative

Le texte abonde en termes tels que « baltaji », « voyou », « pantin », « proxy ». Ce registre émotionnel ne relève pas de l’analyse mais de la propagande. En rhétorique, on appelle cela un argument ad hominem : discréditer la personne pour éviter de discuter le fond.
Or, la question du Sahara occidental ne se résume pas à des querelles d’individus ; elle engage le droit international et la stabilité régionale. Traiter un interlocuteur de « voyou » n’invalide pas son argument ; cela révèle simplement l’incapacité de celui qui écrit à lui répondre sur le terrain des faits.

Confusion volontaire entre faits et pronostics

L’article affirme que « le Conseil de sécurité s’apprête à consacrer le plan d’autonomie marocain comme seule issue viable ». C’est inexact.
Les résolutions successives du Conseil, jusqu’à celle en préparation pour octobre 2025, parlent d’une « solution politique, réaliste et durable, fondée sur le compromis ». Nulle part le plan d’autonomie marocain n’est décrit comme unique ou exclusif.
Les travaux préparatoires, consultables sur le site du Security Council Report, montrent au contraire que les membres du Conseil débattent toujours de la formulation finale ; les États-Unis, la Russie, l’Afrique du Sud et d’autres pays y défendent des lectures différentes.
Présenter un résultat diplomatique non encore voté comme acquis relève donc d’une manipulation de l’opinion, pas d’un travail d’information.

L’omission du texte original du Polisario : le biais majeur

Le cœur de l’article prétend commenter la « proposition élargie » adressée par le Front Polisario au Secrétaire général de l’ONU. Mais à aucun moment il ne cite le texte en question.
Le communiqué officiel, publié par l’agence sahraouie SPS le 21 octobre 2025, affirme au contraire la volonté du mouvement « de contribuer à une solution politique fondée sur le libre exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ».
Aucune phrase ne parle d’« intégration au Maroc ».
En inventant ce passage, le journaliste fait passer une interprétation partisane pour une information. C’est contraire à toute déontologie.

Le cliché du « proxy » algérien

Qualifier le Front Polisario de simple « proxy » de l’Algérie est un raccourci politique commode mais historiquement faux. Depuis 1979, le Polisario est reconnu par les Nations unies comme partie au conflit. Il administre les camps de réfugiés de Tindouf sous supervision du HCR et entretient des relations officielles avec de nombreux États.
L’Algérie soutient ouvertement la cause sahraouie — comme elle l’a fait pour nombre de mouvements de libération nationale — mais la réduire à une direction à distance est une négation de la réalité institutionnelle et historique du mouvement.

Une « panique » médiatique sans fondement

Aucune déclaration officielle, ni à Alger ni à Tindouf, ne fait état d’inquiétude ou de revirement. Les positions demeurent identiques : soutien au processus onusien, rejet des solutions unilatérales et appel au respect du droit à l’autodétermination.
Il n’y a donc pas de « panique », simplement la continuité d’une ligne politique constante. Le terme n’a qu’un objectif : psychologiser la diplomatie, pour donner à l’opinion publique marocaine l’illusion d’un basculement irréversible.

Les faits diplomatiques : Washington, l’ONU et la réalité

L’article invoque une prétendue « implication directe du président américain » et même un « accord de paix sous 60 jours ». Aucune source publique, ni à la Maison-Blanche ni à l’ONU, ne corrobore de telles affirmations.
Les États-Unis considèrent le plan d’autonomie marocain comme « sérieux et crédible » — ce qui ne signifie pas exclusif. Leur position officielle demeure le soutien à une solution négociée sous l’égide des Nations unies.
La diplomatie n’est pas un match de football où l’on proclame la victoire avant le coup de sifflet final. La réalité internationale est faite de nuances, de compromis et de rapports de force évolutifs.

Une presse disposée plutôt qu’informée

L’article dont il est ici question illustre un phénomène plus large : la dérive d’une partie de la presse régionale vers le rôle d’organe de communication d’État.
Lorsque le journalisme devient instrument de propagande, l’information cesse d’éclairer pour ne plus que conforter. Les mots « paix », « autonomie » ou « autodétermination » sont vidés de leur contenu juridique pour n’être plus que des slogans.
Pourtant, la région maghrébine a besoin d’autre chose : d’un débat de fond, de transparence, et d’une presse capable de dépasser le réflexe nationaliste pour informer ses lecteurs avec rigueur.

Pour une approche lucide et apaisée

Ni l’Algérie ni le Maroc n’ont intérêt à s’enfermer dans des guerres médiatiques. Le seul terrain utile est celui du dialogue sous l’égide de l’ONU, où toutes les parties — y compris le Polisario — sont appelées à participer.
Le respect du droit international, la coopération régionale et la stabilité du Maghreb valent mieux que des campagnes d’invectives. La paix se construit sur la reconnaissance mutuelle, pas sur l’humiliation de l’autre.

Conclusion

L’article qui prétend voir « la panique à Alger » révèle surtout l’inverse : la fébrilité d’une propagande qui cherche à maquiller la complexité en victoire totale.
La vérité, c’est qu’aucune solution durable ne naîtra de la désinformation. Tant que le Conseil de sécurité n’aura pas tranché, tant que le peuple sahraoui n’aura pas pu exercer son droit de choisir, rien n’est clos.
Informer, ce n’est pas exulter ; c’est éclairer.
Et dans cette affaire, la seule panique visible est celle de ceux qui confondent communication et diplomatie.

A/Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 


Quand la plume Marocaine devient une imposture royale.

Sous couvert d’analyse géopolitique, certains médias marocains multiplient les articles à charge contre l’Algérie, transformant la moindre divergence diplomatique en procès d’isolement. L’exemple récent d’un article sur la “Semaine mondiale de l’énergie à Moscou” illustre cette stratégie de manipulation narrative où la sélection des faits et le langage émotionnel remplacent l’information vérifiée.

Une confusion révélatrice

Il suffit d’un détail pour dévoiler l’intention. L’article évoque la “Semaine mondiale de l’énergie” à Moscou, alors que l’événement concerné s’intitule officiellement “Semaine russe de l’énergie” (Russian Energy Week). Une différence anodine ? Pas vraiment.

Le choix du mot “mondiale” vise à donner à l’événement une dimension planétaire, pour mieux accuser ensuite l’Algérie d’isolement diplomatique. L’erreur n’est pas journalistique : elle est rhétorique. Elle amplifie artificiellement la portée de l’événement pour légitimer la thèse centrale — celle d’une Algérie absente du “concert des nations”.

Quand l’opinion se déguise en information

Ce texte, prétendument informatif, est en réalité une opinion politique maquillée en reportage international.
Aucune source officielle, aucune citation diplomatique, aucun document ne vient étayer les accusations portées : “boycott ordonné par Tebboune”, “régime furieux”, “ingérences au Mali”.
Tout y est suggéré, insinué, amplifié, au moyen d’un vocabulaire émotionnel — “humiliation”, “rancunes”, “propagande anti-impérialiste” — qui trahit une volonté de nuire plus qu’un souci de vérité.

La sélectivité de l’information devient ici un instrument de manipulation. Ce qui est tu, c’est la constance du dialogue algéro-russe, la participation active d’Alger à d’autres forums énergétiques, le rôle pivot de Sonatrach dans l’OPEP+, compte autant que ce qui est dit.
L’objectif n’est pas de comprendre, mais de construire un récit politique : celui d’une Algérie marginalisée et affaiblie, pendant que le Maroc s’affirmerait comme partenaire privilégié des puissances mondiales.

Une stratégie médiatique persistante

Ce procédé s’inscrit dans une stratégie de communication désormais bien rodée de certains médias marocains :

  1. -Dénigrer l’Algérie sur le plan diplomatique et symbolique,
  2. -Valoriser le Maroc comme acteur régional “moderne” et “pragmatique”,
  3. -Lier chaque tension internationale à une prétendue faiblesse du pouvoir algérien.

Ainsi, toute nuance disparaît. Les rapports complexes entre Moscou, Alger et Rabat sont simplifiés à l’extrême. La politique étrangère algérienne, fondée sur la souveraineté, le multilatéralisme et la non-ingérence, est caricaturée en “diplomatie de susceptibilités”.
Ce n’est plus du journalisme : c’est une guerre narrative, où les mots deviennent des balles symboliques.

Un récit construit contre la réalité

Or, la réalité contredit ces fictions.
L’Algérie demeure un acteur énergétique majeur, partenaire stratégique de la Russie, membre influent de l’OPEP+, fournisseur clé pour l’Europe et acteur central dans la stabilité du Sahel.
Ses positions sur le Sahara occidental sont cohérentes avec le droit international et les résolutions onusiennes, tandis que sa diplomatie préserve des liens constants avec Moscou, Ankara, Pékin et de nombreux partenaires africains.

Aucun “isolement”, donc mais une politique indépendante, parfois en décalage avec certaines orientations conjoncturelles, ce qui est la marque même de la souveraineté.

La désinformation comme instrument d’influence

Le danger de ce type d’article réside dans sa capacité à influencer subtilement l’opinion publique internationale. En répétant, sous des formes pseudo-journalistiques, les mêmes narrations négatives, ces médias finissent par façonner un imaginaire collectif où l’Algérie serait un acteur du passé, et le Maroc, un modèle d’avenir.
Cette mécanique, typique de la guerre informationnelle moderne, repose moins sur le mensonge direct que sur la distorsion du réel, la dramatisation et la répétition.

Restaurer l’éthique du récit

Face à ces dérives, la réponse ne doit pas être la réaction émotionnelle, mais la rigueur intellectuelle et la transparence des faits.
L’Algérie n’a pas besoin de se justifier de son absence à un forum, ni d’entrer dans une polémique fabriquée. Elle a besoin, en revanche, de déconstruire le discours médiatique qui vise à saper sa crédibilité, et de rappeler que la souveraineté diplomatique ne se mesure pas au nombre de photos prises dans les salons internationaux, mais à la cohérence de la position nationale dans le temps long.

Conclusion

Ah ! Cette Algérie, qui n’en finit pas de perturber le sommeil des sujets du Makhzen Marocain et sa presse courtisane, en quête de ragots de caniveau et de nouvelles diffamatoires. C’est le journalisme des applaudissements au Palais, abreuve pour satisfaire ses pulsions dans un bazar de bric et de brac, cela permet au moins de faire oublier leur extraordinaire incurie ?

On sait depuis toujours que la plume, quand elle sort du Palais Royal et quand elle se fait arme de propagande, perd son honneur. Le rôle des médias n’est pas d’attiser les rivalités régionales ni de travestir les faits pour servir des causes politiques. Il est d’éclairer, d’expliquer, de permettre le discernement.

L’Algérie, solide dans ses choix et fidèle à sa ligne de principe, n’a rien à craindre de la désinformation. Ce sont ceux qui la pratiquent, au contraire, qui finiront par s’y perdre : car à trop vouloir manipuler la vérité, on finit toujours par en devenir la première victime.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Manchester, Gaza : l’instrumentalisation du terrorisme devient propagande

Un attentat antisémite est toujours un drame. Deux morts à Manchester, plusieurs blessés,  un schéma typique d’un film d’action. Voilà qui choque, bouleverse, indigne. Mais faut-il, sous couvert d’émotion, accepter sans critique le récit qui nous est servi ? Faut-il se contenter de la version officielle, qui érige l’acte d’un individu en preuve d’une guerre mondiale contre les Juifs, et qui désigne d’avance les coupables collectifs : Palestiniens, musulmans, manifestants, opposants ? Car derrière les pleurs légitimes, un autre discours se glisse : celui qui amalgame, qui manipule et qui instrumentalise.

L’amalgame comme méthode

On nous dit : un Syrien armé attaque une synagogue, donc tous les Palestiniens, tous les manifestants pro-Gaza, tous ceux qui critiquent Israël sont dans le même camp que l’assassin. C’est l’art du raccourci. On juxtapose les faits hétérogènes – un couteau sanglant à Manchester, une banderole à Downing Street, une chanson radicale dans un concert pour créer l’impression d’une seule et même menace. Le terrorisme devient une ombre gigantesque qui engloutit tout : la critique politique, la solidarité, l’expression artistique.

Mais cette logique est un piège. Elle transforme la lutte contre l’antisémitisme nécessaire, urgente en arme de propagande pour museler toute contestation. Qui dénonce la colonisation devient complice du terrorisme. Qui ose manifester devient suspect.

Le double standard moral

Et pendant ce temps, qui pleure les morts de Gaza ? Qui s’indigne des dizaines de victimes quotidiennes, balayées comme un bruit de fond ? Les journaux s’enflamment pour Manchester, mais se taisent devant Rafah. La hiérarchie des vies est claire : un mort en Europe vaut mille morts palestiniens.

On parle pudiquement de « déplacements » quand il s’agit de déportations massives. On justifie les bombardements par la « sécurité d’Israël » quand il s’agit en réalité de punition collective. Les habitants de Gaza vivent sous ultimatum, sommés de fuir, de se soumettre, de disparaître. On les enferme dans un ghetto moderne, et quiconque ose employer ce mot est aussitôt accusé de blasphème.

L’attentat, lui, fait plus de bruit que les dizaines de morts, routiniers, du jour à Gaza. Voilà la violence du double standard : l’horreur, d’un côté, mérite les pleurs et les caméras ; l’horreur, de l’autre, est devenue invisible.

Le terrorisme, une arme politique

Non, il n’y a pas aujourd’hui de « terrorisme palestinien » en Europe. Répéter le contraire, c’est entretenir un mensonge utile. Car le terrorisme qui frappe les villes n’est pas l’extension de la résistance palestinienne : il est le fruit pourri des guerres impériales, des manipulations et des hypocrisies des puissances occidentales et israéliennes.

Daech ne s’est pas auto-engendré dans un désert abstrait. Il est né dans les décombres de Bagdad, après que les chars américains ont pulvérisé l’Irak en 2003. Washington a dissous l’armée, humilié des millions de sunnites, livré des territoires entiers au chaos. Dans ce marécage, le salafisme armé a prospéré. Les États-Unis criaient « guerre contre le terrorisme », mais en vérité ils en façonnaient le terreau.

Et quel usage en ont-ils fait ensuite ?

Daech a servi de prétexte à toutes les interventions militaires, de l’Irak à la Syrie, de l’Afrique au Moyen-Orient. Chaque attentat devenait la preuve qu’il fallait « rester », « bombarder », « sécuriser ». La peur était recyclée en stratégie : un monstre utile pour justifier l’occupation perpétuelle.

Israël, de son côté, n’a jamais perdu une occasion d’instrumentaliser cette menace. Qu’un couteau frappe dans une synagogue en Europe, et voilà la propagande confortée : les Juifs ne seraient nulle part en sécurité, sauf derrière les murs de l’État hébreu. Qu’un kamikaze se fasse exploser à Mossoul ou à Raqqa, et aussitôt la guerre de Gaza passe au second plan. Le spectre djihadiste efface la réalité coloniale : l’annexion, les blocus, les expulsions.

Faut-il rappeler que, dans les premières années de la guerre syrienne, plusieurs factions affiliées à Al-Qaïda ont été soutenues, armées ou tolérées par les Occidentaux et leurs alliés du Golfe ? Que les services de renseignement savaient dès 2012 qu’un « État islamique » se préparait et ont laissé faire, parce que ce chaos affaiblissait Damas et servait leurs calculs ? Les terroristes d’hier étaient des « alliés » provisoires, recyclés en ennemis absolus le lendemain. Le double jeu est permanent : fabriquer des monstres, puis se poser en rempart contre eux.

Voilà la vérité : le terrorisme n’est pas seulement combattu, il est utilisé. Utilisé pour museler la contestation, pour criminaliser la solidarité avec la Palestine, pour imposer en Europe un climat d’exception sécuritaire. Pendant que les médias braquent leurs projecteurs sur Manchester, les bombes continuent de pleuvoir sur Gaza dans un silence normalisé.

Ne pas céder à la peur

Il est trop facile, après chaque attentat, de désigner les suspects habituels : musulmans, Palestiniens, étrangers. Trop facile de criminaliser les manifestations et de brandir l’accusation d’« antisémitisme » contre toute critique d’Israël. Trop facile, enfin, d’oublier que la machine de guerre occidentale et israélienne porte une responsabilité directe dans le chaos qui nourrit Daech et ses avatars.

La peur est une arme politique. Si nous acceptons que la douleur légitime des victimes serve de prétexte à museler la critique, alors nous aurons perdu deux fois : une fois face au terrorisme réel, une autre fois face à la propagande qui prétend le combattre.

Le courage, aujourd’hui, n’est pas de répéter les slogans sécuritaires. Le courage est de dire : les morts de Manchester comptent, mais les morts de Gaza comptent aussi. Le terrorisme n’est pas une essence qui jaillit d’un peuple, c’est une arme façonnée, utilisée, recyclée par les puissants. Et l’antisémitisme, véritable, doit être combattu mais non pas instrumentalisé pour justifier l’injustice.

Conclusion : la lucidité comme devoir

Il y a eu, au fil des années, tant de fausses alertes, de manipulations, d’attaques simulées et d’opérations sous faux drapeau qu’il devient impossible d’aborder le « terrorisme antisémite » sans prudence. Certaines attaques sont commises par des déséquilibrés isolés, d’autres par de véritables organisations, d’autres encore par des mains invisibles dont l’objectif est politique. Devant ce brouillard, nous devons traiter chaque information avec la plus grande distance critique.

L’arborescence, elle, est simple : dans le cas rare d’une attaque intracommunautaire un membre de la communauté juive contre une synagogue, on ne pourrait exclure ni l’hypothèse d’un acte antisémite réel, ni celle d’une mise en scène sous faux drapeau destinée à alimenter un récit. Dans tous les autres cas, on nous sert le schéma habituel : un « loup solitaire » agissant pour une nébuleuse islamiste. Mais même cette version n’est plus crédible sans examen. Car le terrorisme ne vit pas en vase clos : il est instrumentalisé, recyclé, infiltré par des réseaux étatiques et paraétatiques.

Daech, présenté comme l’ennemi absolu, a été dès le départ toléré, financé ou détourné par des puissances régionales et occidentales. Ses alliances fluctuantes – y compris avec des forces que l’on disait combattre – sont connues de tous les analystes sérieux depuis 2011, même si la presse mainstream continue de l’ignorer, car cela brise son narratif binaire. Le Mossad et l’armée israélienne eux-mêmes ne viennent pas d’un néant immaculé : leur histoire plonge dans des réseaux issus de la lutte armée clandestine. Depuis le 7 octobre, et les failles sécuritaires spectaculaires qui ont précédé l’attaque du Hamas, des voix israéliennes dénoncent publiquement ces dysfonctionnements et ces complicités au sommet.

Ce constat n’invite pas au complotisme facile ; il invite à la lucidité. À comprendre que, face au terrorisme et à l’antisémitisme, l’émotion immédiate ne suffit pas. À exiger des enquêtes, des preuves, une parole publique honnête. Et à ne jamais oublier que la peur, dans les mains des puissants, est toujours une arme.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »