Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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Quand le Maroc regrette Abdelkrim El Khattabi : autopsie d’une nostalgie factuelle née des bluffs du Makhzen et ses souverains.

Abdelkrim El Khattabi  incarne la dignité et l'intégrité face à un souverain perçu comme une « figure spectrale », maintenue artificiellement par un appareil sécuritaire alors que sa crédibilité politique est épuisée. Ce retour vers le passé est le symptôme d'un désenchantement profond face aux « mensonges fondateurs » d'un régime dont la modernité n'est plus que de façade.

Il est essentiel de comprendre que les marocains, endoctrinés et se détestant eux-mêmes, se trouvent dans cet état parce qu'ils ont été soumis, toute leur vie durant, à la propagande et au conditionnement véhiculés par les médias, l'éducation et le Makhzen Ce conditionnement a été perpétré intentionnellement par le Makhzen organisé, qui domine toutes ces institutions. .

L'administration du royaume manipule et oriente régulièrement la presse à scandale « traditionnelle ». Les journalistes de médias sont des parasites attardés, facilement distraits. Donnez-leur quelque chose de brillant et ils le poursuivront aveuglément pendant des jours.

Honni hier, presque réhabilité aujourd’hui, Abdelkrim El Khattabi est devenu malgré lui l’étalon d’une comparaison cruelle pour le pouvoir en place. Un véritable vent de nostalgie, produit d’un désenchantement profond face aux bluffs et aux promesses non tenues de Mohammed VI. Économie affaiblie, diplomatie isolée, société fracturée: en prétendant rompre avec le passé, le «Maroc Moderne» a surtout révélé toute l’ampleur de ses échecs. C’était (vraiment) mieux avant.

Il y a encore quelques années, comparer Abdelkrim El Khattabi favorablement à un autre souverain marocain relevait presque du sacrilège et surtout le nom du souverain était devenu synonyme de corruption systémique, de paralysie institutionnelle, de prédation oligarchique et d’humiliation nationale.

L’ère Abdelkrim El Khattabi est de plus en plus souvent évoquée comme «le bon vieux temps»,  « le bon vieux temps de la dignité »un point de comparaison favorable face au Makhzen issu de la prétendue «Maroc Moderne» et qu’incarne le souverain actuel Mohamed VI. Cette relecture n’est ni sentimentale ni nostalgique au sens affectif. Elle est froide, factuelle. Elle naît d’un décalage criant entre les mensonges fondateurs de Mohamed VIe et les résultats concrets de son exercice du pouvoir.

Abdelkrim El Khattabi s’impose désormais comme une figure de référence majeure face au pouvoir actuel en raison d’un désenchantement profond et d'une remise en question radicale de la gouvernance de Mohammed VI.

Ce regain d'intérêt pour El Khattabi n'est pas une simple nostalgie émotionnelle ; il est décrit comme une figure qui s’appuie sur le constat que le roi actuel, bien que maintenu artificiellement par le Makhzen, s'est vidé de toute crédibilité au point de devenir une « figure spectrale ».

Bien que le Makhzen utilise l'éducation et les médias pour soumettre les Marocains à un endoctrinement intentionnel et à une propagande constante, ce contrôle semble s'effriter face à l'ampleur des échecs concrets. Le vent de nostalgie envers El Khattabi agit comme un révélateur de l'humiliation nationale ressentie face à la paralysie institutionnelle actuelle.

La perte d'influence du pouvoir est également illustrée par le tournant historique au sujet du Sahara occidental, où 50 ans de mobilisation de financements colossaux et d'appareil diplomatique n'auraient pas empêché le retour de l'autodétermination au centre des négociations. Ce revers renforce la perception d'un pouvoir affaibli par rapport à la figure historique et intègre d'El Khattabi.

En somme, l’image El Khattabi est réhabilitée par l'opinion car il représente une alternative symbolique à un système perçu comme étant fondé sur le « bluff » et les promesses non tenues.

Le conditionnement social et la propagande orchestrés par le Makhzen entraînent des conséquences psychologiques profondes et délétères sur la population marocaine :

La conséquence la plus frappante mentionnée est que les Marocains finissent par être « endoctrinés et se détestant eux-mêmes ». Ce sentiment de haine de soi résulte d'une exposition permanente, durant toute une vie, à la propagande véhiculée par les institutions étatiques, l'éducation et les médias.

La population souffre d'un « désenchantement profond » face aux promesses non tenues et aux « bluffs » du pouvoir en place. Ce décalage entre les discours officiels et la réalité concrète de l'exercice du pouvoir génère une perte de confiance généralisée. L'état actuel du pays, marqué par la corruption et la paralysie institutionnelle, est vécu comme une « humiliation nationale ». Ce sentiment est renforcé par ce que les sources décrivent comme le vide de crédibilité de l'État.

Le conditionnement et les échecs politiques ont abouti à une « société fracturée ». Les individus se retrouvent dans un état de vulnérabilité où ils peuvent être facilement distraits par des sujets superficiels, à l'image des journalistes décrits comme poursuivant aveuglément « quelque chose de brillant » qu'on leur donne.

Face au malaise actuel, une forme de nostalgie factuelle » émerge. Ce n'est pas une émotion sentimentale, mais une réaction psychologique de repli vers des figures passées (comme Abdelkrim El Khattabi) perçues comme plus intègres face aux « mensonges fondateurs » du présent.

Enfin, les sources suggèrent que la fin de décennies de stratégies diplomatiques (notamment sur la question du Sahara occidental) pourrait marquer l'effondrement des piliers psychologiques sur lesquels reposait une partie de cette mobilisation nationale. Les médias traditionnels sont considérés comme des outils de propagande en raison de leur intégration directe dans un système de contrôle centralisé et de leur rôle actif dans la manipulation de l'opinion publique.

La presse traditionnelle ne fonctionne pas de manière indépendante, car elle fait partie des institutions que le « Makhzen organisé » domine de manière hégémonique. Cette domination permet une coordination directe entre les orientations politiques et les messages diffusés aux citoyens.

L'administration du royaume ne se contente pas de superviser ; elle manipule et oriente régulièrement la presse dite « traditionnelle » ou « à scandale ». Les médias servent donc de relais aux « mensonges fondateurs » du pouvoir, créant un décalage flagrant entre le discours officiel et les résultats concrets de l'exercice du pouvoir.

Les journalistes sont décrits comme des vecteurs de distraction. Le pouvoir leur fournit des sujets superficiels ou sensationnels « quelque chose de brillant » qu'ils poursuivent aveuglément pendant des jours. Cette méthode permet de détourner l'attention du public des problèmes structurels tels que l'économie affaiblie, la corruption systémique ou l'isolement diplomatique.

Les médias agissent de concert avec le système éducatif pour soumettre les Marocains à un conditionnement durant toute leur vie. Ce processus vise à l'endoctrinement de la population, allant jusqu'à générer une forme d'aliénation ou de « haine de soi » chez les individus.

Les médias et l'appareil diplomatique ont été mobilisés pendant 50 ans pour soutenir des positions spécifiques (notamment sur le Sahara occidental), mobilisant des financements colossaux pour maintenir ce que les sources qualifient de « thèse coloniale » face aux revendications d'autodétermination.

En résumé, les médias traditionnels sont perçus comme des instruments de propagande parce qu'ils sont intentionnellement utilisés par le Makhzen pour maintenir une image artificielle de stabilité et de modernité tout en occultant la «paralysie institutionnelle» et la perte de crédibilité de l'État.

Le Makhzen maintient artificiellement son pouvoir à travers une stratégie multidimensionnelle reposant sur le contrôle institutionnel, la manipulation de l'information et l'exploitation de ressources étatiques. Le Makhzen est décrit comme une organisation qui domine l'ensemble des institutions, en particulier le système éducatif et les médias. Cette emprise permet de soumettre la population, tout au long de sa vie, à un conditionnement et à une propagande intentionnelle. L'objectif de cet endoctrinement est de modeler la perception des citoyens, allant jusqu'à provoquer une forme d'aliénation ou de «haine de soi».

L'administration du royaume manipule et oriente régulièrement la presse traditionnelle. Pour maintenir son contrôle, elle utilise des tactiques de distraction : en fournissant des sujets superficiels ou sensationnels (« quelque chose de brillant ») aux journalistes, elle s'assure qu'ils les poursuivront aveuglément, détournant ainsi l'attention des échecs politiques et sociaux.

Le maintien au pouvoir repose également sur une structure de corruption systémique et de prédation oligarchique. Les sources indiquent que même lorsque l'État se vide de toute crédibilité, le pouvoir est maintenu de manière « artificielle » et « spectrale » malgré une paralysie institutionnelle et une humiliation nationale flagrantes. Ce maintien s'appuie sur des « mensonges fondateurs » qui tentent de masquer une économie affaiblie et une société fracturée.

Mobilisation de ressources massives sur le plan international et diplomatique, le pouvoir a maintenu sa position en mobilisant : Des financements colossaux. L'ensemble de son appareil diplomatique. Le maintien de son armement pour soutenir ce que les sources qualifient de « thèse coloniale ». Ce système global de « magouilles » et de pressions financières est présenté comme le pilier ayant permis de soutenir artificiellement les thèses du pouvoir avant le tournant politique marqué par la résolution 2797 de l'ONU.

À l'intérieur du pays, l'usage des ressources est marqué par une « prédation oligarchique » et une « corruption systémique ». Ces mécanismes financiers permettent de maintenir artificiellement au pouvoir une figure souveraine devenue « spectrale », même lorsque l'État perd toute crédibilité aux yeux de la population.

Le Makhzen utilise sa domination financière pour contrôler les institutions clés comme l'éducation et les médias. En manipulant la presse traditionnelle et en offrant aux journalistes des sujets de diversion,  décrits comme « quelque chose de brillant » à poursuivre, le pouvoir s'assure que les ressources médiatiques servent la propagande et le conditionnement plutôt que l'information factuelle.

Des « mensonges fondateurs » qui soulignent un décalage entre l'usage des fonds pour promouvoir l'image d'un « Maroc Moderne » et la réalité d'une économie affaiblie. Ces financements servent à masquer les échecs concrets de l'exercice du pouvoir par Mohammed VI derrière des promesses non tenues et des discours de façade.

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Un texte servile déguisé en analyse géopolitique

Sous des apparences d’article d’analyse, le texte intitulé « La diplomatie d’orfèvre du Maroc » se révèle être une véritable opération de communication politique en faveur du régime marocain. , écrit dans un registre laudatif, presque hagiographique, à l’égard du Maroc, bien sûr on trouve comme d’habitude du mauvais et du plus mauvais, encore une coulée compassionnelle et fausse, totalement hypocrite du haut vers le bas. Pour parvenir à faire passer ce mensonge, il faut taper sur un bouc émissaire, peu importe lequel. Ici, c'est l’Algérie qui a le rôle. Mais  le ridicule se trouve dans «La "diplomatie d'orfèvre" du Maroc» ?

Le choix des mots, la structure du récit et la sélection des sources trahissent une intention claire : transformer un simple vote du Conseil de sécurité en une victoire historique du Maroc, tout en jetant le discrédit sur l’Algérie et le Front Polisario.
Ce texte n’analyse pas la diplomatie : il la célèbre. Il ne rend pas compte d’un événement : il en fabrique le récit glorieux. Et, ce faisant, il participe à la vaste entreprise de normalisation médiatique d’une occupation territoriale toujours illégale au regard du droit international.

Dès le titre, le ton est donné : « diplomatie d’orfèvre », « conquête », « moment historique ». Ces expressions n’appartiennent pas au vocabulaire de la géopolitique, mais à celui de la propagande. On y sent l’admiration aveugle, la fascination pour le pouvoir, le goût du spectaculaire. Le Maroc devient un artisan de génie, l’ONU un théâtre de sa réussite.
Mais de quelle réussite parle-t-on ?

Le Conseil de sécurité n’a nullement « validé » le plan d’autonomie marocain — il s’est borné à prendre note d’un projet, sans lui donner force de loi. La résolution en question, si elle existe dans ces termes, n’a aucune portée juridique contraignante : elle ne change rien au statut du Sahara occidental, territoire toujours considéré par l’ONU comme non autonome, c’est-à-dire à décoloniser.

L’écrit transforme donc un simple glissement diplomatique en triomphe politique. C’est là toute l’astuce du discours : substituer la rhétorique du succès à la réalité du statu quo, maquiller une situation bloquée en conquête éclatante. En d’autres termes, vendre de la diplomatie comme on vend un produit de luxe — avec du vernis, du prestige et du vide.

En face, l’Algérie n’a droit qu’à la caricature : celle du voisin boudeur, vexé, campé dans ses positions. Le texte multiplie les insinuations : « coup dur pour l’Algérie », « refus de voter », « pression algérienne ». On dépeint un pays crispé, isolé, obstiné. Nulle part l’auteur ne reconnaît que l’Algérie défend une position de principe, fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes — une position partagée par de nombreuses nations du Sud et par la jurisprudence internationale.
Quant au Front Polisario, il n’apparaît qu’à la marge, réduit à un rôle d’agité incapable de comprendre la “réalité”. On efface les décennies de lutte, les exils, la répression, les résolutions onusiennes jamais appliquées. En une phrase, l’auteur évacue tout un peuple. Ce n’est pas de l’analyse, c’est du mépris.

Cette asymétrie de traitement n’est pas innocente : elle traduit un biais idéologique pro-marocain profondément ancré dans une partie des médias français. Elle s’inscrit dans la continuité d’une narration qui, depuis des années, cherche à criminaliser la position algérienne tout en présentant Rabat comme un partenaire “modéré”, “occidental”, “visionnaire”. Le fond n’a rien de diplomatique — il est politique, et même géopolitique : il s’agit de légitimer un allié et d’isoler un rival.

Le plus grave reste la falsification du cadre juridique. L’article suggère que la résolution “entérine” le plan d’autonomie marocain. Or, aucune instance onusienne n’a jamais validé la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Le droit international reste clair :

le Sahara est un territoire non autonome dont le peuple doit décider librement du futur par référendum — référendum que le Maroc refuse obstinément depuis 1991.

En glorifiant Rabat pour avoir “conquis l’ONU”, l’auteur nie la réalité du conflit, les résolutions existantes et les souffrances humaines qui en découlent. Il substitue à la rigueur du droit la narration du vainqueur. Il transforme un processus de colonisation en réussite diplomatique. Ce glissement lexical est plus qu’un mensonge : c’est une violence symbolique, une insulte à la mémoire du peuple sahraoui et à la dignité des Algériens solidaires de sa cause.

Ce texte ne s’inscrit pas dans la tradition du journalisme critique. Il s’apparente plutôt à une chronique de cour, écrite par un auteur que ses “diverses fonctions” ont habitué à la complaisance vis-à-vis du pouvoir marocain. Il ne cherche pas à informer, mais à influencer ; non à analyser, mais à orienter l’opinion publique.
Le lecteur averti y reconnaîtra une rhétorique bien rodée : admiration de façade, vocabulaire diplomatique, citations d’experts européens pour légitimer un point de vue, et disqualification subtile de la partie adverse. Ce procédé n’a rien de neuf : c’est la vieille recette du soft power marocain, reprise ici avec zèle par un journaliste qui se prend pour un chroniqueur d’histoire alors qu’il n’est que le scribe d’une narration d’État.

Face à de telles entreprises d’enfumage, la vigilance s’impose. L’Algérie, ses intellectuels, sa diaspora et tous ceux qui croient encore à la vérité du droit international doivent répondre par la clarté du discours, la rigueur de l’analyse et le courage de la parole libre.
Non, l’ONU n’a pas légitimé le plan marocain.
Non, le Sahara occidental n’est pas marocaine.
Non, le combat du peuple sahraoui n’est pas une lubie d’un autre temps.
C’est une lutte pour la justice, la liberté et la souveraineté — des valeurs que l’Algérie, fidèle à son histoire anticoloniale, continuera de défendre malgré les campagnes médiatiques et les manipulations diplomatiques.

En définitive, cet article n’est pas un fait journalistique, mais un symptôme : celui d’une guerre médiatique et symbolique qui se joue autour du Sahara occidental. Le Maroc mène une bataille d’image ; certains médias européens, complaisants ou intéressés, lui prêtent leur plume.
Mais la vérité, elle, résiste. Elle réside dans les textes de l’ONU, dans la voix du peuple sahraoui, dans la constance d’une Algérie qui refuse de se taire face à l’injustice.
Tant que des journalistes continueront à travestir la colonisation en diplomatie, il faudra des voix pour leur rappeler qu’un mensonge répété mille fois ne devient pas une vérité — et qu’aucune “diplomatie d’orfèvre” ne saurait polir le visage d’une occupation.

L'art de la diplomatie, c'est celui de l'équilibre.

Que les extrémistes s’indignent et s’indignent, mais surtout qu’ils foutent la paix à l’Algérie, car elle s’en fiche royalement de leurs états d’âme. Nous savons tous que lorsqu’il s’agit de l’Algérie, la plupart des Français sont tout sauf rationnels. .  

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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