Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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Israël nourri le sophisme démographique du déni

 

Alors que les destructions à Gaza atteignent un niveau sans précédent, un discours se répand pour nier le caractère génocidaire de cette guerre : la population croîtrait, donc il n’y aurait pas volonté d’extermination.
Ce raisonnement, sous couvert d’objectivité, relève du déni politique et moral. Il faut en dévoiler la logique

Parler de Gaza aujourd’hui, c’est affronter une guerre des mots plus impitoyable encore que celle des bombes. À mesure que les ruines s’accumulent, un autre champ de bataille se déploie : celui du langage.
D’un côté, les faits des milliers de morts, des hôpitaux rasés, des enfants amputés, une population affamée. De l’autre, un discours qui tente d’enrayer la compassion, de refroidir les consciences, en habillant la violence d’arguments démographiques et moraux.

Ainsi entend-on dire qu’il ne saurait y avoir génocide puisque la population de Gaza continue de croître. Ce raisonnement, à la fois glacial et cynique, relève d’un sophisme politique : confondre le résultat statistique avec l’intention criminelle.

Un sophisme d’État

Le droit international est limpide : selon la Convention de 1948, le génocide se définit par l’intention de détruire, totalement ou partiellement, un peuple, non par le nombre final de survivants.
Ce n’est pas la démographie qui fonde le crime, mais la volonté de l’effacement.
On peut massacrer, affamer, déporter, priver d’eau, de soins et d’avenir tout un peuple, sans pour autant en “réussir” la destruction totale.
La croissance démographique n’est donc pas la preuve d’une absence de génocide, mais souvent la résistance d’un peuple à son anéantissement.

Réduire l’histoire de Gaza à une courbe de natalité, c’est nier la mort dans sa dimension humaine et politique.
C’est transformer la survie en argument contre la souffrance.
Une telle froideur statistique ne relève pas de la raison, mais du déni.

L’inversion morale : du bourreau à la victime

À ce sophisme s’ajoute une inversion perverse des rôles :
les civils palestiniens deviennent complices de leur propre destruction, tandis que l’armée qui bombarde les hôpitaux se pare des vertus de la défense légitime.
C’est un vieux mécanisme colonial : présenter la violence de l’occupant comme une réponse à la barbarie du colonisé.

On accuse les Palestiniens “d’utiliser leurs enfants comme boucliers humains” — manière commode d’expliquer pourquoi ces enfants meurent sous les bombes.
Cette phrase, répétée à satiété, ne dit pas la vérité : elle la neutralise.
Elle déplace la culpabilité, lave les mains de l’agresseur, et transforme chaque victime en preuve de sa propre faute.

Le féminisme instrumentalisé

Autre ruse du discours du déni : feindre de s’émouvoir du sort des femmes palestiniennes.
On accuse le Hamas d’imposer la natalité, d’enfermer les femmes dans la maternité, comme si la critique de l’islamisme suffisait à effacer les bombes.
Mais cette compassion sélective n’a rien de féministe : c’est un féminisme d’occupation, qui utilise le corps des femmes pour justifier la guerre.

Depuis la colonisation de l’Algérie, ce procédé est bien connu : “libérer” les femmes pour mieux dominer leur peuple.
Sous couvert de modernité, on perpétue la hiérarchie coloniale entre “eux” et “nous”.
Ce n’est pas la liberté qu’on défend, mais le droit de parler à la place de celles qu’on réduit au silence par la destruction.

Réécrire l’histoire pour effacer le crime

Ces récits d’apparence érudite se nourrissent aussi d’un révisionnisme tranquille.
En expliquant que les réfugiés palestiniens seraient une invention des régimes arabes, on nie la Nakba de 1948  l’expulsion de plus de 700 000 Palestiniens lors de la création d’Israël.
On efface la dépossession, la spoliation des terres, l’exil forcé.
On réduit un peuple à une anomalie statistique, une variable régionale.

Ce n’est pas une erreur d’histoire : c’est une stratégie d’effacement.
On ne nie pas seulement les morts, on nie la mémoire.

Les chiffres comme anesthésie morale

La froideur des données démographiques agit comme un anesthésiant.
On ne parle plus de visages ni de familles, mais de “croissance” et de “taux de fécondité”.
C’est la langue technocratique du meurtre : celle qui transforme le charnier en tableau Excel.

Pourtant, les chiffres qu’on brandit ne peuvent masquer le réel :
plus de 35 000 morts, selon les estimations onusiennes, des centaines de milliers de blessés, des quartiers rayés de la carte.
Et au-delà des corps, la destruction d’un peuple dans ce qui fonde sa continuité son territoire, ses infrastructures, sa mémoire.
C’est cela, un génocide moderne : la destruction méthodique des conditions de vie.

La paix comme prolongement de la domination

Enfin, ces textes appellent à une “paix” fondée sur la démilitarisation et la tutelle.
Autrement dit, une paix sans souveraineté.
Une paix où Gaza serait gérée, surveillée, encadrée un espace sans peuple, une cage humanitaire.
C’est la paix coloniale, celle des dominants : la paix de la reddition.

Mais sans justice, il n’y a pas de paix et sans reconnaissance du droit des Palestiniens à vivre libres sur leur terre, il n’y aura que la répétition du désastre.

Nommer pour ne pas trahir

Il ne s’agit pas ici de faire de la rhétorique, mais de vérité. Nommer le génocide, ce n’est pas un acte militant, c’est un acte de lucidité.
Le nier, c’est participer à sa perpétuation.
Parce qu’à Gaza, ce n’est pas la démographie qui parle : c’est la volonté d’effacement.
Et tant que cette volonté persistera, chaque mot de déni ajoutera une pierre au tombeau de la justice.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 


Gaza : la maturité politique d’une résistance consciente : la nouvelle équation du Hamas

Cette tribune rend hommage à une déclaration rare et historique du Hamas, qui dépasse la logique militaire pour affirmer une vision politique courageuse. En posant des lignes rouges claires, fin de la guerre, refus du déplacement, libération des prisonniers, retrait total et acheminement de l’aide et en proposant une gouvernance de consensus national, le mouvement démontre qu’il sait conjuguer fermeté des principes et intelligence diplomatique. Une leçon stratégique adressée à l’ennemi, mais aussi au monde entier


La récente déclaration du Hamas ne peut être lue comme une simple réponse technique à la proposition américaine. Elle constitue un tournant politique majeur, une démonstration que la résistance palestinienne n’est pas une réaction instinctive, mais une force stratégique consciente, capable de conjuguer puissance militaire, fermeté morale et intelligence diplomatique.

Dans un contexte marqué par une guerre impitoyable menée contre Gaza, où la population civile paie le prix le plus lourd, ce texte brise les clichés qui réduisent le Hamas à la seule logique des armes. Il rappelle au monde entier que la résistance, avant d’être une kalachnikov ou un missile, est d’abord une vision politique enracinée dans les droits fondamentaux d’un peuple qui refuse d’être effacé.

Des lignes rouges claires et non négociables

La déclaration a fixé un plafond limpide aux exigences palestiniennes :

-          la fin immédiate de la guerre et des massacres ;

-          le refus catégorique de tout déplacement de population ;

-          la libération de tous les prisonniers, vivants ou morts ;

-          le retrait total de l’occupation hors de Gaza ;

-          l’entrée urgente et massive de l’aide humanitaire.

Ces points ne sont pas des caprices diplomatiques ni des conditions de façade : ils sont l’expression d’un droit naturel, d’un minimum vital sans lequel aucune négociation ne peut être envisagée. En les formulant avec fermeté, le Hamas envoie un message clair : la dignité et la survie du peuple palestinien ne sont pas marchandables.

Une ouverture politique audacieuse

Mais l’élément le plus marquant de cette déclaration réside dans la volonté affichée de remettre l’administration de Gaza à un organisme de technocrates indépendants, choisi par consensus national. Ce geste n’est pas banal. Il marque un dépassement de la logique partisane : le Hamas affirme qu’il n’est pas attaché au pouvoir pour le pouvoir, mais qu’il est prêt à céder l’administration quotidienne au profit d’une structure consensuelle, soutenue par les Palestiniens eux-mêmes et leurs partenaires arabes et islamiques.

Là où certains s’attendaient à une posture d’obstruction, le Hamas surprend par un choix de responsabilité. Ce n’est pas une concession dictée par la faiblesse : c’est une décision stratégique qui redonne l’initiative politique au peuple palestinien, tout en plaçant Israël face à ses contradictions.

Une charge politique retournée contre l’adversaire

Par cette ouverture, le Hamas a déplacé la responsabilité : désormais, ce n’est plus lui qui bloque, mais l’ennemi. En se déclarant prêt à négocier et en fixant des conditions conformes au droit international et aux principes humanitaires les plus élémentaires, le mouvement met Netanyahou et ses alliés dans une position délicate.

S’ils refusent, le monde verra clairement où se situe l’obstruction et qui porte la responsabilité de la poursuite de la guerre. S’ils acceptent, c’est la preuve que la résistance a su imposer ses règles du jeu, en combinant fermeté et pragmatisme. Dans les deux cas, le Hamas a transféré la charge politique et morale à l’occupant.

Une maturité politique rarement observée

Cette déclaration révèle une maturité politique rarement observée dans des conflits aussi complexes. Elle montre que la force militaire peut coexister avec une intelligence diplomatique, que la résistance armée peut s’accompagner d’une stratégie politique cohérente. Elle démontre aussi que, contrairement à l’image véhiculée par certains discours occidentaux, le Hamas sait articuler une vision qui unit protection du peuple, respect des principes et recherche d’une solution politique.

En se plaçant à la fois sur le terrain militaire, politique et diplomatique, le mouvement prouve qu’il sait jouer simultanément plusieurs cartes : la dissuasion sur le champ de bataille, la défense des droits sur la scène internationale, et l’ouverture à une gestion interne collective et responsable.

 

Une leçon adressée au monde arabe et à la communauté internationale

Au-delà du contenu immédiat, cette déclaration est aussi un message adressé aux peuples arabes et musulmans : la résistance palestinienne ne se contente plus de survivre, elle impose des règles et un langage politique que beaucoup d’États de la région n’ont jamais su manier face à Israël. Là où des régimes se sont limités à des slogans ou à des compromis stériles, le Hamas combine combat, diplomatie et vision stratégique, prouvant qu’il est possible d’imposer un agenda palestinien dans l’arène internationale.

Conclusion : une résistance consciente et responsable

La déclaration du Hamas ne doit pas être comprise comme une simple étape dans des pourparlers. Elle est un moment de bascule, où la résistance palestinienne affirme sa capacité à penser au-delà du fusil, à protéger son peuple non seulement par les armes, mais par l’intelligence politique.

Ce texte est un hommage à la fermeté et à la sagesse : fermeté des principes, sagesse de l’ouverture. Il incarne une vérité simple mais puissante : la résistance palestinienne n’est pas une réaction éphémère à l’agression, mais une force consciente, organisée, capable de négocier d’égal à égal et d’imposer une nouvelle équation dans laquelle l’occupant n’est plus le seul maître du jeu.

En résumé, cette déclaration n’est pas seulement une réponse. C’est une victoire politique en soi, un moment où la puissance de la lutte s’est alliée à la raison stratégique, et où le peuple palestinien a montré, par la voix de sa résistance, qu’il refuse d’être effacé et qu’il continuera à imposer son existence, avec intelligence et dignité.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

 

 

 

 

Où étions-nous pendant le génocide ?


 

Cette tribune rend hommage aux voix palestiniennes étouffées par les bombes et par le silence complice. Enfants arrachés à la vie, mères disparues avec leurs familles, médecins, journalistes et intellectuels visés pour avoir témoigné : leurs paroles résonnent comme un acte de résistance et de dignité. Face à l’impunité d’Israël et à la complicité occidentale, une seule question demeure, inéluctable, qui hantera nos consciences : où étions-nous pendant le génocide ?

« Vos regrets ne suffiront pas, et nous n’accepterons pas vos excuses. »
En décembre 2023, depuis Bethléem, le pasteur Munther Isaac adressait ces mots au monde. À travers eux, c’est toute une conscience collective qu’il interpellait : la nôtre. Car viendra le jour où chacun devra se regarder dans un miroir et répondre à cette question : où étais-je pendant le génocide ?

Aujourd’hui, je souhaite rendre hommage. Non pas répéter l’évidence des crimes, que les bombes et les corps suffisent à dire, mais témoigner de la dignité de celles et ceux qui, sous les ruines et les cendres, ont gardé vivante la parole palestinienne.

Les voix de Gaza

Pour l’heure, à Gaza, il y a deux millions d’histoires tristes, de vies traumatisées, déchirées. Elles sont d’abord celles des enfants, dont l’innocence foudroyée pèse plus lourd que tous les discours

«C’est un océan de désespoir qui s’étire à perte de vue. Une prison pour ceux qui ont tout perdu : leur famille, leur travail, leur espoir de survivre le lendemain. Il y a ici des couches et des couches de souffrance, dans l’odeur des incendies mêlée à la puanteur de la putréfaction», témoigne Tareq Abu Azzoum, journaliste.

Après le bombardement de son abri, Lana ne retrouve de son enfant que la peluche.

«Je ne sais quelle sorte d’avions, d’armes, d’explosifs ils utilisent pour tuer nos enfants. Nos enfants dorment dans la main de Dieu quand ils larguent des bombes sur eux», se désespère Abu al-Abd Zakqut.

Sur la route de la fuite vers le sud, les parents ne savent pas quel enfant porter, lequel tirer par le bras. De jeunes enfants portent un enfant à peine plus petit qu’eux.

«Nous vivons dans l’ombre d’un nouveau déplacement, celui qui pourrait effacer jusqu’aux ruines que nous nommions nôtres. Telle est l’horreur qui définit notre quotidien : non seulement survivre aux bombes, mais vivre chaque jour en redoutant que le prochain chapitre est déjà écrit, et que le pire est à venir», écrit Logain Hamdan, étudiante.

Malak, 12 ans, avait entendu sa mère Aya lui dire dès les premiers jours : « Nous allons tous mourir. Profitons des derniers instants. » Quelques jours plus tard, Aya a été assassinée avec vingt-et-un membres de sa famille. Les mots de cette mère résonnent comme un testament d’amour lucide, comme une ultime tentative de préserver la douceur au milieu de l’horreur.

Il y a aussi Yara, petite orpheline brûlée, amputée, qui rêve simplement d’un paradis où « il y a de l’amour, de la nourriture et de l’eau ». Ce rêve d’enfant, banal en apparence, accuse la cruauté de notre monde : il dit l’absence de tout ce que nous tenons pour acquis.

Et puis Ratab, neuf ans, qui a perdu sa mère et sa jambe en fuyant vers une zone dite « sûre ». Avec un morceau de tuyau, il s’est fabriqué une prothèse de fortune. Il ne demande pas vengeance. Il rêve de courir à nouveau, de retourner à l’école, de revoir son père. Dans sa fragilité et sa ténacité, il incarne une humanité que nous avons trahie.

Ces enfants ne sont pas des symboles. Ils ne sont pas des images pour nos réseaux sociaux. Ils sont des vies interrompues qui nous regardent encore. Leur parole fragile, préservée au cœur même de la destruction, nous condamne bien plus sûrement que n’importe quel tribunal.

Les veilleurs et les témoins

À côté de ces voix enfantines, il y a celles des témoins palestiniens, médecins, chercheurs, juristes, journalistes, qui ont choisi de nommer l’innommable.

Le médecin Ghassan Abu Sitta a trouvé les mots les plus justes : « Israël est ivre de l’impunité occidentale. » Son constat n’est pas seulement médical, il est moral : comment continuer à sauver des vies quand le monde légitime la destruction ?

Le chercheur Layth Hanbali a rappelé une vérité dérangeante : peu importe la masse de preuves, les dirigeants occidentaux ne cessent pas de soutenir Israël, parce qu’ils y trouvent un profit politique et économique. L’indifférence n’est pas de la lâcheté, c’est une idéologie.

Le juriste Jonathan Kuttab a lui aussi levé l’écran de fumée : ceux qui refusent de nommer le génocide ne contestent pas les faits. Ils cherchent seulement à éviter les obligations juridiques et politiques qu’entraînerait une telle reconnaissance.

Enfin, l’analyste Moin Rabbani a posé ce constat glaçant : « Plus Israël tue, plus le soutien occidental se fait massif. » Autrement dit, il n’y a plus de lignes rouges, plus de seuils d’horreur qui obligeraient nos gouvernements à agir.

Ces voix palestiniennes sont plus que des témoignages : elles sont des balises de vérité. Elles éclairent le monde, tandis que la propagande et le silence l’enveloppent d’ombre.

Les complices du silence

Mais une tribune d’hommage ne saurait faire l’économie de la mise en cause. Car les Palestiniens ne meurent pas seulement sous les bombes israéliennes : ils meurent aussi dans nos silences, dans nos hésitations, dans nos demi-mots.

La France n’a pas retiré son ambassadeur. Elle n’a pas suspendu ses ventes d’armes : au contraire, elle les a augmentées. Elle n’a pas imposé de sanctions. Elle n’a pas bloqué ses relations commerciales. Elle a préféré parler de « guerre » et de « crise humanitaire », comme si des massacres de masse pouvaient être réduits à une pénurie de nourriture ou à un conflit symétrique.

Elle a continué à défendre le droit de « l’occupant à se défendre », en oubliant que le droit international interdit à une puissance coloniale d’invoquer ce principe contre la population qu’elle opprime. Elle a ainsi transformé ses institutions, son prestige diplomatique, son histoire même en caution morale du génocide.

Quant aux médias, leur rôle a été plus qu’ambigu : il a été actif. Ils ont invisibilisé la vie des Palestiniens. Ils ont minimisé les chiffres, banalisé les massacres, repris mot pour mot les récits de l’occupant. Ils ont enterré la Charte de Munich, qui exigeait d’eux de « respecter la vérité quelles qu’en puissent être les conséquences ». Ils ont accepté de sacrifier leur premier devoir, au nom du confort et de la connivence.

L’assassinat de journalistes palestiniens a souvent été relégué à une brève, parfois même à l’anonymat. Comme si leur mort, parce qu’elle disait trop, devait être effacée pour ne pas déranger. Chaque silence, chaque minimisation, chaque absence de guillemets a été une complicité.

Hommage et transmission

Et pourtant, malgré l’abandon, malgré les bombes, le peuple palestinien a gardé ce qu’il avait de plus cher : « son identité, sa dignité et sa foi. »

Il a patienté. « Nous avons attendu si longtemps, nous pouvons attendre encore », dit un témoin gazaoui. La patience palestinienne n’est pas résignation : elle est résistance, elle est mémoire, elle est défi lancé au temps.

Cette lutte dépasse les frontières d’une terre occupée. Elle nous concerne tous, parce qu’elle nous rappelle ce que justice et humanité signifient. Elle nous oblige à ne pas détourner le regard, à ne pas nous réfugier derrière les mots d’excuse qui ne suffiront pas.

Conclusion : l’interpellation

Un jour, Free Palestine cessera d’être un slogan. Ce sera un constat. Ce jour-là viendra, et il n’appartiendra pas aux gouvernants ni aux médias. Il viendra de la société civile, de ceux qui auront refusé l’oubli, de ceux qui auront choisi la vérité plutôt que le confort.

Et alors, il ne restera qu’une question. Celle que posait Munther Isaac, celle qui hantera nos consciences et celles des générations à venir :

Où étions-nous pendant le génocide ?

Les derniers mots reviennent à cet homme de Gaza :
« Si nos yeux se remplissent de larmes, ce n’est pas par peur de qui que ce soit. Nos larmes coulent de tristesse parce que tous les vautours de la terre se sont ligués contre nous, et tous les pays du monde nous ont abandonnés. Nous avons emporté avec nous ce qui nous est le plus cher, notre identité, notre dignité et notre foi. Et nous leur avons laissé ce qui leur est cher : portes, fenêtres, pierres, arbres. C’est faux de dire que nous ne souffrons pas. Nous souffrons. Mais nous patientons. Nous avons attendu si longtemps, nous pouvons attendre encore. »

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

Abou Ubaidah : l’éternité d’un combat, la victoire d’une âme

 

Deux ans après, la voix d’Abou Ubaidah continue de résonner comme un appel à la dignité et à la résistance. Symbole de courage et de fidélité à la patrie, il incarne la chaîne ininterrompue des martyrs et des combattants palestiniens. Qu’il poursuive son combat ou qu’il s’élève vers son Seigneur, son héritage demeure immortel : une flamme qui traverse les générations, enracinée dans la terre bénie de Palestine et tournée vers la promesse du Paradis

Deux années se sont écoulées, et le nom d’Abou Ubaidah demeure vivant, porté par l’écho de sa détermination. Sa marche a traversé le pays, éveillant les consciences, appelant au sursaut et rappelant à chacun la noblesse du combat. Aujourd’hui, la nation entière le cherche et le suit. Pour certains, il est un motif de fierté : il a relevé son peuple, ravivé en lui la flamme de la résistance et réaffirmé son honneur. Pour d’autres, il est une ombre dérangeante : ils espèrent son silence, car sa voix dévoile leur échec et leur faiblesse.

Israël a voulu frapper l’âme d’une communauté d’un milliard d’hommes et de femmes, et pensait la réduire à la résignation. Mais lorsque l’âme demeure vivante, le corps retrouve sens et la bataille retrouve sa valeur. Si l’assassinat suffisait à éteindre la résistance, elle se serait éteinte depuis près d’un siècle, avec le martyre d’Izz ad-Din al-Qassam.

En Palestine, la chaîne ne se brise pas. Chaque leader appelle d’autres leaders, chaque combattant en fait naître dix, et la mémoire d’un martyr engendre mille résistants. Comme l’olivier dont les rameaux repoussent sans fin, la résistance s’enracine dans cette terre bénie, nourrie par la foi et la détermination.

Quant à Abou Ubaidah, qu’il poursuive son combat ou qu’il rejoigne le rang des martyrs, son destin est déjà scellé : il est victorieux. Vivant, il continue la lutte ; tombé, il atteint l’éternité. Dans les deux cas, il demeure parmi nous, immortel dans les cœurs, élevé par l’amour de la patrie et d’Al-Aqsa, et guidé vers la satisfaction de Dieu et la promesse du Paradis.


Voici l'intégralité du discours d'Abu Obeida, traduit en français (18/07/2025) :

"Ô notre peuple patient, enraciné et croyant dans la grande Gaza, Ô fils de notre peuple partout dans le monde, Ô masses de notre nation islamique et arabe, Et à tous les Hommes libres de ce monde : Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous. Quatre mois se sont écoulés depuis que l'ennemi sioniste a repris son agression barbare et nazie contre notre peuple dans la bande de Gaza, trahissant ses engagements et rompant l'accord conclu avec la résistance en janvier de cette année. Après avoir menti aux médiateurs et au monde, il est revenu, en quête d'une victoire illusoire, poursuivant son sadisme contre les civils et les enfants, et exerçant le passe-temps de ses gangs : la destruction méthodique des quartiers, des villes et des rassemblements civils. Cette guerre brutale, qui dure depuis 21 mois, est le récit de la fermeté des montagnes que sont nos combattants, de la patience des prophètes que manifeste notre peuple généreux et digne, et de la honte des oppresseurs usurpateurs, sans oublier l'abandon honteux de certains frères de sang, d'arabité et d'islam, sauf ceux que Dieu a épargnés parmi les sincères, les combattants et les peuples opprimés. L'ennemi a baptisé ces derniers mois son opération du nom de « Chariots de Gédéon », tentant d'habiller son affrontement raciste et nazi d'un vernis pseudo-biblique. Mais nous lui avons opposé, par la grâce de Dieu, une série d'opérations baptisées « Pierres de David », en s'inspirant du soutien divin apporté à David face à Goliath l'oppresseur

. Et Dieu a ouvert la voie à nos combattants, a guidé leurs tirs et a été avec eux à chaque frappe, car : « Ce n'est pas toi qui as tiré, mais c'est Dieu qui a tiré. » Nos combattants, côte à côte avec leurs frères des autres factions, et en particulier nos frères des Brigades Al-Quds, mènent un combat inégal avec une foi inébranlable, une volonté ferme, une force incroyable, et ont infligé des centaines de morts et de blessés dans les rangs de l'ennemi, sans compter les milliers souffrant de troubles psychologiques et de stress post-traumatique. Le nombre de suicides dans les rangs ennemis ne cesse d'augmenter, tant la résistance qu'ils affrontent est féroce et enveloppée du soutien divin. Nos combattants surprennent l'ennemi avec de nouvelles tactiques et approches, tirant les leçons de la guerre la plus longue de notre histoire. Ils mènent des opérations héroïques sans précédent : Des attaques ciblées contre les blindés, des combats rapprochés, des tirs de snipers, des explosions de bâtiments, de tunnels, des embuscades complexes et des assauts sur les forces ennemies.

Le monde entier a vu nos héros grimper sur les véhicules blindés de l'ennemi à Khan Younès, atteindre les soldats sionistes à bout portant, neutraliser un criminel responsable de la démolition de maisons civiles, et saisir ses armes. Ces dernières semaines, nos combattants ont tenté plusieurs enlèvements de soldats, dont certains ont failli réussir, n'eût été la volonté divine, puis les exécutions collectives opérées par l'ennemi (dans le cadre de la procédure Hannibal) dès qu'il soupçonnait une tentative de capture. Les opérations de nos combattants se sont étendues du nord et de l'est de Beit Hanoun et Jabalia, en passant par Tuffah, Shujaiya et Zeitoun, jusqu'à Khan Younès et Rafah, faisant de la résistance de Gaza la plus grande école militaire de résistance d'un peuple sous occupation dans l'histoire contemporaine.

Ô notre peuple, ô notre nation, Nous, dans les Brigades Ezzedine Al-Qassam, après vingt-et-un mois de la bataille Déluge d'Al-Aqsa et de la guerre sioniste nazie contre notre peuple, affirmons ce qui suit:

Premièrement :

Nos combattants et frères de la résistance sont pleinement prêts à poursuivre une guerre d'usure longue contre l'occupant, quelle que soit la forme de son agression. Nos combattants ont juré fidélité, fermeté et intensification des coups jusqu'à la fin de l'agression ou le martyre. Notre combat est un principe, un droit incontestable, un devoir religieux et national sacré. Nous n'avons d'autre choix que de combattre avec force, résolution et une foi indomptable. Nous combattrons avec les pierres de la terre, avec ce que nous avons, avec des Hommes qui accomplissent des miracles avec peu d'armes, par la grâce de Dieu. La stratégie actuelle de la direction des Brigades Al-Qassam est de causer un maximum de pertes dans les rangs ennemis, par des opérations à bout portant, et d'œuvrer à la capture de soldats sionistes.

Si le gouvernement terroriste de l'ennemi choisit de poursuivre sa guerre d'extermination, il choisit en même temps de continuer à accueillir les cercueils de ses soldats et officiers. Leurs chars ne les sauveront pas, et ils ne seront pas protégés des feux de la mort forgés par des mains croyantes et lancés par la main de Dieu : « Ils pensaient que leurs forteresses les mettraient à l'abri de Dieu, mais Dieu les a atteints d'où ils ne s'y attendaient pas, et a jeté l'effroi dans leurs cœurs. »

Deuxièmement :

Bien que nous soyons fiers de la fermeté et des exploits de nos combattants, nous sommes pleinement conscients de l'ampleur de la douleur et de la souffrance vécues par notre peuple meurtri et nos familles patientes, dont nous partageons les souffrances jour après jour. Et le fait que nous accomplissions notre devoir, que notre Seigneur nous a confié dans la défense et le combat contre cet ennemi, ne dispense pas la nation des deux milliards [de musulmans] de son devoir, qu'elle a malheureusement négligé.

Notre ennemi est soutenu par les puissances les plus injustes au monde, qui lui fournissent un flux ininterrompu d'armes et de munitions, tandis que les forces de notre nation regardent passivement leurs frères sur la terre du front se faire massacrer par dizaines de milliers, affamés, privés d'eau et de médicaments.

Et nous disons à l'Histoire, avec toute l'amertume et la douleur, et devant tous les enfants de notre nation : Ô dirigeants, élites, partis, savants de la nation islamique et arabe : Vous êtes nos adversaires devant Dieu. Vous êtes les adversaires de chaque enfant orphelin, de chaque femme endeuillée, de chaque déplacé, exilé, blessé ou affamé. Vous avez le sang de dizaines de milliers d'innocents sur les mains, trahis par votre silence. Et cet ennemi criminel et nazi n'aurait pu commettre ce génocide en votre présence sans être assuré de votre impunité, de votre silence, et d'avoir acheté votre abandon. Nous ne disculpons personne de la responsabilité de ce sang qui coule. Et nous n'exemptons personne qui a la capacité d'agir, chacun selon ses moyens et son influence.

Par Dieu, nous voyons l'humiliation, le mépris de l'ennemi pour notre nation, sa transgression et sa tyrannie, et nos cœurs saignent de douleur car nous connaissons la lâcheté, la faiblesse et l'humiliation de cet ennemi, ainsi que sa vraie nature. Et nous savons, avant tout, cette vérité divine : « Vous leur inspirez plus de crainte que Dieu lui-même. » S'il avait été confronté à la fierté de l'islam et à la noblesse arabe, il aurait été défait. Mais c'est la décadence... « Dieu nous suffit, Il est le meilleur garant. » Une nation aussi grande, aussi noble, aussi glorieuse n'est-elle pas capable de faire parvenir nourriture, eau et médicaments à ceux qui meurent de faim et sont assiégés à Gaza ? N'est-elle pas capable d'arrêter le torrent de sang qui coule et qui vise à terroriser notre Oumma et à la briser pour établir un empire sioniste sur les terres de l'arabité et de l'islam, avec pour capitale votre première Qibla et le lieu d'ascension de votre Prophète ou peut-être sur ses ruines ? Que les yeux des lâches ne connaissent pas le sommeil. En face, nous saluons avec fierté notre peuple bien-aimé et béni du Yémen de la foi et de la sagesse, ses forces armées et nos frères sincères d'Ansar Allah, qui ont stupéfié le monde par leur fermeté et leur position constante envers la Palestine, Gaza, son peuple et ses combattants.

Ils ont imposé à l'ennemi un nouveau front actif, preuve irréfutable contre ceux qui se taisent parmi les grands régimes, partis et forces arabes et islamiques, dont certains ne sont plus que des façades de l'oppression et des calmants pour les peuples et leur jeunesse libre. Leur crédibilité et leurs grands slogans sont désormais mis à l'épreuve face à leur abandon et leur incapacité à soutenir la cause la plus pure et la plus sacrée des Arabes et des musulmans. Quant aux Hommes libres du monde, nous les remercions pour leurs initiatives de solidarité, leurs tentatives de briser le blocus et de soulager l'injustice faite à notre peuple, malgré les risques, l'abandon, et les tentatives de diffamation menées par les hypocrites de la nation, qui se sentent visés par chaque cri. Nous appelons à renforcer ces initiatives, à les poursuivre, et à exposer l'ennemi par tous les moyens, dans tous les domaines.

Troisièmement :

Nous soutenons avec force la position de la délégation de négociation de la résistance palestinienne dans les négociations indirectes avec l'ennemi. Et nous avons proposé à plusieurs reprises, au cours des derniers mois, de conclure un accord global dans lequel nous remettrions tous les captifs ennemis d'un seul coup. Mais le criminel de guerre Netanyahu et ses ministres issus du mouvement nazi ont refusé cette offre. Il est apparu pour nous qu'ils ne s'intéressaient pas aux prisonniers, puisqu'il s'agit de soldats, et que leur dossier n'est pas une priorité pour eux. Ils ont préparé l'opinion publique à accepter l'idée de leur mort collective.

Quant à nous, nous nous sommes engagés à les garder vivants autant que possible jusqu'à maintenant, tout en suivant de près ce qui se passe dans les négociations. Nous espérons qu'elles aboutiront à un accord garantissant l'arrêt de la guerre contre notre peuple, le retrait des forces d'occupation, et la fourniture d'aide à nos familles. Mais si l'ennemi persiste dans son entêtement et se dérobe à ce cycle de négociation, comme il l'a fait à chaque fois, alors nous ne garantissons pas de revenir à la formule des échanges partiels, ni à la proposition des dix prisonniers.

Quatrièmement :

Parmi les signes de l'échec sioniste dans l'affrontement avec la résistance et dans sa tentative de briser notre peuple, il y a son recours à des solutions viles, qui constituent des crimes de guerre, des punitions collectives, un génocide et un nettoyage ethnique, soutenus malheureusement de manière évidente par l'administration américaine. Il rivalise d'ingéniosité pour torturer les innocents, déclare publiquement son intention de déporter les gens, se vante de sa destruction méthodique comme s'il s'agissait d'un exploit militaire, et présente au monde des plans pour établir des camps de détention nazis sous des appellations humanitaires fictives et mensongères.

Cet ennemi veut reproduire des expériences survenues il y a plusieurs décennies et les projeter sur ses adversaires, avec une cruauté et un sadisme qui feraient paraître le nazisme modéré. Ceci appelle au refus de l'ensemble du monde de ces camps. Sinon, le mensonge de l'antisémitisme, dont nos ennemis se nourrissent depuis des décennies, deviendra une mascarade et une honte. Ce n'est pas la faute de notre peuple s'il doit payer le prix des complexes psychologiques du sionisme criminel. Les sionistes doivent savoir que la haine naturelle que les nations leur portent ne vient pas de leur origine, mais de leurs actes et de leurs crimes contre l'humanité.

Cinquièmement :

Les tentatives de recruter des mercenaires et des agents de l'occupation sous des noms arabes sont le signe de l'échec, et une recette certaine de la défaite. Ces agents ne seront que des cartes brûlées, balayées par la conscience de notre peuple, sa dignité, et son rejet de la trahison. Ce que l'ennemi dépense sur eux ne lui vaudra que regret, ruine, et perte manifeste, à lui et à ses collaborateurs, par la permission de Dieu. Nous appelons ces agents à se repentir immédiatement et à revenir dans les bras de leur peuple avant qu'il ne soit trop tard, quand le regret ne sera plus d'aucune utilité. Sinon, leur fin sera tragique, et une leçon pour chaque traître et lâche. Nous n'oublions pas d'exprimer notre immense reconnaissance et notre fierté envers les familles et les tribus honorables de notre peuple, qui se sont dissociés de cette poignée d'agents isolés, qui ne représentent qu'eux-mêmes. Enfin, à toi, ô peuple patient et résilient, Ô source de révolution, Ô forgeron d'Hommes, Vous qui, chaque jour, accompagnez une caravane lumineuse de martyrs,

Ô frères de Moïse, l'interlocuteur de Dieu, que les pires ennemis de Dieu ont persécuté, et qui ne répondit que par : « Non ! Mon Seigneur est avec moi, Il me guidera. » Ô descendants de Joseph, trahi par ses frères et jeté au fond du puits, puis à qui la victoire et la puissance furent données, Ô bien-aimés de Muhammad , qui fut assiégé dans la vallée, poursuivi dans la grotte, acculé à Uhud, et secouru par son Seigneur : « Dieu te suffira contre eux. » Ô frères de la famille de Yassir, lorsqu'ils furent torturés dans le sentier de Dieu, et il leur fut annoncé : « Patience, ô famille de Yassir, votre rendez-vous est le Paradis. »

Votre fermeté malgré l'abandon, votre patience, votre sacrifice, votre défi à l'oppression et à la privation, c'est cela même qui exaspère vos ennemis. Et cette nuit connaîtra une fin, sans aucun doute. La victoire vient avec la patience. Le soulagement avec la détresse. Et avec la difficulté vient la facilité. Nous embrassons la tête de chacun de nos fils patients, enracinés, victorieux, par la permission de Dieu. Nous leur adressons le plus grand des saluts. Et nous leur annonçons la bonne nouvelle de notre Seigneur, Gloire à Lui : « À Dieu appartient le commandement avant et après. Et ce jour-là, les croyants se réjouiront de la victoire de Dieu. Il donne la victoire à qui Il veut, et Il est le Tout-Puissant, le Très Miséricordieux. » C'est la promesse de Dieu. Dieu ne manque jamais à Sa promesse. Mais la plupart des gens ne savent pas. C'est un combat : victoire ou martyre. Et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous."

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 


Gaza: entre résistance, propagande et guerre génocidaire.

 

Introduction

L’attaque de la résistance du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a été immédiatement présentée par les médias occidentaux comme un acte terroriste, voire comme un « pogrom » visant des civils innocents. Pourtant, au-delà de l’émotion, cet événement s’inscrit dans une histoire longue : celle du conflit israélo-palestinien, marqué par une asymétrie de forces, des violations du droit international et une guerre de récits médiatiques. Comprendre cet épisode exige d’analyser à la fois sa dimension militaire, juridique, historique et propagandiste. Cela a très bien marché sur des populations frustrées et avides de haine.


La nature de l’attaque du Hamas : résistance ou terrorisme ?

Sur le plan du droit international, le fait que le Hamas ait visé des civils autant que des militaires relève du crime de guerre. Mais replacée dans son contexte, cette attaque ne peut être isolée : depuis des décennies, Israël est accusé de mener une politique de colonisation, d’occupation et de nettoyage ethnique.

Ainsi, la violence du Hamas apparaît comme une réponse mimétique : une résistance armée contre un occupant, comparable à d’autres luttes de libération nationale au XXe siècle. Comme l’avait rappelé De Gaulle en 1967, « celui qui opprime s’expose à la résistance qu’il qualifie de terrorisme ».


Le récit du « pogrom » : une stratégie de communication

Qualifier l’attaque du Hamas de « pogrom » n’est pas neutre. Ce terme renvoie directement à l’histoire de l’antisémitisme européen et à la Shoah. Il permet de replacer Israël dans le rôle de la victime absolue, et de justifier une riposte militaire disproportionnée.

Ce récit médiatique s’inscrit dans une logique de propagande de guerre : fabriquer des images-chocs, comme la fausse histoire des « 40 bébés décapités », afin de rallier l’opinion publique occidentale. Cela rappelle d’autres manipulations médiatiques comme les couveuses du Koweït en 1990 ou le massacre de Boutcha en Ukraine.


Israël face à ses propres haines

L’attaque du Hamas révèle aussi les failles du système sécuritaire israélien. Malgré sa réputation de puissance militaire coloniale, Israël a montré une vulnérabilité inattendue. Certains analystes évoquent même un « 11-Septembre israélien », laissant entendre que Tel-Aviv aurait pu laisser faire l’attaque pour s’en servir comme prétexte à une opération militaire massive contre Gaza.

Cette hypothèse, bien que controversée, s’appuie sur l’histoire : plusieurs grandes puissances ont déjà utilisé des attaques subies comme leviers stratégiques pour remodeler leur politique intérieure et étrangère. Alors que le sioniste chevronné Netanyahu est très souvent décrit comme un improvisateur politique qui saisit les opportunités et évite les mines terrestres lorsqu'elles se présentent pour préserver son emprise sur le pouvoir.

Massacrer n' importe qui, massacrer sans raison, se placer au-dessus de la morale, de la raison, être assassin absurde impitoyable inhumain, c'est s'élever au-dessus de l’humanité, c'est devenir un prophète biblique.

Surtout  quand le sinistre Netanyahou parle des Palestiniens, presque toujours il hurle de rage et de haine. Il ne pense plus, ne raisonne plus, il crie. C'est clair, il y a une souffrance et un terrible compte à régler. A noter que très souvent il verse dans l’obscénité en parlant des pays qui contredise sa politique de crime, car bombarder les civils palestiniens de Gaza pendant 2 années, ça n'est pas barbare; et vouloir mettre fin à ces massacres après moult avertissements, ça c'est barbare.


Un conflit asymétrique et sans issue immédiate

Au cœur de cette guerre, il y a une asymétrie structurelle : Israël, soutenu par les États-Unis et l’Occident, dispose d’une armée moderne, d’un arsenal nucléaire et d’un poids diplomatique. Le Hamas et les autres groupes palestiniens, eux, répondent avec des moyens rudimentaires, dans un territoire assiégé.

Cette asymétrie rend toute solution militaire illusoire. Les bombardements massifs ne détruisent pas la cause du conflit : l’occupation, la colonisation et la négation du droit au retour des Palestiniens.


Conclusion

Les israéliens sont les ennemis des palestiniens, et réciproquement. Comme à chaque fois que deux peuples (ou deux tribus) revendiquent un même territoire. L’attaque du Hamas du 7 octobre ne peut être comprise uniquement comme un acte terroriste isolé. Elle s’inscrit dans une logique historique de résistance face à l’occupation, mais aussi dans une guerre de récits où chaque camp cherche à imposer son interprétation. Derrière les discours sur le terrorisme ou les « pogroms », se cache une réalité : tant que la question palestinienne restera sans solution juste, la violence sera inévitable.

Le problème est que la focalisation sur le méchant Hamas oppressant les gentils civils palestiniens est du même acabit que la caricature des méchants sionistes qu'on dénonce sans être antisémite. Personnellement, ce qui m'a complètement détourné de la cause palestinienne, ce sont les discours des religieux juifs  et qi passent  pour modérée. Je n'ai jamais entendu de tels discours de haine chez eux et je me suis dit que si un rabbin tenait de tels discours je n'ose pas imaginer l'opinion de de l’israélien de base. C'était il y a presque trente ans. La tranquillité ne fait pas partie de la promesse sioniste, il me semble.

Israël est un cancer, le sionisme un virus qui garde toujours une longueur d’avance.

On comprend mieux pourquoi la « terre promise » restera à jamais promise. Les peuples les moins puissants se sont vu octroyer (par Allah) des millions de kilomètres carrés, alors qu’ils ont du mal à se maintenir en Palestine, l’un des plus petits PAYS ARABE.

Et maintenant, alors que la situation apparaît encore plus turbulente et traumatisante que jamais, que peut-on faire pour exercer le degré de contrôle nécessaire pour créer et imposer une clôture et une paix internationales efficaces dans une guerre si longue et si âprement disputée, une guerre où la mort et la destruction ont dominé la scène pendant ce qui aujourd’hui doit sembler être une éternité ?

«Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même pensée que celle que nous avons utilisée lorsque nous les avons créés.» (Albert Einstein)

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet.                                                                                                      « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

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