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Après la libération des otages, la guerre continue : le mensonge d’une paix conditionnelle

 

On avait promis que la guerre s’arrêterait une fois les otages israéliens libérés. Mais les bombardements se poursuivent, les civils meurent, et le langage de la paix a été remplacé par celui de la punition.
Cette tribune dénonce la logique d’une guerre devenue autonome, sans justification ni frein moral, où la mort des innocents sert désormais d’argument politique

On nous avait juré que la guerre s’arrêterait lorsque les otages reviendraient.
C’était le refrain, répété sur toutes les chaînes, dans toutes les chancelleries, sur toutes les lèvres des partisans d’Israël : « Libérez les otages, et la paix reviendra. »
Ce slogan, brandi comme une vérité morale, servait à justifier l’injustifiable : les bombardements de quartiers entiers, les enfants sortis sans vie des ruines, les hôpitaux frappés, les familles décimées.
Mais aujourd’hui, les otages sont libres. Et les massacres, eux, ne se sont pas arrêtés.

Le mensonge de la condition

Ce qu’on appelle « conditions à la paix » n’était qu’une façade. Une justification rhétorique pour masquer un projet bien plus profond : celui d’écraser un peuple jusqu’à l’effacement.
Le discours humanitaire n’a été qu’un déguisement. Derrière les appels à la libération des captifs, il n’y avait pas la compassion  il y avait la stratégie.
On n’attendait pas que le Hamas cède pour cesser de frapper Gaza ; on frappait Gaza pour anéantir tout ce qui, de près ou de loin, pouvait ressembler à une résistance, à une existence autonome, à une dignité palestinienne.

Lorsque l’armée israélienne a fait exploser, vendredi, un véhicule transportant une famille palestinienne de onze personnes  dont sept enfants, elle a invoqué la même justification qu’à chaque fois : une « violation de zone ».
Un mot technique, sec, bureaucratique, pour décrire une exécution.
On a tué des enfants parce qu’ils avaient franchi une ligne invisible sur une carte militaire.
Et dans les communiqués officiels, cette absurdité devient doctrine.
Tout comme il y a un an, les massacres étaient justifiés au nom des « otages ».

L’argument s’est effondré la violence demeure

Aujourd’hui ils ont lancé des frappes à Rafah pour venir en aide à leurs groupés armées qui ont reçu l’ordre de violer le cessez le feu pour accuser la Résistance.  Des images satellites récentes révèlent la présence d’une base de l’armée d’occupation israélienne (Tsahal) ainsi que d’une milice composée de gangsters armés (en jaune sur la carte) à la solde d’Israël, dans le quartier de Shuja’iyya, à l’est de la ville de Gaza.

Placée sous le commandement de Rami Khalas, cette milice, formée d’éléments de type mafieux, dispose d’une base attenante à celle de Tsahal. Elle est armée, encadrée et supervisée par Israël, dans le cadre de ses opérations contre le mouvement Hamas.

Par ailleurs, une activité intense et inhabituelle a été observée hier aux coordonnées 31.4977, 34.4742, laissant apparaître une expansion des infrastructures et un trafic accru de véhicules lourds à proximité de la principale base de l’armée d’occupation dans ce secteur.  

Ceux qui suivaient cette guerre depuis longtemps n’en sont pas surpris. Ils savaient déjà que le sort des otages n’était pas la cause, mais le prétexte.
L’armée israélienne n’a jamais bombardé Gaza pour sauver des vies israéliennes : elle a bombardé Gaza pour punir des vies palestiniennes.
Les faits le prouvent, inlassablement.
Quand des hôpitaux ont été visés, on a invoqué la présence supposée du Hamas dans leurs sous-sols.
Mais des médecins occidentaux, présents sur place, ont raconté une autre histoire : celle de soldats entrant dans les hôpitaux détruits pour saccager les appareils restants, méthodiquement, pièce par pièce, pour que plus aucun hôpital ne puisse fonctionner.
Ce n’était pas une guerre contre le Hamas.
C’était une guerre contre la survie elle-même.

Aujourd’hui, le récit officiel se fissure encore.
Les otages ont été libérés — et pourtant, les bombes ne se sont pas tues.
Les arguments s’effondrent les uns après les autres, mais la machine, elle, continue de tourner.
Parce que la guerre, à ce stade, n’a plus besoin de justification : elle s’autoalimente.
Elle est devenue sa propre raison d’être.

Le vacarme des tambours

Écoutez les discours des dirigeants israéliens : ils battent les tambours de la guerre au nom de la sécurité, de la défense, de la survie.
Mais quelle sécurité naît du sang de milliers d’enfants ?
Quelle survie se fonde sur l’anéantissement méthodique d’un peuple enfermé dans un territoire déjà asphyxié ?
Le langage militaire a dévoré le langage moral.
On ne parle plus d’humains, mais de « zones », de « cibles », de « frappes préventives ».
La guerre est devenue un processus administratif, réglé, presque automatique, où la mort de civils n’est plus une tragédie mais une statistique.

Et pourtant, derrière chaque chiffre, il y a un visage, un nom, une voix qui ne parlera plus.
Des enfants qui ne verront jamais la lumière du matin.
Des parents qui ne peuvent plus enterrer leurs morts parce que les bulldozers sont interdits d’entrée.
C’est cela, la réalité de Gaza un lieu où même les funérailles sont un luxe.

Le piège moral de l’Occident

Ce silence complice, ce confort moral, pèsent aussi sur nous.
Nous avons laissé s’installer un discours où l’indignation dépend de l’identité des morts.
Où certains corps méritent les pleurs des chancelleries, et d’autres seulement des notes diplomatiques.
L’Occident, si prompt à brandir les droits humains ailleurs, se tait lorsque son allié commet l’irréparable.
Ce silence est devenu une politique en soi une manière de se protéger de la honte.

Mais l’histoire jugera ce silence avec la même sévérité qu’elle a jugé d’autres silences, dans d’autres temps.
Car ceux qui prétendaient que « tout cesserait une fois les otages libérés » savaient, au fond, que rien ne cesserait. Ils savaient que la guerre n’était pas un moyen, mais un but. Et que la paix, dans leur bouche, n’était qu’un mot vidé de sens.

Le cri sous les ruines

À Gaza, il ne reste presque rien : ni hôpitaux, ni routes, ni abris, ni illusions.
Mais il reste la voix des vivants  ceux qui fouillent les décombres à mains nues, ceux qui refusent que la mort devienne normale, ceux qui persistent à nommer les disparus un à un.
Cette voix, étouffée par le vacarme des bombardements, continue de dire ce que le monde refuse d’entendre : que tuer des civils n’est pas une erreur de guerre, mais une stratégie.
Et que la pire barbarie n’est pas celle des armes, mais celle du mensonge.

Épilogue : le jour d’après

Ils avaient promis que tout s’arrêterait. Que la paix viendrait, que les enfants cesseraient de mourir, que les otages étaient la clé du drame.
Mais aujourd’hui, alors que les bombes poursuivent leur œuvre, la vérité s’impose : ce n’était pas une guerre pour sauver des vies, mais pour en détruire.
Et tant que ce mensonge continuera d’être répété, tant que la mort sera présentée comme un acte de défense, tant que le monde fermera les yeux sur la douleur des plus faibles, alors les tambours de guerre ne cesseront jamais de battre.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 


Gaza : Le poids symbolique des corps, un champ de menace de guerre

Cette tribune revient sur la controverse autour des corps israéliens disparus à Gaza, enjeu humanitaire devenu symbole de la guerre d’influence entre Israël et le Hamas.
Au-delà des chiffres et des accusations, le texte propose une réflexion sur la manière dont les morts, palestiniens comme israéliens, sont pris en otage dans un conflit où la mémoire, la dignité et la compassion cèdent la place à la logique politique et militaire.
Un plaidoyer pour replacer l’humain — vivant ou disparu — au centre d’un débat trop souvent déshumanisé.

Le cessez-le-feu entre Israël et les groupes armés palestiniens n’a pas encore apporté le calme espéré. Alors que la trêve entre dans sa deuxième semaine, une nouvelle controverse vient rallumer la tension : celle des corps israéliens ensevelis sous les ruines de Gaza.
L’affaire, en apparence humanitaire, s’est rapidement transformée en instrument de pression politique, révélant une fois encore la profondeur du drame humain et moral qui s’est abattu sur la région.

Le poids symbolique des corps

Israël a exigé du Hamas la restitution de tous les corps de ses ressortissants morts à Gaza, menaçant de reprendre ses opérations militaires si cette demande n’était pas satisfaite. Selon des sources proches des négociations, certains de ces corps seraient enfouis sous les décombres des bombardements israéliens eux-mêmes  un paradoxe tragique, mais révélateur : la guerre a enseveli non seulement des vies, mais aussi la possibilité même d’un dialogue fondé sur la raison.

L’ancien président américain Donald Trump a déclaré que le Hamas « cherchait certainement » les corps manquants, tout en exprimant un optimisme prudent. Optimisme difficile à partager, tant la situation sur le terrain reste catastrophique : Gaza n’est plus qu’un enchevêtrement de gravats, de zones minées et de ruines inaccessibles.

Deux tragédies, deux récits

Pendant que les caméras se tournent vers la question des corps israéliens, à Gaza, les habitants observent ce débat avec un mélange d’incrédulité et de douleur. Selon le ministère de la Santé de l’enclave, près de 9 000 Palestiniens sont encore portés disparus, probablement ensevelis sous les décombres.
Des familles entières attendent depuis des mois, sans pouvoir ni creuser ni identifier leurs proches. Le blocus empêche l’entrée de bulldozers, de carburant, ou même d’équipements de protection. Les secouristes fouillent souvent à mains nues, au risque de leur vie.

Cette asymétrie du regard médiatique est devenue une constante du conflit. Les souffrances israéliennes, réelles et tragiques, sont scrutées, détaillées, commentées ; celles des Palestiniens, plus diffuses, plus massives, sont souvent reléguées dans la rubrique des chiffres. Et pourtant, derrière ces chiffres, il y a des vies, des visages, des histoires : 70 000 morts selon les autorités locales, plus de 170 000 blessés, des milliers d’autres disparus. Des données invérifiables, certes, mais dont l’ampleur ne laisse guère de doute sur la catastrophe humanitaire en cours.

Une responsabilité partagée, un désastre collectif

Pourquoi le Hamas ne retrouve-t-il pas les corps israéliens ? Les raisons sont multiples, et profondément liées à la destruction du territoire lui-même.
Les bombardements ont pulvérisé des quartiers entiers, transformant la géographie de Gaza en un puzzle de ruines. Une grande partie du territoire reste sous contrôle militaire israélien, inaccessible aux secours.
De nombreux membres des groupes armés palestiniens, qui détenaient des informations sur les lieux où étaient gardés les captifs, ont été tués dans les frappes. D’autres factions, plus petites et moins coordonnées, auraient détenu certains prisonniers.
Enfin, le blocus empêche toute entrée d’équipement lourd ou de matériel de recherche, ce qui rend les opérations de récupération quasiment impossibles.

Cette situation absurde Israël exigeant de Gaza des efforts que ses propres bombardements rendent irréalisables  illustre l’impasse morale du conflit. L’armée israélienne, en prétendant « libérer ses otages », a détruit les mêmes infrastructures où certains d’entre eux étaient probablement détenus.
La responsabilité est donc circulaire : les combattants palestiniens ont violé le droit international en capturant des civils ; Israël a répondu par une campagne militaire d’une intensité telle qu’elle a rendu toute résolution humaine impossible. Le résultat : des morts, des disparus, et un champ de ruines qui sert désormais de théâtre à une bataille politique autour des cadavres.

Les morts comme instruments de politique

Ce que cette controverse révèle, au fond, c’est la manière dont la guerre transforme les morts en objets de pouvoir.
Dans toute guerre prolongée, la question des corps  qu’il s’agisse de leur restitution, de leur identification ou de leur sépulture devient une arme symbolique. Chaque camp tente de maîtriser le récit de la mort, car celui qui contrôle les morts contrôle aussi, en partie, la mémoire du conflit.

Israël veut montrer qu’il ne laisse aucun des siens derrière juste pour jouer la provocation. Le Hamas, de son côté, veut prouver qu’il agit malgré la destruction, et que la population de Gaza reste humaine face à la dévastation. Entre ces deux logiques, la dignité des victimes, israéliennes comme palestiniennes, se perd dans les ruines.

Une trêve sous tension

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre, 23 Palestiniens ont été tués et plus de 120 blessés dans des incidents attribués à des violations israéliennes.
Les secours palestiniens affirment avoir retrouvé 381 nouveaux corps sous les décombres, tandis qu’Israël a restitué 120 dépouilles palestiniennes non identifiées.
Le Hamas a, de son côté, remis une dizaine de corps israéliens sur les 28 prévus par l’accord. Le reste serait, selon lui, inatteignable pour le moment.

L’envoyé spécial américain Steven Witkoff se dit convaincu que tous les corps finiront par être restitués. Mais la réalité de terrain, elle, montre un territoire exsangue, sans machines, sans routes, sans morgues fonctionnelles. La paix, ici, se mesure au nombre de cadavres qu’on parvient à extraire des gravats.

Au-delà du champ de ruines

Dans cette tragédie, il ne s’agit plus seulement de politique ni même de guerre : il s’agit d’un effondrement moral.
Quand des gouvernements négocient des trêves autour des corps, quand la diplomatie devient une comptabilité macabre, c’est le signe que la guerre a déjà gagné  non seulement sur le terrain, mais dans les consciences.

Ce que Gaza révèle aujourd’hui, c’est la faillite collective d’un monde qui tolère que des civils soient enterrés vivants, que des enfants soient laissés sous les ruines faute de carburant, et que la mort soit utilisée comme levier diplomatique.
La récupération des corps israéliens est un droit humain fondamental ; la recherche des disparus palestiniens en est un autre. Tant que ces deux droits seront hiérarchisés, la paix restera une illusion.

Conclusion : de la dignité des morts à celle des vivants

Le vrai défi, désormais, n’est pas seulement de savoir qui a raison ou tort, mais de savoir si l’on peut encore parler de dignité dans un contexte où même les morts sont pris en otage.
Reconnaître la souffrance de l’autre  sans la comparer, sans la minimiser  est peut-être le seul point de départ possible pour sortir de cette spirale.

Les morts, tous les morts, méritent le silence du respect, non le vacarme des menaces.
Et tant que la guerre continuera à parler plus fort que la compassion, aucun cessez-le-feu, si long soit-il, ne pourra faire taire le fracas des consciences.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Gaza : la vengeance sioniste


Bien sûr, les juifs dits libéraux se plaignent parfois de ce que fait Israël, mais ils ne sont jamais prêts à exiger la chirurgie radicale et radicale qui est nécessaire si l’on veut un jour que le pays se répare. Israël est un État belligérant occupant  doté de droits de légitime défense limités face aux menaces émanant du territoire qu’il occupe illégalement.

La Palestine occupée a le droit légal de résister, de s'organiser, de se militariser et de se mobiliser pour se défendre et repousser l'occupation illégale d’Israël. Le Hamas est une résistance armée légale, quand à Israël, je dirai Il y a l'avocat qui connaît la loi... et l'avocat qui connaît le juge".

Derrière les discours de légitime défense ou de résistance, c’est une logique de vengeance qui domine, piégeant Israéliens et Palestiniens dans un cycle meurtrier. Cette guerre, au-delà de Gaza, révèle l’impuissance du droit international et la montée d’un monde où la diplomatie s’efface devant la force.

Un conflit qui s’enfonce dans la spirale de la violence

Le 7 octobre 2023 restera comme une date charnière dans l’histoire contemporaine du Proche-Orient. Ce jour-là, le Hamas a lancé une attaque coordonnée d’une brutalité inédite contre Israël. Plus de 1 200 civils ont été tués, parmi eux des familles entières massacrées dans leurs maisons ou lors d’un festival de musique, tandis qu’environ 200 personnes étaient prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza. L’onde de choc a sidéré la société israélienne, réveillant les souvenirs les plus sombres des persécutions historiques et des guerres passées.

La réaction israélienne fut immédiate : le gouvernement de Benyamin Netanyahou a déclenché une offensive militaire massive, présentée comme une guerre pour « éradiquer » le Hamas. En quelques semaines, Gaza est devenue un champ de ruines, ses infrastructures détruites, ses hôpitaux débordés et sa population plongée dans une situation humanitaire catastrophique. Des milliers de civils palestiniens ont péri sous les bombardements, et le blocus, déjà insupportable, s’est durci davantage.

Depuis, le conflit s’est enlisé dans une spirale de représailles. Deux ans après, aucune solution politique n’a émergé, aucun cessez-le-feu durable n’a été trouvé. Derrière les justifications officielles – « légitime défense » pour Israël, « résistance » pour le Hamas – apparaît une logique plus profonde et universelle : celle de la vengeance, moteur puissant mais destructeur qui enferme les deux camps dans une guerre sans horizon.

Les racines d’un cycle meurtrier

Pour comprendre cette dynamique, il faut revenir sur les racines de la violence.

  • Du côté palestinien, Gaza vit sous blocus israélien et égyptien depuis 2007, quand le Hamas a pris le contrôle de l’enclave. La colonisation en Cisjordanie s’est poursuivie, avec de nouvelles implantations juives chaque année, accentuant la fragmentation du territoire palestinien. Pour beaucoup de Palestiniens, le quotidien est marqué par l’humiliation des check-points, la restriction de circulation, la pauvreté et l’absence de perspective politique. Dans ce contexte, la lutte armée est perçue par certains comme la seule voie pour faire entendre une voix étouffée.
  • Du côté israélien, Je trouve remarquable qu’à chaque fois que l’armée israélienne (la plus féroce du monde)  se livre à une violence excessive contre les Palestiniens, en particulier dans des médias occidentaux, l’attention soit attirée sur Israël dans le rôle de victime et son droit à la défense. Des histoires sur le 7 octobre ou des histoires de Palestiniens voulant dénoncer la cruauté, le fanatisme, la corruption ou l'opulence de la direction du Hamas, ce type de reportage n'est pas pertinent pour les actes de guerre et semble être conçu comme du  sensationnalisme  visant à discréditer davantage le la résistance du Hamas, quelle est la raison sous-jacente lorsque l’autodéfense d’Israël s’est transformée en un massacre brutal et très cruel dès novembre 2023 ?.

Le 7 octobre et la riposte israélienne

L’attaque du Hamas n’avait pas pour objectif de conquérir des territoires ni de remporter une victoire militaire conventionnelle. Israël est l’ennemi de tous les Etats de la région, et un facteur essentiel de déstabilisation du Proche-Orient. Israël perpétue une situation de guerre, il faudrait peut-être rappeler que c'est le sionisme implacable qui a amené des religieux fanatiques et sanguinaires au pouvoir.

Échec et mat pour Israël : Un jeu qu'ils connaissent bien alors les Israéliens doivent savoir que  tout comme l'Allemagne nazie, ils finiront par tomber, leurs soif de sang, leurs haine et leurs violence sera leur propre destruction le plus tôt possible, ils doivent encore réapprendre réellement la signification du mot  pogrom, qu’ils font subir à la population de Gaza?

En réponse, l’armée israélienne a lancé une opération d’une ampleur inédite, avec un double objectif affiché : détruire les infrastructures militaires du Hamas et libérer les otages. Pourtant, au-delà de la stratégie militaire, la riposte a pris une dimension punitive : les bombardements massifs ont frappé des zones densément peuplées, des infrastructures civiles essentielles, plongeant Gaza dans une crise humanitaire.

Cette asymétrie – un État doté d’une armée moderne face à une organisation islamiste ancrée dans une population civile – a renforcé l’impression que la guerre visait autant à punir collectivement qu’à neutraliser un ennemi.

La logique de la vengeance

La vengeance n’est pas une explication exhaustive du conflit, mais elle en éclaire une dimension essentielle. Comme l’écrit Marie Robin dans La vengeance et la paix (Biblis, 2025), elle fonctionne comme une spirale : elle transforme la douleur subie en justification de la violence exercée.

La vengeance, dans ce contexte, n’est pas seulement une émotion individuelle. Elle devient une logique collective, inscrite dans la mémoire des peuples et dans les choix des gouvernements.

Des impasses politiques et stratégiques

L’objectif affiché par Netanyahou – « éradiquer » le Hamas – soulève une question centrale : est-ce seulement possible ? L’histoire montre que les idéologies et les mouvements armés renaissent souvent dans les ruines laissées par la guerre. Gaza, ravagée, risque de produire une nouvelle génération de combattants, encore plus radicalisés.

L’Autorité palestinienne, affaiblie et discréditée par la corruption et son incapacité à obtenir des avancées diplomatiques, n’offre pas d’alternative politique crédible. Du côté israélien, le pouvoir est dominé par une coalition de droite et d’extrême-droite qui ne croit plus à la solution à deux États et prône une politique de force permanente.

Ces dynamiques enferment le conflit dans une impasse où la négociation paraît illusoire et où la radicalisation gagne les deux sociétés.

L’impuissance de l’ordre international

La guerre de Gaza est aussi un révélateur de l’affaiblissement du système international. L’ONU a multiplié les résolutions appelant à un cessez-le-feu, mais aucune n’a eu d’effet concret. Le Conseil de sécurité, paralysé par le veto des grandes puissances, est incapable d’imposer une contrainte réelle.

Les États-Unis soutiennent Israël au nom de son droit à la légitime défense, tout en appelant à la « retenue » dans l’usage de la force. L’Union européenne reste divisée, incapable de parler d’une seule voix. Les pays arabes, eux, oscillent entre indignation et pragmatisme, certains poursuivant discrètement leur rapprochement avec Israël pour des raisons géopolitiques, d’autres se posant en défenseurs de la cause palestinienne.

Au-delà du Proche-Orient, Gaza devient un symbole de l’impuissance du droit international et de l’érosion des normes multilatérales. Comme en Ukraine, au Soudan ou au Sahel, la logique des représailles et des rapports de force tend à remplacer la diplomatie et la recherche de compromis.

Le discours de Netanyahou : une main fermée

Le discours prononcé par Benyamin Netanyahou à l’ONU, en septembre 2025, illustre ce basculement. Loin d’ouvrir une porte à la négociation, il a fermé définitivement la perspective d’un État palestinien, accusant sa reconnaissance internationale de « récompenser le terrorisme ».

Ce message a envoyé un signal glaçant : Israël ne laissera personne décider de l’avenir des Palestiniens, et encore moins sur la base du droit international. Pour la communauté internationale, ce discours a confirmé une tendance inquiétante : la force s’impose comme la seule boussole, et le droit comme un simple ornement rhétorique.

Conclusion : briser le cycle ou s’y résigner ?

La guerre de Gaza montre comment la vengeance peut devenir un moteur collectif, puissant mais destructeur. Chaque camp nourrit sa violence de la douleur de l’autre, enfermant Israéliens et Palestiniens dans une spirale de représailles. Cette logique n’engendre pas la sécurité ni la liberté, mais seulement de nouvelles blessures, de nouvelles rancunes et une perpétuation indéfinie du conflit.

La résistance des Palestiniens a déchu le mythe du peuple élu, par la férocité des Israéliens  dans l’agression contre Gaza le monde vient de découvrir de leurs sadismes, le monde vient de voir  leurs perversions mentales, le monde vient de découvrir leurs idéologies mortifères. Le monde reste témoin du génocide israélien contre les Palestiniens, cependant, ils ne seront pas éternels, le seul ennemi est la déshumanisation  des Palestiniens alors que la société Israélienne est en proie à une vilaine bouffée morbide, dont le soutien enragé au criminel de guerre Netanyahou et son gouvernement ouvertement raciste, suprématiste et messianique est un rude symptôme.

Israël étant officiellement déclaré comme état voyou qui  se féliciter de ses entreprises mortelles est par définition une apologie de crime de guerre, que cette apologie ait lieu à l’agression contre Gaza et au nom d'un groupe religieux au pouvoir qui en accentue la gravité. C'est la totalité des Militaires qui devraient être condamnés pour savoir s'ils font leur cette déclaration, et poursuivre tous ceux qui approuvent. La démocratie n'est pas le droit pour des politiques  de commettre de génocides.

Rompre ce cycle n’est pas impossible. Cela suppose de replacer la justice et le droit au centre du jeu international. Cela exige aussi un courage politique que ni Israël ni les Palestiniens, ni même les grandes puissances, ne semblent prêts à assumer aujourd’hui. Tant que ce courage manquera, la paix restera un mirage, et la vengeance, le moteur tragique d’un monde où la diplomatie recule devant la force.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

Reconnaître la Palestine n’est pas un angélisme

 

Cette tribune répond à l’article de l’extrême droite critiquant la reconnaissance de l’État de Palestine par la France. Il démontre que ce geste diplomatique n’est pas un simple acte symbolique ou de communication, mais une étape nécessaire pour maintenir vivant l’horizon d’une paix possible. Il dénonce le déterminisme qui enferme Israéliens et Palestiniens dans une logique de guerre sans fin, ainsi que l’instrumentalisation du conflit dans le débat français.

Le discours d’Emmanuel Macron du 22 septembre 2025 à l’Assemblée générale des Nations Unies a marqué une étape diplomatique importante : la France a officiellement reconnu l’existence de l’État de Palestine, dans un cadre conditionné à la libération des otages et à un cessez-le-feu. Cette décision, qui s’inscrit dans une logique de long terme de la diplomatie française, a suscité des réactions contrastées, parmi cet autre article  d’une presse de l’extrémisme de France, fidèle à son style acerbe, dénoncent une démarche « de vertu diplomatique », sans portée réelle, voire dangereuse. Cette presse, déjà épinglée pour avoir relayé des mensonges pro-Israël, mérite donc d’être pointée du doigt pour, a minima, une objectivité bien relative confinant à de la désinformation. Cependant réduire cet acte à un simple exercice d’angélisme ou de communication relève d’un contresens politique et historique.

La diplomatie symbolique n’est pas inutile

L’un des arguments centraux de l’article consiste à affirmer que reconnaître la Palestine « ne mange pas de pain », qu’il s’agirait d’un geste gratuit, destiné à flatter l’opinion internationale et à servir d’éventuelle rampe de lancement à Macron vers l’ONU. Or, cette vision cynique méconnaît le rôle fondamental des gestes symboliques dans les relations internationales.

L’histoire regorge d’exemples où la reconnaissance formelle d’un État a ouvert la voie à des négociations, à une stabilisation ou à une légitimation internationale. Reconnaître la Palestine, ce n’est pas ignorer la colonisation mais c’est affirmer qu’une solution politique est non seulement nécessaire, mais aussi possible. Prétendre que ce geste est vain revient à confondre immédiateté et efficacité : la diplomatie n’est pas le domaine de l’instantanéité, mais celui du long terme.

L’erreur du déterminisme : « c’est nous ou eux »

La presse de l’extrême affirme que « le 7-Octobre est irréparable » et que pour beaucoup d’Israéliens, la conclusion est claire : « s’ils ont un État demain, les Palestiniens recommenceront ». Une telle formulation essentialise le conflit, comme si l’histoire était figée dans une opposition éternelle et irrémédiable.

Pourtant partout dans le monde, les gens sont horrifiés et dégoûtés qu’Israël tire, bombarde et affame des hommes, des femmes, des enfants et des bébés innocents ! Israël commet un génocide ! Israël tue délibérément des journalistes pour empêcher le monde d’apprendre les innombrables atrocités insondables qu’Israël commet chaque jour ! Nous exigeons qu’Israël cesse immédiatement les massacres et permette à l’aide humanitaire indépendante et aux journalistes indépendants de Gaza de faire leur travail ! Nous exigeons également que tous ceux qui ont participé directement ou indirectement ou profité des innombrables crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide soient tenus responsables avec toutes les conséquences et la sévérité nécessaires.

Aujourd’hui plus personne ne peut nier le génocide. Gaza brûle. La destruction définitive de ce qui reste de la Palestine est en cours. Pour achever leur œuvre, Israël et ses alliés occidentaux exigent la capitulation et le désarmement de la résistance. Dans ces circonstances, la reconnaissance de la légitimité de la résistance palestinienne, qu’il s’agisse du Hamas, du Front populaire de libération de la Palestine ou des autres organisations de libération, doit être la principale préoccupation de tous ceux qui souhaitent que la Palestine survive.

Bien sûr, les blessures de la colonisation et la répression des Palestiniens, ainsi que le génocide de Gaza  sont réelles et profondes que ceux du 7 Octobre. Refuser l’horizon de la paix, c’est choisir la perpétuation de la guerre. Or, aucun peuple n’est condamné éternellement à la haine. Les exemples d’anciens ennemis devenus partenaires – de la réconciliation franco-allemande après 1945 à celle de l’Afrique du Sud post-apartheid – prouvent que ce qui paraît impossible aujourd’hui peut devenir réalité demain.

Un biais français : les « islamo-gauchistes » comme boucs émissaires             

Dans sa critique, cette presse ne résiste pas à une digression typiquement hexagonale : la dénonciation des « islamo-gauchistes » occidentaux qui, selon elle, donneraient raison au rejet israélien. Cette attaque traduit moins une analyse du conflit au Proche-Orient qu’une volonté d’importer la polémique française sur la gauche, l’université et la laïcité dans un débat géopolitique mondial.

Or, réduire la solidarité avec la Palestine à une complaisance envers le terrorisme est une caricature. On peut défendre l’existence d’un État palestinien sans être complice du Hamas, comme on peut dénoncer la colonisation israélienne sans remettre en cause le droit d’Israël à la sécurité. Assimiler toute défense de la cause palestinienne à une forme d’extrémisme, c’est fermer l’espace d’un dialogue politique légitime et nuancé.

Le paradoxe des drapeaux : entre liberté d’expression et peur des amalgames

L’article en question souligne une incohérence : reconnaître la Palestine au niveau international tout en interdisant son drapeau dans l’espace public français. Sur ce point, sa critique est juste : il y a une contradiction entre le geste diplomatique et la censure symbolique. Mais l’analyse qu’il en propose reste insuffisante.

Non, aucuns défilés brandissant le drapeau palestinien ne véhiculent une haine des juifs ou de la France. Mais doit-on pour autant délégitimer tout usage de ce drapeau, y compris lorsqu’il est associé à celui d’Israël pour appeler à la paix ?

La liberté d’expression n’a de valeur que si elle s’applique aussi aux symboles qui dérangent. Refuser le drapeau palestinien au nom de débordements violents, c’est céder au soupçon généralisé et à l’amalgame, en niant l’existence d’une aspiration pacifique sincère.

Conclusion : l’urgence d’un horizon politique

La reconnaissance de la Palestine par la France n’est ni une capitulation devant le Hamas, ni un simple coup de communication. C’est une tentative, fragile mais nécessaire, de rouvrir un horizon politique dans un conflit qui tend à se fossiliser dans le désespoir et la vengeance.

La presse de l’extrême droite critique Emmanuel Macron pour son supposé angélisme. Mais le vrai danger n’est pas l’angélisme : c’est le cynisme. C’est l’idée qu’aucune solution n’est possible, que le conflit est voué à se répéter indéfiniment, et qu’il faut s’y résigner. La diplomatie n’est pas faite pour entretenir cette résignation, mais pour la contester.

Reconnaître la Palestine, c’est rappeler qu’au-delà des actes du Hamas et des dérives du gouvernement israélien, il existe des peuples, des individus, et surtout un avenir à construire. Refuser ce geste, c’est condamner la région à l’éternel présent de la guerre.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 


Quand la mémoire et l’histoire sont instrumentalisées pour imaginer Israël en autarcie

                                    

La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron a suscité des réactions diverses, révélant les fractures profondes qui traversent le débat sur le conflit israélo-palestinien. Parmi elles, un article paru dans une presse d’extrême droite illustre un phénomène plus large : la mobilisation d’un récit identitaire pour encadrer le regard du lecteur. Dans plusieurs pays européens, l’extrême droite utilise la presse, les réseaux sociaux et les analyses historiques sélectives pour transformer des débats diplomatiques en batailles symboliques. Ces discours ne cherchent pas à informer, mais à renforcer un sentiment d’urgence identitaire, à mobiliser un électorat et à réduire la complexité du monde à des binarismes simplistes. L’article en question offre un exemple frappant de ce mécanisme, et mérite d’être décortiqué pour en montrer les ressorts et les contradictions internes.

La mémoire juive comme instrument politique : Israël  associe la reconnaissance de la Palestine à une offense au peuple juif, notamment en raison de la coïncidence avec Roch Hachana. Ce lien symbolique transforme un geste diplomatique en provocation religieuse, sans preuve d’intentionnalité.
La contradiction majeure est historique et idéologique : la presse d’extrême droite, longtemps marquée par l’antisémitisme, se présente aujourd’hui comme protectrice des Juifs. Mais cette protection est sélective, valable uniquement lorsqu’elle permet de désigner un nouvel ennemi – « l’islam » – et d’amalgamer toute cause palestinienne avec l’antisémitisme. La mémoire juive est ainsi instrumentalisée au service d’un récit identitaire.

L’histoire utilisée comme arme : Le texte multiplie les références historiques – Hadrien, la conférence de San Remo, la résolution 181, Glubb Pacha – pour conférer une légitimité apparente à son argumentaire.
Cependant, l’histoire y est sélective et orientée : elle ne retient que les éléments qui légitiment la thèse d’une illégitimité palestinienne. Les épisodes qui contredisent ce récit, tels que la Nakba, l’occupation, les colonies ou les résolutions internationales sur le droit des Palestiniens à l’autodétermination, sont absents. L’histoire n’est pas analysée pour comprendre, mais mobilisée comme arme politique.

L’essentialisation des Palestiniens : Le texte insiste sur la corruption, la violence et la supposée culture de haine des Palestiniens, réduisant un peuple entier à une essence immuable.
Ce mécanisme reproduit un modèle historiquement appliqué aux Juifs : l’essentialisation. Le contraste est frappant : l’essentialisation est dénoncée lorsqu’elle vise les Juifs, mais appliquée sans nuance aux Palestiniens. Il s’agit d’un double standard idéologique, qui nie la capacité des Palestiniens à se constituer comme sujets politiques autonomes.

Israël valorisé, mais à contre-emploi : Israël est présenté comme un bastion civilisationnel et démocratique. Pourtant, cette vision occulte la complexité d’une société plurielle, composée de multiples identités et traversée par des tensions internes.
La contradiction est manifeste : l’extrême droite française rejette le multiculturalisme et la pluralité des identités dans son propre pays, mais encense ces mêmes caractéristiques lorsqu’elles servent à défendre Israël comme rempart civilisationnel. Israël n’est pas célébré pour ce qu’il est, mais pour sa fonction symbolique dans un récit identitaire.

La souveraineté à sens unique : L’extrême droite revendique la souveraineté et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Or, ce principe est systématiquement refusé aux Palestiniens, dont l’autodétermination est décrite comme illégitime ou dangereuse.
La souveraineté devient ainsi un privilège idéologique, accordé selon la légitimité attribuée par le narratif nationaliste et non selon un principe universel de droit des peuples.

Le seul et unique responsable de cette situation s'appelle sionisme. Car c'est du sionisme que découlent depuis 1948 meurtres de masse, assassinats, épuration ethnique, colonisation, expulsion des autochtones, accaparement de terres, racisme et suprémacisme. Parce qu'il ne produit que mort, désolation, crimes de guerre et crimes contre l'humanité - parmi lesquels le crime suprême qu'est le génocide-, le sionisme, idéologie occidentale doit être dénoncé devant l'Histoire et la justice des hommes.

La force des mots dénoncée et mobilisée : la presse pro-Israëlienne critique Macron pour sa diplomatie « verbale ». Mais sa démonstration repose elle-même sur la force des mots et des symboles : la date de Roch Hachana, l’origine du mot « Palestine », les couleurs du drapeau.
Il y a une contradiction évidente : on dénonce la performativité des mots tout en construisant un raisonnement basé sur leur pouvoir symbolique. La rhétorique elle-même devient l’instrument principal de persuasion.

Une solidarité juive conditionnelle : la presse pro-israélienne prétend défendre les Juifs, mais ne reconnaît que les voix qui confortent son récit : intellectuels critiques de la colonisation, ONG israéliennes ou militants progressistes sont ignorés ou disqualifiés. La solidarité n’est pas universelle, mais conditionnée par l’adhésion à un récit identitaire.

Conclusion : les risques d’un récit fermé : la presse pro-israélienne illustre une logique connue : transformer un débat politique complexe en opposition binaire et simpliste, où Israël symbolise la légitimité et la modernité, et la Palestine incarne la menace et l’archaïsme. Il ne s’agit pas d’une analyse, mais d’une rhétorique de combat identitaire, fondée sur l’instrumentalisation de la mémoire, l’usage sélectif de l’histoire et l’essentialisation des adversaires.

La lecture attentive de ces textes révèle aussi les contradictions internes : mémoire juive invoquée tout en niant l’antisémitisme historique de certains milieux, célébration d’Israël tout en rejetant ses complexités internes, dénonciation des mots tout en les utilisant comme preuve. Ces contradictions montrent que l’objectif n’est pas la cohérence intellectuelle, mais la mobilisation idéologique et émotionnelle.

Plus largement, ce type de discours pose un risque démocratique et intellectuel : en enfermant le débat dans un récit clos et manichéen, il empêche la nuance, le dialogue et la réflexion critique. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour distinguer analyse politique et rhétorique de combat identitaire, et pour préserver un espace de débat public fondé sur l’information et la complexité plutôt que sur la peur et l’essentialisation.

L’analyse sur la presse pro-Israëlienne révèle que son objectif n’est pas d’éclairer les enjeux géopolitiques ou diplomatiques, mais de construire un récit idéologique structuré autour de trois mécanismes principaux :

Victimisation de la mémoire juive : elle est mobilisée pour délégitimer toute reconnaissance de l’État palestinien. La souffrance et l’histoire du peuple juif sont transformées en arguments politiques, instrumentalisées pour justifier un positionnement unilatéral et disqualifier symboliquement toute initiative de dialogue.

Sélection historique partiale : en choisissant certains événements et en omettant d’autres, l’article construit une continuité d’illégitimité palestinienne. Les épisodes qui pourraient nuancer le récit – la Nakba, l’occupation, les colonies ou les résolutions internationales – sont ignorés, donnant l’impression d’une Palestine historiquement contestable et politiquement incapable.

Effacement de la complexité et des responsabilités israéliennes : le conflit est réduit à une opposition binaire entre un Israël toujours légitime et des Palestiniens intrinsèquement incapables ou corrompus. Cette simplification masque la multiplicité des acteurs, des trajectoires et des enjeux qui façonnent le conflit depuis un siècle.

Ces mécanismes montrent que l’article relève moins d’une analyse que d’une rhétorique de combat identitaire, conçue pour mobiliser, exclure et polariser. La lecture attentive de tels textes est indispensable pour préserver un espace de débat public nuancé, fondé sur la complexité, le dialogue et l’information, et non sur la peur, l’essentialisation ou la manipulation symbolique.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 


La France/Israël : la diplomatie devient spectacle et la justice un impératif

 

Introduction : Le paradoxe de la reconnaissance

Gaza brûle. Les enfants meurent de faim. Les maisons tombent en ruines. Les hôpitaux manquent de tout. La France parle de reconnaissance. Mais que vaut un mot quand le sang coule sur le béton et que les cris étouffés résonnent sous les décombres ?

Reconnaître la Palestine n’est pas un geste diplomatique neutre. C’est l’aveu qu’un droit fondamental a été bafoué depuis des décennies. Mais si la reconnaissance n’est pas accompagnée d’actions concrètes — sanctions, embargos, pressions économiques — elle devient une illusion morale, un alibi pour détourner le regard du génocide en cours.

Gaza brûle. Les enfants meurent de faim. Les maisons tombent en ruines. Les hôpitaux manquent de tout. La France parle de reconnaissance. Mais que vaut un mot quand le sang coule sur le béton ? Quand les cris étouffés résonnent sous les décombres ? Quand chaque jour d’inaction permet à la violence de continuer ?

Reconnaître la Palestine comme État n’est pas un geste diplomatique anodin. C’est l’aveu qu’un droit fondamental a été bafoué pendant des décennies, que la communauté internationale a fermé les yeux trop longtemps. Mais reconnaître sans agir, c’est transformer la justice en spectacle, c’est offrir une illusion à ceux qui souffrent réellement. Une illusion qui sert à détourner le regard du génocide en cours, et à offrir aux puissances occidentales un alibi moral : « Nous avons reconnu. Nous avons parlé. »

Depuis octobre 2023, Gaza est un champ de ruines. Les bombardements massifs ont pulvérisé des quartiers entiers. Les familles déplacées à répétition se retrouvent sans abri, rejetées dans la rue, privées même d’un refuge temporaire. La famine organisée, les maladies non soignées, les épidémies qui ravagent les populations affaiblies complètent le tableau d’une destruction planifiée. Ce n’est pas un accident de guerre. C’est une stratégie systématique, conçue pour effacer Gaza de la carte, pour anéantir sa population. Des enfants meurent de faim, des malades succombent faute de soins, des familles entières sont réduites à l’exil. Et pourtant, les chancelleries européennes préfèrent célébrer des gestes symboliques plutôt que d’agir.

La diplomatie européenne se drape dans le langage des principes. Elle parle de droits, de reconnaissance, de solutions diplomatiques. Mais dès qu’il s’agit de passer aux actes — suspendre les ventes d’armes, geler les coopérations militaires, sanctionner les entreprises complices — le discours s’évanouit. « C’est compliqué », disent les gouvernements:  Compliqué pour qui -- Compliqué pourquoi ?  

Quand ailleurs la volonté politique a existé, les États n’ont pas hésité à frapper d’autres pays au portefeuille. Ici, la complexité devient un alibi pour rester immobile. Pendant ce temps, les enfants meurent, les familles sont expulsées, et la colonisation poursuit son œuvre silencieuse.

La complexité se retrouve aussi dans les médias et analyses européens. On parle du Hamas plutôt que des Palestiniens. On parle de gouvernance plutôt que de survie. On réduit la lutte d’un peuple à un débat abstrait sur la politique d’un mouvement, ignorant l’occupation et la colonisation, qui sont à l’origine de cette résistance. Affaiblir ou éliminer le Hamas sans mettre fin à l’occupation, c’est préparer l’émergence de nouvelles forces, plus radicales encore. Le Hamas est à la fois une organisation politique et une armée de libération il est donc indispensable à la Palestine !!! C’est un cercle vicieux que la diplomatie européenne alimente sans le dire.

Le problème n’est pas Netanyahu. Ni quelques dirigeants isolés. Le problème, c’est l’État israélien. Son appareil de violence est institutionnalisé. Sa colonisation est légalisée. Son nettoyage ethnique est normalisé. La distinction droite-gauche est un leurre : elle existe pour les Israéliens juifs, mais pour les Palestiniens, elle est indifférente. Tous prolongent la même logique : nier aux Palestiniens le droit d’exister pleinement, légitimer leur spoliation, leur déplacement, et leur extermination progressive, à feu vif ou à feu doux.

L’Europe applaudit des gestes symboliques. Elle reconnaît sur le papier un État palestinien, mais refuse de s’attaquer à l’essentiel : l’occupation, l’apartheid, le génocide. Reconnaître sans agir, c’est transformer la justice en spectacle. C’est tendre un parchemin à un peuple que l’on laisse mourir de faim, sous les bombes et dans l’exil.

La Palestine ne réclame ni compassion, ni symboles, ni tutelle. Elle exige la justice nue et entière. Restitution des terres. Égalité des droits. Fin de l’occupation. Poursuites légales contre les responsables. La reconnaissance diplomatique n’a de valeur que si elle est accompagnée de mesures concrètes et soutenues : embargo sur les armes, gel des coopérations militaires, sanctions économiques ciblant les entreprises complices, et traduction des criminels devant la justice. Ce n’est pas une question d’individus, mais d’État et de son appareil de violence.

Il n’y a pas de neutralité face à un génocide. Les mots sont faciles, les discours diplomatiques rassurants. Mais rester immobile, ne pas sanctionner, ne pas agir, c’est être complice. Chaque jour d’inaction est un jour de complicité. Chaque mot vide prononcé à l’ONU est une bénédiction pour les chars israéliens, pour les fosses communes, pour les réfugiés en exil.

À la France et à l’Europe : cessez de parler de complexité. Les enfants de Gaza n’ont pas le temps. Les familles réfugiées n’ont pas de patience. Les collines de Cisjordanie n’ont pas de répit. La seule complexité est celle que vous brandissez pour fuir la justice.

Choisir la justice, c’est agir maintenant. Suspendre les ventes d’armes. Geler les coopérations militaires. Sanctionner les entreprises qui profitent de la colonisation. Traduire les responsables en justice. La justice doit précéder la diplomatie. La reconnaissance seule ne suffit plus.

Reconnaître et agir, c’est choisir la vérité. Reconnaître sans agir, c’est cautionner le mensonge. Il est temps pour la France et pour l’Europe de faire ce choix, sans détour, sans excuses, sans rhétorique : justice pour la Palestine. Maintenant.

Chaque jour d’inaction est un jour de complicité. Chaque mot vide prononcé au sommet de l’ONU est une bénédiction pour la violence et la misère. La France et l’Europe doivent faire un choix clair, sans détour ni excuses : justice pour la Palestine, maintenant. La diplomatie sans action est un mensonge. La vérité exige courage et sanctions concrètes. Le monde doit agir avant que les mots ne remplacent les vies perdues.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 


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