Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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Colonisation : quand la France veut se poser en victime de l’Histoire

La colère de l’extreme droite face au vote des députés algériens criminalisant la colonisation française n’est pas une réaction intellectuelle. C’est un réflexe de défense identitaire, un spasme mémoriel, un cri de douleur d’un imaginaire colonial qui refuse obstinément de mourir. Car enfin, qu’a fait l’Algérie ? Elle a nommé. Juridiquement. Politiquement. Souverainement. Et cela, pour une certaine presse française, reste un crime impardonnable.

On tolère volontiers que la colonisation soit un « sujet complexe ». On accepte même, parfois, qu’elle ait été « violente ». Mais qu’elle soit qualifiée de crime d’État ? Voilà la ligne rouge. Non pas parce que ce serait faux — mais parce que cela ôte à l’ancienne puissance coloniale le privilège de l’ambiguïté.

La nostalgie camouflée en lucidité

Le texte de ce media de l’extrême droite s’ouvre sur une élégie : Camus, la lumière, la mer, la douleur intime. Le procédé est connu. Il s’agit de poétiser la colonisation pour mieux dissoudre sa réalité matérielle. De remplacer un système de domination par une atmosphère. Une sensation. Une nostalgie.

La biographie sert ici de blanchiment idéologique. La souffrance réelle des juifs d’Algérie  tragédie historique indiscutable est convoquée non pour réclamer justice, mais pour relativiser le crime colonial, comme si l’addition des douleurs annulait la responsabilité structurelle. Vieille ruse : transformer l’histoire en compétition victimaire pour éviter toute qualification politique.

“Ressassement” : le mot préféré des amnésiques

L’Algérie « ressasserait ». Autrement dit, elle parlerait trop. Trop fort. Trop longtemps. Trop mal. Elle devrait, selon cette logique, tourner la page, page écrite par d’autres, arrachée par la force, annotée au sang.

Ce reproche est obscène. Car ce qui est appelé « ressassement » n’est rien d’autre que le refus de l’oubli imposé. L’exigence de ne plus traiter la colonisation comme une querelle d’historiens, mais comme un fait politique aux conséquences durables. Ce que la France de l’extreme droite reproche à l’Algérie, ce n’est pas de garder le silence, mais de ne plus se taire.

La “rente mémorielle” ou l’arrogance intacte

La formule est révélatrice : rente mémorielle. Elle suppose que les anciens colonisés exploiteraient leur passé comme un fonds de commerce, pendant que l’ancienne puissance, elle, serait sommée de payer indéfiniment pour des fautes déjà prescrites par sa propre conscience.

Mais qui parle ici de rente ? Un pays qui a bâti sa richesse, ses infrastructures, son statut international sur une extraction massive de ressources, de terres et de vies, ou un pays qui tente de faire reconnaître juridiquement ce qui lui a été infligé ?

La vérité est simple : ce que cette presse ne supporte pas, ce n’est pas la mémoire algérienne, c’est l’asymétrie qu’elle révèle encore.

Quand la souveraineté devient insupportable : Car au fond, tout est là. L’Algérie agit comme un État souverain. Elle légifère sur son histoire. Elle définit ce qui relève du crime et ce qui relève de l’apologie. Exactement ce que la France fait lorsqu’il s’agit de son propre passé — ou de celui des autres.

Mais voilà : la souveraineté algérienne n’est acceptable que lorsqu’elle est décorative. Culturelle. Folklorique. Dès qu’elle devient juridique, politique, contraignante, elle est jugée agressive, immature, vindicative. L’égalité formelle entre États reste, pour certains, une fiction dangereuse.

Parler d’hier pour éviter aujourd’hui, l’argument des paresseux : L’accusation finale est d’une banalité confondante : l’Algérie parlerait du passé pour masquer ses échecs présents. Argument universel des dominants face aux dominés. On l’a entendu partout, tout le temps. Comme si un peuple devait choisir entre mémoire et avenir. Comme si la justice historique était un luxe réservé aux nations prospères.

Ce raisonnement est non seulement faux, il est cynique. Car ce sont précisément les blessures non reconnues qui empoisonnent le présent. Ce sont les silences imposés qui nourrissent les crises. Criminaliser la colonisation n’empêche pas de gouverner : cela refuse simplement de gouverner sur le mensonge.

Ce que cette rage dit vraiment : Cette colère française ne parle pas de l’Algérie. Elle parle de la fin d’un monopole moral. De l’effondrement progressif d’un récit où la France pouvait être à la fois juge, partie et narratrice. Elle parle de la panique de ceux qui découvrent que l’histoire peut désormais se retourner, non par vengeance, mais par droit.

La colonisation n’est pas un souvenir. C’est une structure. Et lorsqu’un État anciennement colonisé décide de la nommer comme telle crime d’État  ce n’est pas l’histoire qu’il enferme, c’est le déni qu’il fissure. La haine est là. Elle est lente. Elle est irréversible et elle n’a rien de juste.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Ségolène Royal et la diplomatie qui fait transpirer l’extrême droite :

Ah, voilà qu’on tremble à Paris ! Ségolène Royal ose franchir la Méditerranée, s’asseoir face au président Tebboune et parler… de respect. Le crime est atroce : elle parle aux Algériens comme à des adultes. Dans les pages cirées de certaines presses de l’extrême droite, cette incursion diplomatique est une hérésie. Comment une femme peut-elle « s’improviser médiatrice » sans se dorer le blason au ministère officiel ? Quelle audace ! Quelle inconscience !

L’extrême droite française a immédiatement sorti ses mouchoirs et son arsenal d’injures feutrées : Royal « ne connaît pas les dossiers », « joue à la ministre », « oublie les sujets sensibles ». Sous-entendu : le dialogue, le respect mutuel, la mémoire, c’est bien joli pour les réunions mondaines, mais ça ne rentre pas dans le moule de la haine identitaire et du nationalisme malodorant.

Leur chef-d’œuvre journalistique consiste à transformer le courage en ridicule. Le dossier sur les essais nucléaires ? « Terrain mémoriel », ricanent-ils, comme si réparer les dommages et restituer la mémoire d’un peuple était un passe-temps frivole. La diplomatie personnelle ? Une offense à la grandeur supposée de la France… surtout quand elle rappelle que la souveraineté des autres pays n’est pas un concept optionnel.

C’est fascinant à observer : pour l’extrême droite, tout geste qui dépasse le cadre étroit de la rancune postcoloniale est un danger. Respecter l’Algérie ? Inadmissible. Transmettre des archives historiques ? Scandale. Tenter de reconstruire une relation franco-algérienne pour les jeunes générations ? Crime de lèse-nationalisme.

En réalité, ce que l’extrême droite redoute, ce n’est pas l’incompétence de Royal. C’est l’intelligence du geste : tendre la main, parler d’histoire, faire face aux blessures sans se vautrer dans la haine.

 Et ça, mes amis, ça brûle.

 Ça brûle lentement, comme une braise sous la langue, car ça démontre que le vrai courage ne se mesure pas à la hauteur d’un tweet ou à l’aplomb des slogans haineux.

Alors oui, Ségolène Royal est peut-être « seule » dans ce voyage diplomatique, mais elle a au moins le mérite de ne pas rester assise à Paris, à regarder le monde à travers la lorgnette de la peur et du ressentiment. Elle ose parler aux vivants, à l’histoire, au respect.

Et pour cela, qu’ils crient, qu’ils s’indignent ou qu’ils ricanent,  nous, Algériens et citoyens lambda  nous applaudirons.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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 Réponse citoyenne à la presse française de l’extrême droite :

https://www.lejdd.fr/International/algerie-segolene-royal-appelle-au-respect-envers-tebboune-166297

 

La falsification historique autour de “l’Algérie inventée”

 

Non, la France n’a pas “inventé” l’Algérie. Elle l’a conquise, détruite, redessinée  puis renommée. Ce n’est pas la même chose.

Il faut commencer par dire les choses clairement : brandir une lettre administrative de 1839 pour prétendre que l’Algérie n’existait pas avant la France n’est pas une découverte historique, c’est une manœuvre idéologique. Une vieille ficelle coloniale, recyclée aujourd’hui sous couvert d’érudition d’archives.

Oui, la lettre du général Schneider est authentique. Oui, elle fixe l’usage officiel du mot « Algérie » dans l’administration française. Mais non, elle ne prouve absolument pas que l’Algérie soit née d’un décret colonial, comme une création ex nihilo sortie d’un bureau parisien. Confondre acte de domination et acte de naissance, c’est déjà adopter le regard du colonisateur.

Car enfin, à ce compte-là, il faudrait soutenir que le Maroc n’existe que depuis sa reconnaissance internationale moderne, que l’Égypte commence avec l’occupation britannique, que l’Inde est une invention de la Couronne anglaise et que l’Allemagne n’existait pas avant Bismarck. C’est absurde mais c’est exactement la logique mobilisée ici.

Avant 1830, le territoire correspondant à l’Algérie actuelle n’était ni un vide politique, ni un chaos tribal. La Régence d’Alger, intégrée à l’Empire ottoman, était une entité souveraine reconnue, dotée d’institutions, d’un pouvoir central, d’une fiscalité, d’une armée, d’une diplomatie, et de frontières certes mouvantes, mais réelles — comme toutes les frontières prémodernes. Les puissances européennes traitaient avec elle. La France elle-même l’a reconnue avant de la conquérir.

Ce que fait la colonisation française, ce n’est pas créer un pays : c’est détruire un ordre existant, le fragmenter, le recomposer selon ses besoins militaires et économiques, puis le rebaptiser. Donner un nom administratif à un territoire conquis n’est pas un acte fondateur ; c’est un acte de pouvoir. La colonisation ne fait pas naître les peuples : elle les soumet.

Le plus révélateur reste l’argument sur la Kabylie. Présentée comme extérieure, voire étrangère à l’Algérie, elle est instrumentalisée selon un schéma bien connu. C’est exactement la grille coloniale du XIXᵉ siècle : opposer Kabyles et Arabes, montagnes et plaines, “sociétés libres” et “despotisme oriental”. Cette rhétorique n’a rien de neuf. Elle fut forgée pour diviser les résistances, et elle est aujourd’hui recyclée pour fracturer les mémoires.

Rappeler les spécificités historiques de la Kabylie est légitime. L’en extraire artificiellement pour nier une histoire commune relève d’un révisionnisme fonctionnel, qui ne sert ni la vérité historique ni les peuples du Maghreb. C’est une histoire contre l’histoire.

Car ce discours ne parle pas vraiment de 1839. Il parle du présent. Il parle de légitimité nationale, de concurrence mémorielle, de fractures géopolitiques contemporaines. Il utilise l’histoire non pour comprendre, mais pour délégitimer. Non pour éclairer, mais pour relativiser une souveraineté.

Il faut le dire sans détour : soutenir que l’Algérie est une invention française, c’est reprendre — consciemment ou non — le récit du colonisateur, celui qui fait de l’Europe le point zéro de l’existence politique des autres. C’est une vision du monde où un peuple ne commence à exister qu’à partir du moment où il est nommé par l’Occident.

Le Maghreb vaut mieux que cela. Son histoire est complexe, conflictuelle, plurielle — mais elle n’est pas née dans les bureaux du ministère français de la Guerre. L’archive coloniale est une source ; elle n’est pas une matrice. Et surtout, elle n’est jamais neutre.

Nommer n’est pas créer. Conquérir n’est pas fonder. Et coloniser n’a jamais donné naissance à un peuple seulement à des blessures durables.

Pauvre presse du Makhzen toujours à l’affut avec un argument central repose sur un lien de causalité douteux : Invention de l’Algérie. On peut souligner le ridicule de ce raisonnement.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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France–Algérie : l’arrogance coloniale sous couvert de diplomatie :

Derrière le vocabulaire policé de l’« apaisement », la diplomatie française continue d’imposer ses exigences à l’Algérie : sécurité, migration, économie, mémoire. Une tribune pamphlétaire qui démonte un discours néocolonial à peine maquillé.

Qu’un ambassadeur de France en Algérie ose déclarer publiquement que Paris a des « exigences » devrait, à lui seul, mettre fin à toute illusion sur la nature réelle des relations franco-algériennes. Ce n’est pas une maladresse. C’est un aveu. La France n’a jamais cessé de parler à l’Algérie comme à une ancienne colonie sommée d’obéir, de coopérer et surtout de se taire.

Sous couvert de « normalisation », le discours français recycle les vieux réflexes impériaux : injonctions sécuritaires, marchandage migratoire, pressions économiques et négation obstinée de la mémoire coloniale. Le ton est feutré, mais le fond est brutal. L’Algérie doit collaborer, contrôler, contenir, céder. Et remercier.

La fameuse « coopération sécuritaire » n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée de sauver la face après l’effondrement total de la présence française au Sahel. Chassée par des peuples lassés de la tutelle militaire, la France cherche aujourd’hui des sous-traitants régionaux pour maintenir une influence perdue. L’Algérie refuse. Et elle a raison. Elle n’a ni à réparer les désastres stratégiques français, ni à sacrifier sa doctrine de non-ingérence pour satisfaire les nostalgies d’empire.

Même logique sur la question migratoire. La France exige que l’Algérie joue le rôle de gendarme, de centre de rétention à ciel ouvert, au nom d’une Europe obsédée par le contrôle des corps et des frontières. Cette obsession sécuritaire, héritière directe du regard colonial, transforme les pays du Sud en zones de confinement humain. Là encore, l’Algérie dit non. Et ce refus devient, aux yeux de Paris, une faute diplomatique.

Le plus révélateur reste l’hostilité affichée envers le projet de loi algérien criminalisant la colonisation. La France ne supporte pas que l’Algérie nomme ce qu’elle a subi. Car nommer, c’est accuser. Accuser, c’est exiger des comptes. Et la France, qui se prétend patrie des droits de l’homme, refuse toujours d’assumer les siens quand il s’agit de crimes coloniaux : massacres, enfumades, déportations, viols, spoliations, essais nucléaires. Ce refus n’est pas de l’ignorance, c’est une stratégie.

Mettre sur le même plan cette loi mémorielle et la détention d’un journaliste français relève d’un cynisme politique assumé. La mémoire de millions de victimes algériennes n’est pas une monnaie d’échange diplomatique. Elle ne se négocie pas. Elle ne se censure pas pour préserver le confort moral de l’ancien colonisateur.

L’accusation d’« arme économique » est tout aussi grotesque. Depuis quand un État souverain n’a-t-il pas le droit de choisir ses partenaires ? Depuis quand rompre avec une dépendance économique héritée du colonialisme devient-il un acte hostile ? Ce que Paris appelle boycott, c’est simplement la fin progressive de privilèges indus accordés pendant des décennies aux entreprises françaises. Le problème n’est pas l’Algérie. Le problème, c’est la perte d’un monopole.

Quant à l’accord d’association avec l’Union européenne, l’utiliser comme instrument de pression est une manœuvre indigne. Cet accord, largement déséquilibré, a affaibli l’économie algérienne au profit des exportateurs européens. Refuser sa renégociation équitable, c’est prolonger une relation de dépendance sous couvert de partenariat.

Il faut cesser de parler d’« apaisement » quand il s’agit de soumission. Il faut cesser de parler de coopération quand il s’agit de contrôle. Et il faut cesser de parler d’avenir commun tant que la France refusera de regarder son passé colonial en face.

L’Algérie n’a rien à prouver. Rien à justifier. Rien à demander.

Elle n’est ni un partenaire mineur ni un élève diplomatique. Elle est un État souverain, avec sa mémoire, ses choix et ses lignes rouges.

La crise actuelle n’est pas une anomalie. Elle est le symptôme d’un mal plus profond : l’incapacité persistante de la France à accepter la fin définitive de son empire. Tant que cette rupture mentale ne sera pas actée, toute normalisation restera un mensonge diplomatique de plus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Quand la presse française fabrique un fantasme sur l’Algérie : de l’information à la propagande :

La presse française parle du « régime de Tebboune » et accuse l’Algérie de « refouler 24 000 migrants ». Mais le rapport officiel parle uniquement d’appréhensions, et jamais de refoulements massifs. Cette rhétorique idéologique nie la souveraineté algérienne, falsifie les faits et applique un double standard européen. Voici pourquoi il est temps de dire stop à la propagande et de rétablir la vérité.

Parler du « régime de Tebboune » n’est pas informer. C’est insulter un pays souverain, réduire l’Algérie à l’image d’un seul homme, et nier l’existence de ses institutions. Cette rhétorique, employée à répétition par certains médias français, est idéologiquement chargée, infantilisante et profondément coloniale. L’Algérie n’est pas un décor pour fantasmes occidentaux : c’est un État avec un gouvernement, des institutions, une armée nationale et une histoire de souveraineté. Ignorer cela relève d’un mépris assumé.

Le cœur de la manipulation repose sur un faux chiffre et un verbe falsifié : « 24 000 migrants refoulés ». Le rapport officiel du ministère algérien de la Défense nationale parle d’appréhensions, mot précis et neutre. Appréhender ≠ refouler. Transformer une donnée administrative en accusation politique est un mensonge volontaire, une technique classique de sensationnalisme : prendre un fait exact, y coller un verbe faux, et créer une indignation artificielle. C’est exactement ce que fait cet article, qui confond information et propagande.

La suite est tout aussi révélatrice : le texte s’appuie sur des ONG occidentales et des médias français, sans jamais citer les autorités algériennes ni contextualiser la situation sahélienne. On passe sous silence que l’Algérie protège des milliers de kilomètres de frontières sahariennes dans un contexte de guerre, d’insécurité et d’effondrement étatique dans le Sahel. Contrôler ces frontières est un acte de souveraineté et de sécurité nationale, pas un choix moral ou idéologique à critiquer pour faire sensation.

Le contraste avec l’Europe est édifiant et révèle un double standard indéfendable. Quand Frontex, l’Espagne ou l’Italie refoulent des centaines de milliers de migrants chaque année, aucun titre alarmiste n’accuse « le régime Macron » ou « le régime Meloni » de brutalité. La même presse qui vilipende l’Algérie ferme les yeux sur des expulsions massives, des renvois en mer ou vers des pays tiers, souvent dans des conditions inhumaines. Mais dès que l’Algérie applique sa souveraineté sur son propre territoire, c’est une « violence d’État » inacceptable. Cette indignation sélective est non seulement hypocrite, mais totalement raciste et postcoloniale.

Plus encore, la rhétorique médiatique nie les réalités humaines et géopolitiques de la région. Les migrants interceptés par l’Algérie ne sont pas expulsés vers nulle part : ils sont pris en charge dans le cadre de la législation nationale et des capacités disponibles. La presse qui raconte l’inverse ignore volontairement la complexité de la situation : routes migratoires périlleuses, criminalité organisée, zones désertiques dangereuses, trafic d’êtres humains, instabilité des États voisins. Réduire cela à « des refoulements massifs » est une falsification grossière des faits, destinée à nourrir un récit moraliste et sensationnaliste.

L’utilisation d’un vocabulaire idéologisé ne s’arrête pas au titre. Parler de « vague de refoulement » ou de « politique inhumaine assumée » est une construction rhétorique qui transforme des faits administratifs en accusation morale, tout en niant le droit d’un État à protéger ses frontières et ses citoyens. L’Algérie est ainsi présentée comme irrationnelle, brutale et arbitraire, quand elle ne fait que appliquer les principes élémentaires de souveraineté nationale que n’importe quel État du monde appliquerait dans la même situation.

Enfin, cette couverture médiatique participe d’une instrumentalisation politique des migrants, qui masque la responsabilité européenne dans la crise migratoire. L’Algérie est accusée de brutalité, pendant que l’Europe externalise massivement ses expulsions vers la Libye, le Maroc ou la Méditerranée, avec des milliers de morts. La presse occidentale, en refusant ce miroir, impose une morale sélective : les Africains doivent être parfaits, les Européens peuvent tout.

En résumé, cet article n’informe pas. Il ment, manipule les faits, utilise un vocabulaire idéologisé, nie la souveraineté algérienne et applique un double standard scandaleux. Il ne s’agit pas de journalisme : c’est un récit hostile, politique et moraliste, conçu pour culpabiliser l’Algérie tout en la déshumanisant. C’est un récit hostile et politique, qui transforme l’information en propagande. L’Algérie n’est pas une marionnette pour satisfaire les fantasmes des extrémistes. Elle est un État souverain, et sa souveraineté n’est pas négociable.

Assez de ce journalisme colonialiste d’une France vassale: la vérité, les faits et le respect des États africains doivent primer. Sinon, on n’aura plus jamais d’information, seulement des récits idéologiques et moralisateurs.

L’Algérie mérite d’être respectée comme un État souverain, capable de protéger ses frontières et ses citoyens, plutôt que caricaturée et condamnée par une presse obsédée par ses fantasmes postcoloniaux. Assez de ce journalisme idéologique qui vient d’un état vassal : la vérité, les faits et la souveraineté ne sont pas négociables.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                            Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

 


Maduro arrêté : une façade tombée, un pouvoir intact

La capture de Nicolas Maduro est présentée comme un succès militaire et judiciaire. Mais derrière la façade, les structures de pouvoir vénézuéliennes restent intactes. Une analyse qui explore la continuité du pouvoir, le silence des alliés stratégiques, et les implications pour la souveraineté économique des États.

La capture de Nicolas Maduro a été présentée comme une victoire spectaculaire contre le narco terrorisme. Une « opération brillante », selon Donald Trump. Pourtant, l’absence de combats, la continuité des appareils de pouvoir et le maintien intact de la hiérarchie militaire vénézuélienne invitent à une autre lecture : celle d’un arrangement politique entre élites, mis en scène comme une opération militaire.
Car ce qui frappe, au-delà des images et des déclarations, c’est moins la chute d’un homme que la remarquable stabilité du système qui l’entourait.

Le mythe commode du « Cartel de los Soles »
Au cœur du récit officiel figure le « Cartel de los Soles », présenté comme une organisation criminelle structurée, responsable du narcotrafic vénézuélien et incarnée par Nicolás Maduro. Or, ce cartel n’existe pas en tant qu’entité organisée. Le terme apparaît au début des années 1990 dans la presse, à la suite de l’arrestation de deux généraux de la Garde nationale impliqués dans un trafic de cocaïne. Le jeu de mots fait référence aux « soleils », insignes portés par les officiers supérieurs.
Depuis, les spécialistes du crime organisé n’ont cessé de le rappeler : il ne s’agit ni d’un cartel hiérarchisé, ni d’une organisation centralisée.
InSight Crime parle d’un réseau lâche, fragmenté, traversant certaines unités de sécurité.               

Adam Isacson, du Washington Office on Latin America, souligne l’absence de structure, de commandement unifié et même d’identité collective.                                                                                     
Phil Gunson, de l’International Crisis Group, évoque une expression journalistique devenue catégorie politique.
Or, Nicolas Maduro n’est pas un militaire. Ancien chauffeur de bus et syndicaliste, il n’a jamais porté d’uniforme, ni de galons, ni de « soleils ». Les véritables détenteurs de ces insignes se trouvent ailleurs : au sommet de l’armée, dans les services de renseignement, au cœur de l’appareil sécuritaire qui a survécu intact à son arrestation.

Une opération sans résistance
La manière dont s’est déroulée l’opération renforce cette hypothèse. Des hélicoptères lourds ont survolé Caracas de nuit, en pleine lune, dans des conditions théoriquement défavorables à toute opération spéciale. La capitale vénézuélienne dispose de défenses antiaériennes, de missiles portables, de canons, d’unités loyales au régime.
Pourtant, aucun tir. Aucun affrontement. Aucune tentative de résistance notable.
 
Quelques heures plus tard, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, apparaît dans une allocution télévisée. Il appelle au calme, met en garde contre le désordre, rassure la population. Il n’est ni arrêté, ni inquiété, ni même marginalisé. Le message est limpide : l’ordre sécuritaire est préservé.
Dans la rue, la réaction est à l’image de cette continuité. Pas de panique, pas de mobilisation massive, pas d’effondrement de l’État. L’arrestation du président ressemble davantage à un changement de façade qu’à une rupture politique.

La continuité de l’appareil militaire
C’est là que se joue l’essentiel. Si l’objectif avait été de démanteler un système criminel enraciné dans l’État, l’armée aurait été la cible principale. Or, elle demeure le pilier du nouvel équilibre. Les figures centrales du pouvoir sécuritaire restent en place. Les structures de contrôle, elles, ne sont pas démantelées.
L’arrestation de Maduro fonctionne alors comme un transfert de responsabilité. Toute la culpabilité est concentrée sur un homme, pendant que l’appareil qui a permis, toléré ou organisé les trafics conserve sa légitimité institutionnelle. Une amnistie de fait, en échange de la stabilité.

Le silence des alliés stratégiques
Un élément frappant de cette séquence est l’absence de réaction publique de partenaires stratégiques de longue date, comme la Russie et la Chine. Si le pétrole continue de circuler, si les contrats tiennent, le reste est secondaire.
On n’est plus en guerre froide. Aujourd’hui : les grandes puissances se concurrencent, mais cohabitent dans des compromis tacites. La capture de Maduro, si elle est bien une opération négociée, s’inscrit dans ce monde-là : pas d’invasion, pas de changement brutal d’alignement, pas de remise en cause globale de l’équilibre. Dans ce contexte, le silence est une forme d’acceptation prudente.
Ce silence n’est ni une passivité ni un soutien explicite à l’intervention américaine. Il reflète plutôt une lecture réaliste de la situation : l’opération visait Maduro, mais n’a pas remis en cause les structures essentielles du pouvoir, ni les accords énergétiques et financiers déjà établis.
Pour Moscou et Pékin, protester bruyamment aurait été coûteux et inutile, tandis qu’observer et conserver les canaux de coopération existants permet de protéger leurs intérêts stratégiques à long terme. Ce calcul pragmatique souligne que la survie des régimes étrangers, même alliés, dépend désormais moins du maintien d’un dirigeant que de la continuité des structures de pouvoir et de la stabilité des flux économiques. Le silence des grandes puissances sert donc à normaliser une transition négociée, tout en préservant leurs positions dans un monde gouverné par les arrangements plutôt que par les confrontations frontales.

Une victoire politique à faible coût pour Washington
Du point de vue des États-Unis, l’opération est efficace. Pas de guerre prolongée. Pas de pertes militaires significatives. Pas de chaos régional immédiat. Un procès à venir, présenté comme une victoire contre le narco terrorisme. Et, à terme, une influence accrue sur un pays possédant les plus importantes réserves pétrolières au monde.
Trois heures après le début de l’opération, Washington annonce qu’aucune autre action n’est prévue. La séquence est close. La guerre, si guerre il y a eu, est terminée avant même d’avoir commencé.
Mais cette efficacité a un prix : celui de la normalisation des arrangements entre élites sécuritaires, au détriment de toute transformation démocratique réelle. L’opposition vénézuélienne hérite d’un État dont les leviers essentiels, armée, renseignement, coercition, échappent toujours au contrôle civil.

Conclusion : la guerre contre la souveraineté
Ce qui se joue aujourd’hui au Venezuela ne peut être réduit à une crise politique interne ni à une simple affaire de droits humains. L’événement s’inscrit dans une dynamique plus large, plus ancienne, qui traverse les relations internationales contemporaines : la tension permanente entre souveraineté économique et intégration forcée aux circuits dominants de la mondialisation.
L’histoire récente fournit des précédents éclairants. Irak, Libye, Syrie : chaque pays qui a tenté de contourner les règles monétaires imposées par le système financier occidental a subi sanctions, chaos interne et interventions militaires, souvent sous des prétextes humanitaires ou sécuritaires. Le Venezuela, détenteur des plus importantes réserves de pétrole au monde, suit une trajectoire similaire en diversifiant ses ventes hors du dollar.

La séquence est souvent la même : sanctions économiques, isolement financier, soutien à des forces politiques internes, puis intervention directe ou indirecte. À l’issue du processus, les ressources réintègrent les marchés mondiaux selon les normes dominantes, tandis que les structures de pouvoir locales sont recomposées plutôt que démantelées.
L’arrestation de Nicolás Maduro n’est donc pas un événement isolé. Elle constitue un épisode supplémentaire d’une guerre discrète contre la souveraineté économique, menée moins par des invasions frontales que par des arrangements, des sanctions et des mises en scène sécuritaires. Une guerre où les peuples paient le prix fort, tandis que les appareils de pouvoir, eux, négocient leur survie.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Pourquoi une abstention de la Russie et de la Chine

L’abstention de la Russie et de la Chine lors du récent vote au Conseil de sécurité des Nations unies a suscité un profond sentiment d’amertume parmi ceux qui espéraient voir ces deux puissances s’opposer frontalement à une résolution jugée injuste envers le peuple sahraoui.
Cette réaction est légitime. Elle traduit la déception d’une opinion attachée à l’idée que certaines nations — dites “alliées” — demeurent fidèles à leurs engagements moraux envers les peuples en lutte pour leur autodétermination.

Mais la déception, aussi forte soit-elle, ne doit pas nous aveugler. Car la politique internationale n’est ni un espace de fraternité ni de fidélité affective. C’est le champ dur et froid des intérêts, où chaque État agit d’abord pour lui-même. Et si cette vérité peut paraître crue, elle n’en est pas moins nécessaire à intégrer pour bâtir une diplomatie algérienne pleinement souveraine.

Accuser la Russie et la Chine d’avoir “abandonné” l’Algérie ou le peuple sahraoui, c’est méconnaître la nature du rapport de force au sein du Conseil de sécurité. L’usage du veto est un acte diplomatique majeur, réservé aux enjeux considérés comme vitaux pour les puissances concernées. En s’abstenant, Moscou et Pékin n’ont pas validé la résolution américaine ; ils ont simplement refusé de s’y opposer frontalement. Cette nuance compte, car elle révèle une stratégie d’équilibre — contestable certes, mais non équivalente à une approbation.

Si la Chine ou la Russie, ou même les deux à la fois, avaient opposé leur veto à cette résolution, elles savaient que ce geste aurait entraîné la disparition immédiate de la MINURSO, puisque le texte portait principalement sur la prolongation de son mandat.
Or, un veto à ce stade aurait signifié la fin du mécanisme onusien, ce que réclament depuis longtemps les partisans marocains.

Et que se passerait-il alors ? Plus de MINURSO, donc plus de référendum du peuple sahraoui.

En veillant à préserver l’existence de la MINURSO, même au prix d’une abstention, la Russie et la Chine ont choisi de maintenir vivant le cadre juridique et diplomatique du processus d’autodétermination.
Tant que la mission existe, il reste possible d’influer sur son orientation, de négocier, et, le moment venu, de faire usage du veto au terme du processus si le résultat s’avérait contraire au droit international. C’est à ce dernier stade que l’emploi du veto est stratégique, non en amont. Ce que certains perçoivent comme un renoncement peut être, en réalité, une manœuvre pour garder la main sur le futur du dossier sahraoui.

L’Algérie n’a pas à choisir entre la solitude et la soumission

Face à la domination occidentale et à la passivité parfois calculée des puissances orientales, l’Algérie n’a pas vocation à se replier sur elle-même. Se recentrer sur son développement national, oui ; renoncer à sa voix internationale, jamais.

Notre pays a toujours défendu les causes justes, non par opportunisme, mais par conviction. De la lutte contre l’apartheid à la reconnaissance de la Palestine, en passant par le soutien constant au peuple sahraoui, l’Algérie a fait entendre une voix singulière : celle des peuples libres. Ce positionnement n’est pas une faiblesse ; c’est un héritage et une force morale qui ont valu à l’Algérie respect et considération sur la scène mondiale.

Plutôt que de rompre avec ses partenaires, l’Algérie doit diversifier ses alliances, notamment au sein de l’Afrique, du monde arabe et du Sud global. Un monde multipolaire ne se construira pas sur des fidélités idéologiques, mais sur la coopération équilibrée entre nations souveraines.

Le soutien au peuple sahraoui : un principe, pas une option

L’abstention de Pékin et de Moscou ne change rien à la légitimité du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Le Sahara occidental reste une question de décolonisation inachevée, inscrite depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU. Ce n’est ni une affaire bilatérale, ni une question d’influence régionale : c’est un combat pour le respect du droit international.

L’Algérie n’a jamais défendu le Polisario par intérêt territorial ou rivalité avec le Maroc, mais par fidélité à un principe universel : celui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Renoncer à ce principe reviendrait à trahir notre propre histoire de libération.

L’indépendance ne se mendie pas, elle se construit

Il serait illusoire de croire que quiconque viendra défendre l’Algérie en cas de crise. L’expérience des dernières décennies, de l’Irak à la Libye, a démontré que chaque nation doit d’abord pouvoir compter sur ses propres forces.

Mais cela ne signifie pas se replier dans un isolement défensif. Cela veut dire investir dans la puissance : une économie productive, une souveraineté technologique, une diplomatie proactive et une unité nationale solide.
L’Algérie ne doit pas “laisser les peuples à leur destin”, comme le propose la résignation ; elle doit au contraire montrer la voie d’une indépendance active, d’une solidarité lucide et d’une coopération équitable.

Transformer la désillusion en stratégie

La colère contre la Russie et la Chine, aussi compréhensible soit-elle, ne doit pas se muer en fatalisme. Elle doit être le point de départ d’une réflexion stratégique : comment bâtir une politique étrangère réellement indépendante, capable de dialoguer avec toutes les puissances sans jamais se soumettre à aucune ?

L’Algérie doit défendre ses intérêts avec dignité, non avec dépendance. Elle doit rester fidèle à sa mission historique : celle de faire entendre la voix du Sud, d’incarner la résistance à toutes les formes de domination et de rappeler que la justice internationale ne se quémande pas, elle se conquiert.

Conclusion

L’heure n’est pas à la rupture, mais à la lucidité. La Russie et la Chine ont agi selon leurs calculs ; l’Algérie doit agir selon sa conscience.
Notre pays n’a jamais attendu l’autorisation des puissances pour défendre la liberté. Il ne le fera pas davantage aujourd’hui.

Le monde change, les alliances se déplacent, les intérêts se recomposent — mais les principes demeurent.
Et c’est à la fidélité à ces principes que l’Algérie doit sa grandeur passée et sa légitimité présente. Que cette déception serve donc, non à nous diviser, mais à nous rappeler que la véritable puissance d’une nation réside dans sa capacité à rester fidèle à elle-même.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Chienlit, arrogance et propagande : la presse du Makhzen pète les plombs !

Sous couvert d’analyse géopolitique, un article marocain relayant les propos de Massad Boulos, proche de Donald Trump, tente de transformer la question du Sahara en chantage politique : “accepter la paix marocaine ou risquer une implosion à la soudanaise.” Une provocation flagrante à laquelle l’Algérie répond par la dignité, la fermeté et la légitimité du droit international.

Algérie, dignité et souveraineté face à la diplomatie de la peur

Il n’est pas rare que la diplomatie marocaine s’abrite derrière une communication habile pour transformer la provocation en “message de paix”. Mais lorsque cette stratégie se double d’un discours de menace — évoquant une “Algérie à la soudanaise” —, elle franchit une ligne rouge : celle de la décence et de la vérité.

L’article en question, diffusé dans la presse marocaine, ne cherche pas à informer. Il cherche à imposer un récit unique : celui d’une Algérie coupable de son attachement au droit international, sommée d’accepter “la paix sous la bannière du Maroc”. Un scénario digne des temps coloniaux, où la souveraineté des États devait s’incliner devant le diktat des puissances.

Je crois que malgré son Tberguig médiatique, la presse du Makhzen n’arrive pas à se rendre compte ni à admettre que le royaume du Maroc n’a jamais existé tel que la propagande du Makhzen l’a façonné à jamais dans les esprits marocains, ceci dans le but de vendre une image qui ne reflète ni la réalité historique ni l’honnêteté morale. Pratiquement, il est donc aberrant de mesurer le développement de la politique marocaine aux projets politiques  réalisés par des étrangers pour les étrangers. Le Makhzen avec ses théories farfelues se perfectionne à vouloir créer un ennemi permanent afin de se régénérer et endoctriner le peuple.

Une fausse alternative : se soumettre ou sombrer

La rhétorique de cet article repose sur une fausse dichotomie : soit l’Algérie se plie au plan d’autonomie marocain, soit elle s’expose à la “désintégration”.
Cette manipulation est grossière. Elle ne traduit pas une volonté de paix, mais un chantage diplomatique
 ce qui a donné lieu à un festival d’idioties médiatisées, qui sont devenues des hypothèses sur des hypothèses et des supputations sur supputations et juste à part vendre de la fumée.

Or, l’Algérie n’a pas besoin qu’on lui dicte ce que “la paix” doit signifier. Son engagement est clair : respecter les résolutions de l’ONU et défendre le droit des peuples à l’autodétermination, un principe universel que nul ultimatum ne saurait effacer.

L’Algérie, fidèle à ses principes, pas à un dogme

Qualifier la position algérienne de “doctrinaire” ou “boumediéniste” relève de la caricature.
Depuis l’indépendance, l’Algérie a bâti sa diplomatie sur la constance morale et la légitimité du droit. Elle n’a jamais varié dans son soutien à une solution politique, pacifique et conforme au droit international pour le Sahara occidental.

Cette position n’est ni contre le Maroc, ni au service d’un séparatisme fantasmé. Elle est l’expression d’un engagement historique envers la justice et la liberté des peuples.
Ceux qui la qualifient de “dogmatique” oublient que l’Algérie fut le berceau du principe d’autodétermination inscrit à l’ONU.

Tout au long de son histoire, le Makhzen n’a pas vraiment changé de nature, il a toujours su créer et orchestrer ce type de campagnes qui tendent à discréditer le voisin algérien pour l’accuser de vouloir déstabiliser de facto le Maroc et se déclare comme un pays victime de l’ostracisme des autorités algériennes afin de fabriquer l’Algérie comme l’Ennemi, nous avons même pu constater qu’un jour le consul général du Maroc à Oran avait osé qualifier l'Algérie de pays ennemi dans l’aveuglement de sa propre fonction symbolique.  Quelle obsession !!!!

Le parallèle avec le Soudan : la peur comme arme rhétorique

Comparer l’Algérie au Soudan est une offense à la raison et à l’histoire.
Le Soudan a connu une guerre civile interne, nourrie par des divisions ethniques et des rivalités armées.
L’Algérie, au contraire, est un État-nation souverain, uni et socialement cohérent, fort d’une mémoire collective forgée dans la résistance et la dignité.

Agiter la menace d’une “partition” relève d’un désir inavoué : projeter sur l’Algérie les fractures que d’autres cherchent à masquer chez eux.
Ce type de propagande ne révèle pas la faiblesse de l’Algérie, mais celle d’un discours marocain à court d’arguments.
En effet, la monarchie n'a guère changé, les crimes et les assassinats politiques sont d'actualité, les disparitions, les fusillades en terre ou  mer, de vrais suicides faux, les siècles de prison pour qui ose dire non, bref, un enfer absolu pour les Marocains et un paradis fascinant pour les traîtres et les étrangers.

La manipulation des relais américains

L’article s’appuie sur Massad Boulos, un proche de Donald Trump, pour donner à sa thèse une apparence d’autorité internationale.
Mais il faut le rappeler : M. Boulos n’est ni diplomate ni représentant officiel de Washington.
Son opinion ne reflète pas la position du gouvernement américain, qui continue de soutenir le processus onusien et d’appeler à une solution politique mutuellement acceptable.

Cette instrumentalisation d’un individu pour servir une ligne politique interne illustre une dérive inquiétante : celle où l’illusion médiatique remplace la diplomatie réelle.

L’Algérie, garante de la stabilité régionale

L’Algérie n’a jamais cherché à attiser les tensions régionales. Elle œuvre, au contraire, à la paix et à la stabilité du continent africain : médiation au Mali, engagement pour la paix en Libye, défense des causes justes à l’Union africaine et aux Nations unies.

Ceux qui cherchent à déstabiliser la région par des comparaisons incendiaires devraient s’inspirer de cette constance au lieu de la craindre. L’Algérie ne bâtit pas sa politique sur le malheur des autres. Elle le fait sur la justice, la dignité et la non-ingérence.

La paix ne s’impose pas, elle se construit

Parler de paix tout en brandissant la menace de la division est une contradiction insurmontable. La “paix” selon la vision marocaine n’est pas une paix véritable, mais une reddition maquillée. La vraie paix naît du respect mutuel, du droit et du dialogue sincère.

L’Algérie n’a jamais fermé la porte à la discussion.
Mais elle refuse que la paix devienne le masque d’une annexion imposée, contraire au droit international et à la dignité des peuples.

Face à la provocation, la constance algérienne

À ceux qui rêvent d’une Algérie affaiblie, divisée ou craintive, la réponse est simple : l’Algérie ne se fragmente pas, elle se renforce.
Son unité nationale, sa stabilité institutionnelle et sa cohésion sociale sont le fruit d’une histoire unique : celle d’un peuple libre qui ne s’agenouille devant aucune puissance.

Les calculs diplomatiques passent, les menaces s’effacent, mais la constance algérienne demeure.
Car la souveraineté de l’Algérie ne se discute pas, elle se vit.

Conclusion : la dignité comme horizon

L’article marocain qui prophétise le “chaos algérien” n’est pas un texte d’analyse, c’est un aveu d’impuissance.
Il révèle la nervosité d’un discours qui cherche à substituer la propagande au droit, la menace à la diplomatie, la peur à la raison.

Je ne critique pas les Marocains, déjà, évidemment que la majorité reste honnête, mais je tiens à préciser que je suis depuis très longtemps profondément sympathisant de la cause Palestinienne et celle des Sahraouis, et surtout que dans le sillage du discours tenu par le palais, la théorie du ruissellement  

On sait pourquoi, mais il ne faut pas le dire. Faut me pardonner, je viens de regarder à la télé le Roi des pauvres, le protecteur de la démocratie, de la liberté au Maroc et l'enthousiasme me trouble au point de commettre une confusion impardonnable, il s'agissait bien d'un Hitler Machin ou quelque chose comme ça, ce supposé dirigeant d’un royaume de l’abondance de la démocratie et de l’intelligence, encore du n’importe quoi, ce narco-régime de la prostitution devient l’ombre de lui-même, sous un monarque alcoolique et LGBT avéré qui arrive à faire du Maroc un pays des héritiers et des rentiers.

Un petit rappel pour les médias de sa majesté, c’est l’ensemble du peuple Algérien qui opte pour la fermeture permanente des frontières ainsi que la rupture des relations avec le régime du Makhzen Marocain. Donc pour l’Algérie, le Maroc n’est nullement un rival, un ennemi mais juste un voisin agaçant, troublant et surtout sionisé.
Algérie appartient à ceux qui savent la défendre et le Maroc appartient à ceux qui savent le vendre !!!!!

L’Algérie, elle, reste fidèle à ce qui la définit depuis 1962 : la dignité, la justice et la souveraineté.
Et tant que ces valeurs guideront sa diplomatie, aucun “message subliminal” n’ébranlera sa détermination.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/