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Le Makhzen en charge : autopsie d’un pamphlet anti-algérien
Sous couvert
d’analyse sportive et géopolitique, un texte violemment hostile à l’Algérie a
récemment circulé, franchissant toutes les lignes rouges : amalgames,
mensonges, pathologisation d’un peuple entier. Cette tribune démonte
méthodiquement un discours de haine qui ne dit rien de l’Algérie, mais beaucoup
de ceux qui l’emploient.
Il y a des
textes qui ne méritent pas le débat mais la mise à nu. Celui qui circule
actuellement à propos de l’élimination de l’équipe d’Algérie à la CAN n’est ni
une analyse sportive, ni une réflexion politique, ni même une opinion
argumentée. C’est un pamphlet de ressentiment, un déferlement de mépris,
un exercice de déshumanisation collective qui utilise le football comme
alibi.
Derrière une
indignation feinte se cache une réalité beaucoup plus simple : la haine a
remplacé la pensée.
Des mensonges répétés ne deviennent pas des faits
Le texte
empile des accusations graves sans jamais s’embarrasser de preuves : violences
généralisées, complots internationaux, sanctions américaines ciblées, chaos
diplomatique permanent. Tout y passe, sans source, sans rigueur, sans
vérification.
Ce procédé est connu : répéter une contre-vérité jusqu’à lui donner
l’apparence du réel.
En réalité,
ce texte ne décrit pas des faits, il fabrique un récit. Un récit où l’Algérie
est coupable par essence, où chaque incident devient une confirmation, et où
toute contradiction est balayée comme faisant partie du “complot”.
Ce n’est pas
de l’analyse. C’est de la propagande émotionnelle.
L’amalgame comme méthode, l’insulte comme conclusion
À aucun
moment l’auteur ne distingue : des supporters de tout un peuple, des
journalistes de millions de citoyens, des plateaux télévisés d’un État, des
émotions sportives d’une trajectoire historique. Tout est volontairement
confondu. Pourquoi ?
Parce que l’amalgame est indispensable à la stigmatisation. Sans lui, le
discours s’effondre.
Ce n’est
plus “certains supporters”, mais “les Algériens”.
Ce n’est plus “des débordements”, mais une “nature”.
Ce n’est plus un problème ponctuel, mais une “tare”.
On ne
critique plus : on condamne collectivement.
La pathologisation d’un peuple : un seuil moral
franchi
Le moment le
plus abject du texte est atteint lorsque l’auteur évoque la psychiatrie, la
schizophrénie collective, l’asile pour un peuple entier.
Qu’on ne s’y trompe pas : ce vocabulaire n’est jamais innocent. Historiquement,
il a toujours servi à retirer leur humanité à des groupes entiers, à les
présenter comme irrationnels, dangereux, incurables.
C’est
exactement le même mécanisme que l’on retrouve dans les pires pages de
l’histoire politique moderne, simplement recyclé avec un vernis
pseudo-géopolitique.
À partir de
cet instant, toute prétention à la rationalité s’effondre.
Le football n’est pas un tribunal civilisationnel
Les
violences de supporters existent sur tous les continents.
Les débordements existent dans les stades anglais, italiens, français,
argentins, brésiliens.
Les nationalismes sportifs existent partout.
Mais seuls
certains peuples sont sommés de s’expliquer comme s’ils étaient
anthropologiquement défaillants.
Ce
deux-poids-deux-mesures trahit moins un souci d’ordre public qu’un regard
hiérarchisant, où certains pays auraient droit à l’excuse de la complexité,
et d’autres seraient condamnés à la caricature.
La
réputation du tempérament des Algériens était reconnue à travers le monde. Ils
sont conscients que nous ne tolérons ni la fraude, ni l’irrespect. Ils ont
exploité le stress, la colère et le langage corporel pour nous inciter à
encaisser des cartons (jaunes, heureusement pas rouges !) et ils ont gagné la
partie comme anticipé grâce au soutien de leur arbitre. C’est ce qu’on appelle
de la truanderie dans le monde du sport. J’aurais parié sur la défaite de ma
propre équipe, mais malheureusement même si elle affronte les meilleurs teams
du monde, je choisirais l’Algérie en vainqueur!
Informez-vous
sur le mode de vie de tous les arbitres africains impliqués dans des rencontres
truquées suite à une compromission. Ils mènent une vie de princes malgré des
retraites très modestes.
La presse du Makhzen ne parle pas de l’Algérie, il
parle de ses obsessions
En réalité,
l’Algérie n’est ici qu’un écran de projection. Cette presse texte parle : d’une
obsession politique, d’un ressentiment régional, d’une incapacité à penser le
voisin autrement que comme un ennemi, d’un besoin compulsif de disqualification
morale.
Il ne
cherche pas à comprendre, il cherche à humilier.
Il ne vise pas la vérité, mais la confirmation d’un préjugé.
La vraie faillite est intellectuelle
On peut
critiquer un État. On peut critiquer des dirigeants.
On peut critiquer des médias. On peut même critiquer une culture politique.
Mais quand
on commence à parler d’un peuple comme d’un corps malade, on a déjà perdu le
débat.
Cette presse
n’est pas courageuse. Elle est lâche, n’est pas lucide elle est caricaturale.
Elle n’est pas rationnelle. Elle est pulsionnelle.
Conclusion
L’Algérie
n’a pas besoin de leçons de dignité de la part de ceux qui confondent colère et
intelligence, critique et haine, analyse et injure.
Les peuples ne sont pas des maladies. Les nations ne sont pas des pathologies.
Et le football n’est pas une excuse pour recycler les discours les plus
méprisants.
Ceux qui
prétendent incarner la raison feraient bien de commencer par se regarder
dans le miroir de leurs propres excès.
Voilà exactement ce qui arrive lorsqu’on confie
un événement sportif continental à un Etat voyou. La Coupe d’Afrique des
nations organisée au Maroc restera dans l’histoire non pas pour le talent des
joueurs ou la ferveur populaire, mais comme l’une des plus grandes impostures
du football moderne, disait un journaliste algérien.
Dès le premier coup de sifflet, la messe était
dite. Arbitrages scandaleux, décisions grossièrement orientées, fautes
ignorées, buts refusés sans justification, pression manifeste sur les
officiels. Cette CAN n’est pas une compétition, c’est une mise en scène. Une
mascarade où la tricherie, la manipulation et la corruption à la fois matérielle et morale s’étalent sans
la moindre retenue, sous les yeux d’un public médusé."
A/Kader Tahri chroniqueur engagé et observateur inquiet « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme
https://kadertahri.blogspot.com/
Sahara occidental : Le piège de Rabat reconnaître ce qu’il nie !
Présentée
comme une victoire pour le Maroc, la dernière résolution de l’ONU sur le Sahara
occidental s’est en réalité transformée en un retour au droit international et
au principe d’autodétermination. Derrière la rhétorique triomphaliste, Rabat se
retrouve piégé par le cadre juridique qu’il croyait pouvoir manipuler, tandis
que l’Algérie et ses alliés replacent le dossier dans sa nature première :
celle d’une décolonisation inachevée.
Une victoire de façade, une
défaite de fond
Les médias
proches du pouvoir marocain ont salué la résolution du Conseil de sécurité
comme une confirmation implicite de la “marocanité” du Sahara. Mais une lecture
attentive du texte montre tout le contraire.
Sous la pression discrète mais efficace de l’Algérie et de ses alliés — Russie,
Chine et pays du Mouvement des non-alignés —, le langage juridique du
document a été profondément modifié :
- Le plan d’autonomie marocain n’est
plus présenté comme “la seule solution réaliste”, mais comme “une base
réaliste de négociation”.
- Le droit à
l’autodétermination du peuple sahraoui a été réaffirmé.
- Le mandat de la MINURSO
a été prolongé, confirmant le statut de territoire non autonome du
Sahara occidental.
Derrière ces
ajustements se cache un véritable renversement diplomatique : le Maroc
croyait verrouiller le dossier, il l’a rouvert.
Le droit international, l’arme
du peuple sahraoui
Depuis
l’avis de la Cour internationale de Justice (1975), la position du droit
international est sans équivoque : les liens historiques évoqués par Rabat
n’équivalent pas à une souveraineté.
La résolution 1514 (XV) de 1960, sur la décolonisation, érige le droit à
l’autodétermination en norme impérative du droit international public.
Ainsi, aucune formule politique — fût-elle habillée d’autonomie — ne peut
annuler le droit d’un peuple à décider librement de son avenir.
Cette base
juridique solide, souvent éclipsée par la propagande, est redevenue le terrain
principal du combat sahraoui et de la diplomatie algérienne.
Le Sahara occidental n’est pas une “région” marocaine : c’est un territoire
en attente de décolonisation, reconnu comme tel par les Nations Unies.
L’intelligence diplomatique
d’Alger : du rapport de force à la légitimité
Alors que
Rabat misait sur le soutien américain et la reconnaissance de Trump en 2020, l’Algérie
a choisi la patience et la cohérence.
En s’appuyant sur ses relations solides à l’Est et au Sud, elle a réussi à transformer
un projet pro-marocain en un texte onusien équilibré, fondé sur la
légitimité internationale.
Cette
diplomatie du droit a replacé le débat sur le terrain des principes, non des
pressions.
Le résultat est sans appel : la communauté internationale ne reconnaît pas la
souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et toute solution devra
passer par une consultation libre du peuple sahraoui.
Le discours royal : une
manœuvre de repli
Le roi
Mohammed VI, dans son discours suivant la publication de la résolution, a
appelé à “tendre la main” à l’Algérie. Derrière ce ton d’apaisement se cache
une tentative d’anticiper les conséquences politiques du texte onusien.
Mais Alger a répondu par la constance : “Nous ne négocions pas sur un
territoire qui ne nous appartient pas.”
Cette position ferme renvoie le Maroc à son seul choix possible : reconnaître
et négocier avec les représentants légitimes du peuple sahraoui
Le piège de Rabat :
reconnaître ce qu’il nie
En se
réjouissant trop vite, le Maroc est tombé dans sa propre embuscade.
Accepter de revenir à la table des négociations, c’est reconnaître le Front
Polisario comme interlocuteur légitime. Admettre le cadre onusien, c’est
accepter que l’indépendance soit une option possible. Et prolonger le
mandat de la MINURSO, c’est reconnaître implicitement que le territoire n’est
pas marocain.
Ainsi, la
“victoire diplomatique” s’est muée en défaite stratégique : Rabat doit
désormais dialoguer avec ceux qu’il prétend ne pas exister.
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
Maroc : Une haine étendue contre les Algériens
Il est des
textes qui, tout en exprimant une colère légitime, révèlent la profondeur d’un
malentendu. Celui intitulé « Pourquoi cette haine maladive contre le Maroc ?
» en fait partie.
Écrit dans un ton passionné, il dit la douleur d’une partie de la société
marocaine face à ce qui est perçu comme une hostilité persistante de l’Algérie.
Mais au-delà de cette émotion, il illustre aussi combien nos peuples sont
prisonniers d’un récit qui, depuis soixante ans, oppose artificiellement deux
nations sœurs.
Avant de
lancer ma réponse, je constate que l’analyse du texte en question me permet de
dire que :
L’auteur
pose la question : « Pourquoi cette haine maladive contre le Maroc ? »
Mais en réalité, ce n’est pas une question ouverte : il part d’un postulat
— celui que l’Algérie (ou ses dirigeants) nourrit une haine obsessionnelle
et injustifiée envers le Maroc. Le texte cherche donc moins à comprendre
qu’à dénoncer et convaincre.
Le texte
repose sur une rhétorique morale et fraternelle : Le Maroc est présenté comme un
frère bienveillant, un soutien historique, pacifique et loyal.
L’Algérie officielle, elle, est dépeinte comme ingrate, hostile, endoctrinée,
voire malade de haine.
Cette
approche vise à rallier l’émotion du lecteur marocain et à culpabiliser
le lecteur algérien. (Ce que je
dénonce fortement)
Mais elle risque de fermer le dialogue, car elle part d’un jugement
plutôt que d’une recherche mutuelle de compréhension.
L’auteur
rappelle à juste titre : Le soutien marocain à la guerre d’indépendance
algérienne. Le conflit du Sahara comme élément déclencheur de la
discorde. La fermeture des frontières, la rupture diplomatique et
la campagne médiatique hostile.
Mais il omet
: La guerre des sables (1963), vécue par les Algériens comme une
agression. Les revendications territoriales marocaines post-indépendance,
perçues en Algérie comme une trahison. Le rôle des puissances étrangères
(France, États-Unis, URSS, puis aujourd’hui Israël et la Russie) dans
l’alimentation de la rivalité.
Ce biais
de sélection historique rend le texte partisan : il vise à
convaincre que la faute est uniquement du côté algérien.
Cette
oscillation traduit une tension entre colère et désir de réconciliation.
Mais en associant sans nuance « les Algériens » à « leur
régime », l’auteur efface la diversité d’opinions qui existe en
Algérie — notamment chez les jeunes, les intellectuels et les militants
pacifistes.
L’objectif
du texte est politique et identitaire : Délégitimer la position
algérienne. Réaffirmer la légitimité du Maroc sur la question du Sahara.
Mobiliser l’opinion publique marocaine dans une posture de victime noble
et raisonnable.
Aussi je
simple Algérien que je suis, et surtout libre dans mes propos, je peux avancer
en toute fierté que la haine n’est pas une essence algérienne, mais une vérité
marocaine. Elle est un produit politique, une construction historique
qui a remplacé le dialogue par la suspicion, et la mémoire par le ressentiment.
Un héritage d’histoire et de blessures
Oui, le
Maroc a apporté un soutien réel à la guerre d’indépendance algérienne. Oui,
Mohammed V a ouvert sa frontière et offert une solidarité sans calcul.
Mais il est tout aussi vrai que les premières années de l’indépendance ont
laissé des blessures profondes.
Aussi, un
peu d’histoire pour rappel sur la période sensible de l'Émir Abdelkader, le
Père de la Nation Algérienne,
Le sultan du Maroc, Moulay
Abderrahmane, ayant reçu une défaite dans la bataille d'Isly, s'est soumis à la
France, et paraphé le traité de Tanger ayant une visée unique, à savoir,
interdire à l'Émir Abdelkader tout repli vers le Maroc. Dans ce sens, on
peut lire l'article 4 dans ce traité conclu à Tanger le 10 septembre 1844 :
Article 4 : Hadj
Abdelkader est mis hors la loi dans toute l'étendue du royaume du Maroc,
aussi bien qu'en Algérie. Il sera en conséquence poursuivi à main armée par les
Français sur le territoire de l'Algérie, et par les Marocains sur leur
territoire jusqu'à ce qu'il en soit expulsé ou qu'il soit tombé au pouvoir de
l'une ou de l'autre nation.
La guerre des sables de 1963, souvent occultée
dans les discours officiels, a durablement marqué les esprits. Pour les
Marocains, elle symbolise une trahison de la fraternité maghrébine ; pour les
Algériens, une agression d’un pays voisin alors qu’ils sortaient à peine d’un
siècle de colonisation.
Ce conflit,
né de frontières tracées par le colonisateur et jamais réellement discutées
entre États libres, a ouvert la voie à une méfiance institutionnalisée.
Depuis, chaque génération a hérité non pas de souvenirs communs, mais de
rancunes administrées.
Le 2 mars
1973 : le
Makhzen Marocain dépossède les Algériens qui vivent sur son sol de leurs biens
(40% du patrimoine foncier agricole public marocain appartenait aux
immigrés algériens, confisqué et attribué aux juifs). La question des biens des
Algériens au Maroc, dont une bonne partie est constituée de riches
possessions, est un élément important du contentieux entre l'Algérie et
le Maroc.
En 1994, suite à un attentat terroriste
à l'hôtel à Marrakech, le Maroc l'attribue à l'Algérie, expulse plusieurs
dizaines de milliers de touristes algériens, après les avoir maltraités. Le
Maroc a aussitôt fait porter toute la responsabilité à l'Algérie et instauré
immédiatement le visa pour les Algériens
Des régimes qui se nourrissent du face-à-face
La vérité,
aussi dure soit-elle, est que les régimes des deux pays ont eu besoin l’un
de l’autre comme repoussoir.
À Alger comme à Rabat, le voisin sert souvent à détourner l’attention, à souder
une unité intérieure menacée ou à justifier des choix politiques.
L’Algérie officielle a parfois utilisé la question du Sahara comme ciment de
principe; le Maroc, de son côté, a mobilisé le sentiment national autour de
cette même question pour consolider sa cohésion.
Résultat :
la politique étrangère est devenue une scène d’affirmation identitaire,
où chaque geste de l’autre est interprété comme provocation.
Pendant ce temps, les frontières restent closes, les échanges économiques sont
quasi inexistants, et le rêve d’un Maghreb uni — pourtant inscrit dans les
constitutions — s’éloigne un peu plus chaque année.
Une presse sous pression, miroir d’une parole
confisquée
Il me suffit de
dire que le Plus vieux détenu politique de la planète est marocain, Me Ziane 83
ans.
En effet, les médias du Makhzen en
bon bergag ont toujours su orchestrer ce type de campagnes qui
tendent à discréditer le voisin algérien pour l’accuser de vouloir déstabiliser
de facto le Maroc et se déclare comme un pays victime de l’ostracisme des
autorités algériennes, ce qui a donné lieu à un festival d’idioties
médiatisées, qui sont devenues des hypothèses sur des hypothèses et des
supputations sur supputations et juste à part vendre de la fumée.
En effet, à ce titre, le Tberguig
médiatique reste le point noir est dans les relations tumultueuses
Algero-Marocaines.
Devant un tel enthousiasme pour la
médisance et le commérage marocain, ainsi que toutes les élucubrations
journalistiques marocaines, la tête en l’air, gobent les mouches, nous,
Algériens, avons préféré ne rien dire
Cette instrumentalisation politique de la rivalité
s’est aussi répercutée sur le terrain médiatique et culturel. Pour l’instant les intellectuels et leaders
d’opinion du Maroc sont tétanisés ou sont dans des combats d’arrière-garde. Toujours
les mêmes contenus approximatifs en forme de slogans. De si gros mensonges
qui font qu’on se demande si ces gens ne pensent pas que plus c’est gros plus
c’est susceptible de marquer certains d’entre nous. Des mensonges si mielleux
quelquefois qu’ils finissent par avoir un accent de sincérité
involontaire : « je suis bien un royaliste et j’espère
bien venir à bout de toi ».
Le Maroc a le droit de se défendre
Le
chroniqueur cite le Maroc en exemple, rappelant que Rabat a reconnu Israël,
contrairement à Alger. Mais il omet un petit détail : la normalisation
marocaine a été « achetée » par la reconnaissance américaine de la souveraineté
du Maroc sur le Sahara occidental. Autrement dit, il y avait une contrepartie
géopolitique concrète.
En Algérie, aucune telle compensation
n’existe. Pourquoi donc Alger céderait-il gratuitement ce que Rabat a obtenu à
prix fort ? La diplomatie n’est pas une loterie morale, c’est une négociation
permanente
Ah, le Maroc, ce héros discret qui a reconnu
Israël. Sauf qu’il l’a fait en échange d’une reconnaissance américaine du
Sahara occidental. Un troc pur et simple. Mais ce détail est soigneusement mis
de côté.
Dans la chronique, Rabat est noble, Alger
est haineux. On se demande si l’auteur croit vraiment à cette version ou s’il a
juste peur d’avouer la vérité : que la diplomatie, c’est d’abord un marché, et
que tout le monde joue à ce petit jeu.
Le Sahara, symbole d’une fracture mal comprise
Le texte
marocain évoque à juste titre le rôle central du dossier du Sahara. Mais il le
réduit à un “prétexte”, ce qui est une erreur d’analyse.
Pour le Maroc, le Sahara représente un lien territorial et historique ;
pour l’Algérie, la cause sahraouie est l’expression d’un principe fondateur
: le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, hérité de sa propre lutte
anticoloniale.
Ces deux positions ne sont pas nécessairement irréconciliables — mais elles ont
été instrumentalisées, caricaturées, puis sacralisées. De pauvres imbéciles tentent d’instrumentaliser le droit
international si bousculé pour de petites opérations du Palais.
L’annexion
du Sahara Occidental est une décision politique circonstancielle sans intérêt,
une territoire qui n’a jamais été marocain ni historiquement ni ethniquement ni
juridiquement.
Aujourd’hui,
aucun des deux peuples n’a voix au chapitre sur cette question.
Le débat est confisqué par les appareils d’État et les médias contrôlés, qui
présentent toute nuance comme une trahison.
C’est ainsi qu’un conflit diplomatique devient une fracture identitaire, et
qu’un désaccord politique se transforme en haine nationale.
Les peuples, eux, ne se haïssent pas
Pourtant,
quiconque a voyagé entre Tlemcen et Oujda, entre Casablanca et Oran, sait que la
haine n’existe pas dans la rue.
Les Algériens et les Marocains partagent bien plus qu’une frontière : une
langue, une culture, une foi, une mémoire tissée de musiques, de proverbes et
d’histoires communes.
Dans les cafés, sur les réseaux, dans les familles mixtes, on trouve davantage
de nostalgie que de rancune.
Ce qui existe, c’est une haine d’État, entretenue par la fermeture des
frontières, l’absence de rencontres et la manipulation des imaginaires.
Fermer les
frontières, c’est fermer les cœurs.
Et quand les peuples cessent de se voir, d’échanger, de débattre, la peur et le
préjugé prennent la place de la connaissance.
L’urgence d’une lucidité citoyenne
La
réconciliation maroco-algérienne ne viendra pas des chancelleries, ni de sa
presse fidèle.
Elle viendra de la société civile, des intellectuels, des journalistes, des
artistes, des jeunes.
Elle naîtra de cette volonté d’écouter avant d’accuser, de comprendre
avant de juger.
Il ne s’agit pas d’effacer les différends, mais de les penser autrement — sans
les mots blessants, sans le lexique de la haine.
Nous avons
besoin d’un courage nouveau : celui de désarmer les mots, de rouvrir les
routes, de réapprendre à se parler sans médiation politique.
Car la fraternité maghrébine ne se décrète pas : elle se construit, pas à pas,
par des citoyens conscients que l’avenir de l’un dépend inévitablement de celui
de l’autre.
Un avenir à retrouver
Le Maroc et
l’Algérie ne sont pas condamnés à se détester.
Leurs peuples n’aspirent ni à la guerre ni à l’humiliation, mais à la dignité,
à la stabilité, à la coopération.
La haine est une politique du passé. La fraternité, elle, peut encore devenir
un projet d’avenir.
Un jour
viendra, espérons-le, où poser la question « Pourquoi cette haine ? »
n’aura plus de sens — parce que nous aurons enfin compris que la haine n’était
qu’une illusion, et que la vraie force, depuis toujours, est dans la
fraternité.
Alors, un
conseil amical au chroniqueur (bergag libre et indépendant) : la prochaine fois qu’il voudra
écrire sur l’Algérie, qu’il laisse tomber la morale simpliste et qu’il ouvre un
atlas. Cela lui évitera de confondre un conflit géopolitique vieux de 75 ans
avec une tragédie de monarchie de poche.
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
Le Conseil de sécurité n’a pas voté pour le Maroc, il a voté pour l’ambiguïté
La résolution 2797 du Conseil de
sécurité n’a pas reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental,
contrairement au discours triomphaliste relayé par certains médias marocains.
Derrière les slogans de victoire se cache une réalité plus nuancée :
l’ambiguïté diplomatique de l’ONU et la persistance du droit à
l’autodétermination du peuple sahraoui
Le Maroc
jubile, la presse exulte, et le lexique triomphal se déploie : “fin de partie
pour l’Algérie”, “moment historique”, “victoire éclatante à l’ONU”. Depuis
l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité,
certains médias marocains célèbrent ce texte comme l’acte final du dossier du
Sahara occidental, comme si ONU venait de sceller, par un simple vote, la
souveraineté du Maroc sur le territoire.
Mais à force
de vouloir transformer une résolution diplomatique en bulletin de victoire, on
finit par travestir la réalité. Derrière les fanfares du triomphalisme, la 2797
n’a rien d’un traité de reconnaissance. Elle reste un texte d’équilibre,
d’ambiguïté, et surtout d’injonction au dialogue. Ce que Rabat présente comme
un “sacré” moment historique n’est, en vérité, qu’un épisode de plus dans une
longue guerre de narration où les mots remplacent le droit, et où la propagande
tente de se faire passer pour la diplomatie.
Or, ce que
Rabat appelle “souveraineté consacrée” n’est qu’un flottement sémantique
: une façon pour le Conseil de sécurité de ne pas dire non sans dire oui.
Le Maroc
crie victoire. Mais si cette “victoire” était si claire, pourquoi tant
d’insistance à la répéter ?
Parce qu’au fond, le texte ne dit pas ce que Rabat veut qu’il dise.
Il ne parle pas de “souveraineté reconnue”. Il ne parle pas de “territoire
marocain”. Il parle de “solution politique réaliste” — autrement dit : continuez
de discuter.
Et cette nuance change tout.
L’article
prétend enterrer le mot “autodétermination”. Mais l’autodétermination n’est pas
un slogan, c’est un droit fondamental inscrit dans la Charte des Nations
unies, que nul Conseil ne peut abolir par simple glissement lexical.
Le peuple sahraoui n’est pas une “variable diplomatique” ; c’est un sujet de
droit, reconnu comme tel par la Cour internationale de justice depuis 1975.
Thèse : une lecture abusive et intéressée du langage
onusien
Le cœur du
récit marocain repose sur une manipulation sémantique : parce que la résolution
“prend note du soutien exprimé par de nombreux États à la proposition
d’autonomie marocaine”, on veut y lire une reconnaissance formelle de la
“souveraineté marocaine sur le Sahara”. C’est faux. Le texte ne reconnaît rien
de tel.
Le Conseil
de sécurité se garde bien de trancher la question du statut du territoire. Il
se contente, comme toujours depuis 2007, de saluer les efforts “réalistes et
crédibles” du Maroc sans exclure aucune autre option. Nulle part la
souveraineté marocaine n’est mentionnée, encore moins “consacrée”. Le choix des
mots est soigneusement calculé : “pourrait constituer la solution la plus
réalisable” n’a jamais voulu dire “est la seule solution légitime”.
La vérité,
c’est que la résolution 2797 n’a réglé aucun conflit.
Elle a seulement rappelé que le dossier du Sahara n’est pas clos, que le
monde est fatigué des postures et des drapeaux, et qu’il faut une solution
négociée — pas proclamée.
Alors oui,
que Rabat se félicite, que sa presse chante la victoire, c’est son passez temps
Mais l’histoire retiendra que le Sahara ne s’offre pas à coup de communiqué, et
qu’aucune résolution n’efface un peuple. La victoire d’un jour ne fait pas la
légitimité d’un siècle.
Et pendant
que les diplomates comptent les voix, les Sahraouis, eux, comptent les années.
Ils attendent, dans les camps de Tindouf et dans les villes du Sud, non pas
un drapeau, mais une vérité : celle d’un droit qui n’a jamais été consulté,
celle d’une cause que personne n’a le courage de regarder en face.
Cette nuance
n’est pas un détail : elle est au cœur du langage diplomatique. Là où Rabat
veut entendre une bénédiction, le Conseil n’a offert qu’une possibilité parmi
d’autres. En d’autres termes, la résolution 2797 ne clôt rien. Elle maintient
le statu quo, elle ménage les équilibres, et elle renvoie une fois encore les
parties à la table du dialogue.
Réfutation : la propagande du triomphalisme
Or, c’est
précisément cette ambiguïté que le discours officiel marocain tente d’effacer.
En transformant une simple prise d’acte en validation de souveraineté, Rabat
s’arroge ce que la communauté internationale lui refuse : le droit de parler
au nom d’un peuple qu’il administre sans l’avoir consulté.
Le texte
onusien parle de “solution politique durable et mutuellement acceptable”.
L’adjectif “mutuellement” signifie que toutes les parties, y compris le
Front Polisario, doivent l’accepter. Comment, alors, parler d’une solution
“entérinée” quand le principal intéressé n’a jamais donné son accord ?
L’ONU,
faut-il le rappeler, ne reconnaît toujours pas le Sahara occidental comme
territoire marocain. Elle le classe parmi les “territoires non autonomes” en
attente de décolonisation. Et la Cour internationale de justice, dès 1975, a
jugé qu’aucun lien de souveraineté n’existait entre le Maroc et ce territoire
avant la colonisation espagnole. Ces faits juridiques ne disparaissent pas
parce qu’un texte diplomatique adopte un ton plus conciliant.
Mais la presse
marocaine ne cherche pas la vérité : elle fabrique le récit. Elle substitue la
ferveur au droit, la mise en scène au contenu. L’Algérie devient la méchante de
service, l’ennemie hystérique, l’obstacle à la paix. Cette diabolisation
systématique n’est pas anodine : elle sert à déplacer le centre du débat,
à transformer un conflit de décolonisation en simple rivalité bilatérale.
L’Algérie, pourtant, n’a pas inventé la question du Sahara. Elle s’est alignée sur un principe universel : celui de l’autodétermination des peuples, inscrit dans la Charte des Nations unies. C’est ce principe – et non un “anti-marocanisme primaire” – qui fonde sa position. Car le Sahara n’appartient ni à Rabat ni à Alger, mais à ses habitants, dont la voix n’a jamais été entendue.
Conclusion : le réalisme ne doit pas tuer le droit
Ce que
révèle cette euphorie médiatique, c’est moins la force diplomatique du Maroc
que son besoin d’affirmation. On célèbre moins la résolution 2797 qu’on ne
cherche à la fabriquer comme mythe fondateur : celui d’un Maroc triomphant face
à un voisin déchu. Mais le droit international, lui, n’a pas d’état d’âme. Il
ne se mesure pas à l’applaudimètre des chancelleries.
L’avenir du
Sahara occidental ne se décidera pas à coup de communiqués, ni dans la rhétorique
creuse des “plans d’autonomie”. Il se décidera par la reconnaissance du droit
d’un peuple à choisir librement son destin. Tant que cette vérité demeurera
niée, aucune résolution, fût-elle votée à l’unanimité, ne mettra fin à ce
conflit.
Le
triomphalisme marocain célèbre aujourd’hui la “victoire du réalisme”. Mais
l’histoire retiendra qu’il s’agit surtout de la victoire du verbe sur la
vérité, et de la défaite du droit sous les applaudissements. Le
Sahara n’a pas besoin de célébrations diplomatiques, il a besoin de justice. Et
la justice, elle, ne se vote pas : elle se respecte.
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
Le 7 octobre en outil de propagande au service du déni et de la justification du génocide
Sous couvert d’analyse géopolitique, un article issu
de la presse d’extrême droite transforme la tragédie du 7 octobre en outil de
propagande. En glorifiant Israël comme victime éternelle et en niant la
souffrance palestinienne, ce texte illustre une dérive idéologique inquiétante
: la sélectivité mémorielle au service du déni et de la justification de la
violence.
Quand la mémoire devient arme : le déni palestinien dans un discours
d’extrême droite sur Israël
Après les
attaques terroristes du 7 octobre et les mois de guerre qui ont suivi à Gaza,
la presse d’extrême droite multiplie les tribunes défendant Israël au nom d’une
supposée “survie civilisationnelle”. L’une d’elles, récemment publiée, illustre
parfaitement cette stratégie : sous des dehors analytiques, elle recycle un
discours politique forgé sur la peur, la culpabilité et le refus de toute
critique.
Un récit faussement analytique, profondément idéologique
L’article
commence comme une réflexion sur la réaction internationale aux attaques du
Hamas. Mais très vite, le ton change : les institutions internationales sont
accusées de partialité, les démocraties occidentales de faiblesse, et les voix
critiques d’Israël sont assimilées à des “ennemis intérieurs”.
Cette rhétorique bien connue vise à disqualifier toute critique légitime
de la politique israélienne en la présentant comme une forme d’antisémitisme.
En présentant Israël comme le bastion assiégé d’un monde occidental “décadent”,
le texte adopte les codes classiques de la propagande identitaire et
souverainiste, où la complexité politique se dissout dans le manichéisme.
La mémoire instrumentalisée : quand la Shoah devient justification
L’auteur
convoque abondamment le passé juif — la Shoah, les pogroms, la peur
existentielle — pour démontrer une continuité historique entre les persécutions
d’hier et la guerre d’aujourd’hui.
Mais ce recours constant à la mémoire a un prix : il devient sélectif et
utilitaire. La souffrance juive y est sacralisée, tandis que la souffrance
palestinienne est effacée, déniée, voire moquée.
Ce procédé transforme la mémoire du génocide en arme morale : ce qui fut
une leçon universelle sur la dignité humaine devient un instrument de légitimation
du pouvoir et de la violence.
Or, la mémoire n’a de sens que si elle sert à défendre tous les peuples contre
l’injustice — pas seulement les siens. La sélectivité mémorielle trahit
donc l’esprit même du “plus jamais ça”.
L’oubli délibéré de Gaza et la déshumanisation des Palestiniens
Aucun mot
dans l’article sur les milliers de morts palestiniens, les familles déplacées,
les hôpitaux détruits ou la vie sous blocus. Le terme même “occupation”
est soigneusement évité.
Les Palestiniens ne sont pas des êtres humains souffrants : ils deviennent,
dans le récit, un “narratif victimaire”, une abstraction commode servant
à dénoncer la “propagande anti-israélienne”.
Cette absence n’est pas un oubli : c’est une stratégie de déni. Elle
permet de justifier les bombardements et la répression comme de simples actes
de “survie”.
Mais nier la souffrance de l’autre, c’est refuser la part d’humanité commune
qui seule rend possible la paix. C’est aussi prolonger le cycle de haine et
d’injustice qui ravage la région depuis des décennies.
Le rejet du pluralisme et la logique de purification idéologique
L’article ne
s’en prend pas seulement aux ennemis extérieurs : il vise aussi les Juifs
eux-mêmes.
Les “cosmopolites humanitaristes”, les “Juifs woke”, ou les “trotskistes” sont
accusés de trahison morale. Cette rhétorique d’exclusion vise à réduire la
diversité des voix juives au profit d’un sionisme autoritaire, guerrier et
identitaire.
C’est le signe d’une dérive inquiétante : le refus de toute nuance, de tout
débat, de tout pluralisme.
À travers ce texte, c’est la pensée critique elle-même qui est désignée comme
coupable.
Conclusion : rompre avec le déni, restaurer la vérité humaine
Ce type de
discours ne relève pas du journalisme mais de l’idéologie pure.
Il réécrit l’histoire pour transformer la mémoire en forteresse et la
compassion en faiblesse.
En effaçant la souffrance palestinienne, il nie la réalité de l’occupation,
dégrade la mémoire de la Shoah et perpétue une vision du monde fondée sur la
peur et la domination.
La mémoire ne doit pas servir à justifier la guerre mais à rappeler l’humanité
partagée.
Face aux manipulations de l’extrême droite, il faut défendre une mémoire
universelle, celle qui reconnaît la douleur des uns sans effacer celle des
autres — parce que la justice, elle, ne se divise pas.
c'est un
déni, au-delà de toutes idéologies, il reste une chose qu'une frange
d’occidentaux ne veulent pas admettre;
la violence mortelle infligée à la population Palestinienne, impensable pour
ces défenseurs des "damnés " de la terre, pour eux la responsabilité
de ces horreurs doit être infligée le Palestinien, le coupable c'est le
Palestinien, il incite par sa présence; à la violence, sa présence est
tellement insupportable qu'elle fabrique des "barbares",
Citation Sioniste : «"l'homme nait bon c'est la société qui
le corrompt," le juif nait bon c'est le Palestinien qui le corrompt »
A/Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/



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