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Trop africain pour l’Europe, trop européen pour l’Afrique : le Makhzen Marocain et le malaise de l’identité continentale :

Il existe en Afrique un cas d’école, presque caricatural, de ce que Frantz Fanon aurait appelé une conscience mal à l’aise dans sa propre peau : Le Makhzen du Maroc. Un pays solidement arrimé au continent africain par la géographie, l’histoire et les peuples, mais dont l’imaginaire politique n’a jamais vraiment quitté la rive nord de la Méditerranée. Être africain, pour le  Makhzen, n’a jamais été un point de départ ; tout au plus une solution de repli, activée lorsque l’Europe rappelle, avec une froide régularité juridique, que l’Afrique commence au sud du détroit de Gibraltar.

La tentative d’adhésion à la Communauté économique européenne dans les années 1980 demeure un moment de vérité. Non pas une simple erreur de calcul technocratique, mais un aveu politique brutal : le Maroc ne se voyait pas comme une puissance africaine à part entière, mais comme un Européen empêché. Le rejet de 1987 n’a fait que confirmer une hiérarchie mentale déjà bien installée : l’Europe comme horizon naturel, l’Afrique comme voisinage contraignant. Dès lors, le Royaume s’est appliqué à devenir le meilleur élève non admis de l’Union européenne docile, utile, indispensable, mais jamais invité à s’asseoir à la table.

Pendant ce temps, l’Afrique attendait. Ou plutôt, elle avançait sans lui. Le retrait du Maroc de l’Organisation de l’unité africaine en 1984 constitue sans doute l’un des gestes les plus éloquents de cette fuite continentale. Quitter l’Afrique institutionnelle pendant plus de trois décennies, c’est faire un choix clair : celui de l’isolement volontaire, du mépris feutré pour les mécanismes panafricains jugés inefficaces, bruyants ou indignes d’un État tourné vers des partenaires « sérieux ». Peu importe que le différend du Sahara serve de justification ; aucun désaccord, aussi grave soit-il, ne légitime une absence aussi longue sans révéler un malaise plus profond.

Et puis vint le retour, en 2017. Un retour soigneusement mis en scène, salué par des discours lyriques sur la « famille africaine retrouvée ». Mais l’Afrique n’est pas dupe. On ne quitte pas une maison pendant trente ans pour y revenir en investisseur. Car c’est bien ainsi que le Maroc aborde aujourd’hui le continent : en banquier, en assureur, en entrepreneur, rarement en compagnon de lutte. L’Afrique est visitée, évaluée, financée, exploitée parfois — mais rarement aimée politiquement.

La coopération Sud-Sud vantée à longueur de communiqués ressemble souvent à un paternalisme bien habillé, où le Maroc se présente comme un intermédiaire « plus fiable » entre l’Afrique et l’Europe. Une Afrique utile, rentable, diplomatiquement alignée sur les priorités marocaines — notamment lorsqu’il s’agit de rallier des soutiens sur le dossier du Sahara — mais une Afrique encore trop souvent considérée comme un marché à conquérir plutôt qu’un projet à construire collectivement.

L’ironie atteint son sommet dans la relation maroco-européenne. Le Makhzen se plaint de ne jamais être pleinement accepté par l’Europe, tout en acceptant sans broncher d’en devenir le sous-traitant sécuritaire : gardien des frontières, filtre migratoire, gendarme régional. Il protège la forteresse européenne contre les Africains subsahariens, ses propres frères de continent, dans l’espoir persistant d’une reconnaissance qui ne viendra jamais. Être africain quand il s’agit de bloquer des migrants, être quasi-européen quand il s’agit de commerce : voilà la gymnastique identitaire.

Dans cette configuration, l’africanité du Makhzen apparaît comme conditionnelle et instrumentale. Elle s’active lorsque l’Europe ferme ses portes, lorsque les marchés africains deviennent attractifs, ou lorsque le soutien diplomatique du continent devient indispensable. Elle se fait discrète lorsque l’Afrique parle d’intégration politique, de souveraineté collective ou de rupture avec les dépendances postcoloniales.

Le cas marocain n’est pas isolé, certes, mais il est exemplaire. Il incarne cette tragédie postcoloniale où certaines élites africaines préfèrent être des partenaires mineurs de l’Europe plutôt que des acteurs majeurs de l’Afrique. Tant que l’Afrique restera, dans les imaginaires politiques, une option secondaire, elle continuera d’être traitée comme telle fragmentée, instrumentalisée, reléguée.

Le Makhzen  du Maroc aime rappeler qu’il est un « pont » entre l’Europe et l’Afrique. Mais un pont n’est jamais une destination. Et l’histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant les deux pieds sur le continent africain, ont passé leur temps à regarder ailleurs.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

CAN.2025 : Le Makhzen dans sa fièvre de Mensonge, fièvre de Corruption :

l’obsession du pouvoir pour le football comme outil de prestige et de diversion, au détriment des urgences vitales : santé, éducation, logement et dignité humaine. Derrière les stades flambant neufs et les trottoirs repeints à la hâte se dessine un choix politique assumé : privilégier l’image internationale et le spectacle de masse plutôt que la vie réelle des citoyens. Une critique frontale d’un modèle de développement fondé sur la vitrine, la communication et l’oubli organisé des plus vulnérables.

Le Makhzen du Maroc avait tout misé dans le football  pour en faire un opium du peuple. Mais, cette drogue est tellement forte et le Makhzen tellement obstiné  d’essayer d’en faire quelque chose d’utile pour sortir avec une belle vitrine pour le Maroc. Mais le Maroc n’a pas réussi à emporter cette coupe, La baraka  du mensonge et de la corruption n’a été de retour, Le tout dans une ambiance de délire collectif, à la fois triste et agressif. On avait envie plus de les plaindre que de les punir.

 Quelque chose de l’épidémie dansante royale a envahi les âmes de ces pauvres diables. A croire que l’âme marocaine est malade, mentalement malade. Qui l’a rendu malade ? La corruption fragrante, le mensonge royal et la prostitution  à grande échelle.  Il s’agit d’un cas clinique.

Le Maroc ne joue pas au football : il l’exploite. Il ne gagne pas par le génie sportif, mais par l’efficacité d’un système qui sait recruter les bons cadres… à condition qu’ils soient dociles, corrompus ou parfaitement alignés. La vraie question n’est donc pas de savoir comment le Maroc réussit dans le football, mais pourquoi cette compétence miraculeuse disparaît dès qu’il s’agit d’éducation, de santé ou de justice sociale.

Car enfin, comment expliquer qu’un État capable de sortir des stades en douze mois soit incapable de sauver des hôpitaux laissés à l’agonie depuis des décennies ? Comment justifier qu’on refasse trottoirs, avenues et façades entières pour un match de football, pendant que les sinistrés du séisme de Marrakech croupissent encore dans l’attente d’un logement digne, noyés sous les promesses et les communiqués ?

Ce n’est pas une contradiction. C’est un choix politique. Clair. Brutal. Assumé.

Les élites ont tranché : le spectacle avant le soin, la vitrine avant la vie, l’image avant l’humain. Une voie non inclusive, profondément inégalitaire, et dont l’efficacité économique relève du mythe. Car le « décollage » tant promis n’est jamais venu. Les analystes sérieux le savent ; seuls les touristes émerveillés et les journalistes pressés continuent de confondre un aéroport clinquant avec le développement, un stade moderne avec la prospérité.

Nous vivons une époque dure, violente, dominée par les rapports de force. Le monde ne récompense plus la douceur, mais l’image de puissance. Le football est devenu un outil politique global, une arme de diversion massive. Il passe avant tout. Avant l’école. Avant l’hôpital. Avant la dignité et dans cette logique-là, il n’y a pas de citoyens : il n’y a que des figurants.

Malheur aux vaincus !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

 Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

Il y a dans les montagnes du Rif une mémoire que nul pouvoir central n’a réussi à effacer. Une mémoire rebelle, forgée dans la résistance contre l’occupation, contre l’autoritarisme, et contre l’effacement politique. Une mémoire qui dit : dignité, justice, liberté.
C’est cette mémoire qui a donné naissance, en 1923, à la République du Rif, sous la direction de l’émir Abdelkrim El Khattabi — première tentative moderne d’autodétermination dans le Maghreb. Elle fut écrasée par les puissances coloniales, avec la complicité du Makhzen. Mais elle n’a jamais cessé d’exister dans les consciences.

Aujourd’hui, le Rif n’a pas oublié.

Un peuple marginalisé dans son propre pays

Depuis l’indépendance, la région du Rif est traitée non comme une composante du pays, mais comme un sujet à surveiller.
Les investissements y sont faibles, l’accès aux infrastructures limité, le chômage massif, l’émigration presque une nécessité.
Dans les villages de l’arrière-pays, l’école manque, l’hôpital manque, l’avenir manque.

Et lorsque les jeunes demandent simplement d’être traités comme des citoyens, on leur répond par les tribunaux, la prison ou l’exil forcé.

Le Hirak n’était pas une révolte : c’était un verdict C’était pour réclamer la vie. C’était un cri de dignité pour des hôpitaux, pour des universités, pour le droit de vivre et de rester chez soi

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression. Le droit de ne pas mourir écrasé dans un camion à bennes et l’État a répondu par : les arrestations, les procès politiques, les peines interminables.

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression Des dizaines de jeunes croupissent encore en prison pour avoir demandé la dignité. Voilà la vérité.

Amazigh : l’homme libre

Les Rifains ne demandent pas des privilèges. Ils demandent la reconnaissance de ce qu’ils sont : un peuple amazigh, héritier d’une histoire anticoloniale, porteur d’une vision de justice et d’égalité. Dire Amazigh, ce n’est pas un slogan identitaire.
C’est affirmer le principe fondateur de toute société moderne :
un peuple ne peut vivre digne que lorsqu’il participe à décider de son destin.

Ce qui se joue dépasse le Rif

Les crises sociales qui frappent le Maroc aujourd’hui — chômage massif, inégalités extrêmes, corruption, fuite de la jeunesse — ne sont pas des problèmes régionaux.
Elles révèlent une fracture nationale profonde.

Le Rif n’est pas en marge :
il est le miroir où se reflètent les contradictions du pays.

Et tant que la question du Rif restera traitée comme un dossier sécuritaire, tant que la parole populaire sera considérée comme une menace, tant que l’histoire d’Abdelkrim sera tue,
le Maroc restera avec une partie de lui-même brisée.

Pour une justice historique et politique

Il est temps : de reconnaître officiellement la République du Rif comme chapitre fondateur de l’histoire moderne du Maghreb, de libérer les prisonniers du Hirak, symbole d’une jeunesse refusant l’humiliation, de mettre fin à la marginalisation structurelle de la région, d’ouvrir enfin un dialogue politique national authentique sur la décentralisation, l’égalité territoriale, la dignité économique.

Parce qu’aucune construction politique durable ne peut s’appuyer sur le silence, la peur ou l’oubli.

Conclusion : le Rif est debout

Le Rif n’attend pas d’être sauvé. Le Rif n’attend pas la permission d’exister. Le Rif ne demande qu’une chose : la reconnaissance de sa place dans une histoire qu’il a contribué à construire. Le Rif ne se taira pas. Parce que le silence, c’est déjà une tombe.
Et ce peuple-là n’est pas né pour être enterré. Ce peuple porte   la mémoire.
Ce peuple porte la dignité.
Ce peuple porte la preuve qu’un autre avenir est possible. Et il  continuera.
Jusqu’à ce que justice soit faite. La dignité  d’un peuple n’est pas une revendication. C’est un droit. Et c’est ce droit que le Rif continue de défendre, debout.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Le Makhzen Marocain et ses interprétations médiatiques courtisanes

À les entendre, dans l’espace médiatique du Makhzen, la question du Sahara occidental demeure l’un des sujets les plus chargés symboliquement, politiquement et historiquement. Elle cristallise passions, identités et représentations de souveraineté. Un dernier argument de propagande est désormais propagé avec force : Le Maroc constituerait par une autonomie verticale avec son Sahara marocain.

L’autre argument de propagande répété ad nauseam par les cajoleurs du Makhzen consiste à dire que le Sahara Occidental, tout bien pesé, n’existerait pas, né d’un mythe fondateur. Qu’il serait depuis toujours une terre Marocaine. 

Mais au-delà des émotions, il existe une réalité juridique et diplomatique qui ne devrait ni être ignorée, ni instrumentalisée.
Or, on observe aujourd’hui, dans une partie significative de la presse marocaine, une tendance à affirmer que les Nations unies auraient désormais adopté le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme unique cadre de règlement. Cette affirmation se répand, se répète, s’enracine – mais elle ne correspond pas aux textes.

Il est donc important de rappeler ce que disent réellement les résolutions du Conseil de sécurité, c’est-à-dire le seul cadre reconnu par la communauté internationale. Ce sont toujours les mêmes qui font aujourd’hui mine de croire que le Roi du Maroc pourrait respecter le droit international. L’expérience nous enseigne qu’aucun dictateur, saisi par l’hubris, par l’ivresse d’un pouvoir sans limite, n’est à l’abri de décisions défiant la raison. Ce vertige a conduit Hassan 2 avec sa marche verte jusqu’au Sahara Occidental 1971 pour un faire son bien. Je ne me souviens pas que les causes du conflit aient été expliquées autrement que par le désir agressif de conquête du Roi

Le langage du Conseil de sécurité : le cœur du dossier

Depuis plus de quinze ans, les résolutions du Conseil de sécurité du maintien de la paix au Sahara ont adopté une formule désormais stable.
La résolution 2703 (30 octobre 2024), comme celles qui l’ont précédée (2602, 2654, 2685), affirme :

« Le Conseil de sécurité réaffirme la nécessité d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable, mutuellement acceptable, fondée sur le compromis. »

Cette phrase est centrale. Elle constitue le cadrage diplomatique du conflit. Elle signifie trois choses essentielles : Aucune solution ne peut être imposée unilatéralement. Aucune solution n’est considérée comme acquise. Le résultat final doit être négocié.

En d’autres termes, l’ONU n’a pas tranché et ne déclare pas que le Sahara a été ou serai marocain. Elle ne déclare pas non plus qu’il doit devenir indépendant c’est au peuple Sahraoui d’en décider) Elle demande un processus, pas un verdict.

La reconnaissance du plan d’autonomie : une appréciation diplomatique, pas une validation juridique Les résolutions saluent la proposition marocaine : « Le Conseil de sécurité prend note des efforts sérieux et crédibles du Maroc. »

Cette formule signifie que le Maroc : a présenté une proposition solide, cohérente et compatible avec l'idée de compromis. Cela n’a rien d’anodin. Mais cela ne signifie pas que : le plan d’autonomie est la seule base de négociation, que l’indépendance est exclue par principe, ou que l’ONU adopte la vision marocaine du conflit.

Dire le contraire, comme le font certains éditorialistes, revient à passer de la reconnaissance de la valeur d’une proposition à l’affirmation de sa supériorité exclusive.
C’est un glissement politique, pas juridiquement fondé.

Le référendum : toujours inscrit,  Il est essentiel de rappeler que le référendum d’autodétermination n’a jamais été supprimé du cadre onusien.
Il demeure une option, théoriquement ouverte.

Mais dans les faits, l’ONU elle-même a constaté son impossibilité opérationnelle, en raison du blocage technique, non tranchable, qui a conduit l’ONU à substituer la logique du vote à celle de la négociation politique.

Ainsi : L’indépendance n’est pas juridiquement abandonnée, mais n’est plus le scénario opérationnel privilégié à ce stade.

La question du rôle de l’Algérie

Un élément évolue néanmoins dans le discours onusien récent : la mention explicite des quatre parties. Les résolutions ne parlent plus seulement de « deux parties », mais : « Le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. »

L’Algérie n’est donc plus considérée comme simple « pays voisin », mais comme un acteur nécessaire du processus politique. Cela ne veut pas dire : qu’elle doit accepter l’autonomie, ni qu’elle endosse le rôle de belligérant.

Cela veut dire : qu’aucune solution durable ne peut être trouvée sans l’Algérie. Reconnaître cela relève du réalisme, non de la concession.

Le danger du triomphalisme discursif

Que certains États soutiennent la proposition marocaine, notamment plusieurs pays africains, arabes et européens, est un fait.
Que la dynamique diplomatique évolue dans le sens d’une solution négociée plutôt qu’un référendum binaire est également un fait.

Mais transformer ces tendances en victoire définitive est un raccourci dangereux.

Pourquoi ? Parce que : Une position exagérée est aisément démontée. La crédibilité se construit sur l’exactitude, pas sur l’affirmation. La diplomatie se joue dans la nuance, jamais dans le slogan.

Le conflit du Sahara souffre déjà suffisamment de la surinterprétation, de la communication identitaire et de la simplification stratégique. L’heure n’est pas au spectacle politique, mais au travail patient et lucide.

Conclusion

Le Conseil de sécurité n’a ni tranché en faveur de l’autonomie, ni maintenu la centralité du référendum : il a installé la recherche du compromis comme seule voie crédible.

Cela implique : écouter, négocier, reconnaître les contraintes de l’autre.

Il me semble que la presse du Makhzen est appelée à faire la politique internationale, pas du récit national. La paix, la stabilité et la coopération maghrébine méritent mieux que des certitudes proclamées cela demande une maîtrise du langage diplomatique, le respect du cadre juridique, et une honnêteté intellectuelle face aux faits. Sans cela, le conflit continuera moins parce qu’il est insoluble que parce qu’il est mal raconté.

Une même fuite en avant s’observe au Maroc dans le camp royaliste. C’est un fait : le Makhzen ne sait plus argumenter autrement que par le mépris, l’injure, la diabolisation. Ce manichéisme bas de gamme est également utilisé par une partie de la politique  Il suffit d’entendre les arguments anti-Algérie rudimentaires Bourita ou de Omar Hilale  pour s’en convaincre.

A leur décharge, les courtisans du royaume qui ont une très forte impression qu'ils contribuent pour beaucoup dans le cout politique du Makhzen. Un peu comme pense le Français moyen avec le cout social de l'immigration! A chacun son ressentiment.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Sahara occidental : Le piège de Rabat reconnaître ce qu’il nie !

 

Présentée comme une victoire pour le Maroc, la dernière résolution de l’ONU sur le Sahara occidental s’est en réalité transformée en un retour au droit international et au principe d’autodétermination. Derrière la rhétorique triomphaliste, Rabat se retrouve piégé par le cadre juridique qu’il croyait pouvoir manipuler, tandis que l’Algérie et ses alliés replacent le dossier dans sa nature première : celle d’une décolonisation inachevée.

Une victoire de façade, une défaite de fond

Les médias proches du pouvoir marocain ont salué la résolution du Conseil de sécurité comme une confirmation implicite de la “marocanité” du Sahara. Mais une lecture attentive du texte montre tout le contraire.
Sous la pression discrète mais efficace de l’Algérie et de ses alliés — Russie, Chine et pays du Mouvement des non-alignés —, le langage juridique du document a été profondément modifié :

  • Le plan d’autonomie marocain n’est plus présenté comme “la seule solution réaliste”, mais comme “une base réaliste de négociation”.
  • Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui a été réaffirmé.
  • Le mandat de la MINURSO a été prolongé, confirmant le statut de territoire non autonome du Sahara occidental.

Derrière ces ajustements se cache un véritable renversement diplomatique : le Maroc croyait verrouiller le dossier, il l’a rouvert.

Le droit international, l’arme du peuple sahraoui

Depuis l’avis de la Cour internationale de Justice (1975), la position du droit international est sans équivoque : les liens historiques évoqués par Rabat n’équivalent pas à une souveraineté.
La résolution 1514 (XV) de 1960, sur la décolonisation, érige le droit à l’autodétermination en norme impérative du droit international public.
Ainsi, aucune formule politique — fût-elle habillée d’autonomie — ne peut annuler le droit d’un peuple à décider librement de son avenir.

Cette base juridique solide, souvent éclipsée par la propagande, est redevenue le terrain principal du combat sahraoui et de la diplomatie algérienne.
Le Sahara occidental n’est pas une “région” marocaine : c’est un territoire en attente de décolonisation, reconnu comme tel par les Nations Unies.

L’intelligence diplomatique d’Alger : du rapport de force à la légitimité

Alors que Rabat misait sur le soutien américain et la reconnaissance de Trump en 2020, l’Algérie a choisi la patience et la cohérence.
En s’appuyant sur ses relations solides à l’Est et au Sud, elle a réussi à transformer un projet pro-marocain en un texte onusien équilibré, fondé sur la légitimité internationale.

Cette diplomatie du droit a replacé le débat sur le terrain des principes, non des pressions.
Le résultat est sans appel : la communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et toute solution devra passer par une consultation libre du peuple sahraoui.

Le discours royal : une manœuvre de repli

Le roi Mohammed VI, dans son discours suivant la publication de la résolution, a appelé à “tendre la main” à l’Algérie. Derrière ce ton d’apaisement se cache une tentative d’anticiper les conséquences politiques du texte onusien.
Mais Alger a répondu par la constance : “Nous ne négocions pas sur un territoire qui ne nous appartient pas.”
Cette position ferme renvoie le Maroc à son seul choix possible : reconnaître et négocier avec les représentants légitimes du peuple sahraoui

Le piège de Rabat : reconnaître ce qu’il nie

En se réjouissant trop vite, le Maroc est tombé dans sa propre embuscade.
Accepter de revenir à la table des négociations, c’est reconnaître le Front Polisario comme interlocuteur légitime. Admettre le cadre onusien, c’est accepter que l’indépendance soit une option possible. Et prolonger le mandat de la MINURSO, c’est reconnaître implicitement que le territoire n’est pas marocain.

Ainsi, la “victoire diplomatique” s’est muée en défaite stratégique : Rabat doit désormais dialoguer avec ceux qu’il prétend ne pas exister.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Maroc : le Royaume-spectacle se raconte et un peu trop mal.

Le 31 octobre 2025, l’ONU aurait, selon la communication officielle, « consacré la vision marocaine » dans le dossier du Sahara. Une victoire diplomatique, nous dit-on, une leçon de leadership. Mais derrière l’enthousiasme, se cache une réalité plus inquiétante : le Maroc se raconte comme une légende et se regarde dans un miroir sans taches.
La grandeur proclamée devient un écran, et le patriotisme, un instrument de docilité.

On nous dit que le Maroc est une école de leadership. Soit. Mais quelle école célèbre la parole unique, la pensée alignée, la victoire sans débat ?
On nous parle de vision, de destin, de momentum ; on oublie la sueur des invisibles, la colère des exclus, le silence imposé à ceux qui osent questionner la « cause sacrée ».
Ce n’est pas une école de leadership, c’est une cathédrale de courtisans.
Le Maroc mérite mieux que la mise en scène de sa propre gloire : il mérite la vérité, la justice, et la liberté d’écrire son avenir autrement qu’en hymne au trône
.

Au citoyen, on lui  intime de célébrer un « leadership à ciel ouvert », il suffit de proclamer la grandeur pour qu’elle devienne vérité officielle. Il suffit d’un vote à l’ONU pour effacer cinquante ans d’ambiguïté politique. Il suffit d’une plume inspirée pour transformer la politique en religion, la monarchie en prophétie, et la nation en procession d’admirateurs.

La presse sert un pays triomphant, un Royaume debout, une « vision » qui illumine les consciences du nord au sud… en oubliant de préciser que seul le Roi dispose des lunettes pour la contempler. Car ce leadership qu’on glorifie tant n’est pas une école : c’est un catéchisme. Et les citoyens marocains  seraient des mauvais élèves s’ils osaient lire autre chose que le manuel sacré.

Patriotisme ou loyalisme ?

Depuis ce fameux vote, un parfum d’auto-congratulation flotte sur le Royaume.
Les tribunes s’enchaînent, les mots se répètent : vision, constance, foi, destin. Le Maroc, dit-on, serait devenu une « école de leadership à ciel ouvert ».

Mais à y regarder de près, cette célébration tient davantage de la liturgie que du débat.
Le leadership vanté n’est pas un partage de pouvoir, c’est une verticalité absolue.
Un récit mythologique où le Roi incarne la clairvoyance, le peuple la ferveur, et l’histoire une marche triomphale vers la reconnaissance universelle.

Cette glorification n’enseigne rien : elle anesthésie. Elle transforme la politique en religion d’État, où contester revient à blasphémer.

Le sujet de la presse nous explique que l’Histoire n’a qu’une trajectoire, une marche — verte, forcément verte — tracée par les monarques éclairés. Les peuples marchent, eux ne font qu’obéir. L’unité nationale devient soumission, le devoir se confond avec la déférence. Au Maroc, aimer son pays revient à aimer son Roi — ne pas confondre, malheureux !

Mais le patriotisme n’est pas une liturgie. Il n’est pas dans les défilés, ni dans les grands discours de victoire. Il est dans la capacité à douter, à interpeller, à corriger. Or ici, douter est une faute. Interroger est une menace. Et corriger un crime. Ce pays n’a pas besoin d’apôtres du leadership : il a besoin de citoyens.

Le leadership véritable commence où s’arrête la mise en scène

Quelle étrangeté que ce mot, « leadership », ressassé trois fois par paragraphe jusqu’à en perdre toute substance. Peut-être veut-on nous faire oublier ce qu’il implique vraiment : responsabilité, recevabilité, transparence — bref, tout ce que ce texte esquive avec soin.

Le mot « leadership » est devenu le totem de la rhétorique royale. On le répète à l’infini comme pour conjurer l’absence de participation réelle. Mais que vaut un leadership sans démocratie ?
Un leadership sans responsabilité, sans transparence, sans critique ?

Les grandes décisions descendent du sommet, les félicitations remontent du bas.
La machine fonctionne à merveille : chacun connaît son rôle, personne ne pose de questions.

Pendant qu’on s’enorgueillit des victoires diplomatiques,
les journalistes sont incarcérés (
Il me suffit de dire que le Plus vieux détenu politique de la planète est marocain, Me Ziane 83 ans.) les enseignants manifestent, les jeunes diplômés fuient le pays et les régions entières attendent encore d’être écoutées.

Ce n’est pas du leadership : c’est de l’illusionnisme politique dans une époque qui est à la mise en scène. Le Maroc ne gouverne plus : il communique.
Chaque événement devient un momentum, chaque projet une « vision royale », chaque succès sportif une preuve de génie national. Mais cette communication permanente a un coût : celui de la vérité. Les fractures sociales, le chômage endémique, les inégalités régionales, la pauvreté silencieuse — tout cela disparaît sous le vernis du storytelling national. La politique s’efface derrière le marketing. Et le citoyen, lui, devient un consommateur d’illusions patriotiques.

Le triomphe des courtisans

Le Palais officiel parle d’une « dream team royale ».
Tout est dit : nous ne sommes plus dans une communauté politique, mais dans une cour.
Le Maroc n’est plus une agora : c’est une loge d’admiration. Les courtisans se succèdent à la télévision pour tresser lauriers et hyperboles.
Le courage intellectuel, lui, se tait ou s’exile. Et dans ce vacarme de louanges, le peuple devient spectateur d’une grandeur qu’il ne ressent plus. Une nation sans contradiction est une nation qui se prive de vitalité. Le pluralisme n’est pas un luxe : c’est un acte de santé publique.

Le Maroc des marges : le seul leadership qui vaille

Heureusement, un autre Maroc existe — hors du champ des caméras. Celui des travailleurs précaires, des enseignants en lutte, des jeunes qui inventent sans moyens, des associations locales qui résistent à l’asphyxie bureaucratique.
Un Maroc invisible mais vivant, indocile, créatif. C’est là que se construit le leadership réel :
dans la désobéissance constructive, la pensée libre, la dignité quotidienne.
Pas dans les discours calibrés ni les communiqués d’autosatisfactions.

Quel est le problème si la décision revient, en fin de compte, au référendum. C’est aux sahraoui de choisir entre indépendance et autonomie.
Le Maroc n’a rien gagné ici. Inscrire l’autonomie comme une « option » de vote pour les sahraoui n’a rien d’une victoire pour le Maroc. Bien au contraire, il s’agit plutôt d’une propagande pour masquer un échec, car le makhzen voulait inscrire « l’autonomie » comme seule et unique option.
L’autodétermination reste donc la solution intangible.

Alors que l’on cesse de vendre aux Marocains une grandeur importée par communiqué diplomatique. Que l’on accepte enfin que le Maroc a besoin de débats, de pluralisme, de liberté.  Que la fierté nationale ne soit plus synonyme d’allégeance.

Car le véritable leadership marocain n’appartient pas aux monarques — il appartient à ceux qui refusent d’être spectateurs de leur propre histoire.

En répétant, sous des formes pseudo-journalistiques, les mêmes narrations négatives, ces médias finissent par façonner un imaginaire collectif où l’Algérie serait un acteur du passé, et le Maroc, un modèle d’avenir.
Cette mécanique, typique de la guerre informationnelle moderne, repose moins sur le mensonge direct que sur la distorsion du réel, la dramatisation et la répétition.
On sait de nos voisins du Maroc, c'est toute leur culture historique qui s'exprime ainsi et tous les sous-entendus de leur stratégie du chaos et leur idéologie monarchiste... Ce n'est pas brillant, bien que la bêtise soit inouïe, la boucle du Roi est bouclée. !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Maroc : Une haine étendue contre les Algériens

 

Il est des textes qui, tout en exprimant une colère légitime, révèlent la profondeur d’un malentendu. Celui intitulé « Pourquoi cette haine maladive contre le Maroc ? » en fait partie.
Écrit dans un ton passionné, il dit la douleur d’une partie de la société marocaine face à ce qui est perçu comme une hostilité persistante de l’Algérie.
Mais au-delà de cette émotion, il illustre aussi combien nos peuples sont prisonniers d’un récit qui, depuis soixante ans, oppose artificiellement deux nations sœurs.

Avant de lancer ma réponse, je constate que l’analyse du texte en question me permet de dire que :

L’auteur pose la question : « Pourquoi cette haine maladive contre le Maroc ? »
Mais en réalité, ce n’est pas une question ouverte : il part d’un postulat — celui que l’Algérie (ou ses dirigeants) nourrit une haine obsessionnelle et injustifiée envers le Maroc. Le texte cherche donc moins à comprendre qu’à dénoncer et convaincre.

Le texte repose sur une rhétorique morale et fraternelle : Le Maroc est présenté comme un frère bienveillant, un soutien historique, pacifique et loyal. L’Algérie officielle, elle, est dépeinte comme ingrate, hostile, endoctrinée, voire malade de haine. 

Cette approche vise à rallier l’émotion du lecteur marocain et à culpabiliser le lecteur algérien.  (Ce que je dénonce fortement)
Mais elle risque de fermer le dialogue, car elle part d’un jugement plutôt que d’une recherche mutuelle de compréhension.

L’auteur rappelle à juste titre : Le soutien marocain à la guerre d’indépendance algérienne. Le conflit du Sahara comme élément déclencheur de la discorde. La fermeture des frontières, la rupture diplomatique et la campagne médiatique hostile.

Mais il omet : La guerre des sables (1963), vécue par les Algériens comme une agression. Les revendications territoriales marocaines post-indépendance, perçues en Algérie comme une trahison. Le rôle des puissances étrangères (France, États-Unis, URSS, puis aujourd’hui Israël et la Russie) dans l’alimentation de la rivalité.

Ce biais de sélection historique rend le texte partisan : il vise à convaincre que la faute est uniquement du côté algérien.

Cette oscillation traduit une tension entre colère et désir de réconciliation.
Mais en associant sans nuance « les Algériens » à « leur régime », l’auteur efface la diversité d’opinions qui existe en Algérie — notamment chez les jeunes, les intellectuels et les militants pacifistes.

L’objectif du texte est politique et identitaire : Délégitimer la position algérienne. Réaffirmer la légitimité du Maroc sur la question du Sahara. Mobiliser l’opinion publique marocaine dans une posture de victime noble et raisonnable.

Aussi je simple Algérien que je suis, et surtout libre dans mes propos, je peux avancer en toute fierté que la haine n’est pas une essence algérienne, mais une vérité marocaine. Elle est un produit politique, une construction historique qui a remplacé le dialogue par la suspicion, et la mémoire par le ressentiment.

Un héritage d’histoire et de blessures

Oui, le Maroc a apporté un soutien réel à la guerre d’indépendance algérienne. Oui, Mohammed V a ouvert sa frontière et offert une solidarité sans calcul.
Mais il est tout aussi vrai que les premières années de l’indépendance ont laissé des blessures profondes.

Aussi, un peu d’histoire pour rappel sur la période sensible de l'Émir Abdelkader, le Père de la Nation Algérienne, 

Le sultan du Maroc, Moulay Abderrahmane, ayant reçu une défaite dans la bataille d'Isly, s'est soumis à la France, et paraphé le traité de Tanger ayant une visée unique, à savoir, interdire à l'Émir Abdelkader tout repli vers le Maroc. Dans ce sens, on peut lire l'article 4 dans ce traité conclu à Tanger le 10 septembre 1844 :

Article 4 : Hadj Abdelkader est mis hors la loi dans toute l'étendue du royaume du Maroc, aussi bien qu'en Algérie. Il sera en conséquence poursuivi à main armée par les Français sur le territoire de l'Algérie, et par les Marocains sur leur territoire jusqu'à ce qu'il en soit expulsé ou qu'il soit tombé au pouvoir de l'une ou de l'autre nation. 

La guerre des sables de 1963, souvent occultée dans les discours officiels, a durablement marqué les esprits. Pour les Marocains, elle symbolise une trahison de la fraternité maghrébine ; pour les Algériens, une agression d’un pays voisin alors qu’ils sortaient à peine d’un siècle de colonisation.

Ce conflit, né de frontières tracées par le colonisateur et jamais réellement discutées entre États libres, a ouvert la voie à une méfiance institutionnalisée. Depuis, chaque génération a hérité non pas de souvenirs communs, mais de rancunes administrées.

Le 2 mars 1973 : le Makhzen Marocain dépossède les Algériens qui vivent sur son sol de leurs biens (40% du patrimoine foncier agricole public marocain appartenait aux immigrés algériens, confisqué et attribué aux juifs). La question des biens des Algériens au Maroc, dont une bonne partie est constituée de riches possessions, est un élément important du contentieux entre l'Algérie et le Maroc.

En 1994, suite à un attentat terroriste à l'hôtel à Marrakech, le Maroc l'attribue à l'Algérie, expulse plusieurs dizaines de milliers de touristes algériens, après les avoir maltraités. Le Maroc a aussitôt fait porter toute la responsabilité à l'Algérie et instauré immédiatement le visa pour les Algériens

Des régimes qui se nourrissent du face-à-face

La vérité, aussi dure soit-elle, est que les régimes des deux pays ont eu besoin l’un de l’autre comme repoussoir.
À Alger comme à Rabat, le voisin sert souvent à détourner l’attention, à souder une unité intérieure menacée ou à justifier des choix politiques.
L’Algérie officielle a parfois utilisé la question du Sahara comme ciment de principe; le Maroc, de son côté, a mobilisé le sentiment national autour de cette même question pour consolider sa cohésion.

Résultat : la politique étrangère est devenue une scène d’affirmation identitaire, où chaque geste de l’autre est interprété comme provocation.
Pendant ce temps, les frontières restent closes, les échanges économiques sont quasi inexistants, et le rêve d’un Maghreb uni — pourtant inscrit dans les constitutions — s’éloigne un peu plus chaque année.

Une presse sous pression, miroir d’une parole confisquée

Il me suffit de dire que le Plus vieux détenu politique de la planète est marocain, Me Ziane 83 ans.

En effet, les médias du Makhzen en bon bergag ont toujours su orchestrer ce type de campagnes qui tendent à discréditer le voisin algérien pour l’accuser de vouloir déstabiliser de facto le Maroc et se déclare comme un pays victime de l’ostracisme des autorités algériennes, ce qui a donné lieu à un festival d’idioties médiatisées, qui sont devenues des hypothèses sur des hypothèses et des supputations sur supputations et juste à part vendre de la fumée.

En effet, à ce titre, le Tberguig médiatique reste le point noir est dans les relations tumultueuses Algero-Marocaines.

Devant un tel enthousiasme pour la médisance et le commérage marocain, ainsi que toutes les élucubrations journalistiques marocaines, la tête en l’air, gobent les mouches, nous, Algériens, avons préféré ne rien dire 

Cette instrumentalisation politique de la rivalité s’est aussi répercutée sur le terrain médiatique et culturel.  Pour l’instant les intellectuels et leaders d’opinion du Maroc sont tétanisés ou sont dans des combats d’arrière-garde. Toujours les mêmes contenus approximatifs en forme de slogans. De si gros mensonges qui font qu’on se demande si ces gens ne pensent pas que plus c’est gros plus c’est susceptible de marquer certains d’entre nous. Des mensonges si mielleux quelquefois qu’ils finissent par avoir un accent de sincérité involontaire : « je suis bien un royaliste et j’espère bien venir à bout de toi ».

Le Maroc a le droit de se défendre

 Le chroniqueur cite le Maroc en exemple, rappelant que Rabat a reconnu Israël, contrairement à Alger. Mais il omet un petit détail : la normalisation marocaine a été « achetée » par la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Autrement dit, il y avait une contrepartie géopolitique concrète.

En Algérie, aucune telle compensation n’existe. Pourquoi donc Alger céderait-il gratuitement ce que Rabat a obtenu à prix fort ? La diplomatie n’est pas une loterie morale, c’est une négociation permanente

Ah, le Maroc, ce héros discret qui a reconnu Israël. Sauf qu’il l’a fait en échange d’une reconnaissance américaine du Sahara occidental. Un troc pur et simple. Mais ce détail est soigneusement mis de côté.

Dans la chronique, Rabat est noble, Alger est haineux. On se demande si l’auteur croit vraiment à cette version ou s’il a juste peur d’avouer la vérité : que la diplomatie, c’est d’abord un marché, et que tout le monde joue à ce petit jeu.

Le Sahara, symbole d’une fracture mal comprise

Le texte marocain évoque à juste titre le rôle central du dossier du Sahara. Mais il le réduit à un “prétexte”, ce qui est une erreur d’analyse.
Pour le Maroc, le Sahara représente un lien territorial et historique ; pour l’Algérie, la cause sahraouie est l’expression d’un principe fondateur : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, hérité de sa propre lutte anticoloniale.
Ces deux positions ne sont pas nécessairement irréconciliables — mais elles ont été instrumentalisées, caricaturées, puis sacralisées.
De pauvres imbéciles tentent d’instrumentaliser le droit international si bousculé pour de petites opérations du Palais.

L’annexion du Sahara Occidental est une décision politique circonstancielle sans intérêt, une territoire qui n’a jamais été marocain ni historiquement ni ethniquement ni juridiquement.

Aujourd’hui, aucun des deux peuples n’a voix au chapitre sur cette question.
Le débat est confisqué par les appareils d’État et les médias contrôlés, qui présentent toute nuance comme une trahison.
C’est ainsi qu’un conflit diplomatique devient une fracture identitaire, et qu’un désaccord politique se transforme en haine nationale.

Les peuples, eux, ne se haïssent pas

Pourtant, quiconque a voyagé entre Tlemcen et Oujda, entre Casablanca et Oran, sait que la haine n’existe pas dans la rue.
Les Algériens et les Marocains partagent bien plus qu’une frontière : une langue, une culture, une foi, une mémoire tissée de musiques, de proverbes et d’histoires communes.
Dans les cafés, sur les réseaux, dans les familles mixtes, on trouve davantage de nostalgie que de rancune.
Ce qui existe, c’est une haine d’État, entretenue par la fermeture des frontières, l’absence de rencontres et la manipulation des imaginaires.

Fermer les frontières, c’est fermer les cœurs.
Et quand les peuples cessent de se voir, d’échanger, de débattre, la peur et le préjugé prennent la place de la connaissance.

L’urgence d’une lucidité citoyenne

La réconciliation maroco-algérienne ne viendra pas des chancelleries, ni de sa presse fidèle.
Elle viendra de la société civile, des intellectuels, des journalistes, des artistes, des jeunes.
Elle naîtra de cette volonté d’écouter avant d’accuser, de comprendre avant de juger.
Il ne s’agit pas d’effacer les différends, mais de les penser autrement — sans les mots blessants, sans le lexique de la haine.

Nous avons besoin d’un courage nouveau : celui de désarmer les mots, de rouvrir les routes, de réapprendre à se parler sans médiation politique.
Car la fraternité maghrébine ne se décrète pas : elle se construit, pas à pas, par des citoyens conscients que l’avenir de l’un dépend inévitablement de celui de l’autre.

Un avenir à retrouver

Le Maroc et l’Algérie ne sont pas condamnés à se détester.
Leurs peuples n’aspirent ni à la guerre ni à l’humiliation, mais à la dignité, à la stabilité, à la coopération.
La haine est une politique du passé. La fraternité, elle, peut encore devenir un projet d’avenir.

Un jour viendra, espérons-le, où poser la question « Pourquoi cette haine ? » n’aura plus de sens — parce que nous aurons enfin compris que la haine n’était qu’une illusion, et que la vraie force, depuis toujours, est dans la fraternité.

Alors, un conseil amical au chroniqueur (bergag libre et indépendant) : la prochaine fois qu’il voudra écrire sur l’Algérie, qu’il laisse tomber la morale simpliste et qu’il ouvre un atlas. Cela lui évitera de confondre un conflit géopolitique vieux de 75 ans avec une tragédie de monarchie de poche.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/