Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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Conseil de paix : critique marocaine, diplomatie algérienne

Depuis la publication de certains médias marocains, il semble nécessaire de remettre les pendules à l’heure. Critiquer l’Algérie pour son absence à une invitation ponctuelle relève moins d’une lecture objective que d’une tentative de transformer la visibilité en légitimité. La réalité, elle, est beaucoup plus simple : l’Algérie agit sur le terrain, avec constance et sérieux, tandis que certains cherchent la lumière pour masquer leurs frustrations.

Oui, l’administration américaine a constitué un Conseil de paix destiné à accompagner la stabilisation de Gaza. Mais être invité ne confère ni crédit moral absolu, ni autorité sur les solutions politiques. Critiquer l’Algérie pour sa non-participation ponctuelle est un tour de passe-passe médiatique : il transforme la présence en reconnaissance et la non-présence en prétendue faiblesse. Or l’Algérie a voté le plan américain à l’ONU et soutient activement les initiatives de dialogue et d’aide humanitaire. Elle agit, sans fanfare, sans besoin de gesticulations ni de campagnes de communication.

Le Maroc, dans son empressement à se poser en médiateur exclusif, oublie un principe fondamental de la diplomatie : l’action réelle prime sur la visibilité médiatique. Critiquer Alger pour sa discrétion, c’est confondre mise en scène et efficacité. La diplomatie algérienne ne mesure pas son influence aux invitations ponctuelles mais à la constance et à la crédibilité sur le long terme. Elle ne transforme pas chaque initiative en tribune médiatique et ne cherche pas à instrumentaliser le conflit pour gagner un capital symbolique.

Les médias marocains dénoncent une « manœuvre ambiguë » et estiment le Royaume voisin de supplanter l’Algérie, sans pour autant mentionné le prix du siège occupé. Mais ces accusations occultent la vérité : ce n’est pas l’Algérie qui est absente du dossier palestinien, ni qui cherche la controverse. C’est au contraire une lecture partiale et politisée, qui confond ego et stratégie, visibilité et légitimité.

Le Maroc se vante de son rôle historique et de sa reconnaissance internationale, mais il oublie qu’un Conseil de paix ne peut pas remplacer la constance d’une diplomatie responsable. Critiquer l’Algérie pour sa discrétion revient à inverser les valeurs : la constance et l’efficacité ne se mesurent pas aux caprices médiatiques.

En réalité, l’Algérie reste un acteur central dans le dialogue régional et dans le soutien au peuple palestinien. Elle agit sur le terrain, maintient la cohérence de sa politique et préserve son influence internationale. Les accusations marocaines révèlent moins un déficit algérien qu’un besoin de légitimation médiatique. L’Algérie, elle, construit sa diplomatie avec sérieux et pragmatisme. Elle ne répond pas aux campagnes de bruit, mais aux défis réels.

Moralité : critiquer l’Algérie pour ne pas être sous projecteur, c’est ignorer que la diplomatie se mesure à l’action, pas à l’image. Et sur ce terrain, l’Algérie continue d’avancer, silencieuse mais déterminée, pendant que certains s’épuisent à hurler dans les colonnes. Le problème, une fois encore, n’est pas l’Algérie. Le problème, c’est le Maroc et ses propres contradictions.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

CAN 2026 : le marocain se découvre avec collège des fadaises et autocongratulation :


Ah, la CAN 2026 ! Moment sacré où le football africain devient, pour certains chroniqueurs marocains, un laboratoire de la civilisation, une leçon d’anthropologie et un style anxiogène et dramatique… une tribune pour fustiger l’Algérie. Rien que ça. Oui, pendant que le ballon roule, que les stades brillent et que les supporters vibrent, certains se transforment en moralistes d’opérette, distribuant des diagnostics de santé mentale à un État entier.

Répétons-le : « des asiles psychiatriques pour État n’existent pas encore », mais selon notre observateur, l’Algérie devrait y figurer en tête de liste. Les Algériens ? Malades. Le régime ? Obscène. Et tout cela sur fond de football. Les mots sont lourds, emphatiques, mais la logique, elle, est restée au vestiaire. Le chroniqueur se croit poète et analyste, il est surtout un collégien de la rhétorique, jouant à l’universitaire avec ses clichés.

Chaque anecdote devient un sermon : le penalty manqué de Brahim Diaz, les vidéos « indécentes » envoyées par des amis sénégalais, la violence physique sur le terrain… Tout est transformé en preuve que l’Afrique et l’Algérie sont foncièrement irrationnelles, incapables de fair-play, et bien sûr, jalouses du Maroc. Le foot n’est plus un sport, c’est une leçon de morale à l’emporte-pièce, un théâtre où la supposée supériorité marocaine se pavane au détriment des voisins.

Et puis, ce bijou : « Nous avons été et nous sommes au-delà du football ». Oui, bien sûr. Au-delà du football ? Non, au-delà du ridicule. Le texte se prend pour un traité philosophique sur la nature humaine, mais il n’est qu’un enchaînement de jugements collectifs et de stéréotypes, emballés dans des phrases qui sentent la suffisance. Le vrai spectateur retient surtout que le chroniqueur a confondu la CAN avec le collège des fadaises appliquées.

La répétition des clichés, les attaques ad hominem contre les Algériens et la glorification constante du Maroc ne sont pas seulement agaçantes, elles sont comiques. On dirait un feuilleton moral à épisodes: «Aujourd’hui, le Maroc brille, demain, le voisin malade mental».

Le style prétend « réflexif », le fond est une succession de platitudes et de jugements gratuits. Le sarcasme involontaire de ce texte est si dense qu’il en devient littéralement savoureux pour le lecteur critique.

Ironie finale : ce texte se veut magistral, profond, réfléchi, au ton auto-congratulant. Il n’est que panache sans substance, autocongratulation sans éclat, pamphlet sans logique, un ballon gonflé de suffisance qui éclate dès qu’on le touche. Et nous, lecteurs, restons là, mi-amusés, mi-éberlués, devant ce feu d’artifice verbal : la rhétorique peut brûler mais ici, elle n’a même pas allumé une étincelle.

La morale ? Entre un match de football et un bulletin de collège, il y a un monde. Certains chroniqueurs marocains en bons sujets de Palais, l’ont franchi pour se vautrer dans le ridicule et traiter les Algériens de fous. Merci pour le spectacle : la plume est acérée, mais la cervelle est restée au vestiaire.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Trop africain pour l’Europe, trop européen pour l’Afrique : le Makhzen Marocain et le malaise de l’identité continentale :

Il existe en Afrique un cas d’école, presque caricatural, de ce que Frantz Fanon aurait appelé une conscience mal à l’aise dans sa propre peau : Le Makhzen du Maroc. Un pays solidement arrimé au continent africain par la géographie, l’histoire et les peuples, mais dont l’imaginaire politique n’a jamais vraiment quitté la rive nord de la Méditerranée. Être africain, pour le  Makhzen, n’a jamais été un point de départ ; tout au plus une solution de repli, activée lorsque l’Europe rappelle, avec une froide régularité juridique, que l’Afrique commence au sud du détroit de Gibraltar.

La tentative d’adhésion à la Communauté économique européenne dans les années 1980 demeure un moment de vérité. Non pas une simple erreur de calcul technocratique, mais un aveu politique brutal : le Maroc ne se voyait pas comme une puissance africaine à part entière, mais comme un Européen empêché. Le rejet de 1987 n’a fait que confirmer une hiérarchie mentale déjà bien installée : l’Europe comme horizon naturel, l’Afrique comme voisinage contraignant. Dès lors, le Royaume s’est appliqué à devenir le meilleur élève non admis de l’Union européenne docile, utile, indispensable, mais jamais invité à s’asseoir à la table.

Pendant ce temps, l’Afrique attendait. Ou plutôt, elle avançait sans lui. Le retrait du Maroc de l’Organisation de l’unité africaine en 1984 constitue sans doute l’un des gestes les plus éloquents de cette fuite continentale. Quitter l’Afrique institutionnelle pendant plus de trois décennies, c’est faire un choix clair : celui de l’isolement volontaire, du mépris feutré pour les mécanismes panafricains jugés inefficaces, bruyants ou indignes d’un État tourné vers des partenaires « sérieux ». Peu importe que le différend du Sahara serve de justification ; aucun désaccord, aussi grave soit-il, ne légitime une absence aussi longue sans révéler un malaise plus profond.

Et puis vint le retour, en 2017. Un retour soigneusement mis en scène, salué par des discours lyriques sur la « famille africaine retrouvée ». Mais l’Afrique n’est pas dupe. On ne quitte pas une maison pendant trente ans pour y revenir en investisseur. Car c’est bien ainsi que le Maroc aborde aujourd’hui le continent : en banquier, en assureur, en entrepreneur, rarement en compagnon de lutte. L’Afrique est visitée, évaluée, financée, exploitée parfois — mais rarement aimée politiquement.

La coopération Sud-Sud vantée à longueur de communiqués ressemble souvent à un paternalisme bien habillé, où le Maroc se présente comme un intermédiaire « plus fiable » entre l’Afrique et l’Europe. Une Afrique utile, rentable, diplomatiquement alignée sur les priorités marocaines — notamment lorsqu’il s’agit de rallier des soutiens sur le dossier du Sahara — mais une Afrique encore trop souvent considérée comme un marché à conquérir plutôt qu’un projet à construire collectivement.

L’ironie atteint son sommet dans la relation maroco-européenne. Le Makhzen se plaint de ne jamais être pleinement accepté par l’Europe, tout en acceptant sans broncher d’en devenir le sous-traitant sécuritaire : gardien des frontières, filtre migratoire, gendarme régional. Il protège la forteresse européenne contre les Africains subsahariens, ses propres frères de continent, dans l’espoir persistant d’une reconnaissance qui ne viendra jamais. Être africain quand il s’agit de bloquer des migrants, être quasi-européen quand il s’agit de commerce : voilà la gymnastique identitaire.

Dans cette configuration, l’africanité du Makhzen apparaît comme conditionnelle et instrumentale. Elle s’active lorsque l’Europe ferme ses portes, lorsque les marchés africains deviennent attractifs, ou lorsque le soutien diplomatique du continent devient indispensable. Elle se fait discrète lorsque l’Afrique parle d’intégration politique, de souveraineté collective ou de rupture avec les dépendances postcoloniales.

Le cas marocain n’est pas isolé, certes, mais il est exemplaire. Il incarne cette tragédie postcoloniale où certaines élites africaines préfèrent être des partenaires mineurs de l’Europe plutôt que des acteurs majeurs de l’Afrique. Tant que l’Afrique restera, dans les imaginaires politiques, une option secondaire, elle continuera d’être traitée comme telle fragmentée, instrumentalisée, reléguée.

Le Makhzen  du Maroc aime rappeler qu’il est un « pont » entre l’Europe et l’Afrique. Mais un pont n’est jamais une destination. Et l’histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant les deux pieds sur le continent africain, ont passé leur temps à regarder ailleurs.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Football, propagande et mauvaise foi : quand la CAN devient un tract idéologique:

Il ne s’agit plus ici de sport, ni même d’analyse politique, mais d’un exercice de propagande à peine maquillé. Sous couvert de célébrer la CAN organisée au Maroc, certains textes versent dans une rhétorique agressive où l’Algérie sert de bouc émissaire commode, et le football de prétexte idéologique.

Dans la presse Marocaine, Ça sent la vassalisation !  Les personnes ayant les mauvaises opinions sur l’Algérie (uniquement) seront donc autoriser  de les exprimer, On se demande bien pourquoi ?

Une tartine d'émotion, une légère distorsion qui pourrait nous faire croire que l’Algérie pour les Algériens va très mal, sans une grande Prière collective à Palais royale du Makhzen ?
Bravo mesdames et messieurs les sujets du Makhzen (y compris les auto-proclamés) ! Vous ne pouviez pas faire moins et vous ne ferez pas plus ! Bien évidemment, rien ! Un point de détail, une peccadille, une poutre dans l'œil ça aussi, ça fait pleurer

Dès la première ligne, le ton est donné : la CAN « révèle plus qu’un événement sportif ». Traduction : le football ne sera pas analysé, il sera exploité. Le ballon rond devient un outil narratif, un décor utile pour rejouer une rivalité politique régionale déjà saturée de clichés.

L’organisation marocaine est décrite comme une réussite incontestable, unanimement saluée, presque miraculeuse. Mais cette unanimité proclamée repose sur du vide : aucun observateur nommé, aucune source indépendante, aucun rapport vérifiable. Le compliment devient auto-certification. Ce n’est pas de l’information, c’est de l’autosatisfaction éditoriale.

En face, la « presse algérienne » est convoquée comme un bloc hostile, uniforme, caricatural. Aucun média cité, aucune analyse de contenu, aucune nuance. On ne critique pas des articles, on condamne un pays. Ce procédé n’est pas journalistique : il est idéologique.

La défaite sportive de l’Algérie est ensuite érigée en faute morale et politique. Perdre ne serait pas seulement perdre, mais révéler une incapacité structurelle à accepter l’échec, un trait culturel, presque anthropologique. Le raisonnement est grotesque, mais assumé : la défaite devient preuve, le score devient diagnostic.

Le plus ironique est que le texte reproche précisément à l’Algérie ce qu’il fait lui-même : politiser le sport. Il dénonce la transformation d’un match en affaire politique tout en livrant, ligne après ligne, une lecture obsessionnellement politique de l’événement. L’accusation est un aveu.

Les mots « propagande », « falsification », « acharnement » sont répétés comme des mantras. Ils remplacent les faits. Ils dispensent de démontrer. À ce stade, le vocabulaire sert de matraque, pas d’outil analytique.

L’argument sécuritaire, lui, frôle l’indécence : 800 caméras de surveillance brandies comme trophée. Comme si la quantité de dispositifs de contrôle devenait une preuve de supériorité morale. Comme si la surveillance était synonyme de vertu. Ce glissement est révélateur.

Les accusations de violences contre arbitres et journalistes sont lancées sans la moindre source, sans enquête, sans décision officielle citée. Dans n’importe quel autre contexte, on parlerait de rumeur ou de désinformation. Ici, cela passe pour une vérité auto-évidente, car elle sert le récit exhibitionniste obscène des faiseurs de phrases sur une scène où seuls les actes comptent.

Puis vient le sommet de l’absurde : le football comme révélateur de la « nature d’un régime ». On atteint là le degré zéro de la pensée politique. Si cette logique tenait, il faudrait réécrire l’histoire mondiale à chaque Coupe du monde, classer les États selon leurs tirs cadrés et mesurer la démocratie au nombre de corners.

Enfin, l’isolement régional de l’Algérie est asséné comme une conclusion naturelle, sans aucun indicateur diplomatique, sans données concrètes, sans analyse géopolitique sérieuse. Le verdict précède l’enquête. La sentence remplace l’argument. Tout ça est très beau et très vertueux.

Conclusion

Ce texte ne célèbre pas une réussite sportive : il instrumentalise un événement pour nourrir une narration hostile, simpliste et agressive. Il accuse la propagande tout en en adoptant les ressorts les plus grossiers : généralisation, moralisation, absence de sources, disqualification de l’adversaire.

La réussite d’un pays n’a jamais eu besoin d’abaisser son voisin pour exister.
Et le football africain mérite mieux que d’être transformé en champ de bataille idéologique par des plumes qui confondent opinion, militantisme et information.
Mais ressemble plus à un exercice pour se donner bonne conscience, et est surtout pour beaucoup qui travaillent dans les médias et la presse une occasion de donner des gages au reste de la profession pas trop loin du Palais.

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CAN.2025 : Le Makhzen dans sa fièvre de Mensonge, fièvre de Corruption :

l’obsession du pouvoir pour le football comme outil de prestige et de diversion, au détriment des urgences vitales : santé, éducation, logement et dignité humaine. Derrière les stades flambant neufs et les trottoirs repeints à la hâte se dessine un choix politique assumé : privilégier l’image internationale et le spectacle de masse plutôt que la vie réelle des citoyens. Une critique frontale d’un modèle de développement fondé sur la vitrine, la communication et l’oubli organisé des plus vulnérables.

Le Makhzen du Maroc avait tout misé dans le football  pour en faire un opium du peuple. Mais, cette drogue est tellement forte et le Makhzen tellement obstiné  d’essayer d’en faire quelque chose d’utile pour sortir avec une belle vitrine pour le Maroc. Mais le Maroc n’a pas réussi à emporter cette coupe, La baraka  du mensonge et de la corruption n’a été de retour, Le tout dans une ambiance de délire collectif, à la fois triste et agressif. On avait envie plus de les plaindre que de les punir.

 Quelque chose de l’épidémie dansante royale a envahi les âmes de ces pauvres diables. A croire que l’âme marocaine est malade, mentalement malade. Qui l’a rendu malade ? La corruption fragrante, le mensonge royal et la prostitution  à grande échelle.  Il s’agit d’un cas clinique.

Le Maroc ne joue pas au football : il l’exploite. Il ne gagne pas par le génie sportif, mais par l’efficacité d’un système qui sait recruter les bons cadres… à condition qu’ils soient dociles, corrompus ou parfaitement alignés. La vraie question n’est donc pas de savoir comment le Maroc réussit dans le football, mais pourquoi cette compétence miraculeuse disparaît dès qu’il s’agit d’éducation, de santé ou de justice sociale.

Car enfin, comment expliquer qu’un État capable de sortir des stades en douze mois soit incapable de sauver des hôpitaux laissés à l’agonie depuis des décennies ? Comment justifier qu’on refasse trottoirs, avenues et façades entières pour un match de football, pendant que les sinistrés du séisme de Marrakech croupissent encore dans l’attente d’un logement digne, noyés sous les promesses et les communiqués ?

Ce n’est pas une contradiction. C’est un choix politique. Clair. Brutal. Assumé.

Les élites ont tranché : le spectacle avant le soin, la vitrine avant la vie, l’image avant l’humain. Une voie non inclusive, profondément inégalitaire, et dont l’efficacité économique relève du mythe. Car le « décollage » tant promis n’est jamais venu. Les analystes sérieux le savent ; seuls les touristes émerveillés et les journalistes pressés continuent de confondre un aéroport clinquant avec le développement, un stade moderne avec la prospérité.

Nous vivons une époque dure, violente, dominée par les rapports de force. Le monde ne récompense plus la douceur, mais l’image de puissance. Le football est devenu un outil politique global, une arme de diversion massive. Il passe avant tout. Avant l’école. Avant l’hôpital. Avant la dignité et dans cette logique-là, il n’y a pas de citoyens : il n’y a que des figurants.

Malheur aux vaincus !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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On, Two, Three ! Mohamed VI joue si bien au foot et emporte la Coupe !!!!


Un parti pris idéologique évident sous couvert d’analyse par un auteur un sujet du Makhzen en service à l’extrême droite de France, se présente (ou est présenté) comme un « spécialiste de la violence et de l’identité ». Or,  pour accumuler des clichés, son texte révèle surtout une lecture unilatérale et orientée, où la violence est systématiquement projetée sur l’Algérien, jamais interrogée comme phénomène universel, contextuel ou partagé.

Les débordements de supporters sont sélectivement interprétés : ils deviennent non pas des actes individuels ou circonstanciels, mais l’expression d’une “âme algérienne malade”. Cette généralisation est un procédé classique de stigmatisation collective : on part de faits isolés (réels ou amplifiés) pour pathologiser tout un peuple.

Un spécialiste sérieux de la violence aurait au contraire rappelé que : Le hooliganisme existe partout, les CAN, les Coupes du monde et les derbys européens regorgent d’exemples similaires et que le football est précisément un espace où les pulsions collectives se déchaînent indépendamment des nationalités. Lorsqu’en Europe des supporters brûlent des villes entières, on parle de violences urbaines ou de hooliganisme. Lorsqu’il s’agit d’Algériens, vous parlez de folie nationale. Ce n’est pas une différence d’analyse. C’est un deux poids deux mesures idéologique.

À la lecture de sa prose, une évidence s’impose pourtant : la violence qu’il prétend analyser, il la produit lui-même, par le verbe, par l’amalgame, par la stigmatisation collective. Et l’identité qu’il prétend interroger, il la réduit, la pathologise, la méprise — toujours du même côté de la frontière.

Car sous couvert d’un commentaire sur la CAN et l’organisation marocaine, ce texte se transforme rapidement en un réquisitoire contre l’Algérie et les Algériens, pris dans leur ensemble, essentialisés, psychiatrisés, renvoyés à une supposée déficience morale et mentale. Ce glissement n’a rien d’accidentel : il est idéologique.

Une indulgence asymétrique : le Maroc absous, l’Algérie condamnée, le déséquilibre saute aux yeux :

Côté algérien : hystérie, folie, maladie mentale, cas clinique, besoin de fatwa et de rééducation morale.

Côté marocain : organisation impeccable, hospitalité, baraka, succès mérité… puis seulement des critiques techniques et économiques dépolitisées.

Même lorsque l’auteur critique le Maroc (stades vs hôpitaux), il le fait :

  • sans jamais attaquer l’“âme marocaine”,
  • sans jamais parler de maladie collective,
  • sans jamais convoquer la religion ou la psychiatrie.

Cela révèle un double standard évident, incompatible avec toute prétention à l’objectivité.

Une obsession algérienne mal dissimulée :

Ce qui frappe, c’est que dans un texte censé analyser la CAN au Maroc : l’Algérie occupe une place centrale, devient le miroir négatif permanent, sert de repoussoir identitaire.

Cela dit quelque chose non pas de l’Algérie, mais du rapport obsessionnel qu’une partie de l’élite médiatique marocaine entretient avec elle. La violence ici n’est pas seulement dans les tribunes, elle est dans le discours, dans la manière de dire l’autre, de le réduire, de l’humilier symboliquement

Ce texte parle beaucoup de football marocain, mais il parle surtout de l’Algérie. Elle est partout : comme menace, comme contre-modèle, comme repoussoir identitaire. Cette obsession trahit une chose simple : l’Algérie n’est pas un objet d’analyse, elle est un problème à régler symboliquement.

Or, l’hostilité répétée, la caricature permanente, la négation de la complexité de l’autre sont elles-mêmes des formes de violence. La violence ne se manifeste pas seulement dans les stades ; elle se niche aussi dans les tribunes médiatiques, dans les mots qui humilient, dans les phrases qui enferment des millions d’êtres humains dans une pathologie imaginaire.

Car sous couvert d’un commentaire sur la CAN et l’organisation marocaine, ce texte se transforme rapidement en un réquisitoire contre l’Algérie et les Algériens, pris dans leur ensemble, essentialisés, psychiatrisés, renvoyés à une supposée déficience morale et mentale. Ce glissement n’a rien d’accidentel : il est idéologique.

Il y a des textes avec lesquels on ne débat pas. On les démolit. Celui-ci en fait partie.

Ce qui est présenté comme une analyse lucide n’est rien d’autre qu’un acte d’hostilité idéologique, un texte de mise en accusation collective, un pamphlet anti-algérien qui ne dit pas son nom mais qui s’assume dans ses mots. Parler d’« âme algérienne mentalement malade », de « cas clinique », de peuple à soigner, ce n’est pas dépasser les bornes : c’est changer de nature. On n’est plus dans l’opinion. On est dans la désignation d’un ennemi anthropologique.

Ce texte ne critique pas des comportements. Il condamne une identité.

La psychiatrisation comme méthode de domination

Transformer un peuple en pathologie est l’une des plus vieilles armes du mépris politique. Ce procédé permet tout : l’humiliation, la hiérarchisation morale, la négation de la dignité. Ce que l’on ne veut pas comprendre, on le déclare fou. Ce que l’on ne veut pas reconnaître comme égal, on le rend malade.

Ce langage n’a rien d’innocent. Il appartient à une tradition lourde, sale, déshonorante. Celle qui expliquait hier que certains peuples n’étaient pas mûrs pour la liberté. Celle qui aujourd’hui explique que certains peuples ne savent pas se tenir dans un stade sans relever de la psychiatrie.

Faudrait encore une fois rappeler à notre sujet du Makhzen qu’une enquête nationale marocaine a révélé que 48,9 % des Marocains âgés de 15 ans et plus présentent des signes de troubles mentaux. Malgré ce chiffre significatif, la maladie mentale reste encore méconnue chez le grand public, et fait l'objet de rejet ou de peur. Jamais l’auteur ne parle d’“âme marocaine malade”, jamais il n’appelle les imams marocains à émettre des fatwas pour calmer leurs concitoyens, jamais il ne suggère que la société marocaine serait un « cas clinique ». Ce deux poids deux mesures n’est pas une erreur d’analyse : c’est un parti pris.

Le football comme prétexte, l’Algérie comme obsession

Ne nous mentons pas. Le football n’est qu’un décor. Ce texte aurait pu être écrit à propos de n’importe quel événement. L’important n’est pas la CAN. L’important, c’est l’Algérie. Toujours l’Algérie. Comme problème. Comme gêne. Comme anomalie.

Tout y passe : la dictature éternelle, la haine de la France, l’incapacité morale, l’hystérie collective. L’Algérie n’est pas décrite : elle est chargée, empilée, accablée. Elle sert de miroir négatif pour flatter une auto-image nationale propre, rationnelle, civilisée.

Ce n’est pas une comparaison régionale. C’est une construction hiérarchique.

“Le peuple algérien vaut mieux que ça” : la phrase la plus toxique

Il faut s’arrêter sur cette phrase, car elle est centrale. Elle est la clé du dispositif. Dire qu’un peuple « vaut mieux que ça », tout en expliquant qu’il est malade, fou, incapable de se contrôler, c’est le dépouiller de sa souveraineté morale.

C’est parler comme un tuteur parle d’un mineur. Comme un médecin parle d’un patient. Comme un colon parlait d’un indigène.

Cette phrase n’est pas bienveillante. Elle est paternelle, arrogante, insultante. Elle autorise tout ce qui suit. Elle permet de frapper en prétendant aimé.

La haine travestie en lucidité

Le procédé est connu : commencer par dire que « le peuple algérien vaut mieux que cela », pour ensuite expliquer qu’il est malade, fou, égaré et incapable de se sauver sans tutelle morale. C’est le masque le plus hypocrite du mépris. Celui qui prétend aimer un peuple tout en lui niant sa pleine humanité.

Un véritable discours responsable aurait rappelé que : les peuples ne sont pas des blocs homogènes, les comportements de supporters ne définissent pas une nation et que la rivalité politique entre États ne justifie jamais la stigmatisation des populations.

L’auteur prétend analyser la violence. Il ne la voit pas lorsqu’elle sort de sa propre plume. Or il faut le dire clairement : ce texte est violent. Plus violent que des chants de stade. Plus violent que des billets brûlés. Parce qu’il vise plus haut et plus large : l’existence morale d’un peuple entier. Les cris s’éteignent. Les mots, eux, restent. Et ceux-ci disent : les Algériens sont un problème.

Et tant que cette haine se déguisera en analyse, il faudra la briser, sans détour, sans précaution, sans politesse.

Ce texte ne dénonce pas la violence : il la reproduit sous une forme symbolique.
Il ne cherche pas à comprendre l’Algérie : il la réduit. Il ne contribue pas au débat maghrébin : il l’empoisonne.

À force de voir la violence uniquement chez le voisin, on finit par oublier celle que l’on exerce soi-même par la plume. Et à force de parler d’identité comme d’une essence malade ou saine, on finit par trahir ce que devrait être le rôle premier de l’intellectuel : complexifier, humaniser, relier, plutôt que diviser, humilier et exclure.

Conclusion, l’auteur en question en bon sujet du Makhzen  avait très certainement oublié de nous dire que   Mohamed VI, roi du Maroc, était absent  du premier match de la Coupe d’Afrique des nations qui s’est lancée au Maroc. Le roi raréfie ses apparences, Pourtant, Mohamed VI, souverain et architecte de ce Maroc tourné vers le football et ses instances, le foot a toujours été très politique au Maroc,  le Roi aime passionnément ce sport et reste un bon joueur de foot aura très certainement Mohamed VI aura sa coupe, ce serait une excellente nouvelle pour le moral des Marocains, mais il faut nuancer l’image du Maroc moderne, avec la face cachée derrière la carte postale. Les Marocains vont faire une parenthèse pendant cette CAN, pour profiter de ce moment festif, parce que le football est la deuxième religion du Maroc. Si vous mettez tout ça bout à bout, ça vous donne un récit triomphaliste, dont le football est une pièce du puzzle.

Mais ça reste conjoncturel. Après la fête, la réalité reviendra, celle de la situation politique, économique et sociale" C’est un pays qui a évolué, qui a lutté contre la pauvreté extrême, mais les inégalités sont toujours là.

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

 Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

Il y a dans les montagnes du Rif une mémoire que nul pouvoir central n’a réussi à effacer. Une mémoire rebelle, forgée dans la résistance contre l’occupation, contre l’autoritarisme, et contre l’effacement politique. Une mémoire qui dit : dignité, justice, liberté.
C’est cette mémoire qui a donné naissance, en 1923, à la République du Rif, sous la direction de l’émir Abdelkrim El Khattabi — première tentative moderne d’autodétermination dans le Maghreb. Elle fut écrasée par les puissances coloniales, avec la complicité du Makhzen. Mais elle n’a jamais cessé d’exister dans les consciences.

Aujourd’hui, le Rif n’a pas oublié.

Un peuple marginalisé dans son propre pays

Depuis l’indépendance, la région du Rif est traitée non comme une composante du pays, mais comme un sujet à surveiller.
Les investissements y sont faibles, l’accès aux infrastructures limité, le chômage massif, l’émigration presque une nécessité.
Dans les villages de l’arrière-pays, l’école manque, l’hôpital manque, l’avenir manque.

Et lorsque les jeunes demandent simplement d’être traités comme des citoyens, on leur répond par les tribunaux, la prison ou l’exil forcé.

Le Hirak n’était pas une révolte : c’était un verdict C’était pour réclamer la vie. C’était un cri de dignité pour des hôpitaux, pour des universités, pour le droit de vivre et de rester chez soi

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression. Le droit de ne pas mourir écrasé dans un camion à bennes et l’État a répondu par : les arrestations, les procès politiques, les peines interminables.

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression Des dizaines de jeunes croupissent encore en prison pour avoir demandé la dignité. Voilà la vérité.

Amazigh : l’homme libre

Les Rifains ne demandent pas des privilèges. Ils demandent la reconnaissance de ce qu’ils sont : un peuple amazigh, héritier d’une histoire anticoloniale, porteur d’une vision de justice et d’égalité. Dire Amazigh, ce n’est pas un slogan identitaire.
C’est affirmer le principe fondateur de toute société moderne :
un peuple ne peut vivre digne que lorsqu’il participe à décider de son destin.

Ce qui se joue dépasse le Rif

Les crises sociales qui frappent le Maroc aujourd’hui — chômage massif, inégalités extrêmes, corruption, fuite de la jeunesse — ne sont pas des problèmes régionaux.
Elles révèlent une fracture nationale profonde.

Le Rif n’est pas en marge :
il est le miroir où se reflètent les contradictions du pays.

Et tant que la question du Rif restera traitée comme un dossier sécuritaire, tant que la parole populaire sera considérée comme une menace, tant que l’histoire d’Abdelkrim sera tue,
le Maroc restera avec une partie de lui-même brisée.

Pour une justice historique et politique

Il est temps : de reconnaître officiellement la République du Rif comme chapitre fondateur de l’histoire moderne du Maghreb, de libérer les prisonniers du Hirak, symbole d’une jeunesse refusant l’humiliation, de mettre fin à la marginalisation structurelle de la région, d’ouvrir enfin un dialogue politique national authentique sur la décentralisation, l’égalité territoriale, la dignité économique.

Parce qu’aucune construction politique durable ne peut s’appuyer sur le silence, la peur ou l’oubli.

Conclusion : le Rif est debout

Le Rif n’attend pas d’être sauvé. Le Rif n’attend pas la permission d’exister. Le Rif ne demande qu’une chose : la reconnaissance de sa place dans une histoire qu’il a contribué à construire. Le Rif ne se taira pas. Parce que le silence, c’est déjà une tombe.
Et ce peuple-là n’est pas né pour être enterré. Ce peuple porte   la mémoire.
Ce peuple porte la dignité.
Ce peuple porte la preuve qu’un autre avenir est possible. Et il  continuera.
Jusqu’à ce que justice soit faite. La dignité  d’un peuple n’est pas une revendication. C’est un droit. Et c’est ce droit que le Rif continue de défendre, debout.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le Makhzen Marocain et ses interprétations médiatiques courtisanes

À les entendre, dans l’espace médiatique du Makhzen, la question du Sahara occidental demeure l’un des sujets les plus chargés symboliquement, politiquement et historiquement. Elle cristallise passions, identités et représentations de souveraineté. Un dernier argument de propagande est désormais propagé avec force : Le Maroc constituerait par une autonomie verticale avec son Sahara marocain.

L’autre argument de propagande répété ad nauseam par les cajoleurs du Makhzen consiste à dire que le Sahara Occidental, tout bien pesé, n’existerait pas, né d’un mythe fondateur. Qu’il serait depuis toujours une terre Marocaine. 

Mais au-delà des émotions, il existe une réalité juridique et diplomatique qui ne devrait ni être ignorée, ni instrumentalisée.
Or, on observe aujourd’hui, dans une partie significative de la presse marocaine, une tendance à affirmer que les Nations unies auraient désormais adopté le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme unique cadre de règlement. Cette affirmation se répand, se répète, s’enracine – mais elle ne correspond pas aux textes.

Il est donc important de rappeler ce que disent réellement les résolutions du Conseil de sécurité, c’est-à-dire le seul cadre reconnu par la communauté internationale. Ce sont toujours les mêmes qui font aujourd’hui mine de croire que le Roi du Maroc pourrait respecter le droit international. L’expérience nous enseigne qu’aucun dictateur, saisi par l’hubris, par l’ivresse d’un pouvoir sans limite, n’est à l’abri de décisions défiant la raison. Ce vertige a conduit Hassan 2 avec sa marche verte jusqu’au Sahara Occidental 1971 pour un faire son bien. Je ne me souviens pas que les causes du conflit aient été expliquées autrement que par le désir agressif de conquête du Roi

Le langage du Conseil de sécurité : le cœur du dossier

Depuis plus de quinze ans, les résolutions du Conseil de sécurité du maintien de la paix au Sahara ont adopté une formule désormais stable.
La résolution 2703 (30 octobre 2024), comme celles qui l’ont précédée (2602, 2654, 2685), affirme :

« Le Conseil de sécurité réaffirme la nécessité d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable, mutuellement acceptable, fondée sur le compromis. »

Cette phrase est centrale. Elle constitue le cadrage diplomatique du conflit. Elle signifie trois choses essentielles : Aucune solution ne peut être imposée unilatéralement. Aucune solution n’est considérée comme acquise. Le résultat final doit être négocié.

En d’autres termes, l’ONU n’a pas tranché et ne déclare pas que le Sahara a été ou serai marocain. Elle ne déclare pas non plus qu’il doit devenir indépendant c’est au peuple Sahraoui d’en décider) Elle demande un processus, pas un verdict.

La reconnaissance du plan d’autonomie : une appréciation diplomatique, pas une validation juridique Les résolutions saluent la proposition marocaine : « Le Conseil de sécurité prend note des efforts sérieux et crédibles du Maroc. »

Cette formule signifie que le Maroc : a présenté une proposition solide, cohérente et compatible avec l'idée de compromis. Cela n’a rien d’anodin. Mais cela ne signifie pas que : le plan d’autonomie est la seule base de négociation, que l’indépendance est exclue par principe, ou que l’ONU adopte la vision marocaine du conflit.

Dire le contraire, comme le font certains éditorialistes, revient à passer de la reconnaissance de la valeur d’une proposition à l’affirmation de sa supériorité exclusive.
C’est un glissement politique, pas juridiquement fondé.

Le référendum : toujours inscrit,  Il est essentiel de rappeler que le référendum d’autodétermination n’a jamais été supprimé du cadre onusien.
Il demeure une option, théoriquement ouverte.

Mais dans les faits, l’ONU elle-même a constaté son impossibilité opérationnelle, en raison du blocage technique, non tranchable, qui a conduit l’ONU à substituer la logique du vote à celle de la négociation politique.

Ainsi : L’indépendance n’est pas juridiquement abandonnée, mais n’est plus le scénario opérationnel privilégié à ce stade.

La question du rôle de l’Algérie

Un élément évolue néanmoins dans le discours onusien récent : la mention explicite des quatre parties. Les résolutions ne parlent plus seulement de « deux parties », mais : « Le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. »

L’Algérie n’est donc plus considérée comme simple « pays voisin », mais comme un acteur nécessaire du processus politique. Cela ne veut pas dire : qu’elle doit accepter l’autonomie, ni qu’elle endosse le rôle de belligérant.

Cela veut dire : qu’aucune solution durable ne peut être trouvée sans l’Algérie. Reconnaître cela relève du réalisme, non de la concession.

Le danger du triomphalisme discursif

Que certains États soutiennent la proposition marocaine, notamment plusieurs pays africains, arabes et européens, est un fait.
Que la dynamique diplomatique évolue dans le sens d’une solution négociée plutôt qu’un référendum binaire est également un fait.

Mais transformer ces tendances en victoire définitive est un raccourci dangereux.

Pourquoi ? Parce que : Une position exagérée est aisément démontée. La crédibilité se construit sur l’exactitude, pas sur l’affirmation. La diplomatie se joue dans la nuance, jamais dans le slogan.

Le conflit du Sahara souffre déjà suffisamment de la surinterprétation, de la communication identitaire et de la simplification stratégique. L’heure n’est pas au spectacle politique, mais au travail patient et lucide.

Conclusion

Le Conseil de sécurité n’a ni tranché en faveur de l’autonomie, ni maintenu la centralité du référendum : il a installé la recherche du compromis comme seule voie crédible.

Cela implique : écouter, négocier, reconnaître les contraintes de l’autre.

Il me semble que la presse du Makhzen est appelée à faire la politique internationale, pas du récit national. La paix, la stabilité et la coopération maghrébine méritent mieux que des certitudes proclamées cela demande une maîtrise du langage diplomatique, le respect du cadre juridique, et une honnêteté intellectuelle face aux faits. Sans cela, le conflit continuera moins parce qu’il est insoluble que parce qu’il est mal raconté.

Une même fuite en avant s’observe au Maroc dans le camp royaliste. C’est un fait : le Makhzen ne sait plus argumenter autrement que par le mépris, l’injure, la diabolisation. Ce manichéisme bas de gamme est également utilisé par une partie de la politique  Il suffit d’entendre les arguments anti-Algérie rudimentaires Bourita ou de Omar Hilale  pour s’en convaincre.

A leur décharge, les courtisans du royaume qui ont une très forte impression qu'ils contribuent pour beaucoup dans le cout politique du Makhzen. Un peu comme pense le Français moyen avec le cout social de l'immigration! A chacun son ressentiment.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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