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Le Makhzen du royaume : disciple de Brigitte Bardot :
Le Makhzen du royaume : disciple de Brigitte Bardot :
Quand un
chien cuisiné pour l’Aïd devient le scandale national, c’est peut-être le signe
qu’on ne veut plus parler de ce qui ronge réellement les Marocains : la vie
chère, l’appauvrissement et le divorce entre les discours officiels et la
réalité quotidienne.
Voilà donc où nous en sommes.
Un youtubeur filme un chien cuisiné pour l’Aïd et tout
le pays s’étrangle d’indignation. Les associations protestent, les procureurs
s’activent, les médias s’emballent, les autorités se mobilisent avec une
célérité remarquable. En quelques heures, la machine institutionnelle démontre
qu’elle sait parfaitement voir, entendre et réagir.
Quelle efficacité admirable.
Il est vrai qu’un chien mort a parfois plus de chance
d’être entendu qu’un citoyen vivant.
Car derrière cette sordide affaire se cache une question
infiniment plus dérangeante : qu’est-ce qui a conduit un individu à faire du
renoncement au mouton de l’Aïd le scénario central de sa provocation ? Pourquoi
cette mise en scène trouve-t-elle un écho dans une société où des millions de
familles ont dû renoncer à un rite devenu économiquement inaccessible ?
Mais de cela, il faudrait surtout ne pas parler.
Il est tellement plus confortable de juger le monstre
que de regarder le miroir.
Depuis des mois, le citoyen marocain assiste à un
spectacle surréaliste. D’un côté, les responsables officiels rivalisent de
communiqués triomphants. Le Maroc grimpe dans les classements. Le Maroc attire
les investissements. Le Maroc construit des infrastructures. Le Maroc accumule
les distinctions internationales. Le Maroc devient une puissance émergente dans
les discours.
De l’autre côté, le consommateur découvre chaque matin
que son portefeuille, lui, n’a manifestement pas été informé de cette ascension
historique.
Le mouton devient un produit de luxe. La viande devient
un souvenir. Les fruits et légumes deviennent des objets de spéculation. Le
logement devient un privilège. L’endettement devient un mode de survie.
Mais rassurons-nous : les tableaux Excel sont
excellents.
Le génie du système est là.
Transformer la souffrance sociale en problème de
perception.
Si vous n’arrivez plus à remplir votre panier, c’est que
vous ne comprenez pas les indicateurs macroéconomiques.
Si votre salaire fond plus vite qu’un glaçon dans le
désert, c’est que vous manquez de patriotisme statistique.
Si vous ne parvenez plus à sacrifier un mouton pour
l’Aïd, c’est probablement parce que vous n’avez pas suffisamment étudié les
rapports des institutions financières internationales.
Ainsi fonctionne le miracle.
Le citoyen devient pauvre mais le pays devient riche.
Étrange alchimie où les chiffres grossissent à mesure
que les assiettes rétrécissent.
L’affaire du youtubeur révèle surtout une vérité
embarrassante : le grotesque prospère toujours sur les ruines du réel. Lorsque
la normalité devient inaccessible, l’absurde finit par prendre sa place. Quand
une fête religieuse se transforme en épreuve budgétaire, quand le pouvoir
d’achat s’effondre sous les applaudissements officiels, les provocateurs
trouvent un terrain fertile pour leurs outrances.
Le scandale n’est donc pas seulement dans la casserole.
Il est dans le système qui prétend que tout va mieux
pendant que les citoyens calculent le prix de chaque bouchée.
Naturellement, les gardiens du récit national répondront
que ces critiques sont excessives. Ils invoqueront les investissements, les
autoroutes, les ports, les statistiques et les perspectives. Ils exhiberont les
trophées économiques comme d’autres exhibent des médailles.
Mais un peuple ne mange pas des classements.
Une mère de famille ne remplit pas son réfrigérateur
avec des indicateurs de croissance.
Un retraité ne paie pas ses factures avec des
communiqués de satisfaction.
Et un jeune sans avenir ne nourrit pas son espoir avec
des graphiques.
Le plus tragique est peut-être cette fracture grandissante
entre le discours officiel et l’expérience quotidienne. Plus les difficultés
deviennent visibles, plus les célébrations deviennent grandioses. Plus la
colère monte, plus les autosatisfactions se multiplient.
Comme si la réalité devait finir par céder devant la
propagande.
Comme si répéter mille fois qu’un citoyen est heureux
pouvait remplir son assiette.
Alors oui, la vidéo du chien choque.
Mais elle choque moins que cette étrange monarchie
statistique où l’on trouve plus facilement des félicitations pour les
performances macroéconomiques que des solutions pour les performances
catastrophiques du pouvoir d’achat.
Le véritable scandale n’est pas qu’un youtubeur ait
transformé un chien en spectacle.
Le véritable scandale est qu’un pays entier soit
progressivement contraint de transformer ses renoncements en mode de vie,
pendant qu’une élite continue de célébrer ses victoires dans un banquet dont la
majorité des convives ont été exclus.
Et dans ce théâtre de l’absurde, le chien de l’Aïd n’est
pas la cause du malaise.
Il n’en est que le symptôme le plus grotesque.
A/T
À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/
« Il faut dire
les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »
https://kadertahri.blogspot.com/
Trop africain pour l’Europe, trop européen pour l’Afrique : le Makhzen Marocain et le malaise de l’identité continentale :
Il existe en
Afrique un cas d’école, presque caricatural, de ce que Frantz Fanon aurait
appelé une conscience mal à l’aise dans sa propre peau : Le Makhzen du Maroc.
Un pays solidement arrimé au continent africain par la géographie, l’histoire
et les peuples, mais dont l’imaginaire politique n’a jamais vraiment quitté la
rive nord de la Méditerranée. Être africain, pour le Makhzen, n’a jamais été un point de départ ;
tout au plus une solution de repli, activée lorsque l’Europe rappelle, avec une
froide régularité juridique, que l’Afrique commence au sud du détroit de
Gibraltar.
La tentative
d’adhésion à la Communauté économique européenne dans les années 1980 demeure
un moment de vérité. Non pas une simple erreur de calcul technocratique, mais
un aveu politique brutal : le Maroc ne se voyait pas comme une puissance
africaine à part entière, mais comme un Européen empêché. Le rejet de 1987 n’a
fait que confirmer une hiérarchie mentale déjà bien installée : l’Europe comme
horizon naturel, l’Afrique comme voisinage contraignant. Dès lors, le Royaume
s’est appliqué à devenir le meilleur élève non admis de l’Union européenne docile,
utile, indispensable, mais jamais invité à s’asseoir à la table.
Pendant ce
temps, l’Afrique attendait. Ou plutôt, elle avançait sans lui. Le retrait du
Maroc de l’Organisation de l’unité africaine en 1984 constitue sans doute l’un
des gestes les plus éloquents de cette fuite continentale. Quitter
l’Afrique institutionnelle pendant plus de trois décennies, c’est faire un
choix clair : celui de l’isolement volontaire, du mépris feutré pour les
mécanismes panafricains jugés inefficaces, bruyants ou indignes d’un État
tourné vers des partenaires « sérieux ». Peu importe que le
différend du Sahara serve de justification ; aucun désaccord, aussi grave
soit-il, ne légitime une absence aussi longue sans révéler un malaise plus
profond.
Et puis vint
le retour, en 2017. Un retour soigneusement mis en scène, salué par des
discours lyriques sur la « famille africaine retrouvée ». Mais l’Afrique
n’est pas dupe. On ne quitte pas une maison pendant trente ans pour y revenir
en investisseur. Car c’est bien ainsi que le Maroc aborde aujourd’hui le
continent : en banquier, en assureur, en entrepreneur, rarement en
compagnon de lutte. L’Afrique est visitée, évaluée, financée, exploitée parfois
— mais rarement aimée politiquement.
La
coopération Sud-Sud vantée à longueur de communiqués ressemble souvent à un paternalisme
bien habillé, où le Maroc se présente comme un intermédiaire « plus fiable
» entre l’Afrique et l’Europe. Une Afrique utile, rentable, diplomatiquement
alignée sur les priorités marocaines — notamment lorsqu’il s’agit de rallier
des soutiens sur le dossier du Sahara — mais une Afrique encore trop souvent
considérée comme un marché à conquérir plutôt qu’un projet à construire
collectivement.
L’ironie
atteint son sommet dans la relation maroco-européenne. Le Makhzen se plaint de
ne jamais être pleinement accepté par l’Europe, tout en acceptant sans broncher
d’en devenir le sous-traitant sécuritaire : gardien des frontières,
filtre migratoire, gendarme régional. Il protège la forteresse européenne contre
les Africains subsahariens, ses propres frères de continent, dans l’espoir
persistant d’une reconnaissance qui ne viendra jamais. Être africain quand il
s’agit de bloquer des migrants, être quasi-européen quand il s’agit de commerce
: voilà la gymnastique identitaire.
Dans cette
configuration, l’africanité du Makhzen apparaît comme conditionnelle et instrumentale.
Elle s’active lorsque l’Europe ferme ses portes, lorsque les marchés africains
deviennent attractifs, ou lorsque le soutien diplomatique du continent devient
indispensable. Elle se fait discrète lorsque l’Afrique parle d’intégration
politique, de souveraineté collective ou de rupture avec les dépendances
postcoloniales.
Le cas
marocain n’est pas isolé, certes, mais il est exemplaire. Il incarne cette
tragédie postcoloniale où certaines élites africaines préfèrent être des
partenaires mineurs de l’Europe plutôt que des acteurs majeurs de l’Afrique.
Tant que l’Afrique restera, dans les imaginaires politiques, une option
secondaire, elle continuera d’être traitée comme telle fragmentée,
instrumentalisée, reléguée.
Le Makhzen du Maroc aime rappeler qu’il est un « pont
» entre l’Europe et l’Afrique. Mais un pont n’est jamais une destination. Et
l’histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant les deux pieds sur le continent
africain, ont passé leur temps à regarder ailleurs.
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur
inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
CAN.2025 : Le Makhzen dans sa fièvre de Mensonge, fièvre de Corruption :
l’obsession
du pouvoir pour le football comme outil de prestige et de diversion, au
détriment des urgences vitales : santé, éducation, logement et dignité humaine.
Derrière les stades flambant neufs et les trottoirs repeints à la hâte se
dessine un choix politique assumé : privilégier l’image internationale et le
spectacle de masse plutôt que la vie réelle des citoyens. Une critique frontale
d’un modèle de développement fondé sur la vitrine, la communication et l’oubli
organisé des plus vulnérables.
Le Makhzen du Maroc avait tout misé dans le football pour en faire un opium du peuple. Mais, cette
drogue est tellement forte et le Makhzen tellement obstiné d’essayer d’en faire quelque chose d’utile
pour sortir avec une belle vitrine pour le Maroc. Mais le Maroc n’a pas réussi
à emporter cette coupe, La baraka du mensonge et de la corruption n’a
été de retour, Le tout dans une ambiance de délire collectif, à la fois triste
et agressif. On avait envie plus de les plaindre que de les punir.
Quelque chose
de l’épidémie dansante royale a envahi les âmes de ces pauvres diables. A
croire que l’âme marocaine est malade, mentalement malade. Qui l’a rendu
malade ? La corruption fragrante, le mensonge royal et la prostitution à grande échelle. Il s’agit d’un cas clinique.
Le Maroc ne joue pas au football : il l’exploite. Il ne gagne pas par le
génie sportif, mais par l’efficacité d’un système qui sait recruter les bons
cadres… à condition qu’ils soient dociles, corrompus ou parfaitement alignés.
La vraie question n’est donc pas de savoir comment
le Maroc réussit dans le football, mais pourquoi
cette compétence miraculeuse disparaît dès qu’il s’agit d’éducation, de santé
ou de justice sociale.
Car enfin, comment expliquer qu’un État capable
de sortir des stades en douze mois soit incapable de sauver des hôpitaux
laissés à l’agonie depuis des décennies ? Comment justifier qu’on refasse
trottoirs, avenues et façades entières pour un match de football, pendant que
les sinistrés du séisme de Marrakech croupissent encore dans l’attente d’un
logement digne, noyés sous les promesses et les communiqués ?
Ce n’est pas une contradiction. C’est un choix
politique. Clair. Brutal. Assumé.
Les élites ont tranché : le spectacle avant le
soin, la vitrine avant la vie, l’image avant l’humain. Une voie non inclusive,
profondément inégalitaire, et dont l’efficacité économique relève du mythe. Car
le « décollage » tant promis n’est jamais venu. Les analystes sérieux le savent
; seuls les touristes émerveillés et les journalistes pressés continuent de
confondre un aéroport clinquant avec le développement, un stade moderne avec la
prospérité.
Nous vivons une époque dure, violente, dominée
par les rapports de force. Le monde ne récompense plus la douceur, mais l’image
de puissance. Le football est devenu un outil politique global, une arme de
diversion massive. Il passe avant tout. Avant l’école. Avant l’hôpital. Avant
la dignité et dans cette logique-là, il n’y a pas de citoyens : il n’y a que
des figurants.
Malheur aux vaincus !
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur
inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen
Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen
Il y a dans
les montagnes du Rif une mémoire que nul pouvoir central n’a réussi à effacer.
Une mémoire rebelle, forgée dans la résistance contre l’occupation, contre
l’autoritarisme, et contre l’effacement politique. Une mémoire qui dit : dignité,
justice, liberté.
C’est cette mémoire qui a donné naissance, en 1923, à la République du Rif,
sous la direction de l’émir Abdelkrim El Khattabi — première tentative moderne
d’autodétermination dans le Maghreb. Elle fut écrasée par les puissances
coloniales, avec la complicité du Makhzen. Mais elle n’a jamais cessé d’exister
dans les consciences.
Aujourd’hui,
le Rif n’a pas oublié.
Un peuple
marginalisé dans son propre pays
Depuis
l’indépendance, la région du Rif est traitée non comme une composante du pays,
mais comme un sujet à surveiller.
Les investissements y sont faibles, l’accès aux infrastructures limité, le
chômage massif, l’émigration presque une nécessité.
Dans les villages de l’arrière-pays, l’école manque, l’hôpital manque, l’avenir
manque.
Et lorsque
les jeunes demandent simplement d’être traités comme des citoyens, on
leur répond par les tribunaux, la prison ou l’exil forcé.
Le Hirak n’était pas une révolte : c’était un verdict C’était
pour réclamer la vie. C’était un cri de dignité pour des hôpitaux, pour
des universités, pour le droit de vivre et de rester chez soi
Ce cri a été
accueilli par le silence, puis par la répression. Le droit de ne pas mourir
écrasé dans un camion à bennes et l’État a répondu par : les arrestations, les
procès politiques, les peines interminables.
Ce cri a été
accueilli par le silence, puis par la répression Des dizaines de jeunes
croupissent encore en prison pour avoir demandé la dignité. Voilà la
vérité.
Amazigh :
l’homme libre
Les Rifains
ne demandent pas des privilèges. Ils demandent la reconnaissance de ce qu’ils
sont : un peuple amazigh, héritier d’une histoire anticoloniale, porteur d’une
vision de justice et d’égalité. Dire Amazigh, ce n’est pas un slogan
identitaire.
C’est affirmer le principe fondateur de toute société moderne :
un peuple ne peut vivre digne que lorsqu’il participe à décider de son destin.
Ce qui se joue dépasse le Rif
Les crises
sociales qui frappent le Maroc aujourd’hui — chômage massif, inégalités
extrêmes, corruption, fuite de la jeunesse — ne sont pas des problèmes
régionaux.
Elles révèlent une fracture nationale profonde.
Le Rif n’est
pas en marge :
il est le miroir où se reflètent les contradictions du pays.
Et tant que
la question du Rif restera traitée comme un dossier sécuritaire, tant que la
parole populaire sera considérée comme une menace, tant que l’histoire
d’Abdelkrim sera tue,
le Maroc restera avec une partie de lui-même brisée.
Pour une justice historique et politique
Il est temps
: de reconnaître officiellement la République du Rif comme chapitre
fondateur de l’histoire moderne du Maghreb, de libérer les prisonniers du
Hirak, symbole d’une jeunesse refusant l’humiliation, de mettre fin à la
marginalisation structurelle de la région, d’ouvrir enfin un dialogue
politique national authentique sur la décentralisation, l’égalité
territoriale, la dignité économique.
Parce
qu’aucune construction politique durable ne peut s’appuyer sur le silence, la
peur ou l’oubli.
Conclusion : le Rif est debout
Le Rif
n’attend pas d’être sauvé. Le Rif n’attend pas la permission d’exister. Le Rif
ne demande qu’une chose : la reconnaissance de sa place dans une histoire qu’il
a contribué à construire. Le Rif ne se taira pas. Parce que le silence, c’est
déjà une tombe.
Et ce peuple-là n’est pas né pour être enterré. Ce peuple porte la
mémoire.
Ce peuple porte la dignité.
Ce peuple porte la preuve qu’un autre avenir est possible. Et il continuera.
Jusqu’à ce que justice soit faite. La dignité d’un peuple n’est pas une revendication. C’est
un droit. Et c’est ce droit que le Rif continue de défendre, debout.
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
Le Makhzen Marocain et ses interprétations médiatiques courtisanes
À les
entendre, dans l’espace médiatique du Makhzen, la question du Sahara
occidental demeure l’un des sujets les plus chargés symboliquement,
politiquement et historiquement. Elle cristallise passions, identités et
représentations de souveraineté. Un dernier argument de propagande
est désormais propagé avec force : Le Maroc constituerait par une
autonomie verticale avec son Sahara marocain.
L’autre
argument de propagande répété ad nauseam par les
cajoleurs du Makhzen consiste à dire que le Sahara Occidental, tout bien pesé,
n’existerait pas, né d’un mythe fondateur. Qu’il serait depuis toujours une
terre Marocaine.
Mais au-delà
des émotions, il existe une réalité juridique et diplomatique qui ne devrait ni
être ignorée, ni instrumentalisée.
Or, on observe aujourd’hui, dans une partie significative de la presse
marocaine, une tendance à affirmer que les Nations unies auraient désormais adopté
le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme unique cadre de règlement.
Cette affirmation se répand, se répète, s’enracine – mais elle ne correspond
pas aux textes.
Il est donc
important de rappeler ce que disent réellement les résolutions du Conseil de
sécurité, c’est-à-dire le seul cadre reconnu par la communauté
internationale. Ce sont toujours les mêmes qui font aujourd’hui mine de croire
que le Roi du Maroc pourrait respecter le droit international. L’expérience
nous enseigne qu’aucun dictateur, saisi par l’hubris, par l’ivresse d’un
pouvoir sans limite, n’est à l’abri de décisions défiant la raison. Ce vertige
a conduit Hassan 2 avec sa marche verte jusqu’au Sahara Occidental 1971 pour un
faire son bien. Je ne me souviens pas que les causes du conflit aient été expliquées
autrement que par le désir agressif de conquête du Roi
Le langage du Conseil de sécurité : le cœur du dossier
Depuis plus
de quinze ans, les résolutions du Conseil de sécurité du maintien de la paix au
Sahara ont adopté une formule désormais stable.
La résolution 2703 (30 octobre 2024), comme celles qui l’ont précédée (2602,
2654, 2685), affirme :
« Le
Conseil de sécurité réaffirme la nécessité d’une solution politique réaliste,
pragmatique et durable, mutuellement acceptable, fondée sur le compromis. »
Cette phrase
est centrale. Elle constitue le cadrage diplomatique du conflit. Elle signifie
trois choses essentielles : Aucune solution ne peut être imposée
unilatéralement. Aucune solution n’est considérée comme acquise. Le résultat
final doit être négocié.
En d’autres termes, l’ONU n’a pas tranché et ne déclare pas que le Sahara a été ou serai marocain. Elle ne déclare pas non plus qu’il doit devenir indépendant c’est au peuple Sahraoui d’en décider) Elle demande un processus, pas un verdict.
La reconnaissance du plan d’autonomie : une
appréciation diplomatique, pas une validation juridique Les résolutions saluent
la proposition marocaine : « Le Conseil de sécurité prend note des efforts
sérieux et crédibles du Maroc. »
Cette
formule signifie que le Maroc : a présenté une proposition solide, cohérente et
compatible avec l'idée de compromis. Cela n’a rien d’anodin. Mais cela ne
signifie pas que : le plan d’autonomie est la seule base de négociation, que
l’indépendance est exclue par principe, ou que l’ONU adopte la vision marocaine
du conflit.
Dire le
contraire, comme le font certains éditorialistes, revient à passer de la
reconnaissance de la valeur d’une proposition à l’affirmation de sa supériorité
exclusive.
C’est un glissement politique, pas juridiquement fondé.
Le
référendum : toujours inscrit, Il est
essentiel de rappeler que le référendum d’autodétermination n’a jamais été
supprimé du cadre onusien.
Il demeure une option, théoriquement ouverte.
Mais dans
les faits, l’ONU elle-même a constaté son impossibilité opérationnelle, en
raison du blocage technique, non tranchable, qui a conduit l’ONU à substituer
la logique du vote à celle de la négociation politique.
Ainsi : L’indépendance
n’est pas juridiquement abandonnée, mais n’est plus le scénario opérationnel
privilégié à ce stade.
La question du rôle de l’Algérie
Un élément
évolue néanmoins dans le discours onusien récent : la mention explicite des quatre
parties. Les résolutions ne parlent plus seulement de « deux parties », mais : «
Le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. »
L’Algérie
n’est donc plus considérée comme simple « pays voisin », mais comme un
acteur nécessaire du processus politique. Cela ne veut pas dire : qu’elle doit
accepter l’autonomie, ni qu’elle endosse le rôle de belligérant.
Cela veut
dire : qu’aucune solution durable ne peut être trouvée sans l’Algérie. Reconnaître
cela relève du réalisme, non de la concession.
Le danger du triomphalisme discursif
Que certains États soutiennent la proposition
marocaine, notamment plusieurs pays africains, arabes et européens, est un
fait.
Que la dynamique diplomatique évolue dans le sens d’une solution négociée
plutôt qu’un référendum binaire est également un fait.
Mais
transformer ces tendances en victoire définitive est un raccourci dangereux.
Pourquoi ? Parce
que : Une position exagérée est aisément démontée. La crédibilité se construit
sur l’exactitude, pas sur l’affirmation. La diplomatie se joue dans la nuance,
jamais dans le slogan.
Le conflit
du Sahara souffre déjà suffisamment de la surinterprétation, de la communication
identitaire et de la simplification stratégique. L’heure n’est pas au spectacle
politique, mais au travail patient et lucide.
Conclusion
Le Conseil
de sécurité n’a ni tranché en faveur de l’autonomie, ni maintenu la centralité
du référendum : il a installé la recherche du compromis comme seule voie
crédible.
Cela
implique : écouter, négocier, reconnaître les contraintes de l’autre.
Il me semble
que la presse du Makhzen est appelée à faire la politique internationale, pas
du récit national. La paix, la stabilité et la coopération maghrébine méritent
mieux que des certitudes proclamées cela demande une maîtrise du langage
diplomatique, le respect du cadre juridique, et une honnêteté intellectuelle
face aux faits. Sans cela, le conflit continuera moins parce qu’il est
insoluble que parce qu’il est mal raconté.
Une même
fuite en avant s’observe au Maroc dans le camp royaliste. C’est un fait :
le Makhzen ne sait plus argumenter autrement que par le mépris, l’injure, la
diabolisation. Ce manichéisme bas de gamme est également utilisé par une partie
de la politique Il suffit d’entendre les
arguments anti-Algérie rudimentaires Bourita ou de Omar Hilale pour s’en convaincre.
A leur décharge, les courtisans du royaume qui ont une très
forte impression qu'ils contribuent pour beaucoup dans le cout politique du
Makhzen. Un peu comme pense le Français moyen avec le cout social de
l'immigration! A chacun son ressentiment.
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
Sahara occidental : Le piège de Rabat reconnaître ce qu’il nie !
Présentée
comme une victoire pour le Maroc, la dernière résolution de l’ONU sur le Sahara
occidental s’est en réalité transformée en un retour au droit international et
au principe d’autodétermination. Derrière la rhétorique triomphaliste, Rabat se
retrouve piégé par le cadre juridique qu’il croyait pouvoir manipuler, tandis
que l’Algérie et ses alliés replacent le dossier dans sa nature première :
celle d’une décolonisation inachevée.
Une victoire de façade, une
défaite de fond
Les médias
proches du pouvoir marocain ont salué la résolution du Conseil de sécurité
comme une confirmation implicite de la “marocanité” du Sahara. Mais une lecture
attentive du texte montre tout le contraire.
Sous la pression discrète mais efficace de l’Algérie et de ses alliés — Russie,
Chine et pays du Mouvement des non-alignés —, le langage juridique du
document a été profondément modifié :
- Le plan d’autonomie marocain n’est
plus présenté comme “la seule solution réaliste”, mais comme “une base
réaliste de négociation”.
- Le droit à
l’autodétermination du peuple sahraoui a été réaffirmé.
- Le mandat de la MINURSO
a été prolongé, confirmant le statut de territoire non autonome du
Sahara occidental.
Derrière ces
ajustements se cache un véritable renversement diplomatique : le Maroc
croyait verrouiller le dossier, il l’a rouvert.
Le droit international, l’arme
du peuple sahraoui
Depuis
l’avis de la Cour internationale de Justice (1975), la position du droit
international est sans équivoque : les liens historiques évoqués par Rabat
n’équivalent pas à une souveraineté.
La résolution 1514 (XV) de 1960, sur la décolonisation, érige le droit à
l’autodétermination en norme impérative du droit international public.
Ainsi, aucune formule politique — fût-elle habillée d’autonomie — ne peut
annuler le droit d’un peuple à décider librement de son avenir.
Cette base
juridique solide, souvent éclipsée par la propagande, est redevenue le terrain
principal du combat sahraoui et de la diplomatie algérienne.
Le Sahara occidental n’est pas une “région” marocaine : c’est un territoire
en attente de décolonisation, reconnu comme tel par les Nations Unies.
L’intelligence diplomatique
d’Alger : du rapport de force à la légitimité
Alors que
Rabat misait sur le soutien américain et la reconnaissance de Trump en 2020, l’Algérie
a choisi la patience et la cohérence.
En s’appuyant sur ses relations solides à l’Est et au Sud, elle a réussi à transformer
un projet pro-marocain en un texte onusien équilibré, fondé sur la
légitimité internationale.
Cette
diplomatie du droit a replacé le débat sur le terrain des principes, non des
pressions.
Le résultat est sans appel : la communauté internationale ne reconnaît pas la
souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et toute solution devra
passer par une consultation libre du peuple sahraoui.
Le discours royal : une
manœuvre de repli
Le roi
Mohammed VI, dans son discours suivant la publication de la résolution, a
appelé à “tendre la main” à l’Algérie. Derrière ce ton d’apaisement se cache
une tentative d’anticiper les conséquences politiques du texte onusien.
Mais Alger a répondu par la constance : “Nous ne négocions pas sur un
territoire qui ne nous appartient pas.”
Cette position ferme renvoie le Maroc à son seul choix possible : reconnaître
et négocier avec les représentants légitimes du peuple sahraoui
Le piège de Rabat :
reconnaître ce qu’il nie
En se
réjouissant trop vite, le Maroc est tombé dans sa propre embuscade.
Accepter de revenir à la table des négociations, c’est reconnaître le Front
Polisario comme interlocuteur légitime. Admettre le cadre onusien, c’est
accepter que l’indépendance soit une option possible. Et prolonger le
mandat de la MINURSO, c’est reconnaître implicitement que le territoire n’est
pas marocain.
Ainsi, la
“victoire diplomatique” s’est muée en défaite stratégique : Rabat doit
désormais dialoguer avec ceux qu’il prétend ne pas exister.
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
Maroc : le Royaume-spectacle se raconte et un peu trop mal.
Le 31
octobre 2025, l’ONU aurait, selon la communication officielle, « consacré la
vision marocaine » dans le dossier du Sahara. Une victoire diplomatique,
nous dit-on, une leçon de leadership. Mais derrière l’enthousiasme, se cache
une réalité plus inquiétante : le Maroc se raconte comme une légende et se
regarde dans un miroir sans taches.
La grandeur proclamée devient un écran, et le patriotisme, un instrument de
docilité.
On nous dit que le Maroc est une école de leadership.
Soit. Mais quelle école célèbre la parole unique, la pensée alignée, la
victoire sans débat ?
On nous parle de vision, de destin, de momentum ; on oublie la sueur des
invisibles, la colère des exclus, le silence imposé à ceux qui osent
questionner la « cause sacrée ».
Ce n’est pas une école de leadership, c’est une cathédrale de courtisans.
Le Maroc mérite mieux que la mise en scène de sa propre gloire : il mérite la
vérité, la justice, et la liberté d’écrire son avenir autrement qu’en hymne au
trône.
Au citoyen,
on lui intime de célébrer un « leadership
à ciel ouvert », il suffit de proclamer la grandeur pour qu’elle
devienne vérité officielle. Il suffit d’un vote à l’ONU pour effacer cinquante
ans d’ambiguïté politique. Il suffit d’une plume inspirée pour transformer la
politique en religion, la monarchie en prophétie, et la nation en procession
d’admirateurs.
La presse
sert un pays triomphant, un Royaume debout, une « vision »
qui illumine les consciences du nord au sud… en oubliant de préciser que seul
le Roi dispose des lunettes pour la contempler. Car ce leadership qu’on
glorifie tant n’est pas une école : c’est un catéchisme. Et les citoyens
marocains seraient des mauvais élèves s’ils
osaient lire autre chose que le manuel sacré.
Patriotisme ou loyalisme ?
Depuis ce
fameux vote, un parfum d’auto-congratulation flotte sur le Royaume.
Les tribunes s’enchaînent, les mots se répètent : vision, constance, foi,
destin. Le Maroc, dit-on, serait devenu une « école de leadership à
ciel ouvert ».
Mais à y
regarder de près, cette célébration tient davantage de la liturgie que du
débat.
Le leadership vanté n’est pas un partage de pouvoir, c’est une verticalité
absolue.
Un récit mythologique où le Roi incarne la clairvoyance, le peuple la ferveur,
et l’histoire une marche triomphale vers la reconnaissance universelle.
Cette
glorification n’enseigne rien : elle anesthésie. Elle transforme la politique
en religion d’État, où contester revient à blasphémer.
Le sujet de
la presse nous explique que l’Histoire n’a qu’une trajectoire, une marche —
verte, forcément verte — tracée par les monarques éclairés. Les peuples
marchent, eux ne font qu’obéir. L’unité nationale devient soumission, le devoir
se confond avec la déférence. Au Maroc, aimer son pays revient à aimer son Roi
— ne pas confondre, malheureux !
Mais le patriotisme
n’est pas une liturgie. Il n’est pas dans les défilés, ni dans les grands
discours de victoire. Il est dans la capacité à douter, à interpeller,
à corriger. Or ici, douter est une faute. Interroger est une menace. Et
corriger un crime. Ce pays n’a pas besoin d’apôtres du leadership : il a besoin
de citoyens.
Le leadership véritable commence où s’arrête la mise
en scène
Quelle
étrangeté que ce mot, « leadership », ressassé trois fois par
paragraphe jusqu’à en perdre toute substance. Peut-être veut-on nous faire
oublier ce qu’il implique vraiment : responsabilité, recevabilité, transparence
— bref, tout ce que ce texte esquive avec soin.
Le mot « leadership
» est devenu le totem de la rhétorique royale. On le répète à l’infini comme
pour conjurer l’absence de participation réelle. Mais que vaut un leadership
sans démocratie ?
Un leadership sans responsabilité, sans transparence, sans critique ?
Les grandes
décisions descendent du sommet, les félicitations remontent du bas.
La machine fonctionne à merveille : chacun connaît son rôle, personne ne pose
de questions.
Pendant qu’on s’enorgueillit des victoires diplomatiques,
les journalistes sont incarcérés (Il me suffit de dire que le Plus
vieux détenu politique de la planète est marocain, Me Ziane 83 ans.) les
enseignants manifestent, les jeunes diplômés fuient le pays et les régions
entières attendent encore d’être écoutées.
Ce n’est pas
du leadership : c’est de l’illusionnisme politique dans une époque qui est à la
mise en scène. Le Maroc ne gouverne plus : il communique.
Chaque événement devient un momentum, chaque projet une « vision
royale », chaque succès sportif une preuve de génie national. Mais cette
communication permanente a un coût : celui de la vérité. Les fractures
sociales, le chômage endémique, les inégalités régionales, la pauvreté
silencieuse — tout cela disparaît sous le vernis du storytelling
national. La politique s’efface derrière le marketing. Et le citoyen, lui,
devient un consommateur d’illusions patriotiques.
Le triomphe des courtisans
Le Palais officiel
parle d’une « dream team royale ».
Tout est dit : nous ne sommes plus dans une communauté politique, mais dans une
cour.
Le Maroc n’est plus une agora : c’est une loge d’admiration. Les courtisans se
succèdent à la télévision pour tresser lauriers et hyperboles.
Le courage intellectuel, lui, se tait ou s’exile. Et dans ce vacarme de
louanges, le peuple devient spectateur d’une grandeur qu’il ne ressent plus. Une
nation sans contradiction est une nation qui se prive de vitalité. Le
pluralisme n’est pas un luxe : c’est un acte de santé publique.
Le Maroc des marges : le seul leadership qui vaille
Heureusement,
un autre Maroc existe — hors du champ des caméras. Celui des travailleurs
précaires, des enseignants en lutte, des jeunes qui inventent sans moyens, des
associations locales qui résistent à l’asphyxie bureaucratique.
Un Maroc invisible mais vivant, indocile, créatif. C’est là que se construit le
leadership réel :
dans la désobéissance constructive, la pensée libre, la dignité quotidienne.
Pas dans les discours calibrés ni les communiqués d’autosatisfactions.
Quel est le
problème si la décision revient, en fin de compte, au référendum. C’est aux
sahraoui de choisir entre indépendance et autonomie.
Le Maroc n’a rien gagné ici. Inscrire l’autonomie
comme une « option » de vote pour les sahraoui n’a rien
d’une victoire pour le Maroc. Bien au contraire, il s’agit plutôt d’une
propagande pour masquer un échec, car le makhzen voulait inscrire « l’autonomie »
comme seule et unique option.
L’autodétermination reste donc la solution
intangible.
Alors que
l’on cesse de vendre aux Marocains une grandeur importée par communiqué
diplomatique. Que l’on accepte enfin que le Maroc a besoin de débats, de
pluralisme, de liberté. Que la fierté
nationale ne soit plus synonyme d’allégeance.
Car le
véritable leadership marocain n’appartient pas aux monarques — il appartient à
ceux qui refusent d’être spectateurs de leur propre histoire.
En répétant, sous des formes pseudo-journalistiques,
les mêmes narrations négatives, ces médias finissent par façonner un imaginaire
collectif où l’Algérie serait un acteur du passé, et le Maroc, un modèle
d’avenir.
Cette mécanique, typique de la guerre informationnelle moderne, repose moins
sur le mensonge direct que sur la distorsion du réel, la dramatisation et la
répétition. On sait de nos voisins du Maroc, c'est toute leur
culture historique qui s'exprime ainsi et tous les sous-entendus de leur
stratégie du chaos et leur idéologie monarchiste... Ce n'est pas brillant, bien
que la bêtise soit inouïe, la boucle du Roi est bouclée. !
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/



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