Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Affichage des articles dont le libellé est Netanyahu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Netanyahu. Afficher tous les articles

Rafah : Encore du hasbara sous faux drapeau pour la reprise d’une guerre

Les images et les communiqués se succèdent à un rythme implacable : des militants attaquent des forces israéliennes près de Rafah, l’armée riposte par des frappes, et le gouvernement évoque la nécessité « d’agir avec force ». Les affrontements récents à Rafah ont ranimé le danger d’une escalade et aggravent une crise humanitaire déjà dramatique. Cette tribune demande la transparence sur les incidents, des enquêtes internationales impartiales et l’ouverture inconditionnelle des points de passage en priorité Rafah  pour permettre l’acheminement d’aide et la protection des civils. Appel concret à des actions immédiates et vérifiables des garants du cessez-le-feu.

Les militants attaquants appartenaient-ils au Hamas ou à un autre groupe militant ?

Certains bénéficiaient du soutien israélien.

Opération sous faux drapeau ?

Le Hamas n'est pas autorisé à gouverner Gaza et est tenu de désarmer. Alors, qui sera responsable du maintien d'un minimum d'ordre public et de la non-violation du cessez-le-feu ? Israël croit-il vraiment que l'anarchie totale apportera la sécurité ?

Où sont les forces internationales censées protéger les Palestiniens des agressions israéliennes constantes et coordonner l'aide et les abris pour l'hiver qui approche ?

Netanyahou ne devrait pas être autorisé à fermer le point de passage de Rafah comme bon lui semble. Il ne devrait y avoir aucune restriction de passage.

Tous les points de passage de Gaza doivent être ouverts et une aide humanitaire illimitée doit y entrer.

Ces faits, violences, décisions politiques et conséquences humanitaires  sont documentés et doivent être dénoncés lorsqu’ils frappent des populations civiles. Mais la gravité de la situation exige aussi rigueur et responsabilité dans nos accusations : réclamer la transparence ne doit pas se transformer en propagande inverse qui affaiblit la lutte pour la vérité et la protection des innocents.

Le contexte s’est encore compliqué par des déclarations publiques très lourdes de sens. Les États-Unis ont fait part de rapports selon lesquels le Hamas envisagerait des actions susceptibles de rompre le cessez-le-feu, notamment des attaques contre des civils à Gaza des allégations que le Hamas a formellement démenties. Parallèlement, ces derniers jours ont vu de violents affrontements entre les forces du Hamas et des combattants armés locaux ; certains opposants au Hamas interprètent ces incidents comme une tentative d’intimidation ou de prise de contrôle du terrain avant l’arrivée d’une force arabe ou internationale. Ces dynamiques internes à Gaza rendent la situation encore plus dangereuse pour les civils et rendent la vérification des faits plus complexe.

La rhétorique internationale ne rassure guère. Des élus et des responsables cités publiquement ont prononcé des phrases qui attisent la peur et justifient l’escalade : certains mettent en garde contre des actions supposées du Hamas et plaident pour une réponse militaire si le cessez-le-feu était violé.

D’autres tiennent des propos qui semblent accuser d’avance les Palestiniens de nouvelles violences. Ces discours alimentent l’anxiété et réduisent l’espace pour des mesures de désescalade et d’aide humanitaire.

On entend aussi, dans les commentaires politiques et populaires, des accusations plus larges : que les États-Unis et Israël chercheraient un prétexte pour reprendre les opérations  que l’objectif réel serait le contrôle de Gaza et l’élimination d’une autorité palestinienne autonome. Ce type d’interprétation exprime une suspicion légitime après des mois de violences et d’interventions extérieures, mais elle doit être distinguée des faits avérés. Les affirmations graves complots, manipulations planifiées  exigent des preuves documentées. Sans preuves publiques, elles restent des hypothèses politiques puissantes mais non vérifiées.

Le bilan humain, en revanche, est tangible et insoutenable : centres de soins saturés, populations privées d’accès régulier à l’aide, points de passage fermés. Les chiffres diffusés par les autorités sanitaires de Gaza circulent largement et attestent d’un coût humain massif ; ces chiffres sont contestés par d’autres acteurs, mais ils sont le reflet d’une catastrophe humanitaire dont les victimes sont réelles.

Pendant ce temps, l’appel de certains responsables internationaux à « protéger la population de Gaza » sonne parfois comme une hypocrisie si l’on ne voit pas d’action concrète pour ouvrir Rafah, lever les blocages et permettre l’acheminement inconditionnel d’aide.

La responsabilité première, aujourd’hui, doit être humanitaire : comment protéger les civils maintenant ? L’ouverture inconditionnelle des points de passage, notamment Rafah, et le déploiement immédiat de couloirs humanitaires sont indispensables. Les autorités qui garantissent le cessez-le-feu  États médiateurs et organisations internationales  doivent exiger l’accès sans entrave des ONG, la livraison d’aide et la réparation urgente des infrastructures civiles. La protection des civils ne peut être subordonnée à des revirements politiques ou à des logiques de vengeance.

Parallèlement, il faut des réponses politiques et judiciaires :

  • Si des groupes armés à l’intérieur de Gaza commettent des exactions contre des civils, ces actes doivent être documentés et poursuivis par des mécanismes impartiaux.
  • Si des gouvernements ou des forces ont utilisé un incident comme prétexte pour reprendre des opérations disproportionnées, cela doit faire l’objet d’enquêtes indépendantes, avec publication des preuves et responsabilité des responsables.

Les accusations de manipulation  qu’elles ciblent des gouvernements, des groupes armés ou des relais médiatiques  doivent être traitées sérieusement, mais sur la base de preuves. Répéter des allégations sans vérification affaiblit la campagne pour la responsabilité et fournit des munitions à ceux qui veulent faire taire la critique légitime. À l’inverse, exiger des enquêtes forensiques, des vidéos horodatées, des témoignages indépendants et des analyses d’experts est la voie la plus solide pour établir la vérité et obtenir justice.

Sur le plan politique, la rhétorique incendiaire comparaison historiques extrêmes, déshumanisation collective, appels à la vengeance  ne fera qu’alimenter une haine qui nourrira les générations futures. La critique d’une politique ou d’un gouvernement est légitime et nécessaire ; elle perd sa force quand elle glisse vers l’outrance qui empêche le dialogue, la mise en place de mécanismes de réparation et la construction d’alternatives politiques. Si notre objectif est d’empêcher une « guerre sans fin », il faut privilégier des arguments documentés, des appels juridiques et des revendications humanitaires claires.

C'est toujours de la tricherie. Les États-Unis et Israël cherchent une excuse pour reprendre la guerre. L'objectif, c'est Gaza. Ils veulent Gaza. Ils ne veulent pas d'autorité palestinienne là-bas. Ce que je trouve aussi répugnant et cynique, c'est leur façon de prétendre se soucier des Gazaouis alors qu'Israël (avec l'aide massive des États-Unis) a assassiné des dizaines de milliers de civils. C'est écœurant.

Les États-Unis devraient rappeler à Israël de respecter sa part de l'accord, d'ouvrir le point de passage de Rafah et d'autoriser l'acheminement de l'aide. Ils restent complices et silencieux lorsque les Israéliens tirent sur des familles palestiniennes désarmées et qu'Israël retient l'aide sous prétexte de ne pas restituer les corps des otages israéliens. De toute évidence, pour les États-Unis, même un cadavre israélien a plus de valeur que la vie de Palestiniens innocents.

Que demander, donc, aujourd’hui ? Trois priorités concrètes :

Accès humanitaire immédiat et illimité : ouvrir Rafah et tous les points de passage, lever les obstacles à l’acheminement des secours et autoriser les équipes médicales à travailler.

Enquête indépendante et transparente : que les incidents armés récents y compris les affrontements internes à Gaza et les attaques signalées contre des forces — fassent l’objet d’expertises impartiales, publiques et vérifiables.

Garantie de protection des civils : mise en place de couloirs humanitaires, surveillance indépendante du cessez-le-feu et sanctions ciblées en cas de violations prouvées.

Enfin, demandons aux garants internationaux y compris les États-Unis et les autres puissances impliquées de traduire leurs paroles en actes : rappeler les parties à leurs obligations, exiger l’ouverture des passages, soutenir les enquêtes indépendantes et veiller à ce que l’aide parvienne à ceux qui en ont besoin. La méfiance et la colère sont compréhensibles ; elle ne doit cependant pas empêcher de construire une stratégie réaliste pour protéger des vies et mettre un terme à l’alternance infernale d’escalade et de souffrance.

Exiger la vérité, protéger les civils et rendre des comptes : voilà le cœur de la responsabilité citoyenne et médiatique aujourd’hui. Ne laissons pas la suspicion  ni la propagande nous voler ces exigences essentielles.

A/Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                     « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

.

 

 

Un plan colonial maquillé en paix

 

 On nous parle d’un « plan pour Gaza », d’une vision en 20 points présentée comme un horizon de paix. En réalité, ce plan n’est qu’une mise en scène. La suppression du seul passage évoquant un « horizon politique vers un État palestinien » suffit à dévoiler le subterfuge : il ne s’agit pas d’ouvrir la voie à l’autodétermination, mais de l’enterrer définitivement. Netanyahu y a apposé sa signature invisible : chaque mot est calibré pour effacer la souveraineté palestinienne et maintenir Israël en maître absolu.

Le plan Trump est un ultimatum qui appelle le Hamas à abandonner la résistance armée pour laquelle il a été créé, à se dissoudre, à permettre à ses membres d'être escortés en toute sécurité vers l'exil, où ils ne seront pas poursuivis, et à faire confiance à Israël. De plus, Israël a par le passé trouvé de nombreux prétextes pour violer les accords de cessez-le-feu ou les déclarer nuls et non avenus. Le plan demande aux Palestiniens de se soumettre à une domination étrangère supervisée par Donald Trump et Tony Blair, amis d'Israël. Même si les dirigeants politiques du Hamas acceptent le plan, les commandants militaires pourraient refuser de rendre les armes.

Qui ne comprend pas que les combattants du Hamas sont prêts à mourir et à sacrifier la vie de leurs compatriotes palestiniens pour établir un État palestinien gouverné par des Palestiniens 

Le vieux manuel colonial, réédité en 2025

Les mots choisis ne sont pas nouveaux. Rééducation, déradicalisation, reconstruction développement économique … Ce vocabulaire paternaliste est directement tiré du manuel colonial du XIXᵉ siècle. C’est la rhétorique de l’Occident civilisateur qui sait mieux que les « indigènes » ce qui est bon pour eux. C’est le discours de ceux qui justifiaient jadis l’occupation de l’Afrique, de l’Asie et du Moyen-Orient. Gaza devient la nouvelle « mission civilisatrice », une vitrine de domination repeinte aux couleurs du capitalisme high-tech.

La dépossession, moteur du complot

Le plan exige la dissolution du Hamas, l’exil de ses cadres, et la soumission de Gaza à une gouvernance étrangère supervisée par Washington, Londres et Tel-Aviv. En d’autres termes : un ultimatum. Mais l’histoire récente prouve qu’Israël a régulièrement violé les cessez-le-feu, annulé les accords, et continué la colonisation. Pourquoi les Palestiniens devraient-ils cette fois faire confiance à ceux qui les assiègent et les bombardent ?

Ce plan n’a rien d’humanitaire. Il ne vise pas à sauver Gaza, mais à exploiter Gaza. Derrière le langage des « opportunités économiques », se profile une vaste opération de pillage. Les ruines de Gaza deviennent un marché : contrats pour Tesla, Oracle, Kushner, Smotrich ou Blair. Les Palestiniens ne sont pas perçus comme des citoyens mais comme une main-d’œuvre corvéable, taillable, jetable. Les terres ne sont pas des foyers à préserver, mais des terrains à bétonner, à transformer en zones franches, en marchés captifs. C’est le colonialisme sous sa forme la plus brutale : s’emparer des richesses après avoir détruit les vies.

Il est temps de le dire haut et fort : Gaza n’a pas besoin de nouveaux maîtres, mais de liberté. Pas d’investisseurs et de colons, mais de justice. Pas de plans coloniaux, mais de la fin du siège et de l’occupation. La paix véritable ne se construit pas sur les ruines d’un peuple, mais avec lui.

Le silence imposé aux Palestiniens

À aucun moment les Palestiniens n’ont été invités à la table des négociations. Pas le Hamas, pas l’Autorité palestinienne, pas la société civile. Personne. On décide pour eux. On trace leur avenir à Washington et Tel-Aviv comme on traçait des frontières arbitraires sur des cartes coloniales. On efface leur voix, leur droit de choisir, leur capacité à décider de leur futur. C’est le cœur du scandale : cette logique coloniale n’a jamais disparu. Elle continue de nier l’humanité d’un peuple entier, réduit au silence dans un projet qui prétend lui offrir la paix. Certes, ce n'est pas une solution à long terme. Absolument pas. Cela ne résout rien, et cela ne fait qu'ajouter une nouvelle pièce au jukebox. Les Palestiniens continueront de résister, comme c'est leur droit. Israël continuera d'expliquer que leur « sécurité » justifie tout raser, tuer, violer, kidnapper, voler, etc. (Cette liste vous choque ? Tous les éléments sont pourtant faciles à prouver. Et cela remonte bien avant le 7 octobre).

Donc, la situation va s’améliorer dans le sens où les enfants vont probablement arrêter de mourir à cause des bombardements et de la faim. Et la situation ne s’améliorera pas suffisamment pour que le conflit israélo-palestinien cesse. Le problème, c'est qu'à long terme, Israël est en train de perdre la partie. Ils ont accepté qu'après tout cela, les Gazaouis ne disparaîtraient pas. Il n'y a pas assez de morts pour briser le piège démographique : les Juifs sont encore loin d'être assez nombreux pour gouverner démocratiquement les Palestiniens

La continuité d’un apartheid militaire

Le plan s’inscrit dans une logique implacable : celle de la « sécurité » israélienne. Au nom de cette sécurité, Israël justifie tout : le siège, les bombardements, les famines, les assassinats, les confiscations de terres. Ce plan ne fait qu’officialiser cette doctrine. On demande aux Palestiniens de rendre leurs armes, de se dissoudre, de faire confiance à un État qui a violé tous les accords passés. La « paix » selon Trump et Netanyahu, c’est la reddition inconditionnelle. C’est l’apartheid sous contrat, avec l’Amérique comme garant et le capitalisme global comme investisseur.

Les personnes consternées sont celles qui comprennent que les êtres humains ont des droits humains. Si ce plan est adopté, tous les Palestiniens restants à Gaza vivront sans aucune des « subtilités » que sont les droits politiques, juridiques, économiques, intellectuels, la liberté d'enquête, la liberté d'expression, la liberté d'association ou le droit à l'autodéfense. En bref, ils seront esclaves d'un État de surveillance de haute technologie, dirigé par des individus qui les méprisent. La question n'est pas de savoir si le régime du Hamas était un modèle de démocratie. La question est l'inhumanité des colonialistes, attirés de quelque manière que ce soit par une telle « vision » concoctée par des criminels de guerre. Glaçant.

Gaza n’est pas une « terra nullius »

Ce que ce plan veut effacer, c’est la réalité de Gaza : une terre vivante, habitée par un peuple résilient. Gaza n’est pas une page blanche pour investisseurs. Ce n’est pas un terrain vague à transformer en Silicon Valley sous occupation. C’est un territoire qui résiste, une société qui continue d’exister malgré les sièges, malgré les ruines, malgré les morts. Derrière chaque maison détruite, il y a une famille ; derrière chaque ruine, il y a une histoire ; derrière chaque enfant tué, il y a une mémoire. Ce que le plan colonial nie, c’est cette humanité irréductible.

Conclusion forte

Ce plan Trump-Netanyahu-Blair n’est pas un projet de paix. C’est un complot colonial, une continuation de l’occupation par d’autres moyens. C’est la transformation d’un génocide en business, d’un siège en opportunité, d’un peuple en marché.

Ce plan a d’abord été annoncé comme un « plan en 21 points » et est devenu un « plan en 20 points » après des discussions entre Trump et Netanyahu.

Le point supprimé, « Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens pour convenir d'un horizon politique pour une coexistence pacifique », a été remplacé par une aspiration, « les conditions pourraient enfin être réunies pour une voie crédible vers l'autodétermination palestinienne et l'établissement d'un État, ce que nous reconnaissons comme l'aspiration du peuple palestinien », enterrée dans l'un des 20 autres points du texte.Ce changement porte l’empreinte de Netanyahu partout.

La seule paix possible passe par la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien : son autodétermination, sa souveraineté, sa liberté. Pas par des ultimatums dictés depuis les palais de Washington. Pas par des milliards de dollars investis sur des ruines. Pas par des promesses vides qui masquent l’apartheid.

Plan colonial : « Y a-t-il quelque chose que les Palestiniens peuvent accepter dans ce plan ? Bien sûr que oui. La fin de la guerre, du génocide, de la faim qui tue nos enfants. Le retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza. Ce que je dis, c’est que le fait que cela n’ait même pas été discuté avec les Palestiniens ne nous permet pas de donner une réponse claire. »

Personne ne peut décider à qui incombe la compétence sur les questions palestiniennes, hormis les Palestiniens. Tout organe de gouvernement temporaire, quel que soit son dirigeant, doit être approuvé par les Palestiniens avec le consentement de toutes les factions politiques : y compris le Hamas et l’ANP, mais pas seulement. Nous ne pouvons accepter qu’une entité nous soit imposée contre notre volonté. Il est insultant qu’un pays qui se dit démocratique, comme les États-Unis, propose cela sans associer les Palestiniens à la table des négociations.    

Gaza, laboratoire du colonialisme moderne : le complot Trump-Netanyahu-Blair, pour la dépossession constante,  le pillage et surtout le refus du droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination sur leur propre terre.

 Gaza n’est pas à vendre. Gaza n’est pas une colonie expérimentale. Gaza est un peuple. Et ce peuple a le droit à la vie, à la liberté, à la justice. Toute autre voie n’est qu’un mensonge, un crime et une trahison. Et c’est déshumanisant

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »


Israël : l’illusion suicidaire d’un État devenu gangrène

 

 Trente ans de frappes, d’assassinats ciblés, de massacres. Trente ans d’illusion : croire que tuer des chefs brisera la résistance. Netanyahu entraîne Israël et la région dans une impasse suicidaire. L’État hébreu est devenu une gangrène pour le monde : il faut l’arrêter.

Auto-illusion, toujours. Israël croit frapper fort, croit décapiter ses ennemis, croit protéger son avenir. Mais la vérité est implacable : chaque frappe renforce la haine, chaque assassinat de chef fait surgir un autre chef, chaque escalade creuse sa propre tombe.

Depuis trente ans, Israël répète la même erreur : tuer les dirigeants du Hamas, du Hezbollah, du Jihad islamique, en jurant chaque fois que « cette fois-ci » l’organisation ne se relèvera pas. Et pourtant elles se relèvent, encore et encore. Parce qu’un mouvement enraciné dans l’oppression ne s’effondre pas par la mort de ses cadres, mais s’alimente du sang versé.

La Maison Blanche, confuse, choquée, a voulu faire croire que cette frappe contre Doha n’était ni coordonnée ni planifiée. Mais qui peut croire que des avions traversent l’espace aérien, que des missiles tombent sur une capitale, sans complicités tacites ? Mensonge de plus, dans un récit usé, éculé, vendu à des opinions lassées.

Et le résultat ? Israël a raté ses cibles. Peut-être que le Qatar a prévenu, peut-être que les négociateurs du Hamas ont fui. Mais le message est clair : l’État hébreu ne vise pas la paix, il vise l’éternelle guerre.

Israël n’est plus l’État juif démocratique qu’il prétendait être : il est devenu une entité suprémaciste, expansionniste, génocidaire. Une entité qui ronge le corps du monde comme une gangrène. Et face à la gangrène, il n’existe qu’un remède : stopper l’infection avant qu’elle ne détruise tout l’organisme. Cet État, dans sa forme actuelle, est un danger pour la région, un danger pour ses voisins, un danger pour la stabilité mondiale.

Il faut cesser de croire à l’illusion : non, on ne fera pas disparaître la résistance palestinienne en éliminant des chefs ; non, on ne bâtira pas la paix en affamant Gaza ; non, on ne détruira pas l’idée de liberté par les bombes.

Le régime Netanyahu est une impasse. Une impasse guerrière, une impasse politique, une impasse morale. Il entraîne Israël et toute la région vers l’abîme. Car les psychopathes, toujours, finissent dans l’autodestruction.

Alors oui, il est temps d’ouvrir les yeux. Ce régime n’apporte pas la sécurité : il apporte la terreur. Ce régime n’apporte pas la paix : il alimente la guerre. Ce régime ne protège pas les Juifs : il les expose à un cycle infini de violence.

Trente ans d’assassinats ciblés, trente ans de bombardements, trente ans de massacres — et toujours le même résultat : plus de haine, plus de résistance, plus de morts. C’est cela, la vérité nue. C’est cela, la faillite totale.

Ce texte est maintenant plus direct, plus tranchant, moins dispersé. Il garde le souffle pamphlétaire, mais structure le propos autour de trois idées-forces :

  1. L’illusion d’Israël (les frappes ne marchent pas).
  2. Le danger systémique (gangrène, menace pour la région et au-delà).
  3. L’impasse suicidaire du régime Netanyahu.

Voulez-vous que je vous propose une version très courte style tract/réseaux sociaux (slogans martelés, hashtags, phrases-chocs), qui condenserait cette analyse en une série de formules mobilisatrices ?

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

 


Doha bombardée : Israël frappe, le monde se tait, une frappe de trop

 

Une frappe israélienne sur Doha, allié stratégique des États-Unis, montre une fois de plus l’arrogance de l’impunité. Gaza détruite, le Qatar humilié, le droit international bafoué : jusqu’où Netanyahu ira-t-il, et jusqu’où le silence complice de Washington l’accompagnera-t-il ?

Une fois encore, Israël a frappé. Cette fois-ci, non pas à Gaza, non pas en Cisjordanie, mais à Doha, sur le sol d’un pays allié de Washington, médiateur dans le dossier des otages.
Une frappe « unilatérale », dit Netanyahu. Mais qui peut croire encore à ce conte ? Rien, dans le ciel sur militarisé du Golfe, ne se fait sans que les radars américains et leurs alliés en soient informés.

Une frappe israélienne, au cœur de Doha, capitale d’un allié stratégique des États-Unis. Une frappe « unilatérale », disent-ils. Unilatérale ? Quel mensonge éhonté ! Aucun avion, aucun missile ne traverse impunément les radars sans complicités. Aucun massacre ne s’accomplit sans silences. Netanyahu savait. Washington savait. Le Qatar savait peut-être. Et nous, spectateurs, on nous balance l’habituelle pièce de théâtre : l’un joue l’étonné, l’autre joue le ferme, et derrière, le sang coule.

Tout est répétition. Toujours la même mascarade. Toujours les mêmes mensonges. Toujours les mêmes rôles : Trump bafouille, Netanyahu ricane, les porte-paroles débitent leurs communiqués comme des automates, et les médias relaient sans honte. Vous vous souvenez ? Le « plan Trump » pour Gaza, soi-disant né d’une illumination de l’ex-président ? Mensonge ! C’était le script de Netanyahu, vendu comme une invention américaine. Déjà vu avec l’Iran. Déjà vu avec les accords trafiqués. Déjà vu avec les faux récits de paix.
Et que s’est-il passé à Washington ? Rien. Un silence. Des phrases vides. Des yeux baissés
Alors ? Complicité tacite ? Silence gêné ? L’administration américaine, d’ordinaire si bavarde, a choisi de bredouiller, avant de se taire.

Une impunité qui dépasse les frontières

Israël vient de franchir une nouvelle ligne rouge : attaquer un partenaire stratégique de Washington, au mépris du droit international, des négociations en cours et de la sécurité des otages.

Chaque fois qu’Israël bombarde, la même scène se répète : condamnations timides, indignation feutrée, puis… l’oubli.
Chaque fois, l’impunité grandit, la loi internationale recule, et la guerre devient la seule langue qui reste.
À Gaza, des milliers de morts. En Cisjordanie, la colonisation rampante. À Doha désormais, la frappe extraterritoriale.
Où est la limite ? Où est le frein ? Où est la justice ?
Et quelle a été la réponse ? Rien. Un silence, quelques communiqués ternes, comme si cette violation flagrante de la souveraineté qatarie n’était qu’un banal incident.
C’est bien là le cœur du problème : l’impunité totale dont bénéficie Israël. Une impunité garantie par des décennies de soutien américain, par la complicité feutrée de l’Europe, par la paralysie volontaire des instances internationales.

Et l’impunité ? Voilà le vrai crime. Israël bombarde un pays allié des États-Unis, et que dit la Maison-Blanche ? Silence. Étonnement feint. Distance calculée. Pas de rupture, pas de sanction, pas même une gifle diplomatique. Trump, l’homme qui ne parle que d’argent, qui voit chaque pays comme une tirelire, continue de caresser Netanyahu dans le sens du manche. Netanyahu, lui, proclame son « unilatéralisme » pour mieux dire : « Je n’ai besoin de personne, je méprise vos règles, vos traités, vos résolutions. »

 Une frappe israélienne « unilatérale »

Unilatéral, vraiment ? Non. Planifié, coordonné, assumé. Les avions ne sont pas magiques. Les missiles ne sont pas invisibles. Tout cela a été préparé. Tout cela a été toléré. Tout cela a été validé. Et maintenant, on nous joue la surprise. Quelle farce !

Netanyahu, la guerre comme plan de carrière

Benjamin Netanyahu ne gouverne pas : il survit politiquement en alimentant la guerre. Chaque attaque, chaque opération, chaque bombardement nourrit son récit de chef assiégé.
Gaza rasée, la Cisjordanie étranglée, le Liban, la Syrie et maintenant le Qatar menacés : l’expansion continue, sous prétexte de sécurité, cache un projet messianique et cynique, celui d’un « Grand Israël » construit sur les ruines des peuples voisins.

Netanyahu n’a pas de plan de paix. Netanyahu n’a pas de vision d’avenir.
Il a un plan de survie politique : alimenter le feu, toujours plus fort, toujours plus loin.
Chaque bombe larguée, c’est un jour de plus au pouvoir.
Chaque frappe, c’est un sondage remonté, une coalition soudée, une opposition divisée.
Et tant que la guerre dure, Netanyahu reste.

Oui, Netanyahu rêve d’un « Grand Israël », messianique, construit sur les ruines de Gaza, de la Cisjordanie, du Liban, de la Syrie, de l’Iran. Il le dit, il le montre, il le fait. Et chaque bombe larguée le rapproche de ce rêve macabre. Un rêve de sang, un rêve de feu, un rêve de domination.

Le droit international ?

Balayé. Les résolutions de l’ONU ?

Méprisées. Même les enquêtes de la Cour pénale internationale, qui l’accusent déjà de famine comme arme de guerre et de crimes contre l’humanité, ne l’arrêtent pas.

Les États-Unis : protecteurs ou otages ?

On nous répète que l’Amérique soutient Israël pour garantir sa sécurité. Mais qui protège qui ?
Israël frappe un pays allié de Washington, et Washington se tait.
Israël utilise des armes américaines pour détruire Gaza, et Washington se tait.
Israël foule aux pieds le droit international, et Washington se tait.
Ce silence est une complicité. Cette complicité est une honte.

On nous dit : Israël et l’Amérique sont liés. Faux ! Ce n’est pas une alliance, c’est une dépendance obscène. Les États-Unis, loin de tenir Israël, s’y agrippent avec servilité. Et Netanyahu le sait, il joue de cette faiblesse, il piétine ses alliés, il les insulte, il les méprise, et ils l’applaudissent encore.

Washington s’est retrouvé nu face à cette frappe. Comment concilier son alliance stratégique avec le Qatar, hôte de sa principale base régionale, avec son soutien indéfectible à Israël ?
La vérité est brutale : ce n’est pas Israël qui dépend des États-Unis, mais bien l’inverse.
Les milliards d’aide militaire, la protection diplomatique au Conseil de sécurité, les vetos répétés — tout cela a créé un monstre politique persuadé d’être intouchable. Et chaque fois que Netanyahu frappe, les États-Unis paient le prix politique de son impunité.

L’illusion de la « sécurité »

Les otages ? Sacrifiés.
Les civils ? Affamés.
Le droit international ? Piétiné.
La paix ? Enterrée sous les gravats de Gaza.
Et demain ? Demain ce sera Beyrouth, Damas, peut-être Téhéran, peut-être Doha encore. Quand on bombarde sans limite, quand on tue sans frein, où s’arrête-t-on ?

On nous répète qu’il s’agit de « neutraliser le Hamas », de protéger Israël. Mais frapper un pays médiateur, réduire Gaza en cendres, affamer des populations entières, cela ne construit aucune sécurité. Cela ne fait que nourrir la haine, alimenter les extrémismes, et préparer les guerres de demain.
Les otages ? Sacrifiés sur l’autel de la surenchère militaire. La paix ? Repoussée à un horizon toujours plus lointain.

Briser le cycle de l’exception

Assez d’exceptions, assez d’immunité « spéciale » pour Israël. Les crimes commis à Gaza, en Cisjordanie, et désormais à Doha doivent être jugés avec les mêmes critères que pour tout autre État.

Il faut le dire sans détour : Israël bénéficie d’une exception criminelle.
Un droit de tuer, de détruire, de bombarder, accordé par le silence des grandes puissances.
Tant que cette exception dure, tant que cette impunité règne, aucune paix n’est possible.
On ne bâtit pas la sécurité sur les cadavres des enfants.
On ne construit pas un État sur la famine organisée.
On n’impose pas la justice avec des missiles.

Et la population israélienne ? Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand supportera-t-elle ce criminel de masse qui l’entraîne dans l’abîme ? Jusqu’à quand acceptera-t-elle que son nom soit associé aux crimes les plus odieux : famine comme arme de guerre, bombardement des civils, persécution systématique ? L’acte d’accusation de la Cour pénale internationale est là, noir sur blanc, et pourtant il reste en poste, il gouverne, il frappe encore.

Alors, il faut le dire sans détour : ce n’est pas seulement Netanyahu qu’il faut juger, c’est tout un système d’impunité qu’il faut abattre. L’impunité américaine. L’impunité européenne. L’impunité médiatique. Chaque silence est une complicité. Chaque demi-mot est une approbation. Chaque nuance est un abandon.

Les bombardements de populations civiles, la famine organisée, les frappes extraterritoriales sont des crimes de guerre. Et les auteurs doivent être traités comme tels — qu’ils s’appellent Netanyahu, ses ministres ou ses généraux.
La communauté internationale a le choix : soit elle continue de fermer les yeux, laissant prospérer ce régime d’impunité, soit elle agit, au nom de ce qu’il reste de droit et de justice.

Conclusion

Cette frappe à Doha n’est pas une simple opération militaire. Elle est le symbole d’une arrogance sans limite, d’un mépris du droit international, et d’une complicité occidentale qui n’ose pas dire son nom.

Doha est un avertissement.
Un avertissement à ceux qui croient encore que l’occupation, le siège, la guerre peuvent rester confinés à Gaza.
Un avertissement à ceux qui pensent qu’Israël s’arrêtera de lui-même.
Non. Netanyahu ira plus loin, toujours plus loin, jusqu’à ce qu’on l’arrête.
Et si le monde continue à se taire, alors nous aurons tous signé le contrat de son impunité
Chaque silence, chaque demi-mot de Washington ou de Bruxelles, est un chèque en blanc donné à Netanyahu pour poursuivre la destruction.
Et tant que cette impunité ne sera pas brisée, tant que les responsables ne seront pas traduits devant la justice, le Moyen-Orient restera prisonnier de la guerre permanente — et l’idée même de droit international réduite à un théâtre creux.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/