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La Gazette du Casque Lourd : Sansal joue au clairon de l’Apocalypse !

Ah, Boualem le Français ! Toujours un train d’avance sur l’Apocalypse. Quand le monde manque un peu de sueurs froides ou que l’actualité régionale menace de sombrer dans une fâcheuse monotonie, notre oracle national sort sa plus belle plume d’oie, la trempe dans l’encre de la panique et nous pond une tribune d’une lucidité renversante : « Tebboune va-t-il envahir le voisin avant la fin du mois ? » Rien que ça. Le suspense est insoutenable, prévenez la protection civile : le feu est chez le voisin, et Sansal a senti la fumée depuis son salon !

Commandée avec tout le soin requis par les organes de presse de Sa Majesté, cette livraison du soir nous rejoue La Guerre des Mondes à la sauce maghrébine. La méthode est un cas d'école de la rhétorique de promenade : prenez un voisin grincheux, entourez-le de cartes militaires peintes en rouge vif, saupoudrez de trois déclarations officielles sur la « sécurité nationale » (concept absolument inédit dans l'histoire de la diplomatie mondiale, c’est bien connu), et hop ! Vous obtenez le tableau saisissant d’un régiment de chars prêt à franchir le sable mardi prochain, pile à l'heure du thé.

Le théâtre des ombres et le bal des pyromanes

L’art du pamphlet façon Sansal repose sur un tour de magie fascinant : l’amnésie sélective à géométrie variable. Pour réussir cet exercice de voltige, le scénario impose trois règles d’or :

L’équation du fou volant : D'un côté, un pouvoir algérien peint sous les traits d'un monstre imprévisible, « militarisé jusqu'aux dents » avec ses 25 milliards de budget. De l’autre ? Un voisin pacifique, blanc comme colombe, la main tendue jusqu'à la luxation de l'épaule, observant benoîtement l'horizon en attendant qu'on veuille bien lui tapoter la joue. C’est beau comme du Molière, mais c’est un peu court pour faire passer un tract de propagande pour de la géopolitique.

L’appel à la brigade internationale : « Au secours l'ONU, au secours l'UE, venez éteindre la mèche avant que le fou n'appuie sur le bouton ! » L’ironie est savoureuse. À force de crier au loup pour alimenter la gazette du Palais, on en oublierait presque que la diplomatie d'un État ne se résume pas aux gesticulations d'un tribunal d'opinion ou aux suppliques adressées aux chancelleries occidentales.

Le rire noir de la surenchère : Présenter l'Algérie comme le seul et unique moteur de la tension régionale relève du grand art acrobatique. À écouter notre chroniqueur, l'achat d'équipements militaires ou la redéfinition des priorités sécuritaires le long de frontières en feu (Mali, Libye) n'ont aucune réalité géographique : non, tout est pensé, mûri et calculé uniquement pour donner des sueurs froides aux instances du Palais.

La mécanique d'une imposture

Que cherche-t-on à vendre à travers cette logorrhée alarmiste ? La recette est connue : pour masquer les difficultés internes ou légitimer des alliances embarrassantes, rien ne vaut la fabrication sur mesure d'un ennemi existentiel prêt à fondre sur les frontières. On transforme des postures stratégiques ou des exercices d'infanterie classiques en préparatifs d'invasion continentale, en espérant que la communauté internationale mordra à l'hameçon.

En qualifiant les hésitations et les rodomontades de la diplomatie régionale de « folie imminente », la tribune ne cherche pas à prévenir la guerre, mais à la rendre intellectuellement inévitable dans l'esprit du lecteur. C'est le triomphe du récit préfabriqué où la complexité des relations internationales se résume à une pièce de boulevard avec ses bons, ses brutes et ses faux prophètes.

Le mot de la fin

On comprend la manœuvre : pour vendre du papier et rassurer les courtisans, rien ne vaut un bon épouvantail brandi à bout de bras. Mais à force de pousser le bouchon du scénario catastrophe, la démonstration tourne à la farce d'arrière-boutique. On attend avec impatience la prochaine chronique où l'on nous expliquera que la météo d'Alger est elle-même une arme tactique secrète destinée à assécher les récoltes du voisin. En attendant, gardons les pieds sur terre et laissons les clairons en plastique au vestiaire

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Gaza, la fausse vertu de l'extrême droite et la comédie des civilisés :

« Qu'un officier israélien soit capable de réciter de la poésie entre deux frappes de drones ne change rien : tous communient dans le même mépris de Gaza et de ses enfants. »

C’est une bien triste époque pour les professionnels de la bonne conscience : le monde s’obstine à regarder là où ça saigne, plutôt que là où l’on théorise. Il faut lire avec une fascination presque médicale ces textes de notables effarouchés qui, la main sur le cœur et l’œil humide, nous expliquent que le véritable danger pour l’humanité n’est pas la pluie de bombes de 2000 livres sur des tentes de réfugiés, mais la redoutable « haine » qui couve dans un amphithéâtre universitaire ou dans un tweet de la France Insoumise.

Quel chef-d’œuvre d’inversion pyrotechnique ! Observez la mécanique : un État surarmé, béni par les chancelleries occidentales, occupé à raser des villes entières, à liquider des générations de gamin(e)s et à planifier le vide sanitaire, réussit encore l'exploit d'écrire des élégies sur sa propre souffrance. Il paraît que critiquer cette performance démocratique, c’est déjà chausser les bottes des Einsatzgruppen. Rien que ça. Si un étudiant brandit un drapeau palestinien, Kant vacille, Nietzsche tremble, et la civilisation s’effondre. Mais quand une bombe guidée pulvérise une maternité, c’est de la « légitime défense préventive » rédigée dans une syntaxe irréprochable.

Ils aiment convoquer la culture, l'histoire et les grands massacres de la terre de l'Est pour nous donner des sueurs froides. Ils nous racontent, la voix tremblante, comment les diplômés de Weimar citaient Goethe avant d'exterminer. Mais quelle ingratitude envers eux-mêmes ! Ils oublient de préciser que les vrais héritiers de ces bureaucrates en col cassé ne sont pas les gamins qui défilent le samedi soir. Les vrais successeurs de ces rationaliseurs de la mort, ce sont précisément ceux qui, en costume-cravate sur les plateaux télé, vous expliquent avec un flegme académique et des catégories juridiques bien polies qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser des civils, et qu’affamer deux millions de personnes est un « dilemme tactique complexe ».

La voilà, leur fameuse « barbarie sentimentale » : cette extraordinaire capacité à transformer un tank en colombe blessée et une victime en coupable d’existentialisme abusif. Pour cette élite le nez collé à sa propre vertu, un Palestinien qui meurt est une abstraction malencontreuse, mais un occidental dérangé dans son confort moral par le mot « antisionisme » est un martyr de la liberté.

On nous adjure d’« ouvrir les yeux ». Mais leurs yeux à eux sont grands ouverts… uniquement sur le miroir qui reflète leur pureté imaginaire. Ils ne voient pas la barbarie, parce qu’elle porte leur uniforme, parle leur langue, et cite leurs valeurs. Ils préfèrent traquer « le poison du ressentiment » chez ceux qui s'indignent, plutôt que d'évaluer le tonnage d'explosifs balancé par leurs protégés.

Alors épargnez-nous vos sermons sur « la nuit du cœur » et « l’âme humaine fragile ». Ce ne sont pas les pancartes des campus qui préparent les charniers de demain : ce sont vos silences polis, vos complicités d’experts et vos larmes de crocodiles versées sur le dos des opprimés. La barbarie a ceci de pratique aujourd’hui qu'elle se traite en conférence de presse et se finance par virement bancaire. Pour le reste, dormez braves gens : le bien est au pouvoir, et il est armé jusqu'aux dents.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le Makhzen en charge : autopsie d’un pamphlet anti-algérien

Sous couvert d’analyse sportive et géopolitique, un texte violemment hostile à l’Algérie a récemment circulé, franchissant toutes les lignes rouges : amalgames, mensonges, pathologisation d’un peuple entier. Cette tribune démonte méthodiquement un discours de haine qui ne dit rien de l’Algérie, mais beaucoup de ceux qui l’emploient.

Il y a des textes qui ne méritent pas le débat mais la mise à nu. Celui qui circule actuellement à propos de l’élimination de l’équipe d’Algérie à la CAN n’est ni une analyse sportive, ni une réflexion politique, ni même une opinion argumentée. C’est un pamphlet de ressentiment, un déferlement de mépris, un exercice de déshumanisation collective qui utilise le football comme alibi.

Derrière une indignation feinte se cache une réalité beaucoup plus simple : la haine a remplacé la pensée.

Des mensonges répétés ne deviennent pas des faits

Le texte empile des accusations graves sans jamais s’embarrasser de preuves : violences généralisées, complots internationaux, sanctions américaines ciblées, chaos diplomatique permanent. Tout y passe, sans source, sans rigueur, sans vérification.
Ce procédé est connu : répéter une contre-vérité jusqu’à lui donner l’apparence du réel.

En réalité, ce texte ne décrit pas des faits, il fabrique un récit. Un récit où l’Algérie est coupable par essence, où chaque incident devient une confirmation, et où toute contradiction est balayée comme faisant partie du “complot”.

Ce n’est pas de l’analyse. C’est de la propagande émotionnelle.

L’amalgame comme méthode, l’insulte comme conclusion

À aucun moment l’auteur ne distingue : des supporters de tout un peuple, des journalistes de millions de citoyens, des plateaux télévisés d’un État, des émotions sportives d’une trajectoire historique. Tout est volontairement confondu. Pourquoi ?
Parce que l’amalgame est indispensable à la stigmatisation. Sans lui, le discours s’effondre.

Ce n’est plus “certains supporters”, mais “les Algériens”.
Ce n’est plus “des débordements”, mais une “nature”.
Ce n’est plus un problème ponctuel, mais une “tare”.

On ne critique plus : on condamne collectivement.

La pathologisation d’un peuple : un seuil moral franchi

Le moment le plus abject du texte est atteint lorsque l’auteur évoque la psychiatrie, la schizophrénie collective, l’asile pour un peuple entier.
Qu’on ne s’y trompe pas : ce vocabulaire n’est jamais innocent. Historiquement, il a toujours servi à retirer leur humanité à des groupes entiers, à les présenter comme irrationnels, dangereux, incurables.

C’est exactement le même mécanisme que l’on retrouve dans les pires pages de l’histoire politique moderne, simplement recyclé avec un vernis pseudo-géopolitique.

À partir de cet instant, toute prétention à la rationalité s’effondre.

Le football n’est pas un tribunal civilisationnel

Les violences de supporters existent sur tous les continents.
Les débordements existent dans les stades anglais, italiens, français, argentins, brésiliens.
Les nationalismes sportifs existent partout.

Mais seuls certains peuples sont sommés de s’expliquer comme s’ils étaient anthropologiquement défaillants.

Ce deux-poids-deux-mesures trahit moins un souci d’ordre public qu’un regard hiérarchisant, où certains pays auraient droit à l’excuse de la complexité, et d’autres seraient condamnés à la caricature.

La réputation du tempérament des Algériens était reconnue à travers le monde. Ils sont conscients que nous ne tolérons ni la fraude, ni l’irrespect. Ils ont exploité le stress, la colère et le langage corporel pour nous inciter à encaisser des cartons (jaunes, heureusement pas rouges !) et ils ont gagné la partie comme anticipé grâce au soutien de leur arbitre. C’est ce qu’on appelle de la truanderie dans le monde du sport. J’aurais parié sur la défaite de ma propre équipe, mais malheureusement même si elle affronte les meilleurs teams du monde, je choisirais l’Algérie en vainqueur!

Informez-vous sur le mode de vie de tous les arbitres africains impliqués dans des rencontres truquées suite à une compromission. Ils mènent une vie de princes malgré des retraites très modestes.

La presse du Makhzen ne parle pas de l’Algérie, il parle de ses obsessions

En réalité, l’Algérie n’est ici qu’un écran de projection. Cette presse texte parle : d’une obsession politique, d’un ressentiment régional, d’une incapacité à penser le voisin autrement que comme un ennemi, d’un besoin compulsif de disqualification morale.

Il ne cherche pas à comprendre, il cherche à humilier.
Il ne vise pas la vérité, mais la confirmation d’un préjugé.

La vraie faillite est intellectuelle

On peut critiquer un État. On peut critiquer des dirigeants.
On peut critiquer des médias. On peut même critiquer une culture politique.

Mais quand on commence à parler d’un peuple comme d’un corps malade, on a déjà perdu le débat.

Cette presse n’est pas courageuse. Elle est lâche, n’est pas lucide elle est caricaturale.
Elle n’est pas rationnelle. Elle est pulsionnelle.

Conclusion

L’Algérie n’a pas besoin de leçons de dignité de la part de ceux qui confondent colère et intelligence, critique et haine, analyse et injure.
Les peuples ne sont pas des maladies. Les nations ne sont pas des pathologies. Et le football n’est pas une excuse pour recycler les discours les plus méprisants.

Ceux qui prétendent incarner la raison feraient bien de commencer par se regarder dans le miroir de leurs propres excès.

Voilà exactement ce qui arrive lorsqu’on confie un événement sportif continental à un Etat voyou. La Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc restera dans l’histoire non pas pour le talent des joueurs ou la ferveur populaire, mais comme l’une des plus grandes impostures du football moderne, disait un journaliste algérien.

Dès le premier coup de sifflet, la messe était dite. Arbitrages scandaleux, décisions grossièrement orientées, fautes ignorées, buts refusés sans justification, pression manifeste sur les officiels. Cette CAN n’est pas une compétition, c’est une mise en scène. Une mascarade où la tricherie, la manipulation et la corruption  à la fois matérielle et morale s’étalent sans la moindre retenue, sous les yeux d’un public médusé."

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                                   « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme

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