Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Affichage des articles dont le libellé est diplomatie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est diplomatie. Afficher tous les articles

Le Makhzen Marocain et ses interprétations médiatiques courtisanes

À les entendre, dans l’espace médiatique du Makhzen, la question du Sahara occidental demeure l’un des sujets les plus chargés symboliquement, politiquement et historiquement. Elle cristallise passions, identités et représentations de souveraineté. Un dernier argument de propagande est désormais propagé avec force : Le Maroc constituerait par une autonomie verticale avec son Sahara marocain.

L’autre argument de propagande répété ad nauseam par les cajoleurs du Makhzen consiste à dire que le Sahara Occidental, tout bien pesé, n’existerait pas, né d’un mythe fondateur. Qu’il serait depuis toujours une terre Marocaine. 

Mais au-delà des émotions, il existe une réalité juridique et diplomatique qui ne devrait ni être ignorée, ni instrumentalisée.
Or, on observe aujourd’hui, dans une partie significative de la presse marocaine, une tendance à affirmer que les Nations unies auraient désormais adopté le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme unique cadre de règlement. Cette affirmation se répand, se répète, s’enracine – mais elle ne correspond pas aux textes.

Il est donc important de rappeler ce que disent réellement les résolutions du Conseil de sécurité, c’est-à-dire le seul cadre reconnu par la communauté internationale. Ce sont toujours les mêmes qui font aujourd’hui mine de croire que le Roi du Maroc pourrait respecter le droit international. L’expérience nous enseigne qu’aucun dictateur, saisi par l’hubris, par l’ivresse d’un pouvoir sans limite, n’est à l’abri de décisions défiant la raison. Ce vertige a conduit Hassan 2 avec sa marche verte jusqu’au Sahara Occidental 1971 pour un faire son bien. Je ne me souviens pas que les causes du conflit aient été expliquées autrement que par le désir agressif de conquête du Roi

Le langage du Conseil de sécurité : le cœur du dossier

Depuis plus de quinze ans, les résolutions du Conseil de sécurité du maintien de la paix au Sahara ont adopté une formule désormais stable.
La résolution 2703 (30 octobre 2024), comme celles qui l’ont précédée (2602, 2654, 2685), affirme :

« Le Conseil de sécurité réaffirme la nécessité d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable, mutuellement acceptable, fondée sur le compromis. »

Cette phrase est centrale. Elle constitue le cadrage diplomatique du conflit. Elle signifie trois choses essentielles : Aucune solution ne peut être imposée unilatéralement. Aucune solution n’est considérée comme acquise. Le résultat final doit être négocié.

En d’autres termes, l’ONU n’a pas tranché et ne déclare pas que le Sahara a été ou serai marocain. Elle ne déclare pas non plus qu’il doit devenir indépendant c’est au peuple Sahraoui d’en décider) Elle demande un processus, pas un verdict.

La reconnaissance du plan d’autonomie : une appréciation diplomatique, pas une validation juridique Les résolutions saluent la proposition marocaine : « Le Conseil de sécurité prend note des efforts sérieux et crédibles du Maroc. »

Cette formule signifie que le Maroc : a présenté une proposition solide, cohérente et compatible avec l'idée de compromis. Cela n’a rien d’anodin. Mais cela ne signifie pas que : le plan d’autonomie est la seule base de négociation, que l’indépendance est exclue par principe, ou que l’ONU adopte la vision marocaine du conflit.

Dire le contraire, comme le font certains éditorialistes, revient à passer de la reconnaissance de la valeur d’une proposition à l’affirmation de sa supériorité exclusive.
C’est un glissement politique, pas juridiquement fondé.

Le référendum : toujours inscrit,  Il est essentiel de rappeler que le référendum d’autodétermination n’a jamais été supprimé du cadre onusien.
Il demeure une option, théoriquement ouverte.

Mais dans les faits, l’ONU elle-même a constaté son impossibilité opérationnelle, en raison du blocage technique, non tranchable, qui a conduit l’ONU à substituer la logique du vote à celle de la négociation politique.

Ainsi : L’indépendance n’est pas juridiquement abandonnée, mais n’est plus le scénario opérationnel privilégié à ce stade.

La question du rôle de l’Algérie

Un élément évolue néanmoins dans le discours onusien récent : la mention explicite des quatre parties. Les résolutions ne parlent plus seulement de « deux parties », mais : « Le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. »

L’Algérie n’est donc plus considérée comme simple « pays voisin », mais comme un acteur nécessaire du processus politique. Cela ne veut pas dire : qu’elle doit accepter l’autonomie, ni qu’elle endosse le rôle de belligérant.

Cela veut dire : qu’aucune solution durable ne peut être trouvée sans l’Algérie. Reconnaître cela relève du réalisme, non de la concession.

Le danger du triomphalisme discursif

Que certains États soutiennent la proposition marocaine, notamment plusieurs pays africains, arabes et européens, est un fait.
Que la dynamique diplomatique évolue dans le sens d’une solution négociée plutôt qu’un référendum binaire est également un fait.

Mais transformer ces tendances en victoire définitive est un raccourci dangereux.

Pourquoi ? Parce que : Une position exagérée est aisément démontée. La crédibilité se construit sur l’exactitude, pas sur l’affirmation. La diplomatie se joue dans la nuance, jamais dans le slogan.

Le conflit du Sahara souffre déjà suffisamment de la surinterprétation, de la communication identitaire et de la simplification stratégique. L’heure n’est pas au spectacle politique, mais au travail patient et lucide.

Conclusion

Le Conseil de sécurité n’a ni tranché en faveur de l’autonomie, ni maintenu la centralité du référendum : il a installé la recherche du compromis comme seule voie crédible.

Cela implique : écouter, négocier, reconnaître les contraintes de l’autre.

Il me semble que la presse du Makhzen est appelée à faire la politique internationale, pas du récit national. La paix, la stabilité et la coopération maghrébine méritent mieux que des certitudes proclamées cela demande une maîtrise du langage diplomatique, le respect du cadre juridique, et une honnêteté intellectuelle face aux faits. Sans cela, le conflit continuera moins parce qu’il est insoluble que parce qu’il est mal raconté.

Une même fuite en avant s’observe au Maroc dans le camp royaliste. C’est un fait : le Makhzen ne sait plus argumenter autrement que par le mépris, l’injure, la diabolisation. Ce manichéisme bas de gamme est également utilisé par une partie de la politique  Il suffit d’entendre les arguments anti-Algérie rudimentaires Bourita ou de Omar Hilale  pour s’en convaincre.

A leur décharge, les courtisans du royaume qui ont une très forte impression qu'ils contribuent pour beaucoup dans le cout politique du Makhzen. Un peu comme pense le Français moyen avec le cout social de l'immigration! A chacun son ressentiment.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Sahara occidental : Le piège de Rabat reconnaître ce qu’il nie !

 

Présentée comme une victoire pour le Maroc, la dernière résolution de l’ONU sur le Sahara occidental s’est en réalité transformée en un retour au droit international et au principe d’autodétermination. Derrière la rhétorique triomphaliste, Rabat se retrouve piégé par le cadre juridique qu’il croyait pouvoir manipuler, tandis que l’Algérie et ses alliés replacent le dossier dans sa nature première : celle d’une décolonisation inachevée.

Une victoire de façade, une défaite de fond

Les médias proches du pouvoir marocain ont salué la résolution du Conseil de sécurité comme une confirmation implicite de la “marocanité” du Sahara. Mais une lecture attentive du texte montre tout le contraire.
Sous la pression discrète mais efficace de l’Algérie et de ses alliés — Russie, Chine et pays du Mouvement des non-alignés —, le langage juridique du document a été profondément modifié :

  • Le plan d’autonomie marocain n’est plus présenté comme “la seule solution réaliste”, mais comme “une base réaliste de négociation”.
  • Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui a été réaffirmé.
  • Le mandat de la MINURSO a été prolongé, confirmant le statut de territoire non autonome du Sahara occidental.

Derrière ces ajustements se cache un véritable renversement diplomatique : le Maroc croyait verrouiller le dossier, il l’a rouvert.

Le droit international, l’arme du peuple sahraoui

Depuis l’avis de la Cour internationale de Justice (1975), la position du droit international est sans équivoque : les liens historiques évoqués par Rabat n’équivalent pas à une souveraineté.
La résolution 1514 (XV) de 1960, sur la décolonisation, érige le droit à l’autodétermination en norme impérative du droit international public.
Ainsi, aucune formule politique — fût-elle habillée d’autonomie — ne peut annuler le droit d’un peuple à décider librement de son avenir.

Cette base juridique solide, souvent éclipsée par la propagande, est redevenue le terrain principal du combat sahraoui et de la diplomatie algérienne.
Le Sahara occidental n’est pas une “région” marocaine : c’est un territoire en attente de décolonisation, reconnu comme tel par les Nations Unies.

L’intelligence diplomatique d’Alger : du rapport de force à la légitimité

Alors que Rabat misait sur le soutien américain et la reconnaissance de Trump en 2020, l’Algérie a choisi la patience et la cohérence.
En s’appuyant sur ses relations solides à l’Est et au Sud, elle a réussi à transformer un projet pro-marocain en un texte onusien équilibré, fondé sur la légitimité internationale.

Cette diplomatie du droit a replacé le débat sur le terrain des principes, non des pressions.
Le résultat est sans appel : la communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et toute solution devra passer par une consultation libre du peuple sahraoui.

Le discours royal : une manœuvre de repli

Le roi Mohammed VI, dans son discours suivant la publication de la résolution, a appelé à “tendre la main” à l’Algérie. Derrière ce ton d’apaisement se cache une tentative d’anticiper les conséquences politiques du texte onusien.
Mais Alger a répondu par la constance : “Nous ne négocions pas sur un territoire qui ne nous appartient pas.”
Cette position ferme renvoie le Maroc à son seul choix possible : reconnaître et négocier avec les représentants légitimes du peuple sahraoui

Le piège de Rabat : reconnaître ce qu’il nie

En se réjouissant trop vite, le Maroc est tombé dans sa propre embuscade.
Accepter de revenir à la table des négociations, c’est reconnaître le Front Polisario comme interlocuteur légitime. Admettre le cadre onusien, c’est accepter que l’indépendance soit une option possible. Et prolonger le mandat de la MINURSO, c’est reconnaître implicitement que le territoire n’est pas marocain.

Ainsi, la “victoire diplomatique” s’est muée en défaite stratégique : Rabat doit désormais dialoguer avec ceux qu’il prétend ne pas exister.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 


Le Maroc/Sahara Occidental : le triomphe de la forfaiture

 

Le Marocain d'ajourd'hui

Alors que Rabat célébrait bruyamment le renouvellement du mandat de la MINURSO, la résolution du Conseil de sécurité réaffirme le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Sahara Occidental, Maroc, ONU, MINURSO, autodétermination, Front Polisario, décolonisation, diplomatie, Afrique du Nord, droit international, Algérie, Conseil de sécurité

La diplomatie est souvent l’art de transformer un échec en victoire narrative. Ce vendredi, à New York, le Maroc a célébré à grand renfort de drapeaux et de communiqués une prétendue « victoire » au Conseil de sécurité. Pourtant, le texte adopté ne modifie en rien la réalité du terrain : le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination reste au cœur du mandat onusien, et la mission de la MINURSO demeure inchangée.

Une victoire du récit, pas du droit

Depuis des semaines, les relais diplomatiques marocains annonçaient une percée historique : la reconnaissance du plan d’autonomie comme seule base crédible de règlement. Mais la résolution votée à New York réaffirme la recherche d’une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable, conforme à la Charte des Nations unies — et garantissant explicitement le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Ce rappel met fin à toute ambiguïté : le Sahara Occidental reste un territoire non autonome sous surveillance onusienne, non une province marocaine. Le plan d’autonomie de Rabat demeure une proposition parmi d’autres, pas une vérité consacrée.

L’isolement derrière le rideau diplomatique

L’enthousiasme officiel masque une réalité diplomatique bien moins flatteuse. La Russie, la Chine et le Pakistan ont refusé de cautionner le glissement américain vers une approche unilatérale. Moscou a parlé d’une « démarche de cow-boy », Pékin a rappelé le caractère universel du principe d’autodétermination, et l’Algérie s’est abstenue, estimant que le texte restait insuffisant.

Même les États ayant voté pour ont pris soin de nuancer leur soutien. La représentante du Danemark a déclaré :

« Ce vote ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. »

Le Panama, proche allié de Washington, a évoqué « le Maroc, le Front Polisario et les États frontaliers » comme parties au conflit — formule qui contredit directement la narration marocaine selon laquelle l’Algérie ne serait qu’un simple observateur.

La MINURSO, symbole du statu quo

Autre défaite discrète : la durée du mandat. Washington et Rabat souhaitaient un renouvellement limité à six mois, pour exercer une pression politique sur le Front Polisario. Le Conseil de sécurité a imposé une prolongation d’un an, signe que la communauté internationale refuse d’abandonner le cadre multilatéral et continue de considérer la question sahraouie comme un dossier onusien, non marocain.

Cette ligne, apparemment technique, révèle un message clair : la communauté internationale n’a pas validé la marocanité du Sahara Occidental.

Derrière les drapeaux, un peuple oublié

Pendant que Rabat célèbre sa « victoire diplomatique », des dizaines de milliers de Sahraouis survivent dans les camps de Tindouf, en exil depuis près d’un demi-siècle. Dans les territoires occupés, les défenseurs sahraouis des droits humains sont arrêtés, torturés, réduits au silence. Le référendum d’autodétermination promis en 1991 n’a jamais eu lieu.

Chaque année, la MINURSO est reconduite sans mandat pour organiser ce vote. Chaque année, la promesse de l’ONU s’éloigne un peu plus, tandis que la diplomatie marocaine perfectionne l’art du triomphe médiatique. Mais la communication n’efface pas l’occupation.
La stabilité sans justice n’est qu’une illusion coloniale.

Entre le silence et la justice, il faut choisir

Le droit à l’autodétermination n’est pas une faveur : c’est un principe fondamental du droit international. Tant qu’il restera inscrit dans les résolutions de l’ONU, aucune diplomatie ne pourra transformer une défaite politique en victoire historique.

Le Maroc a gagné la bataille des images, mais perdu celle du texte.
Et tant qu’un peuple attendra que la promesse d’un référendum soit tenue, la vérité résistera à toutes les manipulations diplomatiques. Parce que la communication passe,
mais le droit, lui, demeure.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 


L’accord franco-algérien de 1968, bouc émissaire d’une dérive de l’extrême droite

L’Assemblée nationale a adopté, à une voix près, une proposition de résolution du Rassemblement national demandant la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968. Le RN s’en félicite, voyant dans ce vote une victoire idéologique ; mais au-delà de ce succès symbolique, c’est une autre réalité, bien plus préoccupante, qui se dessine : la banalisation des thèses de l’extrême droite et le brouillage des repères républicains dans le débat politique français.

Un texte juridiquement vide  

Rappelons-le : une résolution parlementaire ne lie pas le gouvernement. Elle exprime une opinion, rien de plus. En droit international, un traité bilatéral comme l’accord de 1968 ne peut être dénoncé qu’en cas de violation manifeste par l’une des parties. Or, les reproches adressés à l’Algérie – notamment son prétendu refus de reprendre ses ressortissants sous OQTF – ne reposent sur aucune clause du traité.
L’accord de 1968 ne traite ni des expulsions, ni des obligations de quitter le territoire français. L’argument juridique du RN s’effondre donc à la première lecture.

Ce vote n’aura aucune conséquence pratique, mais il marque un tournant : pour la première fois, une partie de la droite républicaine, y compris des élus du groupe Horizons, a choisi de voter avec le RN. La ligne de défense républicaine, construite depuis quarante ans pour contenir la rhétorique nationaliste, s’effrite sous nos yeux.

Un accord mal compris, instrumentalisé depuis cinquante ans

Il faut aussi rappeler ce qu’est réellement cet accord de 1968. Conclu dans un contexte post-colonial, il visait à encadrer l’immigration algérienne, non à la favoriser. Il mettait fin à la liberté totale de circulation héritée des accords d’Évian, et introduisait un régime de visas et d’autorisations de travail.

Trois avenants successifs (1985, 1994, 2001) et l’instauration du visa obligatoire en 1986 ont encore restreint les droits des ressortissants algériens. Ce texte, souvent présenté comme un “privilège migratoire”, est en réalité l’outil d’un contrôle renforcé, non d’un avantage.
C’est dire combien le débat actuel repose sur une méconnaissance historique alimentée par la démagogie.

Des “avantages” imaginaires

Les opposants à l’accord dénoncent régulièrement de prétendus “passe-droits” accordés aux Algériens : un visa de court séjour qui ouvrirait tous les droits, un statut de commerçant trop facile à obtenir, un regroupement familial plus souple.
La réalité administrative dément ces affirmations :

  • le visa de court séjour ne permet ni de s’installer ni de travailler ;
  • le statut de commerçant nécessite un visa long séjour et reste difficile à obtenir ;
  • le regroupement familial, certes accessible après douze mois au lieu de dix-huit, reste soumis à des conditions strictes de logement et de ressources.

Il est même des domaines où les Algériens sont désavantagés, comme celui des étudiants ou des travailleurs temporaires. Bref, l’accord ne confère pas des privilèges : il crée un régime particulier, aujourd’hui largement neutralisé par le droit commun des étrangers.

Un symptôme inquiétant du brouillage politique

Le plus préoccupant n’est pas le contenu du texte voté, mais la symbolique politique du scrutin. Que des députés issus de la droite modérée ou du centre aient pu voter une proposition du RN montre combien les frontières idéologiques se sont estompées.
Le front républicain, jadis ciment de la vie politique française, se délite dans l’indifférence générale.
Et le plus frappant est la démobilisation des autres groupes parlementaires : sur 92 députés du groupe présidentiel, seuls 30 étaient présents. Ce silence est un signal : la fatigue démocratique ouvre un espace au populisme.

La tentation du simplisme

Derrière la querelle sur un accord vieux de cinquante ans, se cache une autre bataille : celle du récit national. En s’attaquant à un texte symbolisant la relation franco-algérienne, certains cherchent à rejouer l’histoire coloniale sous les habits de la souveraineté retrouvée.
Mais réduire la diplomatie à un instrument électoral, c’est confondre fermeté politique et fermeture identitaire.
Ce glissement – qualifié à juste titre de “tentation trumpiste” – met en péril la rationalité juridique et le sens de l’État.

Conclusion

L’accord de 1968 n’est ni la cause des déséquilibres migratoires, ni un obstacle à la souveraineté française. Son maintien ou sa renégociation relève du dialogue diplomatique, non du réflexe idéologique.
La France a besoin d’un débat sur l’immigration, certes, mais fondé sur les faits, non sur les fantasmes.
À force de céder aux discours simplistes, la démocratie risque de perdre ce qui la distinguait : la primauté du raisonnement sur la peur, du droit sur le ressentiment

En somme, le vote du 30 octobre 2025 ne change rien en droit, mais il change beaucoup en symbole : il révèle une classe politique qui se détourne de la complexité au profit de slogans.
Face à la démagogie, il est urgent de rappeler que la République ne se défend pas par la peur, mais par la raison.

Rappelons-le : une résolution parlementaire ne lie pas le gouvernement. Elle exprime une opinion, rien de plus. En droit international, un traité bilatéral comme l’accord de 1968 ne peut être dénoncé qu’en cas de violation manifeste par l’une des parties. Or, les reproches adressés à l’Algérie – notamment son prétendu refus de reprendre ses ressortissants sous OQTF – ne reposent sur aucune clause du traité.
L’accord de 1968 ne traite ni des expulsions, ni des obligations de quitter le territoire français. L’argument juridique du RN s’effondre donc à la première lecture.

Ce vote n’aura aucune conséquence pratique, mais il marque un tournant : pour la première fois, une partie de la droite républicaine, y compris des élus du groupe Horizons, a choisi de voter avec le RN. La ligne de défense républicaine, construite depuis quarante ans pour contenir la rhétorique nationaliste, s’effrite sous les yeux des politiques français

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

Chienlit, arrogance et propagande : la presse du Makhzen pète les plombs !

Sous couvert d’analyse géopolitique, un article marocain relayant les propos de Massad Boulos, proche de Donald Trump, tente de transformer la question du Sahara en chantage politique : “accepter la paix marocaine ou risquer une implosion à la soudanaise.” Une provocation flagrante à laquelle l’Algérie répond par la dignité, la fermeté et la légitimité du droit international.

Algérie, dignité et souveraineté face à la diplomatie de la peur

Il n’est pas rare que la diplomatie marocaine s’abrite derrière une communication habile pour transformer la provocation en “message de paix”. Mais lorsque cette stratégie se double d’un discours de menace — évoquant une “Algérie à la soudanaise” —, elle franchit une ligne rouge : celle de la décence et de la vérité.

L’article en question, diffusé dans la presse marocaine, ne cherche pas à informer. Il cherche à imposer un récit unique : celui d’une Algérie coupable de son attachement au droit international, sommée d’accepter “la paix sous la bannière du Maroc”. Un scénario digne des temps coloniaux, où la souveraineté des États devait s’incliner devant le diktat des puissances.

Je crois que malgré son Tberguig médiatique, la presse du Makhzen n’arrive pas à se rendre compte ni à admettre que le royaume du Maroc n’a jamais existé tel que la propagande du Makhzen l’a façonné à jamais dans les esprits marocains, ceci dans le but de vendre une image qui ne reflète ni la réalité historique ni l’honnêteté morale. Pratiquement, il est donc aberrant de mesurer le développement de la politique marocaine aux projets politiques  réalisés par des étrangers pour les étrangers. Le Makhzen avec ses théories farfelues se perfectionne à vouloir créer un ennemi permanent afin de se régénérer et endoctriner le peuple.

Une fausse alternative : se soumettre ou sombrer

La rhétorique de cet article repose sur une fausse dichotomie : soit l’Algérie se plie au plan d’autonomie marocain, soit elle s’expose à la “désintégration”.
Cette manipulation est grossière. Elle ne traduit pas une volonté de paix, mais un chantage diplomatique
 ce qui a donné lieu à un festival d’idioties médiatisées, qui sont devenues des hypothèses sur des hypothèses et des supputations sur supputations et juste à part vendre de la fumée.

Or, l’Algérie n’a pas besoin qu’on lui dicte ce que “la paix” doit signifier. Son engagement est clair : respecter les résolutions de l’ONU et défendre le droit des peuples à l’autodétermination, un principe universel que nul ultimatum ne saurait effacer.

L’Algérie, fidèle à ses principes, pas à un dogme

Qualifier la position algérienne de “doctrinaire” ou “boumediéniste” relève de la caricature.
Depuis l’indépendance, l’Algérie a bâti sa diplomatie sur la constance morale et la légitimité du droit. Elle n’a jamais varié dans son soutien à une solution politique, pacifique et conforme au droit international pour le Sahara occidental.

Cette position n’est ni contre le Maroc, ni au service d’un séparatisme fantasmé. Elle est l’expression d’un engagement historique envers la justice et la liberté des peuples.
Ceux qui la qualifient de “dogmatique” oublient que l’Algérie fut le berceau du principe d’autodétermination inscrit à l’ONU.

Tout au long de son histoire, le Makhzen n’a pas vraiment changé de nature, il a toujours su créer et orchestrer ce type de campagnes qui tendent à discréditer le voisin algérien pour l’accuser de vouloir déstabiliser de facto le Maroc et se déclare comme un pays victime de l’ostracisme des autorités algériennes afin de fabriquer l’Algérie comme l’Ennemi, nous avons même pu constater qu’un jour le consul général du Maroc à Oran avait osé qualifier l'Algérie de pays ennemi dans l’aveuglement de sa propre fonction symbolique.  Quelle obsession !!!!

Le parallèle avec le Soudan : la peur comme arme rhétorique

Comparer l’Algérie au Soudan est une offense à la raison et à l’histoire.
Le Soudan a connu une guerre civile interne, nourrie par des divisions ethniques et des rivalités armées.
L’Algérie, au contraire, est un État-nation souverain, uni et socialement cohérent, fort d’une mémoire collective forgée dans la résistance et la dignité.

Agiter la menace d’une “partition” relève d’un désir inavoué : projeter sur l’Algérie les fractures que d’autres cherchent à masquer chez eux.
Ce type de propagande ne révèle pas la faiblesse de l’Algérie, mais celle d’un discours marocain à court d’arguments.
En effet, la monarchie n'a guère changé, les crimes et les assassinats politiques sont d'actualité, les disparitions, les fusillades en terre ou  mer, de vrais suicides faux, les siècles de prison pour qui ose dire non, bref, un enfer absolu pour les Marocains et un paradis fascinant pour les traîtres et les étrangers.

La manipulation des relais américains

L’article s’appuie sur Massad Boulos, un proche de Donald Trump, pour donner à sa thèse une apparence d’autorité internationale.
Mais il faut le rappeler : M. Boulos n’est ni diplomate ni représentant officiel de Washington.
Son opinion ne reflète pas la position du gouvernement américain, qui continue de soutenir le processus onusien et d’appeler à une solution politique mutuellement acceptable.

Cette instrumentalisation d’un individu pour servir une ligne politique interne illustre une dérive inquiétante : celle où l’illusion médiatique remplace la diplomatie réelle.

L’Algérie, garante de la stabilité régionale

L’Algérie n’a jamais cherché à attiser les tensions régionales. Elle œuvre, au contraire, à la paix et à la stabilité du continent africain : médiation au Mali, engagement pour la paix en Libye, défense des causes justes à l’Union africaine et aux Nations unies.

Ceux qui cherchent à déstabiliser la région par des comparaisons incendiaires devraient s’inspirer de cette constance au lieu de la craindre. L’Algérie ne bâtit pas sa politique sur le malheur des autres. Elle le fait sur la justice, la dignité et la non-ingérence.

La paix ne s’impose pas, elle se construit

Parler de paix tout en brandissant la menace de la division est une contradiction insurmontable. La “paix” selon la vision marocaine n’est pas une paix véritable, mais une reddition maquillée. La vraie paix naît du respect mutuel, du droit et du dialogue sincère.

L’Algérie n’a jamais fermé la porte à la discussion.
Mais elle refuse que la paix devienne le masque d’une annexion imposée, contraire au droit international et à la dignité des peuples.

Face à la provocation, la constance algérienne

À ceux qui rêvent d’une Algérie affaiblie, divisée ou craintive, la réponse est simple : l’Algérie ne se fragmente pas, elle se renforce.
Son unité nationale, sa stabilité institutionnelle et sa cohésion sociale sont le fruit d’une histoire unique : celle d’un peuple libre qui ne s’agenouille devant aucune puissance.

Les calculs diplomatiques passent, les menaces s’effacent, mais la constance algérienne demeure.
Car la souveraineté de l’Algérie ne se discute pas, elle se vit.

Conclusion : la dignité comme horizon

L’article marocain qui prophétise le “chaos algérien” n’est pas un texte d’analyse, c’est un aveu d’impuissance.
Il révèle la nervosité d’un discours qui cherche à substituer la propagande au droit, la menace à la diplomatie, la peur à la raison.

Je ne critique pas les Marocains, déjà, évidemment que la majorité reste honnête, mais je tiens à préciser que je suis depuis très longtemps profondément sympathisant de la cause Palestinienne et celle des Sahraouis, et surtout que dans le sillage du discours tenu par le palais, la théorie du ruissellement  

On sait pourquoi, mais il ne faut pas le dire. Faut me pardonner, je viens de regarder à la télé le Roi des pauvres, le protecteur de la démocratie, de la liberté au Maroc et l'enthousiasme me trouble au point de commettre une confusion impardonnable, il s'agissait bien d'un Hitler Machin ou quelque chose comme ça, ce supposé dirigeant d’un royaume de l’abondance de la démocratie et de l’intelligence, encore du n’importe quoi, ce narco-régime de la prostitution devient l’ombre de lui-même, sous un monarque alcoolique et LGBT avéré qui arrive à faire du Maroc un pays des héritiers et des rentiers.

Un petit rappel pour les médias de sa majesté, c’est l’ensemble du peuple Algérien qui opte pour la fermeture permanente des frontières ainsi que la rupture des relations avec le régime du Makhzen Marocain. Donc pour l’Algérie, le Maroc n’est nullement un rival, un ennemi mais juste un voisin agaçant, troublant et surtout sionisé.
Algérie appartient à ceux qui savent la défendre et le Maroc appartient à ceux qui savent le vendre !!!!!

L’Algérie, elle, reste fidèle à ce qui la définit depuis 1962 : la dignité, la justice et la souveraineté.
Et tant que ces valeurs guideront sa diplomatie, aucun “message subliminal” n’ébranlera sa détermination.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/

 

Maroc/ La victoire avant le sifflet final : quand le Makhzen médiatique se prend pour un verdict

À la veille du vote de la résolution onusienne sur le Sahara occidental, une partie de la presse marocaine s’est empressée de célébrer une victoire diplomatique annoncée. Le ton est triomphal, les superlatifs débordent, et la prudence diplomatique semble reléguée au second plan. Mais derrière cette euphorie, une autre lecture s’impose : celle d’un récit fabriqué, où la ferveur nationale prend la place de la vérité politique.

Le triomphalisme comme réflexe

Depuis quelques jours, les manchettes de la presse proche du pouvoir marocain affichent une assurance sans faille.

Les titres s’enchaînent : Victoire diplomatique historique, “le rêve séparatiste enterré”, l’ONU acte le plan marocain.

La source de cette liesse ? Un draft zéro de résolution du Conseil de sécurité — autrement dit, un document de travail, préliminaire, non encore voté. Mais qu’importe : l’important n’est pas ce qui est écrit, mais ce que l’on veut y lire.

Cette célébration anticipée s’inscrit dans une logique bien connue : celle d’un journalisme sujet du Palais  où l’éditorial se confond avec la volonté royale.
L’information n’est plus description mais divination Le style, martelé, transforme la spéculation en certitude et la certitude en victoire. Le verbe supplante le fait. Le commentaire tient lieu de preuve.

Le récit remplace la réalité

Ce ton d’assurance ne relève pas seulement du zèle royaliste. Il répond à un besoin plus profond : celui de fabriquer un récit collectif, où le Maroc s’impose comme acteur légitime, victorieux et éclairé, face à une Algérie réduite à la caricature du “régime paniqué”.
Dans cette mise en scène, le conflit du Sahara n’est plus une question de droit international, mais une lutte morale entre modernité et archaïsme, entre raison et “hostilité voisine”.

Le procédé du Palais est efficace : il mobilise l’émotion, simplifie la complexité et offre à l’opinion une épopée. Mais ce récit ne dit rien des nuances, ni des réalités politiques.
La diplomatie, elle, ne se nourrit pas de slogans mais de prudence, de patience et de compromis — trois vertus que la ferveur médiatique balaie d’un revers de manche.

Le pouvoir des mots

Les mots, ici, ne sont pas neutres.
Quand une dépêche affirme que “l’autonomie constitue la seule base crédible” ou qu’elle “garantit l’autodétermination”, elle ne se contente pas de rapporter : elle réécrit le langage du droit international.
L’autodétermination, hier synonyme de référendum, devient aujourd’hui synonyme d’autonomie sous souveraineté marocaine.

Changer les mots, c’est déplacer le sens et déplacer le sens, c’est rediriger le réel. Cette opération linguistique est au cœur du triomphalisme monarchiste. L’auteur ne discute pas, il décrète. Il ne cite pas, il consacre.
La rhétorique du “consensus international” remplace le débat sur le fond, et l’unanimisme proclamé masque la persistance des désaccords.

Trump, l’ombre tutélaire

Un autre détail intrigue : la présence quasi rituelle du nom de Donald Trump. L’ancien président américain, dont la reconnaissance du Sahara marocain avait provoqué une onde de choc, revient dans le discours médiatique comme une figure de validation ultime.
Le leadership du président américain” y est célébré, “son engagement pour la stabilité régionale” invoqué.
Peu importe que le Conseil de sécurité ne fasse nulle mention de lui : l’ombre de Trump sert de caution, comme si la puissance du symbole pouvait pallier le manque de consensus.

Ce recours à l’amabilité américaine traduit une dépendance plus qu’une assurance.
Il exprime le besoin de reconnaissance extérieure pour asseoir la légitimité interne — paradoxe d’un discours qui proclame la souveraineté tout en la plaçant sous tutelle symbolique.

Le théâtre du triomphe

À force de crier victoire, le discours finit par trahir sa propre nervosité. Car un pays sûr de lui n’a pas besoin de claironner. Ce besoin d’affirmer la victoire avant le verdict traduit une peur sourde : celle que le réel ne suive pas le récit. L’allégresse se fait masque, l’excès de confiance cache l’inquiétude.
C’est une stratégie politique du Royaume — mais aussi une fragilité psychologique.

Le Maroc, en quête de reconnaissance internationale, cherche à verrouiller le récit avant le vote, à figer dans le marbre une victoire encore hypothétique.
Mais en diplomatie, le temps du verbe n’est jamais celui des urnes.
L’histoire ne se plie pas à la hâte des manchettes.

L’oubli du doute

Dans cette effervescence médiatique, ce qui disparaît, c’est la capacité de douter.
Douter n’est pas renoncer. C’est reconnaître que le réel ne s’écrit pas à l’encre d’une seule plume.
Or, le discours triomphaliste ne doute jamais. Il ne s’interroge pas : il affirme, il accuse, il célèbre. Et ce refus du doute, dans un contexte régional aussi sensible, est peut-être le plus grand danger. Car la diplomatie n’est pas un champ de bataille : c’est un espace de langage.
Et dans cet espace, l’arrogance du verbe est souvent l’ennemie de la raison.
Le patriotisme mature, lui, n’a pas peur de la nuance.

Une victoire de papier

Le projet de résolution tant commenté n’a pas encore été adopté. Aucun texte officiel n’entérine à ce jour le plan marocain comme “unique base de solution”.
Mais déjà, les plumes s’enflamment, les plateaux s’agitent, les certitudes s’épaississent.
C’est une victoire de papier, une victoire narrative.
Et si le vote final diffère, il sera toujours temps d’inventer un autre récit pour sauver la face.

C’est ici que se joue la véritable bataille : non sur le terrain du droit, mais sur celui du langage public.
Gagner la perception, c’est influencer le réel. Mais à force de manipuler la perception, on finit parfois par se tromper soi-même.

La force de la lucidité

Il n’est pas question ici de nier la légitimité du Maroc à défendre sa position, ni de minimiser les enjeux géopolitiques du Sahara.
Mais entre défendre une cause et confondre ferveur nationale et vérité internationale, il existe une frontière — celle de la lucidité.
Le Monarchisme éclairé n’est pas celui qui triomphe à tout prix, mais celui qui sait attendre, comprendre, négocier.

La région maghrébine, déjà saturée de blessures, n’a pas besoin d’une surenchère de certitudes, mais d’un retour à la mesure. Et la presse du Roi, au lieu d’alimenter la fièvre, pourrait retrouver sa mission première : embrasser sans enflammer. Car si l’histoire a un langage, c’est celui de la patience. Et elle finit toujours par démentir ceux qui parlent trop tôt en son nom.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   
https://kadertahri.blogspot.com/