Sahara occidental : comment la presse
marocaine instrumentalise les propos américains et détourne les résolutions de
l’ONU au service d’une propagande politique.
Il arrive un
moment où l’on ne peut plus parler de biais, d’erreur d’analyse ou même de
militantisme journalistique. Le traitement par une partie de la presse
marocaine de l’interview de Massad Boulos accordé à la presse
Libanaise, relève désormais d’un dispositif de propagande parfaitement
identifiable, mobilisant sans complexe les techniques classiques de
manipulation de l’opinion : agenda-setting, framing, cherry-picking
et inversion accusatoire.
Nous ne
sommes plus face à une information orientée, mais face à une fabrication
narrative délibérée, destinée à imposer une vérité politique artificielle
là où les faits résistent. Les médias royalistes du Makhzen ne
sont qu’une misérable caricature de propagandiste d’une monarchie répugnante
qui s’est illustrée régulièrement par la torture de ses opposants. Le régime du
Makhzen a annexé par la force un pays pour ses richesses minières et
halieutiques et par des attaques, contre ceux que disent non à cette agression,
ni le tweet, ni une lettre sioniste ne changeront rien à ce constat de base.
Mais pour le Makhzen Marocain, il ne perd jamais une occasion de se ridiculiser
L’agenda-setting : imposer le Sahara comme
grille unique de lecture
Première
manœuvre : l’agenda-setting. L’interview de Massad Boulos aborde
les relations américano-algériennes dans leur globalité, avec un langage
diplomatique standard, prudent et volontairement équilibré. La presse marocaine
choisit pourtant de réduire l’ensemble de l’entretien à un seul prisme
obsessionnel : le Sahara occidental.
Tout est
relu, filtré, interprété à travers ce prisme unique, comme si la politique
étrangère américaine se résumait à un seul dossier. Cette focalisation
artificielle vise à donner l’illusion que : toute relation avec l’Algérie
serait subordonnée au Sahara, toute déclaration américaine serait un message
codé adressé à Alger. C’est faux, mais c’est efficace sur le plan de la
mobilisation interne. C’est l’escroquerie intellectuelle insultante d’un
Makhzen à ses sujets non-voyants.
Le framing : transformer un discours diplomatique en menace
politique
Deuxième
procédé : le framing, ou cadrage narratif. Les propos de Massad
Boulos sont neutres, consensuels, classiques. La presse marocaine les
reconditionne en : « relance », «avertissement », « rappel à
l’ordre » et « absence de gestes concrets de l’Algérie ».
Aucun de ces éléments ne figure dans les propos cités. Ils sont injectés dans le commentaire pour transformer un discours diplomatique banal en ultimatum imaginaire. Le lecteur n’est plus informé, il est guidé émotionnellement vers une conclusion prédéfinie : l’Algérie serait isolée, sous pression, sommée de céder. C’est une mise en scène, pas une analyse.
Le cherry-picking : sélectionné, amplifié, occulté :
Troisième instrument
: le cherry-picking. On sélectionne soigneusement : les phrases
favorables au plan marocain, les qualificatifs flatteurs (« historique
», « partenariat profond »), les références répétées au soutien américain.
Et l’on occulte
délibérément : l’absence de toute reconnaissance de souveraineté, le
maintien du cadre onusien, la séparation explicite des dossiers algérien et
sahraoui, la nature non contraignante des résolutions du Conseil de sécurité.
Cette
sélection biaisée permet de fabriquer une continuité fictive : celle d’un
alignement total, irréversible et juridiquement décisif des États-Unis sur la
position marocaine. Une continuité qui n’existe que dans la narration
médiatique du Makhzen
La falsification juridique : une transformée en
verdict résolution
Qualifier la
résolution 2797 de « consécration » du plan marocain d’autonomie n’est pas une
approximation : c’est une falsification. Aucune résolution du Conseil de
sécurité ne règle le statut du Sahara occidental. Aucune ne reconnaît une
souveraineté. Aucune ne clôt le conflit.
Mais la
presse marocaine agit comme si le droit international était une variable
d’ajustement narratif. La résolution devient un verdict, le processus devient
un résultat, l’attente devient une victoire. C’est une réécriture assumée du
réel.
L’inversion accusatoire : criminaliser la constance
algérienne
Dernier
ressort, et non des moindres : l’inversion accusatoire. L’Algérie est présentée
comme : passive, récalcitrante, responsable de l’absence de paix.
Or,
l’Algérie n’est liée par aucun engagement juridique l’obligeant à soutenir une
solution unilatérale. Elle maintient une position constante, fondée sur le
droit international et le principe d’autodétermination. La transformer en faute
diplomatique est une opération de culpabilisation politique, destinée à
masquer l’impasse réelle du dossier.
C’est le
procédé classique du propagandiste : accuser l’autre de bloquer ce que l’on
n’a pas su résoudre.
Une presse devenue outil de persuasion, non
d’information
Ce texte
n’informe pas, il persuade. Il ne décrit pas, il oriente. Il ne
rapporte pas, il fabrique. En cela, il s’inscrit pleinement dans une
logique de communication politique, où la presse cesse d’être un contre-pouvoir
pour devenir un relais discipliné de la narration officielle.
Cette dérive est dangereuse. Non pas pour l’Algérie — qui n’a rien à perdre à la constance — mais pour la crédibilité même du discours marocain, enfermé dans une auto-affirmation permanente, déconnectée des réalités juridiques et diplomatiques.
Conclusion : la réalité résiste à la propagande
La position
américaine n’est ni un ultimatum, ni un diktat, ni une pression sur Alger. Elle
est favorable au Maroc, certes, mais encadrée, nuancée et non décisive.
Tout le reste relève d’un récit construit pour la consommation politique
interne.
On peut
répéter une narration à l’infini. On peut la durcir, la marteler, la
scénariser. Mais à terme, la réalité diplomatique finit toujours par
rattraper la propagande. Et aucun procédé médiatique, aussi sophistiqué
soit-il, ne peut remplacer une solution politique réelle. Je crois que
cette presse n’arrive pas à se rendre compte ni à admettre que le royaume du
Maroc n’a jamais existé tel que la propagande du Makhzen l’a façonné à jamais
dans les esprits marocains, ceci dans le but de vendre une image qui ne reflète
ni la réalité historique ni l’honnêteté morale.
Le Makhzen
avec ses théories farfelues se perfectionne à vouloir créer un ennemi permanent
afin de se régénérer et endoctriner le peuple. Totalement falsifiée par la propagande
mensongère et stupide, l'histoire du Royaume du Maroc actuel demeure méconnue
des Marocains, au point de devenir un ensemble de grandes énigmes et de nombres
évènements importants de l’histoire du Royaume du Maroc sont restés trop
longtemps tabous par un régime du Makhzen féodal. C’est des historiens que le
disent
Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles
soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/
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