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Mon 500ᵉ billet: écrire librement, penser avec rigueur

 

Cinq cents billets publiés, autant de traces d’un parcours fait d’engagements, de doutes, de lectures et de convictions. Ce n’est pas une célébration, mais une pause : l’occasion de revenir sur ma démarche, mes principes et cette liberté singulière que m’offre l’écriture.

Depuis mes débuts, j’ai voulu faire de cet espace un lieu d’échange et d’analyse où les questions politiques et sociales puissent être abordées autrement — non pas dans le bruit médiatique, mais sous l’angle de leur traitement, de leur mise en récit, de ce qu’elles disent de notre époque.

Ce billet n’est pas un retour narcissique. C’est une halte pour préciser d’où j’écris, pourquoi j’écris, et comment cette pratique s’est imposée, au fil des années, comme une forme de résistance intellectuelle et morale.

Un cap symbolique : cinq cents billets et un même fil conducteur

Voici donc le 500ᵉ billet publié sur ce blog. Un chiffre, bien sûr, mais aussi une étape qui invite à la réflexion. Depuis mes débuts, j’ai voulu faire de cet espace un lieu d’échange et d’analyse, où les questions politiques et sociales puissent être abordées autrement — non pas à travers le bruit médiatique, mais sous l’angle de leur traitement, de leur mise en récit et de ce qu’elles révèlent du monde dans lequel nous vivons.

Ce billet n’est pas un bilan, encore moins un exercice d’autosatisfaction. C’est une halte, un moment pour dire d’où je parle, pourquoi j’écris, et comment cette pratique, au fil des ans, s’est imposée comme une forme de résistance intellectuelle et morale.

Une écriture née de l’expérience et du militantisme

Mon écriture est profondément liée à mon parcours.
Enseignant et militant politique et social pendant près de vingt ans, j’ai longtemps vécu les réalités que je commente aujourd’hui. Les thèmes qui traversent mes textes — justice sociale, précarité, liberté, citoyenneté — ne sont pas des objets d’étude abstraits, mais des terrains d’expérience.

Je ne regrette pas ce passé. Je n’ai plus l’illusion d’être un réformiste, mais je reste un compagnon de route, animé par ce devoir de parole que je m’impose à moi-même. Écrire, pour moi, c’est participer, modestement, à la circulation d’un savoir, d’une vigilance, d’une mémoire collective.

Écrire, c’est militer autrement

Je milite à ma manière. Il y a sans doute, dans le geste d’écrire publiquement, une part de narcissisme — celle de croire qu’un texte puisse toucher, éveiller ou convaincre, fût-ce un petit nombre de lecteurs. Mais il y a surtout la conviction que la parole peut être utile : qu’elle éclaire, qu’elle nuance, qu’elle relie.

Je vois dans l’écriture moins un devoir qu’un savoir à partager : un ensemble d’expériences, de connaissances et de convictions qui peuvent servir à d’autres.
Je m’efforce de respecter quelques principes simples : ne jamais insulter mes adversaires, ne jamais juger les personnes sur leur nom ou leur apparence. Ce n’est pas une posture morale, mais une exigence de décence et d’honnêteté.

Écrire ici m’offre une liberté rare : celle de ne rendre de comptes à personne. Cette autonomie, je la considère comme un privilège, mais aussi comme une responsabilité

Commentaires, débats et illusions perdues

Les espaces numériques ne sont pas toujours des lieux de sérénité.
Je lis souvent les commentaires avec intérêt, parfois avec amusement, parfois avec lassitude. Certains prolongent utilement la réflexion : ils corrigent, précisent, débattent. D’autres, hélas, ne font qu’exprimer la colère, le ressentiment ou le besoin d’avoir raison. C’est la loi du genre.

Mais à travers tout cela, un lectorat s’est formé. Des lecteurs fidèles, attentifs, curieux, qui apprécient une approche des faits souvent absente du paysage médiatique actuel.
C’est à eux que je pense lorsque j’écris, non pour leur plaire, mais pour dialoguer avec cette part du public qui refuse le prêt-à-penser.

Au fil du temps, j’ai chroniqué des sujets variés : la guerre de Gaza, l’immigration en France, les tensions régionales avec le Maroc, et d’autres encore. Des thèmes lourds, complexes, qui exigent rigueur, recul et honnêteté.

Une écriture entre journalisme et engagement

Je revendique une écriture à la fois journalistique et militante.
Journalistique, parce qu’elle repose sur la vérification, la documentation, la précision.
Militante, parce qu’elle assume un point de vue, une orientation, une fidélité aux réalités vécues.

Beaucoup de lecteurs, même en désaccord, ont reconnu cette exigence. Peut-être parce qu’ils sentent que, pour moi, l’objectivité n’est pas la neutralité : elle n’exclut pas la prise de position, elle en est parfois la condition. Rappeler un fait, le contextualiser, le confronter à d’autres, c’est déjà militer pour une information juste.

Et puis, il faut bien poser la question :

Qui est le plus militant ? Celui qui rappelle les faits, ou celui qui choisit de les passer sous silence ?

Le silence, lui aussi, est une forme de parti pris. Il nourrit la désinformation, il affaiblit le débat, il empêche la réflexion.

Ma position : chroniqueur militant, non journaliste

Je ne me revendique ni militant au sens traditionnel, ni chroniqueur neutre. J’essaie d’être un chroniqueur militant — un observateur engagé, qui documente, analyse, puis prend position, sans jamais céder à l’invective.

Lorsque j’écris sur la précarité, sur les injustices ou sur les crises sociales, je ne dénonce qu’après avoir travaillé sur des faits vérifiables : chiffres, textes de loi, témoignages. Je ne prétends pas être journaliste, car je ne mène pas d’enquêtes contradictoires. Mais je cherche à m’approcher de la vérité, avec les moyens d’un citoyen qui s’informe, lit, questionne et observe.

Sur le terrain, il m’arrive que des interlocuteurs me prennent pour un journaliste. J’en suis flatté, sans pour autant le revendiquer. Je corrige chaque fois cette confusion, par respect pour la profession, mais aussi par fidélité à ma propre position : celle d’un auteur libre, qui n’appartient à aucune rédaction, mais partage avec elle une même exigence de sérieux et de cohérence.

Ce que cinq cents billets m’ont appris

Cinq cents billets, c’est beaucoup d’heures d’écriture, d’écoute, de débats et d’incertitudes.
C’est aussi la preuve que, malgré le bruit et la fatigue du monde, il reste des lecteurs pour qui les mots comptent, pour qui penser encore a du sens.

Je mesure, avec le recul, ce que cette pratique m’a apporté : une discipline intellectuelle, une distance critique, une fidélité à certaines valeurs — respect, rigueur, empathie.

Ce 500ᵉ billet n’est donc pas un point final, mais une étape.
J’aimerais que les suivants prolongent cette exigence : écrire non pour convaincre à tout prix, mais pour comprendre et faire comprendre.
Car la liberté d’écrire n’a de valeur que si elle sert à éclairer — un peu — ce qui, trop souvent, reste dans l’ombre.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/


Quand la défense d’un écrivain devient une attaque contre tout un pays

 

Ce travail propose une analyse critique d’un article de presse présentant Boualem Sansal comme victime emblématique du régime algérien. Sous une apparente défense de la liberté d’expression, le texte étudié véhicule une vision manichéenne et postcoloniale qui réduit l’Algérie à un État oppressif et arriéré. L’étude met en lumière les biais idéologiques, la rhétorique émotionnelle et la fabrication médiatique d’un “symbole Sansal” déconnecté de la réalité culturelle algérienne. En tant qu’Algérien, l’auteur de cette analyse souligne la déformation du discours journalistique qui, sous couvert de compassion, instrumentalise un écrivain pour attaquer tout un pays. L’objectif est de rétablir une lecture nuancée, respectueuse de la complexité historique, sociale et intellectuelle de l’Algérie contemporaine

Introduction

Très souvent la presse française prétend défendre la liberté d’expression à travers le cas de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison en Algérie. Sous un ton indigné, le texte dénonce la censure et l’autoritarisme du « régime algérien », qu’il oppose à la figure héroïque d’un intellectuel libre et persécuté. Cependant, une lecture critique révèle un ensemble de partis pris idéologiques, postcoloniaux et médiatiques, qui réduisent la complexité du contexte algérien à une opposition simpliste entre barbarie et modernité.
En tant qu’Algérien, il apparaît nécessaire de nuancer cette vision binaire et de replacer Boualem Sansal et sa réception dans une perspective historique, culturelle et sociale plus juste.

Ainsi, cette analyse s’articulera autour de trois axes :

Dans un premier temps, nous montrerons que l’article adopte une rhétorique manichéenne et militante.

Dans un second temps, nous analyserons le biais postcolonial et la fabrication médiatique du “symbole Sansal”.

Enfin, nous proposerons une réponse critique depuis une perspective algérienne, qui met en lumière la déformation du discours médiatique et son instrumentalisation politique.

Une rhétorique manichéenne et militante

Dès les premières lignes, le ton de l’article s’inscrit dans une logique de confrontation morale : d’un côté, le « régime » autoritaire et obscurantiste ; de l’autre, l’écrivain libre, victime d’un système répressif. Ce schéma narratif binaire transforme une situation politique complexe en drame moral simplifié. Les formulations répétées — « le régime pardonne les armes mais redoute les idées », « il déchaîne la pensée » — visent à susciter l’émotion plutôt qu’à informer.

Aucune donnée factuelle, aucune source indépendante n’est mobilisée pour appuyer les accusations de censure ou les détails de la condamnation. Le texte relève davantage du pamphlet militant que de l’analyse journalistique ou politique.
Cette approche émotionnelle, centrée sur l’indignation, réduit l’Algérie à un espace d’oppression et d’irrationalité, où toute pensée libre serait immédiatement punie. Elle occulte la pluralité du champ intellectuel algérien, où de nombreux écrivains, journalistes et chercheurs s’expriment ouvertement sans contraintes.

Le biais postcolonial et la fabrication médiatique du “symbole Sansal”

L’article s’inscrit dans une tradition discursive française postcoloniale qui tend à se réapproprier les “voix dissidentes” du Maghreb comme symboles de liberté face à la tyrannie supposée de leurs pays d’origine. Boualem Sansal, écrivain francophone et laïc, y est présenté comme le “Camus algérien” contemporain, incarnation d’une rationalité héritée de la pensée européenne.
Ce discours reconduit une forme de paternalisme culturel, où l’Occident s’arroge le droit de définir ce qui est moderne, libre ou éclairé.

En réalité, Boualem Sansal, avant sa récente arrestation, était très peu connu du grand public, aussi bien en France qu’en Algérie. Son œuvre, dense et exigeante, touche un lectorat limité, souvent universitaire. En Algérie, ses livres sont peu diffusés, et son discours sur la société est parfois perçu comme pessimiste, élitiste ou condescendant. La soudaine “canonisation” médiatique de Sansal comme martyr de la pensée libre apparaît donc comme une construction opportuniste, davantage liée à la volonté de dénoncer l’État algérien qu’à un véritable intérêt pour la littérature ou pour la liberté d’expression.

Cette récupération médiatique illustre un mécanisme récurrent : la transformation d’une figure individuelle en outil de légitimation d’un discours global contre un pays. L’écrivain devient ainsi un prétexte pour relancer un vieux récit occidental sur l’Algérie — celui d’une nation incapable de se moderniser sans l’influence de la France.

Une réponse critique depuis une perspective algérienne

En tant qu’Algérien, je ne peux que constater le décalage entre la réalité perçue de Boualem Sansal dans son pays et l’image construite par certains médias étrangers. Avant son arrestation, Sansal était, pour la majorité des Algériens comme des Français, un illustre inconnu. Sa notoriété actuelle doit beaucoup à la mise en scène médiatique de son “martyre” plutôt qu’à la réception réelle de son œuvre.

Les “larmes de crocodile” versées aujourd’hui par la presse occidentale témoignent moins d’une empathie sincère que d’un réflexe idéologique ancien : utiliser le cas d’un intellectuel algérien pour condamner l’Algérie tout entière. Cette posture, en prétendant défendre la liberté, occulte les transformations internes du pays, la diversité de ses écrivains, et la vitalité d’une jeunesse critique, connectée et désireuse de changement.

Mon cri de douleur

Ce type d’article instrumentalise la figure de Boualem Sansal qui, rappelons-le, n’a pas revendiqué être victime de quoi que ce soit récemment pour faire passer un message anti-algérien globalisant, aux relents parfois néocoloniaux.
Boualem Sansal, né en Algérie et devenu franco-algérien en 2024, reste justiciable pour des activités pouvant relever de « l’intelligence avec l’ennemi ». Comment peut-on, au nom de la libre pensée, construire un appel public sur une base aussi manifestement fausse ?
L’indignation ne dispense pas de rigueur, surtout lorsque l’on invoque l’héritage de ceux qui, comme Zola dans l’affaire Dreyfus, ont précisément mis la vérité au-dessus des passions.

Ce texte, dont l’intention affichée est la défense de la liberté, relève en réalité d’une instrumentalisation politique d’un écrivain que l’on érige, malgré lui, en symbole d’un combat simplifié : celui de la lumière de l’Occident contre l’obscurantisme supposé d’un régime algérien caricaturé. Une vision binaire et surjouée, qui enferme toute pensée critique dans des stéréotypes idéologiques et postcoloniaux.

Qu’on le veuille ou non, la pensée libre commence par le doute, la prudence et la vérification. Elle n’est ni posture, ni cri vide, ni indignation aveugle. À vouloir brandir à tout prix des symboles, on oublie parfois l’essentiel : la vérité.
La pensée française s’indigne pour Boualem Sansal emprisonné par l’Algérie, mais ne se gêne pas de poursuivre Alain Soral pour « provocation publique à la commission d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ». Le régime de Paris pratique le deux poids, deux mesures avec constance.
L’“humanisme” ainsi invoqué ne devient plus un idéal, mais une matière première pour justifier l’ingérence et la déstabilisation des pays jugés non conformes.

Conclusion

L’article analysé, sous couvert de défendre la liberté d’expression, reproduit en réalité une vision idéologique et postcoloniale de l’Algérie. Sa rhétorique manichéenne, sa glorification hâtive de Boualem Sansal et son absence de contextualisation en font un texte plus militant que journalistique.
Mon propos, en tant qu’Algérien, n’est pas de nier les difficultés du pays, mais de refuser que celles-ci soient instrumentalisées pour servir des logiques d’ingérence ou de supériorité morale.
La vraie liberté intellectuelle ne consiste pas à juger de l’extérieur, mais à écouter, comprendre et respecter la complexité des peuples.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Harragas, corruption, désespoir : qui brisera le cercle vicieux algérien ?

L’Algérie possède des ressources immenses, une histoire riche et une jeunesse pleine d’énergie. Pourtant, elle s’enlise dans la corruption, le népotisme et l’immobilisme. Ses jeunes rêvent plus souvent d’exil que d’avenir au pays. Ce paradoxe insupportable doit cesser. L’heure est venue pour l’Algérie de dire la vérité, de briser le conservatisme qui l’étouffe et d’engager des réformes profondes. Le citoyen algérien que je suis appelle à un sursaut national fondé sur la liberté, la justice et la modernité.

L’Algérie est jeune, riche, immense. Elle a tout pour réussir : des ressources abondantes, une histoire millénaire, une jeunesse créative. Et pourtant, elle piétine. Elle s’enlise. Elle se saborde.

Comment accepter ce paradoxe ? Comment un pays doté de tant de forces peut-il offrir si peu de perspectives à sa jeunesse ?

La blessure des harragas

La réalité est brutale : nos jeunes ne rêvent plus d’avenir ici. Ils rêvent de visa, d’exil, ou de traversées au péril de leur vie. Le phénomène des harragas n’est pas marginal. Il est le symptôme d’un système qui ne fonctionne plus.

L’Algérie accueille et fait vivre des millions de migrants étrangers. Mais elle pousse ses propres enfants à fuir. Voilà le scandale. Voilà la blessure.

Un système à bout de souffle

Les causes sont connues.
Une démocratie confisquée.
Des pratiques de pouvoir figées.
Une corruption endémique.
Un népotisme honteux.
Un conservatisme social étouffant.

Tout cela forme une chape de plomb qui écrase les talents, bride l’initiative et tue l’espoir. Le résultat est là : découragement, colère, cynisme.

Le temps des réformes profondes

Assez de promesses creuses. Assez de slogans soporifiques. L’Algérie n’a pas besoin de discours, elle a besoin d’actes. De réformes profondes, radicales, immédiates.

Elle doit se libérer de l’instrumentalisation du religieux et garantir la liberté de chacun de croire ou de ne pas croire, provoquer un choc éducatif et culturel, qui valorise la pensée critique et la créativité, instaurer une liberté d’expression réelle, sans tabous ni peur, où la dissidence est une richesse et non une menace, bâtir une économie propre, débarrassée des clans et des prédateurs, qui récompense le travail et l’innovation.

Dire la vérité, agir enfin

Pour y parvenir, il faut du courage. Le courage de regarder nos échecs en face. Le courage de briser un système obsolète qui vit de l’immobilisme. Le courage, enfin, de dire la vérité.

La vérité n’est pas une arme contre l’adversaire. C’est la base de tout. Gouverner, ce n’est pas répéter des illusions. C’est agir. Réformer. Libérer les énergies.

Une responsabilité historique

L’Algérie peut devenir un État fort, une république moderne, juste et prospère. Elle en a les moyens. Elle en a la jeunesse. Elle en a les ressources. Mais elle n’a plus de temps à perdre.

Si nous échouons aujourd’hui, nous perdrons une génération entière. Et peut-être avec elle l’avenir du pays.

L’appel d’un citoyen

Le citoyen algérien que je suis plaide pour une politique qui œuvre à plus de sécularisation de la société, à un véritable renouveau culturel, à une totale liberté d’expression des voix dissidentes et à un essor économique ne laissant plus qu’une portion congrue à la corruption, au népotisme et aux réflexes claniques.

Le temps est venu d’examiner les causes des échecs, de rectifier les erreurs et de définir de nouvelles options. Des options qui permettront de profonds changements, loin d’un conservatisme social qui étouffe, d’un sentiment obsidional qui mine et du poids de l’Histoire qui entrave.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

 

 

L’usage abusif de l’antisémitisme: enjeux et dérives

 

Introduction

Dans le débat public contemporain, l’accusation d’antisémitisme joue un rôle central dans la protection contre les propos haineux visant les personnes de confession ou d’origine juive. Toutefois, certains observateurs soulignent que cette accusation, lorsqu’elle est utilisée de manière abusive, peut servir à disqualifier des critiques légitimes, notamment lorsqu’elles portent sur des politiques gouvernementales, des acteurs économiques ou des institutions identifiées comme juives ou pro-israéliennes. Cette situation soulève la question délicate de l’équilibre entre la lutte contre le racisme et la préservation de la liberté d’expression.

Antisémitisme : définition et cadre légal

L’antisémitisme se définit comme toute hostilité ou discrimination envers les Juifs en tant que groupe ethnique ou religieux. En France, il est fermement condamné par la loi (loi du 29 juillet 1881 et loi Gayssot de 1990), et les pouvoirs publics s’engagent à le combattre activement.
Toutefois, cette lutte doit s’inscrire dans un cadre clair, afin d’éviter les amalgames entre critique légitime et discours de haine.

Les formes possibles d’un usage excessif

L’usage abusif de l’accusation d’antisémitisme peut se manifester dans plusieurs contextes :

  • Assimilation de la critique d’une politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme.
  • Disqualification d’analyses portant sur l’influence de lobbies ou de réseaux d’intérêts.
  • Utilisation stratégique de l’accusation pour interrompre ou empêcher un débat contradictoire.

Dans ces cas, la confusion entre identité religieuse ou ethnique et position politique peut entraîner une restriction de la liberté d’expression. L’antisémitisme est cependant une notion très bizarre. Elle est aujourd’hui assénée tous azimuts sur les critiques du capitalisme, de la haute banque, sur les critiques de certains lobbies, sur les critiques du judaïsme, sur les critiques du sionisme comme sur quasiment tous ceux qualifiés au préalable de complotistes (ces derniers sont expulsés brutalement du genre humain). Quiconque regarde ce qui se cache dans les coulisses, dirait-on, est nécessairement antisémite, parfois fou et complotiste en prime.

La moindre compassion à l’égard du peuple palestinien martyrisé, nié dans son existence, exclu de tout droit humain, est interdite. Du reste, tant les anonymes que les personnalités qui ont protesté contre les crimes de Netanyahu ont souvent été poursuivis pour incitation à la haine raciale et apologie de terrorisme.

Enjeux démocratiques et sociétaux

La lutte contre l’antisémitisme est indispensable et doit rester prioritaire pour préserver le vivre-ensemble. Cependant, lorsque l’accusation devient un outil de protection d’intérêts particuliers plutôt qu’un moyen de combattre la haine, elle risque d’affaiblir sa légitimité. À long terme, cette dérive peut générer un climat de méfiance et nourrir des ressentiments, ce qui va à l’encontre de l’objectif initial.

Vers une clarification des critères

Afin de préserver à la fois la lutte contre l’antisémitisme et la liberté d’expression, il est nécessaire de clarifier les critères qui permettent de distinguer :

  1. La critique légitime : portant sur des faits, des décisions politiques, ou des acteurs identifiables, avec arguments vérifiables.
  2. Le discours antisémite : visant un groupe dans son ensemble en raison de son appartenance ethnique ou religieuse.

Cette distinction est essentielle pour éviter les amalgames et garantir un débat public sain.

Conclusion

Plus Israël agit militairement, plus il détruit, tue et affame, plus ses autorités s’empressent de taxer d’antisémitisme toute personne émettant quelque critique à leur endroit. Souvent l’utilisation de ce redoutable anathème s’effectue avant l’intensification des frappes de Tsahal. 
Néanmoins cette accusation éhontée d’antisémitisme, destinée à foudroyer l’insolent en l’extrayant de la société conforme, en le marginalisant, en l’essentialisant, en le dégradant devant l’opinion, en le délégitimant, en le discréditant, en définitive en lui interdisant de parler, en lui coupant l’accès à tout media, est une arme qui est également maniée très régulièrement par les agents du sionisme international en Occident en particulier. Et cette arme est d’autant plus redoutable qu’elle laisse une trace indélébile sur l’identité de l’individu qui fut ciblé, à tort ou à raison, par cette accusation d’antisémitisme. 

Protéger la société contre l’antisémitisme est un impératif moral et juridique. Mais cet impératif ne doit pas servir à museler toute contestation. La vigilance consiste à condamner fermement les propos haineux tout en préservant la possibilité d’une critique libre et argumentée des politiques ou institutions, quelle que soit leur affiliation. Ce n’étaient que des vociférations de protestation envers une vérité historique qui tombe sous le sens. L’histoire des juifs est à l’image de ceux-ci, mêlant le pire et le meilleur, dans cette société ethniquement cloisonnée, seules les minorités ont le droit de revendiquer leur identité. Le juif a encore des efforts à faire. Quant à hurler en permanence à l'antisémitisme, Venir ensuite sangloter contre une certaine exclusion, après avoir tout fait pour s'affirmer différent, relève alors de la plus profonde hypocrisie, c'est à la fois dégueulasse et indigne.

Adieu ô peuple élu ! Un jour la Palestine va probablement devenir judenrein!

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 

Gaza : le silence des ONG face à la répression et au génocide

 

Il existe des silences plus accablants que mille calomnies. Celui qui entoure Gaza et son peuple en fait partie. Face à la répression, aux assassinats de journalistes et à la réduction de l’espace civique, certaines ONG internationales choisissent la prudence, voire l’inaction. Ce mutisme n’est pas neutre : c’est un choix politique aux conséquences graves.

Gaza, une voix libre et indésirable

À Gaza, on ne récite pas les slogans attendus. On pense, on interroge, on résiste. Et cela suffit à rendre le peuple indésirable aux yeux de certains pouvoirs. Banni, accusé de terrorisme dans son propre pays, Gaza subit une double peine : la répression interne et l’isolement international.

Le silence complice des ONG

Les organisations qui se mobilisent habituellement dès que la liberté chancelle ont, pour beaucoup, choisi ici de se retirer. Si la Ligue des droits de l'homme s’est engagée rapidement, d’autres comme Amnesty International, le Pen Club et Reporters sans frontières n’ont réagi qu’après coup. Quant à Front Line Defenders, spécialisée dans la protection des défenseurs des droits, elle est restée muette.

Un militantisme sélectif

Ce mutisme révèle une dérive : un militantisme sélectif qui hiérarchise les causes selon une grille idéologique ou géopolitique. Lorsqu’un mouvement correspond aux standards d’un progressisme internationalisé, il est soutenu sans réserve. Lorsqu’il trouble l’ordre établi, on l’abandonne.

Un angle mort structurel

À Gaza, l’espace civique se réduit chaque jour :

  • Journalistes assassinés
  • Associations muselées
  • Presse menacée
  • Procès à charge

Pourtant, la mobilisation des grandes ONG reste frileuse : par peur de froisser, par souci d’équilibre diplomatique, ou parce que le dossier Israël–Palestine ne cadre pas avec une narration binaire simple.

Défendre sans calcul

En matière de droits humains, le silence est rarement neutre. Il est presque toujours un choix. Et parfois, il est une faute. Si les ONG veulent retrouver leur légitimité, elles doivent réapprendre à :

  • Parler quand c’est difficile
  • Soutenir les voix libres, même hors des cases établies
  • Défendre sans calcul

Conclusion

Le cas de Gaza est un test moral pour la défense des droits humains. Il est un miroir qui renvoie la fragilité de nos principes lorsque les enjeux politiques priment sur l’universalisme. Les ONG doivent choisir : redevenir des boussoles ou accepter d’être des calculatrices d’image.

Discussion: Que pensez-vous du silence des ONG face à Gaza ? Partagez votre point de vue.

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