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La reconnaissance de l’État palestinien: Les docteurs en diplomatie du salon d’en face : (Archives)

On croyait le papier journal bon pour le recyclage ou l’emballage du poisson frais ; c’était sans compter sur les casuistes de la réaction galopante, toujours prompts à nous offrir de grandes leçons de géopolitique avec l’élégance intellectuelle d’un char d’assaut. Un an après la reconnaissance symbolique de l'État palestinien par la France, nos analystes de tribune déballe la marchandise : du fiel bien emballé, un soupçon de pleurnicherie sécuritaire, et surtout cette formidable prétention à donner des leçons de « levier diplomatique ».

C’est le grand drame de cette prose d'extrême droite : nous expliquer avec des trémolos dans la voix que reconnaître un peuple, ce serait « donner une prime ». Dans leur logiciel comptable, l'existence et la souveraineté ne sont pas des principes de droit international, mais de petites gommettes colorées qu’on distribue aux bons élèves si les programmes scolaires ont été préalablement tamponnés par un comité de censure satisfaisant.

La morale à géométrie variable du bout du comptoir

Le fond de l'argumentation touche au sublime du ridicule : il suffirait de conditionner l’existence des peuples à l’obtention préalable de « contreparties ». C'est la diplomatie du marchand de tapis appliquée à la survie des nations. On exige d'un peuple sous occupation un brevet de civisme certifié avant d'oser émettre l'idée qu'il ait droit à un toit international, tout en qualifiant le moindre geste politique de « récompense au terrorisme ». L'inversion est complète, l'imposture totale, mais le trait est tiré avec un tel aplomb qu'on en viendrait presque à admirer la tuyauterie.

Et puis vient l'inévitable défilé des épouvantails. On nous rejoue la pièce du président « seul à errer dans les rues de New York », abandonné par ses alliés, pendant que le reste du monde irait badiner dans les salons trumpiens. La belle affaire ! Quand la politique étrangère française cherche tant bien que mal à sauver ce qui reste de la solution à deux États face au cynical business des accords régionaux, nos censeurs n’y voient qu’une « obsession contre Israël » ou un calcul de politique intérieure. C’est la signature classique des esprits chagrins : accuser l’autre d’idéologie pour mieux masquer la sienne, nettement plus rance et bien plus crasse.

Du "Cause toujours" aux leçons de costume

Le morceau de bravoure de cette littérature reste le chapitre syrien. Après nous avoir expliqué qu’il ne faut pas « donner avant d’obtenir », les voilà soudainement inquiets pour le sort des minorités et la conformité des manuels d'histoire à Damas. La préoccupation serait presque touchante si elle ne provenait pas de ceux qui, d'ordinaire, ne s'intéressent aux drames de l'Orient que lorsqu'ils peuvent en faire un levier d'angoisse identitaire sur les plateaux de télévision.

La métaphore du « costume » qu'on enfile et des « embrassades » diplomatiques fait sourire. On nous met en garde contre la « diplomatie des images » et le « mime démocratique » depuis des officines dont toute la politique repose précisément sur la mise en scène du déclin et le spectacle de la peur. On dénonce le « Cause toujours » des institutions internationales tout en rédigeant des pamphlets qui relèvent exactement du même exercice : brasser de l'air, poser pour la galerie, et vendre de la réprobation morale au kilo.

L'art d'avoir toujours raison sur les ruines

Ce qui transparaît sous le vernis de cette « démonstration », c'est la profonde satisfaction de voir le désordre l'emporter. Moins ça marche, plus ces chroniqueurs jubilent, car chaque échec prétendu de la diplomatie vient nourrir leur obsession centrale : démontrer que le monde est un terrain vague où seuls la force, le mépris et le fait accompli ont droit de cité.

Au fond, ces grands théoriciens du « résultat » ne cherchent rien d'autre qu'à fermer les portes, verrouiller les consciences et draper leur impuissance haineuse dans les habits de la lucidité diplomatique. On leur laissera volontiers leurs leçons de comptabilité politique et leur fausse indignation. La comédie des hypocrites a au moins ce mérite : elle permet de repérer tout de suite ceux pour qui le droit des peuples n'a jamais été qu'une variable d'ajustement.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
«
Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »    

Gaza et le massacre propre : Quand la sémantique sert de bouclier au crime

Ah ! Quel bonheur d'apprendre qu'à Gaza, les bombes ne tuent pas avec l'intention de tuer, mais par pur sens du devoir pédagogique !

Il faut lire les grands penseurs du salon bourgeois pour enfin comprendre : si vous voyez des enfants décapités, des hôpitaux rasés et toute une population réduite à mâcher de l'herbe sous des pluies de phosphore, vous n'êtes qu’un pauvre « ignorant endoctriné » ou, mieux encore, un « antisémite » tapi dans le buisson du droit international. C’est écrit noir sur blanc dans cette prose sirupeuse, dégoulinante de fausse rigueur et de vraie condescendance : les Israéliens ne commettent pas un génocide, ils font de la pédagogie militaire lourde.

C’est le grand miracle de la sémantique de salon. Le mot « génocide » serait trop lourd, trop noble, trop réservé. Il faudrait le conserver sous verre, propre, lavé de tout soupçon, comme un argenterie de famille qu’on ne sort que pour les commémorations du passé. L’appliquer aujourd’hui à Gaza ? Quelle vulgarité ! Quelle « indigence intellectuelle » !

La méthode du chirurgien (à la moissonneuse-batteuse)

L'auteur du pamphlet nous explique avec la gravité d’un prof de droit sous valium que la guerre, « voyez-vous, c'est sale ». Dresden ! Hamburg ! Grozny ! On vous sort le grand jeu des analogies historiques. Mais le sophisme est si gros qu’il en fait sauter les charnières.

Le Hamas est partout, dites-vous ? Pratique ! Le Hamas est dans l’incubateur de la couveuse, dans le sac de farine de l'ONU, sous la tente du réfugié et dans la bouteille d’eau (qu'on a pris soin de couper). Dès lors, raser 80 % des habitations et massacrer des dizaines de milliers de civils ne relève pas de la volonté d'anéantir, non ! C'est juste un dommage collatéral d’une armée tellement « morale » qu'elle prévient ses victimes par SMS avant de pulvériser leur salon.

L’intention génocidaire ? Quelle introuvable chimère ! Il ne faut surtout pas écouter les ministres du gouvernement israélien qui parlent publiquement d’« animaux humains », d'effacer Gaza de la carte ou d'assoiffer deux millions d'âmes. Non, ça, c'est de la poésie lyrique de coalition gouvernementale ! Ne mélangeons pas les torchons de la rhétorique d'État et les serviettes de la Cour Internationale de Justice.

L’insulte suprême : la cécité sur diplôme

Le sommet du grotesque est atteint quand notre pamphlétaire s’en prend aux ONG, aux juristes de l'ONU, à la Croix-Rouge et aux universitaires. Ces gens-là souffriraient d’une « ignorance savante ».

Comprenez :

Ceux qui sont sur le terrain, qui ramassent les membres épars à la cuillère et documentent chaque violation des conventions de Genève, ne comptent pas. Seul compte l’éditorialiste parisien, confortablement assis devant son café gourmand, qui nous explique depuis son XVIe arrondissement que la Croix-Rouge s'est fait pigeonner par la propagande du Hamas.

Selon cette rhétorique bancale, dénoncer le massacre systématique d'un peuple piégé dans une cage à ciel ouvert ne relèverait pas de l'humanité la plus élémentaire, mais d'une mystérieuse « passion antisémite ». C'est le coup de grâce intellectuel : l'inversion accusatoire poussée au rang d'art majeur. Si vous vous indignez devant 70 000 morts ou disparus sous les décombres, ce n'est pas parce que vous avez un cœur ou des yeux : c'est parce que vous cherchez désespérément à diaboliser l'État juif pour vous laver la conscience !

Bilan comptable et morale à géométrie variable

Alors résumons la grille de lecture de ces grands esprits :

Si une armée occidentale ou alliée pilonne une enclave fermée : C’est de la guerre urbaine tragique mais inévitable. Les morts civils sont la faute exclusive des combattants qui se cachent parmi eux. Circulez, y a rien à voir.

Si l'ONU, la CIJ et les ONG crient au génocide : Ce sont des idiots utiles ou des complices des terroristes.

Si vous refusez de fermer les yeux : Vous êtes un analphabète émotionnel manipulé par TikTok.

Quelle prodigieuse acrobatie mentale pour éviter de nommer ce qui se passe sous nos yeux ! La vérité, c'est que ce texte n'est pas une réflexion philosophique sur le sens des mots : c'est un manuel de nettoyage sémantique. Une tentative désespérée de raser les mots après avoir rasé les villes.

Mais que voulez-vous ? Les soldats ont bien foutu la merde aux quatre coins du globe... sauf là-bas. Là-bas, ils sont gentils ! Enfin, c’est en tout cas la fable magnifique que nous racontent à longueur de journaux de 20 heures la plupart des médias et des gouvernements occidentaux. Décidément, ils n’ont vraiment pas de chance, ces Gazaouis : parmi toutes les armées du monde, il a fallu qu’ils tombent sur la seule qui massacre avec des sentiments purs, pulvérise des quartiers entiers par pur sens du devoir moral et affame deux millions d'âmes avec la bénédiction du droit international !

Quelle ironie tragique. Aucun jargon pompeux, aucune leçon de morale en papier glacé et aucun éditorial de salon ne suffiront jamais à effacer cette réalité : quand on rasé une terre et son peuple, on ne fait pas de la « guerre propre », on exécute un projet d'effacement. Et les mots finiront toujours par rattraper les bourreaux, qu'ils soient armés d'un canon ou d'un stylo.

Pourquoi ce développement fonctionne :

Le principe est simple. Il existe des mouvements politiques dont le maintien au pouvoir rend la paix impossible. Dans ces cas-là, la suppression de ce pouvoir peut être une condition préalable à la paix plutôt qu'un obstacle  avec la présence au gouvernement israélien de figures de l'extrême droite ultranationaliste (exigeant la suprématie juive ou prônant l'annexion) est parfois comparé à des dynamiques fascisantes axées sur le rejet de l'Autre et l'ethno-nationalisme. Loi « État-nation » : La loi fondamentale adoptée en 2018, définissant Israël comme l'État-nation du peuple juif, est critiquée pour son caractère exclusif envers les citoyens non-juifs (notamment arabes palestiniens), en conservent les réflexes de base : le refus du pluralisme, la recherche d’un bouc émissaire, la justification de la violence contre leurs adversaires politiques, posent précisément ce problème.

Israélien: on ne peut mieux dire ! C’est vraiment le signifiant à conquérir. Mieux ! La violence de chaque intervention armée et anti civils, est ainsi justifiée, et peut d'autant mieux s'appeler "droit à la défense". Le sionisme ainsi est au final "vainqueur" ou en tout cas brièvement rendu impossible.

Les guerres prennent généralement fin lorsqu'on découvre que les poursuivre est pire que d'en accepter le résultat. L'Allemagne et le Japon l'ont appris, tout comme d'innombrables autres sociétés. La défaite peut remplir la fonction moralement utile de détruire les illusions et les fantasmes.

Pour Israël l'illusion totale qu'un  génocide suffisant  finira par faire disparaître Gaza persiste. Dès lors, chaque Israélien est invité à rouvrir un conflit que l'histoire a déjà réglé.

Mais les faits sont têtus, et le droit international l'est encore plus. Quand on affame méthodiquement une population, qu'on détruit ses hôpitaux, ses écoles, ses réseaux d'eau et qu'on la bombardera de refuge en refuge jusqu'à la mer, on ne fait pas de la « guerre asymétrique ». On exécute un projet d'effacement. Et aucun jargon pompeux, aucune leçon de morale en papier glacé ne suffira à nettoyer le sang des tapis de ces grands théoriciens de la « guerre propre ».

Il n'y a rien d'humain à encourager les gens à se battre indéfiniment pour un résultat qu'ils n'atteindront pas. La compassion consiste parfois à annoncer à un peuple colonisateur que la guerre est finie et qu'il a perdu. Construisez plutôt quelque chose. La colombe est un magnifique symbole. Pourtant, elle ne peut se poser en toute sécurité que si l'on a réussi à effrayer le faucon pour qu'il ne la mange plus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le « Conseil de la paix » un instrument de domination globale !

Il faut rompre avec le langage feutré de la diplomatie pour nommer la réalité politique qui se dissimule derrière le projet de « Conseil de la paix » lancé par Donald Trump. Ce dispositif, présenté comme une réponse pragmatique à l’impuissance supposée de l’ONU, constitue en vérité l’une des offensives les plus dangereuses jamais menées contre le principe même d’un ordre international fondé sur le droit. Il ne s’agit pas de réformer la gouvernance mondiale, mais de la confisquer.

Le discours qui accompagne la naissance de ce Conseil relève d’une rhétorique bien rodée : l’ONU serait obsolète, inefficace, paralysée par ses propres règles. Cette critique, largement partagée, est cependant utilisée ici comme un prétexte. Car ce n’est pas l’échec du multilatéralisme qui est combattu, mais ce qu’il contient encore de contraignant pour les grandes puissances. L’ONU n’a pas échoué par excès de règles, mais par sabotage délibéré de celles-ci, au premier rang desquels, figure les États-Unis eux-mêmes.

Le « Conseil de la paix » n’est donc pas une alternative, mais une entreprise de substitution. Il vise à court-circuiter le système onusien en installant un organe parallèle, dépourvu de toute légitimité universelle, mais doté d’une efficacité redoutable précisément parce qu’il échappe à toute forme de contrôle collectif. Là où le Conseil de sécurité est bloqué par le droit de veto, Trump propose un organe où le veto devient personnel, concentré entre les mains d’un seul homme.

La Charte fondatrice du Conseil est, à cet égard, édifiante. Les États membres ne sont ni élus ni désignés selon un principe de représentation équitable, mais invités à titre discrétionnaire. Les mandats sont révocables, conditionnels, renouvelables à la convenance du président. Les contributions financières ouvrent droit à des privilèges politiques. La paix, désormais, se finance ; la légitimité s’achète ; la souveraineté se négocie.

Cette architecture institutionnelle rompt radicalement avec le socle minimal du droit international : l’égalité souveraine des États. Elle instaure un système hiérarchique, où quelques pays exécutent pendant qu’un seul décide. Donald Trump n’y agit pas comme un médiateur ou un garant, mais comme une autorité exécutive suprême, cumulant pouvoir de nomination, droit de veto et monopole de l’interprétation juridique. Le multilatéralisme est vidé de sa substance pour devenir une simple mise en scène.

Dans ce cadre, Gaza apparaît comme un laboratoire grandeur nature. Territoire déjà dévasté par des décennies de violations du droit international, il est aujourd’hui envisagé comme un terrain d’expérimentation pour cette nouvelle diplomatie de tutelle. La paix n’y est pas conçue comme l’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais comme une opération de gestion confiée à une coalition d’États alignés. Si Gaza peut être administrée sans souveraineté, alors aucun pays du Sud n’est à l’abri.

Car le projet est fondamentalement exportable. Afrique, Amérique latine, Asie : partout où les équilibres régionaux résistent aux intérêts dominants, le « Conseil de la paix » pourra être invoqué pour justifier une mise sous contrôle politique, économique ou sécuritaire. La Charte ne prévoit aucun contre-pouvoir crédible, aucun mécanisme de reddition de comptes, aucune garantie pour les peuples concernés. L’arbitraire devient la norme, la stabilité un slogan.

L’objectif final est clair : marginaliser définitivement l’ONU. Non pas en la réformant, mais en l’asphyxiant. En détournant financements, légitimité et initiatives vers un organe concurrent, Washington prépare l’effacement progressif d’une institution pourtant centrale dans l’imaginaire juridique international. L’enterrement du multilatéralisme ne serait alors plus une conséquence involontaire de l’histoire, mais un choix politique assumé.

Sous ses apparences de modernité et d’efficacité, le « Conseil de la paix » consacre ainsi un monde régi par la loi du plus fort, maquillée en gouvernance responsable. Il transforme la paix en instrument de domination et le droit international en décor symbolique. Face à un tel projet, le silence équivaut à une approbation tacite. Le refuser n’est pas un acte idéologique, mais une nécessité politique.

Car lorsque la paix cesse d’être un droit pour devenir un outil de pouvoir, ce n’est plus la sécurité du monde qui est en jeu, mais sa soumission.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Trump ou la diplomatie du chantage:

Menaces commerciales, alliances conditionnelles, droit international relégué au rang d’accessoire : la diplomatie de Trump révèle un Empire qui gouverne par la force. Le danger n’est pas seulement la brutalité, mais l’accoutumance au renoncement.

Il ne s’agit plus d’un désaccord diplomatique, ni même d’un excès de langage présidentiel. Ce qui se joue aujourd’hui, sous couvert de brutalité trumpienne, c’est l’installation méthodique d’un monde où la loi recule devant la force, où le droit international est toléré tant qu’il ne contrarie pas l’intérêt du plus puissant.

Donald Trump ne négocie pas : il intimide.
Il ne propose pas : il exige.
Il ne convainque pas : il menace.

Et lorsqu’il annonce des droits de douane punitifs contre les vins et le champagne français pour contraindre un État souverain à s’aligner sur une initiative américaine, il ne fait pas de diplomatie  il pratique le chantage. Le commerce devient une matraque, l’économie une arme, la paix un prétexte.

La loi du plus fort, enfin assumée

Ce que certains feignent encore de découvrir n’a pourtant rien de nouveau. Les États-Unis n’abandonnent pas l’ordre international : ils cessent simplement d’en faire semblant. Le multilatéralisme n’est plus un cadre, mais un décor. Les alliances ne sont plus des engagements, mais des options révocables. Le droit n’est plus une limite, mais un obstacle que l’on contourne ou que l’on piétine.

Trump n’a pas inventé l’Empire.
Il l’a débarrassé de son hypocrisie.

L’imprévisibilité, érigée en méthode, est présentée comme une preuve de force. En réalité, elle est l’aveu d’un pouvoir incapable de se soumettre à autre chose qu’à lui-même. Un pouvoir qui change d’avis comme de chemise n’est pas souverain : il est capricieux. Et le caprice, lorsqu’il gouverne le monde, s’appelle l’arbitraire.

L’humiliation comme pédagogie politique

Les Européens en font l’expérience répétée : un jour flattés, le lendemain rabaissés. Sommés d’attendre, priés d’encaisser, invités à comprendre après coup. Alliés sur le papier, variables d’ajustement dans les faits. Le message est limpide : la protection américaine se mérite, l’obéissance est attendue, la contestation sanctionnée.

Cette diplomatie de l’humiliation n’est pas un accident. Elle est un outil. Elle rappelle à chacun sa place dans la hiérarchie impériale. Elle teste les résistances, mesure les renoncements, enregistre les silences.

Quand la prudence devient une lâcheté

Pendant que l’on menace des partenaires commerciaux pour obtenir des alignements politiques, les tragédies réelles s’enlisent dans l’inaction calculée. Les crimes documentés, les répressions sanglantes, les peuples écrasés attendent pendant que Washington « réfléchit ». Ce temps long, présenté comme de la prudence, est une posture commode. Il permet de ne rien faire tout en prétendant peser.

Mais l’Histoire est sévère avec ces faux scrupules. Elle ne confond jamais la prudence avec l’inaction, ni la complexité avec la démission. Dans les tragédies humaines, attendre n’est jamais neutre. Attendre, c’est déjà choisir.

Résister ou s’effacer

Le danger n’est pas seulement Trump. Le danger, c’est l’accoutumance. C’est l’acceptation progressive d’un monde où la menace devient un langage légitime, où l’humiliation remplace la négociation, où la force tient lieu de droit.

À force de s’habituer à l’arbitraire, on finit par le trouver normal.
À force de céder, on appelle cela du réalisme.
À force de se taire, on parle de responsabilité.

Ce monde-là n’est pas inévitable. Mais il le deviendra si ceux qui prétendent encore croire au droit, à la souveraineté et à la coopération internationale renoncent à les défendre autrement que par des discours. L’Histoire ne reproche pas aux dirigeants d’avoir hésité.
Elle reproche d’avoir cédé et surtout, d’avoir appelé cela de la sagesse.

Lorsqu’une puissance dotée de l’arme nucléaire, de la première armée du monde et d’un poids économique systémique adopte une politique étrangère fondée sur l’unilatéralisme, la menace et l’imprévisibilité, elle cesse d’être un acteur ordinaire des relations internationales. Elle devient un facteur de risque global. Le problème n’est pas l’Amérique en tant que nation, mais l’exercice d’un pouvoir qui confond domination et légitimité, force et droit.

Dans ces conditions, les décisions américaines ne peuvent être considérées comme relevant d’une souveraineté strictement interne. Elles engagent la stabilité mondiale, les équilibres régionaux et la sécurité collective. Les observer, les critiquer et les contester n’est pas une ingérence, mais une exigence de responsabilité internationale.

L’épisode iranien en fournit une illustration préoccupante. Menaces sans objectifs clairement énoncés, absence de cadre juridique, improvisation stratégique et recul contraint sous pression régionale : cette séquence révèle moins une vision politique qu’une gouvernance par l’ambiguïté et la contrainte. L’histoire rappelle pourtant que les interventions menées au nom de la stabilité produisent souvent l’inverse, comme l’a démontré le précédent de 1953 et ses conséquences durables.

Gouverner par la menace n’installe pas l’ordre, mais l’instabilité. Dans un monde déjà saturé de tensions, chaque décision irréfléchie devient un multiplicateur de risques. Face à cela, le silence n’est pas de la prudence.   C’est un renoncement.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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L’Iran : la machine répressive du mensonge occidental encore une fois !

 

Quand les “experts” recyclent la guerre comme solution morale. Il faut être soit d’une naïveté abyssale, soit d’une malhonnêteté assumée pour ne pas reconnaître le mécanisme à l’œuvre. Ce qui se déploie aujourd’hui autour de l’Iran n’est pas une analyse, ni une alerte humanitaire, ni une réflexion stratégique. C’est un copier-coller idéologique, usé jusqu’à la corde, dont chaque étape est connue à l’avance.

Le régime iranien est autoritaire ? Oui. Répressif ? Oui. Brutal ? Oui. Et après ?
C’est précisément là que commence la manipulation.

La morale comme prétexte, la guerre comme objectif : La violence du régime iranien n’est pas décrite pour être combattue politiquement. Elle est exhibée pour désactiver toute pensée critique. Une fois l’horreur posée, toute question devient suspecte, toute prudence est assimilée à une complicité, toute mémoire historique à une trahison. Ce n’est plus une analyse : c’est une intimidation morale.

La contestation confisquée, encore

Les mobilisations en Iran sont réelles. Leur colère est légitime. Mais croire ou feindre de croire, qu’elles échapperont aux ingérences étrangères relève du mensonge pur. On nous a déjà servi cette fable en Syrie : la rue, puis les financements, les armes, les “alliés”, les proxies, la guerre par procuration. Le résultat est connu : un pays détruit, une population broyée, et les mêmes “experts” qui regardent ailleurs. L’Iran ne ferait pas exception. Il serait pire.

Les chiffres bidons, carburant idéologique

« 80 % des Iraniens détestent le régime ».
Qui a mesuré ? Comment ? Où ? Quand ? Personne ne le sait. Personne ne le peut. Mais le chiffre circule, sanctifié, repris en boucle. Il ne sert pas à comprendre une société, mais à fabriquer une permission morale. Hier, on avait les armes de destruction massive.
Aujourd’hui, on a des pourcentages fantômes.

Reza Pahlavi : l’aveu colonial

Quand on prétend libérer un peuple en lui imposant le fils d’un dictateur honni, tout est dit. Les jeunes Iraniens ignorent ce nom. Les anciens s’en souviennent très bien : torture, police politique, dépendance au « Grand Satan ». Son seul véritable soutien se trouve hors d’Iran, dans les studios occidentaux et les cercles néoconservateurs. Ce n’est pas un projet démocratique. C’est un réflexe impérial.

Démocratie à sens unique

Netanyahou est massivement rejeté par la population israélienne. Corruption, autoritarisme, violence d’État, mépris du droit international. Pourtant, personne ne parle de « régime à abattre ». La démocratie n’est invoquée que contre les ennemis. Jamais contre les alliés. Ce n’est pas un oubli. C’est une règle.

Quand le droit devient facultatif

Dire que « l’ordre international n’a plus de sens » face à un régime jugé immoral, c’est admettre que la loi n’existe que pour les faibles. C’est consacrer la loi du plus fort. C’est justifier toutes les guerres à venir. Ce discours ne combat pas la barbarie.
Il en est la théorisation moderne.

le scénario que nous connaissons déjà

Nous avons pris connaissance déjà tout ça. Ils répètent le même scénario en boucle
avec tous les détails. La formule ne change jamais.

« Oh non, le peuple du pays ciblé est opprimé ! Il a besoin de liberté et de démocratie ! »

« Tiens, je suis sûr qu’on pourrait utiliser notre puissante armée pour les aider à obtenir la liberté et la démocratie ! Ce serait formidable, non ? »

 « Oh non, maintenant le régime maléfique commet des atrocités ! Vous savez que c’est vrai parce que c’est dans les médias, et les médias n’ont pas le droit de mentir ! Nous devons faire quelque chose ! Nous ne pouvons pas rester les bras croisés ! »

Et après ?  Après, ce sont toujours les mêmes ruines. Et toujours les mêmes experts pour expliquer que personne ne pouvait prévoir.

Refuser la guerre n’est pas de la naïveté, c’est de la mémoire

Il faut être clair : refuser une intervention contre l’Iran, ce n’est pas défendre les mollahs. C’est refuser d’être les figurants consentants d’un scénario déjà écrit, déjà joué, déjà catastrophique.

Depuis cinquante ans, l’Occident applique la même recette : indignation morale, diabolisation, promesse de transition, chaos, ruines, puis oubli.

Ce n’est pas de la lucidité.
C’est une pathologie politique.

La vraie irresponsabilité n’est pas de douter.
La vraie irresponsabilité consiste à persister, contre toute évidence, à croire que bombarder, sanctionner, renverser de l’extérieur produira enfin, miraculeusement,
a démocratie

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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La France : Etat vassal des USA

 

La diplomatie française sur le cas vénézuélien semble être durement coincée, si encore il n’y avait que celui-là pour ne pas nommer d’autres. Avec sa politique bâtie autour du double standard, selon lequel la Russie qui attaque l’Ukraine c’est mal, mais Israël qui attaque la Palestine c’est bien, elle fait en permanence un grand écart intenable.

Qu’on cesse l’hypocrisie. La France n’est pas impuissante : elle est consentante. Elle n’est pas naïve : elle est complice. À chaque crise internationale majeure, elle répète le même rituel obscène : se draper dans le droit international quand il sert Washington, et l’enterrer discrètement quand il gêne ses alliés.

Le Venezuela n’est qu’un cas parmi d’autres, mais il est exemplaire. Exemplaire de la lâcheté européenne. Exemplaire de cette diplomatie sans colonne vertébrale qui transforme la soumission en vertu et l’alignement en morale.

Quand la Russie envahit l’Ukraine, la France hurle à juste titre. Quand les États-Unis étranglent économiquement un pays souverain, soutiennent des tentatives de renversement, violent ouvertement la Charte de l’ONU, la France regarde ailleurs. Elle appelle cela du « pragmatisme ». En réalité, c’est une reddition.

Le blocus : une arme de guerre, pas une sanction

Les sanctions internationales ne sont pas des outils neutres. Elles constituent aujourd’hui une arme de guerre non déclarée, dont les premières victimes sont toujours les civils : pénuries, effondrement économique, exode forcé. Présenter ces conséquences comme les seuls effets d’un « régime autoritaire » relève de la falsification pure et simple.

Le blocus du Venezuela n’est pas une sanction diplomatique, c’est une arme de destruction sociale massive. Il ne vise pas un gouvernement, il vise une population. Il ne cherche pas à corriger, mais à briser. Appauvrir, affamer, provoquer l’exode, puis brandir cet exode comme preuve de l’échec du pays ciblé : voilà la mécanique cynique, éprouvée, répétée.

Et la France applaudit. Ou se tait, ce qui revient au même.

Les pénuries, la fuite des jeunes, l’effondrement des services publics ne sont jamais reliés aux sanctions dans le discours dominant. Elles sont attribuées à « l’idéologie », au « régime », au « dictateur ». Toujours le même mot. Saddam, Kadhafi, Assad, Maduro. La litanie est connue. Le scénario aussi : diabolisation, asphyxie, intervention, ruines.

Le droit international, version occidentale

Le droit international n’est pas mort. Il a été privatisé. Il fonctionne comme un club fermé, avec ses membres intouchables et ses cibles désignées. Lorsqu’Israël rase Gaza, colonise la Cisjordanie, attaque le Liban, viole toutes les résolutions de l’ONU, la France murmure. Quand Trump piétine ouvertement les règles qu’il prétend défendre, Paris tousse poliment.

Mais que personne ne vienne ensuite jouer les vierges effarouchées. Si la loi du plus fort est la règle, alors qu’on aille au bout du raisonnement. Qu’on reconnaisse explicitement que la Palestine n’a aucun droit, que seuls comptent les rapports de force, que la victoire militaire efface toute illégalité. Qu’on l’écrive noir sur blanc. L’hypocrisie, elle, est insupportable.

Quand la Russie viole ce droit en Ukraine, Paris dégaine sanctions, indignation et posture vertueuse. Quand les États-Unis imposent un blocus économique au Venezuela, étranglant une population entière, la France se tait ou justifie. Ce silence n’est pas une prudence diplomatique : c’est une complicité politique.

Le même mécanisme est à l’œuvre en Palestine. Colonisation illégale, bombardements, violations répétées des résolutions de l’ONU : tout est documenté, tout est connu. Pourtant, la France persiste à parler de « droit à se défendre », vidant le droit international humanitaire de toute substance. Ce qui est interdit aux ennemis devient tolérable pour les alliés.

Une France  vassale, pas un acteur

La France n’existe pas géopolitiquement. Elle administre, elle commente, elle ratifie. Elle ne décide pas. Elle signe des accords commerciaux pendant que le monde s’embrase, s’agite autour du Mercosur pendant que les bombes tombent ailleurs. Elle attend que Washington parle, puis elle s’aligne.

Cette posture n’est pas neutre : elle fabrique le chaos qu’elle prétend déplorer. À force de sanctifier la violence occidentale, elle pousse des pays entiers vers d’autres alliances, d’autres blocs, d’autres protections. Non par amour idéologique, mais par rejet d’un ordre international truqué.

Cette hypocrisie structurelle détruit ce que la France prétend défendre : un ordre mondial fondé sur des règles. En validant la loi du plus fort, elle légitime toutes les violences, y compris celles qu’elle condamnera demain, quand elles viseront ses propres intérêts.

Les États-Unis n’ont ni amis ni partenaires, seulement des subordonnés. L’histoire est limpide. Ceux qui croient à un « partage du monde » négocié sont naïfs ou de mauvaise foi. Washington veut tout, tout de suite, et par la force si nécessaire. La France le sait. Elle feint de l’ignorer.

Mais aucun empire n’est éternel. Tous s’effondrent sous le poids de leur arrogance et de leur violence. Le problème n’est pas que l’empire américain tombera, il tombera. Le problème est qu’en s’arc-boutant à ses basques, l’Europe et la France ont choisis de tomber avec lui.

Et quand le sol se dérobera, il sera trop tard pour invoquer des valeurs qu’on aura soi-même piétinées.

Cette hypocrisie structurelle détruit ce que l’Europe prétend défendre : un ordre mondial fondé sur des règles. En validant la loi du plus fort, elle légitime toutes les violences, y compris celles qu’elle condamnera demain, quand elles viseront ses propres intérêts.

À force d’alignement sur Washington, l’Union européenne accélère la fragmentation du monde et pousse de nombreux États vers des alternatives comme les BRICS, non par adhésion idéologique, mais par rejet d’un système international truqué.

La France dans son Europe croit acheter sa sécurité en sacrifiant le droit international. En réalité, elle achète son effacement. À force de choisir l’empire contre les peuples, elle découvrira trop tard qu’on ne survit pas longtemps comme vassal moral d’une puissance en déclin.

 Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet  "Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça."  https://kadertahri.blogspot.com/


Sahara occidental : Le piège de Rabat reconnaître ce qu’il nie !

 

Présentée comme une victoire pour le Maroc, la dernière résolution de l’ONU sur le Sahara occidental s’est en réalité transformée en un retour au droit international et au principe d’autodétermination. Derrière la rhétorique triomphaliste, Rabat se retrouve piégé par le cadre juridique qu’il croyait pouvoir manipuler, tandis que l’Algérie et ses alliés replacent le dossier dans sa nature première : celle d’une décolonisation inachevée.

Une victoire de façade, une défaite de fond

Les médias proches du pouvoir marocain ont salué la résolution du Conseil de sécurité comme une confirmation implicite de la “marocanité” du Sahara. Mais une lecture attentive du texte montre tout le contraire.
Sous la pression discrète mais efficace de l’Algérie et de ses alliés — Russie, Chine et pays du Mouvement des non-alignés —, le langage juridique du document a été profondément modifié :

  • Le plan d’autonomie marocain n’est plus présenté comme “la seule solution réaliste”, mais comme “une base réaliste de négociation”.
  • Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui a été réaffirmé.
  • Le mandat de la MINURSO a été prolongé, confirmant le statut de territoire non autonome du Sahara occidental.

Derrière ces ajustements se cache un véritable renversement diplomatique : le Maroc croyait verrouiller le dossier, il l’a rouvert.

Le droit international, l’arme du peuple sahraoui

Depuis l’avis de la Cour internationale de Justice (1975), la position du droit international est sans équivoque : les liens historiques évoqués par Rabat n’équivalent pas à une souveraineté.
La résolution 1514 (XV) de 1960, sur la décolonisation, érige le droit à l’autodétermination en norme impérative du droit international public.
Ainsi, aucune formule politique — fût-elle habillée d’autonomie — ne peut annuler le droit d’un peuple à décider librement de son avenir.

Cette base juridique solide, souvent éclipsée par la propagande, est redevenue le terrain principal du combat sahraoui et de la diplomatie algérienne.
Le Sahara occidental n’est pas une “région” marocaine : c’est un territoire en attente de décolonisation, reconnu comme tel par les Nations Unies.

L’intelligence diplomatique d’Alger : du rapport de force à la légitimité

Alors que Rabat misait sur le soutien américain et la reconnaissance de Trump en 2020, l’Algérie a choisi la patience et la cohérence.
En s’appuyant sur ses relations solides à l’Est et au Sud, elle a réussi à transformer un projet pro-marocain en un texte onusien équilibré, fondé sur la légitimité internationale.

Cette diplomatie du droit a replacé le débat sur le terrain des principes, non des pressions.
Le résultat est sans appel : la communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et toute solution devra passer par une consultation libre du peuple sahraoui.

Le discours royal : une manœuvre de repli

Le roi Mohammed VI, dans son discours suivant la publication de la résolution, a appelé à “tendre la main” à l’Algérie. Derrière ce ton d’apaisement se cache une tentative d’anticiper les conséquences politiques du texte onusien.
Mais Alger a répondu par la constance : “Nous ne négocions pas sur un territoire qui ne nous appartient pas.”
Cette position ferme renvoie le Maroc à son seul choix possible : reconnaître et négocier avec les représentants légitimes du peuple sahraoui

Le piège de Rabat : reconnaître ce qu’il nie

En se réjouissant trop vite, le Maroc est tombé dans sa propre embuscade.
Accepter de revenir à la table des négociations, c’est reconnaître le Front Polisario comme interlocuteur légitime. Admettre le cadre onusien, c’est accepter que l’indépendance soit une option possible. Et prolonger le mandat de la MINURSO, c’est reconnaître implicitement que le territoire n’est pas marocain.

Ainsi, la “victoire diplomatique” s’est muée en défaite stratégique : Rabat doit désormais dialoguer avec ceux qu’il prétend ne pas exister.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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