Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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Trump, Gaza et le roi philosophe : petite fable royale pour presse obéissante :

Quand la presse courtisane applaudit le mensonge décoratif et tente de prendre les sujets du Makhzen comme des canards et derrière un récit diplomatique lisse et solennel, une presse complaisante fabrique un mythe : celui d’une sagesse monarchique convoquée par Donald Trump pour pacifier Gaza. Cette tribune démonte, ironise et expose les ficelles d’une propagande qui confond communication, prestige et paix réelle, au mépris des faits, du droit international et des morts bien réels.

Donald Trump aurait donc trouvé la solution au chaos moyen-oriental : demander conseil. Pas à des diplomates, pas à l’ONU, pas aux Palestiniens eux-mêmes non  mais à la “sagesse”. Une sagesse royale, évidemment. Car quand les bombes tombent, rien ne vaut un adjectif bien choisi.

Selon une certaine presse marocaine, Donald Trump ce même homme qui a piétiné le droit international avec l’enthousiasme d’un promoteur immobilier  se serait soudain souvenu que la paix ne s’improvise pas sans l’éclairage philosophique du palais royal de Rabat. On imagine la scène : Gaza en ruines, Washington perplexe, et quelque part, la monarchie marocaine convoquée comme oracle géopolitique.

Le récit est propre, lisse, rassurant. Trop. Car ce texte ne décrit pas la réalité : il la maquille.

Trump n’a jamais cherché la paix, il a cherché la photo. Il n’a jamais défendu les Palestiniens, il les a effacés. Il n’a jamais respecté la légalité internationale, il l’a contournée, ridiculisée, enterrée sous le mot “deal”.

Mais qu’importe : dans cette fable, le réel est accessoire. L’essentiel est ailleurs dans la construction d’un mythe. Celui d’un Maroc présenté comme pivot cosmique de la paix mondiale, consulté comme on consulte un sage taoïste avant une guerre.

On convoque alors l’expert attitré, sorte de prêtre laïc de la géopolitique officielle, qui récite le catéchisme : sagesse, patience, anticipation, confiance universelle. Pas une contradiction. Pas une nuance. Pas une question. La paix devient une posture, la Palestine un alibi moral, Gaza une abstraction polie.

Le plus ironique ou le plus cynique  reste cette invocation obsessionnelle du Comité Al-Qods, brandi comme certificat de vertu, pendant que Jérusalem est méthodiquement vidée de sa dimension palestinienne, pierre après pierre, droit après droit.

La presse du Makhzen ne défend pas la Palestine, elle l’exploite symboliquement. Il ne parle pas de paix. Elle parle de prestige.

Elle ne fait pas de politique internationale. Elle fait de la communication monarchique sous perfusion journalistique.

Et au final, cette prose laisse un goût étrange : celui d’un rire involontaire, presque gêné. Un rire noir. Car pendant qu’on encense la sagesse, les bombes tombent toujours. Pendant qu’on couronne les rois de papier, les civils meurent pour de vrai.

La paix, la vraie, ne se proclame pas dans un article complaisant. Elle se construit contre les puissants, pas avec leurs mythologies. Et certainement pas avec Donald Trump comme messager.

Cette presse courtisane d’un roi en papier absent sur scène, ne brûle pas. Elle anesthésie  et c’est peut-être pire, nous voilà avec un royaume des Milles et Une Nuits.


A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Sahara occidental : Le piège de Rabat reconnaître ce qu’il nie !

 

Présentée comme une victoire pour le Maroc, la dernière résolution de l’ONU sur le Sahara occidental s’est en réalité transformée en un retour au droit international et au principe d’autodétermination. Derrière la rhétorique triomphaliste, Rabat se retrouve piégé par le cadre juridique qu’il croyait pouvoir manipuler, tandis que l’Algérie et ses alliés replacent le dossier dans sa nature première : celle d’une décolonisation inachevée.

Une victoire de façade, une défaite de fond

Les médias proches du pouvoir marocain ont salué la résolution du Conseil de sécurité comme une confirmation implicite de la “marocanité” du Sahara. Mais une lecture attentive du texte montre tout le contraire.
Sous la pression discrète mais efficace de l’Algérie et de ses alliés — Russie, Chine et pays du Mouvement des non-alignés —, le langage juridique du document a été profondément modifié :

  • Le plan d’autonomie marocain n’est plus présenté comme “la seule solution réaliste”, mais comme “une base réaliste de négociation”.
  • Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui a été réaffirmé.
  • Le mandat de la MINURSO a été prolongé, confirmant le statut de territoire non autonome du Sahara occidental.

Derrière ces ajustements se cache un véritable renversement diplomatique : le Maroc croyait verrouiller le dossier, il l’a rouvert.

Le droit international, l’arme du peuple sahraoui

Depuis l’avis de la Cour internationale de Justice (1975), la position du droit international est sans équivoque : les liens historiques évoqués par Rabat n’équivalent pas à une souveraineté.
La résolution 1514 (XV) de 1960, sur la décolonisation, érige le droit à l’autodétermination en norme impérative du droit international public.
Ainsi, aucune formule politique — fût-elle habillée d’autonomie — ne peut annuler le droit d’un peuple à décider librement de son avenir.

Cette base juridique solide, souvent éclipsée par la propagande, est redevenue le terrain principal du combat sahraoui et de la diplomatie algérienne.
Le Sahara occidental n’est pas une “région” marocaine : c’est un territoire en attente de décolonisation, reconnu comme tel par les Nations Unies.

L’intelligence diplomatique d’Alger : du rapport de force à la légitimité

Alors que Rabat misait sur le soutien américain et la reconnaissance de Trump en 2020, l’Algérie a choisi la patience et la cohérence.
En s’appuyant sur ses relations solides à l’Est et au Sud, elle a réussi à transformer un projet pro-marocain en un texte onusien équilibré, fondé sur la légitimité internationale.

Cette diplomatie du droit a replacé le débat sur le terrain des principes, non des pressions.
Le résultat est sans appel : la communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et toute solution devra passer par une consultation libre du peuple sahraoui.

Le discours royal : une manœuvre de repli

Le roi Mohammed VI, dans son discours suivant la publication de la résolution, a appelé à “tendre la main” à l’Algérie. Derrière ce ton d’apaisement se cache une tentative d’anticiper les conséquences politiques du texte onusien.
Mais Alger a répondu par la constance : “Nous ne négocions pas sur un territoire qui ne nous appartient pas.”
Cette position ferme renvoie le Maroc à son seul choix possible : reconnaître et négocier avec les représentants légitimes du peuple sahraoui

Le piège de Rabat : reconnaître ce qu’il nie

En se réjouissant trop vite, le Maroc est tombé dans sa propre embuscade.
Accepter de revenir à la table des négociations, c’est reconnaître le Front Polisario comme interlocuteur légitime. Admettre le cadre onusien, c’est accepter que l’indépendance soit une option possible. Et prolonger le mandat de la MINURSO, c’est reconnaître implicitement que le territoire n’est pas marocain.

Ainsi, la “victoire diplomatique” s’est muée en défaite stratégique : Rabat doit désormais dialoguer avec ceux qu’il prétend ne pas exister.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Le Maroc des vitrines industrielles et le peuple oublié : derrière le moteur Safran, la mécanique du silence


 

On inaugure des moteurs d’avion flambant neufs pendant que des jeunes diplômés arpentent les rues sans avenir. Le Maroc avance à deux vitesses : celle du prestige royal et celle de la survie populaire

Le Maroc vient, une fois encore, d’ériger un symbole industriel censé prouver au monde sa “modernité” et son “rayonnement”. À Nouaceur, le Roi Mohammed VI a présidé la cérémonie de lancement du complexe industriel de moteurs d’avions du groupe français Safran — un projet présenté comme un tournant historique pour l’économie nationale. La presse officielle s’en est emparée avec une ferveur prévisible : on y parle de “complexe de classe mondiale”, de “hub stratégique mondial”, de “vision éclairée du souverain”. Le vocabulaire de la grandeur et du progrès technologique s’y déploie sans nuance, comme dans un rituel de célébration monarchique.

Mais derrière ce récit officiel se cache une réalité sociale étouffée : celle d’un peuple qui souffre de chômage, de précarité, d’inégalités régionales et d’un sentiment d’exclusion croissant. Ce discours triomphaliste, qui vante des investissements étrangers comme des victoires nationales, sert moins à informer qu’à légitimer un modèle politique où la communication remplace la justice sociale.
Il faut alors interroger ce que ce texte ne dit pas : à qui profite ce “progrès” industriel, et que révèle-t-il de la manière dont le pouvoir détourne le regard de la souffrance quotidienne des Marocains

Un discours de légitimation sous couvert de modernité

Selon la presse du Palais qui relatant la cérémonie de Nouaceur s’apparente à un véritable rituel de légitimation monarchique. Le Roi est décrit comme l’unique moteur du développement industriel : “grâce à la vision éclairée du Souverain, le Maroc s’est érigé en destination mondiale incontournable dans les secteurs de pointe”.
Cette rhétorique répétée à l’envi transforme chaque investissement étranger en trophée royal. Le progrès n’est plus le fruit d’un effort collectif, mais le prolongement d’une volonté divine.

Pourtant, derrière la mise en scène d’un Maroc “hub mondial”, le projet Safran illustre une dépendance structurelle aux puissances étrangères.
Le PDG du groupe, Ross McInnes, le dit avec diplomatie : “Nous ne produisons pas au Maroc, mais avec le Maroc.”
La formule est élégante, mais le fond est clair : la technologie, la propriété intellectuelle et les décisions stratégiques restent entre les mains du partenaire français, tandis que le Maroc offre la main-d’œuvre, le foncier et les incitations fiscales.
Ce “partenariat d’exception” ressemble donc davantage à une sous-traitance modernisée qu’à une souveraineté industrielle.

En glorifiant ces investissements comme des victoires nationales, le pouvoir monarchique se drape dans le prestige du capital étranger pour masquer ses propres impasses économiques. Le progrès devient un outil politique, un décor servant à renforcer l’image d’un royaume “performant”, quitte à en oublier le prix social.

 

Un progrès qui oublie le peuple

Dans un pays où plus d’un tiers des jeunes diplômés urbains sont au chômage, où les enseignants contractuels protestent pour de meilleurs salaires, et où les inégalités territoriales persistent entre les métropoles côtières et l’intérieur rural, la célébration d’une usine d’élite résonne comme une provocation silencieuse.
L’article officiel ne prononce pas un mot sur ces fractures. Il préfère annoncer fièrement la création de “600 emplois directs à l’horizon 2030”, comme si ce chiffre suffisait à compenser l’absence d’une politique nationale de plein emploi.

Cette stratégie de communication construire quelques pôles industriels et les ériger en symboles nationaux relève d’une politique de vitrine.
Les zones comme Midparc ou Tanger Med incarnent un Maroc modernisé en surface, connecté aux chaînes de valeur mondiales, mais déconnecté de sa population.
Autour, les villages s’appauvrissent, les jeunes s’exilent, et les services publics s’effondrent.
On célèbre les moteurs d’avion de dernière génération pendant que des milliers de familles n’ont toujours pas accès à une éducation ou à une santé dignes.

Le pouvoir préfère le prestige à la redistribution. Il bâtit des récits au lieu de bâtir une politique sociale. Et tant que la pauvreté, l’exclusion et la précarité resteront des sujets tabous dans les médias d’État, les inaugurations se succéderont comme des mascarades de modernité.

Conclusion : un moteur qui tourne à vide

Le complexe Safran de Nouaceur n’est pas un symbole de progrès ; il est le miroir d’un système qui confond communication et développement, croissance et justice, investissement étranger et souveraineté nationale.
Il incarne le Maroc des vitrines : celui qui veut séduire l’Occident et rassurer les marchés, tout en ignorant le Maroc réel celui des précaires, des chômeurs, des jeunes diplômés sans avenir.

Ce modèle, centré sur l’image du Roi et la dépendance au capital étranger, risque d’étouffer ce qu’il prétend promouvoir : l’émergence d’un pays libre, juste et égalitaire.
Le Maroc n’a pas besoin d’un moteur Safran pour prouver sa valeur ; il a besoin d’un moteur social, celui de la dignité, de la redistribution et de la liberté.
Sans cela, la mécanique du progrès tournera indéfiniment à vide, dans un ciel que beaucoup de Marocains ne verront jamais.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
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Le discours royal du Makhzen : la grandeur des mots face au silence du réel

 

Le 10 octobre 2025, le roi Mohammed VI a prononcé son discours d’ouverture du Parlement, un rendez-vous institutionnel majeur au Maroc. Si la presse officielle y a vu un moment de “grande vision” et de “stabilité monarchique”, de nombreux observateurs y lisent au contraire les signes d’un pouvoir de plus en plus coupé du terrain. Derrière la rhétorique du “temps long” et de la “cohérence d’État”, le malaise social s’accentue et les mots ne suffisent plus à masquer le décalage entre la monarchie et son peuple.

Un éloge médiatique convenu

Les journaux les plus proches du pouvoir n’ont pas tardé à saluer la “profondeur” du discours royal. Selon eux, Mohammed VI aurait rappelé la sagesse d’une gouvernance fondée sur la continuité, la patience et la cohérence entre développement économique et justice sociale.
Le ton des articles parus au lendemain de l’allocution, souvent empreint de vénération, conforte une lecture institutionnelle du rôle du monarque : celui d’un arbitre visionnaire, au-dessus des contingences politiques et des “emballements conjoncturels”.

Mais cette lecture lisse et laudative élude une question essentielle : à qui s’adressait vraiment ce discours ? Car dans les rues de Casablanca, Fès ou Ouarzazate, rares sont ceux qui en ont compris le sens, encore moins la portée. Pour beaucoup, ce fut un moment de rhétorique formelle, sans lien avec les urgences économiques et sociales du moment.

Une rhétorique du “temps long” qui lasse

Le Roi a insisté sur la “gouvernance dans le temps long”, sur “la cohérence” et “le cap stratégique” du Royaume. Ces formules récurrentes, déjà présentes dans ses précédents discours, traduisent une vision d’État centrée sur la stabilité et la planification à long terme.
Or, dans un Maroc où la jeunesse peine à trouver un emploi, où les prix explosent et où les écarts territoriaux se creusent, cette invocation du long terme résonne comme une fuite devant les réalités immédiates.

Les Marocains n’attendent plus des discours de méthode, mais des réponses concrètes : comment freiner la hausse du coût de la vie ? Comment relancer un marché du travail saturé ? Comment faire reculer la pauvreté rurale ? Autant de questions qui restent sans réponse, tandis que la communication officielle préfère insister sur la “vision royale”.

Entre cohérence proclamée et contradictions du modèle

L’un des passages les plus commentés du discours affirme qu’“il ne devrait y avoir ni antinomie ni rivalité entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux”.
En théorie, cette phrase traduit une philosophie équilibrée ; en pratique, elle masque une contradiction persistante : le Maroc investit massivement dans les grands chantiers — infrastructures, tourisme, zones franches mais peine à redistribuer les fruits de cette croissance.

Les inégalités territoriales demeurent criantes. Les régions rurales, notamment dans le Haut Atlas et le Sud-Est, continuent d’accuser un retard flagrant en matière d’accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi.
Le discours royal parle d’un “Maroc solidaire”, mais la réalité montre un Maroc à deux vitesses : celui des pôles économiques mondialisés, et celui d’une périphérie laissée à elle-même.

La justice sociale, un slogan vidé de sens

Depuis plusieurs années, la “justice sociale” revient comme un leitmotiv dans les allocutions royales. Pourtant, cette notion semble avoir perdu sa substance.
Loin d’être traduite en politiques publiques visibles, elle se réduit à une formule rituelle, évoquée sans jamais être mesurée.
Le système de protection sociale peine à se concrétiser, les filets de sécurité économique restent fragiles et les réformes annoncées, notamment dans l’éducation et la santé, se heurtent à des retards structurels.

Pour une grande partie des Marocains, ces mots finissent par sonner creux. La répétition de promesses non suivies d’effets entretient un sentiment de distance et d’impuissance : celle d’un peuple qui écoute, sans jamais être entendu.

Le fossé entre la parole royale et la réception populaire

Selon plusieurs observateurs locaux et étrangers, la réception du discours fut marquée par une indifférence quasi générale. Sur les réseaux sociaux marocains, peu de débats, encore moins d’enthousiasme : un silence numérique révélateur.
Cette absence de réaction n’est pas anodine ; elle traduit un phénomène plus profond : le déclin de la portée symbolique de la parole royale.

Autrefois perçus comme des moments d’attente et d’unité, les discours du souverain semblent désormais suivre une routine institutionnelle, où la forme prend le pas sur le fond.
L’écart entre les mots du pouvoir et les préoccupations réelles logement, emploi, santé, dignité se creuse à chaque allocution.

Une communication verrouillée et sans relais politiques

Le discours royal met en avant les devoirs du Parlement et la responsabilité des élus. Mais dans un système où les décisions stratégiques sont fortement centralisées, cette injonction reste symbolique. Le Parlement marocain, souvent critiqué pour son manque de pouvoir réel, ne peut que valider les grandes orientations venues du Palais. Les partis politiques, eux, souffrent d’une crise de crédibilité historique : déconnectés du terrain, sans ancrage idéologique fort, ils n’incarnent plus de contrepoids démocratique.

Résultat : la parole royale, omniprésente, s’impose comme unique boussole, mais sans relais institutionnels efficaces pour en traduire les ambitions.
Ce déséquilibre crée une gouvernance verticale, où la légitimité symbolique du Roi remplace les mécanismes de responsabilité politique.

Le mythe de la stabilité

La monarchie marocaine a toujours su se présenter comme le garant de la stabilité dans une région instable. Mais cette stabilité, à force d’être érigée en dogme, devient un frein à la réforme.
Dans un pays où la contestation sociale gronde et où les jeunes peinent à s’identifier à un projet collectif, la stabilité ne peut suffire à masquer les fissures sociales.

Un État stable mais inégalitaire n’est pas un État apaisé ; c’est un État qui retarde l’inévitable confrontation avec les attentes populaires.

Conclusion : quand la parole s’épuise

Le discours du 10 octobre se voulait un acte de continuité et de cohérence. Mais il a surtout confirmé le décalage entre le sommet et la base, entre la grandeur des mots et la dureté du quotidien. Le Maroc ne manque pas de visions ; il manque de traduction concrète, de politiques inclusives, de réponses tangibles aux souffrances sociales.

À force de célébrer la stabilité et la patience, le pouvoir marocain risque de perdre le lien le plus précieux : celui de la confiance.
Et sans cette confiance, la parole royale, si brillante soit-elle, risque de résonner dans le vide.

Ce discours intervient dans un climat marqué par des tensions sociales récentes : la hausse du coût de la vie, le chômage des jeunes et les inégalités territoriales ont suscité des mouvements de protestation. En insistant sur la solidarité nationale et la responsabilité partagée, le Roi a totalement ignorait les revendications du peuple, le discours reste déconnecté des réalités, n’a fait qu’accentuer la frustration.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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