Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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La Guerre de Gaza: le confort de l’aveuglement des Israéliens :

Alors que la guerre à Gaza a révélé une brutalité sans précédent et un effondrement moral collectif, la question n’est plus de savoir si les Israéliens regretteront un jour, mais comment  et quand  la responsabilité, la justice et la mémoire pourront remplacer la logique de vengeance et de déni.
Cette tribune plaide pour une reconstruction éthique fondée sur la vérité des faits, la justice internationale et la reconnaissance du droit de chaque peuple à vivre libre.

Il y a des moments où les mots trébuchent sur la réalité. Gaza en est un. Quand des villes deviennent des ruines, quand les enfants meurent de faim sous blocus, quand des familles entières disparaissent sans sépulture, la langue, même la plus militante, paraît insuffisante. Et pourtant, c’est par les mots que les sociétés commencent à se regarder dans le miroir de leurs actes.

Cela semblera que  le Professeur Norman Finklestein n'ait raison lorsqu'on l'interroge sur la droite israélienne : « Le pays tout entier est de droite »

Avec 86 % des personnes interrogées étaient contre l'expulsion des Palestiniens. Il en reste encore assez pour rejoindre Tsahal et allez à Gaza pour bombarder, affamer et commettre un génocide. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas. La honte retombera sur le monde qui a armé et facilité cette horreur. Mais les Israéliens pourraient bien se réveiller un jour et prendre conscience de la gravité de leurs actes. Quand un peuple se rend complice, activement ou passivement, de la violence d’État, peut-il encore se sauver moralement ?

La banalité du mal,  

Nombreux médias israéliens ont évoqué la « banalité du mal », cette expression d’Hannah Arendt décrivant comment, dans les sociétés modernes, le crime peut se couler dans les procédures administratives, les routines sécuritaires et les automatismes de l’obéissance.
Ce n’est pas une comparaison gratuite : le siège prolongé de Gaza, la destruction systématique de ses infrastructures civiles, les bombardements aveugles, les arrestations massives et l’usage de la faim comme arme ne résultent pas de la folie d’un seul homme. Ils supposent la collaboration silencieuse d’une société tout entière : ingénieurs, pilotes, juristes, journalistes, bureaucrates.

Dans toutes les sociétés en guerre, il existe des dissonances, des résistances, des fissures. On ne peut ignorer les voix israéliennes, artistes, historiens, juristes, simples citoyens, qui, au prix de leur sécurité, dénoncent la dérive coloniale et le glissement vers un apartheid assumé., et trop de personnes refusent ostensiblement d'accepter les arguments fondés, écrits ou prononcés même par des Juifs comme Avi Shlaim, Ilan Pappé, A. Loewenstein, Noam Chomsky, N. Finkelstein… Pourtant, ces voix sont minoritaires et souvent criminalisées.

Le consensus national s’est durci, porté par une peur existentielle et par des décennies de propagande politique et religieuse. C’est ce consensus qu’il faut aujourd’hui interroger : non pour humilier, mais pour rouvrir la possibilité d’un réveil moral. Les Israéliens vivront-ils un jour le moment où ils regarderont en arrière, constateront leur comportement génocidaire, voir la réaction de la majorité en Israël face au rasage de toute la bande de Gaza, aux immenses souffrances infligées aux civils par Israël, aux atrocités, au génocide, à l'inhumanité, à la famine, ainsi qu'aux harcèlements, à l'oppression et au nettoyage ethnique en Cisjordanie et regretteront ce qu'ils ont fait aux Palestiniens.

Le piège de la symétrie morale

À chaque accusation d’atrocités, on oppose un réflexe : « et le Hamas ? »
Oui, le massacre du 7 octobre 2023 fut un crime abominable, une attaque, mais le droit et la morale refusent la logique comptable du « œil pour œil ». La vengeance d’État n’est pas la justice ; la punition collective n’est pas la défense. Un crime ne justifie pas un autre. La responsabilité israélienne actuelle ne se mesure pas au nombre de morts, mais à la structure : celle d’une puissance militaire qui contrôle un peuple sans droits, impose un blocus depuis près de vingt ans et transforme un territoire en cage à ciel ouvert.

Comparer n’est pas relativiser. C’est au contraire rappeler que la loi et la dignité humaine valent pour tous, ou ne valent plus pour personne. L’optimiste ne cherche pas à confronter les deux côtés du problème et à prétendre que l’oppresseur et la victime sont également responsables, au lieu de ne voir qu'un bien et un mal, alors soyons réaliste : bientôt ceux qui sont coupables des crimes d’extermination et de génocide seront traduits en justice et punis, sinon ce modèle de génocide « justifiable » et de colonisation « justifiable » deviendra la nouvelle façon dont le monde fonctionne et toute vie humaine sera en péril. Le 7 Octobre est la conséquence directe de l'occupation. Et si le Hamas a commis des crimes contre l'humanité en attaquant des civils, la sauvagerie avec laquelle Israël a choisi de se « défendre » (les occupants n'ont aucun droit légal de se « défendre » lorsque les populations qu'ils occupent agissent légitimement contre leur occupation) rend les crimes du Hamas bien pâles en comparaison. Ajoutez à cela le traitement médiéval qu'Israël réserve à ses prisonniers Palestiniens, il y a une barbarie et une criminalité absolues dans la manière qu’Israël a choisi de faire subir à ces prisonniers, tant sur le plan institutionnel qu'individuel.
Quand une armée démocratique tue plus de trente mille civils, quand des responsables politiques invoquent la Bible pour justifier la destruction d’un peuple, le problème dépasse le cadre de la guerre. C’est la légitimité même du projet politique qui est en cause.

Beaucoup d’observateurs étrangers veulent croire à un réveil israélien futur : un jour, disent-ils, les Israéliens découvriront la vérité, comme les Allemands après 1945, et seront saisis de honte. Peut-être. Mais compter sur le remords futur d’un peuple pour réparer le présent est une illusion commode. Ce n’est pas la conscience morale qui arrête les bombes, mais la contrainte politique, juridique et internationale.

La vraie question n’est donc pas : « Quand les Israéliens regretteront-ils ? »
Elle est : « Quand le monde, qui les arme et les protège diplomatiquement, acceptera-t-il de faire appliquer le droit ? »
Quand la Cour internationale de Justice rendra-t-elle un jugement exécutoire sur les accusations de génocide ?
Quand les États cesseront-ils de prétendre que l’embargo humanitaire ou la destruction d’un système de santé relèvent de la “légitime défense” ?

La morale individuelle a son importance, mais sans justice institutionnelle, elle reste un baume sur une plaie ouverte. Je doute sincèrement que les Israéliens reconnaissent un jour le génocide qu'ils ont commis. A-t-on jamais regretté la destruction totale de millions de vies palestiniennes depuis au moins 1948 ? La seule façon d'y parvenir maintenant est que les dirigeants soient appelés à rendre des comptes, à la manière de Nuremberg, et que le pays soit contraint de reconnaître ses actes. Ce serait la meilleure solution pour les Palestiniens comme pour les Israéliens, mais cela n'arrivera pas de sitôt, voire jamais. Malheureusement, aucun argument ne saurait les convaincre et je pense que les Israéliens accepteront fièrement le génocide et raconteront à leurs petits-enfants comment ils ont tué des enfants palestiniens pour sauver la terre pour eux.

La responsabilité, pas la honte

Il est tentant de souhaiter que la société israélienne éprouve un jour ce que ressentirent les Allemands en visitant les camps de concentration : le dégoût, la culpabilité, la honte. Mais la honte ne guérit rien. Elle enferme.
Ce qu’il faut, c’est la responsabilité : la capacité d’un peuple à se confronter à ses actes, à ouvrir ses archives, à juger ses dirigeants, à indemniser ses victimes et à reconstruire des institutions capables d’empêcher la répétition.

L’Afrique du Sud post-apartheid n’a pas été sauvée par la honte des Blancs, mais par un processus politique de vérité et de réconciliation  imparfait, mais historique.
L’Allemagne ne s’est pas relevée par le remords, mais par la dénazification, les procès, l’éducation civique, l’interdiction du révisionnisme. Il faut le même courage en Israël : un courage juridique, pas moraliste ; collectif, pas abstrait.

La mémoire, pas la mythologie

Chaque nation construit une mémoire sélective. Israël n’y échappe pas.
L’Holocauste a forgé une conscience tragique et légitime : celle d’un peuple qui ne veut plus jamais être persécuté. Mais cette mémoire est devenue, dans les mains des dirigeants actuels, un instrument de justification permanente.
Quand « plus jamais ça » devient « plus jamais pour nous », la mémoire se transforme en mythe nationaliste.
Le devoir de mémoire doit être universalisé : il ne consiste pas à hiérarchiser les souffrances, mais à tirer des leçons politiques de la douleur humaine.
Dire « plus jamais ça » doit signifier : plus jamais de ghettos, plus jamais de famines imposées, plus jamais de bombardements contre des populations civiles — où que cela se produise.

Conclusion :

Comment un peuple peut-il sortir du déni ? Trois conditions, au moins, sont nécessaires.

La vérité des faits. : Les crimes ne doivent pas rester noyés dans la propagande. Les organisations de défense des droits humains — israéliennes et internationales — doivent être protégées, pas criminalisées. Les journalistes doivent pouvoir documenter, les tribunaux doivent pouvoir enquêter, les archives doivent être ouvertes.

La pression extérieure : Aucune société ne se réforme seule quand elle bénéficie d’une impunité totale. Les alliés d’Israël — États-Unis, Europe, Australie, Canada — doivent cesser de parler de “préoccupations humanitaires” tout en livrant des armes et en couvrant diplomatiquement la guerre. L’histoire jugera ces complicités.

La reconstruction morale intérieure. : Les Israéliens doivent être encouragés à penser autrement leur sécurité. Un pays ne peut vivre éternellement derrière des murs. La paix ne viendra pas d’une victoire militaire, mais d’une reconnaissance : celle de la dignité égale du peuple palestinien et du droit de tous à vivre libres sur la même terre.

Être optimiste n’est pas nier la catastrophe. C’est refuser d’abandonner la croyance que la vérité finit toujours par fissurer le mensonge.
Oui, certains Israéliens, demain, diront peut-être : « J’ai toujours été contre ». Mais ce jour-là, il faudra leur rappeler que la morale ne réside pas dans les paroles tardives, mais dans les actes que l’on accomplit quand il est encore temps.

L’optimisme utile n’est pas celui des illusions, mais celui de la responsabilité : croire que les sociétés peuvent changer parce que des individus, aujourd’hui, refusent le silence.
Il n’est pas trop tard pour que des Israéliens — soldats, enseignants, parents — disent « pas en mon nom ». Il n’est pas trop tard pour que le reste du monde cesse de détourner le regard.

Les petits-enfants de criminels de guerre potentiels ne se poseront ces questions que s'ils grandissent à l'étranger ou si, sous la pression extérieure, Israël doit mener une guerre d'anéantissement ultra-moderne contre une population civile sans défense. L'État d'Israël est aussi endoctriné que l'Afrique du Sud de l'apartheid blanc. Maintenant que les otages ont été libérés et que le cessez-le-feu a été respecté, ils vont reprendre leurs activités habituelles, espérant que le monde oubliera Gaza, la Cisjordanie et la solution à deux États. Aucun scrupule, aucun regret, aucune honte !

Ce n’est pas la honte qui libérera la Palestine ni la vengeance qui sauvera Israël.
C’est la justice, lente, exigeante, universelle, qui seule peut transformer le deuil en avenir partagé

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                     « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Israël nourri le sophisme démographique du déni

 

Alors que les destructions à Gaza atteignent un niveau sans précédent, un discours se répand pour nier le caractère génocidaire de cette guerre : la population croîtrait, donc il n’y aurait pas volonté d’extermination.
Ce raisonnement, sous couvert d’objectivité, relève du déni politique et moral. Il faut en dévoiler la logique

Parler de Gaza aujourd’hui, c’est affronter une guerre des mots plus impitoyable encore que celle des bombes. À mesure que les ruines s’accumulent, un autre champ de bataille se déploie : celui du langage.
D’un côté, les faits des milliers de morts, des hôpitaux rasés, des enfants amputés, une population affamée. De l’autre, un discours qui tente d’enrayer la compassion, de refroidir les consciences, en habillant la violence d’arguments démographiques et moraux.

Ainsi entend-on dire qu’il ne saurait y avoir génocide puisque la population de Gaza continue de croître. Ce raisonnement, à la fois glacial et cynique, relève d’un sophisme politique : confondre le résultat statistique avec l’intention criminelle.

Un sophisme d’État

Le droit international est limpide : selon la Convention de 1948, le génocide se définit par l’intention de détruire, totalement ou partiellement, un peuple, non par le nombre final de survivants.
Ce n’est pas la démographie qui fonde le crime, mais la volonté de l’effacement.
On peut massacrer, affamer, déporter, priver d’eau, de soins et d’avenir tout un peuple, sans pour autant en “réussir” la destruction totale.
La croissance démographique n’est donc pas la preuve d’une absence de génocide, mais souvent la résistance d’un peuple à son anéantissement.

Réduire l’histoire de Gaza à une courbe de natalité, c’est nier la mort dans sa dimension humaine et politique.
C’est transformer la survie en argument contre la souffrance.
Une telle froideur statistique ne relève pas de la raison, mais du déni.

L’inversion morale : du bourreau à la victime

À ce sophisme s’ajoute une inversion perverse des rôles :
les civils palestiniens deviennent complices de leur propre destruction, tandis que l’armée qui bombarde les hôpitaux se pare des vertus de la défense légitime.
C’est un vieux mécanisme colonial : présenter la violence de l’occupant comme une réponse à la barbarie du colonisé.

On accuse les Palestiniens “d’utiliser leurs enfants comme boucliers humains” — manière commode d’expliquer pourquoi ces enfants meurent sous les bombes.
Cette phrase, répétée à satiété, ne dit pas la vérité : elle la neutralise.
Elle déplace la culpabilité, lave les mains de l’agresseur, et transforme chaque victime en preuve de sa propre faute.

Le féminisme instrumentalisé

Autre ruse du discours du déni : feindre de s’émouvoir du sort des femmes palestiniennes.
On accuse le Hamas d’imposer la natalité, d’enfermer les femmes dans la maternité, comme si la critique de l’islamisme suffisait à effacer les bombes.
Mais cette compassion sélective n’a rien de féministe : c’est un féminisme d’occupation, qui utilise le corps des femmes pour justifier la guerre.

Depuis la colonisation de l’Algérie, ce procédé est bien connu : “libérer” les femmes pour mieux dominer leur peuple.
Sous couvert de modernité, on perpétue la hiérarchie coloniale entre “eux” et “nous”.
Ce n’est pas la liberté qu’on défend, mais le droit de parler à la place de celles qu’on réduit au silence par la destruction.

Réécrire l’histoire pour effacer le crime

Ces récits d’apparence érudite se nourrissent aussi d’un révisionnisme tranquille.
En expliquant que les réfugiés palestiniens seraient une invention des régimes arabes, on nie la Nakba de 1948  l’expulsion de plus de 700 000 Palestiniens lors de la création d’Israël.
On efface la dépossession, la spoliation des terres, l’exil forcé.
On réduit un peuple à une anomalie statistique, une variable régionale.

Ce n’est pas une erreur d’histoire : c’est une stratégie d’effacement.
On ne nie pas seulement les morts, on nie la mémoire.

Les chiffres comme anesthésie morale

La froideur des données démographiques agit comme un anesthésiant.
On ne parle plus de visages ni de familles, mais de “croissance” et de “taux de fécondité”.
C’est la langue technocratique du meurtre : celle qui transforme le charnier en tableau Excel.

Pourtant, les chiffres qu’on brandit ne peuvent masquer le réel :
plus de 35 000 morts, selon les estimations onusiennes, des centaines de milliers de blessés, des quartiers rayés de la carte.
Et au-delà des corps, la destruction d’un peuple dans ce qui fonde sa continuité son territoire, ses infrastructures, sa mémoire.
C’est cela, un génocide moderne : la destruction méthodique des conditions de vie.

La paix comme prolongement de la domination

Enfin, ces textes appellent à une “paix” fondée sur la démilitarisation et la tutelle.
Autrement dit, une paix sans souveraineté.
Une paix où Gaza serait gérée, surveillée, encadrée un espace sans peuple, une cage humanitaire.
C’est la paix coloniale, celle des dominants : la paix de la reddition.

Mais sans justice, il n’y a pas de paix et sans reconnaissance du droit des Palestiniens à vivre libres sur leur terre, il n’y aura que la répétition du désastre.

Nommer pour ne pas trahir

Il ne s’agit pas ici de faire de la rhétorique, mais de vérité. Nommer le génocide, ce n’est pas un acte militant, c’est un acte de lucidité.
Le nier, c’est participer à sa perpétuation.
Parce qu’à Gaza, ce n’est pas la démographie qui parle : c’est la volonté d’effacement.
Et tant que cette volonté persistera, chaque mot de déni ajoutera une pierre au tombeau de la justice.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 


Respect aux résistants de Gaza : le ghetto du XXIe siècle :

« Quand la force devient l’unique langage, la vérité se tait et l’humanité s’efface. »

Dans l’étroite bande de Gaza, la guerre a cessé d’être un conflit pour devenir un miroir. Miroir de notre impuissance collective, de la déshumanisation ordinaire, et du courage silencieux de ceux qui résistent à l’effacement. Cette tribune rend hommage aux victimes civiles, à la dignité d’un peuple enfermé, et à la faillite morale d’une époque qui laisse mourir sous ses yeux.

Gaza, une tragédie universelle

Il existe des lieux qui deviennent des symboles au-delà de leur géographie. Gaza, aujourd’hui, en est un. Dans cette bande de terre minuscule où s’entassent des millions de vies, le monde assiste, impuissant ou complice, à une lente destruction, celle d’un peuple pris au piège de l’histoire et de la géopolitique. Sous les bombes, dans la faim et la peur, Gaza nous renvoie à nos contradictions : celle d’un monde qui se dit civilisé mais qui tolère l’inacceptable.

Depuis trop longtemps, Gaza n’est perçue qu’à travers des chiffres : tant de morts, tant de blessés, tant de bâtiments détruits. Mais derrière ces nombres, il y a des visages. Des enfants qui rêvaient d’école, des mères qui enfouissent leurs fils sans tombe, des médecins opérant à mains nues, des familles qui survivent dans le vacarme de la guerre.
Chaque ruine porte un nom, chaque silence une prière.

La dignité comme ultime résistance

Quand tout s’effondre, il ne reste qu’un seul territoire à défendre : celui de la dignité.
Résister, dans Gaza assiégée, n’est pas un slogan : c’est un réflexe vital.
Ce n’est pas une exaltation de la guerre, mais le refus obstiné de disparaître sans laisser de trace. Face à la puissance d’une armée surarmée, un peuple désarmé tente simplement de rester humain.

Les murs qui entourent Gaza ne contiennent pas seulement ses habitants : ils enferment aussi la conscience de ceux qui les ont construits. Car l’occupation ne tue pas seulement des corps, elle étouffe des âmes, elle pervertit la morale.
L’asymétrie est totale, mais la dignité ne se mesure pas à la force des armes — elle se mesure à la capacité de continuer à espérer, même au bord du gouffre.

La guerre des récits

La bataille de Gaza n’est pas seulement militaire ; elle est aussi narrative.
Les mots, ici, tuent ou sauvent. Le pouvoir des armes se double de celui des images et des récits. Celui qui bombarde parle de “riposte légitime”, celui qui souffre est qualifié de “terroriste”.
Ainsi, la réalité se déforme, la souffrance se banalise, et la vérité devient la première victime du conflit.

Aujourd’hui, le colonisateur au lieu de se reprocher d’être à la mauvaise place dans l’histoire, il reproche à la résistance et à son peuple d’avoir osé faire l’inévitable pour recouvrer leurs droits.

Aujourd’hui, nous constatons que la glorification des héros de Gaza n’est pas notre droit. Elle nous rappelle plutôt, à nous-mêmes comme à l’ennemi, que la vie, riche en expériences, ne comporte qu’un nombre limité de choix majeurs.

Croire que la bataille de Gaza se terminera par une reddition épargnant à Israël le châtiment qu’il mérite, c’est une fois de plus une lecture erronée de l’histoire. Mais le temps seul est riche d’enseignements pour ceux qui souhaitent apprendre !

La tragédie d’un peuple encerclé

A Gaza, le colonisateur est supérieur en nombre, en armement, en tactique. Les civils sont encerclés, incapables d’échapper au feu sauf par des galeries qu’ils ont creusées ou qui existaient déjà.
Devant cette écrasante supériorité, il ne reste que la guérilla qualifiée de “terrorisme” par ceux qui détiennent le pouvoir. Pour les civils encerclés, les morts s’accumulent sous les bombes ; la maladie et la faim faucheront encore des vies. Certains choisissent de mourir en emportant un adversaire — acte tragique qui, pour eux, est la dernière réponse à un génocide programmé. Et pourtant, paradoxalement, plus on cherche à réduire une population par la violence, plus la détermination de ceux qui résistent grandit : leur moral s’affermit à mesure que celui des agresseurs s’érode, car la longue durée transforme la puissance en vulnérabilité.

Au-delà de la suprématie militaire, le colon contrôle les moyens de communication : il peut allonger ses victoires, minimiser ses défaites, et affirmer qu’il ne perd pas d’hommes. Pourtant ces hôpitaux se remplissent en cachette et l’ordre militaire est de taire les pertes. L’armée qui occupe doit paraître invincible, féroce et inhumaine, tel est la doctrine du colonisateur.

Ce constat n’est pas une métaphore : c’est une photographie de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux. Il dévoile la logique du désespoir, la mécanique de la domination et l’absurdité d’un système où la puissance croit pouvoir détruire la volonté d’exister.
Mais l’histoire enseigne le contraire : la force brute finit toujours par se heurter à la mémoire des vivants.

Le miroir de notre humanité

Ce qui se joue à Gaza dépasse le conflit israélo-palestinien : c’est un test moral pour l’humanité entière.
C’est la mesure de notre tolérance à l’inacceptable, de notre indifférence à la souffrance, de notre capacité à fermer les yeux quand la vie d’autrui nous dérange.
Gaza n’est pas seulement une tragédie politique, c’est une tragédie humaine. Et c’est précisément pour cela qu’elle nous concerne tous.

Rendre hommage aux victimes, ce n’est pas choisir un camp, c’est refuser l’oubli.
C’est affirmer que la compassion est un devoir, que la justice est la seule voie vers la paix, et que la mémoire des morts ne doit pas servir d’argument mais d’avertissement.
Un jour, les bombes se tairont, les ruines seront balayées, mais la question demeurera : qu’avons-nous fait, nous, quand l’humanité brûlait à Gaza ?

Ce que révèle Gaza, c’est la faillite de la puissance et le triomphe paradoxal de la dignité.
Plus les murs s’élèvent, plus les consciences s’éveillent.
Plus on tente d’effacer un peuple, plus sa mémoire s’impose.

Rendre hommage à ces vies fauchées, ce n’est pas une posture politique :
c’est une déclaration de foi dans l’humain.
C’est exiger la fin des bombardements, l’ouverture des couloirs humanitaires, des enquêtes indépendantes, et la reconnaissance du droit à la vie.

Car si la guerre a fait de Gaza un cimetière, la mémoire peut encore en faire un lieu de conscience.
Et peut-être qu’un jour, le monde regardera cette terre non plus comme une menace, mais comme un avertissement :
celui de ce qui arrive quand l’humanité abdique.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 

Israël / Le 7 octobre : un alibi pour un génocide

 

On voudrait nous prendre par la main, nous ramener deux ans en arrière, nous forcer à regarder encore et encore la même image : Israël en victime éternelle, Israël attaqué, Israël endeuillé.
Le deuxième anniversaire du 7 octobre s’annonce comme une grande messe d’amnésie organisée. Reportages lacrymaux, documentaires scénarisés, reconstitutions hollywoodiennes  tout sera mobilisé pour réactiver ce traumatisme. Comme si, en répétant assez fort, assez longtemps, on pouvait faire oublier ce que le monde a vu depuis.

Mais ce qu’on a vu, nous ne pourrons jamais l’oublier.
Et c’est précisément là que se loge l’hypocrisie occidentale.

La commémoration comme arme de diversion

Les hasbaristes vont être vraiment odieux. Ils vont déblatérer sur le Palestinien qui décapite des bébés, puis les cuire au four, puis coucher avec eux, puis les manger, et enfin jouer au foot avec leurs têtes tout en chantant leur amour pour Adolf Hitler.

Les victimes israéliennes du 7 octobre 2023 méritent mémoire et respect. Personne ne nie que des civils aient été tués ce jour-là, et que ce fût un drame. Mais quand la commémoration se transforme en industrie médiatique, en outil de propagande et en arme de guerre, alors la mémoire devient une insulte.

Que reste-t-il de la compassion sincère quand les morts d’un camp servent à effacer les morts de l’autre ? Quand les pleurs pour certains servent à étouffer les cris d’agonie de tous les autres ? Car le bilan depuis le 7 octobre est effroyable. Plus de 40 000 Palestiniens tués à Gaza en deux ans, selon les chiffres des ONG. Des dizaines de milliers de blessés, mutilés, orphelins. Des hôpitaux bombardés, des camps de réfugiés pulvérisés, des familles entières rayées de la carte. La famine comme arme. Le blocus comme sentence de mort. Des crimes contre l’humanité dénoncés par l’ONU, Amnesty International, Human Rights Watch.

Et pourtant, au moment de l’anniversaire, on nous servira encore les mêmes images du 7 octobre, soigneusement emballées dans un récit unique : Israël victime, Israël menacé d’extermination.  Le 7 octobre n’est plus un souvenir, c’est devenu un alibi de vengeance, un alibi de génocide.

Le monde n’est plus dupe

En 2023, l’émotion était sincère mais naïve. Les images de l’attaque du Hamas avaient choqué l’Occident, et Israël avait su exploiter ce moment pour rallier un soutien immédiat, inconditionnel. On se demandait :“Comment le Palestinien a-t-il pu faire une chose pareille ?”

Deux ans plus tard, la question s’est inversée. Devant l’accumulation d’atrocités commises par Tsahal, devant les déclarations officielles appelant à “anéantir Gaza” et à “vider la bande de ses habitants”, devant les images insoutenables d’enfants déchiquetés sous les bombes, d’hôpitaux réduits en gravats, de civils abattus alors qu’ils attendaient de la nourriture, l’innocence n’existe plus.

Le récit israélien s’est fissuré, puis effondré. Même les alliés occidentaux ne peuvent plus cacher la vérité : Israël ne se défend pas, il massacre. Israël n’est pas la victime éternelle, il est devenu bourreau.

Les sondages montrent une montée spectaculaire de la solidarité envers les Palestiniens. Les manifestations monstres, les boycotts, les prises de position d’artistes, d’universitaires, de syndicats, témoignent de ce retournement. Même dans les chancelleries, la gêne est palpable.
C’est pour cela que la machine commémorative s’emballe : parce qu’Israël sent que l’opinion lui échappe.

Le spectacle de la mémoire

Les plateformes de streaming diffusent des séries entières consacrées au 7 octobre. TV Françaises et d’autres encore. Des documentaires “exclusifs” promettent de nouvelles révélations, toujours plus macabres, toujours plus sensationnelles. Il ne s’agit plus d’informer, mais de mettre en scène. De transformer la douleur en spectacle de la mémoire.
Un spectacle calibré pour raviver l’indignation et détourner les regards du présent.

Et demain, peut-être, on inventera encore d’autres atrocités : des récits si grotesques qu’ils en deviennent caricaturaux. On nous répétera les histoires invérifiables de bébés décapités, brûlés, violés, mangés. La compassion à géométrie variable est devenue une stratégie de guerre.

Pendant ce temps, Gaza continue de mourir dans le silence.

L’horreur sélective

Tout cela repose sur une vérité brutale : dans l’Occident médiatique et politique, toutes les vies ne se valent pas.
Les vies israéliennes comptent. Elles méritent documentaires, séries, hommages nationaux.
Les vies palestiniennes ne comptent pas. Elles ne méritent que des statistiques anonymes.

On pleure des civils israéliens tués en une journée. On détourne le regard de dizaines de milliers de civils palestiniens massacrés en deux ans. On brandit l’antisémitisme comme bouclier pour réduire au silence toute critique du gouvernement israélien. C’est cela, l’horreur sélective : une mémoire à géométrie variable, calibrée selon l’identité des victimes.

Ce que nous avons vu

Mais le problème pour Israël et ses alliés, c’est que nous avons vu.

Nous avons vu les bombardements sur des hôpitaux pleins de blessés.
Nous avons vu les charniers improvisés où l’on enterre des dizaines d’enfants à la hâte.
Nous avons vu les soldats israéliens filmer leurs exactions, moquant les Palestiniennes tuées, posant avec les sous-vêtements volés, se vantant de massacrer des familles.
Nous avons vu les files interminables de civils affamés abattus alors qu’ils attendaient de la nourriture.
Nous avons vu des ministres israéliens déclarer qu’ils voulaient “nettoyer Gaza”.

On ne peut pas voir autant d'atrocités horribles avant de cesser de voir Israël comme une pauvre petite victime aux yeux de Bambi.

On ne peut pas entendre autant de responsables israéliens annoncer leur intention de nettoyer ethniquement la bande de Gaza de tous les Palestiniens, on ne peut pas voir autant de soldats israéliens vêtus avec moquerie des sous-vêtements des femmes palestiniennes mortes et déplacées qu'ils ont génocidées, on ne peut pas lire autant de bombardements d'hôpitaux ,

On ne peut pas écouter autant de récits de soldats de Tsahal massacrant des civils affamés dans des centres de secours, avant de commencer à se dire qu'Israël l'avait probablement bien cherché

Tout cela n’est pas de la propagande. Ce sont des preuves, des vidéos, des témoignages, des rapports d’ONG et d’organisations internationales. Et ce qui a été vu ne peut pas être oublié.

Refuser la manipulation

Alors non, nous ne tomberons pas dans le piège.

Ce qu'il faut, une enquête internationale qui examine toutes les preuves connues de cette opération sous fausse bannière flagrante et manifeste. Il faut commencer par des interviews avec des responsables des services de renseignements égyptiens qui ont déjà déclaré que Netanyahou lui-même avait été directement averti, plusieurs jours à l'avance, de cette opération imminente hors de Gaza, puis illustrer sa réponse. Le retrait des troupes de Tsahal de la frontière de Gaza et leur repositionnement en Cisjordanie. Le repositionnement du « festival de la paix » sur un site plus proche de la frontière de Gaza.

Sans aucune raison donnée, un retrait militaire a été ordonné le matin de l'attaque et, inexplicablement, des heures se sont écoulées avant qu'ils n'instaurent une quelconque forme de réponse militaire. Le plus critique a été la directive Hannibal qui a apparemment été donnée, envoyant des chars et des hélicoptères de combat, qui ont tué la majorité des civils israéliens.

Ce sont toutes des questions qui ont été posées à Netanyahou, auxquelles il a refusé de répondre, affirmant qu'elles ne peuvent pas être posées alors qu'ils ont une ou plusieurs actions militaires en cours. Lorsque Gantz a démissionné, il a appelé à une enquête complète sur tous les membres du haut commandement, y compris lui-même.
Nous ne laisserons pas l’anniversaire du 7 octobre devenir une arme d’amnésie organisée.
Nous n’accepterons pas que la mémoire des morts israéliens serve à effacer celle des morts palestiniens.

Rappeler le 7 octobre, oui. Mais rappeler aussi, et surtout, le 8 octobre, le 9, le 10, et tous les jours qui ont suivi, jusqu’à aujourd’hui.
Rappeler que chaque bombe lâchée sur Gaza depuis ce jour est un crime de guerre, une punition collective, un pas de plus dans un génocide.

Le 7 octobre n’est pas un souvenir, c’est devenu un alibi.

On pleure les morts israéliens en série télévisée, on efface les morts palestiniens en statistiques anonymes. La mémoire des uns est utilisée comme arme d’effacement des autres. Ce n’est pas une commémoration, c’est une diversion. On nous somme de pleurer avec un œil et de rester aveugles de l’autre. Les vies israéliennes font la une, les vies palestiniennes sont reléguées en bas de page.

Nous n’oublierons pas

La mémoire sélective est une insulte à l’histoire. L’instrumentalisation des morts est une profanation.
Nous devons refuser ce chantage moral qui nous intime de pleurer avec un œil et de rester aveugles de l’autre.

Nous avons vu. Nous savons.
On nous intime de pleurer Israël, on nous interdit de voir Gaza, mais  c
e que nous avons vu à Gaza, nous ne l’oublierons pas. Jamais.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

 


Gaza : le faux plan de paix de Trump et Netanyahou, paravent d’un génocide en cours


Ce qui s’est joué lundi à Washington n’était pas une avancée diplomatique, mais une mise en scène obscène. Donald Trump et Benjamin Netanyahou ont dévoilé un prétendu « plan de paix » en 20 points pour Gaza. En réalité, ce n’est rien d’autre qu’un écran de fumée pour prolonger un génocide, couvrir des crimes de guerre et détourner l’attention de l’opinion internationale.

Bien sûr, les conditions qu’il propose ressemblent parfois à des capitulations déguisées. Et derrière la scène, la guerre n’est jamais loin, prête à remonter sur les planches si l’accord échoue. Mais au moins, il y a ce geste : forcer la paix à s’énoncer, même si ce n’est encore qu’un rôle imposé. Peut-être qu’un jour, ce rôle deviendra une habitude, puis une obligation, et qui sait, une réalité.

Entre guerre et paix, Trump choisit la dramaturgie. Et peut-être, paradoxalement, que cette dramaturgie est l’un des rares chemins encore ouverts pour rappeler à l’humanité que la paix ne naît pas seulement dans le secret des négociations, mais parfois aussi dans la lumière crue d’un spectacle.

Un plan creux, une mascarade sanglante

Les cartes bricolées à la va-vite, les promesses vagues d’autodétermination conditionnée, l’absence totale de calendrier : ce plan n’est qu’un simulacre. Derrière les grands mots, il n’offre aucune garantie réelle ni pour la sécurité des civils israéliens, ni pour les droits fondamentaux du peuple palestinien.

Il ne s’agit pas d’un processus de paix, mais d’une opération de communication destinée à sauver Trump à l’approche de la présidentielle américaine et à offrir à Netanyahou un nouveau répit face à la contestation de sa coalition. Pendant qu’ils sourient devant les caméras, les bombes continuent de s’abattre sur Gaza, les hôpitaux sont détruits, les enfants meurent de faim et de blessures non soignées.

« … Selon le plan de Trump, Israël devrait de son côté retirer progressivement ses forces de la bande de Gaza … »

Si Israël se retirait rapidement de Gaza, ce plan aurait une chance de marcher; le Hamas accepterait les conditions et libérerait les otages, mais on sait très bien qu’Israël ne sortira JAMAIS tout son monde de Gaza; un petit nombre peut-être, mais au complet, oublier ça.

Effectivement, ce plan va être rejeté; le Hamas va sans doute faire une contre-offre qu’Israël va refuser et la guerre va se poursuivre.

Tout cela est une opération de marketing pour bien faire paraître Donald Trump grand artisan de la paix et Benjamin Netanyahou, tout en rejetant le blâme sur le Hamas pour refuser tout compromis.

Netanyahou, artisan du nettoyage ethnique

Depuis le 7 octobre 2023, Netanyahou n’a cessé de saboter les cessez-le-feu et de prolonger délibérément la guerre. Chaque otage mort, chaque enfant enseveli sous les décombres, chaque village palestinien rasé sont les preuves de sa stratégie criminelle. Il instrumentalise la douleur de son propre peuple pour servir son seul objectif : se maintenir au pouvoir, au prix du sang versé.

Ce n’est pas une guerre de défense : c’est une guerre d’extermination. Ce qui se joue à Gaza est un nettoyage ethnique systématique, orchestré par un Premier ministre corrompu, appuyé par des ministres suprémacistes et encouragé par l’impunité que lui garantit Washington.

Les Palestiniens exclus, encore une fois

La plus grande obscénité de ce « plan de paix » est qu’il se discute sans les Palestiniens. Comme toujours, on prétend décider de leur avenir en leur absence. On exige du Hamas un désarmement total, mais on ne dit rien de l’occupation, des colonies, de l’apartheid quotidien que subit la population de Cisjordanie et de Gaza.

Parler de paix tout en maintenant l’armée israélienne à Gaza, tout en refusant la reconnaissance d’un État palestinien, tout en poursuivant les massacres, c’est insulter la mémoire des victimes et nier la dignité d’un peuple entier.

Le cynisme à visage découvert

Ce plan n’est pas seulement inutile, il est criminel. Il légitime la poursuite du bain de sang. Il offre à Netanyahou la couverture nécessaire pour continuer les bombardements, les expropriations, les assassinats ciblés. Il permet à Trump de se poser en faiseur de paix alors qu’il cautionne un génocide.

Les images des ruines de Gaza, les fosses communes improvisées, les cris des familles en deuil sont les véritables réponses à ce plan. Ce que Trump et Netanyahou ont vendu au monde n’est pas la paix, mais la prolongation d’une politique de mort. Peu importe les solutions proposées, elles seront toujours rejetées par l’un ou l’autre car ce qui est acceptable pour l’un est inadmissible pour l’autre…

Pour une justice véritable

Il est temps de dire les choses sans détour : Netanyahou doit rendre des comptes devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Ses alliés qui cautionnent ce carnage doivent également être jugés.

La paix ne viendra pas de Washington ni de Tel-Aviv, mais de la lutte des peuples et de la pression internationale. Elle passera par :

  • la fin immédiate du siège et des bombardements de Gaza ;
  • la libération des prisonniers politiques, dont Marwan Barghouti ;
  • la reconnaissance pleine et entière de l’État palestinien ;
  • des sanctions internationales contre Israël tant que se poursuivent l’occupation et le nettoyage ethnique.

Conclusion : stopper la machine de mort

Espérons que ce chapitre répugnant de l’histoire humaine prenne fin. Ce serait un pas de plus si cet homme était empaqueté et envoyé à La Haye. Après deux ans coincé dans les cimetières – un « spectacle » pour les caméras de la Maison Blanche, programmé uniquement pour une campagne électorale politique – Netanyahou continue de se montrer avec un sourire devant les caméras, racontant comment il a assassiné, purgé et éliminé comme un tueur en série fier de ses crimes.

Ce spectacle macabre, où le meurtre devient stratégie électorale, est une honte absolue. Les services de sécurité doivent arrêter Netanyahou immédiatement pour stopper la torture des Israéliens kidnappés et empêcher un nouveau bain de sang. Ils doivent aussi mettre fin aux manœuvres de ses conseillers électoraux qui transforment la guerre en outil de propagande et utilisent le sang versé pour nourrir une atmosphère de haine et de terreur.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »