Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée, elle y est psychanalysée. Et toujours à charge. Gara Djebilet n’échappe pas à cette névrose géopolitique où chaque projet algérien devient automatiquement une escroquerie industrielle, chaque ambition économique un délire nationaliste, chaque investissement une tragédie annoncée.

Le texte consacré à cette mine saharienne n’est pas une analyse économique. C’est un exorcisme régional. Une tentative désespérée de conjurer une réalité simple : l’Algérie tente, maladroitement peut-être, mais résolument, de sortir de la dépendance énergétique.

Et cela, manifestement, dérange.

Car enfin, qu’a-t-on lu sous couvert d’expertise minière ? Une litanie de procès d’intention, d’hyperboles catastrophistes et de sarcasmes militants, le tout emballé dans un discours pseudo-technique qui confond la sidérurgie avec un bilan comptable de PME.

Le phosphore, nous explique-t-on doctement, rendrait le minerai difficilement exploitable. Découverte fracassante : l’industrie lourde est compliquée par le Makhzen.

À ce niveau de profondeur analytique, on s’attend presque à voir surgir un article démontrant que les barrages coûtent cher ou que les centrales nucléaires produisent des déchets.

L’histoire industrielle mondiale repose précisément sur des défis techniques considérés, à leur époque, comme absurdes. La Ruhr, la Sibérie, les Appalaches, tous ces territoires ont été jugés improductifs avant de devenir des piliers économiques. Mais lorsqu’il s’agit de l’Algérie, soudain, la complexité industrielle devient une preuve de folie nationale.

Curieuse asymétrie du doute.

Ce qui frappe dans cette prose hostile, c’est son obsession quasi anthropologique. Gara Djebilet n’est pas seulement présentée comme un projet risqué, ce qui serait un débat légitime  mais comme un crime politique, une hérésie économique, une imposture civilisationnelle.

On ne critique pas un chantier. On criminalise une ambition, et cette réaction révèle beaucoup plus sur ceux qui écrivent que sur ceux qui construisent.

Le texte franchit ensuite le Rubicon intellectuel en sombrant dans l’attaque personnelle, ce sport favori des polémistes en panne d’arguments. Népotisme suggéré, corruption insinuée, gouvernance tournée en caricature familiale. L’argumentation devient alors un mélange de roman-feuilleton et de ragot géopolitique.

Vieille méthode : quand la réalité industrielle résiste, on se rabat sur la suspicion morale. Lorsque l’économie devient trop complexe, on convoque la psychologie du pouvoir. Lorsque l’analyse échoue, on mobilise le soupçon.

Mais le plus savoureux reste cette posture de dénonciation de la propagande algérienne, proférée dans un texte qui relève lui-même de la propagande par saturation émotionnelle. L’auteur accuse Alger de produire un récit héroïque. Soit. Mais que produit-il lui-même sinon un contre-récit apocalyptique où chaque pelleteuse algérienne devient une arme de destruction budgétaire massive ?

On passe d’un roman national à un roman paranoïaque car la vérité, que ces journalistes du Makhzen semblent refuser d’affronter, est brutalement simple : Gara Djebilet est un pari stratégique. Comme tous les projets industriels structurants. Elle peut échouer. Elle peut réussir. Mais elle existe dans une temporalité historique, pas dans le rythme hystérique des éditoriaux géopolitiques.

Les nations qui refusent d’investir dans des projets risqués finissent toujours par dépendre de celles qui ont osé.

Il y a, derrière cette rage éditoriale, quelque chose de plus profond qu’un désaccord économique. Il y a une peur diffuse, presque existentielle : celle d’une Algérie qui industrialise son Sahara, développe ses ressources et recompose son modèle économique.

Car un Maghreb où Alger devient un pôle sidérurgique autonome bouleverse les équilibres régionaux. Et certains équilibres reposent précisément sur l’idée inverse.

L’histoire nous enseigne pourtant une constante : les sociétés qui se moquent des ambitions industrielles de leurs voisins sont souvent celles qui redoutent secrètement leur réussite. Les sarcasmes économiques ont toujours été les masques préférés de l’inquiétude stratégique.

On ironise sur les coûts. On ricane sur les délais. On prophétise l’effondrement. Puis, lorsque le projet finit par produire ses effets, on réécrit l’histoire en expliquant qu’on l’avait toujours anticipé.

Mais il faut reconnaître un mérite à cette charge anti-Gara Djebilet : elle révèle une chose essentielle. Cette mine, avant même de produire du fer, produit déjà une onde de choc narrative dans la région. Elle agit comme un révélateur. Elle expose les anxiétés géopolitiques, les rivalités historiques et les crispations identitaires qui structurent le débat maghrébin.

En ce sens, Gara Djebilet est déjà une réussite. Elle oblige certains à parler d’industrialisation algérienne, fût-ce pour la nier.

Il existe une vieille leçon de l’histoire économique : les nations ne se construisent jamais en écoutant ceux qui leur expliquent pourquoi elles doivent renoncer. Elles avancent, souvent dans l’erreur, parfois dans l’improvisation, toujours dans le risque.

Les éditorialistes, eux, ont le luxe d’avoir toujours raison après coup. Les États, malheureusement pour eux, doivent agir avant.

Et c’est précisément cette différence entre ceux qui écrivent l’histoire et ceux qui la font qui semble aujourd’hui insupportable à certains polémistes régionaux.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

Gara Djebilet : vecteur de puissance géoéconomique et pivot stratégique de la transformation industrielle algérienne :

L’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet marque une rupture stratégique dans l’histoire économique de l’Algérie. Pendant des décennies, l’économie nationale est restée largement dépendante des hydrocarbures, exposant le pays aux fluctuations du marché énergétique mondial et limitant sa capacité de diversification. Aujourd’hui, la décision d’exploiter l’un des plus grands gisements de fer au monde traduit une volonté politique claire : construire une économie productive fondée sur la valorisation des richesses nationales.

Les réserves estimées à près de deux milliards de tonnes font de Gara Djebilet un levier stratégique capable de transformer profondément la structure industrielle du pays. Loin d’être un simple projet d’extraction, il constitue le socle d’une nouvelle politique industrielle orientée vers la transformation locale, la production sidérurgique et la création de chaînes de valeur nationales.

Une bataille pour la souveraineté économique : Le projet de Gara Djebilet s’inscrit dans un combat global pour l’indépendance économique. Dans un contexte international marqué par la compétition pour les ressources stratégiques, la maîtrise nationale du fer devient un enjeu majeur pour soutenir les grands programmes d’infrastructures, notamment dans les secteurs du logement, des transports, des ports, des chemins de fer et de l’industrialisation lourde.

Cette orientation vise à réduire la dépendance aux importations, à préserver les réserves de change et à renforcer la sécurité économique du pays. Elle traduit également la volonté de rompre avec les modèles économiques fondés sur la rente et de promouvoir un modèle basé sur la production et la transformation industrielle.

Un levier de justice territoriale et de développement national : L’exploitation de Gara Djebilet constitue également un projet de rééquilibrage territorial. Situé dans le sud-ouest algérien, ce projet contribuera à désenclaver des régions longtemps marginalisées et à intégrer pleinement le Grand Sud dans la dynamique économique nationale.

La réalisation de la ligne ferroviaire stratégique reliant Alger à Tamanrasset représente l’un des piliers de cette transformation. Cette infrastructure favorisera la circulation des ressources, des marchandises et des populations, tout en stimulant l’investissement, l’emploi et l’activité économique dans plusieurs régions du pays.

Les projections indiquent la création de milliers d’emplois directs et indirects, offrant ainsi des perspectives économiques durables aux populations locales et renforçant la cohésion sociale.

Une stratégie nationale de diversification et d’intégration industrielle : Le projet de Gara Djebilet s’inscrit dans une vision globale visant à bâtir une industrie nationale intégrée. Cette stratégie repose sur la transformation locale du minerai et la production d’aciers spécialisés, capables de soutenir le développement de secteurs industriels stratégiques.

Dans cette dynamique, l’Algérie développe également d’autres projets miniers d’envergure, notamment l’exploitation du gisement de zinc d’Oued Amizour et des gisements de phosphate de l’est du pays. Ces projets permettront de renforcer la souveraineté alimentaire et agricole grâce au développement de l’industrie des engrais, tout en diversifiant les sources de revenus nationaux.

Résister aux pressions et aux campagnes de déstabilisation : Comme tout projet structurant, Gara Djebilet fait face à des critiques et à des campagnes médiatiques visant à remettre en cause sa pertinence ou sa viabilité. Ces contestations s’inscrivent dans un contexte géopolitique où la maîtrise des ressources stratégiques constitue un facteur de puissance et d’influence.

La réussite de ce projet nécessite donc une mobilisation nationale fondée sur la transparence, la compétence technique et l’unité autour des objectifs stratégiques du pays. Elle exige également une gouvernance rigoureuse capable de garantir l’efficacité économique et la crédibilité internationale du projet.

Un héritage historique et un engagement pour l’avenir : Découvert dans les années 1950, le gisement de Gara Djebilet symbolise un projet longtemps différé par des contraintes techniques et politiques. Sa relance aujourd’hui représente l’aboutissement d’un rêve historique porté par plusieurs générations d’Algériens aspirant à construire une économie indépendante et souveraine.

Ce projet incarne également la continuité du combat national pour la maîtrise des ressources et le développement autonome du pays. Il constitue un investissement stratégique pour les générations futures et un symbole de la transformation économique de l’Algérie.

Conclusion : Gara Djebilet, symbole de la renaissance industrielle algérienne : Le projet de Gara Djebilet dépasse la dimension minière pour devenir un symbole de la renaissance industrielle et économique de l’Algérie. Il représente un choix stratégique en faveur de la souveraineté, de la diversification économique et du développement territorial équilibré.

Sa réussite dépendra de la capacité collective à transformer cette richesse naturelle en puissance industrielle durable. Plus qu’un projet économique, Gara Djebilet incarne une ambition nationale : celle d’une Algérie forte, indépendante et pleinement engagée dans la construction de son avenir.

 

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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