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CRINK : quand l'Occident découvre enfin ce que signifie la concurrence:

Panique dans les beaux quartiers de l'Empire.

Les éditorialistes de garde ont trouvé leur nouveau croque-mitaine : le « CRINK ». Chine, Russie, Iran, Corée du Nord. Rien que le nom sonne comme une marque de pesticide ou une maladie tropicale. C'est parfait : avant même de réfléchir, le lecteur doit déjà ressentir une légère démangeaison géopolitique.

Le scénario est connu. Depuis la chute de l'Union soviétique, l'Occident se considérait comme le propriétaire officiel de la planète. Les États-Unis géraient la sécurité, l'Europe distribuait les certificats de moralité, les marchés financiers écrivaient les commandements, et le reste du monde était prié d'applaudir.

Puis un problème est apparu.

Les autres existent.

Quelle impolitesse.

Voilà que des puissances refusent désormais d'occuper éternellement le rôle de figurants dans un film écrit à Washington. Et cette simple idée déclenche chez certains chroniqueurs la même angoisse qu'un aristocrate de 1788 découvrant que les domestiques savent lire.

Le plus drôle est cette manière de présenter l'ordre occidental comme un phénomène naturel. Une sorte de climat géopolitique. Une évidence. Une gravité terrestre.

L'hégémonie américaine ? La stabilité.

Les sanctions économiques ? La défense des valeurs.

Les guerres préventives ? La sécurité collective.

Les coups d'État soutenus à l'étranger ? La promotion de la démocratie.

Les bases militaires sur plusieurs continents ? La paix.

Mais que la Chine finance ses partenaires, que la Russie cherche des alliés ou que l'Iran défende ses intérêts régionaux, et soudain les éditorialistes voient surgir les quatre cavaliers de l'Apocalypse chevauchant des missiles nucléaires.

La règle est simple : quand l'Occident avance ses pions, c'est l'ordre mondial ; quand les autres bougent les leurs, c'est le chaos.

Une merveille de cohérence.

On nous explique que Pékin soutient une « économie de guerre ».

Émouvant.

Les mêmes pays qui consacrent des centaines de milliards aux dépenses militaires, exportent des armes aux quatre coins du globe et transforment chaque conflit en salon professionnel pour industriels de la défense découvrent soudain les vertus du pacifisme.

Les marchands de canons organisent désormais des conférences sur les dangers du bruit.

L'ironie atteint même des sommets himalayens lorsqu'il est question de libre-échange.

Pendant quarante ans, l'Occident a expliqué à la planète entière que la concurrence était une loi sacrée.

Puis la Chine est devenue compétitive.

Et là, miracle.

Les apôtres du marché libre ont commencé à dresser des barrières douanières avec l'énergie de castors sous amphétamines.

Les champions du libéralisme réclament désormais des protections.

Les défenseurs de la mondialisation découvrent les vertus du patriotisme économique.

Les prêtres du libre-échange deviennent soudain douaniers. On dirait un végétarien surpris en train de dévorer un sanglier. Le véritable sujet n'est pourtant ni la Russie, ni l'Iran, ni la Corée du Nord, ni même la Chine.

Le sujet est la panique existentielle d'une élite qui confond depuis longtemps ses intérêts avec ceux de l'humanité entière.

Depuis des décennies, les puissances occidentales parlent de « communauté internationale » comme Louis XIV parlait de l'État.

Avec le même sous-entendu.

« La communauté internationale, c'est nous. »

Le reste du monde est toléré à condition de voter correctement. Or voici qu'une partie croissante de la planète refuse de jouer ce rôle décoratif.

Là réside la véritable source d'angoisse. Car ce qui vacille aujourd'hui n'est pas l'ordre mondial. C'est le monopole occidental sur la définition de cet ordre.

Les éditorialistes peuvent bien invoquer les périls, les menaces, les axes du mal recyclés et les acronymes anxiogènes.

Derrière la fumée des grands discours, on distingue surtout une vieille puissance qui regarde le miroir de l'Histoire et découvre une vérité désagréable.

Le monde n'est plus son domaine privé.

Et il n'existe rien de plus insupportable pour un hégémon que de devoir vivre sous les règles qu'il imposait aux autres.

Voilà le scandale.

Voilà la tragédie.

Voilà le véritable « danger pour la stabilité internationale ».

Les maîtres du jeu découvrent enfin ce que signifie avoir des adversaires.

A.T

À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
«
Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

https://kadertahri.blogspot.com/

 

L’Iran : la machine répressive du mensonge occidental encore une fois !

 

Quand les “experts” recyclent la guerre comme solution morale. Il faut être soit d’une naïveté abyssale, soit d’une malhonnêteté assumée pour ne pas reconnaître le mécanisme à l’œuvre. Ce qui se déploie aujourd’hui autour de l’Iran n’est pas une analyse, ni une alerte humanitaire, ni une réflexion stratégique. C’est un copier-coller idéologique, usé jusqu’à la corde, dont chaque étape est connue à l’avance.

Le régime iranien est autoritaire ? Oui. Répressif ? Oui. Brutal ? Oui. Et après ?
C’est précisément là que commence la manipulation.

La morale comme prétexte, la guerre comme objectif : La violence du régime iranien n’est pas décrite pour être combattue politiquement. Elle est exhibée pour désactiver toute pensée critique. Une fois l’horreur posée, toute question devient suspecte, toute prudence est assimilée à une complicité, toute mémoire historique à une trahison. Ce n’est plus une analyse : c’est une intimidation morale.

La contestation confisquée, encore

Les mobilisations en Iran sont réelles. Leur colère est légitime. Mais croire ou feindre de croire, qu’elles échapperont aux ingérences étrangères relève du mensonge pur. On nous a déjà servi cette fable en Syrie : la rue, puis les financements, les armes, les “alliés”, les proxies, la guerre par procuration. Le résultat est connu : un pays détruit, une population broyée, et les mêmes “experts” qui regardent ailleurs. L’Iran ne ferait pas exception. Il serait pire.

Les chiffres bidons, carburant idéologique

« 80 % des Iraniens détestent le régime ».
Qui a mesuré ? Comment ? Où ? Quand ? Personne ne le sait. Personne ne le peut. Mais le chiffre circule, sanctifié, repris en boucle. Il ne sert pas à comprendre une société, mais à fabriquer une permission morale. Hier, on avait les armes de destruction massive.
Aujourd’hui, on a des pourcentages fantômes.

Reza Pahlavi : l’aveu colonial

Quand on prétend libérer un peuple en lui imposant le fils d’un dictateur honni, tout est dit. Les jeunes Iraniens ignorent ce nom. Les anciens s’en souviennent très bien : torture, police politique, dépendance au « Grand Satan ». Son seul véritable soutien se trouve hors d’Iran, dans les studios occidentaux et les cercles néoconservateurs. Ce n’est pas un projet démocratique. C’est un réflexe impérial.

Démocratie à sens unique

Netanyahou est massivement rejeté par la population israélienne. Corruption, autoritarisme, violence d’État, mépris du droit international. Pourtant, personne ne parle de « régime à abattre ». La démocratie n’est invoquée que contre les ennemis. Jamais contre les alliés. Ce n’est pas un oubli. C’est une règle.

Quand le droit devient facultatif

Dire que « l’ordre international n’a plus de sens » face à un régime jugé immoral, c’est admettre que la loi n’existe que pour les faibles. C’est consacrer la loi du plus fort. C’est justifier toutes les guerres à venir. Ce discours ne combat pas la barbarie.
Il en est la théorisation moderne.

le scénario que nous connaissons déjà

Nous avons pris connaissance déjà tout ça. Ils répètent le même scénario en boucle
avec tous les détails. La formule ne change jamais.

« Oh non, le peuple du pays ciblé est opprimé ! Il a besoin de liberté et de démocratie ! »

« Tiens, je suis sûr qu’on pourrait utiliser notre puissante armée pour les aider à obtenir la liberté et la démocratie ! Ce serait formidable, non ? »

 « Oh non, maintenant le régime maléfique commet des atrocités ! Vous savez que c’est vrai parce que c’est dans les médias, et les médias n’ont pas le droit de mentir ! Nous devons faire quelque chose ! Nous ne pouvons pas rester les bras croisés ! »

Et après ?  Après, ce sont toujours les mêmes ruines. Et toujours les mêmes experts pour expliquer que personne ne pouvait prévoir.

Refuser la guerre n’est pas de la naïveté, c’est de la mémoire

Il faut être clair : refuser une intervention contre l’Iran, ce n’est pas défendre les mollahs. C’est refuser d’être les figurants consentants d’un scénario déjà écrit, déjà joué, déjà catastrophique.

Depuis cinquante ans, l’Occident applique la même recette : indignation morale, diabolisation, promesse de transition, chaos, ruines, puis oubli.

Ce n’est pas de la lucidité.
C’est une pathologie politique.

La vraie irresponsabilité n’est pas de douter.
La vraie irresponsabilité consiste à persister, contre toute évidence, à croire que bombarder, sanctionner, renverser de l’extérieur produira enfin, miraculeusement,
a démocratie

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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France–Algérie : l’arrogance coloniale sous couvert de diplomatie :

Derrière le vocabulaire policé de l’« apaisement », la diplomatie française continue d’imposer ses exigences à l’Algérie : sécurité, migration, économie, mémoire. Une tribune pamphlétaire qui démonte un discours néocolonial à peine maquillé.

Qu’un ambassadeur de France en Algérie ose déclarer publiquement que Paris a des « exigences » devrait, à lui seul, mettre fin à toute illusion sur la nature réelle des relations franco-algériennes. Ce n’est pas une maladresse. C’est un aveu. La France n’a jamais cessé de parler à l’Algérie comme à une ancienne colonie sommée d’obéir, de coopérer et surtout de se taire.

Sous couvert de « normalisation », le discours français recycle les vieux réflexes impériaux : injonctions sécuritaires, marchandage migratoire, pressions économiques et négation obstinée de la mémoire coloniale. Le ton est feutré, mais le fond est brutal. L’Algérie doit collaborer, contrôler, contenir, céder. Et remercier.

La fameuse « coopération sécuritaire » n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée de sauver la face après l’effondrement total de la présence française au Sahel. Chassée par des peuples lassés de la tutelle militaire, la France cherche aujourd’hui des sous-traitants régionaux pour maintenir une influence perdue. L’Algérie refuse. Et elle a raison. Elle n’a ni à réparer les désastres stratégiques français, ni à sacrifier sa doctrine de non-ingérence pour satisfaire les nostalgies d’empire.

Même logique sur la question migratoire. La France exige que l’Algérie joue le rôle de gendarme, de centre de rétention à ciel ouvert, au nom d’une Europe obsédée par le contrôle des corps et des frontières. Cette obsession sécuritaire, héritière directe du regard colonial, transforme les pays du Sud en zones de confinement humain. Là encore, l’Algérie dit non. Et ce refus devient, aux yeux de Paris, une faute diplomatique.

Le plus révélateur reste l’hostilité affichée envers le projet de loi algérien criminalisant la colonisation. La France ne supporte pas que l’Algérie nomme ce qu’elle a subi. Car nommer, c’est accuser. Accuser, c’est exiger des comptes. Et la France, qui se prétend patrie des droits de l’homme, refuse toujours d’assumer les siens quand il s’agit de crimes coloniaux : massacres, enfumades, déportations, viols, spoliations, essais nucléaires. Ce refus n’est pas de l’ignorance, c’est une stratégie.

Mettre sur le même plan cette loi mémorielle et la détention d’un journaliste français relève d’un cynisme politique assumé. La mémoire de millions de victimes algériennes n’est pas une monnaie d’échange diplomatique. Elle ne se négocie pas. Elle ne se censure pas pour préserver le confort moral de l’ancien colonisateur.

L’accusation d’« arme économique » est tout aussi grotesque. Depuis quand un État souverain n’a-t-il pas le droit de choisir ses partenaires ? Depuis quand rompre avec une dépendance économique héritée du colonialisme devient-il un acte hostile ? Ce que Paris appelle boycott, c’est simplement la fin progressive de privilèges indus accordés pendant des décennies aux entreprises françaises. Le problème n’est pas l’Algérie. Le problème, c’est la perte d’un monopole.

Quant à l’accord d’association avec l’Union européenne, l’utiliser comme instrument de pression est une manœuvre indigne. Cet accord, largement déséquilibré, a affaibli l’économie algérienne au profit des exportateurs européens. Refuser sa renégociation équitable, c’est prolonger une relation de dépendance sous couvert de partenariat.

Il faut cesser de parler d’« apaisement » quand il s’agit de soumission. Il faut cesser de parler de coopération quand il s’agit de contrôle. Et il faut cesser de parler d’avenir commun tant que la France refusera de regarder son passé colonial en face.

L’Algérie n’a rien à prouver. Rien à justifier. Rien à demander.

Elle n’est ni un partenaire mineur ni un élève diplomatique. Elle est un État souverain, avec sa mémoire, ses choix et ses lignes rouges.

La crise actuelle n’est pas une anomalie. Elle est le symptôme d’un mal plus profond : l’incapacité persistante de la France à accepter la fin définitive de son empire. Tant que cette rupture mentale ne sera pas actée, toute normalisation restera un mensonge diplomatique de plus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Iran : une révolte populaire confisquée par la guerre idéologique des Occidentaux:

 

La révolte du peuple iranien contre le régime des mollahs mérite mieux que les tribunes hypocrites qui prétendent la défendre tout en la détournant. Car ce qui se joue aujourd’hui dans certains médias occidentaux n’est pas un débat honnête sur la solidarité internationale, mais une opération de récupération politique : utiliser une lutte réelle, sanglante, courageuse, pour régler des comptes idéologiques en Europe.

Sous couvert de dénoncer un prétendu « silence de la gauche », ces discours fabriquent une fiction commode : celle d’une gauche occidentale lâche, aveugle, prisonnière de ses obsessions, incapable de soutenir les Iraniens sans arrière-pensée. Cette fiction est fausse. Et surtout, elle est dangereuse.

Un silence qui n’a jamais existé :

Il n’y a jamais eu de silence sur la révolte iranienne.
Depuis 2022, les mobilisations « Femme, Vie, Liberté » ont été largement relayées, commentées, soutenues. Des manifestations ont eu lieu, des sanctions ont été prises, des collectifs militants se sont mobilisés.

Ce que certains appellent « silence », c’est en réalité le refus de l’alignement.
Refus d’utiliser la révolte iranienne pour légitimer l’ordre géopolitique occidental.
Refus de transformer une lutte populaire en argument de propagande civilisationnelle.

Ce refus-là est intolérable pour ceux qui veulent un monde simple, divisé en camps, où toute critique doit servir un agenda.

Une gauche fantôme pour les besoins de l’accusation :

Pour que le procès tienne, il faut inventer un coupable collectif : « la gauche occidentale ». Un bloc imaginaire, homogène, caricatural. Une gauche réduite à quelques slogans, accusée de fermer les yeux sur les crimes des mollahs par obsession anti-américaine ou anti-israélienne.

La réalité est toute autre.
De nombreuses forces militantes soutiennent la révolte iranienne tout en refusant sa récupération. Elles refusent de choisir entre théocratie et impérialisme. Elles ne refusent que la liberté des femmes iraniennes serve à blanchir d’autres crimes ailleurs.

Ce n’est pas de l’aveuglement.
C’est une position politique cohérente.

Israël, la Palestine et le chantage moral

Là où le texte dévoile son vrai visage, c’est lorsqu’il suggère que soutenir la révolte iranienne deviendrait problématique parce que la chute du régime pourrait affaiblir les ennemis d’Israël.

Ce raisonnement est indécent.
Ce que beaucoup refusent, ce n’est pas la critique du régime iranien — elle est évidente — mais l’instrumentalisation de cette critique pour relativiser les crimes de l’État israélien et délégitimer toute solidarité avec le peuple palestinien.

On ne choisit pas quelles vies méritent d’être défendues.
On ne hiérarchise pas les luttes.
On refuse les chantages.

Le Hamas comme arme de disqualification

Comme souvent, le Hamas est convoqué pour clore le débat. Il ne sert pas à comprendre, mais à disqualifier. Toute tentative d’analyse est assimilée à une apologie, toute nuance à une complicité.

Cette logique est autoritaire.
Elle interdit de penser. Elle impose un alignement moral sous peine d’excommunication.

L’anti-américanisme n’est pas une maladie

Autre accusation récurrente : l’anti-américanisme serait un réflexe idéologique empêchant toute lucidité. C’est oublier un peu vite l’histoire.

L’Iran a connu le coup d’État de 1953.
Le monde a connu l’Irak, l’Afghanistan, la Libye.

Refuser que les luttes populaires servent de prétexte à de nouvelles ingérences n’est pas un dogme. C’est une leçon apprise dans le sang.

Le vrai cœur du discours : l’islam comme ennemi

Derrière la défense affichée des Iraniens se cache une thèse plus profonde : l’islam serait une civilisation intrinsèquement oppressive, incompatible avec la liberté. La révolte iranienne devient alors une preuve à charge contre une religion, une culture, des populations entières.

C’est une falsification.
La révolte iranienne n’est pas une guerre contre l’islam. Elle est portée par des croyants, des non-croyants, des féministes musulmanes, des laïques, des athées. Elle vise un régime, pas une civilisation.

Transformer cette lutte en argument islamophobe est une trahison pure et simple.

La fausse posture de la censure

Enfin vient la plainte finale : la pensée serait empêchée, la critique bâillonnée, le milieu oppressif.
C’est une posture bien rodée. Des discours omniprésents, invités sur les plateaux, publiés sans entrave, se présentent comme persécutés.

Cette victimisation est une imposture.

Conclusion : le passé qu’on tente de nous vendre comme avenir

Je vois, sur plusieurs chaînes de télévision, les appels de Reza Pahlavi, fils aîné de feu le shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi.
Il est sans doute utile de rappeler — ce que ne font pas les chaînes télé qui relaient très complaisamment ses appels — que son père s’est imposé au pouvoir en 1953 grâce à un coup d’État.

Le Premier ministre légitime, le Dr Mossadegh, coupable d’avoir nationalisé l’Anglo-Iranian Oil Company, fut renversé, jugé, puis assigné à résidence jusqu’à sa mort en 1965.

Le régime du Shah s’est appuyé sur la SAVAK, police politique organisée par la CIA : censure, arrestations, tortures, exécutions. La peur régnait, y compris parmi les étudiants iraniens à l’étranger. Les crimes de la SAVAK ont été dénoncés internationalement, y compris aux États-Unis.

C’est la révolution islamiste de 1979 qui a mis fin à ce régime.
Son fils, Reza Pahlavi, n’a jamais reconnu le caractère dictatorial ni la corruption du pouvoir de son père. Héritier de sa fortune, exilé aux États-Unis, il affirme être guidé par une « mission divine ».

C’est cet homme que certains médias européens tentent aujourd’hui de présenter comme une alternative crédible, en profitant d’une révolte qui ne lui doit rien.

Beaucoup d’opposants au régime des mollahs ne veulent ni des mollahs, ni du retour du fils du Shah. Le peuple iranien n’a pas renversé une dictature pour qu’on décide à sa place de son avenir.

La solidarité réelle commence ici :
soutenir la révolte iranienne sans la confisquer,
sans la vendre aux puissances,
sans ressusciter les fantômes du passé.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                           « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Nobel de la paix pour les fauteurs de guerre : Trump, Israël et l’empire américain au banc des accusés

Un Nobel de la paix pour Trump ? Voilà donc où en est tombée notre époque : célébrer les incendiaires comme pompiers, les bourreaux comme sauveurs, les menteurs comme prophètes.

Donald Trump ne pacifie rien, il colonise les mots. Il proclame la paix là où il sème la guerre. Il s’auto-déclare sauveur pendant que des enfants meurent sous les décombres de Gaza, pendant que des réfugiés s’entassent dans des camps, pendant que des drones américains sillonnent le ciel comme des vautours. Et le pire : il n’est pas seul. Ce n’est pas la folie d’un homme isolé, c’est la logique d’un empire.

L’empire américain et son bras armé

Depuis des décennies, les États-Unis prétendent incarner la liberté. En réalité, ils imposent leur domination par le feu et par le sang. Ils ont bombardé le Vietnam au napalm, rasé Bagdad au nom de la démocratie, et livré Kaboul aux seigneurs de guerre. Ils prétendent « protéger Israël », mais ce soutien n’est qu’une pièce centrale d’un système plus vaste : exporter les guerres, contrôler les peuples, militariser la planète.

Israël, loin d’être une exception, est l’atelier militaire de cet empire. Les bombes testées sur Gaza deviennent des contrats d’exportation. Les logiciels de surveillance, expérimentés sur les Palestiniens, finissent dans les polices du monde entier. Les colonies illégales sont maquillées en « accords de paix » avec la bénédiction de Washington. Israël n’est pas un simple allié : c’est le laboratoire d’un apartheid mondialisé.

La paix comme marchandise

Que signifie la « paix » dans ce théâtre ? Rien d’autre qu’un slogan marketing. Trump s’invente des victoires imaginaires : il dit avoir « réglé » l’Ukraine, « pacifié » l’Iran, « stabilisé » le Moyen-Orient. Mensonges. Pendant ce temps, les morts s’accumulent. Les Palestiniens enterrent leurs enfants, les Irakiens comptent leurs blessés, les Yéménites agonisent sous les bombes. Mais pour l’empire, tout cela n’existe pas : seule compte la photo, le tweet, la mise en scène.

Les Nobel de la paix attribués à des dirigeants belliqueux ne sont pas des accidents, mais des révélateurs. On avait déjà honoré Kissinger alors que le Vietnam brûlait. On avait salué Obama, prix Nobel de la paix en 2009, alors qu’il multipliait les frappes de drones et les bases militaires. Aujourd’hui, on ose imaginer Trump décoré. Voilà la vérité : ce prix, entre leurs mains, n’est plus qu’une médaille de pacotille offerte aux architectes du chaos.

Le masque de la démocratie

L’arrogance américaine et israélienne repose sur une idée simple : ils peuvent tout faire tant qu’ils disent agir pour « la paix ». Occupation ? Sécurité. Bombardement ? Légitime défense. Sanctions économiques qui affament des millions d’Iraniens ? Prévention du terrorisme. Apartheid en Cisjordanie ? Réalisme politique. Tout est inversé, tout est perverti.

La diplomatie n’est plus un espace de négociation, c’est une scène de théâtre. Les peuples, eux, n’y sont jamais invités. On signe des accords sur leur dos, on trace des frontières sur leurs terres, on décide de leur avenir depuis Washington ou Tel-Aviv. Et quiconque résiste est immédiatement qualifié de terroriste, d’extrémiste, d’ennemi de la paix.

La vérité des peuples

Mais les peuples ne sont pas dupes. La vérité est dans les ruines de Gaza, dans les cris des mères palestiniennes, dans les villages irakiens détruits, dans les montagnes afghanes occupées. La vérité est dans les luttes anticoloniales qui refusent de disparaître. Chaque pierre lancée par un enfant palestinien contre un char est une accusation contre cet ordre mondial. Chaque manifestation contre l’OTAN est un refus de la guerre permanente. Chaque dénonciation de l’apartheid israélien est une affirmation de dignité.

Voilà la seule paix qui mérite d’être nommée ainsi : la paix des peuples, contre l’empire, contre le colonialisme, contre l’hypocrisie.

Notre devoir

Attribuer un Nobel de la paix à Trump ne serait pas seulement absurde, ce serait criminel. Ce serait effacer les cadavres, normaliser l’apartheid, et valider l’idée qu’un tweet vaut plus que mille vies. Ce serait admettre que la paix n’est plus une conquête humaine, mais une opération de communication.

Nous refusons cela. Nous refusons que les fauteurs de guerre se déguisent en artisans de paix. Nous refusons que les peuples soient réduits à des statistiques. Nous refusons que la vérité soit étouffée sous les mensonges impériaux.

La paix n’appartient pas aux empires. Elle appartient aux peuples. Elle se construit dans les luttes, dans la solidarité, dans la résistance. Elle ne se donne pas, elle s’arrache.

Alors oui, crions-le haut et fort : pas de Nobel pour les fauteurs de guerre ! Pas de légitimation pour l’apartheid israélien ! Pas d’hommage pour l’empire américain !
La paix ne sera jamais le produit d’un tweet, ni d’une bombe. Elle sera l’œuvre des peuples qui, malgré les massacres, continuent de résister.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

 

 

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