Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Affichage des articles dont le libellé est Conseil de la paix. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Conseil de la paix. Afficher tous les articles

Conseil de la paix : Gaza aux enchères, Palestiniens exclus



Un « Conseil de la paix » sans Palestiniens, des sièges à un milliard de dollars, et une diplomatie transformée en salle des ventes : derrière le vernis officiel, Washington vend la paix, efface un peuple et piétine le droit international. Cette tribune démonte, ridiculise et expose la mascarade impériale qui se joue à Gaza.

Il y a des obscénités qui ne rougissent plus. Le « Conseil de la paix » imaginé par Donald Trump pour Gaza en fait partie. Une institution censée incarner la paix… dirigée par l’homme qui a fait du chaos diplomatique et du chantage une esthétique politique. Une paix présidée par Trump, c’est déjà une farce. Mais une farce sanglante.

Ici, on ne négocie pas la paix : on la met aux enchères. Un milliard de dollars le siège permanent. Prix fixe. Pas de remboursement. Pas de garantie morale. Gaza version Sotheby’s. La paix version Wall Street. Le droit international version NFT géopolitique.

Au centre de ce dispositif grotesque, une absence béante, criante, obscène : les Palestiniens. Le peuple dont on parle. Le peuple qu’on bombarde. Le peuple qu’on affame. Le peuple qu’on prétend « pacifier ». Mais qui n’a même pas droit à une chaise. Trop bruyant, sans doute. Pas bankable.

On décide donc de leur avenir sans eux, au nom d’une paix qu’ils n’ont pas commandée, dans un conseil qu’ils ne contrôlent pas, sous l’autorité d’une puissance qui les marginalise méthodiquement depuis des décennies. Ce n’est pas une négociation : c’est une administration coloniale sous licence américaine.

Pendant ce temps, Gaza brûle, affame, suffoque. Mais le Conseil regarde déjà vers « l’après-guerre ». Traduction : l’après-mort. La reconstruction avant les secours. Les contrats avant les corps. Les appels d’offres avant les appels à l’aide. La souffrance comme préambule à l’investissement.

Ce plan n’a rien d’un projet de paix : c’est un plan de dépossession politique. Il efface l’Autorité palestinienne, contourne toute souveraineté locale, installe une structure extérieure au-dessus des institutions palestiniennes, et enterre la « solution à deux États » sous une avalanche de jargon technocratique. Une annexion politique sans drapeau, mais avec un logo.

Et pendant ce temps, Washington ose parler de stabilité. Comme si l’humiliation permanente produisait autre chose que de la rage. Comme si l’injustice organisée pouvait accoucher de la paix. Comme si l’on pouvait gouverner Gaza contre les Palestiniens sans en payer le prix historique.

Ce Conseil est le symptôme d’un monde malade : un monde où l’ordre international est contourné, où l’ONU est reléguée au rôle de figurant embarrassant, où les grandes puissances bricolent leurs propres règles, leurs propres clubs, leurs propres tribunaux — à condition d’en avoir les moyens financiers.

C’est la diplomatie version club privé. Carte noire exigée. Humanité facultative.

Mais appelons les choses par leur nom : ce n’est pas un Conseil de la paix, c’est un Conseil de domination. Une structure pensée non pour résoudre un conflit, mais pour le gérer à l’avantage des puissants. Non pour rendre justice, mais pour verrouiller un rapport de force. Non pour reconnaître un peuple, mais pour le neutraliser politiquement.

La seule paix possible passe pourtant par une évidence que ce projet piétine délibérément : les Palestiniens ne sont pas un problème à gérer, mais un peuple à reconnaître. Sans souveraineté palestinienne, sans droits politiques, sans continuité territoriale, sans cadre multilatéral légitime, il n’y aura jamais de paix — seulement des cessez-le-feu sponsorisés.

Tout le reste n’est que décor. Tout le reste est mensonge. Tout le reste est violence maquillée en gouvernance. Le Conseil de la paix ? Une mascarade impériale. Une insulte au droit international. Une gifle au peuple palestinien ? Une gifle au monde libre.

La paix ne se vend pas. La justice ne s’achète pas.
Les peuples ne sont pas des options négociables.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/


Le « Conseil de la paix » un instrument de domination globale !

Il faut rompre avec le langage feutré de la diplomatie pour nommer la réalité politique qui se dissimule derrière le projet de « Conseil de la paix » lancé par Donald Trump. Ce dispositif, présenté comme une réponse pragmatique à l’impuissance supposée de l’ONU, constitue en vérité l’une des offensives les plus dangereuses jamais menées contre le principe même d’un ordre international fondé sur le droit. Il ne s’agit pas de réformer la gouvernance mondiale, mais de la confisquer.

Le discours qui accompagne la naissance de ce Conseil relève d’une rhétorique bien rodée : l’ONU serait obsolète, inefficace, paralysée par ses propres règles. Cette critique, largement partagée, est cependant utilisée ici comme un prétexte. Car ce n’est pas l’échec du multilatéralisme qui est combattu, mais ce qu’il contient encore de contraignant pour les grandes puissances. L’ONU n’a pas échoué par excès de règles, mais par sabotage délibéré de celles-ci, au premier rang desquels, figure les États-Unis eux-mêmes.

Le « Conseil de la paix » n’est donc pas une alternative, mais une entreprise de substitution. Il vise à court-circuiter le système onusien en installant un organe parallèle, dépourvu de toute légitimité universelle, mais doté d’une efficacité redoutable précisément parce qu’il échappe à toute forme de contrôle collectif. Là où le Conseil de sécurité est bloqué par le droit de veto, Trump propose un organe où le veto devient personnel, concentré entre les mains d’un seul homme.

La Charte fondatrice du Conseil est, à cet égard, édifiante. Les États membres ne sont ni élus ni désignés selon un principe de représentation équitable, mais invités à titre discrétionnaire. Les mandats sont révocables, conditionnels, renouvelables à la convenance du président. Les contributions financières ouvrent droit à des privilèges politiques. La paix, désormais, se finance ; la légitimité s’achète ; la souveraineté se négocie.

Cette architecture institutionnelle rompt radicalement avec le socle minimal du droit international : l’égalité souveraine des États. Elle instaure un système hiérarchique, où quelques pays exécutent pendant qu’un seul décide. Donald Trump n’y agit pas comme un médiateur ou un garant, mais comme une autorité exécutive suprême, cumulant pouvoir de nomination, droit de veto et monopole de l’interprétation juridique. Le multilatéralisme est vidé de sa substance pour devenir une simple mise en scène.

Dans ce cadre, Gaza apparaît comme un laboratoire grandeur nature. Territoire déjà dévasté par des décennies de violations du droit international, il est aujourd’hui envisagé comme un terrain d’expérimentation pour cette nouvelle diplomatie de tutelle. La paix n’y est pas conçue comme l’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais comme une opération de gestion confiée à une coalition d’États alignés. Si Gaza peut être administrée sans souveraineté, alors aucun pays du Sud n’est à l’abri.

Car le projet est fondamentalement exportable. Afrique, Amérique latine, Asie : partout où les équilibres régionaux résistent aux intérêts dominants, le « Conseil de la paix » pourra être invoqué pour justifier une mise sous contrôle politique, économique ou sécuritaire. La Charte ne prévoit aucun contre-pouvoir crédible, aucun mécanisme de reddition de comptes, aucune garantie pour les peuples concernés. L’arbitraire devient la norme, la stabilité un slogan.

L’objectif final est clair : marginaliser définitivement l’ONU. Non pas en la réformant, mais en l’asphyxiant. En détournant financements, légitimité et initiatives vers un organe concurrent, Washington prépare l’effacement progressif d’une institution pourtant centrale dans l’imaginaire juridique international. L’enterrement du multilatéralisme ne serait alors plus une conséquence involontaire de l’histoire, mais un choix politique assumé.

Sous ses apparences de modernité et d’efficacité, le « Conseil de la paix » consacre ainsi un monde régi par la loi du plus fort, maquillée en gouvernance responsable. Il transforme la paix en instrument de domination et le droit international en décor symbolique. Face à un tel projet, le silence équivaut à une approbation tacite. Le refuser n’est pas un acte idéologique, mais une nécessité politique.

Car lorsque la paix cesse d’être un droit pour devenir un outil de pouvoir, ce n’est plus la sécurité du monde qui est en jeu, mais sa soumission.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/