Répétons-le
: « des asiles psychiatriques pour État n’existent pas encore », mais
selon notre observateur, l’Algérie devrait y figurer en tête de liste. Les
Algériens ? Malades. Le régime ? Obscène. Et tout cela sur fond de football.
Les mots sont lourds, emphatiques, mais la logique, elle, est restée au
vestiaire. Le chroniqueur se croit poète et analyste, il est surtout un
collégien de la rhétorique, jouant à l’universitaire avec ses clichés.
Chaque
anecdote devient un sermon : le penalty manqué de Brahim Diaz, les vidéos « indécentes
» envoyées par des amis sénégalais, la violence physique sur le terrain… Tout
est transformé en preuve que l’Afrique et l’Algérie sont foncièrement
irrationnelles, incapables de fair-play, et bien sûr, jalouses du Maroc. Le
foot n’est plus un sport, c’est une leçon de morale à l’emporte-pièce,
un théâtre où la supposée supériorité marocaine se pavane au détriment des
voisins.
Et puis, ce
bijou : « Nous avons été et nous sommes au-delà du football ». Oui, bien
sûr. Au-delà du football ? Non, au-delà du ridicule. Le texte se prend pour un
traité philosophique sur la nature humaine, mais il n’est qu’un enchaînement de
jugements collectifs et de stéréotypes, emballés dans des phrases qui
sentent la suffisance. Le vrai spectateur retient surtout que le
chroniqueur a confondu la CAN avec le collège des fadaises appliquées.
La
répétition des clichés, les attaques ad hominem contre les Algériens et la
glorification constante du Maroc ne sont pas seulement agaçantes, elles sont
comiques. On dirait un feuilleton moral à épisodes: «Aujourd’hui, le Maroc
brille, demain, le voisin malade mental».
Le style
prétend « réflexif », le fond est une succession de platitudes
et de jugements gratuits. Le sarcasme involontaire de ce texte est si dense
qu’il en devient littéralement savoureux pour le lecteur critique.
Ironie
finale : ce texte se veut magistral, profond, réfléchi, au ton auto-congratulant.
Il n’est que panache sans substance, autocongratulation sans éclat, pamphlet
sans logique, un ballon gonflé de suffisance qui éclate dès qu’on le
touche. Et nous, lecteurs, restons là, mi-amusés, mi-éberlués, devant ce feu
d’artifice verbal : la rhétorique peut brûler mais ici, elle n’a même pas
allumé une étincelle.
La morale ?
Entre un match de football et un bulletin de collège, il y a un monde. Certains
chroniqueurs marocains en bons sujets de Palais, l’ont franchi pour se vautrer
dans le ridicule et traiter les Algériens de fous. Merci pour le spectacle : la
plume est acérée, mais la cervelle est restée au vestiaire.
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur
inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
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