Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

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Le masque du Makhzen : l’illusion d'une grandeur bâtie sur l'esclavage et le mépris !

Pour mieux comprendre ce système, on peut comparer le Makhzen à une pyramide de verre dont le sommet brille d'un éclat artificiel, mais dont la base est maintenue par la force et le silence : ceux qui sont au sommet ne voient pas ceux qui, à la base, portent tout le poids de l'édifice dans l'obscurité, et toute fissure dans le verre est immédiatement scellée par la répression pour empêcher l'ensemble de s'effondrer

Ce n’est pas l’organisation d’une Coupe d’Afrique qui lavera l’honneur d'un régime fondé sur l'humiliation. Derrière les dorures du palais, le royaume du Maroc ne donne à voir qu’un spectacle de servitude archaïque : baise-main, courbettes et génuflexions forcées. Comment accepter, au XXIe siècle, de voir des milliers de responsables rassemblés comme des troupeaux de moutons, contraints à l’allégeance devant un « souverain prédateur » ? Ce protocole n’est rien d’autre qu’un outil de suprématie symbolique, un « protocole d’esclavagisme » qui insulte tant les valeurs de l’Islam que les principes fondamentaux de l’humanité.

Pendant que le monarque jouit d'une personne inviolable et d'une fortune colossale, soigneusement séparée du budget de l’État, le peuple, lui, est relégué aux oubliettes. Le constat est sanglant :

• Un taux d’illettrisme de 80 %, frappant de plein fouet les femmes.

• Des campagnes où l'on « crève la dalle », tandis que les richesses terrestres sont accaparées par une minorité.

• Un abandon total des populations du Rif, livrées à elles-mêmes dans leurs montagnes.

La réponse du Makhzen à la détresse sociale ? La répression aveugle. Des manifestants pacifiques du Rif se voient infliger des siècles de prison pour avoir osé réclamer leur dignité. C’est une « monarchie esclavagiste » qui, au lieu de soigner les plaies de sa nation, préfère ignorer les scandales qui l'entachent, du Marocgate aux Panama Papers.

Pourquoi le régime s'inquiéterait-il ? Puisque le souverain se place au-dessus des institutions, au-dessus de la mêlée, et surtout, bien loin du sort des Marocains vivant sous le seuil de pauvreté, qu’il semble mépriser souverainement.

Le réveil est nécessaire : on ne bâtit pas une nation sur l'agenouillement d'un peuple, mais sur sa liberté !

Pour illustrer cette situation, on peut comparer le système du Makhzen à une cage dorée dont les barreaux sont forgés par le protocole et la peur : tandis que l'oiseau à l'intérieur de la cage (le peuple) s'étouffe par manque de ressources et d'éducation, le propriétaire de la cage continue d'exiger des chants de louange, ignorant que la structure même de la cage est rongée par la corruption et l'injustice.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                           « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

 

CAN 2025 au Maroc : L’imposture du "Roi Bâtisseur" et le sport comme paravent d’un Makhzen corrompu :

Découvrez comment le Makhzen instrumentalise la CAN 2025 pour masquer l’accaparement
des richesses par une minorité. Entre détournement des fonds publics, corruption des médias
européens et fabrication d'une menace algérienne imaginaire, plongez dans les
coulisses d'un régime qui sacrifie la santé et l'éducation de son peuple au
profit d'une propagande de prestige. Un éclairage sans concession
sur un Maroc devenu une 'terre hostile' pour ses voisins

Pour les Algériens, les Marocains restent de mauvais voisins tant qu'ils accumulent des gouvernants comme H.2 et M.6  qui pratiquent avec cynisme une politique continue d'affaiblissement politique, militaire et économique du Maroc qui va vers l’obscurantisme amené par une culture étrangère  juive et moyenâgeuse. Relativisme, cynisme, égoïsme, haine de soi, font le lit de sa destruction. Le bien-être du peuple Marocain ne viendra pas d’un pouvoir corrompu et conçu pour l’accaparement des richesses par une minorité de possédants, le bilan du Makhzen (largement favorisée par la France à la fin du protectorat) n’a jamais été brillant par l’étroitesse d’esprit, de l’égoïsme et des magouilles.

Cependant il n'appartient qu'aux Marocains de s'en sortir, désigner les Algériens coupables de leurs échecs semble un aveu sournois de faiblesse, de manière générale, le Maroc est agacé par l’engagement algérien en Afrique, qui marque son retour sur le continent africain. Le souverain du Makhzen voit par exemple d’un mauvais œil l’implication de l’Algérie au Niger, en Mauritanie et au Mali. Cet exemple est assez révélateur de la guerre médiatique que mènent depuis des années les médias du Makhzen Marocain, des attaques plus virulentes que les discours officiels, censées forger l’opinion publique mené dans une surenchère médiatique et diplomatique à l’encontre de l’Algérie.

Dans le cas du Maroc, l’opposition avec l’Algérie est un moyen de légitimer le makhzen en donnant le sentiment d’une menace extérieure, pourtant les demandes de la population Marocaines portent surtout sur la politique interne, et les citoyens ne considèrent donc pas les rivalités contre l’Algérie comme une priorité et ont trop d’intérêt à ce que des budgets disproportionnés soient consacrés à la gestion du Palais, à la défense et à la corruption pour l’achat des députés et des médias européens, ces sommes colossaux auraient pu être utilisées pour des services publics essentiels comme la santé ou l’éducation. On peut mesurer précisément l’impact sur l’opinion marocaine, bien que l’on puisse observer sur les réseaux sociaux la volonté de certains citoyens marocains de réaffirmer leur fraternité avec leurs voisins algériens. Pourtant plus de 45 à 55.000 ouvriers Marocains travaillent en Algérie, ce que les autorités du Makhzen forcent de garder en silence, ce qui  peut donc passer aux yeux de la société pour de la propagande.

Je suis Algérien, et nous sommes fiers du parcours de nos jeunes. Nous, Algériens  avons l’habitude de jouer dans l’adversité et de gagner,. Nous ne sommes pas des pleureurs et nous reviendrons plus forts. Nous avons perdu parce que l’adversaire était plus fort que nous et les polémiques sur l’arbitrage ne sont que des détails, Nous avons vu d’autres provocations en ce qui concerne l’arbitrage, et cette fois-ci l’Algérie a été en terre hostile au Maroc.  L’Algérie  c’est le pays de la jeunesse et d’hommes, pas de vulgaires madeleines.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                         « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

Le Mirage du Makhzen : Presse de Caniveau d’une Monarchie Ubuesque


Plongez dans une analyse sans concession de la presse du Makhzen, qualifiée de « vieillarde poissonnière » dévouée à la gloire d’une monarchie du Moyen Âge. Ce texte dénonce l'usage de la diffamation envers l'Algérie et des diversions comme la Coupe d’Afrique pour masquer l'extraordinaire incurie, la médiocrité et le laxisme de la classe politique entourant le Palais. Découvrez comment un climat politique ubuesque et une armada de « fainéants baise-main » maintiennent le pays dans une forme de paralysie, loin des illusions de modernité servies aux sujets

Dans l’organisation de la CAN 2025, le e système du Makhzen fonctionne comme une scène de théâtre décrépite : la presse joue le rôle du rideau bruyant et coloré (diversion algérienne) pour empêcher le public (le peuple) de voir que les acteurs en coulisses sont incapables et que le metteur en scène a abandonné son poste, tout cela pour maintenir l'illusion d'une pièce de théâtre moderne.

Avec des mensonges étalés à la face du monde à travers une armada de sa propagande stérile, sans faire rougir le Makhzen malgré les scandales de corruption, l’opprobre et la honte qui s’en sont suivis, s’en est trouvé dans un isolement international insoutenable, persiste en se faisant « hara kiri » en insultant son « Chaabi Aziz ».

Cette presse courtisane du Makhzen, véritable vieillarde aux méthodes de poissonnière, s’acharne dans une dérive infâme pour tenter de discréditer l’Algérie tout en encensant une monarchie du Moyen Âge en pleine déliquescence. Ce n'est plus du journalisme, c'est une machine à applaudissements servile, un bazar de bric et de brac qui s’abreuve de ragots de caniveau et de diffamations pour masquer sa propre putrescence.

Le spectacle est pathétique : ces mercenaires de la plume s’enfoncent dans une victimisation à outrance, non par dignité, mais pour finir comme un « préservatif usagé » au service des caprices du Palais. Pendant que le peuple est maintenu dans l'illusion, le pouvoir s'enferme dans un climat politique ubuesque où personne ne sait même où se cache un Souverain décrépit, sans doute égaré dans ses couches.

La réalité que cette presse tente d'étouffer est sanglante : le Maroc est paralysé par l'incompétence crasse, le laxisme et la médiocrité d'une classe politique de « bons à rien » et de « fainéants baise-main ». Cette armada d'arriérés, uniquement préoccupée par les subsides de l’Occident, entretient une véritable guerre civile larvée dans les rapports humains.

L’Algérie, parfaitement souveraine, n’est qu'un épouvantail agité pour faire oublier l’extraordinaire incurie du Palais. En offrant une Coupe d’Afrique en pâture, le Makhzen espère que ses sujets, les « Mrarka », continueront d’applaudir aveuglément la fable d'un Maroc moderne, alors qu’ils ne sont dirigés que par l’hypocrisie et le mépris.

Cette presse agit comme un nuage de fumée toxique : elle cherche à aveugler le peuple avec des querelles de voisinage pour l'empêcher de voir que le toit de sa propre demeure est en train de s'effondrer sous le poids de la corruption et de l'arrogance de ses maîtres.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                                     « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme                                 https://kadertahri.blogspot.com/


Le Makhzen du Maroc dans la réinvention et djihad cartographique des Frontières !

 

L’essentiel, c’est que ce soit celui qui parle qui a fait ce dont il parle. Le Maroc, ce qu’il a dit, ce qu’il a fait, ne doit pas être rendu tel quel stricto sensu. Ce n’est pas à moi de juger qu’est-ce qui mérite d’être retenu, transmis, et qu’est-ce qui ne le mérite pas. L’affaire de  Frontières n’est plus entre les mains de l’historien. Elle est entre les mains des Algériens.

Avec son djihad cartographique le Maroc devra essayer de ne pas prendre de coups, au lieu de s'attarder sur d’anciennes cartes ou de documents "déclassifiés", qu’ils n’ont aucun poids déterminant sinon de conforter des opinions, mais les réalités sont de faits non des opinions même si elles peuvent être justes.

Ce n’est pas l’Algérien qui fait le tableau, c’est le Marocain qui dresse son propre tableau. J’insiste là-dessus. L’histoire ne se fait pas par le politique placé en surplomb, au-dessus du réel, en essayant de le redéfinir et de le reconstruire. L’histoire s’écrit à partir de celui qui la fait, par ses actes.

En effet l’Algérie n’est pour le Maroc qu’un front avancé dans sa stratégie d'expansionnisme, de cache poussière de ses échecs et surtout avoir une position victimaire pour obtenir un grand écho au sein d'une population maltraitée par cette idéologie managériale, idéologie monarchique des despotismes héréditaires totalement inepte intellectuellement. Partout où le Makhzen peut nuire à l’Algérie qu'il déteste, il y trouve son compte. Ce ne sont que des alliances d'hypocrites basées sur l'intérêt et la détestation. Mais certains semblent se réjouir que le Makhzen alimente cette haine contre nous en pactisant avec ceux que nous vomissons.

Et cette question me rappelle une autre d'il y a environ plus de 100 ans. Qui veut prendre les territoires Algériens ?

Et c'est un souvenir qui me hante : La France coloniale avec la monstrueuse convention de Tanger, oblige le Maroc à reconnaître la colonisation de l’Algérie, sans oublier que le Makhzen Marocain expansionniste avait également sorti sa fameuse carte du Grand Maroc qui s’étend jusqu’au fleuve Sénégal et englobe un quart du Sahara algérien à l’Ouest, ce pamphlet bâti sur une fausse interprétation de l’histoire. On connait la suite: le Sultan reçu au retour par des foules enthousiastes pour avoir sauvé son trône, les moutons de Panurge sont tous tombés dans le précipice, surtout avec le mythe de l’apparition du visage du souverain sur la Lune est certainement le plus spectaculaire au Maroc.

Comble d'ironie, une majorité de Marocains sont convaincus que le monarque exilé à Madagascar avait effectivement foulé le sol lunaire! Décidément, le cannabis produit des dégâts psychiques irréversibles. En effet, provoquer l'anéantissement de sa population reste un acte courageux, pour le Makhzen à la recherche la pérennité et l'équilibre.

Pour moi, simple citoyen, mais ayant une idée de la moralité, ce ne fut pas uniquement une honte, mais aussi une énorme trahison, surtout que la vérité a tout de même ses droits !

Ce n’est pas une spécifiée marocaine la fluctuation frontalière est l’apanage des prétendus empires en perte d’histoire, alors il faudrait expliquer que les frontières de l’Algérie ont été reconnues internationalement. Il faudrait aussi expliquer que l'on peut débattre, à la condition de ne pas travestir les faits et de ne pas affirmer des contre-vérités.

Aujourd'hui nous sommes devant ce Makhzen qui essaie de recréer un empire, une morbidité singulière et une mégalomanie narcissique, celle d’un roi qui a trouvé le rôle de sa vie, encouragé par une alliance avec le diable et un air du temps propice aux divergences Arabes, voudrai lancer sa guerre contre un pays souverain, l’Algérie, pour le vassaliser. Et certains de ces bons sujets du Makhzen qui relayent à qui mieux aux mieux les fakes news produites par l’ingéniosité du mensonge du makhzen. Photos truquées, articles  bidonnés, qu'ils savent tout, qu'ils ont raison. Or le plus souvent, précisément, ils en perdent leur honneur. Tout est bon ! Même le plus grotesque !

Alors, que les Marocains, dont le rapport à l'information est on ne peut plus chaotique depuis 1999 (je ne vais pas remonter plus loin) sont soumis à une pensée orientée, c'est une chose que l'on peut concevoir, il reste ahurissant que la machine de propagande du Makhzen reste aussi performante, après la population devient un dommage collatéral.

On se demande encore aujourd’hui pourquoi des gens prétendument intelligents, brillants même, ont-ils pu un jour croire aux fadaises du makhzen ?

Qu’avait donc cette idéologie de si subtil, pour intoxiquer tant de grands esprits, informés déjà de tous les crimes commis pour le maintien coute que coute du Royaume du Makhzen.
Mystère, hélas ?

Est-il possible d’émettre des doutes justifiés sur ces revendications du Grand Maroc, tout en déplorant ce fantasme total, du même tabac que le protocole des sages de Sion. La candeur de certains journalistes et l'orientation politique ou sociétale qu'ils donnent à cette non-affaire en dit bien long sur le mal qui les gangrène.

Historiquement, le Maroc ne faisait valoir, aucune particularité qui le distinguait des autres pays de la zone de l’Afrique du nord, sauf un prétendu empire fermé, possédait un caractère particulier, conçut dans une étendue de mythes et de clichés livrant des images approximatives, douteuses voire extrêmement fantaisistes.

L’unité politique du prétendu empire marocain est une fiction imaginée par certains diplomates et géographes. Les territoires contrôlés par les sultans alaouites étaient d'ailleurs divisés en Bled Al Makhzen (territoires soumis à l’administration militaire) et Bled Siba (territoires insoumis). Le Maroc est comparé à l’Europe du Moyen-âge, aux structures hyper-féodales, aux mœurs farouches et à l’accès verrouillé pour l’étranger.

Il y avait une multitude de royaumes : Fès, Marrakech et Tafilet. Les habitants de ses royaumes étaient complètement étrangers à l'idée de patrie et n’avaient pas même de nom pour désigner leur nation. Il n’est pas rare que ces royaumes nomment un souverain particulier et se livraient à des batailles entre eux

le Maroc a connu une succession de dynasties instables et discontinues. Le Maroc en tant que nation moderne est apparu après la colonisation française, le reste n'est que fiction. C'est là tout le synopsis de Maroc.

Cette représentation était largement inspirée par une littérature visant à développer une image d’un pays aux frontières extensibles et où les lois et les coutumes régissant l’ordre social étaient tributaires d’un système féodal profondément ancré dans les mœurs,  Le royaume était, en effet, perçu comme un champ de combat permanent entre tribus violentes et altières, 

Je ne peux résister à citer cette approche de Voltaire dans son Candide :

Maroc nageait dans le sang quand nous arrivâmes. Cinquante fils de l’empereur Moulay Ismail avaient chacun leur parti : ce qui produisait en effet cinquante guerres civiles. Des noirs contre noirs, des noirs contre basanés, des basanés contre basanés […] c’était un carnage continuel dans toute l’étendue de l’empire".

Ne pas humilier les Marocains, évidemment, mais humilier le Makhzen, ce système de gouvernance d’allégeance forcée  et, si possible, quelle bonne idée!

Il est fatiguant d'écouter les discours du Roi, précautionneux et sans perspective juste des délires pédo-satanistes, applaudis par  ces élites et journalistes convaincus que le makhzen représente quelque chose, la meute hurle au phantasme autre que donner au tyran ce qu'il réclame.

Le pouvoir du makhzen marocain a asservi de nombreuses tribus berbères et Arabes, ils ne se sont pas pour la plupart libérés. Le Rif avait bel et bien son histoire comme entité autonome et indépendante, l’ignorer serai à la limite de l’utopie, le Rif est réellement une entité historiquement autonome et craint en tant que telle, il suffit de suivre l’actualité, de voir et de savoir que c’est la seule région homogène dans sa culture et dans son espace géographique, à subir le charcutage de découpage régional de la réforme de régionalisation initier par le Makhzen pour garder une plus forte main mise  !

En final il reste  à libérer le peuple Marocain, et lui-seul peut y parvenir. A chaque peuple ses constantes et le choix de ses maîtres. Le peuple Marocain, devenu frileux, timoré, velléitaire, a fait le choix qui lui convient: un sultan prétentieux, présomptueux et égocentrique.

Le jour où les Marocains auront compris, ceci ils arrêteront leurs monarchismes exacerbés et saisir qu’ils ne sont pas vraiment bien placés pour donner des leçons, alors on pourra effectivement avancer que le peuple Marocain à quitter l’ère du moyen-âge.  

Et donc maintenant, le Makhzen Marocain veut continuer à jouer à son Monopoly et bien sur les Rifains et les Sahraouis ne sont pas d'accord. On les comprend !!!!!

En tout cas ce n’est pas une affaire algérienne.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/


Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

 Rif : mémoire d’un peuple debout, face au silence du Makhzen

Il y a dans les montagnes du Rif une mémoire que nul pouvoir central n’a réussi à effacer. Une mémoire rebelle, forgée dans la résistance contre l’occupation, contre l’autoritarisme, et contre l’effacement politique. Une mémoire qui dit : dignité, justice, liberté.
C’est cette mémoire qui a donné naissance, en 1923, à la République du Rif, sous la direction de l’émir Abdelkrim El Khattabi — première tentative moderne d’autodétermination dans le Maghreb. Elle fut écrasée par les puissances coloniales, avec la complicité du Makhzen. Mais elle n’a jamais cessé d’exister dans les consciences.

Aujourd’hui, le Rif n’a pas oublié.

Un peuple marginalisé dans son propre pays

Depuis l’indépendance, la région du Rif est traitée non comme une composante du pays, mais comme un sujet à surveiller.
Les investissements y sont faibles, l’accès aux infrastructures limité, le chômage massif, l’émigration presque une nécessité.
Dans les villages de l’arrière-pays, l’école manque, l’hôpital manque, l’avenir manque.

Et lorsque les jeunes demandent simplement d’être traités comme des citoyens, on leur répond par les tribunaux, la prison ou l’exil forcé.

Le Hirak n’était pas une révolte : c’était un verdict C’était pour réclamer la vie. C’était un cri de dignité pour des hôpitaux, pour des universités, pour le droit de vivre et de rester chez soi

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression. Le droit de ne pas mourir écrasé dans un camion à bennes et l’État a répondu par : les arrestations, les procès politiques, les peines interminables.

Ce cri a été accueilli par le silence, puis par la répression Des dizaines de jeunes croupissent encore en prison pour avoir demandé la dignité. Voilà la vérité.

Amazigh : l’homme libre

Les Rifains ne demandent pas des privilèges. Ils demandent la reconnaissance de ce qu’ils sont : un peuple amazigh, héritier d’une histoire anticoloniale, porteur d’une vision de justice et d’égalité. Dire Amazigh, ce n’est pas un slogan identitaire.
C’est affirmer le principe fondateur de toute société moderne :
un peuple ne peut vivre digne que lorsqu’il participe à décider de son destin.

Ce qui se joue dépasse le Rif

Les crises sociales qui frappent le Maroc aujourd’hui — chômage massif, inégalités extrêmes, corruption, fuite de la jeunesse — ne sont pas des problèmes régionaux.
Elles révèlent une fracture nationale profonde.

Le Rif n’est pas en marge :
il est le miroir où se reflètent les contradictions du pays.

Et tant que la question du Rif restera traitée comme un dossier sécuritaire, tant que la parole populaire sera considérée comme une menace, tant que l’histoire d’Abdelkrim sera tue,
le Maroc restera avec une partie de lui-même brisée.

Pour une justice historique et politique

Il est temps : de reconnaître officiellement la République du Rif comme chapitre fondateur de l’histoire moderne du Maghreb, de libérer les prisonniers du Hirak, symbole d’une jeunesse refusant l’humiliation, de mettre fin à la marginalisation structurelle de la région, d’ouvrir enfin un dialogue politique national authentique sur la décentralisation, l’égalité territoriale, la dignité économique.

Parce qu’aucune construction politique durable ne peut s’appuyer sur le silence, la peur ou l’oubli.

Conclusion : le Rif est debout

Le Rif n’attend pas d’être sauvé. Le Rif n’attend pas la permission d’exister. Le Rif ne demande qu’une chose : la reconnaissance de sa place dans une histoire qu’il a contribué à construire. Le Rif ne se taira pas. Parce que le silence, c’est déjà une tombe.
Et ce peuple-là n’est pas né pour être enterré. Ce peuple porte   la mémoire.
Ce peuple porte la dignité.
Ce peuple porte la preuve qu’un autre avenir est possible. Et il  continuera.
Jusqu’à ce que justice soit faite. La dignité  d’un peuple n’est pas une revendication. C’est un droit. Et c’est ce droit que le Rif continue de défendre, debout.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Maroc : Le cri du Rif vers le Sahara Occidental

Au Maroc, les cartes postales montrent un royaume stable, souriant, ouvert sur le monde. Mais derrière les plages d’Essaouira et les remparts de Fès, une autre réalité persiste, plus dure, plus intime : celle de la Hogra, ce mot arabe qui résume le sentiment d’humiliation et d’injustice ressenti par des millions de citoyens.
Ce terme n’est pas qu’une émotion populaire : il est devenu la clef de lecture d’un pays où l’inégalité et le mépris institutionnel ont remplacé le contrat social.

Tout a explosé à Al Hoceima, en 2016, avec la mort tragique de Mouhcine Fikri, poissonnier broyé par une benne à ordures pour avoir voulu sauver sa marchandise confisquée. Ce drame absurde a bouleversé le pays, révélant la brutalité d’un système qui écrase les plus faibles au nom de l’ordre, sans jamais interroger les abus de pouvoir.
Les autorités ont promis une enquête. Le peuple, lui, attend encore les résultats. Entre-temps, la colère s’est installée, portée par le souvenir d’autres humiliations, d’autres silences.

La Hogra est bien plus qu’un mot : c’est un régime émotionnel collectif. Elle naît dans les hôpitaux publics délabrés, s’enracine dans les écoles démunies et s’épanouit dans la rue, là où les jeunes diplômés chômeurs manifestent chaque semaine devant le Parlement.
Le Maroc vit une fracture sociale profonde : ceux qui peuvent payer pour échapper à la défaillance de l’État — clinique privée, école étrangère, passe-droits administratifs — et ceux qui subissent, sans recours, un système qui les méprise.
Cette division n’est pas le fruit du hasard : elle entretient la stabilité d’un pouvoir qui s’appuie sur la hiérarchie plutôt que sur l’égalité.

Derrière cette réalité, un mot revient sans cesse : le Makhzen.
Officiellement, il désigne l’État, mais dans la pratique, il symbolise l’appareil monarchique et ses réseaux d’influence. Héritier d’un ordre féodal, le Makhzen règne sur la politique, l’économie et la justice, sans réel contre-pouvoir.
Les élites proches du trône s’enrichissent tandis que la majorité peine à survivre. Les scandales se succèdent, rarement punis. Et les citoyens, eux, oscillent entre résignation et révolte.

C’est dans le Rif, au nord du pays, que cette révolte s’est le plus violemment exprimée. Région historiquement marginalisée et marquée par la mémoire de la guerre d’Abdelkrim El Khattabi, le Rif reste le symbole d’une résistance étouffée.
Lorsque ses habitants sont descendus dans la rue pour réclamer la dignité, la réponse du pouvoir fut immédiate : arrestations, condamnations, silence médiatique.
Le message est clair : dans le royaume du silence, la parole appartient au sommet.

Mais ce silence, justement, se fissure.
Les jeunes Marocains n’ont plus peur de parler, ni de dénoncer. Certains s’expriment par la colère, d’autres par le désespoir. Le phénomène du Tcharmil, ces vidéos d’adolescents armés de couteaux, n’est pas un simple fait divers : il exprime la frustration d’une génération sans avenir, exclue du marché du travail et du rêve national.
Quand la justice n’est plus une voie possible, la violence devient un langage.

La monarchie marocaine aime à se présenter comme garante de la stabilité et de la modernité. Pourtant, cette stabilité ressemble de plus en plus à une immobilité politique.
La Constitution de 2011 promettait plus de démocratie ; elle a surtout consolidé le pouvoir royal.
La parole du roi demeure incontestable, et les institutions, dépendantes. La réforme du système, tant vantée, n’a pas entamé le cœur du problème : l’absence de reddition des comptes, ce principe démocratique élémentaire.

Sortir de la Hogra suppose de repenser le rapport entre le peuple et le pouvoir. Cela implique de transformer la monarchie de façade en une monarchie responsable — non plus fondée sur la peur, mais sur la confiance. Car aucune société ne peut se construire durablement sur le mépris.

Le Rif a toujours été en révolte

Ce message, le Rif l’a formulé avec force depuis longtemps.
Dans une déclaration à la tonalité grave, les représentants du mouvement rifain ont exhorté le peuple sahraoui à ne pas céder au « chantage du plan d’autonomie » que veut leur imposer le régime de Rabat. Ce geste, à la fois historique et politique, s’inscrit dans la continuité d’une mémoire collective blessée, marquée par la trahison coloniale et la répression monarchique.
Les Rifains rappellent le piège que leur a tendu la France en 1926, lorsque le maréchal Lyautey décida d’annexer le Rif au sultanat de Marrakech, étouffant par la force une expérience unique de souveraineté populaire.
Le cri lancé depuis le nord du pays vers le Sahara Occidental résonne comme un avertissement sévère : tant que le pouvoir marocain refusera d’écouter ses marges, il sera condamné à reproduire les injustices du passé.

Le peuple marocain a été malheureusement victime d’un enseignement biaisé, une histoire construite sur plusieurs mensonges. Leurs royalistes ont choisi de donner à des générations de sujets, une idée erronée de leur passé et leur histoire. Ils ont bâti un royaume sur des illusions, sur le mensonge d’un ennemi extérieur, une manipulation attestée, fondée sur un mythe et une fantaisie gelée, pour conformité la légitimité d’un palais royal, tout en instaurant une monarchie autoritaire et despotique. Aujourd’hui, nous constatons que le royaume du Makhzen projette toujours ses échecs et sa déconfiture sur un ennemi extérieur, qui par jalousie cherche à le déstabiliser. C’est juste une façon dissimulée et clairement bien dégueulasse en jouant sans retenue avec l’espoir du peuple de préparer cette fuite.

Tout le monde s’accorde à dire que le Royaume du Makhzen est un pays très pauvre, pour tout touriste le contraste est violent entre les richesses concentrées sur une poignée de personnes (les sujets du Makhzen), la petite classe moyenne qui existe et le reste de la population qui est parmi les plus misérables du Monde : il y a trop d’insolence entre l’amas de richesse et l’immense pauvreté.

Pauvre peuple marocain encore en plein angélisme, gouverné par le pire des monarques, entouré d’une meute de baisemains et lèches babouches, mais qui tous nourrissent une revanche, une haine noire silencieuse à l’encontre du pouvoir du Makhzen, alors il me semble qu’il est grand temps à ce que le peuple marocain dans sa globalité se regarde dans le miroir, pour rejeter et dénoncer la servitude volontaire et une révolution au royaume du Maroc se produirait inévitablement.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Le Makhzen : la désinformation devient un instrument de survie politique

 

Les relations algéro-marocaines connaissent une nouvelle zone de turbulence. Derrière les campagnes numériques accusant l’Algérie d’étouffer la joie populaire, se dessine une stratégie de diversion du pouvoir marocain, confronté à une contestation sociale grandissante. Analyse d’une provocation ratée.

Les relations entre Alger et Rabat n’ont jamais été simples. Mais depuis quelques années, la rivalité s’est transformée en véritable guerre d’influence, particulièrement visible dans l’espace numérique.
Le dernier épisode en date, une campagne en ligne visant à faire croire que les Algériens auraient été empêchés de célébrer la victoire de leur équipe nationale contre la Somalie – illustre une dérive préoccupante : celle de l’instrumentalisation politique de la désinformation.

Une opération de manipulation mal calibrée

Peu après le match, une série de comptes nouvellement créés, se faisant passer pour des Algériens, a diffusé un même message : “le peuple n’est pas sorti dans la rue, de peur de la répression.”
Ce récit, construit de toutes pièces, cherchait à imposer une image d’un pays paralysé par la peur. Sauf que la manœuvre a échoué. Les internautes algériens ont rapidement détecté la supercherie, pointant la synchronisation suspecte de ces publications et leur origine étrangère.

Ce type d’opération illustre l’usage croissant de la désinformation comme arme géopolitique. Dans ce cas précis, le calcul du Makhzen reposait sur une idée erronée : celle que la société algérienne réagirait mécaniquement à chaque victoire sportive. Or, face à une qualification déjà assurée, les Algériens ont fait preuve de maturité et de retenue, une attitude que Rabat n’avait pas anticipée.

Un Maroc sous tension

Pour comprendre ces provocations numériques, il faut regarder du côté du Maroc lui-même. Le pays traverse une période d’instabilité sociale : hausse des prix, chômage persistant, mécontentement populaire.
Dans plusieurs villes, des manifestations ont éclaté ces dernières semaines, traduisant un malaise profond. Le récent discours de Mohammed VI, jugé déconnecté des réalités, n’a fait qu’accentuer la frustration.

Dans ce contexte, la tentation de détourner l’attention vers l’extérieur est grande. L’Algérie, éternel rival et exutoire commode, sert de variable d’ajustement à une communication politique en crise. Les provocations deviennent alors un outil pour canaliser le mécontentement intérieur.

La désinformation, symptôme d’une faiblesse politique

Ces manœuvres ne sont pas anodines. Elles traduisent une perte de contrôle du récit national marocain. Plutôt que de répondre aux attentes sociales, le Makhzen préfère entretenir l’illusion d’un ennemi extérieur.
Mais cette stratégie a ses limites : elle mine la crédibilité du Maroc sur la scène internationale et accentue la défiance au sein même de la société marocaine, de plus en plus consciente des écarts entre le discours officiel et la réalité vécue.

De son côté, l’Algérie a choisi de ne pas réagir de manière impulsive. L’absence de débordements, la vigilance citoyenne et le calme des institutions démontrent une maturité politique qui contraste avec les calculs improvisés de son voisin de l’Ouest.

Un révélateur des fragilités régionales

Cet épisode n’est pas un cas isolé, mais le reflet d’une crise régionale plus large. Les pays du Maghreb font face à des défis économiques et sociaux majeurs, tandis que leurs jeunesses réclament plus de justice, de transparence et de perspectives.
Dans ce contexte, les logiques de rivalité interétatique deviennent des écrans de fumée, retardant l’intégration régionale et la coopération économique, pourtant vitales pour les deux peuples.

Pour sortir de la logique du soupçon

La désinformation, qu’elle soit numérique ou médiatique, ne construit rien. Elle entretient le ressentiment et empêche le dialogue. Le Maroc, s’il veut retrouver sa crédibilité, devra rompre avec la tentation de la diversion et assumer la nécessité d’un débat interne sincère. L’Algérie, de son côté, gagnerait à maintenir sa posture de retenue et de lucidité, sans céder aux provocations.

Car au-delà des querelles politiques, c’est tout le Maghreb qui pâtit de cette tension permanente. Tant que les élites privilégieront la confrontation à la coopération, les peuples des deux rives du désert resteront prisonniers d’un passé conflictuel au détriment d’un avenir commun.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 


Le discours royal du Makhzen : la grandeur des mots face au silence du réel

 

Le 10 octobre 2025, le roi Mohammed VI a prononcé son discours d’ouverture du Parlement, un rendez-vous institutionnel majeur au Maroc. Si la presse officielle y a vu un moment de “grande vision” et de “stabilité monarchique”, de nombreux observateurs y lisent au contraire les signes d’un pouvoir de plus en plus coupé du terrain. Derrière la rhétorique du “temps long” et de la “cohérence d’État”, le malaise social s’accentue et les mots ne suffisent plus à masquer le décalage entre la monarchie et son peuple.

Un éloge médiatique convenu

Les journaux les plus proches du pouvoir n’ont pas tardé à saluer la “profondeur” du discours royal. Selon eux, Mohammed VI aurait rappelé la sagesse d’une gouvernance fondée sur la continuité, la patience et la cohérence entre développement économique et justice sociale.
Le ton des articles parus au lendemain de l’allocution, souvent empreint de vénération, conforte une lecture institutionnelle du rôle du monarque : celui d’un arbitre visionnaire, au-dessus des contingences politiques et des “emballements conjoncturels”.

Mais cette lecture lisse et laudative élude une question essentielle : à qui s’adressait vraiment ce discours ? Car dans les rues de Casablanca, Fès ou Ouarzazate, rares sont ceux qui en ont compris le sens, encore moins la portée. Pour beaucoup, ce fut un moment de rhétorique formelle, sans lien avec les urgences économiques et sociales du moment.

Une rhétorique du “temps long” qui lasse

Le Roi a insisté sur la “gouvernance dans le temps long”, sur “la cohérence” et “le cap stratégique” du Royaume. Ces formules récurrentes, déjà présentes dans ses précédents discours, traduisent une vision d’État centrée sur la stabilité et la planification à long terme.
Or, dans un Maroc où la jeunesse peine à trouver un emploi, où les prix explosent et où les écarts territoriaux se creusent, cette invocation du long terme résonne comme une fuite devant les réalités immédiates.

Les Marocains n’attendent plus des discours de méthode, mais des réponses concrètes : comment freiner la hausse du coût de la vie ? Comment relancer un marché du travail saturé ? Comment faire reculer la pauvreté rurale ? Autant de questions qui restent sans réponse, tandis que la communication officielle préfère insister sur la “vision royale”.

Entre cohérence proclamée et contradictions du modèle

L’un des passages les plus commentés du discours affirme qu’“il ne devrait y avoir ni antinomie ni rivalité entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux”.
En théorie, cette phrase traduit une philosophie équilibrée ; en pratique, elle masque une contradiction persistante : le Maroc investit massivement dans les grands chantiers — infrastructures, tourisme, zones franches mais peine à redistribuer les fruits de cette croissance.

Les inégalités territoriales demeurent criantes. Les régions rurales, notamment dans le Haut Atlas et le Sud-Est, continuent d’accuser un retard flagrant en matière d’accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi.
Le discours royal parle d’un “Maroc solidaire”, mais la réalité montre un Maroc à deux vitesses : celui des pôles économiques mondialisés, et celui d’une périphérie laissée à elle-même.

La justice sociale, un slogan vidé de sens

Depuis plusieurs années, la “justice sociale” revient comme un leitmotiv dans les allocutions royales. Pourtant, cette notion semble avoir perdu sa substance.
Loin d’être traduite en politiques publiques visibles, elle se réduit à une formule rituelle, évoquée sans jamais être mesurée.
Le système de protection sociale peine à se concrétiser, les filets de sécurité économique restent fragiles et les réformes annoncées, notamment dans l’éducation et la santé, se heurtent à des retards structurels.

Pour une grande partie des Marocains, ces mots finissent par sonner creux. La répétition de promesses non suivies d’effets entretient un sentiment de distance et d’impuissance : celle d’un peuple qui écoute, sans jamais être entendu.

Le fossé entre la parole royale et la réception populaire

Selon plusieurs observateurs locaux et étrangers, la réception du discours fut marquée par une indifférence quasi générale. Sur les réseaux sociaux marocains, peu de débats, encore moins d’enthousiasme : un silence numérique révélateur.
Cette absence de réaction n’est pas anodine ; elle traduit un phénomène plus profond : le déclin de la portée symbolique de la parole royale.

Autrefois perçus comme des moments d’attente et d’unité, les discours du souverain semblent désormais suivre une routine institutionnelle, où la forme prend le pas sur le fond.
L’écart entre les mots du pouvoir et les préoccupations réelles logement, emploi, santé, dignité se creuse à chaque allocution.

Une communication verrouillée et sans relais politiques

Le discours royal met en avant les devoirs du Parlement et la responsabilité des élus. Mais dans un système où les décisions stratégiques sont fortement centralisées, cette injonction reste symbolique. Le Parlement marocain, souvent critiqué pour son manque de pouvoir réel, ne peut que valider les grandes orientations venues du Palais. Les partis politiques, eux, souffrent d’une crise de crédibilité historique : déconnectés du terrain, sans ancrage idéologique fort, ils n’incarnent plus de contrepoids démocratique.

Résultat : la parole royale, omniprésente, s’impose comme unique boussole, mais sans relais institutionnels efficaces pour en traduire les ambitions.
Ce déséquilibre crée une gouvernance verticale, où la légitimité symbolique du Roi remplace les mécanismes de responsabilité politique.

Le mythe de la stabilité

La monarchie marocaine a toujours su se présenter comme le garant de la stabilité dans une région instable. Mais cette stabilité, à force d’être érigée en dogme, devient un frein à la réforme.
Dans un pays où la contestation sociale gronde et où les jeunes peinent à s’identifier à un projet collectif, la stabilité ne peut suffire à masquer les fissures sociales.

Un État stable mais inégalitaire n’est pas un État apaisé ; c’est un État qui retarde l’inévitable confrontation avec les attentes populaires.

Conclusion : quand la parole s’épuise

Le discours du 10 octobre se voulait un acte de continuité et de cohérence. Mais il a surtout confirmé le décalage entre le sommet et la base, entre la grandeur des mots et la dureté du quotidien. Le Maroc ne manque pas de visions ; il manque de traduction concrète, de politiques inclusives, de réponses tangibles aux souffrances sociales.

À force de célébrer la stabilité et la patience, le pouvoir marocain risque de perdre le lien le plus précieux : celui de la confiance.
Et sans cette confiance, la parole royale, si brillante soit-elle, risque de résonner dans le vide.

Ce discours intervient dans un climat marqué par des tensions sociales récentes : la hausse du coût de la vie, le chômage des jeunes et les inégalités territoriales ont suscité des mouvements de protestation. En insistant sur la solidarité nationale et la responsabilité partagée, le Roi a totalement ignorait les revendications du peuple, le discours reste déconnecté des réalités, n’a fait qu’accentuer la frustration.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

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