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Le spectacle de Caligula à l’ONU : déclarations dangereuses et dérive impériale : (Archives)

J’ai suivi une partie du discours de Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations Unies, avant de devoir couper court. Le spectacle était devenu insoutenable : il y étalait sans pitié son ignorance crasse des fondements de l’ONU et une obsession narcissique déplacée, se posant en figure absolue alors qu’il ne faisait que s’offrir en spectacle dans le rôle d’un despote grotesque.

L’ONU a pourtant été fondée précisément pour extirper le fléau de la guerre. Les premiers mots de sa Charte rappellent cette ambition fondamentale :

« NOUS, LES PEUPLES DES NATIONS UNIES, SOMMES DÉTERMINÉS

À épargner aux générations futures le fléau de la guerre qui, à deux reprises de notre vivant, a causé à l’humanité des souffrances indicibles,

À réaffirmer la foi dans les droits fondamentaux de la personne humaine, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes et des nations, grandes et petites, à établir les conditions permettant de maintenir la justice et le respect des obligations découlant des traités et autres sources du droit international.

À promouvoir le progrès social et de meilleures conditions de vie dans une plus grande liberté. »

De cette mission et de cet engagement collectif pour la paix, Trump n'a pas la moindre idée. Son intervention n'était que le pur produit de la doctrine façonnée par Netanyahou et son manifeste de 1996, « A Clean Break », qui revendiquait déjà le droit d'Israël à imposer son hégémonie par la force sur tous ses voisins.

Devant les délégués du monde entier, Trump s’est laissé aller à cette déclaration effarante :

« J'ai une décision cruciale à prendre. Dois-je conclure un accord avec l'Iran qui lui permette de se reconstruire et de devenir un pays bien plus grand qu'auparavant, peut-être même l'un des plus grands du Moyen-Orient ou du monde ?

Ou dois-je anéantir la République islamique, et ce rapidement, sans jamais lui laisser la moindre chance de tuer et de détruire à nouveau des peuples et des pays ? Dois-je les conduire en enfer sans aucune chance de survie et sans espoir de grandeur future ni de descendance ? »

Promettre l’anéantissement total d’une nation n’a rien d’une posture diplomatique : c’est une menace explicite de génocide. C’est la promesse de la pire abomination qu’un dirigeant puisse formuler, proférée ici en toute décomplexion. Pour Trump et ses alliés à Tel-Aviv, la notion d’« accord » n'est d'ailleurs qu'un prétexte opportun avant le massacre, une rhétorique qu'il a également invoquée pour justifier sa vision du conflit à Gaza. On en vient à se demander s’il ne préfère pas que l’histoire retienne son nom aux côtés des tyrans les plus sanguinaires plutôt que d’être réduit au rôle de simple exécutant de Netanyahou. Donc Qualifier cette stratégie de projet d'« anéantissement des peuples » relève toutefois d'un discours politique partisan destiné à légitimer des sanctions ou des actions militaires contre l’Iran.

 

Ce discours aura au moins eu le mérite de révéler au grand jour la réalité du pouvoir américain. Ses prédécesseurs n'étaient pas meilleurs, mais ils voilaient leur brutalité sous des discours lisses. On se souvient de l’ambassadrice d’Obama, Samantha Power, drapée dans le principe de la « responsabilité de protéger » les populations opprimées, alors même que personne au sein de cette administration n'a jamais levé le petit doigt pour protéger les Palestiniens.

Trump, lui, montre sans masque le visage le plus sombre des États-Unis. Il incarne une dérive si ouverte qu'aucune personne soucieuse de justice ne saurait l'accepter. Avec Netanyahou, ils partagent la même logique. Son objectif à la tribune était transparent : prouver l'impuissance des institutions internationales à stopper ses projets et ceux du courant sioniste. En usant du siège new-yorkais pour filtrer les représentations et en abusant du droit de veto au Conseil de sécurité, Washington retient l'ONU en otage.

Une fois de plus, Trump prouve que s'il veut commettre un génocide, personne ne peut l'en empêcher et, par extension, Israël est protégé par son droit « divin » d'exterminer quiconque est considéré comme un Amalek. Tout ce qu'il fait repose sur le suprémacisme juif sioniste, qui ne respecte aucune loi ni aucun traité international et ne suit que les préceptes du Talmud.

C'est une façon d'afficher ouvertement le suprémacisme juif au monde entier et de demander : « Qu'allez-vous faire ? » C'est conditionner le monde à accepter le suprémacisme juif sioniste, sous peine d'être à nouveau anéantis. Ce sont des psychopathes et des sociopathes malades et pervers, et le seul moyen de les arrêter est la force militaire. Il est impossible de raisonner avec ces gens-là, et la seule façon de leur faire accepter une quelconque « solution pacifique » est sous la menace d'une arme.

Rendons grâce à Dieu pour les Iraniens, Ansar Allah et ceux qui les soutiennent ; ils comprennent parfaitement la situation et seront ravis de mettre un fusil sur la tempe de ces suprémacistes juifs sionistes.

Dans ce contexte, les nations et les mouvements qui maintiennent une ligne de résistance face à cette hégémonie perçoivent parfaitement l'enjeu et refusent de céder aux sommations de ce suprémacisme.

Le discours de Trump à l'ONU lui a offert une occasion parfaite de se révéler être l'imbécile qu'il est. Le plus tragique, c'est que Trump n'est même pas un menteur convaincant  ses histoires changent au gré des circonstances, les détails variant selon l'influence de Bibi mais il le fait depuis si longtemps qu'il a oublié comment s'arrêter, et les Américains commencent à se réveiller, ne tolérant plus un homme devenu étranger même à lui-même.

Le discours à l'ONU ne doit laisser aucun doute au reste du monde : Trump pense que soit vous vous prosternez aux pieds de Néron, soit nous (nous, dans ce sens, confondons la volonté de Trump avec les intérêts américains puisqu'il se prend pour les États-Unis) vous anéantirons Si Cuba a fini par quitter la table, le plus inquiétant demeure le silence des autres nations. Étaient-elles là pour assister en spectatrices aux dérives de l'administration américaine ? Rappelons que l'article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations Unies énonce pourtant clairement :

« Tous les Membres s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

À l'exception d'un représentant, la délégation iranienne a quitté la salle lors des menaces de Trump, suivie plus tard par les délégués cubains. Mais le reste de l'Assemblée générale est resté stoïque, écoutant en silence des propos en violation directe avec le droit international. Apparemment, cet organe autrefois auguste des Nations Unies n'est plus guère qu'une clique internationale de flagorneurs impuissants et obséquieux, ce qui a été trop clairement démontré par son incapacité à quitter la salle en masse lorsque Trump a menacé l'Iran d'anéantissement.

Moralité comme le rappelait la maxime classique : Un dirigeant maléfique réduira sa propre nation en cendres pour régner sur ces dernières.  Sun Tzu.
C'est le cas de Trump, la marionnette sioniste.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
«
Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »    

 

Territoires Occupés de la Palestine : quand la presse parisienne joue les commis de la colonisation : (Archives)

Ah ! Qu’il était beau, le Président Français, drapé dans sa chlamyde de grand commandeur du Droit International à la tribune de l’ONU ! La voix trémolante, le regard fixé sur la ligne d’horizon des sondages en berne, il est venu porter la Bonne Parole aux sauvages : « Dites donc, en Cisjordanie, c’est pas très joli-joli, et puis d’abord le Hamas y est pas ! »

Scandale ! Hérésie ! Blasphème en direct sur BFM !

Aussitôt, dans les rédactions parisiennes aux moquettes épaisses et aux éditorialistes en béton armé, ce fut le branle-bas de combat. Pensez donc : rappeler un fait géographique élémentaire  à savoir que la Cisjordanie est administrée par l’Autorité palestinienne et quadrillée par l’armée israélienne, c’est quasiment de la haute trahison envers le manuel de bien-pensance du parfait petit colonisateur !

Au Figaro, on a tout de suite sorti les pelles à purin pour ramasser les réactions de LFI. « Regardez, même Mélenchon dit que c’est un Tartuffe ! » gloussent les rédacteurs en chef, ravis de pouvoir faire d’une pierre deux coups : taper sur le Président gesticulateur tout en évitant soigneusement de prononcer les mots « colonisation », « blocus » ou « droit international ». Bah oui, ma bonne dame, si le type qui vend des armes le mardi déplore les morts le mercredi, ce n’est pas un problème de bombardement, c’est un problème de com’ !

L'angle du Figaro consiste à instrumentaliser les réactions politiques en l'occurrence celles de La France Insoumise  pour cadrer l'intervention de Macron non pas sur le fond du droit international, mais sous l'angle du spectacle politique et du double jeu.

La rhétorique du procès en insincérité : En mettant en avant les qualificatifs de « Tartuffe » ou de « comédien », l'article déplace le débat : on ne parle plus de la colonisation ou du statut de la Cisjordanie, mais de la posture morale du Président.

L'évitement du sujet de fond : Le Figaro s'appuie sur la critique d'opposition pour invalider le constat de fait posé par le chef de l'État (l'absence de pouvoir structurel du Hamas en Cisjordanie occupée). L'argumentation vise à disqualifier la parole publique française en la réduisant à un simple calcul électoraliste ou diplomatique sans portée réelle.

L'éditorial du Point adopte une stratégie d'alignement sémantique avec la communication officielle du gouvernement israélien (qui a qualifié les propos de Macron d'« absurdité grotesque »).

Le piège du mot-clé : L'article isole une formule ou un mot du discours pour faire sauter tout le contexte géopolitique. En isolant l'affirmation selon laquelle le Hamas n'est pas aux commandes en Cisjordanie, l'éditorial cherche à faire passer un fait territorial et politique pour une faute morale ou une omission coupable.

La légitimation du récit sécuritaire : L'imposture de cette grille de lecture réside dans l'assimilation permanente de toute la population palestinienne et de tous ses territoires à une menace terroriste globale, permettant de justifier l'extension des colonies et l'occupation militaire sous couvert de légitime défense.

 

Au Point, on frôle l'infarctus du myocarde. Trouver « le mot qui annule tous les autres » ! Quel suspense ! On attendait le décodage d'un manuscrit de la mer Morte, on a juste eu droit au habituel numéro d'équilibrisme : expliquer que constater l'absence de régiment du Hamas sous les oliviers de Jénine, c’est limite faire l’apologie du terrorisme. Selon la presse des salons, quand un bulldozer rase une maison à Hébron, c'est forcément pour débusquer un tunnel sous l'évier. Si l'évier est vide ? C'est que le tunnel était bien caché !

Et comme si le duo ne suffisait pas, le Journal du Dimanche est entré dans la danse en traînant ses grosses bottes de treillis. Depuis que le JDD a troqué sa plume d'information dominicale pour le képi d'un régiment d'infanterie, on n'y va plus avec le dos de la cuillère ! Pour le foudroyant gratte-papier de service, les mots du Président ne sont rien de moins qu’une « absurdité grotesque », reprenant au mot près, en bons toutous de garde, le communiqué vengeur transmis directement depuis le bureau de Bibi Netanyahou.

Au JDD, on jubile : Bibi cite la Bible, parle de « Judée-Samarie », et le journal valide en hochant gentiment la tête, ravi d’apprendre que le droit international se lit désormais dans l'Ancien Testament. Macron ose qualifier le drame humain à Gaza de « spectacle qui nous fait honte » ? Vaine agitation diplomatique, tranche le JDD ! Pensez donc, réclamer la paix et le respect des frontières, quelle drôle d'idée quand on peut juste envoyer des bulldozers annexer deux collines de plus sous couvert de légitime défense.

Mais le plus croustillant dans cette farce tragique, c'est la performance DU Président Français qui  nous fait le coup du désarroi moral à New York, pendant qu'à Paris, les livraisons d'armes et la coopération militaire se poursuivent dans le plus grand des calmes, au mépris des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale. On condamne les larmes aux yeux le matin, on valide les traités commerciaux l'après-midi, et le soir on s'étonne que personne ne rigole à la pièce.

Résultat des courses : une presse d'opinion aux abois qui nous explique avec gravité que la réalité est une fake news, un gouvernement israélien qui hurle à l'outrage dès qu'on ne lui tend pas le tapis rouge, et un Président français qui continue de flotter au-dessus du vide, persuadé qu'une belle formule diplomatique équivaut à sauver des lives.

Allez, rideau ! Et n'oubliez pas d'acheter vos journaux dimanche : on vous expliquera gentiment que la paix est un concept dépassé et que le bombardement préventif est bon pour le commerce !

Moralité ; Aveuglement des médias et des politiques sur la situation à Gaza et en Cisjordanie … Gaza est un champ de ruines et des milliers milliers de morts … la loi du plus riche et du plus fort … la loi de la force contre la loi du droit ! Rien de nouveau !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
«
Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »    

 

 

Le « Conseil de la paix » un instrument de domination globale !

Il faut rompre avec le langage feutré de la diplomatie pour nommer la réalité politique qui se dissimule derrière le projet de « Conseil de la paix » lancé par Donald Trump. Ce dispositif, présenté comme une réponse pragmatique à l’impuissance supposée de l’ONU, constitue en vérité l’une des offensives les plus dangereuses jamais menées contre le principe même d’un ordre international fondé sur le droit. Il ne s’agit pas de réformer la gouvernance mondiale, mais de la confisquer.

Le discours qui accompagne la naissance de ce Conseil relève d’une rhétorique bien rodée : l’ONU serait obsolète, inefficace, paralysée par ses propres règles. Cette critique, largement partagée, est cependant utilisée ici comme un prétexte. Car ce n’est pas l’échec du multilatéralisme qui est combattu, mais ce qu’il contient encore de contraignant pour les grandes puissances. L’ONU n’a pas échoué par excès de règles, mais par sabotage délibéré de celles-ci, au premier rang desquels, figure les États-Unis eux-mêmes.

Le « Conseil de la paix » n’est donc pas une alternative, mais une entreprise de substitution. Il vise à court-circuiter le système onusien en installant un organe parallèle, dépourvu de toute légitimité universelle, mais doté d’une efficacité redoutable précisément parce qu’il échappe à toute forme de contrôle collectif. Là où le Conseil de sécurité est bloqué par le droit de veto, Trump propose un organe où le veto devient personnel, concentré entre les mains d’un seul homme.

La Charte fondatrice du Conseil est, à cet égard, édifiante. Les États membres ne sont ni élus ni désignés selon un principe de représentation équitable, mais invités à titre discrétionnaire. Les mandats sont révocables, conditionnels, renouvelables à la convenance du président. Les contributions financières ouvrent droit à des privilèges politiques. La paix, désormais, se finance ; la légitimité s’achète ; la souveraineté se négocie.

Cette architecture institutionnelle rompt radicalement avec le socle minimal du droit international : l’égalité souveraine des États. Elle instaure un système hiérarchique, où quelques pays exécutent pendant qu’un seul décide. Donald Trump n’y agit pas comme un médiateur ou un garant, mais comme une autorité exécutive suprême, cumulant pouvoir de nomination, droit de veto et monopole de l’interprétation juridique. Le multilatéralisme est vidé de sa substance pour devenir une simple mise en scène.

Dans ce cadre, Gaza apparaît comme un laboratoire grandeur nature. Territoire déjà dévasté par des décennies de violations du droit international, il est aujourd’hui envisagé comme un terrain d’expérimentation pour cette nouvelle diplomatie de tutelle. La paix n’y est pas conçue comme l’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais comme une opération de gestion confiée à une coalition d’États alignés. Si Gaza peut être administrée sans souveraineté, alors aucun pays du Sud n’est à l’abri.

Car le projet est fondamentalement exportable. Afrique, Amérique latine, Asie : partout où les équilibres régionaux résistent aux intérêts dominants, le « Conseil de la paix » pourra être invoqué pour justifier une mise sous contrôle politique, économique ou sécuritaire. La Charte ne prévoit aucun contre-pouvoir crédible, aucun mécanisme de reddition de comptes, aucune garantie pour les peuples concernés. L’arbitraire devient la norme, la stabilité un slogan.

L’objectif final est clair : marginaliser définitivement l’ONU. Non pas en la réformant, mais en l’asphyxiant. En détournant financements, légitimité et initiatives vers un organe concurrent, Washington prépare l’effacement progressif d’une institution pourtant centrale dans l’imaginaire juridique international. L’enterrement du multilatéralisme ne serait alors plus une conséquence involontaire de l’histoire, mais un choix politique assumé.

Sous ses apparences de modernité et d’efficacité, le « Conseil de la paix » consacre ainsi un monde régi par la loi du plus fort, maquillée en gouvernance responsable. Il transforme la paix en instrument de domination et le droit international en décor symbolique. Face à un tel projet, le silence équivaut à une approbation tacite. Le refuser n’est pas un acte idéologique, mais une nécessité politique.

Car lorsque la paix cesse d’être un droit pour devenir un outil de pouvoir, ce n’est plus la sécurité du monde qui est en jeu, mais sa soumission.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Le Makhzen Marocain et ses interprétations médiatiques courtisanes

À les entendre, dans l’espace médiatique du Makhzen, la question du Sahara occidental demeure l’un des sujets les plus chargés symboliquement, politiquement et historiquement. Elle cristallise passions, identités et représentations de souveraineté. Un dernier argument de propagande est désormais propagé avec force : Le Maroc constituerait par une autonomie verticale avec son Sahara marocain.

L’autre argument de propagande répété ad nauseam par les cajoleurs du Makhzen consiste à dire que le Sahara Occidental, tout bien pesé, n’existerait pas, né d’un mythe fondateur. Qu’il serait depuis toujours une terre Marocaine. 

Mais au-delà des émotions, il existe une réalité juridique et diplomatique qui ne devrait ni être ignorée, ni instrumentalisée.
Or, on observe aujourd’hui, dans une partie significative de la presse marocaine, une tendance à affirmer que les Nations unies auraient désormais adopté le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme unique cadre de règlement. Cette affirmation se répand, se répète, s’enracine – mais elle ne correspond pas aux textes.

Il est donc important de rappeler ce que disent réellement les résolutions du Conseil de sécurité, c’est-à-dire le seul cadre reconnu par la communauté internationale. Ce sont toujours les mêmes qui font aujourd’hui mine de croire que le Roi du Maroc pourrait respecter le droit international. L’expérience nous enseigne qu’aucun dictateur, saisi par l’hubris, par l’ivresse d’un pouvoir sans limite, n’est à l’abri de décisions défiant la raison. Ce vertige a conduit Hassan 2 avec sa marche verte jusqu’au Sahara Occidental 1971 pour un faire son bien. Je ne me souviens pas que les causes du conflit aient été expliquées autrement que par le désir agressif de conquête du Roi

Le langage du Conseil de sécurité : le cœur du dossier

Depuis plus de quinze ans, les résolutions du Conseil de sécurité du maintien de la paix au Sahara ont adopté une formule désormais stable.
La résolution 2703 (30 octobre 2024), comme celles qui l’ont précédée (2602, 2654, 2685), affirme :

« Le Conseil de sécurité réaffirme la nécessité d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable, mutuellement acceptable, fondée sur le compromis. »

Cette phrase est centrale. Elle constitue le cadrage diplomatique du conflit. Elle signifie trois choses essentielles : Aucune solution ne peut être imposée unilatéralement. Aucune solution n’est considérée comme acquise. Le résultat final doit être négocié.

En d’autres termes, l’ONU n’a pas tranché et ne déclare pas que le Sahara a été ou serai marocain. Elle ne déclare pas non plus qu’il doit devenir indépendant c’est au peuple Sahraoui d’en décider) Elle demande un processus, pas un verdict.

La reconnaissance du plan d’autonomie : une appréciation diplomatique, pas une validation juridique Les résolutions saluent la proposition marocaine : « Le Conseil de sécurité prend note des efforts sérieux et crédibles du Maroc. »

Cette formule signifie que le Maroc : a présenté une proposition solide, cohérente et compatible avec l'idée de compromis. Cela n’a rien d’anodin. Mais cela ne signifie pas que : le plan d’autonomie est la seule base de négociation, que l’indépendance est exclue par principe, ou que l’ONU adopte la vision marocaine du conflit.

Dire le contraire, comme le font certains éditorialistes, revient à passer de la reconnaissance de la valeur d’une proposition à l’affirmation de sa supériorité exclusive.
C’est un glissement politique, pas juridiquement fondé.

Le référendum : toujours inscrit,  Il est essentiel de rappeler que le référendum d’autodétermination n’a jamais été supprimé du cadre onusien.
Il demeure une option, théoriquement ouverte.

Mais dans les faits, l’ONU elle-même a constaté son impossibilité opérationnelle, en raison du blocage technique, non tranchable, qui a conduit l’ONU à substituer la logique du vote à celle de la négociation politique.

Ainsi : L’indépendance n’est pas juridiquement abandonnée, mais n’est plus le scénario opérationnel privilégié à ce stade.

La question du rôle de l’Algérie

Un élément évolue néanmoins dans le discours onusien récent : la mention explicite des quatre parties. Les résolutions ne parlent plus seulement de « deux parties », mais : « Le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. »

L’Algérie n’est donc plus considérée comme simple « pays voisin », mais comme un acteur nécessaire du processus politique. Cela ne veut pas dire : qu’elle doit accepter l’autonomie, ni qu’elle endosse le rôle de belligérant.

Cela veut dire : qu’aucune solution durable ne peut être trouvée sans l’Algérie. Reconnaître cela relève du réalisme, non de la concession.

Le danger du triomphalisme discursif

Que certains États soutiennent la proposition marocaine, notamment plusieurs pays africains, arabes et européens, est un fait.
Que la dynamique diplomatique évolue dans le sens d’une solution négociée plutôt qu’un référendum binaire est également un fait.

Mais transformer ces tendances en victoire définitive est un raccourci dangereux.

Pourquoi ? Parce que : Une position exagérée est aisément démontée. La crédibilité se construit sur l’exactitude, pas sur l’affirmation. La diplomatie se joue dans la nuance, jamais dans le slogan.

Le conflit du Sahara souffre déjà suffisamment de la surinterprétation, de la communication identitaire et de la simplification stratégique. L’heure n’est pas au spectacle politique, mais au travail patient et lucide.

Conclusion

Le Conseil de sécurité n’a ni tranché en faveur de l’autonomie, ni maintenu la centralité du référendum : il a installé la recherche du compromis comme seule voie crédible.

Cela implique : écouter, négocier, reconnaître les contraintes de l’autre.

Il me semble que la presse du Makhzen est appelée à faire la politique internationale, pas du récit national. La paix, la stabilité et la coopération maghrébine méritent mieux que des certitudes proclamées cela demande une maîtrise du langage diplomatique, le respect du cadre juridique, et une honnêteté intellectuelle face aux faits. Sans cela, le conflit continuera moins parce qu’il est insoluble que parce qu’il est mal raconté.

Une même fuite en avant s’observe au Maroc dans le camp royaliste. C’est un fait : le Makhzen ne sait plus argumenter autrement que par le mépris, l’injure, la diabolisation. Ce manichéisme bas de gamme est également utilisé par une partie de la politique  Il suffit d’entendre les arguments anti-Algérie rudimentaires Bourita ou de Omar Hilale  pour s’en convaincre.

A leur décharge, les courtisans du royaume qui ont une très forte impression qu'ils contribuent pour beaucoup dans le cout politique du Makhzen. Un peu comme pense le Français moyen avec le cout social de l'immigration! A chacun son ressentiment.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Un texte servile déguisé en analyse géopolitique

Sous des apparences d’article d’analyse, le texte intitulé « La diplomatie d’orfèvre du Maroc » se révèle être une véritable opération de communication politique en faveur du régime marocain. , écrit dans un registre laudatif, presque hagiographique, à l’égard du Maroc, bien sûr on trouve comme d’habitude du mauvais et du plus mauvais, encore une coulée compassionnelle et fausse, totalement hypocrite du haut vers le bas. Pour parvenir à faire passer ce mensonge, il faut taper sur un bouc émissaire, peu importe lequel. Ici, c'est l’Algérie qui a le rôle. Mais  le ridicule se trouve dans «La "diplomatie d'orfèvre" du Maroc» ?

Le choix des mots, la structure du récit et la sélection des sources trahissent une intention claire : transformer un simple vote du Conseil de sécurité en une victoire historique du Maroc, tout en jetant le discrédit sur l’Algérie et le Front Polisario.
Ce texte n’analyse pas la diplomatie : il la célèbre. Il ne rend pas compte d’un événement : il en fabrique le récit glorieux. Et, ce faisant, il participe à la vaste entreprise de normalisation médiatique d’une occupation territoriale toujours illégale au regard du droit international.

Dès le titre, le ton est donné : « diplomatie d’orfèvre », « conquête », « moment historique ». Ces expressions n’appartiennent pas au vocabulaire de la géopolitique, mais à celui de la propagande. On y sent l’admiration aveugle, la fascination pour le pouvoir, le goût du spectaculaire. Le Maroc devient un artisan de génie, l’ONU un théâtre de sa réussite.
Mais de quelle réussite parle-t-on ?

Le Conseil de sécurité n’a nullement « validé » le plan d’autonomie marocain — il s’est borné à prendre note d’un projet, sans lui donner force de loi. La résolution en question, si elle existe dans ces termes, n’a aucune portée juridique contraignante : elle ne change rien au statut du Sahara occidental, territoire toujours considéré par l’ONU comme non autonome, c’est-à-dire à décoloniser.

L’écrit transforme donc un simple glissement diplomatique en triomphe politique. C’est là toute l’astuce du discours : substituer la rhétorique du succès à la réalité du statu quo, maquiller une situation bloquée en conquête éclatante. En d’autres termes, vendre de la diplomatie comme on vend un produit de luxe — avec du vernis, du prestige et du vide.

En face, l’Algérie n’a droit qu’à la caricature : celle du voisin boudeur, vexé, campé dans ses positions. Le texte multiplie les insinuations : « coup dur pour l’Algérie », « refus de voter », « pression algérienne ». On dépeint un pays crispé, isolé, obstiné. Nulle part l’auteur ne reconnaît que l’Algérie défend une position de principe, fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes — une position partagée par de nombreuses nations du Sud et par la jurisprudence internationale.
Quant au Front Polisario, il n’apparaît qu’à la marge, réduit à un rôle d’agité incapable de comprendre la “réalité”. On efface les décennies de lutte, les exils, la répression, les résolutions onusiennes jamais appliquées. En une phrase, l’auteur évacue tout un peuple. Ce n’est pas de l’analyse, c’est du mépris.

Cette asymétrie de traitement n’est pas innocente : elle traduit un biais idéologique pro-marocain profondément ancré dans une partie des médias français. Elle s’inscrit dans la continuité d’une narration qui, depuis des années, cherche à criminaliser la position algérienne tout en présentant Rabat comme un partenaire “modéré”, “occidental”, “visionnaire”. Le fond n’a rien de diplomatique — il est politique, et même géopolitique : il s’agit de légitimer un allié et d’isoler un rival.

Le plus grave reste la falsification du cadre juridique. L’article suggère que la résolution “entérine” le plan d’autonomie marocain. Or, aucune instance onusienne n’a jamais validé la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Le droit international reste clair :

le Sahara est un territoire non autonome dont le peuple doit décider librement du futur par référendum — référendum que le Maroc refuse obstinément depuis 1991.

En glorifiant Rabat pour avoir “conquis l’ONU”, l’auteur nie la réalité du conflit, les résolutions existantes et les souffrances humaines qui en découlent. Il substitue à la rigueur du droit la narration du vainqueur. Il transforme un processus de colonisation en réussite diplomatique. Ce glissement lexical est plus qu’un mensonge : c’est une violence symbolique, une insulte à la mémoire du peuple sahraoui et à la dignité des Algériens solidaires de sa cause.

Ce texte ne s’inscrit pas dans la tradition du journalisme critique. Il s’apparente plutôt à une chronique de cour, écrite par un auteur que ses “diverses fonctions” ont habitué à la complaisance vis-à-vis du pouvoir marocain. Il ne cherche pas à informer, mais à influencer ; non à analyser, mais à orienter l’opinion publique.
Le lecteur averti y reconnaîtra une rhétorique bien rodée : admiration de façade, vocabulaire diplomatique, citations d’experts européens pour légitimer un point de vue, et disqualification subtile de la partie adverse. Ce procédé n’a rien de neuf : c’est la vieille recette du soft power marocain, reprise ici avec zèle par un journaliste qui se prend pour un chroniqueur d’histoire alors qu’il n’est que le scribe d’une narration d’État.

Face à de telles entreprises d’enfumage, la vigilance s’impose. L’Algérie, ses intellectuels, sa diaspora et tous ceux qui croient encore à la vérité du droit international doivent répondre par la clarté du discours, la rigueur de l’analyse et le courage de la parole libre.
Non, l’ONU n’a pas légitimé le plan marocain.
Non, le Sahara occidental n’est pas marocaine.
Non, le combat du peuple sahraoui n’est pas une lubie d’un autre temps.
C’est une lutte pour la justice, la liberté et la souveraineté — des valeurs que l’Algérie, fidèle à son histoire anticoloniale, continuera de défendre malgré les campagnes médiatiques et les manipulations diplomatiques.

En définitive, cet article n’est pas un fait journalistique, mais un symptôme : celui d’une guerre médiatique et symbolique qui se joue autour du Sahara occidental. Le Maroc mène une bataille d’image ; certains médias européens, complaisants ou intéressés, lui prêtent leur plume.
Mais la vérité, elle, résiste. Elle réside dans les textes de l’ONU, dans la voix du peuple sahraoui, dans la constance d’une Algérie qui refuse de se taire face à l’injustice.
Tant que des journalistes continueront à travestir la colonisation en diplomatie, il faudra des voix pour leur rappeler qu’un mensonge répété mille fois ne devient pas une vérité — et qu’aucune “diplomatie d’orfèvre” ne saurait polir le visage d’une occupation.

L'art de la diplomatie, c'est celui de l'équilibre.

Que les extrémistes s’indignent et s’indignent, mais surtout qu’ils foutent la paix à l’Algérie, car elle s’en fiche royalement de leurs états d’âme. Nous savons tous que lorsqu’il s’agit de l’Algérie, la plupart des Français sont tout sauf rationnels. .  

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

Sahara occidental : Le piège de Rabat reconnaître ce qu’il nie !

 

Présentée comme une victoire pour le Maroc, la dernière résolution de l’ONU sur le Sahara occidental s’est en réalité transformée en un retour au droit international et au principe d’autodétermination. Derrière la rhétorique triomphaliste, Rabat se retrouve piégé par le cadre juridique qu’il croyait pouvoir manipuler, tandis que l’Algérie et ses alliés replacent le dossier dans sa nature première : celle d’une décolonisation inachevée.

Une victoire de façade, une défaite de fond

Les médias proches du pouvoir marocain ont salué la résolution du Conseil de sécurité comme une confirmation implicite de la “marocanité” du Sahara. Mais une lecture attentive du texte montre tout le contraire.
Sous la pression discrète mais efficace de l’Algérie et de ses alliés — Russie, Chine et pays du Mouvement des non-alignés —, le langage juridique du document a été profondément modifié :

  • Le plan d’autonomie marocain n’est plus présenté comme “la seule solution réaliste”, mais comme “une base réaliste de négociation”.
  • Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui a été réaffirmé.
  • Le mandat de la MINURSO a été prolongé, confirmant le statut de territoire non autonome du Sahara occidental.

Derrière ces ajustements se cache un véritable renversement diplomatique : le Maroc croyait verrouiller le dossier, il l’a rouvert.

Le droit international, l’arme du peuple sahraoui

Depuis l’avis de la Cour internationale de Justice (1975), la position du droit international est sans équivoque : les liens historiques évoqués par Rabat n’équivalent pas à une souveraineté.
La résolution 1514 (XV) de 1960, sur la décolonisation, érige le droit à l’autodétermination en norme impérative du droit international public.
Ainsi, aucune formule politique — fût-elle habillée d’autonomie — ne peut annuler le droit d’un peuple à décider librement de son avenir.

Cette base juridique solide, souvent éclipsée par la propagande, est redevenue le terrain principal du combat sahraoui et de la diplomatie algérienne.
Le Sahara occidental n’est pas une “région” marocaine : c’est un territoire en attente de décolonisation, reconnu comme tel par les Nations Unies.

L’intelligence diplomatique d’Alger : du rapport de force à la légitimité

Alors que Rabat misait sur le soutien américain et la reconnaissance de Trump en 2020, l’Algérie a choisi la patience et la cohérence.
En s’appuyant sur ses relations solides à l’Est et au Sud, elle a réussi à transformer un projet pro-marocain en un texte onusien équilibré, fondé sur la légitimité internationale.

Cette diplomatie du droit a replacé le débat sur le terrain des principes, non des pressions.
Le résultat est sans appel : la communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et toute solution devra passer par une consultation libre du peuple sahraoui.

Le discours royal : une manœuvre de repli

Le roi Mohammed VI, dans son discours suivant la publication de la résolution, a appelé à “tendre la main” à l’Algérie. Derrière ce ton d’apaisement se cache une tentative d’anticiper les conséquences politiques du texte onusien.
Mais Alger a répondu par la constance : “Nous ne négocions pas sur un territoire qui ne nous appartient pas.”
Cette position ferme renvoie le Maroc à son seul choix possible : reconnaître et négocier avec les représentants légitimes du peuple sahraoui

Le piège de Rabat : reconnaître ce qu’il nie

En se réjouissant trop vite, le Maroc est tombé dans sa propre embuscade.
Accepter de revenir à la table des négociations, c’est reconnaître le Front Polisario comme interlocuteur légitime. Admettre le cadre onusien, c’est accepter que l’indépendance soit une option possible. Et prolonger le mandat de la MINURSO, c’est reconnaître implicitement que le territoire n’est pas marocain.

Ainsi, la “victoire diplomatique” s’est muée en défaite stratégique : Rabat doit désormais dialoguer avec ceux qu’il prétend ne pas exister.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 


Maroc : le Royaume-spectacle se raconte et un peu trop mal.

Le 31 octobre 2025, l’ONU aurait, selon la communication officielle, « consacré la vision marocaine » dans le dossier du Sahara. Une victoire diplomatique, nous dit-on, une leçon de leadership. Mais derrière l’enthousiasme, se cache une réalité plus inquiétante : le Maroc se raconte comme une légende et se regarde dans un miroir sans taches.
La grandeur proclamée devient un écran, et le patriotisme, un instrument de docilité.

On nous dit que le Maroc est une école de leadership. Soit. Mais quelle école célèbre la parole unique, la pensée alignée, la victoire sans débat ?
On nous parle de vision, de destin, de momentum ; on oublie la sueur des invisibles, la colère des exclus, le silence imposé à ceux qui osent questionner la « cause sacrée ».
Ce n’est pas une école de leadership, c’est une cathédrale de courtisans.
Le Maroc mérite mieux que la mise en scène de sa propre gloire : il mérite la vérité, la justice, et la liberté d’écrire son avenir autrement qu’en hymne au trône
.

Au citoyen, on lui  intime de célébrer un « leadership à ciel ouvert », il suffit de proclamer la grandeur pour qu’elle devienne vérité officielle. Il suffit d’un vote à l’ONU pour effacer cinquante ans d’ambiguïté politique. Il suffit d’une plume inspirée pour transformer la politique en religion, la monarchie en prophétie, et la nation en procession d’admirateurs.

La presse sert un pays triomphant, un Royaume debout, une « vision » qui illumine les consciences du nord au sud… en oubliant de préciser que seul le Roi dispose des lunettes pour la contempler. Car ce leadership qu’on glorifie tant n’est pas une école : c’est un catéchisme. Et les citoyens marocains  seraient des mauvais élèves s’ils osaient lire autre chose que le manuel sacré.

Patriotisme ou loyalisme ?

Depuis ce fameux vote, un parfum d’auto-congratulation flotte sur le Royaume.
Les tribunes s’enchaînent, les mots se répètent : vision, constance, foi, destin. Le Maroc, dit-on, serait devenu une « école de leadership à ciel ouvert ».

Mais à y regarder de près, cette célébration tient davantage de la liturgie que du débat.
Le leadership vanté n’est pas un partage de pouvoir, c’est une verticalité absolue.
Un récit mythologique où le Roi incarne la clairvoyance, le peuple la ferveur, et l’histoire une marche triomphale vers la reconnaissance universelle.

Cette glorification n’enseigne rien : elle anesthésie. Elle transforme la politique en religion d’État, où contester revient à blasphémer.

Le sujet de la presse nous explique que l’Histoire n’a qu’une trajectoire, une marche — verte, forcément verte — tracée par les monarques éclairés. Les peuples marchent, eux ne font qu’obéir. L’unité nationale devient soumission, le devoir se confond avec la déférence. Au Maroc, aimer son pays revient à aimer son Roi — ne pas confondre, malheureux !

Mais le patriotisme n’est pas une liturgie. Il n’est pas dans les défilés, ni dans les grands discours de victoire. Il est dans la capacité à douter, à interpeller, à corriger. Or ici, douter est une faute. Interroger est une menace. Et corriger un crime. Ce pays n’a pas besoin d’apôtres du leadership : il a besoin de citoyens.

Le leadership véritable commence où s’arrête la mise en scène

Quelle étrangeté que ce mot, « leadership », ressassé trois fois par paragraphe jusqu’à en perdre toute substance. Peut-être veut-on nous faire oublier ce qu’il implique vraiment : responsabilité, recevabilité, transparence — bref, tout ce que ce texte esquive avec soin.

Le mot « leadership » est devenu le totem de la rhétorique royale. On le répète à l’infini comme pour conjurer l’absence de participation réelle. Mais que vaut un leadership sans démocratie ?
Un leadership sans responsabilité, sans transparence, sans critique ?

Les grandes décisions descendent du sommet, les félicitations remontent du bas.
La machine fonctionne à merveille : chacun connaît son rôle, personne ne pose de questions.

Pendant qu’on s’enorgueillit des victoires diplomatiques,
les journalistes sont incarcérés (
Il me suffit de dire que le Plus vieux détenu politique de la planète est marocain, Me Ziane 83 ans.) les enseignants manifestent, les jeunes diplômés fuient le pays et les régions entières attendent encore d’être écoutées.

Ce n’est pas du leadership : c’est de l’illusionnisme politique dans une époque qui est à la mise en scène. Le Maroc ne gouverne plus : il communique.
Chaque événement devient un momentum, chaque projet une « vision royale », chaque succès sportif une preuve de génie national. Mais cette communication permanente a un coût : celui de la vérité. Les fractures sociales, le chômage endémique, les inégalités régionales, la pauvreté silencieuse — tout cela disparaît sous le vernis du storytelling national. La politique s’efface derrière le marketing. Et le citoyen, lui, devient un consommateur d’illusions patriotiques.

Le triomphe des courtisans

Le Palais officiel parle d’une « dream team royale ».
Tout est dit : nous ne sommes plus dans une communauté politique, mais dans une cour.
Le Maroc n’est plus une agora : c’est une loge d’admiration. Les courtisans se succèdent à la télévision pour tresser lauriers et hyperboles.
Le courage intellectuel, lui, se tait ou s’exile. Et dans ce vacarme de louanges, le peuple devient spectateur d’une grandeur qu’il ne ressent plus. Une nation sans contradiction est une nation qui se prive de vitalité. Le pluralisme n’est pas un luxe : c’est un acte de santé publique.

Le Maroc des marges : le seul leadership qui vaille

Heureusement, un autre Maroc existe — hors du champ des caméras. Celui des travailleurs précaires, des enseignants en lutte, des jeunes qui inventent sans moyens, des associations locales qui résistent à l’asphyxie bureaucratique.
Un Maroc invisible mais vivant, indocile, créatif. C’est là que se construit le leadership réel :
dans la désobéissance constructive, la pensée libre, la dignité quotidienne.
Pas dans les discours calibrés ni les communiqués d’autosatisfactions.

Quel est le problème si la décision revient, en fin de compte, au référendum. C’est aux sahraoui de choisir entre indépendance et autonomie.
Le Maroc n’a rien gagné ici. Inscrire l’autonomie comme une « option » de vote pour les sahraoui n’a rien d’une victoire pour le Maroc. Bien au contraire, il s’agit plutôt d’une propagande pour masquer un échec, car le makhzen voulait inscrire « l’autonomie » comme seule et unique option.
L’autodétermination reste donc la solution intangible.

Alors que l’on cesse de vendre aux Marocains une grandeur importée par communiqué diplomatique. Que l’on accepte enfin que le Maroc a besoin de débats, de pluralisme, de liberté.  Que la fierté nationale ne soit plus synonyme d’allégeance.

Car le véritable leadership marocain n’appartient pas aux monarques — il appartient à ceux qui refusent d’être spectateurs de leur propre histoire.

En répétant, sous des formes pseudo-journalistiques, les mêmes narrations négatives, ces médias finissent par façonner un imaginaire collectif où l’Algérie serait un acteur du passé, et le Maroc, un modèle d’avenir.
Cette mécanique, typique de la guerre informationnelle moderne, repose moins sur le mensonge direct que sur la distorsion du réel, la dramatisation et la répétition.
On sait de nos voisins du Maroc, c'est toute leur culture historique qui s'exprime ainsi et tous les sous-entendus de leur stratégie du chaos et leur idéologie monarchiste... Ce n'est pas brillant, bien que la bêtise soit inouïe, la boucle du Roi est bouclée. !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/