J’ai suivi
une partie du discours de Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations
Unies, avant de devoir couper court. Le spectacle était devenu insoutenable :
il y étalait sans pitié son ignorance crasse des fondements de l’ONU et une
obsession narcissique déplacée, se posant en figure absolue alors qu’il ne
faisait que s’offrir en spectacle dans le rôle d’un despote grotesque.
L’ONU a
pourtant été fondée précisément pour extirper le fléau de la guerre. Les
premiers mots de sa Charte rappellent cette ambition fondamentale :
« NOUS, LES
PEUPLES DES NATIONS UNIES, SOMMES DÉTERMINÉS
À épargner
aux générations futures le fléau de la guerre qui, à deux reprises de notre
vivant, a causé à l’humanité des souffrances indicibles,
À réaffirmer
la foi dans les droits fondamentaux de la personne humaine, dans la dignité et
la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des
femmes et des nations, grandes et petites, à établir les conditions permettant
de maintenir la justice et le respect des obligations découlant des traités et
autres sources du droit international.
À promouvoir
le progrès social et de meilleures conditions de vie dans une plus grande
liberté. »
De cette
mission et de cet engagement collectif pour la paix, Trump n'a pas la moindre
idée. Son intervention n'était que le pur produit de la doctrine façonnée par
Netanyahou et son manifeste de 1996, « A Clean Break », qui revendiquait
déjà le droit d'Israël à imposer son hégémonie par la force sur tous ses
voisins.
Devant les
délégués du monde entier, Trump s’est laissé aller à cette déclaration
effarante :
« J'ai
une décision cruciale à prendre. Dois-je conclure un accord avec l'Iran qui lui
permette de se reconstruire et de devenir un pays bien plus grand
qu'auparavant, peut-être même l'un des plus grands du Moyen-Orient ou du monde
?
Ou dois-je
anéantir la République islamique, et ce rapidement, sans jamais lui laisser la
moindre chance de tuer et de détruire à nouveau des peuples et des pays ?
Dois-je les conduire en enfer sans aucune chance de survie et sans espoir de
grandeur future ni de descendance ? »
Promettre
l’anéantissement total d’une nation n’a rien d’une posture diplomatique : c’est
une menace explicite de génocide. C’est la promesse de la pire abomination
qu’un dirigeant puisse formuler, proférée ici en toute décomplexion. Pour Trump
et ses alliés à Tel-Aviv, la notion d’« accord » n'est d'ailleurs qu'un prétexte
opportun avant le massacre, une rhétorique qu'il a également invoquée pour
justifier sa vision du conflit à Gaza. On en vient à se demander s’il ne
préfère pas que l’histoire retienne son nom aux côtés des tyrans les plus
sanguinaires plutôt que d’être réduit au rôle de simple exécutant de
Netanyahou. Donc Qualifier cette stratégie de projet d'« anéantissement des
peuples » relève toutefois d'un discours politique partisan destiné à légitimer
des sanctions ou des actions militaires contre l’Iran.
Ce discours
aura au moins eu le mérite de révéler au grand jour la réalité du pouvoir américain.
Ses prédécesseurs n'étaient pas meilleurs, mais ils voilaient leur brutalité
sous des discours lisses. On se souvient de l’ambassadrice d’Obama, Samantha
Power, drapée dans le principe de la « responsabilité de protéger » les
populations opprimées, alors même que personne au sein de cette administration
n'a jamais levé le petit doigt pour protéger les Palestiniens.
Trump, lui,
montre sans masque le visage le plus sombre des États-Unis. Il incarne une
dérive si ouverte qu'aucune personne soucieuse de justice ne saurait
l'accepter. Avec Netanyahou, ils partagent la même logique. Son objectif à la
tribune était transparent : prouver l'impuissance des institutions
internationales à stopper ses projets et ceux du courant sioniste. En usant du
siège new-yorkais pour filtrer les représentations et en abusant du droit de
veto au Conseil de sécurité, Washington retient l'ONU en otage.
Une fois de plus, Trump prouve que s'il veut commettre
un génocide, personne ne peut l'en empêcher et, par extension, Israël est
protégé par son droit « divin » d'exterminer quiconque est considéré comme un
Amalek. Tout ce qu'il fait repose sur le suprémacisme juif sioniste, qui ne
respecte aucune loi ni aucun traité international et ne suit que les préceptes
du Talmud.
C'est une façon d'afficher ouvertement le suprémacisme
juif au monde entier et de demander : « Qu'allez-vous faire ? » C'est
conditionner le monde à accepter le suprémacisme juif sioniste, sous peine
d'être à nouveau anéantis. Ce sont des psychopathes et des sociopathes malades
et pervers, et le seul moyen de les arrêter est la force militaire. Il est
impossible de raisonner avec ces gens-là, et la seule façon de leur faire
accepter une quelconque « solution pacifique » est sous la menace d'une arme.
Rendons grâce à Dieu pour les Iraniens, Ansar Allah et
ceux qui les soutiennent ; ils comprennent parfaitement la situation et seront
ravis de mettre un fusil sur la tempe de ces suprémacistes juifs sionistes.
Dans ce
contexte, les nations et les mouvements qui maintiennent une ligne de
résistance face à cette hégémonie perçoivent parfaitement l'enjeu et refusent
de céder aux sommations de ce suprémacisme.
Le discours de Trump à l'ONU lui a offert une occasion
parfaite de se révéler être l'imbécile qu'il est. Le plus
tragique, c'est que Trump n'est même pas un menteur convaincant ses histoires changent au gré des circonstances,
les détails variant selon l'influence de Bibi mais il le fait depuis si
longtemps qu'il a oublié comment s'arrêter, et les Américains commencent à se
réveiller, ne tolérant plus un homme devenu étranger même à lui-même.
Le discours à l'ONU ne doit laisser
aucun doute au reste du monde : Trump pense que soit vous vous prosternez aux
pieds de Néron, soit nous (nous, dans ce sens, confondons la volonté de Trump
avec les intérêts américains puisqu'il se prend pour les États-Unis) vous
anéantirons Si Cuba a
fini par quitter la table, le plus inquiétant demeure le silence des autres
nations. Étaient-elles là pour assister en spectatrices aux dérives de
l'administration américaine ? Rappelons que l'article 2, paragraphe 4, de la
Charte des Nations Unies énonce pourtant clairement :
« Tous
les Membres s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à
la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou
l’indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible
avec les buts des Nations Unies. »
À l'exception d'un représentant, la
délégation iranienne a quitté la salle lors des menaces de Trump, suivie plus
tard par les délégués cubains. Mais le reste de l'Assemblée générale est resté
stoïque, écoutant en silence des propos en violation directe avec le droit
international. Apparemment, cet organe autrefois
auguste des Nations Unies n'est plus guère qu'une clique internationale de
flagorneurs impuissants et obséquieux, ce qui a été trop clairement démontré
par son incapacité à quitter la salle en masse lorsque Trump a menacé l'Iran
d'anéantissement.
Moralité comme le rappelait la maxime classique : Un dirigeant maléfique
réduira sa propre nation en cendres pour régner sur ces dernières. Sun Tzu.
C'est le cas de Trump, la marionnette sioniste.
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé,
observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser
qu’elles soient comme ça. »

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