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Le mirage de Versailles : Quand la diplomatie française se prend pour un fast-food de luxe:

I. Le théâtre des vanités : Des dorures pour masquer la reculade

Emmanuel Macron vient d’offrir les ors du château de Versailles à Donald Trump sous prétexte de célébrer l’indépendance américaine. Le décor était somptueux, digne des plus grandes heures de la monarchie. Problème : si le plateau de cinéma était impeccable, le scénario, lui, a été écrit à la va-vite sur un coin de table par l'Oncle Sam.

Derrière les embrassades, la presse internationale ne s'y trompe pas : le fameux accord en 14 points signé avec l'Iran directement au milieu des dorures ressemble fort à une capitulation en habit de lumière. En figeant les positions au Liban et en ouvrant la voie à la levée du blocus, Washington efface ses propres lignes rouges. C'est le triomphe du cynisme transactionnel. Applaudir ce texte comme « un pas dans la bonne direction » relève d'une flagornerie pathétique envers un président américain qui a traité Versailles de « vrai truc, pas de la feuille d'or », tout en menaçant la veille de taxer le vin français à 100 %.

L'ombre des Gilets jaunes : Pour la presse anglo-saxonne, la véritable boussole de cette rencontre ne se trouvait pas dans les traités d'histoire, mais à la pompe à essence. Éviter un embrasement social en France grâce à la réouverture du détroit d'Ormuz valait bien toutes les courbettes du monde à Versailles.

II. Du Traité de 1919 au comptoir du McDo : L'ironie de l'histoire

À moins d'un an de la fin de son mandat, Emmanuel Macron cherche désespérément à sculpter sa statue pour la postérité. Les correspondants étrangers s'en amusent follement : il faut un sens de l'humour très particulier pour faire signer à Trump un accord de désengagement à Versailles, lieu historique par excellence de la capitulation et de la négociation forcée.

Mais les mises en scène ne dateront pas le bilan. Des promesses d'éthique balayées par l'affaire Benalla aux caisses de l'État vidées par une dette record, la réalité nationale est têtue. Cette manie d'utiliser les hauts symboles de la France pour "se faire mousser" auprès d'hôtes étrangers frise le ridicule. C'est l'histoire d'un chamelier qui montre les pyramides à un riche touriste américain en lui faisant croire que son grand-père a posé les pierres...

La presse de gauche a beau crier à l'attitude « obséquieuse », la vérité est encore plus cruelle : la cantine officielle de la Start-up nation, ce n'est pas Versailles, c'est le fast-food. Cela tombe bien, l'hôte américain adore les hamburgers !

En fin de compte, la diplomatie française aura joué le rôle de garçon de café de luxe. Le grand succès revendiqué par l'Élysée ? Avoir réussi à retenir Trump jusqu'à la fin du G7 d'Évian grâce à la promesse d'un bon dîner. À part avoir servi de resto et réglé l'addition, cette diplomatie du spectacle n'aura strictement servi à rien.

À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

https://kadertahri.blogspot.com/

 

Iran fantasmé, Occident accusé : quand les récits remplacent le réel

On croyait avoir tout vu en matière de nostalgie politique, mais voici revenir, avec la grâce d’un spectre bien coiffé, Reza Pahlavi, héritier d’un trône disparu comme une ligne de crédit mal gérée, qui nous explique qu’il serait prêt à “reprendre les rênes” de l’Iran — à condition, bien sûr, qu’on le lui demande poliment. Il ne manque plus que le formulaire Cerfa de restauration monarchique et la signature d’un peuple réduit au rôle de figurant dans une reconstitution historique.

Pendant ce temps, on nous raconte que l’Iran serait prêt à “revenir en arrière”. Comme si l’histoire était une marche arrière de voiture allemande haut de gamme, et non un engrenage violent, irréversible, où les sociétés se transforment même quand les nostalgies refusent de l’admettre. Mauvaise nouvelle pour les restaurateurs de couronnes : les peuples ne changent pas d’époque sur simple injonction dynastique.

Et pourtant, certains récits persistent, obstinés comme une légende administrative : l’Iran serait un bloc figé, une dictature monolithique, une société entièrement capturée par un islam politique sans fissure, sans contradiction, sans intérieur. Vision confortable. Trop confortable.

Car dans cette fresque simplifiée, tout devient lisible : un régime d’un côté, un peuple uniformément oppressé de l’autre, et au milieu, une Occidentale morale en panne de courage. Voilà donc le monde parfait du commentaire géopolitique : des cases nettes, des ennemis identifiés, et surtout aucune complexité susceptible de gâcher la narration.

On nous explique même que l’Occident serait “mou”, coupable de ne pas assez haïr ou pas assez soutenir, selon les besoins rhétoriques du moment. Trop critique envers certains, trop conciliant envers d’autres, jamais au bon endroit, jamais au bon degré d’indignation. L’Occident, dans cette logique, est un personnage commode : toujours fautif, jamais cohérent, idéal pour remplir les blancs d’un raisonnement déjà écrit.

Mais le plus fascinant reste cette idée d’un “combat contre l’islam” en Iran, comme si une société entière se résumait à une guerre théologique univoque. Comme si les protestations sociales, les fractures générationnelles, les conflits de classe et les tensions politiques pouvaient être réduits à une équation unique, simple, presque confortable : civilisation contre religion, modernité contre obscurantisme. Une vieille dramaturgie, efficace, mais historiquement paresseuse.

Oui, il y a des contestations. Mais non, cela ne compose pas un récit propre, linéaire, exportable en slogans. L’Iran réel n’a pas signé le contrat narratif qu’on tente de lui imposer.

Et puis surgit la grande trouvaille : la “servitude volontaire”, version remixée pour tribune internationale. Comme si quatre citations de La Boétie suffisaient à expliquer la mécanique d’un État contemporain, ses réseaux de pouvoir, ses compromis sociaux, ses zones grises, ses dépendances économiques et ses contradictions internes. L’histoire, ici, devient un décor de théâtre classique plaqué sur une scène bien trop moderne pour lui.

Quant à la société iranienne, elle serait “connivente”, “corrompue”, “résignée” — adjectifs parfaits, surtout parce qu’ils dispensent de comprendre. Ils permettent ce luxe rare : juger sans analyser, condamner sans décrire, conclure sans enquêter.

Et dans ce récit, chaque événement devient preuve de tout ce qu’il fallait déjà croire. Une protestation ? Preuve de l’effondrement imminent. Une stabilisation ? Preuve de la manipulation. Une ouverture ? Preuve de duplicité. Une fermeture ? Preuve de tyrannie absolue. C’est une machine parfaite : elle ne peut jamais avoir tort, puisqu’elle a toujours raison, quelle que soit la réalité.

Pendant ce temps, Reza Pahlavi flotte au-dessus du paysage comme une solution préfabriquée, un passé reconditionné en futur possible, prêt à être livré en cas de panne politique. Il ne manque que le mode d’emploi : “installer la monarchie en trois étapes simples”.

Mais voilà : les sociétés ne sont pas des scénarios de substitution. Et les peuples ne sont pas des variables d’ajustement pour nostalgies diplomatiques.

L’Iran contemporain n’a pas besoin d’être sauvé par des récits trop propres pour être honnêtes. Il a besoin d’être compris dans ses contradictions, ses tensions, ses mutations internes même si cela rend le commentaire moins spectaculaire, moins définitif, moins confortable pour ceux qui aiment les histoires où tout est déjà écrit.

Le réel, lui, persiste dans une insolence tranquille : il refuse obstinément d’entrer dans les catégories qu’on lui assigne.

Et c’est sans doute pour cela qu’il est si mal compris et si rarement supporté.

A.T


 

CRINK : quand l'Occident découvre enfin ce que signifie la concurrence:

Panique dans les beaux quartiers de l'Empire.

Les éditorialistes de garde ont trouvé leur nouveau croque-mitaine : le « CRINK ». Chine, Russie, Iran, Corée du Nord. Rien que le nom sonne comme une marque de pesticide ou une maladie tropicale. C'est parfait : avant même de réfléchir, le lecteur doit déjà ressentir une légère démangeaison géopolitique.

Le scénario est connu. Depuis la chute de l'Union soviétique, l'Occident se considérait comme le propriétaire officiel de la planète. Les États-Unis géraient la sécurité, l'Europe distribuait les certificats de moralité, les marchés financiers écrivaient les commandements, et le reste du monde était prié d'applaudir.

Puis un problème est apparu.

Les autres existent.

Quelle impolitesse.

Voilà que des puissances refusent désormais d'occuper éternellement le rôle de figurants dans un film écrit à Washington. Et cette simple idée déclenche chez certains chroniqueurs la même angoisse qu'un aristocrate de 1788 découvrant que les domestiques savent lire.

Le plus drôle est cette manière de présenter l'ordre occidental comme un phénomène naturel. Une sorte de climat géopolitique. Une évidence. Une gravité terrestre.

L'hégémonie américaine ? La stabilité.

Les sanctions économiques ? La défense des valeurs.

Les guerres préventives ? La sécurité collective.

Les coups d'État soutenus à l'étranger ? La promotion de la démocratie.

Les bases militaires sur plusieurs continents ? La paix.

Mais que la Chine finance ses partenaires, que la Russie cherche des alliés ou que l'Iran défende ses intérêts régionaux, et soudain les éditorialistes voient surgir les quatre cavaliers de l'Apocalypse chevauchant des missiles nucléaires.

La règle est simple : quand l'Occident avance ses pions, c'est l'ordre mondial ; quand les autres bougent les leurs, c'est le chaos.

Une merveille de cohérence.

On nous explique que Pékin soutient une « économie de guerre ».

Émouvant.

Les mêmes pays qui consacrent des centaines de milliards aux dépenses militaires, exportent des armes aux quatre coins du globe et transforment chaque conflit en salon professionnel pour industriels de la défense découvrent soudain les vertus du pacifisme.

Les marchands de canons organisent désormais des conférences sur les dangers du bruit.

L'ironie atteint même des sommets himalayens lorsqu'il est question de libre-échange.

Pendant quarante ans, l'Occident a expliqué à la planète entière que la concurrence était une loi sacrée.

Puis la Chine est devenue compétitive.

Et là, miracle.

Les apôtres du marché libre ont commencé à dresser des barrières douanières avec l'énergie de castors sous amphétamines.

Les champions du libéralisme réclament désormais des protections.

Les défenseurs de la mondialisation découvrent les vertus du patriotisme économique.

Les prêtres du libre-échange deviennent soudain douaniers. On dirait un végétarien surpris en train de dévorer un sanglier. Le véritable sujet n'est pourtant ni la Russie, ni l'Iran, ni la Corée du Nord, ni même la Chine.

Le sujet est la panique existentielle d'une élite qui confond depuis longtemps ses intérêts avec ceux de l'humanité entière.

Depuis des décennies, les puissances occidentales parlent de « communauté internationale » comme Louis XIV parlait de l'État.

Avec le même sous-entendu.

« La communauté internationale, c'est nous. »

Le reste du monde est toléré à condition de voter correctement. Or voici qu'une partie croissante de la planète refuse de jouer ce rôle décoratif.

Là réside la véritable source d'angoisse. Car ce qui vacille aujourd'hui n'est pas l'ordre mondial. C'est le monopole occidental sur la définition de cet ordre.

Les éditorialistes peuvent bien invoquer les périls, les menaces, les axes du mal recyclés et les acronymes anxiogènes.

Derrière la fumée des grands discours, on distingue surtout une vieille puissance qui regarde le miroir de l'Histoire et découvre une vérité désagréable.

Le monde n'est plus son domaine privé.

Et il n'existe rien de plus insupportable pour un hégémon que de devoir vivre sous les règles qu'il imposait aux autres.

Voilà le scandale.

Voilà la tragédie.

Voilà le véritable « danger pour la stabilité internationale ».

Les maîtres du jeu découvrent enfin ce que signifie avoir des adversaires.

A.T

À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
«
Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

https://kadertahri.blogspot.com/

 

Indignation en kit sioniste, humanisme et compassion sélectif !

« Pendant que certains peuples meurent dans le silence, d’autres deviennent soudainement des causes “nobles” à défendre. Cette tribune décortique l’indignation sélective des intellectuels français et dénonce l’humanisme à sens unique qui masque des postures politiques et idéologiques plus que la compassion réelle. Du Soudan à Gaza, de la Libye à l’Ukraine, il est temps de rappeler que les morts méritent tous la même dignité, et que la morale ne doit pas être à géométrie variable. »

Quelle semaine formidable pour la conscience universelle.
Après mûre réflexion et sans doute un rapide coup d’œil au calendrier géopolitique — une poignée d’« intellectuels français » a décidé qu’il était temps, enfin, de s’indigner. Pas trop tôt, mais juste à temps.

Car voyez-vous, des massacres, il y en a beaucoup. Mais tous ne se valent pas. Certains sont bruyants, médiatisables, idéologiquement rentables. D’autres sont encombrants, gênants, embarrassants. Il faut savoir trier. L’humanisme, comme tout produit de luxe, ne se distribue pas à la chaîne.

Breaking news : des morts viennent d’être découverts

L’Iran, nous apprend-on, serait le théâtre du « plus sanglant des massacres », d’une « ampleur inédite et inouïe ».
Inouïe ? Vraiment ?
À Gaza, des enfants meurent sous les bombes depuis des mois  mais manifestement, ce n’était pas assez inouï.
Au Soudan, des populations entières sont massacrées mais sans doute trop loin, trop pauvres, trop noires, trop peu stratégiques.
En Libye, on a détruit un État entier au nom des droits humains  mais ça, c’était hier, et surtout « pour de bonnes raisons ».

Il faut croire que certains cadavres ont une meilleure couverture médiatique que d’autres. Une question d’angle, de lumière, de narration.

L’universalisme… mais pas pour tout le monde

Les signataires se proclament héritiers des Lumières. Admirable.
Mais apparemment, ces Lumières ont un interrupteur : on / off.

  • On, quand les victimes sont politiquement exploitables.
  • Off, quand elles dérangent un allié, un récit ou une bonne conscience occidentale.

L’universalisme devient ainsi une option facultative, comme les sièges chauffants : très agréable, mais pas indispensable.

L’ingérence militaire : le fantasme éternel du sauveur

Et bien sûr, arrive l’argument-massue, celui qu’on sort quand on n’a plus d’idées mais beaucoup de certitudes :  « militairement s’il le faut ».

Ah, l’intervention militaire humanitaire…
Ce grand classique. Ce tube intergénérationnel.

Irak : échec.
Afghanistan : échec.
Libye : désastre absolu.
Mais rassurez-vous : cette fois, promis, ça marchera.

Pourquoi ?
Parce que ce sont les mêmes qui se trompent depuis trente ans, mais avec encore plus de certitude morale. L’histoire, ici, n’est pas une leçon : c’est une nuisance.

Laïcité, tolérance… et caricature civilisationnelle

Le texte prétend défendre la tolérance tout en recyclant un lexique digne d’un manuel colonial du XIXᵉ siècle. Barbares. Obscurantisme. Autre âge. Religion-alibi.

La République islamique est critiquable évidemment.
Mais ici, ce n’est pas un régime qui est attaqué, c’est un imaginaire, une culture, une civilisation entière, réduite à un décor de barbarie. Curieuse conception de la tolérance.
Étonnante manière de défendre la laïcité en essentialisant une religion.

La mémoire historique façon buffet

On nous ressort Sartre et Foucault, soigneusement choisis comme coupables idéaux. Très pratique : ils sont morts, donc ils ne répondent pas.

Mais étrangement : aucune mention des guerres soutenues par l’Occident, aucune autocritique sur les ventes d’armes, aucun mot sur les dictatures « amies ». La mémoire fonctionne ici comme un projecteur : elle éclaire ce qui arrange et plonge le reste dans le noir.

Le summum : le “délit de non-assistance à peuple en danger”

Moment d’anthologie. Nous voilà sommés de culpabilité morale : si nous n’intervenons pas, nous serions complices.

Votre accusation ultime  le « délit de non-assistance à peuple en danger » est un chef-d’œuvre de posture morale. Aujourd’hui, bravo : votre indignation est enfin confortable, visible, et médiatiquement rentable.

Ne changez rien. Continuez à hiérarchiser les morts avec gravité, à brandir l’humanisme comme un étendard et à appeler à la guerre au nom de la paix. Grâce à vous, nous comprenons que certaines indignations ne parlent pas des victimes, mais de ceux qui les brandissent.

Question simple : où était cette même indignation quand des peuples entiers criaient déjà sous les bombes occidentales ou alliées ?
Où était cette même urgence morale ?

Sans doute coincée dans les embouteillages de la realpolitik

Conclusion : quand la morale devient un décor :

Ce texte n’est pas un appel humaniste.
C’est un spectacle sioniste, une indignation mise en scène, calibrée, idéologiquement rentable. Il ne s’agit pas de sauver des peuples.
Il s’agit de désigner les bons tyrans et les mauvais, les victimes dignes et les victimes négligeables, les morts qui méritent un communiqué et ceux qui doivent rester silencieux.

L’humanisme qui choisit ses causes, qui ferme les yeux sur certains crimes et réclame la guerre pour d’autres, n’est plus un humanisme.
C’est une posture morale en libre-service.

Et à force de s’indigner à sens unique, ces consciences autoproclamées ne révèlent qu’une chose : non pas leur courage, mais leur hypocrisie.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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L’Iran : la machine répressive du mensonge occidental encore une fois !

 

Quand les “experts” recyclent la guerre comme solution morale. Il faut être soit d’une naïveté abyssale, soit d’une malhonnêteté assumée pour ne pas reconnaître le mécanisme à l’œuvre. Ce qui se déploie aujourd’hui autour de l’Iran n’est pas une analyse, ni une alerte humanitaire, ni une réflexion stratégique. C’est un copier-coller idéologique, usé jusqu’à la corde, dont chaque étape est connue à l’avance.

Le régime iranien est autoritaire ? Oui. Répressif ? Oui. Brutal ? Oui. Et après ?
C’est précisément là que commence la manipulation.

La morale comme prétexte, la guerre comme objectif : La violence du régime iranien n’est pas décrite pour être combattue politiquement. Elle est exhibée pour désactiver toute pensée critique. Une fois l’horreur posée, toute question devient suspecte, toute prudence est assimilée à une complicité, toute mémoire historique à une trahison. Ce n’est plus une analyse : c’est une intimidation morale.

La contestation confisquée, encore

Les mobilisations en Iran sont réelles. Leur colère est légitime. Mais croire ou feindre de croire, qu’elles échapperont aux ingérences étrangères relève du mensonge pur. On nous a déjà servi cette fable en Syrie : la rue, puis les financements, les armes, les “alliés”, les proxies, la guerre par procuration. Le résultat est connu : un pays détruit, une population broyée, et les mêmes “experts” qui regardent ailleurs. L’Iran ne ferait pas exception. Il serait pire.

Les chiffres bidons, carburant idéologique

« 80 % des Iraniens détestent le régime ».
Qui a mesuré ? Comment ? Où ? Quand ? Personne ne le sait. Personne ne le peut. Mais le chiffre circule, sanctifié, repris en boucle. Il ne sert pas à comprendre une société, mais à fabriquer une permission morale. Hier, on avait les armes de destruction massive.
Aujourd’hui, on a des pourcentages fantômes.

Reza Pahlavi : l’aveu colonial

Quand on prétend libérer un peuple en lui imposant le fils d’un dictateur honni, tout est dit. Les jeunes Iraniens ignorent ce nom. Les anciens s’en souviennent très bien : torture, police politique, dépendance au « Grand Satan ». Son seul véritable soutien se trouve hors d’Iran, dans les studios occidentaux et les cercles néoconservateurs. Ce n’est pas un projet démocratique. C’est un réflexe impérial.

Démocratie à sens unique

Netanyahou est massivement rejeté par la population israélienne. Corruption, autoritarisme, violence d’État, mépris du droit international. Pourtant, personne ne parle de « régime à abattre ». La démocratie n’est invoquée que contre les ennemis. Jamais contre les alliés. Ce n’est pas un oubli. C’est une règle.

Quand le droit devient facultatif

Dire que « l’ordre international n’a plus de sens » face à un régime jugé immoral, c’est admettre que la loi n’existe que pour les faibles. C’est consacrer la loi du plus fort. C’est justifier toutes les guerres à venir. Ce discours ne combat pas la barbarie.
Il en est la théorisation moderne.

le scénario que nous connaissons déjà

Nous avons pris connaissance déjà tout ça. Ils répètent le même scénario en boucle
avec tous les détails. La formule ne change jamais.

« Oh non, le peuple du pays ciblé est opprimé ! Il a besoin de liberté et de démocratie ! »

« Tiens, je suis sûr qu’on pourrait utiliser notre puissante armée pour les aider à obtenir la liberté et la démocratie ! Ce serait formidable, non ? »

 « Oh non, maintenant le régime maléfique commet des atrocités ! Vous savez que c’est vrai parce que c’est dans les médias, et les médias n’ont pas le droit de mentir ! Nous devons faire quelque chose ! Nous ne pouvons pas rester les bras croisés ! »

Et après ?  Après, ce sont toujours les mêmes ruines. Et toujours les mêmes experts pour expliquer que personne ne pouvait prévoir.

Refuser la guerre n’est pas de la naïveté, c’est de la mémoire

Il faut être clair : refuser une intervention contre l’Iran, ce n’est pas défendre les mollahs. C’est refuser d’être les figurants consentants d’un scénario déjà écrit, déjà joué, déjà catastrophique.

Depuis cinquante ans, l’Occident applique la même recette : indignation morale, diabolisation, promesse de transition, chaos, ruines, puis oubli.

Ce n’est pas de la lucidité.
C’est une pathologie politique.

La vraie irresponsabilité n’est pas de douter.
La vraie irresponsabilité consiste à persister, contre toute évidence, à croire que bombarder, sanctionner, renverser de l’extérieur produira enfin, miraculeusement,
a démocratie

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Aux Medias Occidentaux : L’Iran n’est pas votre preuve, il est votre contradiction !

Vous prétendez regarder l’Iran pour rappeler à l’Europe ce qu’elle aurait oublié : le prix de la séparation de Dieu et de l’État. En réalité, vous ne regardez ni l’Iran ni l’Europe. Vous construisez un récit. Et ce récit n’est pas un diagnostic : c’est une mise en scène anxieuse où les faits servent de décor à une conclusion écrite d’avance.

L’Iran, sous votre plume, devient un symbole commode : celui d’un islam qui, dès qu’il se confondrait avec le pouvoir, révélerait sa nature véritable — totalitaire, juridique, englobante. À partir de là, l’Europe serait sommée de comprendre que ce qui menace là-bas est déjà en gestation ici, par le nombre, par l’immigration, par la démographie. Tout est lié. Tout est écrit. Il n’y aurait qu’à ouvrir les yeux.

Sauf que ce récit ne résiste ni à l’analyse politique, ni aux faits.

Vous romantisez une révolte qui n’a pas eu lieu. Vous parlez d’une jeunesse iranienne affrontant “à mains nues” un régime vacillant. Vous suggérez un basculement, un moment historique, presque un seuil civilisationnel. Or les émeutes iraniennes récentes se sont éteintes rapidement, sans fracture institutionnelle, sans ralliement des élites, sans effondrement du pouvoir. Le régime iranien n’a pas vacillé. Il a démontré, une fois encore, sa stabilité.

Les réseaux de contestation ont été neutralisés, notamment par l’interruption quasi totale des communications satellitaires Starlink, pourtant présentées comme l’arme technologique décisive de l’opposition. Grâce à des équipements russes et chinois, l’État iranien a rendu ces dispositifs inutilisables. Le contrôle a été rétabli. Les manifestations se sont dissoutes. Des marches pro-gouvernementales massives ont occupé l’espace public. Aucun fonctionnaire n’a changé de camp.

Ce n’est pas un soulèvement. C’est un rapport de force classique et perdu.

Votre premier problème est là : vous bâtissez tout votre raisonnement sur un événement que vous surestimez, parce que vous avez besoin qu’il existe.

Vous ne décrivez pas l’islam, vous le figez

Vous affirmez que l’islam, dans sa “cohérence doctrinale classique”, ne sépare pas le spirituel du politique. Cette phrase est le cœur de votre texte — et son erreur fondamentale.

Car aucune religion ne se résume à sa “cohérence doctrinale”. Les religions sont des pratiques sociales, historiquement situées, traversées de conflits, de ruptures, d’hérésies, de sécularisations partielles. Vous savez cela pour le christianisme. Vous refusez de l’admettre pour l’islam.

Vous transformez une tradition plurielle en un bloc normatif intemporel, comme si quatorze siècles d’histoire, de compromis, de modernisation, d’évolutions contradictoires n’avaient jamais existé. Ce faisant, vous adoptez exactement la méthode des fondamentalistes : vous sacralisez le texte, vous absolutisez la norme, vous niez le réel.

Votre islam n’est pas celui des sociétés. C’est un islam théorique, figé, utile à votre démonstration.

La peur du nombre : votre vrai moteur

Le moment de vérité de votre texte arrive avec l’argument démographique. Là, la laïcité disparaît. Là commence le soupçon.

Vous affirmez que tant que les musulmans sont minoritaires, ils s’adaptent  parfois sincèrement, parfois stratégiquement. Vous insinuez donc que leur adhésion à la loi démocratique serait conditionnelle, provisoire, intéressée. Vous ne jugez plus des comportements, mais des intentions supposées, déduites du nombre. C’est un renversement grave : la citoyenneté devient révocable par projection démographique.

Aucune démocratie ne peut survivre à ce type de raisonnement. Non parce qu’il serait “choquant”, mais parce qu’il détruit le principe même sur lequel repose l’État de droit : les individus sont jugés sur leurs actes, pas sur ce qu’ils pourraient devenir collectivement.

Vous videz la distinction islam / islamisme pour éviter la politique

Vous attaquez la distinction entre islam et islamisme parce qu’elle vous empêche de conclure. Or cette distinction n’est pas une commodité morale : c’est une nécessité analytique.

L’islamisme est une idéologie politique moderne, née de contextes précis — colonisation, effondrement des empires, autoritarisme, guerres, humiliations géopolitiques. En niant cela, vous transformez un phénomène historique en fatalité religieuse.

C’est confortable : si tout est écrit dans la doctrine, alors il n’y a plus rien à expliquer.
Mais c’est faux et dangereux..

L’Iran n’est pas votre preuve — il est votre contradiction :

L’Iran réel ne montre pas un islam en train de devenir une simple foi privée. Il montre qu’un État théocratique peut être solide, soutenu, technologiquement compétent, et capable de durer. Il montre aussi que la contestation ne se transforme pas mécaniquement en sécularisation.

Votre erreur est donc totale : vous idéalisez une révolte qui a échoué, vous essentialisez une religion que vous refusez d’historiciser, vous remplacez l’analyse politique par un récit civilisationnel. On ne défend pas la démocratie en tordant les faits. On ne défend pas la laïcité en désignant des suspects collectifs et on ne comprend pas le monde en le forçant à confirmer ses peurs.

Si l’Europe a un devoir aujourd’hui, ce n’est pas de se regarder comme une civilisation assiégée, mais de rester fidèle à ce qui fait sa force réelle : le droit, appliqué à tous, sans fantasme, sans prophétie, sans alibi étranger.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Iran : une révolte populaire confisquée par la guerre idéologique des Occidentaux:

 

La révolte du peuple iranien contre le régime des mollahs mérite mieux que les tribunes hypocrites qui prétendent la défendre tout en la détournant. Car ce qui se joue aujourd’hui dans certains médias occidentaux n’est pas un débat honnête sur la solidarité internationale, mais une opération de récupération politique : utiliser une lutte réelle, sanglante, courageuse, pour régler des comptes idéologiques en Europe.

Sous couvert de dénoncer un prétendu « silence de la gauche », ces discours fabriquent une fiction commode : celle d’une gauche occidentale lâche, aveugle, prisonnière de ses obsessions, incapable de soutenir les Iraniens sans arrière-pensée. Cette fiction est fausse. Et surtout, elle est dangereuse.

Un silence qui n’a jamais existé :

Il n’y a jamais eu de silence sur la révolte iranienne.
Depuis 2022, les mobilisations « Femme, Vie, Liberté » ont été largement relayées, commentées, soutenues. Des manifestations ont eu lieu, des sanctions ont été prises, des collectifs militants se sont mobilisés.

Ce que certains appellent « silence », c’est en réalité le refus de l’alignement.
Refus d’utiliser la révolte iranienne pour légitimer l’ordre géopolitique occidental.
Refus de transformer une lutte populaire en argument de propagande civilisationnelle.

Ce refus-là est intolérable pour ceux qui veulent un monde simple, divisé en camps, où toute critique doit servir un agenda.

Une gauche fantôme pour les besoins de l’accusation :

Pour que le procès tienne, il faut inventer un coupable collectif : « la gauche occidentale ». Un bloc imaginaire, homogène, caricatural. Une gauche réduite à quelques slogans, accusée de fermer les yeux sur les crimes des mollahs par obsession anti-américaine ou anti-israélienne.

La réalité est toute autre.
De nombreuses forces militantes soutiennent la révolte iranienne tout en refusant sa récupération. Elles refusent de choisir entre théocratie et impérialisme. Elles ne refusent que la liberté des femmes iraniennes serve à blanchir d’autres crimes ailleurs.

Ce n’est pas de l’aveuglement.
C’est une position politique cohérente.

Israël, la Palestine et le chantage moral

Là où le texte dévoile son vrai visage, c’est lorsqu’il suggère que soutenir la révolte iranienne deviendrait problématique parce que la chute du régime pourrait affaiblir les ennemis d’Israël.

Ce raisonnement est indécent.
Ce que beaucoup refusent, ce n’est pas la critique du régime iranien — elle est évidente — mais l’instrumentalisation de cette critique pour relativiser les crimes de l’État israélien et délégitimer toute solidarité avec le peuple palestinien.

On ne choisit pas quelles vies méritent d’être défendues.
On ne hiérarchise pas les luttes.
On refuse les chantages.

Le Hamas comme arme de disqualification

Comme souvent, le Hamas est convoqué pour clore le débat. Il ne sert pas à comprendre, mais à disqualifier. Toute tentative d’analyse est assimilée à une apologie, toute nuance à une complicité.

Cette logique est autoritaire.
Elle interdit de penser. Elle impose un alignement moral sous peine d’excommunication.

L’anti-américanisme n’est pas une maladie

Autre accusation récurrente : l’anti-américanisme serait un réflexe idéologique empêchant toute lucidité. C’est oublier un peu vite l’histoire.

L’Iran a connu le coup d’État de 1953.
Le monde a connu l’Irak, l’Afghanistan, la Libye.

Refuser que les luttes populaires servent de prétexte à de nouvelles ingérences n’est pas un dogme. C’est une leçon apprise dans le sang.

Le vrai cœur du discours : l’islam comme ennemi

Derrière la défense affichée des Iraniens se cache une thèse plus profonde : l’islam serait une civilisation intrinsèquement oppressive, incompatible avec la liberté. La révolte iranienne devient alors une preuve à charge contre une religion, une culture, des populations entières.

C’est une falsification.
La révolte iranienne n’est pas une guerre contre l’islam. Elle est portée par des croyants, des non-croyants, des féministes musulmanes, des laïques, des athées. Elle vise un régime, pas une civilisation.

Transformer cette lutte en argument islamophobe est une trahison pure et simple.

La fausse posture de la censure

Enfin vient la plainte finale : la pensée serait empêchée, la critique bâillonnée, le milieu oppressif.
C’est une posture bien rodée. Des discours omniprésents, invités sur les plateaux, publiés sans entrave, se présentent comme persécutés.

Cette victimisation est une imposture.

Conclusion : le passé qu’on tente de nous vendre comme avenir

Je vois, sur plusieurs chaînes de télévision, les appels de Reza Pahlavi, fils aîné de feu le shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi.
Il est sans doute utile de rappeler — ce que ne font pas les chaînes télé qui relaient très complaisamment ses appels — que son père s’est imposé au pouvoir en 1953 grâce à un coup d’État.

Le Premier ministre légitime, le Dr Mossadegh, coupable d’avoir nationalisé l’Anglo-Iranian Oil Company, fut renversé, jugé, puis assigné à résidence jusqu’à sa mort en 1965.

Le régime du Shah s’est appuyé sur la SAVAK, police politique organisée par la CIA : censure, arrestations, tortures, exécutions. La peur régnait, y compris parmi les étudiants iraniens à l’étranger. Les crimes de la SAVAK ont été dénoncés internationalement, y compris aux États-Unis.

C’est la révolution islamiste de 1979 qui a mis fin à ce régime.
Son fils, Reza Pahlavi, n’a jamais reconnu le caractère dictatorial ni la corruption du pouvoir de son père. Héritier de sa fortune, exilé aux États-Unis, il affirme être guidé par une « mission divine ».

C’est cet homme que certains médias européens tentent aujourd’hui de présenter comme une alternative crédible, en profitant d’une révolte qui ne lui doit rien.

Beaucoup d’opposants au régime des mollahs ne veulent ni des mollahs, ni du retour du fils du Shah. Le peuple iranien n’a pas renversé une dictature pour qu’on décide à sa place de son avenir.

La solidarité réelle commence ici :
soutenir la révolte iranienne sans la confisquer,
sans la vendre aux puissances,
sans ressusciter les fantômes du passé.

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                           « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

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