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Le Makhzen en charge : autopsie d’un pamphlet anti-algérien

Sous couvert d’analyse sportive et géopolitique, un texte violemment hostile à l’Algérie a récemment circulé, franchissant toutes les lignes rouges : amalgames, mensonges, pathologisation d’un peuple entier. Cette tribune démonte méthodiquement un discours de haine qui ne dit rien de l’Algérie, mais beaucoup de ceux qui l’emploient.

Il y a des textes qui ne méritent pas le débat mais la mise à nu. Celui qui circule actuellement à propos de l’élimination de l’équipe d’Algérie à la CAN n’est ni une analyse sportive, ni une réflexion politique, ni même une opinion argumentée. C’est un pamphlet de ressentiment, un déferlement de mépris, un exercice de déshumanisation collective qui utilise le football comme alibi.

Derrière une indignation feinte se cache une réalité beaucoup plus simple : la haine a remplacé la pensée.

Des mensonges répétés ne deviennent pas des faits

Le texte empile des accusations graves sans jamais s’embarrasser de preuves : violences généralisées, complots internationaux, sanctions américaines ciblées, chaos diplomatique permanent. Tout y passe, sans source, sans rigueur, sans vérification.
Ce procédé est connu : répéter une contre-vérité jusqu’à lui donner l’apparence du réel.

En réalité, ce texte ne décrit pas des faits, il fabrique un récit. Un récit où l’Algérie est coupable par essence, où chaque incident devient une confirmation, et où toute contradiction est balayée comme faisant partie du “complot”.

Ce n’est pas de l’analyse. C’est de la propagande émotionnelle.

L’amalgame comme méthode, l’insulte comme conclusion

À aucun moment l’auteur ne distingue : des supporters de tout un peuple, des journalistes de millions de citoyens, des plateaux télévisés d’un État, des émotions sportives d’une trajectoire historique. Tout est volontairement confondu. Pourquoi ?
Parce que l’amalgame est indispensable à la stigmatisation. Sans lui, le discours s’effondre.

Ce n’est plus “certains supporters”, mais “les Algériens”.
Ce n’est plus “des débordements”, mais une “nature”.
Ce n’est plus un problème ponctuel, mais une “tare”.

On ne critique plus : on condamne collectivement.

La pathologisation d’un peuple : un seuil moral franchi

Le moment le plus abject du texte est atteint lorsque l’auteur évoque la psychiatrie, la schizophrénie collective, l’asile pour un peuple entier.
Qu’on ne s’y trompe pas : ce vocabulaire n’est jamais innocent. Historiquement, il a toujours servi à retirer leur humanité à des groupes entiers, à les présenter comme irrationnels, dangereux, incurables.

C’est exactement le même mécanisme que l’on retrouve dans les pires pages de l’histoire politique moderne, simplement recyclé avec un vernis pseudo-géopolitique.

À partir de cet instant, toute prétention à la rationalité s’effondre.

Le football n’est pas un tribunal civilisationnel

Les violences de supporters existent sur tous les continents.
Les débordements existent dans les stades anglais, italiens, français, argentins, brésiliens.
Les nationalismes sportifs existent partout.

Mais seuls certains peuples sont sommés de s’expliquer comme s’ils étaient anthropologiquement défaillants.

Ce deux-poids-deux-mesures trahit moins un souci d’ordre public qu’un regard hiérarchisant, où certains pays auraient droit à l’excuse de la complexité, et d’autres seraient condamnés à la caricature.

La réputation du tempérament des Algériens était reconnue à travers le monde. Ils sont conscients que nous ne tolérons ni la fraude, ni l’irrespect. Ils ont exploité le stress, la colère et le langage corporel pour nous inciter à encaisser des cartons (jaunes, heureusement pas rouges !) et ils ont gagné la partie comme anticipé grâce au soutien de leur arbitre. C’est ce qu’on appelle de la truanderie dans le monde du sport. J’aurais parié sur la défaite de ma propre équipe, mais malheureusement même si elle affronte les meilleurs teams du monde, je choisirais l’Algérie en vainqueur!

Informez-vous sur le mode de vie de tous les arbitres africains impliqués dans des rencontres truquées suite à une compromission. Ils mènent une vie de princes malgré des retraites très modestes.

La presse du Makhzen ne parle pas de l’Algérie, il parle de ses obsessions

En réalité, l’Algérie n’est ici qu’un écran de projection. Cette presse texte parle : d’une obsession politique, d’un ressentiment régional, d’une incapacité à penser le voisin autrement que comme un ennemi, d’un besoin compulsif de disqualification morale.

Il ne cherche pas à comprendre, il cherche à humilier.
Il ne vise pas la vérité, mais la confirmation d’un préjugé.

La vraie faillite est intellectuelle

On peut critiquer un État. On peut critiquer des dirigeants.
On peut critiquer des médias. On peut même critiquer une culture politique.

Mais quand on commence à parler d’un peuple comme d’un corps malade, on a déjà perdu le débat.

Cette presse n’est pas courageuse. Elle est lâche, n’est pas lucide elle est caricaturale.
Elle n’est pas rationnelle. Elle est pulsionnelle.

Conclusion

L’Algérie n’a pas besoin de leçons de dignité de la part de ceux qui confondent colère et intelligence, critique et haine, analyse et injure.
Les peuples ne sont pas des maladies. Les nations ne sont pas des pathologies. Et le football n’est pas une excuse pour recycler les discours les plus méprisants.

Ceux qui prétendent incarner la raison feraient bien de commencer par se regarder dans le miroir de leurs propres excès.

Voilà exactement ce qui arrive lorsqu’on confie un événement sportif continental à un Etat voyou. La Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc restera dans l’histoire non pas pour le talent des joueurs ou la ferveur populaire, mais comme l’une des plus grandes impostures du football moderne, disait un journaliste algérien.

Dès le premier coup de sifflet, la messe était dite. Arbitrages scandaleux, décisions grossièrement orientées, fautes ignorées, buts refusés sans justification, pression manifeste sur les officiels. Cette CAN n’est pas une compétition, c’est une mise en scène. Une mascarade où la tricherie, la manipulation et la corruption  à la fois matérielle et morale s’étalent sans la moindre retenue, sous les yeux d’un public médusé."

A/Kader Tahri   chroniqueur engagé et observateur inquiet                                                                                                   « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme

https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le polémiste Éric Zemmour dans son Art d’Injurier son Propre Miroir

Zemmour ne combat pas l’immigration : il combat son reflet. Son obsession identitaire n’est pas un programme politique, mais une fuite permanente hors de lui-même. La France réelle, diverse et vivante, il la nie pour se réfugier dans une caricature historique où il espère se blanchir symboliquement de ses propres origines. C’est moins du patriotisme que de l’auto-dénégation en direct.

Il y a des gens qui se cherchent. Zemmour, lui, s’est trouvé — et il n’a pas aimé ce qu’il a vu. Voilà pourquoi il passe son temps à se réinventer en gardien de la « vraie » France.

Fils d’immigrés juifs berbères d’Algérie, il est la preuve vivante de la capacité française à accueillir, éduquer, transmettre. Et pourtant, de toute évidence, il vit cette réalité comme une menace. Alors il bâti autour de lui une armure idéologique de chevalier de la « pureté nationale », persuadé que la France s’effondre dès que quelqu’un prononce un prénom qui n’était pas au calendrier en 1820.

Ce n’est pas du patriotisme. C’est du blanchiment symbolique.
Un délire de purification autobiographique.

Car ce qu’il hait chez « les autres », c’est ce qu’il reconnaît trop bien en lui-même. Son discours sur « l’invasion », « le remplacement » et « la décadence » n’est pas un projet : c’est une panique. C’est le tremblement d’un homme qui refuse de ressembler à son propre arbre généalogique.

Zemmour n’aime pas la France : il aime une momie de France. Une France empaillée, version musée départemental, où tout est étiqueté, figé, mort. Une France sans Brassens (trop anarchiste), sans Camus (trop algérien), sans Cioran (trop étranger), sans Montand (trop communiste), Sans Ferrat (trop français) sans Cléo de 5 à 7, sans Raï  et sans Coran dans les taxis, sans couscous dans les cantines — bref, sans tout ce qui fait une France vivante.

Il défend une nation imaginaire, où Louis XIV serait sur BFM et où les villages avec l’Eglise au centre, seraient tous des cartes postales de l’Office du tourisme, La France réelle, elle, fait du bruit, change, vit. Et Zemmour ne supporte pas le vivant.

En vérité, sa croisade identitaire n’est pas la défense d’une culture menacée — mais l’étouffement anxieux de sa propre histoire. Zemmour ne veut pas fermer la porte aux nouveaux venus : il essaie de la claquer sur son passé. Une France qu’il prétend sauver, mais qu’il n’a jamais acceptée telle qu’elle est.

Lors d’un échange virulent avec l’imam de la mosquée des Bleuets à Marseille, Éric Zemmour s’aventure dans le terrain miné de la colonisation : de l’accusation ouverte de « pillage des ressources algériennes » à la mise en cause de la « reconnaissance » due, il révèle – sans l’avouer – ce qui le travaille. Non pas un débat historique, mais une guerre contre lui-même.

 

L’épisode vaut le détour : l’imam marseillais, que Zemmour interpelle sur X comme « Monsieur l’imam », affirme que « l’Algérie n’a pas divorcé de la France, elle s’en est libérée après 132 ans d’occupation, de pillages et de massacres ».  

Réponse immédiate de Zemmour : « Votre commentaire dit beaucoup sur votre ignorance historique et votre esprit de revanche ». La pilule est double : d’un côté, la mise en cause impudente de la violence coloniale et du « vol des ressources » ; de l’autre, un homme qui, né d’immigrés, refuse qu’on lui rappelle que l’histoire qu’il défend n’a rien d’innocent.

Zemmour ne répond pas à l’imam sur les faits : il crie à l’imposture. Mais ce qu’il ne veut pas voir, c’est que son propre héritage familial et culturel est le miroir exact de ce qu’il prétend éradiquer. Autrement dit : la réussite issue de l’immigration le dérange tant qu’il préfère devenir son ennemie.

En brandissant la colonisation comme un quasi acte fondateur de la « dette » occultée de la France, l’imam met en lumière ce que Zemmour veut taire : que l’ordre qu’il prétend restaurer repose sur des ignorances, des concessions, des emprunts, des exils. Que la France qu’il fantasme n’a jamais été pure ; qu’elle doit, depuis toujours, autant à l’étranger qu’à elle-même.

Zemmour s’imagine protecteur de la France « sauvage », mais il tombe dans un réflexe inverse : celui de celui qui, pour se faire aimer, rejette ce qu’il est. Il préfère hurler contre « l’islamisation », « l’immigration », « l’invasion » plutôt que d’admettre que sa librairie est faite aussi d’Apollinaire, de Cioran, de Brassens métissé, de migrants devenus français. Il érige la frontière symbolique, il fabrique l’ennemi intérieur — mais c’est lui qui est à l’intérieur.

Son lit est fait d’archives et de ruines. Il vit la France comme un musée en chiottes, un décor figé. Et quand on lui rappelle que cette « France » d’homogénéité n’a jamais existé, il s’emporte. Il accuse, il détourne, il menace. Il n’a pas l’amour de la France : il a la peur de son propre reflet.

Ainsi, l’affaire de Marseille n’est pas un simple échange polémique entre religieux et polémiste : c’est un moment de vérité. Un homme qui refuse ses origines, qui projette son malaise sur les nouveaux venus, qui intime à la France d’être ce qu’elle ne fut jamais — et qui s’emporte quand on lui oppose les faits.

En somme : Zemmour est l’enfant d’une France ouverte qu’il passe sa vie à vouloir refermer. Il n’y a rien de plus tragique que celui qui veut détruire ce qu’il est devenu — encore moins quand il crie qu’il veut le sauver.

Lorsque Éric Zemmour affirme que « la France n’a pas pillé l’Algérie » parce qu’« on ne pille pas des marécages », il ne décrit pas l’histoire : il la dissout. Il remplace les documents, les archives, les témoignages, par une posture. Ce qu’il combat n’est pas l’Algérie — mais la part d’Algérie qu’il refuse en lui.

« La France n’a pas pillé l’Algérie : on ne pille pas des marécages et des étangs. »
dit Zemmour.

Or, dès 1841, le général Bugeaud — gouverneur général de l’Algérie — écrivait noir sur blanc à ses officiers :

« Il faut ravager les champs, brûler les villages, enlever les troupeaux.
La conquête de l’Algérie sera une guerre d’extermination. »
(Lettre du 15 avril 1841, Archives militaires de Vincennes)

On ne ravage pas des étangs. On détruit des sociétés humaines.

Quand Zemmour rit, Michelet, lui, ne riait pas.
Dans Le Peuple (1846), il décrivait la colonisation comme :

« Une violence froide, administrative, calculée, qui prend et appelle cela civilisation. »

Même la Chambre des Députés le reconnaissait :
la loi du 26 juillet 1873 (dite loi Warnier) avait pour but déclaré de :

« Détruire la propriété collective indigène pour transférer la terre aux colons. »
(Journal Officiel, séance du 14 juin 1873)

On ne réorganise pas juridiquement des étangs. On exproprie des cultivateurs.

Et quand Zemmour dit : « Aujourd’hui l’Algérie nous envahit, c’est un pays ennemi »,
il ne parle pas d’actualité. Il récite presque mot pour mot le gouverneur Tirman, en 1881 :

« Il faut empêcher l’indigène d’être chez lui chez nous. »
(Discours au Sénat, 1881)

Ce qu’il nomme « invasion », c’est en réalité l’ordre ancien qui revient frapper à la porte de la mémoire. Car l’Algérie n’a pas oublié. Et la France officielle non plus.

En 1937, alors que l’on débat de l’accès à la citoyenneté des « sujets algériens », Jules Ferry (père de l’école républicaine) déclarait :

« Nous avons créé en Algérie une société à deux étages. La justice commande de reconnaître l’injustice. »  (Débats parlementaires, Chambre des députés)

Même l’État français reconnaissait la hiérarchie coloniale.
Zemmour, lui, la nie — non par ignorance, mais par nécessité.

Car s’il admet la violence, il doit affronter ce que cette histoire dit de lui.

La loi du 26 juillet 1873, dite Loi Warnier, est explicite : elle vise à abolir les terres collectives pour les transférer aux colons
Elle transforme la propriété en arme.

Comme l’historien Charles-Robert Ageron l’a montré :

« La colonisation fut d’abord une entreprise de spoliation foncière systématique. »³

Ce n’est pas un débat. C’est un fait documenté.

L’autre mensonge implicite dans le récit zemmourien est l’idée qu’avant 1830, l’Algérie aurait été un désert intellectuel. Pourtant, le colonel Eugène Daumas, administrateur français, reconnaissait en 1853 :

« L’instruction primaire était beaucoup plus répandue en Algérie qu’on ne le croit généralement. »⁴

Les grandes villes — Alger, Miliana, Mascara, Oran, Bejaia, Tlemcen, Constantine — disposaient de réseaux de médersa, msid et zaouïa où l’on apprenait lecture, écriture et jurisprudence religieuse. Le notable algérien Hamdane Ben Othman Khodja en témoignait déjà en 1833 :

« La lecture du Coran fait partie de la vie ordinaire de la cité. »⁵

Zemmour dit : « Il n’y avait rien. »
Les archives disent : Il y avait des écoles.

Son discours n’est pas une analyse. C’est un rideau. Un rideau pour ne pas voir Bugeaud, Saint-Arnaud, les enfumades, les séquestres, les déportations, la famine de 1867, les spoliations cadastrales, les populations déplacées, les terres classées « vacantes » parce que volées.

Un rideau pour ne pas voir que l’histoire coloniale et l’histoire familiale se croisent dans son nom, son visage, son lieu d’origine.

Zemmour n’attaque pas l’Algérie. Il attaque la part algérienne qu’il porte malgré lui. Il ne parle pas de la France. Il parle de ce qu’il voudrait ne plus être. Et c’est cela, précisément, qui rend son discours aussi bruyant. Plus on fuit, plus on hurle.                                                 Ainsi donc, je dois dire bravo aux Français de souche, ayant Vercingétorix comme ancêtre (Zemmour), mais presque tous issus de l'immigration. Dans les médias, notre Zemmour et certains se prennent pour Napoléon, mais ils sont plus nombreux à se croire de souche, de qui, de quoi et depuis quand ?

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

NOTES  

  1. Thomas-Robert Bugeaud, Lettre du 15 avril 1841, Service Historique de la Défense (Vincennes).
  2. Journal Officiel, Débats parlementaires, séance du 14 juin 1873 (Loi Warnier).
  3. Charles-Robert Ageron, Histoire de l’Algérie contemporaine (1830-1871) (Paris : PUF, 1964), 54–63.
  4. Eugène Daumas, Mœurs et coutumes de l’Algérie (Paris : Firmin-Didot, 1853), 212.
  5. Hamdane Ben Othman Khodja, Le Miroir, ou Tableau historique et statistique de la Régence d’Alger (Paris : Béthune et Plon, 1833), 89–92.
  6. Louis Tirman, Discours au Sénat, Compte rendu intégral, 1881.

 

Les nouveaux croisés de l’identité française : la haine comme miroir d’eux-mêmes

Ils s’appellent Zemmour, Knafo, Messiha, Bardella, Ciotti, Jacobelli.
Ils brandissent le drapeau tricolore comme un talisman et promettent de sauver la France de « l’invasion migratoire ». Mais derrière leurs discours sur « l’identité », se cache un paradoxe plus troublant : ce ne sont pas les étrangers qu’ils combattent, mais l’écho d’une étrangeté qu’ils portent eux-mêmes.
Leur croisade contre l’immigration n’est pas un acte d’amour pour la France  c’est un rejet d’eux-mêmes, une guerre intérieure qu’ils projettent sur les autres.

Ils portent des noms que la vieille France aurait jugés « venus d’ailleurs » : Zemmour, Knafo, Messiha, Bardella… Et pourtant, ce sont eux qui se font les plus fervents accusateurs de l’immigration, les plus bruyants défenseurs d’une identité française figée, uniforme, imaginaire.

Cette contradiction n’est pas anodine. Elle dit tout d’une blessure intime : celle de ceux qui ont cru devoir renier leur part d’origine pour être « acceptés ».
Leur haine de l’étranger n’est pas un projet politique — c’est un cri personnel, un refus viscéral de regarder en face la complexité de leur propre héritage.

Ils veulent effacer dans le miroir collectif ce qui, en eux, ne cadre pas avec la légende du « vrai Français ». Et puisque cette trace de l’autre ne peut être supprimée, ils la désignent ailleurs, la condamnent, l’excluent.
L’étranger devient le bouc émissaire d’une identité fissurée.

La haine comme autoportrait

Il faut le dire clairement : ces figures de la droite identitaire ne défendent pas la France, elles se défendent d’elles-mêmes.
Leur obsession de la pureté nationale est une tentative d’expulsion symbolique : expulser de soi ce qui rappelle l’origine, la diversité, le métissage, la fragilité.
Quand Zemmour parle de « grand remplacement », c’est de son propre malaise qu’il parle.
Quand Messiha se drape dans le drapeau pour dénoncer « l’africanisation » de la France, il tente de fuir le souvenir de son propre exil.
Quand Bardella parle de « frontières », il parle d’un mur intérieur.

Le discours xénophobe n’est pas seulement politique : il est psychologique.
C’est une fuite, un effort pour se convaincre qu’on appartient enfin à un monde qui ne vous reconnaîtra jamais totalement.

L’illusion du patriotisme pur

Ces croisés de la pureté française s’imaginent en héros d’une reconquête civilisationnelle.
Mais leur patriotisme n’a rien à voir avec l’amour de la France réelle  celle qui parle plusieurs langues, qui mange couscous et pot-au-feu, qui prie ou ne prie pas.
Ce patriotisme-là est un fantasme défensif : celui d’une France mythifiée, blanche, catholique et éternelle, qui n’a jamais existé que dans les manuels d’une droite nostalgique.

Ils veulent sauver une France inventée, quitte à piétiner la France vivante.
Et dans cette guerre qu’ils mènent contre l’immigration, c’est la République elle-même qu’ils affaiblissent, car la République ne se définit pas par le sang, mais par les droits et l’égalité.

L’ennemi intérieur

Ce qu’ils appellent « identité nationale » n’est plus un projet de rassemblement, mais un outil de division. Ils veulent transformer le débat public en champ de bataille ethnique, faire croire que l’étranger est responsable de tout : du chômage, de l’insécurité, du malaise social.
Mais derrière cette construction, il y a un aveu : leur besoin d’un ennemi pour exister.

Ils ne croient pas vraiment en la France ; ils croient à leur propre ressentiment.
Et ce ressentiment, ils le nourrissent pour masquer le vide de leur projet politique.
Car que restera-t-il une fois l’immigré chassé, une fois la frontière fermée ? Rien  sinon le même angoisse, la même fracture intérieure, le même besoin d’exclure pour se sentir pur.

La vraie France

La vérité, c’est que la France n’a jamais été pure.
Elle est née du brassage, du métissage, des migrations et des échanges.
Elle est faite d’accents et de visages multiples, d’histoires mêlées. Refuser cela, c’est refuser la France telle qu’elle est.

Les Zemmour et les Bardella ne la défendent pas : ils la défigurent.
Ils font de la peur un drapeau, de la haine un programme, du rejet un credo.
Mais leur colère ne dit pas la force d’un peuple : elle révèle la faiblesse d’une identité qui doute d’elle-même.
Car on ne deteste jamais autant que ce qu’on craint de porter encore en soi.

A/Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
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Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...