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La France selon eux : un peuple empaillé, une peur vivante

Quand l’extrême droite ne débat plus, elle délire et appelle cela lucidité.

Ils parlent d’aveu. En réalité, ils confessent avec vision manichéenne et paranoïaque.
Confession d’un imaginaire en ruine, d’une démocratie tolérée tant qu’elle ne change rien, d’un peuple acceptable seulement s’il reste conforme à la photo jaunie qu’ils en ont gardée.

Le « scandale » Mélenchon n’est qu’un prétexte. Une phrase sortie de son contexte, recodée idéologiquement, puis livrée à la meute. La « Nouvelle France » devient aussitôt une France illégitime, étrangère à elle-même, coupable d’exister autrement. Ce n’est pas une analyse politique : c’est un réflexe identitaire de panique.

Tocqueville est invoqué, comme toujours, pour la décoration. Mais sitôt cité, il est trahi. Lui parlait du renouvellement démocratique ; eux n’entendent que remplacement biologique. Là où Tocqueville pensait citoyens, ils ne savent compter que des corps. La démocratie, chez eux, est acceptable à condition d’être immobile.

Le reste est une litanie obsessionnelle. Immigration égale islam. Démographie égale islam. Europe égale islam. Silence de Macron égale complicité. Le mot devient un fourre-tout, une menace abstraite, un bruit de fond anxiogène destiné à dispenser de toute pensée. Aucun chiffre, aucun mécanisme, aucune temporalité : seulement la peur, répétée jusqu’à saturation.

Même Donald Trump, caricaturé en fou dangereux quand il s’agit de l’Amérique, est soudain recyclé en prophète clairvoyant dès qu’il parle d’Europe. L’anti-américanisme s’efface aussitôt qu’il confirme leurs obsessions. La cohérence n’est pas une valeur : seule compte la validation du fantasme.

Quant au « grand remplacement », le masque est tombé. Hier nié, aujourd’hui revendiqué. Ce n’est plus une hypothèse, mais un dogme. Plus besoin de prouver : on affirme. Plus besoin de convaincre : on martèle. Ce n’est plus une thèse politique, c’est un récit de fin du monde, imperméable au réel.

Et puis vient la phrase de trop — celle qui dit tout. Le « parti de l’étranger ». Les « traîtres ». L’« entrisme ». Nous n’y sommes plus dans le débat démocratique, mais dans la désignation morale. L’adversaire n’est plus un citoyen, c’est une menace intérieure. Ce vocabulaire n’a rien d’innocent : il est l’empreinte de toutes les droites autoritaires quand elles sentent que le monde leur échappe.

Ils parlent de chemin de Damas. Mais encore faudrait-il accepter la chute, le renoncement, la remise en question. Or ils ne descendent pas de cheval : ils tournent en rond, persuadés que l’histoire les agresse parce qu’elle continue sans eux.

La France n’est pas en train de disparaître. Elle change, comme elle l’a toujours fait. Ce qui se délite, en revanche, c’est une vision mortifère du politique, incapable d’aimer un peuple réel, vivant, contradictoire.
Alors ils préfèrent un peuple figé. Empaillé. Silencieux. Un peuple mort — mais rassurant.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

Rappeler Gaza à la conscience

Tandis que la guerre de Gaza s’enlise dans la destruction et l’impunité, certains discours prétendument « critiques » d’Israël continuent de centrer toute l’analyse sur les états d’âme de Tel-Aviv et de Washington. Sous couvert de lucidité politique, ils relèguent les Palestiniens au silence, transformant leur agonie en simple décor d’une tragédie israélo-américaine.
Cet article démonte la mécanique rhétorique d’un texte publié sur un site israélien, un condensé de mépris, de cynisme et d’aveuglement et dénonce l’indécence d’une parole publique qui instrumentalise la douleur des uns pour effacer celle des autres.

Un texte qui parle de Gaza sans jamais parler des Gazaouis

« Il n’y a pas de guerre juste quand la compassion est sélective. Quand les morts de l’un deviennent l’excuse pour ignorer les morts de l’autre, il ne reste plus de morale, seulement le vacarme des bombes et le silence des consciences


L’article initial se présente comme une analyse politique sérieuse sur l’accord de Trump et la fin supposée du conflit. En réalité, il ne parle pas de Gaza, mais d’Israël.
Les Palestiniens n’existent que comme décor ou menace : « le Hamas », « la population de Gaza », « les hostilités ». Aucun visage, aucun nom, aucun cri.

Mais même lorsqu’il se veut critique, ce discours ne quitte jamais le centre gravitationnel d’Israël.
Il se regarde parler de lui-même, fasciné par ses propres fractures : Netanyahou contre ses ministres, les “faucons” contre les “modérés”, les “serfs” du pouvoir contre les “lucides” de la société civile. Tout y est question d’Israël, de son âme, de sa survie, de sa morale — jamais des Palestiniens comme peuple à part entière, encore moins comme sujet politique légitime.
Les Gazaouis n’existent qu’à travers la lentille de ce narcissisme national : objets de sécurité, variables de négociation, menaces démographiques ou dommages collatéraux.

Israël inventera un prétexte pour rompre le cessez-le-feu… Israël pense que les Arabes ont suffisamment de territoire.”

cette phrase, apparemment lucide, illustre la contradiction morale du texte : elle reconnaît le projet d’expansion coloniale sans jamais le ressentir comme une injustice humaine.
C’est une lucidité sans compassion — un savoir froid, sans responsabilité.
Le narrateur voit le mal, mais il ne le pleure pas. Il décrit la mécanique du pouvoir israélien avec cynisme, sans jamais regarder les visages qu’elle broie.
Ainsi, même la critique se fait dans le langage du dominant : on dénonce la folie stratégique de Netanyahou, mais non la tragédie humaine de Gaza.
C’est la limite tragique d’une parole qui se veut morale mais qui reste enfermée dans le miroir de sa propre nation : une conscience sans altérité.

La douleur d’un peuple transformée en bouclier moral

Les commentaires publiés sous l’article dévoilent un ressort émotionnel plus profond : la monopolisation de la souffrance.
Les crimes du 7 octobre  supposés réels, atroces, inacceptables  deviennent un capital moral absolu, utilisé pour neutraliser toute critique du massacre de Gaza.

Vous pensez que le Hamas est une bande de combattants de la liberté…”

La phrase résume une logique implacable : qui pleure Gaza est complice du terrorisme.
Dans cette rhétorique, la compassion devient suspecte. L’empathie se transforme en trahison.
Le deuil israélien, légitime et nécessaire, se mue ainsi en arme discursive. On ne le partage plus : on l’impose. Et quiconque rappelle qu’à Gaza aussi, des enfants meurent, est accusé d’insensibilité ou d’hostilité.
C’est le triomphe d’une morale sélective, où l’émotion ne guérit plus, mais tue une seconde fois par effacement.

Quand le cynisme politique remplace la compassion

Les passages sur Trump, Netanyahou et Kushner ajoutent à cette indécence : au milieu du sang et des ruines, le texte disserte sur les rivalités d’influence, sur les manœuvres immobilières à Gaza, sur les ambitions électorales américaines.
Cette juxtaposition du drame et du calcul — des morts d’enfants face à des spéculations immobilières — révèle le stade ultime de la déshumanisation : le commerce de la guerre devient plus concret que ses victimes.
L’émotion est remplacée par la stratégie, la honte par la realpolitik.
Ce cynisme n’est pas seulement choquant : il est dangereux. Car il prépare l’opinion à accepter la barbarie comme une fatalité, et l’injustice comme un prix nécessaire.

Trump va doucement comprendre ce que la planète sait déjà depuis longtemps : dans la mesure ou l'objectif d'Israël n'est pas de vivre en paix à côté de la Palestine mais bien d'effacer la Palestine, toute recherche de paix sincère reviens à tordre le bras d'Israël. Bien entendu Bibi n'à que faire des otages mais cela tout le monde le sait : on ne bombarde pas ses otages quand on veut les récupérer en vie.

Le silence comme arme : effacer Gaza du langage

L’une des violences les plus profondes de ce texte, et de tant d’autres, réside dans le choix des mots.
“Opérations”, “cesser-le-feu”, “accord”, “réaménagement”… autant de termes neutres, aseptisés, qui dissimulent des massacres. Ce langage bureaucratique de la guerre ne décrit pas : il anesthésie.
En niant la dimension humaine du désastre, il rend le monde complice du silence.
Chaque mot mal choisi devient un écran entre la réalité et notre conscience.
C’est ainsi que l’on fabrique l’indifférence : non pas en niant la mort, mais en la rendant abstraite.

Conclusion – Pour une morale sans frontières

Instrumentaliser la souffrance israélienne pour effacer celle de Gaza, c’est commettre une double trahison : envers les victimes israéliennes, dont la mémoire est utilisée comme alibi et envers les victimes palestiniennes, condamnées à mourir deux fois sous les bombes, puis dans l’oubli.

les otages ont pu vivre la vie des Palestiniens pendant quelques mois... ils pourront témoigner des atrocités qu'ils ont subies de l'armée israélienne qui a essayé par tous les moyens de les assassiner et de les supprimer, en ayant aucune pitié pour leurs propres ressortissants. Une partie des otages libérés au début avaient d'ailleurs commencé à presque tresser des louanges à leurs geôliers, les prenant mêmes dans leurs brais en partant!

On se souvient des images qu'Israël ne voulait surtout pas qu'on voie. Comme quoi...

Game Over pour Israël dans cette guerre: la terre entière a pu voir tous les crimes qu'ils commettent, et ils n'ont aucune victoire militaire sur 7 fronts où ils se sont pris à chaque fois une défaite, avec des milliers de soldats neutralisés facilement. Que des meurtres de civils innocents, personne n'écoute plus leurs arguments.

Aucune paix ne peut naître d’une telle asymétrie morale.
Aucune réconciliation n’est possible tant que la compassion restera sélective.
Pleurer les uns n’exige pas d’oublier les autres.
Car si l’humanité doit encore signifier quelque chose, c’est dans la capacité de regarder la souffrance sans lui donner de drapeau.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

Un plan colonial maquillé en paix

 

 On nous parle d’un « plan pour Gaza », d’une vision en 20 points présentée comme un horizon de paix. En réalité, ce plan n’est qu’une mise en scène. La suppression du seul passage évoquant un « horizon politique vers un État palestinien » suffit à dévoiler le subterfuge : il ne s’agit pas d’ouvrir la voie à l’autodétermination, mais de l’enterrer définitivement. Netanyahu y a apposé sa signature invisible : chaque mot est calibré pour effacer la souveraineté palestinienne et maintenir Israël en maître absolu.

Le plan Trump est un ultimatum qui appelle le Hamas à abandonner la résistance armée pour laquelle il a été créé, à se dissoudre, à permettre à ses membres d'être escortés en toute sécurité vers l'exil, où ils ne seront pas poursuivis, et à faire confiance à Israël. De plus, Israël a par le passé trouvé de nombreux prétextes pour violer les accords de cessez-le-feu ou les déclarer nuls et non avenus. Le plan demande aux Palestiniens de se soumettre à une domination étrangère supervisée par Donald Trump et Tony Blair, amis d'Israël. Même si les dirigeants politiques du Hamas acceptent le plan, les commandants militaires pourraient refuser de rendre les armes.

Qui ne comprend pas que les combattants du Hamas sont prêts à mourir et à sacrifier la vie de leurs compatriotes palestiniens pour établir un État palestinien gouverné par des Palestiniens 

Le vieux manuel colonial, réédité en 2025

Les mots choisis ne sont pas nouveaux. Rééducation, déradicalisation, reconstruction développement économique … Ce vocabulaire paternaliste est directement tiré du manuel colonial du XIXᵉ siècle. C’est la rhétorique de l’Occident civilisateur qui sait mieux que les « indigènes » ce qui est bon pour eux. C’est le discours de ceux qui justifiaient jadis l’occupation de l’Afrique, de l’Asie et du Moyen-Orient. Gaza devient la nouvelle « mission civilisatrice », une vitrine de domination repeinte aux couleurs du capitalisme high-tech.

La dépossession, moteur du complot

Le plan exige la dissolution du Hamas, l’exil de ses cadres, et la soumission de Gaza à une gouvernance étrangère supervisée par Washington, Londres et Tel-Aviv. En d’autres termes : un ultimatum. Mais l’histoire récente prouve qu’Israël a régulièrement violé les cessez-le-feu, annulé les accords, et continué la colonisation. Pourquoi les Palestiniens devraient-ils cette fois faire confiance à ceux qui les assiègent et les bombardent ?

Ce plan n’a rien d’humanitaire. Il ne vise pas à sauver Gaza, mais à exploiter Gaza. Derrière le langage des « opportunités économiques », se profile une vaste opération de pillage. Les ruines de Gaza deviennent un marché : contrats pour Tesla, Oracle, Kushner, Smotrich ou Blair. Les Palestiniens ne sont pas perçus comme des citoyens mais comme une main-d’œuvre corvéable, taillable, jetable. Les terres ne sont pas des foyers à préserver, mais des terrains à bétonner, à transformer en zones franches, en marchés captifs. C’est le colonialisme sous sa forme la plus brutale : s’emparer des richesses après avoir détruit les vies.

Il est temps de le dire haut et fort : Gaza n’a pas besoin de nouveaux maîtres, mais de liberté. Pas d’investisseurs et de colons, mais de justice. Pas de plans coloniaux, mais de la fin du siège et de l’occupation. La paix véritable ne se construit pas sur les ruines d’un peuple, mais avec lui.

Le silence imposé aux Palestiniens

À aucun moment les Palestiniens n’ont été invités à la table des négociations. Pas le Hamas, pas l’Autorité palestinienne, pas la société civile. Personne. On décide pour eux. On trace leur avenir à Washington et Tel-Aviv comme on traçait des frontières arbitraires sur des cartes coloniales. On efface leur voix, leur droit de choisir, leur capacité à décider de leur futur. C’est le cœur du scandale : cette logique coloniale n’a jamais disparu. Elle continue de nier l’humanité d’un peuple entier, réduit au silence dans un projet qui prétend lui offrir la paix. Certes, ce n'est pas une solution à long terme. Absolument pas. Cela ne résout rien, et cela ne fait qu'ajouter une nouvelle pièce au jukebox. Les Palestiniens continueront de résister, comme c'est leur droit. Israël continuera d'expliquer que leur « sécurité » justifie tout raser, tuer, violer, kidnapper, voler, etc. (Cette liste vous choque ? Tous les éléments sont pourtant faciles à prouver. Et cela remonte bien avant le 7 octobre).

Donc, la situation va s’améliorer dans le sens où les enfants vont probablement arrêter de mourir à cause des bombardements et de la faim. Et la situation ne s’améliorera pas suffisamment pour que le conflit israélo-palestinien cesse. Le problème, c'est qu'à long terme, Israël est en train de perdre la partie. Ils ont accepté qu'après tout cela, les Gazaouis ne disparaîtraient pas. Il n'y a pas assez de morts pour briser le piège démographique : les Juifs sont encore loin d'être assez nombreux pour gouverner démocratiquement les Palestiniens

La continuité d’un apartheid militaire

Le plan s’inscrit dans une logique implacable : celle de la « sécurité » israélienne. Au nom de cette sécurité, Israël justifie tout : le siège, les bombardements, les famines, les assassinats, les confiscations de terres. Ce plan ne fait qu’officialiser cette doctrine. On demande aux Palestiniens de rendre leurs armes, de se dissoudre, de faire confiance à un État qui a violé tous les accords passés. La « paix » selon Trump et Netanyahu, c’est la reddition inconditionnelle. C’est l’apartheid sous contrat, avec l’Amérique comme garant et le capitalisme global comme investisseur.

Les personnes consternées sont celles qui comprennent que les êtres humains ont des droits humains. Si ce plan est adopté, tous les Palestiniens restants à Gaza vivront sans aucune des « subtilités » que sont les droits politiques, juridiques, économiques, intellectuels, la liberté d'enquête, la liberté d'expression, la liberté d'association ou le droit à l'autodéfense. En bref, ils seront esclaves d'un État de surveillance de haute technologie, dirigé par des individus qui les méprisent. La question n'est pas de savoir si le régime du Hamas était un modèle de démocratie. La question est l'inhumanité des colonialistes, attirés de quelque manière que ce soit par une telle « vision » concoctée par des criminels de guerre. Glaçant.

Gaza n’est pas une « terra nullius »

Ce que ce plan veut effacer, c’est la réalité de Gaza : une terre vivante, habitée par un peuple résilient. Gaza n’est pas une page blanche pour investisseurs. Ce n’est pas un terrain vague à transformer en Silicon Valley sous occupation. C’est un territoire qui résiste, une société qui continue d’exister malgré les sièges, malgré les ruines, malgré les morts. Derrière chaque maison détruite, il y a une famille ; derrière chaque ruine, il y a une histoire ; derrière chaque enfant tué, il y a une mémoire. Ce que le plan colonial nie, c’est cette humanité irréductible.

Conclusion forte

Ce plan Trump-Netanyahu-Blair n’est pas un projet de paix. C’est un complot colonial, une continuation de l’occupation par d’autres moyens. C’est la transformation d’un génocide en business, d’un siège en opportunité, d’un peuple en marché.

Ce plan a d’abord été annoncé comme un « plan en 21 points » et est devenu un « plan en 20 points » après des discussions entre Trump et Netanyahu.

Le point supprimé, « Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens pour convenir d'un horizon politique pour une coexistence pacifique », a été remplacé par une aspiration, « les conditions pourraient enfin être réunies pour une voie crédible vers l'autodétermination palestinienne et l'établissement d'un État, ce que nous reconnaissons comme l'aspiration du peuple palestinien », enterrée dans l'un des 20 autres points du texte.Ce changement porte l’empreinte de Netanyahu partout.

La seule paix possible passe par la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien : son autodétermination, sa souveraineté, sa liberté. Pas par des ultimatums dictés depuis les palais de Washington. Pas par des milliards de dollars investis sur des ruines. Pas par des promesses vides qui masquent l’apartheid.

Plan colonial : « Y a-t-il quelque chose que les Palestiniens peuvent accepter dans ce plan ? Bien sûr que oui. La fin de la guerre, du génocide, de la faim qui tue nos enfants. Le retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza. Ce que je dis, c’est que le fait que cela n’ait même pas été discuté avec les Palestiniens ne nous permet pas de donner une réponse claire. »

Personne ne peut décider à qui incombe la compétence sur les questions palestiniennes, hormis les Palestiniens. Tout organe de gouvernement temporaire, quel que soit son dirigeant, doit être approuvé par les Palestiniens avec le consentement de toutes les factions politiques : y compris le Hamas et l’ANP, mais pas seulement. Nous ne pouvons accepter qu’une entité nous soit imposée contre notre volonté. Il est insultant qu’un pays qui se dit démocratique, comme les États-Unis, propose cela sans associer les Palestiniens à la table des négociations.    

Gaza, laboratoire du colonialisme moderne : le complot Trump-Netanyahu-Blair, pour la dépossession constante,  le pillage et surtout le refus du droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination sur leur propre terre.

 Gaza n’est pas à vendre. Gaza n’est pas une colonie expérimentale. Gaza est un peuple. Et ce peuple a le droit à la vie, à la liberté, à la justice. Toute autre voie n’est qu’un mensonge, un crime et une trahison. Et c’est déshumanisant

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »


La paix en trompe-l’œil : comment Netanyahou sabote le plan de Gaza

Depuis des mois, la bande de Gaza est synonyme de ruines, de fosses communes et d’exode. Sous les bombes, plus d’un million et demi de personnes survivent dans des conditions que la Cour internationale de justice (CIJ) a décrites comme des « risques plausibles de génocide ». Dans ce contexte, Donald Trump a présenté un plan de paix en trois points : financement de la reconstruction par les pays arabes, démilitarisation du Hamas et retrait des forces israéliennes. Derrière cette façade de compromis se cache en réalité une mécanique cynique, façonnée pour préserver l’impunité israélienne et satisfaire les ambitions électorales de ses instigateurs.

Le faux dilemme : accepter ou périr

La proposition de Trump repose sur un piège. Si le Hamas refuse, il porte la responsabilité de la poursuite des massacres ; s’il accepte, Israël récupère ses otages et la scène internationale applaudit… avant que le carnage ne reprenne sous un nouveau prétexte. L’ultimatum, limité à 72 heures, relève davantage du chantage que de la diplomatie. À aucun moment il n’est question des droits des Palestiniens à l’autodétermination, ni des frontières de 1967, ni de Jérusalem annexée, ni des 5 000 prisonniers palestiniens détenus sans jugement. La Cisjordanie disparaît purement et simplement du cadre.

Netanyahou, le saboteur en chef

Contraint d’accepter publiquement ce plan, Netanyahou s’emploie déjà à le neutraliser. Son gouvernement, dominé par l’extrême droite coloniale, n’a aucune intention de permettre la création d’un État palestinien ni de mettre fin à l’occupation. La résolution A/RES/ES-10/24 de l’ONU exigeait la fin de la présence israélienne dans un délai de douze mois ; la CIJ, dans trois ordonnances depuis janvier, a sommé Israël de cesser les meurtres, les atteintes à la santé et les conditions d’existence destructrices. Tout a été ignoré.

En vérité, ce plan n’est qu’un outil politique : pour Trump, un tremplin vers un prix Nobel de la paix et vers sa campagne présidentielle ; pour Netanyahou, un rideau de fumée avant les élections de 2026, qui lui permet de se présenter en garant de la sécurité d’Israël tout en poursuivant son entreprise coloniale.

Une paix-alibi qui masque un projet colonial

Parler de « paix » dans ces conditions relève de l’imposture. Comment prétendre à la réconciliation alors que les colonies s’étendent en Cisjordanie, que Jérusalem est grignotée morceau par morceau, et que la population de Gaza est réduite à la misère par un blocus illégal ? La « reconstruction » promise n’est rien d’autre qu’un protectorat colonial, une rente pour les alliés occidentaux et arabes complaisants.

Ce n’est pas la première fois : l’histoire du Proche-Orient est jalonnée de « plans de paix » qui ne furent que des trêves maquillées, toujours suivies d’un retour aux bombes et aux bulldozers.

Sans justice, pas de paix

Le problème n’est pas l’absence de propositions mais leur nature : elles évitent systématiquement de nommer les responsabilités et de sanctionner les crimes. Or, le droit international est clair. Israël a l’obligation de mettre fin à l’occupation et au nettoyage ethnique en cours. Les Palestiniens ont un droit inaliénable à l’autodétermination. Toute « solution » qui nie ces principes n’est pas un chemin vers la paix mais une prolongation de l’injustice.

Tant que l’occupation perdurera, tant que les auteurs de crimes de guerre ne seront pas jugés, tant que les Palestiniens seront réduits au silence ou au rôle de figurants dans leur propre destin, aucun plan ne tiendra. Les peuples ne vivent pas de promesses creuses ni d’ultimatums : ils vivent de dignité et de liberté.

Conclusion :

Ce que propose Trump et ce que sabote Netanyahou, ce n’est pas la paix : c’est une trêve trompe-l’œil, une vitrine diplomatique derrière laquelle se poursuit la dépossession.

La vraie paix exige le courage de dire les mots interdits – occupation, colonisation, apartheid, génocide – et d’y mettre un terme. Tout le reste n’est qu’un théâtre cynique où les victimes palestiniennes servent de décor à l’ambition des puissants.

 Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

Nobel de la paix pour les fauteurs de guerre : Trump, Israël et l’empire américain au banc des accusés

Un Nobel de la paix pour Trump ? Voilà donc où en est tombée notre époque : célébrer les incendiaires comme pompiers, les bourreaux comme sauveurs, les menteurs comme prophètes.

Donald Trump ne pacifie rien, il colonise les mots. Il proclame la paix là où il sème la guerre. Il s’auto-déclare sauveur pendant que des enfants meurent sous les décombres de Gaza, pendant que des réfugiés s’entassent dans des camps, pendant que des drones américains sillonnent le ciel comme des vautours. Et le pire : il n’est pas seul. Ce n’est pas la folie d’un homme isolé, c’est la logique d’un empire.

L’empire américain et son bras armé

Depuis des décennies, les États-Unis prétendent incarner la liberté. En réalité, ils imposent leur domination par le feu et par le sang. Ils ont bombardé le Vietnam au napalm, rasé Bagdad au nom de la démocratie, et livré Kaboul aux seigneurs de guerre. Ils prétendent « protéger Israël », mais ce soutien n’est qu’une pièce centrale d’un système plus vaste : exporter les guerres, contrôler les peuples, militariser la planète.

Israël, loin d’être une exception, est l’atelier militaire de cet empire. Les bombes testées sur Gaza deviennent des contrats d’exportation. Les logiciels de surveillance, expérimentés sur les Palestiniens, finissent dans les polices du monde entier. Les colonies illégales sont maquillées en « accords de paix » avec la bénédiction de Washington. Israël n’est pas un simple allié : c’est le laboratoire d’un apartheid mondialisé.

La paix comme marchandise

Que signifie la « paix » dans ce théâtre ? Rien d’autre qu’un slogan marketing. Trump s’invente des victoires imaginaires : il dit avoir « réglé » l’Ukraine, « pacifié » l’Iran, « stabilisé » le Moyen-Orient. Mensonges. Pendant ce temps, les morts s’accumulent. Les Palestiniens enterrent leurs enfants, les Irakiens comptent leurs blessés, les Yéménites agonisent sous les bombes. Mais pour l’empire, tout cela n’existe pas : seule compte la photo, le tweet, la mise en scène.

Les Nobel de la paix attribués à des dirigeants belliqueux ne sont pas des accidents, mais des révélateurs. On avait déjà honoré Kissinger alors que le Vietnam brûlait. On avait salué Obama, prix Nobel de la paix en 2009, alors qu’il multipliait les frappes de drones et les bases militaires. Aujourd’hui, on ose imaginer Trump décoré. Voilà la vérité : ce prix, entre leurs mains, n’est plus qu’une médaille de pacotille offerte aux architectes du chaos.

Le masque de la démocratie

L’arrogance américaine et israélienne repose sur une idée simple : ils peuvent tout faire tant qu’ils disent agir pour « la paix ». Occupation ? Sécurité. Bombardement ? Légitime défense. Sanctions économiques qui affament des millions d’Iraniens ? Prévention du terrorisme. Apartheid en Cisjordanie ? Réalisme politique. Tout est inversé, tout est perverti.

La diplomatie n’est plus un espace de négociation, c’est une scène de théâtre. Les peuples, eux, n’y sont jamais invités. On signe des accords sur leur dos, on trace des frontières sur leurs terres, on décide de leur avenir depuis Washington ou Tel-Aviv. Et quiconque résiste est immédiatement qualifié de terroriste, d’extrémiste, d’ennemi de la paix.

La vérité des peuples

Mais les peuples ne sont pas dupes. La vérité est dans les ruines de Gaza, dans les cris des mères palestiniennes, dans les villages irakiens détruits, dans les montagnes afghanes occupées. La vérité est dans les luttes anticoloniales qui refusent de disparaître. Chaque pierre lancée par un enfant palestinien contre un char est une accusation contre cet ordre mondial. Chaque manifestation contre l’OTAN est un refus de la guerre permanente. Chaque dénonciation de l’apartheid israélien est une affirmation de dignité.

Voilà la seule paix qui mérite d’être nommée ainsi : la paix des peuples, contre l’empire, contre le colonialisme, contre l’hypocrisie.

Notre devoir

Attribuer un Nobel de la paix à Trump ne serait pas seulement absurde, ce serait criminel. Ce serait effacer les cadavres, normaliser l’apartheid, et valider l’idée qu’un tweet vaut plus que mille vies. Ce serait admettre que la paix n’est plus une conquête humaine, mais une opération de communication.

Nous refusons cela. Nous refusons que les fauteurs de guerre se déguisent en artisans de paix. Nous refusons que les peuples soient réduits à des statistiques. Nous refusons que la vérité soit étouffée sous les mensonges impériaux.

La paix n’appartient pas aux empires. Elle appartient aux peuples. Elle se construit dans les luttes, dans la solidarité, dans la résistance. Elle ne se donne pas, elle s’arrache.

Alors oui, crions-le haut et fort : pas de Nobel pour les fauteurs de guerre ! Pas de légitimation pour l’apartheid israélien ! Pas d’hommage pour l’empire américain !
La paix ne sera jamais le produit d’un tweet, ni d’une bombe. Elle sera l’œuvre des peuples qui, malgré les massacres, continuent de résister.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

 

 

La diplomatie-spectacle : Gaza pleure la tromperie de Trump

Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, dit le proverbe.                                              

Dans le cas de Trump, ses moyens d’obtenir une paix sont originaux : c’est un cocktail fait de séduction, de pression et de chantage. Mais la realpolitik, c’est ça.  Donald Trump se présente à nouveau en faiseur d’accords, maître des « deals » capables, dit-on, de résoudre les impasses les plus inextricables. Son dernier plan pour Gaza, brillamment emballé dans le vocabulaire consensuel de la « paix » et de la « reconstruction », montre pourtant que la rhétorique peut servir d’écran de fumée : derrière le mot se cachent des conditions intenables, une mémoire sélective et la perpétuation d’un ordre de fait qui écrase les droits palestiniens.

La « paix » comme instrument de culpabilisation

Le dispositif proposé  reconstruction financée par des États arabes, démilitarisation du Hamas, retrait israélien conditionnel ressemble à une logique de marché : on promet la tranquillité à ceux qui acceptent de perdre tout levier politique. Mais poser la paix comme synonyme de reddition, c’est inverser les responsabilités. On demande à un peuple déjà affamé, déplacé et bombardé d’abandonner son unique moyen de pression, sans garantir ni sécurité réelle ni rétablissement des droits fondamentaux.

En traitant Gaza comme une entité isolée, comme si la Cisjordanie et l’ensemble de l’occupation n’existaient pas, ce plan gomme les continuités historiques du conflit : colonies qui s’étendent, frontières de 1967 bafouées, confiscation progressive de Jérusalem-Est. Ce n’est pas un oubli anecdotique : c’est la stratégie même du projet politique que prétend soutenir l’initiative. La paix proposée devient alors une paix sur ordonnance, imposée au plus faible.

Ultimatums et rhétorique du chantage

Dire « paix » tout en fixant des ultimatums de 72 heures et en conditionnant la cessation des hostilités à l’accord des seules parties déséquilibrées, c’est ménager un prétexte pour continuer la guerre. La diplomatie coercitive masque la réalité : les bombardements et les sièges se poursuivent tant que l’autre camp n’a pas capitulé. Ce n’est plus de la négociation ; c’est du chantage.

L’effet est double : d’un côté, il légitime l’usage disproportionné de la force ; de l’autre, il transforme la communauté internationale en spectatrice d’une mise à mort programmée, applaudissant parfois le verbe « paix » sans en exiger les conditions préalables — la justice, la reconnaissance des droits et la cessation des pratiques qui nourrissent le conflit.

Les membres du Hamas ne sont pas assez débiles pour déposer les armes face à des gens qui pendant 2 ans de génocide n’arrêtent pas de leur dire que le but de tout ça c’est le grand Israël, leur expulsions ou leur massacres de la terre de Palestine, qu’ils sont le peuple des ténèbres et qu’on a le droit de les exterminer et que leur but c’est la domination des goyims. Sans Hamas et dans l’état de Gaza et les nouvelles colonisations, il n’y a plus de Palestine

Mémoire instrumentalisée : otages et prisonniers

Le récit médiatique et politique est tout aussi révélateur. L’attention portée aux otages israéliens est légitime et humaine, mais elle devient partiale quand elle occulte le sort de milliers de prisonniers palestiniens détenus souvent sans procès ou sous des régimes de détention administrative et quand elle efface l’histoire de la dépossession. Cette asymétrie contribue à une narration dans laquelle la victime légitime est une seule, alors que la victimisation et la douleur existent de part et d’autre, entretenues par des rapports de force inégaux.

Rappelons que des opérations visant à capturer des otages ont été, dans certains cas, conçues comme leviers pour obtenir des échanges de prisonniers. Depuis, combien de détenus palestiniens ont été libérés ? Le silence et l’oubli autour de ces questions renforcent l’impunité et l’angoisse d’un peuple sans recours.

Le levier essentiel : arrêter l’armement et la protection inconditionnelle

S’il existe un geste unique, simple et efficace, qui pourrait signifier la sincérité d’une volonté de paix, c’est l’arrêt immédiat des livraisons d’armement et des financements militaires sans condition. La pression économique et diplomatique pèse. Quand un pays garantit politiquement et militairement la supériorité d’un acteur, il devient co-responsable des choix stratégiques et des conséquences sur le terrain.

Les Etats qui prétendent défendre la paix doivent cesser de conforter les rapports de force qui permettent la perpétration d’actes contraires au droit international. La paix ne se négocie pas sur le compte en banque des victimes ni sur la base d’accords imposés par un tiers qui refuse de regarder les causes profondes du conflit.

Justice et droits : préalables non négociables

Toute initiative qui ignore la justice se condamne à l’échec. La sortie de crise exige des engagements clairs : fin de l’occupation, respect des frontières internationalement reconnues, reconnaissance des droits civils et politiques des Palestiniens, garantie de la sécurité pour toutes les populations, procès des crimes de guerre et libération des détenus politiques. Sans ces éléments, les accords n’auront qu’une valeur provisoire et seront à la merci du prochain revirement politique.

La paix durable est indissociable de l’égalité des droits. Tant que des populations seront privées de dignité, de terre et de liberté, la violence trouvera des raisons de renaître.

Conclusion : refuser la paix-cache-misère

La « diplomatie-spectacle » ne suffira jamais à résoudre des injustices structurelles. Proposer la paix en demandant l’effacement de la mémoire, l’abandon des droits et la capitulation du faible, c’est fabriquer un simulacre qui se paiera en vies humaines. Il est urgent que la communauté internationale reprenne ses responsabilités : exiger la fin de l’occupation, conditionner toute aide militaire au respect du droit international et soutenir des mécanismes de justice impartiale.

Les mots « paix » et « sécurité » ne doivent pas servir d’alibis. Ils doivent être adossés à des actes réels et vérifiables. Sinon, nous ne bâtirons que des accords fragiles, des pauses temporaires dans une logique de violence qui reprendra, un jour ou l’autre, sous une autre forme. La vraie question n’est pas de savoir qui signe le prochain « deal », mais qui aura le courage de défendre la justice la seule condition pour qu’enfin, paix et dignité se conjuguent pour tous.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

 

 

Gaza : le faux plan de paix de Trump et Netanyahou, paravent d’un génocide en cours


Ce qui s’est joué lundi à Washington n’était pas une avancée diplomatique, mais une mise en scène obscène. Donald Trump et Benjamin Netanyahou ont dévoilé un prétendu « plan de paix » en 20 points pour Gaza. En réalité, ce n’est rien d’autre qu’un écran de fumée pour prolonger un génocide, couvrir des crimes de guerre et détourner l’attention de l’opinion internationale.

Bien sûr, les conditions qu’il propose ressemblent parfois à des capitulations déguisées. Et derrière la scène, la guerre n’est jamais loin, prête à remonter sur les planches si l’accord échoue. Mais au moins, il y a ce geste : forcer la paix à s’énoncer, même si ce n’est encore qu’un rôle imposé. Peut-être qu’un jour, ce rôle deviendra une habitude, puis une obligation, et qui sait, une réalité.

Entre guerre et paix, Trump choisit la dramaturgie. Et peut-être, paradoxalement, que cette dramaturgie est l’un des rares chemins encore ouverts pour rappeler à l’humanité que la paix ne naît pas seulement dans le secret des négociations, mais parfois aussi dans la lumière crue d’un spectacle.

Un plan creux, une mascarade sanglante

Les cartes bricolées à la va-vite, les promesses vagues d’autodétermination conditionnée, l’absence totale de calendrier : ce plan n’est qu’un simulacre. Derrière les grands mots, il n’offre aucune garantie réelle ni pour la sécurité des civils israéliens, ni pour les droits fondamentaux du peuple palestinien.

Il ne s’agit pas d’un processus de paix, mais d’une opération de communication destinée à sauver Trump à l’approche de la présidentielle américaine et à offrir à Netanyahou un nouveau répit face à la contestation de sa coalition. Pendant qu’ils sourient devant les caméras, les bombes continuent de s’abattre sur Gaza, les hôpitaux sont détruits, les enfants meurent de faim et de blessures non soignées.

« … Selon le plan de Trump, Israël devrait de son côté retirer progressivement ses forces de la bande de Gaza … »

Si Israël se retirait rapidement de Gaza, ce plan aurait une chance de marcher; le Hamas accepterait les conditions et libérerait les otages, mais on sait très bien qu’Israël ne sortira JAMAIS tout son monde de Gaza; un petit nombre peut-être, mais au complet, oublier ça.

Effectivement, ce plan va être rejeté; le Hamas va sans doute faire une contre-offre qu’Israël va refuser et la guerre va se poursuivre.

Tout cela est une opération de marketing pour bien faire paraître Donald Trump grand artisan de la paix et Benjamin Netanyahou, tout en rejetant le blâme sur le Hamas pour refuser tout compromis.

Netanyahou, artisan du nettoyage ethnique

Depuis le 7 octobre 2023, Netanyahou n’a cessé de saboter les cessez-le-feu et de prolonger délibérément la guerre. Chaque otage mort, chaque enfant enseveli sous les décombres, chaque village palestinien rasé sont les preuves de sa stratégie criminelle. Il instrumentalise la douleur de son propre peuple pour servir son seul objectif : se maintenir au pouvoir, au prix du sang versé.

Ce n’est pas une guerre de défense : c’est une guerre d’extermination. Ce qui se joue à Gaza est un nettoyage ethnique systématique, orchestré par un Premier ministre corrompu, appuyé par des ministres suprémacistes et encouragé par l’impunité que lui garantit Washington.

Les Palestiniens exclus, encore une fois

La plus grande obscénité de ce « plan de paix » est qu’il se discute sans les Palestiniens. Comme toujours, on prétend décider de leur avenir en leur absence. On exige du Hamas un désarmement total, mais on ne dit rien de l’occupation, des colonies, de l’apartheid quotidien que subit la population de Cisjordanie et de Gaza.

Parler de paix tout en maintenant l’armée israélienne à Gaza, tout en refusant la reconnaissance d’un État palestinien, tout en poursuivant les massacres, c’est insulter la mémoire des victimes et nier la dignité d’un peuple entier.

Le cynisme à visage découvert

Ce plan n’est pas seulement inutile, il est criminel. Il légitime la poursuite du bain de sang. Il offre à Netanyahou la couverture nécessaire pour continuer les bombardements, les expropriations, les assassinats ciblés. Il permet à Trump de se poser en faiseur de paix alors qu’il cautionne un génocide.

Les images des ruines de Gaza, les fosses communes improvisées, les cris des familles en deuil sont les véritables réponses à ce plan. Ce que Trump et Netanyahou ont vendu au monde n’est pas la paix, mais la prolongation d’une politique de mort. Peu importe les solutions proposées, elles seront toujours rejetées par l’un ou l’autre car ce qui est acceptable pour l’un est inadmissible pour l’autre…

Pour une justice véritable

Il est temps de dire les choses sans détour : Netanyahou doit rendre des comptes devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Ses alliés qui cautionnent ce carnage doivent également être jugés.

La paix ne viendra pas de Washington ni de Tel-Aviv, mais de la lutte des peuples et de la pression internationale. Elle passera par :

  • la fin immédiate du siège et des bombardements de Gaza ;
  • la libération des prisonniers politiques, dont Marwan Barghouti ;
  • la reconnaissance pleine et entière de l’État palestinien ;
  • des sanctions internationales contre Israël tant que se poursuivent l’occupation et le nettoyage ethnique.

Conclusion : stopper la machine de mort

Espérons que ce chapitre répugnant de l’histoire humaine prenne fin. Ce serait un pas de plus si cet homme était empaqueté et envoyé à La Haye. Après deux ans coincé dans les cimetières – un « spectacle » pour les caméras de la Maison Blanche, programmé uniquement pour une campagne électorale politique – Netanyahou continue de se montrer avec un sourire devant les caméras, racontant comment il a assassiné, purgé et éliminé comme un tueur en série fier de ses crimes.

Ce spectacle macabre, où le meurtre devient stratégie électorale, est une honte absolue. Les services de sécurité doivent arrêter Netanyahou immédiatement pour stopper la torture des Israéliens kidnappés et empêcher un nouveau bain de sang. Ils doivent aussi mettre fin aux manœuvres de ses conseillers électoraux qui transforment la guerre en outil de propagande et utilisent le sang versé pour nourrir une atmosphère de haine et de terreur.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

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