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Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

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Immortels… vraiment ? Autopsie d’un écrivain de service :

De prime abord, l’affaire pourrait presque prêter à sourire. On serait tenté d’y voir une fable absurde, une de ces histoires paradoxales dont raffole l’esprit caustique une sorte d’histoire belge à rebondissements si le sujet n’était pas, au fond, révélateur d’un malaise plus profond. Car l’admission de Boualem Sansal à l’Académie française, déjà membre de l’Académie royale de Belgique, dépasse le simple épisode anecdotique : elle devient le symptôme d’un dérèglement institutionnel et symbolique.

On imagine sans peine Richelieu, fondateur de l’institution, se retourner dans sa tombe à la date de ce 30 janvier 2026, en contemplant l’évolution de cette maison qu’il avait voulue gardienne exigeante de la langue, de la mesure et de la rigueur. L’Académie, jadis perçue comme un sanctuaire du verbe et de la norme, semble aujourd’hui céder à des élans d’opportunité et d’adhésion émotionnelle.

Les académiciens, emportés par une ferveur quasi militante en faveur de l’écrivain, auront accompli une prouesse réglementaire : contourner l’esprit même de leur propre règlement intérieur. Tout le monde peut devenir Immortel ainsi que l'indiquent les sages, nulle restriction n'est faite aux candidatures, hormis celle de l'âge: 75 ans, maximum, à la date du dépôt de la lettre du postulant. celui-ci fixe pourtant clairement une limite d’âge à 75 ans au moment du dépôt de candidature. Or la demande  de Boualem Sansal a été déposée à 81 ans révolus. On saluera la performance : transformer une règle explicite en simple suggestion décorative. Voilà qui illustre une curieuse souplesse juridique lorsqu’il s’agit de certaines causes jugées supérieures.

Plus étonnant encore : les mêmes soutiens insistaient récemment sur l’âge avancé et l’état de santé fragile de l’intéressé, présenté comme un vieil homme éprouvé, détenu dans les geôles d’Alger. Mais sitôt franchi le seuil de la Coupole, le portrait semble s’inverser : vigueur retrouvée, longévité académique projetée, avenir intellectuel radieux. La relativité des critères n’aura jamais été aussi spectaculaire. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà la formule de Pascal n’a rien perdu de sa pertinence.

Le plus révélateur reste peut-être le projet linguistique affiché. Lors de son intervention à Strasbourg en décembre 2025, à l’occasion du prix mondial Cino Del Duca, l’écrivain évoquait sa volonté de « redéfinir beaucoup, beaucoup de termes ». Ambition considérable, presque programmatique. Redéfinir la langue elle-même entreprise vertigineuse suppose une autorité, une maîtrise et une finesse lexicale que ses détracteurs jugent discutables. À les entendre, les « Immortels » pourrait bientôt délaisser la langue de Molière pour se consacrer à une refonte expérimentale du vocabulaire, de la grammaire et de la rhétorique non plus dans une logique de conservation, mais de transformation idéologique. Une sorte de créole conceptuel, une koinè militante, façonnée par l’air du temps plus que par l’histoire longue de la langue.

Ce nouvel épisode s’inscrirait d’ailleurs, selon cette lecture critique, dans une continuité de choix controversés. Après l’entrée d’Alain Finkielkraut perçue par certains comme une rupture éthique l’Académie confirmerait une trajectoire de politisation croissante. La littérature ne serait plus le critère cardinal ; la posture publique, le positionnement symbolique et l’utilité narrative prendraient le dessus. L’institution deviendrait moins un arbitre du langage qu’une chambre d’écho idéologique.

La dégradation ne s’arrêterait pas là. D’autres distinctions nationales, naguère associées au mérite et à l’excellence, seraient elles aussi, aux yeux des critiques, entrées dans une ère de banalisation. La Légion d’honneur, autrefois rare et solennelle, serait désormais distribuée avec une générosité suspecte à des intérêts diplomatiques, à des alliances stratégiques, parfois à des figures dont l’histoire future contestera la légitimité. Le symbole s’érode lorsque le discernement faiblit.

Dans cette perspective, la nomination apparaît moins comme un hommage littéraire que comme un geste politique. Elle participerait d’une stratégie de récit : fabriquer des figures de génie circonstancielles, investies d’une mission polémique, servant de relais dans des conflits mémoriels et diplomatiques  notamment lorsqu’il s’agit de solder des comptes symboliques avec l’Algérie. La grandeur culturelle céderait alors la place à la fonctionnalité narrative. Verrons- nous un jour l’élection du plus Français Zemmour ???????

Ce qui se joue ici dépasserait donc le cas individuel : c’est l’image d’un pays en perte d’assurance, qui substitue l’effet médiatique au jugement esthétique, l’alignement idéologique à l’exigence critique. Une nation qui, renonçant à son autorité culturelle propre, consentirait à devenir une province parmi d’autres dans un système d’influences globalisées, traversée par des réseaux, des stratégies de discours et des entrepreneurs de controverse.

Dès lors, cette élection ne ressemblerait plus à une consécration, mais à un symptôme  peut-être même, diront les plus sévères, à un dernier clou planté dans le cercueil d’une certaine idée de la dignité littéraire française. Même si plusieurs académiciens sont d'origine étrangère, ce qui est une excellente chose, ne serait-il pas temps, et même urgent, que cette Académie, très passéiste quand même, prenne, par exemple, le nom d' "Académie de la langue au signal politique " et que cette Académie réécrit ses règles et sa mission? On peut aussi se demander si dans le monde d'aujourd'hui elle sert encore à quelque chose.

Mais après tout. On dit ça comme ça et bien sûr cela ne nous regarde pas. N’est-ce pas ?

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/