Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

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Ségolène Royal et la diplomatie qui fait transpirer l’extrême droite :

Ah, voilà qu’on tremble à Paris ! Ségolène Royal ose franchir la Méditerranée, s’asseoir face au président Tebboune et parler… de respect. Le crime est atroce : elle parle aux Algériens comme à des adultes. Dans les pages cirées de certaines presses de l’extrême droite, cette incursion diplomatique est une hérésie. Comment une femme peut-elle « s’improviser médiatrice » sans se dorer le blason au ministère officiel ? Quelle audace ! Quelle inconscience !

L’extrême droite française a immédiatement sorti ses mouchoirs et son arsenal d’injures feutrées : Royal « ne connaît pas les dossiers », « joue à la ministre », « oublie les sujets sensibles ». Sous-entendu : le dialogue, le respect mutuel, la mémoire, c’est bien joli pour les réunions mondaines, mais ça ne rentre pas dans le moule de la haine identitaire et du nationalisme malodorant.

Leur chef-d’œuvre journalistique consiste à transformer le courage en ridicule. Le dossier sur les essais nucléaires ? « Terrain mémoriel », ricanent-ils, comme si réparer les dommages et restituer la mémoire d’un peuple était un passe-temps frivole. La diplomatie personnelle ? Une offense à la grandeur supposée de la France… surtout quand elle rappelle que la souveraineté des autres pays n’est pas un concept optionnel.

C’est fascinant à observer : pour l’extrême droite, tout geste qui dépasse le cadre étroit de la rancune postcoloniale est un danger. Respecter l’Algérie ? Inadmissible. Transmettre des archives historiques ? Scandale. Tenter de reconstruire une relation franco-algérienne pour les jeunes générations ? Crime de lèse-nationalisme.

En réalité, ce que l’extrême droite redoute, ce n’est pas l’incompétence de Royal. C’est l’intelligence du geste : tendre la main, parler d’histoire, faire face aux blessures sans se vautrer dans la haine.

 Et ça, mes amis, ça brûle.

 Ça brûle lentement, comme une braise sous la langue, car ça démontre que le vrai courage ne se mesure pas à la hauteur d’un tweet ou à l’aplomb des slogans haineux.

Alors oui, Ségolène Royal est peut-être « seule » dans ce voyage diplomatique, mais elle a au moins le mérite de ne pas rester assise à Paris, à regarder le monde à travers la lorgnette de la peur et du ressentiment. Elle ose parler aux vivants, à l’histoire, au respect.

Et pour cela, qu’ils crient, qu’ils s’indignent ou qu’ils ricanent,  nous, Algériens et citoyens lambda  nous applaudirons.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 Réponse citoyenne à la presse française de l’extrême droite :

https://www.lejdd.fr/International/algerie-segolene-royal-appelle-au-respect-envers-tebboune-166297

 

Xavier Driencourt, ou la symphonie tragique du héros auto-proclamé :

14h35, l’heure fatale… Rien que l’introduction donne le ton : 14h35, ce moment cosmique où l’Algérie, selon Driencourt, aurait mobilisé tous ses satellites invisibles pour supprimer son interview. La précision horlogère est impressionnante… si vous étiez dans une pièce de théâtre absurde. Dans la vraie vie, les programmateurs télé jonglent avec des grilles, des contraintes techniques et des caprices éditoriaux. Mais non : dans l’univers Driencourt, chaque tic-tac de l’horloge est une manœuvre de « régime policier » qui complote contre la France et contre lui, le pauvre martyr.

L’Algérie n’a rien demandé, mais dans son imaginaire, elle devient une hydre omnipotente. La France ? Une fillette apeurée, tremblante, prête à obéir aux caprices d’Alger. Et lui, évidemment, le héros sacrificiel, le dernier rempart de la vérité, le Sisyphe moderne que tout complot écrase.

Paranoïa à l’état pur ou comment transformer une dépêche en crise diplomatique

Driencourt excelle dans l’art de l’escalade imaginaire : APSFrance 2 → suppression → scandale diplomatique → menace pour l’élection présidentielle française. À lire cela, on s’attend presque à voir Bond et sa vodka martini débarquer pour déjouer un complot algérien à Paris.

Son texte est un manifeste de paranoïa professionnelle : chaque événement concret est interprété comme une preuve de la conspiration mondiale contre lui. Même un simple changement de programme télé devient « la preuve irréfutable que l’Algérie manipule la France ». Il faut admirer le culot : transformer le hasard en complot avec la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Le narcissisme diplomatique, art majeur de Driencourt

Tout dans ce texte respire l’ego. Tout est centré sur lui. Chaque député, recteur, journaliste ou commentateur critique devient un agent de l’ombre, un complice d’Alger, un relais invisible d’un complot invisible.

Et lui ? Lui, bien sûr, est l’unique voix rationnelle, la seule conscience éclairée dans un monde de naïfs. Son obsession pour l’Algérie devient le fil conducteur d’une tragédie qu’il croit universelle. Mais ne vous y trompez pas : le seul danger réel ici est le narcissisme d’un homme persuadé que le monde entier (sauf le Makhzen du Maroc) conspira contre lui personnellement.

Le rapport de forces, mantra du ridicule

« L’Algérie ne comprend que le rapport de forces. » Phrase répétée comme un mantra, érigée en dogme. Et hop, voilà que la simple vérité du quotidien devient un affront insupportable, un scandale diplomatique, un crime contre l’humanité française du moins dans la logique Driencourt.

Le monde, nous explique-t-il, est une arène où l’Algérie tire les ficelles, et la France est un petit chat apeuré, prêt à se recroqueviller à la moindre grimace. Pendant ce temps, la France réelle, complexe et multiforme, continue de fonctionner, mais peu importe : Driencourt a besoin d’un méchant pour faire briller son héroïsme.

L’humour noir du réel face au pathos

Ce qui est fascinant, c’est la façon dont ce texte se dévore lui-même. Le complot est partout, le narcissisme est central, l’Algérie est omnipotente, la France est naïve. Le lecteur se retrouve pris dans un ballet grotesque où le seul spectacle digne d’intérêt est… le ridicule de l’auteur.

L’ironie est ici noire, douce-amère : Driencourt croit dénoncer une ingérence étrangère, mais il dévoile surtout son obsession, sa mauvaise foi et sa vision manichéenne. Le brûlant parfum du ridicule s’invite à chaque ligne, et laisse une sensation étrange : celle de lire un pamphlet contre soi-même, écrit par quelqu’un qui pense qu’il tient le monde en main.

Conclusion : quand l’ego devient tragédie nationale

À vouloir transformer des contraintes télévisuelles et des dépêches en crime d’État, Driencourt ne ridiculise pas l’Algérie. Il ridiculise sa propre paranoïa, sa propension à victimiser et sa croyance qu’il est le centre de l’univers diplomatique.

L’Algérie, en réalité, n’a rien demandé. Elle n’a rien fait. La France continue, elle, de négocier, de discuter, d’échanger… mais pour Driencourt, seul compte son théâtre intérieur. Son texte est un monument d’auto-glorification paranoïaque, une fresque d’ego démesuré, un opéra-comique écrit à la gloire de lui-même contre le monde.

La morale est limpide : à trop vouloir se poser en martyr, on finit par ne plus être crédible. Et surtout, on offre au lecteur le plus délicieux des plaisirs : la lecture d’un brûlot qui se consume de l’intérieur, de façon aussi cruelle que délicieusement ironique.

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

Le souverain du Makhzen en pleine activité… de fiction

Ou l’art de gouverner un peuple à coups de communiqués enchantés

Il faut un talent rare pour parler d’un peuple sans jamais le regarder. Un art consommé pour invoquer le citoyen tout en l’effaçant. Le dernier communiqué royal sur la Coupe d’Afrique des Nations en est une démonstration magistrale : un long poème officiel où le  Makhzen  triomphe, l’Afrique applaudit, le Roi remercie… pendant que le peuple, lui, reste hors champ, comme un figurant inutile dans sa propre histoire.

Bienvenue dans le royaume d’un Makhzen de la réalité alternative, là où le football sert de rideau, la ferveur populaire de maquillage, et la monarchie de narrateur omniscient.

Un Roi partout, un peuple nulle part

Tout est dit, tout est célébré, tout est béni. Le Makhzen progresse, le modèle est « singulier et performant », le citoyen est « au centre de toutes les ambitions ». Formidable. À tel point qu’on se demande où se cache ce citoyen si central. Dans les quartiers oubliés ? Dans les campagnes asséchées ? Dans les hôpitaux délabrés ? Dans les files du chômage ?

Non. Le sujet marocain du communiqué est un personnage abstrait, une silhouette souriante, utile uniquement pour applaudir, remercier et soutenir. Il n’existe que comme décor émotionnel de la grandeur royale. Un figurant patriote, silencieux et reconnaissant.

La Coupe d’Afrique comme anesthésiant politique

Le procédé est vieux comme les monarchies fatiguées : quand le réel grince, on sort le spectacle. Quand le quotidien brûle, on distribue de la ferveur. Quand les inégalités explosent, on parle de football, d’infrastructures et de « rayonnement continental ».

La CAN devient ainsi un outil de blanchiment politique. Tout succès sportif est recyclé en victoire du Makhzen. Tout cri de joie est interprété comme une approbation tacite du pouvoir. Le ballon rond roule sur les fissures sociales, et l’on espère que personne ne regardera sous le tapis.

L’art royal de l’autosatisfaction permanente

Le texte est une litanie de superlatifs : magnifique, historique, exemplaire, remarquable. À force de s’auto-congratuler, le discours finit par ressembler à une caricature de lui-même. Le Roi remercie, félicite, salue, encourage… comme s’il se parlait à lui-même à travers un miroir officiel.

Et quand surgissent des incidents, violences, débordements, tensions, ils deviennent aussitôt de simples « épisodes malheureux », presque poétiques, aussitôt dissous dans la « fraternité interafricaine ». Le réel dérange ? On le dilue. La colère existe ? On la nie. Le malaise social ? Inexistant dans la prose royale.

Le déni comme méthode de gouvernement

La phrase est révélatrice : face au « dénigrement », le Makhzen et son  Roi sont « persuadés que les desseins hostiles ne parviendront jamais à leurs fins ». Traduction : toute critique est hostile, toute contestation est suspecte, toute voix dissonante est un complot.

C’est la vieille recette autoritaire : disqualifier la critique avant même qu’elle ne parle. Transformer le désaccord en trahison. Présenter la monarchie comme éternellement vertueuse, donc éternellement innocente.

La proximité imaginaire d’un Roi lointain

On nous parle de « proximité cultivée au fil des siècles ». Belle formule. Presque poétique. Mais à force d’être répétée, elle sonne creux. La proximité proclamée n’est qu’un slogan quand elle ne se traduit ni par justice sociale, ni par égalité réelle, ni par dignité vécue.

Le Makhzen parle au peuple, jamais avec lui. il le célèbre à distance, comme on célèbre une foule depuis un balcon : avec chaleur, mais sans contact.

Conclusion : le mensonge en costume d’apparat

Ce communiqué n’est pas un message. C’est une mise en scène. Une chorégraphie verbale où le Roi incarne à la fois le visionnaire, le bâtisseur, le rassembleur et le sage africain pendant que le peuple, lui, continue de vivre hors du texte, hors du cadre, hors de la fête.

À force de peindre un Maroc irréel, le pouvoir finit par avouer son plus grand aveu : il ne regarde plus le pays tel qu’il est, mais tel qu’il voudrait qu’on le croie.

Et c’est là que le rire devient noir. Car pendant que le discours royal s’auto-congratule, le réel, lui, n’applaudit plus. Il attend. Il observe. Et il n’oublie pas.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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