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Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

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Palestine : quand l’accusation d’islamisme masque la réalité de l’occupation

 


Une certaine presse de courant sioniste, nous met en présentoir un texte qui propose de relire la question palestinienne à travers le prisme de Sayyid Qutb et de l’héritage des Frères musulmans. Il décrit la solidarité internationale avec la Palestine comme une manipulation idéologique, destinée à "frapper l’Occident dans sa culpabilité" et à ériger la cause palestinienne en "mythe fondateur d’une régénération islamique". Un tel cadrage appelle une lecture critique, tant il repose sur des amalgames et des glissements qui occultent la réalité première du conflit : la colonisation et l’occupation.

Un tel discours d’une obsession tenace pour expliquer la cause palestinienne non pas comme une lutte contre la colonisation et l’occupation, mais comme une manipulation idéologique héritée des Frères musulmans et de Sayyid Qutb. Ce type de récit détourne le regard de l’essentiel : les Palestiniens ne se battent pas pour "dissoudre l’Occident", ils se battent pour vivre libres sur leur terre.

L’amalgame permanent : Palestiniens = Hamas = Qutb

Le texte en question établit une chaîne trompeuse : Qutb → Frères musulmans → Hamas → tous les Palestiniens → les soutiens occidentaux. Résultat : la diversité du mouvement national palestinien disparaît. Or, faut-il rappeler que l’OLP, le Fatah ou encore une partie importante de la gauche palestinienne sont des organisations laïques, dont le combat est d’abord national et politique ? Assimiler toute la Palestine à l’héritage de Qutb, c’est nier cette pluralité et réduire un peuple entier à une idéologie qui n’est pas la sienne.

La "culpabilité occidentale" comme explication unique

Selon ce récit, si des universités, des ONG ou des responsables politiques soutiennent la Palestine, ce n’est pas par souci de justice, mais par obsession de se laver des fautes coloniales et de la Shoah. Mais qui peut sérieusement prétendre que les critiques contre l’occupation, les colonies illégales ou le blocus de Gaza ne reposent que sur une "culpabilité morale" ? La solidarité avec la Palestine s’appuie sur des faits : confiscation des terres, expulsions forcées, apartheid reconnu par plusieurs organisations de défense des droits humains.

Nul besoin d’invoquer Qutb pour comprendre pourquoi cette situation indigne.

 

 

 

Edward Saïd instrumentalisé

Pour donner du poids à son récit, l’auteur convoque Edward Saïd. Mais c’est une récupération grossière. Saïd n’était ni islamiste, ni proche des Frères musulmans : il était un intellectuel laïc, critique autant de l’orientalisme que de l’islamisme. L’associer à Qutb, c’est déformer son œuvre et trahir son héritage.

Le vrai glissement : de la colonisation à la guerre des civilisations

Ce type de discours transforme un conflit territorial en affrontement civilisationnel. Les Palestiniens n’apparaissent plus comme un peuple colonisé qui réclame ses droits, mais comme des pions d’une guerre idéologique contre l’Occident. Et ainsi, au lieu de parler du mur, des checkpoints, des démolitions de maisons, on parle de "stratégie de dissolution morale". C’est une manière commode d’effacer la réalité concrète de l’occupation.

En réalité…

Dépeindre la cause palestinienne comme "application de la méthode Qutb" revient à effacer la réalité du terrain : celle d’un peuple sous occupation, réclamant non pas la régénération de l’islam mais la reconnaissance de ses droits fondamentaux.

Ce qui se joue en Palestine n’est pas un "complot islamiste mondial" mais bien une lutte contre un système colonial. Oui, le Hamas existe, et il se réclame d’une idéologie islamiste. Mais réduire la cause palestinienne à ce seul prisme, c’est commettre une double injustice : d’abord à l’égard des Palestiniens eux-mêmes, dont la lutte dépasse de loin le Hamas, et ensuite à l’égard de ceux qui, dans le monde, les soutiennent par conviction de justice, non par culpabilité.


En conclusion

Il est temps de dire clairement les choses : brandir Qutb et les Frères musulmans comme clé d’explication de la cause palestinienne, c’est une diversion. Cela permet d’éviter le sujet central : la colonisation, l’occupation et les droits fondamentaux d’un peuple. Derrière les grandes théories civilisationnelles, ce sont toujours les Palestiniens qui paient le prix, parce qu’on refuse de voir leur combat pour ce qu’il est : un combat pour la liberté.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/


Gaza : trahison internationale et silence complice face au génocide.

Le texte percutant de Ramy Abdul, La justice manquante : comment la communauté internationale a trahi Gaza, expose avec force ce que beaucoup refusent de nommer : un génocide en direct, protégé par la complicité active des puissances mondiales.

Depuis plus de deux ans, la population de Gaza subit bombardements, famine organisée, destructions massives – et le monde, au lieu d’intervenir, offre au régime occupant une couverture diplomatique et militaire ininterrompue.

Sur la scène internationale, aucune lutte de libération moderne n'a connu une trahison aussi profonde que celle subie par Gaza. Aucun génocide récent n'a non plus été accueilli avec une complicité aussi flagrante et un silence aussi assourdissant. Pendant plus de deux ans, le monde a adhéré au discours de la puissance occupante, lui fournissant une couverture politique et morale qui a permis aux atrocités de se poursuivre sans relâche. Pendant ce temps, ses chaînes d'approvisionnement militaire n'ont rencontré aucune entrave, bien au contraire.

La complicité active de la communauté internationale et surtout ce n’est pas seulement l’inaction qui scandalise : c’est l’obstruction délibérée aux mécanismes de justice.

ONU, CIJ, CPI : incapables ou non désireuses d’imposer des sanctions ou d’obtenir des comptes.

Union européenne : incapable de suspendre ne serait-ce qu’un programme scientifique marginal, tout en maintenant des accords commerciaux avec l’occupant.

Chaînes d’approvisionnement militaires : intactes, voire renforcées.

Cet Même dans le domaine juridique, les États qui prétendent défendre la justice et les droits de l’homme ont activement entravé tous les efforts visant à obtenir des comptes, que ce soit devant la Cour internationale de justice ou la Cour pénale internationale.

 Après deux années de villes entières réduites en ruines, de dizaines de milliers de morts en direct à la télévision et de civils délibérément affamés, l'Union européenne n'a guère fait plus qu'envisager de revoir son partenariat avec le régime génocidaire. Même l'idée symbolique de suspendre un programme marginal de coopération scientifique comme Horizon Europe n'a reçu le soutien que de 10 des 27 États membres.

Au niveau local, la mobilisation mondiale a été faible – un échec moral de la conscience mondiale, qui s’est limitée à des manifestations tièdes et à des déclarations creuses, sans aucune grève sérieuse, mouvement de masse ou campagne de pression soutenue.

Aujourd'hui, depuis plus de deux mois, la même communauté internationale s'est montrée incapable de contraindre le régime génocidaire à autoriser l'entrée humaine de nourriture, à protéger les agences humanitaires de l'ONU, ni même à garantir la survie de l'UNRWA – un démantèlement envisagé de longue date par le projet sioniste. L'occupation a bien compris cette situation ; elle alimente la poursuite et l'escalade du génocide, l'encourageant à explorer des scénarios encore plus brutaux, notamment la restitution des colonies, l'annexion des territoires de Gaza et la domination totale sur la Cisjordanie et Jérusalem.

Après deux années d’annihilation systématique, le maximum que la communauté internationale ait réussi à offrir sont de faibles propositions pour un État palestinien dépouillé de souveraineté, de dignité et de sens, conditionnées au désarmement, à l’obéissance et à la renonciation complète aux droits historiques, politiques et moraux. Bien que la cause palestinienne ait retrouvé une partie de son importance en tant que lutte de libération mondiale, le régime occupant a largement réussi à dépeindre la résistance palestinienne – et le peuple palestinien dans son ensemble – comme violents et terroristes, en inscrivant son récit fabriqué dans le discours mondial. Comprendre la dynamique de l'opinion publique mondiale révèle une dure réalité : la solidarité, aussi large soit-elle, est éphémère si elle n'est pas canalisée stratégiquement et immédiatement.

Cette complicité institutionnelle est le carburant qui alimente la poursuite du massacre et une mémoire collective menacée d’effacement, la solidarité mondiale est éphémère si elle n’est pas canalisée.
L’histoire l’a montré :

1982 : Sabra et Chatila – indignation mondiale, puis oubli et normalisation.

2008 : offensive contre Gaza – soutien initial, puis silence médiatique.

2018 : Rohingyas – indignation massive, puis disparition de la cause des gros titres.

Aujourd’hui, le mot “génocide” s’impose davantage, mais le risque est grand que Gaza rejoigne la liste des injustices abandonnées à la poussière de l’oubli.

 

Briser le cycle de l’oubli : de la colère à l’action

Les causes justes ne triomphent pas par leur seule légitimité. Elles gagnent par la constance, la stratégie et la pression organisée.

Cela signifie :

Lancer et maintenir des campagnes internationales coordonnées.

Construire des réseaux de solidarité transnationaux capables de contourner les blocages institutionnels.

Documenter, archiver, diffuser inlassablement la réalité du terrain.

Gaza ne peut se contenter de hashtags ou de marches symboliques. Il faut une action persistante qui dépasse l’émotion passagère. Sans campagnes organisées pour maintenir la visibilité et la pression, même les causes les plus justes risquent de disparaître des mémoires une fois les gros titres passés. En 1982, l'indignation mondiale a atteint son paroxysme après l'invasion du Liban par Israël et le massacre de Sabra et Chatila, mais elle s'est rapidement dissipée et Israël a rétabli des relations normalisées en toute impunité. En 2008, Gaza a bénéficié d'un élan de soutien international, qui s'est ensuite dissipé dès la fin de l'assaut. Aujourd’hui, même si le mot « génocide » est plus fréquemment associé à Gaza, le danger d’un oubli mondial plane – tout comme ce fut le cas pour les Rohingyas au Myanmar en 2018, ou pour la Namibie en 1971, lorsque la CIJ a déclaré illégale l’occupation de l’Afrique du Sud, une décision restée lettre morte pendant deux décennies.

Conclusion : l’heure du choix

Les causes justes ne triomphent pas uniquement en raison de leur justice, ni par le nombre de hashtags ou de sympathisants en ligne, mais par la capacité de leurs membres à maintenir leur élan, à faire pression et à saisir l’instant présent. Le monde n'a pas de mémoire ; il évolue au gré de l'instant. Et si cet instant n'est pas saisi avec sagesse et force, il s'estompera, telle une vague perdue dans le vaste océan de l'oubli.

Ce texte est une gifle nécessaire à notre conscience collective. Gaza n’est pas seulement victime d’un génocide ; elle est aussi victime d’un abandon moral orchestré. Les États, les grandes institutions et même une partie de la société civile mondiale ont échoué, non par ignorance, mais par choix.

Là où la justice devait s’imposer, nous avons vu l’obstruction volontaire. Là où la solidarité devait s’organiser, nous avons vu l’indifférence. Ce n’est pas seulement un échec politique — c’est un effondrement de l’humanité face à l’évidence.

L’histoire récente nous avertit : les vagues de soutien s’écrasent vite si elles ne sont pas canalisées en campagnes organisées, persistantes et massives. La Palestine ne peut se contenter de hashtags et de marches symboliques. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement sa survie physique, mais la préservation de sa mémoire, de ses droits et de son existence politique.

Gaza nous met au défi de choisir : laisserons-nous cette cause rejoindre la longue liste des injustices oubliées, ou la transformerons-nous en une lutte victorieuse grâce à notre constance et notre action ? Ce choix ne peut plus attendre.

Si cet instant n’est pas saisi avec détermination, Gaza sera effacée des écrans et des consciences, comme tant d’autres peuples avant elle. Nous avons un choix : Laisser cette cause disparaître dans l’océan de l’oubli, ou en faire une lutte victorieuse grâce à notre constance et notre action.

Gaza nous met face à ce choix. Et ce choix ne peut plus attendre.

 Kader Tahri

Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/