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La falsification historique autour de “l’Algérie inventée”

 

Non, la France n’a pas “inventé” l’Algérie. Elle l’a conquise, détruite, redessinée  puis renommée. Ce n’est pas la même chose.

Il faut commencer par dire les choses clairement : brandir une lettre administrative de 1839 pour prétendre que l’Algérie n’existait pas avant la France n’est pas une découverte historique, c’est une manœuvre idéologique. Une vieille ficelle coloniale, recyclée aujourd’hui sous couvert d’érudition d’archives.

Oui, la lettre du général Schneider est authentique. Oui, elle fixe l’usage officiel du mot « Algérie » dans l’administration française. Mais non, elle ne prouve absolument pas que l’Algérie soit née d’un décret colonial, comme une création ex nihilo sortie d’un bureau parisien. Confondre acte de domination et acte de naissance, c’est déjà adopter le regard du colonisateur.

Car enfin, à ce compte-là, il faudrait soutenir que le Maroc n’existe que depuis sa reconnaissance internationale moderne, que l’Égypte commence avec l’occupation britannique, que l’Inde est une invention de la Couronne anglaise et que l’Allemagne n’existait pas avant Bismarck. C’est absurde mais c’est exactement la logique mobilisée ici.

Avant 1830, le territoire correspondant à l’Algérie actuelle n’était ni un vide politique, ni un chaos tribal. La Régence d’Alger, intégrée à l’Empire ottoman, était une entité souveraine reconnue, dotée d’institutions, d’un pouvoir central, d’une fiscalité, d’une armée, d’une diplomatie, et de frontières certes mouvantes, mais réelles — comme toutes les frontières prémodernes. Les puissances européennes traitaient avec elle. La France elle-même l’a reconnue avant de la conquérir.

Ce que fait la colonisation française, ce n’est pas créer un pays : c’est détruire un ordre existant, le fragmenter, le recomposer selon ses besoins militaires et économiques, puis le rebaptiser. Donner un nom administratif à un territoire conquis n’est pas un acte fondateur ; c’est un acte de pouvoir. La colonisation ne fait pas naître les peuples : elle les soumet.

Le plus révélateur reste l’argument sur la Kabylie. Présentée comme extérieure, voire étrangère à l’Algérie, elle est instrumentalisée selon un schéma bien connu. C’est exactement la grille coloniale du XIXᵉ siècle : opposer Kabyles et Arabes, montagnes et plaines, “sociétés libres” et “despotisme oriental”. Cette rhétorique n’a rien de neuf. Elle fut forgée pour diviser les résistances, et elle est aujourd’hui recyclée pour fracturer les mémoires.

Rappeler les spécificités historiques de la Kabylie est légitime. L’en extraire artificiellement pour nier une histoire commune relève d’un révisionnisme fonctionnel, qui ne sert ni la vérité historique ni les peuples du Maghreb. C’est une histoire contre l’histoire.

Car ce discours ne parle pas vraiment de 1839. Il parle du présent. Il parle de légitimité nationale, de concurrence mémorielle, de fractures géopolitiques contemporaines. Il utilise l’histoire non pour comprendre, mais pour délégitimer. Non pour éclairer, mais pour relativiser une souveraineté.

Il faut le dire sans détour : soutenir que l’Algérie est une invention française, c’est reprendre — consciemment ou non — le récit du colonisateur, celui qui fait de l’Europe le point zéro de l’existence politique des autres. C’est une vision du monde où un peuple ne commence à exister qu’à partir du moment où il est nommé par l’Occident.

Le Maghreb vaut mieux que cela. Son histoire est complexe, conflictuelle, plurielle — mais elle n’est pas née dans les bureaux du ministère français de la Guerre. L’archive coloniale est une source ; elle n’est pas une matrice. Et surtout, elle n’est jamais neutre.

Nommer n’est pas créer. Conquérir n’est pas fonder. Et coloniser n’a jamais donné naissance à un peuple seulement à des blessures durables.

Pauvre presse du Makhzen toujours à l’affut avec un argument central repose sur un lien de causalité douteux : Invention de l’Algérie. On peut souligner le ridicule de ce raisonnement.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 


Le grand mufti de Jérusalem n’a pas inventé la Shoah: quand l’histoire devient arme politique

 

En accusant Hadj Amin al-Husseini d’avoir inspiré Hitler dans la mise en œuvre de la “solution finale”, Benyamin Netanyahou ne se contente pas de déformer l’histoire. Il invente un dialogue imaginaire, détourne la mémoire de la Shoah et jette une accusation infondée sur les Palestiniens. Or la vérité historique est claire : la Shoah est une responsabilité exclusivement nazie, déjà en cours avant la rencontre d’Hitler et du mufti.

Quand l’histoire est réécrite pour servir la politique : À Jérusalem, devant le 37ᵉ Congrès sioniste mondial, Benyamin Nétanyahou a affirmé que le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, aurait convaincu Adolf Hitler de passer de l’expulsion à l’extermination des Juifs. Il a même prêté aux deux hommes un dialogue hallucinant : « Que dois-je faire d’eux ? », aurait demandé Hitler. « Brûlez-les », aurait répondu le mufti.

Or ce dialogue est une pure invention. Le compte-rendu officiel de la rencontre du 28 novembre 1941 existe : il a été publié, étudié, analysé. On y lit la volonté du mufti de bloquer toute émigration juive vers la Palestine et la promesse d’Hitler de ne tolérer aucun « foyer juif » après sa victoire. Mais à aucun moment, pas une ligne ne mentionne une telle scène. Ce passage est imaginaire, forgé pour servir une narration politique contemporaine.

En réactivant ce mythe, Benyamin Nétanyahou ne cherche pas tant à rétablir une vérité historique qu’à servir un objectif politique immédiat : délégitimer les Palestiniens d’aujourd’hui en les associant au crime absolu du XXᵉ siècle. C’est une manœuvre rhétorique, qui vise à figer l’adversaire dans la figure du bourreau nazi, à brouiller les lignes de responsabilité et à justifier la politique actuelle d’Israël en présentant le peuple palestinien comme héritier d’une haine génocidaire. Mais cette stratégie a un prix : celui d’affaiblir la mémoire de la Shoah elle-même

La Shoah avait déjà commencé : Les faits sont établis : en novembre 1941, le génocide est déjà en marche. Depuis l’été, les Einsatzgruppen fusillent méthodiquement les communautés juives en Ukraine, en Biélorussie et dans les pays baltes. À Kiev, le massacre de Babi Yar, en septembre 1941, coûte la vie à 33 771 personnes en deux jours. Ces crimes, commis avant la rencontre de Berlin, témoignent d’une dynamique exterminatrice déjà enclenchée.

Faire croire qu’Hitler aurait hésité jusqu’à ce qu’un dirigeant palestinien l’oriente vers la solution radicale est une falsification flagrante. La Shoah fut conçue et organisée au cœur du régime nazi : Hitler, Himmler, Heydrich, et l’ensemble de l’appareil d’État allemand en furent les acteurs. Ni le mufti ni aucun autre responsable extérieur ne peuvent en être les inspirateurs.

Le rôle réel du mufti : Il est nécessaire de replacer le mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini dans son contexte. Comme dirigeant politique palestinien, il a cherché à empêcher l’immigration massive de Juifs vers la Palestine, perçue alors comme une menace existentielle pour son peuple. Cela ne fait pas de lui un idéologue de l’extermination nazie. S’il a pu trouver un intérêt tactique à se rapprocher de l’Allemagne hitlérienne, ce rapprochement relève avant tout d’une logique anticoloniale et d’un refus du projet sioniste en Palestine, et non d’une contribution à la mise en place de la « solution finale ».

Confondre opposition à une immigration coloniale et responsabilité dans un génocide planifié en Europe est une accusation infondée, qui déforme la mémoire et brouille les responsabilités.

Le déplacement du Mufti à Berlin n’autorise en rien à le transformer en architecte ou en déclencheur de la « solution finale ». La complicité ne fait pas la paternité. Al-Husseini fut un allié opportuniste du Reich, pas l’idéologue ni le stratège de son projet exterminateur.

En réactivant ce mythe, Benyamin Nétanyahou ne cherche pas tant à rétablir une vérité historique qu’à servir un objectif politique immédiat : délégitimer les Palestiniens d’aujourd’hui en les associant au crime absolu du XXᵉ siècle. C’est une manœuvre rhétorique, qui vise à figer l’adversaire dans la figure du bourreau nazi, à brouiller les lignes de responsabilité et à justifier la politique actuelle d’Israël en présentant le peuple palestinien comme héritier d’une haine génocidaire. Mais cette stratégie a un prix : celui d’affaiblir la mémoire de la Shoah elle-même.

Une instrumentalisation dangereuse

Les accusations de Netanyahu : A par sa psychopathie avérée comme sa perversion et son narcissisme évident, tout est faux chez lui. Son incommensurable bêtise fait qu’il est devenu la risée de tous les peuples de la Terre que cette dernière soie sphérique ou plate. L’évidence est là !!!

Lui et ses légions damnées formées par les immondes et mafieux Sataniques et sionistes nazis par leur maîtres : les Etats Unis et l’Occident sont l’alpha et l’oméga du mal incarné, sont historiques fausses. Ce que fait Netanyahou, ce n’est pas de l’histoire et l’histoire bégaie : c’est de la rhétorique politique. En associant la cause palestinienne au crime absolu du XXᵉ siècle, il cherche à délégitimer un peuple entier et à faire passer la lutte nationale palestinienne pour une haine génocidaire. Mais ce faisant, il minimise la responsabilité des nazis et fragilise la mémoire de la Shoah.

L’antisémitisme séculaire des Palestiniens : En affirmant l'existence d'une tradition antisémite séculaire parmi les Palestiniens, culminant avec une participation active à l'anéantissement du peuple juif, Netanyahou entend établir une continuité historique directe et sans équivoque. Il insinue que l'Intifada actuelle n'a rien à voir avec l'occupation israélienne de la Cisjordanie, le mur de séparation, la question des colonies juives sur les terres palestiniennes ou la situation socio-économique générale des Palestiniens, mais qu'elle repose essentiellement sur un antisémitisme profondément ancré.

Les historiens de Yad Vashem, des chercheurs israéliens et même le gouvernement allemand ont rappelé en 2015 l’évidence : la responsabilité de la Shoah est entièrement nazie. L’affirmer, ce n’est pas protéger les Palestiniens ; c’est protéger la vérité historique et l’humanité tout entière contre les falsifications qui nourrissent la haine.

Protéger la mémoire de la Shoah : La Shoah n’a pas besoin de faux dialogues ni de boucs émissaires inventés. Elle a ses responsables : ils étaient allemands, nazis, et ils ont planifié la destruction de six millions de Juifs européens. La mémoire de ce crime exige rigueur, respect et vérité. La transformer en arme politique conjoncturelle, c’est trahir sa portée universelle et son rôle de garde-fou contre les idéologies de haine.

Il faut le dire sans ambiguïté : les Palestiniens, en tant que peuple, ne portent aucune responsabilité dans la Shoah. Au contraire, nombre d’entre eux se sont battus dans les rangs des Alliés contre le fascisme. Associer artificiellement leur histoire nationale à l’extermination des Juifs d’Europe, c’est une injustice profonde, une calomnie qui alimente la haine au lieu de construire des ponts de compréhension et de paix.

Aujourd’hui, plus que jamais, il importe de protéger la vérité historique. Le mufti de Jérusalem fut un personnage politique, il n’a pas soufflé à Hitler l’idée du génocide. Oui, la Shoah fut planifiée, mise en œuvre et assumée par le régime nazi, en Allemagne et en Europe occupée. Non, on ne saurait en faire une responsabilité palestinienne.

L’histoire est assez lourde de tragédies pour qu’on la respecte telle qu’elle fut. La Shoah doit rester un lieu de vérité, non de manipulation. Elle n’appelle pas à accuser de nouveaux coupables imaginaires, mais à renforcer une vigilance universelle : celle qui dit « plus jamais ça », sans mensonge et sans calcul.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/


Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...