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Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

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Crise diplomatique Algérie-Émirats : vers un tournant historique dans le Golfe et le Maghreb

La question centrale est la protection de l’intégrité nationale face à des ingérences extérieures. Une rupture diplomatique totale serait un signal fort pour la région et la scène internationale

Les récentes dépêches évoquant une possible rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis (EAU) ne sont pas simplement le reflet d’un différend bilatéral. Elles illustrent une dynamique régionale plus profonde, où souveraineté nationale, intérêts stratégiques et équilibres géopolitiques se confrontent de manière directe et souvent inattendue. Si Alger devait concrétiser cette rupture, ce serait un geste d’une portée historique, non seulement pour les deux pays concernés, mais pour l’ensemble du Maghreb et du Moyen-Orient.

Une menace perçue contre la souveraineté nationale

Selon les autorités algériennes, cette escalade trouve son origine dans des actions émiraties considérées comme hostiles. Le soutien présumé à des mouvements séparatistes, tels que le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, classé organisation terroriste, constitue une ligne rouge. Des enquêtes sont en cours sur des financements étrangers et sur des démarches visant à protéger et soutenir certaines figures séparatistes. Pour Alger, il s’agit d’une tentative d’internationalisation d’une question interne — perçue comme une atteinte directe à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’État.

À ce stade, l’affaire dépasse le cadre d’un différend diplomatique classique. Elle est désormais vue comme une menace stratégique pour la sécurité nationale, imposant une réévaluation complète des relations avec Abou Dhabi.

Une rupture qui serait historique

Les relations diplomatiques restent officiellement en place, mais leur état est décrit comme extrêmement tendu. Les options à l’étude vont du simple rappel d’ambassadeurs à une rupture totale, ce qui constituerait un précédent notable dans la politique étrangère algérienne. Les conséquences, tant diplomatiques qu’économiques, seraient considérables et pourraient modifier durablement certains équilibres régionaux. Plus qu’un geste symbolique, cette décision serait une affirmation claire : l’Algérie ne transigera pas sur son intégrité nationale.

Un contexte régional en mutation

Cette crise ne peut se comprendre sans considérer les rivalités au sein du Golfe. Les relations entre l’Arabie saoudite et les Émirats montrent que les ambitions locales peuvent entrer en conflit avec les intérêts stratégiques collectifs. Riyad, désormais moins disposé à tolérer ce qu’elle considère comme un « aventurisme stratégique » émirati, a choisi une diplomatie plus assertive. Toute action concurrente ou hostile dans les zones où l’Arabie saoudite dispose d’intérêts stratégiques sera désormais contestée de manière ouverte.

Dans ce contexte, l’Algérie est confrontée à un acteur dont l’expérience diplomatique et l’ancrage historique semblent limités, rendant le dialogue stratégique difficile et les tentatives de médiation largement infructueuses.

Les limites structurelles des modèles du Golfe

Cette crise illustre aussi les fragilités systémiques des États du Golfe. Leur modèle social, fondé sur un contrôle étroit des populations et sur la dépendance aux puissances extérieures, ne favorise ni le développement intellectuel autonome ni la construction d’une société capable de produire durablement savoir et idées. La puissance économique et militaire des EAU repose sur une dépendance stratégique : protégés par des alliés puissants, mais soumis à leurs exigences et contraintes.

Cette contradiction est au cœur de l’instabilité régionale. Si les Émirats disposent de moyens financiers et militaires considérables, leur capacité à conduire une politique étrangère véritablement autonome reste limitée. Tout bouleversement interne, tout changement de leadership, pourrait avoir des conséquences immédiates et imprévisibles pour le Golfe et le Maghreb.

L’Algérie face à un test stratégique

Pour l’Algérie, cette crise est un test de souveraineté et de capacité à protéger ses intérêts nationaux. La rupture éventuelle avec les Émirats ne serait pas un acte impulsif, mais un choix stratégique réfléchi. Elle constituerait un signal clair adressé à ses partenaires régionaux et internationaux : la souveraineté et l’intégrité nationale demeurent non négociables.

Au-delà des seuls enjeux bilatéraux, cette situation souligne l’importance d’une diplomatie réaliste et fondée sur l’analyse des rapports de force régionaux et globaux. Elle rappelle que la stabilité et la cohérence dans les relations internationales ne sont pas des acquis, mais le résultat d’une vigilance constante et d’une capacité à défendre ses intérêts avec détermination.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                           Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

 

 


Algérie–Venezuela : Une comparaison paresseuse et l’Algérie face aux prophètes du déclin !

 


Ce que je trouve personnellement regrettable, c’est la tendance d’une partie non négligeable des intervenants sur les réseaux sociaux à formuler leurs opinions sur un mode purement affirmatif, comme s’ils détenaient des informations irréfutables ou avaient accès aux cercles réels de décision. Or, sauf exception, nous ne sommes ni dans le secret des coulisses ni au cœur des mécanismes de décision stratégique à haut niveau.

Cela ne signifie évidemment pas que le citoyen doive se taire : l’expression d’un avis sur les sujets d’actualité est non seulement légitime, mais nécessaire à la vie sociale et démocratique. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’analyses politiques, économiques ou géopolitiques, il serait sans doute plus rigoureux  et plus honnête intellectuellement  de recourir au conditionnel, plutôt que de présenter des hypothèses comme des certitudes.

On ne compare pas l’incomparable

Maduro a été destitué par ses généraux qui l’ont gentiment remis aux autorités américaines. Quant à l’action militaire ayant conclu sa chute, elle n’est qu’un écran de fumée auquel Trump, c’est son aptitude la plus criante "Nous sommes les meilleurs, nous avons les meilleures armes du monde", s’est employé à donner un relief particulier et spectaculaire.

Aussi, faut arrêter d’idéaliser un pays comme le Venezuela, 28 millions d’habitants quasi 10 millions d’expatriés. C’est un signe que ça ne va pas fort... SI on compare à l’Iran qui est aussi sanctionné (même plus, mais qui a réussi à créer une industrie et une économie, sans hémorragie de sa population)

Un pays fort défend ses intérêts par la force si nécessaire, ce n’est pas parce qu’on est devenu des lopettes peureuses en 

Il est devenu presque banal, sur les réseaux sociaux, d’énoncer des certitudes comme s’il s’agissait de vérités révélées. Nombre d’intervenants s’expriment sur l’Algérie avec un aplomb déconcertant, comme s’ils avaient accès aux salles de commandement du pouvoir mondial ou aux circuits réels de décision stratégique. Or, soyons honnêtes : nous commentons, nous interprétons, nous supposons. Nous ne savons pas. Et la première exigence intellectuelle devrait être là.

Que chacun donne son avis est non seulement légitime, mais indispensable à toute société vivante. Encore faut-il distinguer l’opinion de l’expertise, l’hypothèse du fait établi. À défaut, on glisse rapidement de l’analyse à la prophétie, du débat à la manipulation émotionnelle.

Depuis la crise vénézuélienne, une rengaine revient avec une constance suspecte : « l’Algérie suivra le même chemin ». Cette comparaison est non seulement paresseuse, elle est fausse. Le Venezuela et l’Algérie n’évoluent ni dans le même contexte social, ni dans la même architecture économique, ni dans la même configuration géopolitique ou militaire. Assimiler l’un à l’autre relève moins de l’analyse que du slogan anxiogène.

Plus inquiétant encore est ce récit selon lequel tous les maux de l’Algérie commenceraient en 2019, avec l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune. Comme si l’effondrement de pans entiers de l’économie, la corruption systémique, la captation de l’État par des réseaux mafieux et la dépendance structurelle aux hydrocarbures étaient des phénomènes récents. Cette lecture n’est pas seulement erronée : elle est intellectuellement malhonnête.

Le débat est d’autant plus biaisé qu’il se drape souvent d’un vernis idéologique. Or, soyons lucides : l’idéologie ne structure plus réellement le monde. Les exemples des États-Unis sous Trump ou de la France sous Macron démontrent que les grandes doctrines ont cédé la place à des logiques de pouvoir, d’intérêts et de rapports de force. Nous vivons une époque post-idéologique, dominée par des acteurs transnationaux dont l’ambition est moins de convaincre que de contrôler.

Qu’il s’agisse de grandes fortunes, de fonds d’investissement ou de fondations globales, le moteur n’est pas une vision du monde, mais une pulsion de domination. Après la puissance financière, vient le désir de la puissance politique globale. Dans ce cadre, il est permis de s’interroger — sans affirmer — sur certains événements mondiaux récents et sur les intérêts qu’ils ont pu servir.

Dès lors, une question s’impose : que pouvait réellement faire le pouvoir algérien depuis 2019, dans un contexte mondial marqué par la pandémie, les tensions énergétiques et les recompositions géopolitiques ? Annoncer une transition politique indéfinie avant même la stabilisation institutionnelle ? Supprimer les aides sociales alors que la classe moyenne basculait déjà dans la précarité ? Mettre fin aux transferts sociaux après que des réseaux de prédation — incarnés par les affaires Haddad, Tahkout, Kouninef ou Ouyahia — ont vidé les caisses de l’État ?

Cela aurait été offrir sur un plateau l’Algérie à ceux qui rêvent d’un monde sans nations, soumis à un capitalisme global sans frontières ni contre-pouvoirs.

À l’inverse, des choix ont été faits. Des projets structurants ont été engagés ou relancés : Gara Djebilet, les phosphates, l’exploration offshore, l’extension du réseau ferroviaire vers l’extrême sud, les perspectives liées au lithium pour l’industrie des véhicules électriques, sans oublier les partenariats scientifiques et médicaux de haut niveau. Balayer ces dynamiques d’un revers de main en les qualifiant de « rente » ou de « communication » relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi.

Aucun projet structurant ne produit de résultats immédiats. L’investissement lourd exige du temps, de la stabilité et de la patience. Exiger des effets instantanés, c’est refuser par principe toute logique de transformation réelle.

Comparer encore l’Algérie au Venezuela en matière de sanctions ou de confrontation avec les États-Unis révèle une incompréhension profonde des équilibres mondiaux. La puissance américaine repose en grande partie sur le système du pétrodollar. Remettre frontalement ce système en cause constitue une ligne rouge stratégique. Or, l’Algérie cherche à diversifier son économie, non à défier le dollar. La nuance est capitale.

Enfin, il faut le dire clairement : les critiques formulées depuis des salons feutrés à Paris, New York ou Los Angeles, aussi brillantes soient-elles, ne remplacent pas une analyse enracinée dans la réalité nationale. L’Algérie n’est ni un laboratoire idéologique, ni un terrain de projection fantasmatique pour experts autoproclamés.

L’économie n’est pas une incantation néolibérale répétée comme un mantra. Elle consiste à organiser la production pour répondre aux besoins réels d’une population, tout en maintenant la cohésion sociale. Sur ce point, l’Algérie présente un fait rarement mentionné : elle figure parmi les pays aux plus faibles inégalités de revenus à l’échelle mondiale.

Quant au « modèle chinois », souvent invoqué à tort, il repose sur une trajectoire historique unique : une puissance démographique massive et la conservation, après 1949, de structures économiques sous contrôle national. L’Algérie, elle, a vu son tissu économique méthodiquement détruit par la colonisation et ses élites entrepreneuriales éliminées. Faire abstraction de cette histoire, c’est refuser de comprendre le présent.

Comparer l’incomparable n’éclaire rien. Cela rassure peut-être, cela choque parfois, mais cela n’explique jamais.

L’Algérie n’est ni le Venezuela, ni un État failli en sursis, ni une variable d’ajustement dans les fantasmes géopolitiques de commentateurs pressés. Elle est un pays en tension, traversé de contradictions, certes, mais aussi engagé dans une lutte silencieuse pour préserver sa souveraineté économique et politique dans un monde devenu brutalement prédateur.

Ceux qui annoncent son effondrement imminent parlent souvent plus de leurs propres obsessions que de la réalité algérienne. Ils confondent analyse et projection, critique et règlement de comptes, lucidité et désir de voir échouer ce qui ne correspond pas à leurs schémas.

L’Histoire ne se répète jamais à l’identique. Elle punit surtout ceux qui refusent de penser la complexité.
Et l’Algérie, qu’on le veuille ou non, ne se pense ni ne se juge à travers des comparaisons faciles. Elle s’impose, lentement, difficilement, mais souverainement.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le grand mensonge stratégique multipolaire BRICS, Russie, Chine


 Analyse critique de l’illusion du monde multipolaire face à l’hégémonie américaine. Pourquoi les BRICS, la Russie et la Chine échouent à contester l’ordre atlantiste.

Depuis plusieurs années, le discours dominant chez les puissances dites « émergentes » martèle l’avènement d’un monde multipolaire, censé mettre fin à la domination occidentale et à l’ordre atlantiste. Pourtant, l’actualité internationale démontre l’exact inverse : l’hégémonie américaine demeure intacte, non pas par accident, mais par une stratégie cohérente, agressive et assumée.

Les États-Unis restent aujourd’hui la seule puissance capable de combiner projection militaire globale, domination financière, contrôle technologique et guerre informationnelle. Cette supériorité ne repose pas uniquement sur la force armée, mais sur un système impérial complet : dollar comme arme stratégique, sanctions extraterritoriales, OTAN comme bras armé, et alignement politique forcé des alliés européens. Face à cela, les discours sur la fin de l’unipolarité sonnent creux.

Les alliances alternatives — BRICS, partenariats eurasiatiques, coopérations Sud-Sud — sont régulièrement présentées comme des contre-pouvoirs crédibles. Dans les faits, elles ne constituent ni des alliances militaires, ni des blocs politiques unifiés, mais des cadres de coopération économique limités, sans mécanisme de solidarité stratégique. Dès qu’un État entre en confrontation directe avec Washington, ces alliances révèlent leur impuissance.

La Russie, souvent fantasmée comme le principal pôle de résistance à l’ordre atlantiste, agit avant tout selon une logique de réalisme brutal. Elle défend ses intérêts vitaux, pas ceux de ses partenaires idéologiques. Lorsqu’un allié périphérique est menacé, Moscou privilégie l’évitement, la temporisation ou la négociation indirecte. Cette posture, rationnelle militairement, ruine toutefois la crédibilité d’un leadership alternatif capable de fédérer durablement des États souverains face à l’Empire américain.

La Chine, de son côté, incarne une autre forme de renoncement stratégique à court terme. Pékin mise sur la puissance économique, la maîtrise industrielle, la domination technologique et le temps long. Mais en refusant toute confrontation directe avec les États-Unis, elle accepte implicitement les règles du jeu imposées par l’ordre atlantiste. Cette prudence stratégique protège ses intérêts internes, mais sacrifie ses partenaires extérieurs, exposés sans véritable garantie de protection.

Pendant ce temps, Washington applique une ligne constante : empêcher l’émergence de tout bloc souverain capable de remettre en cause son leadership. Cela passe par la fragmentation de l’Europe, la neutralisation des BRICS, la diabolisation systématique des États récalcitrants et la promotion du bilatéralisme contraint, terrain sur lequel les États-Unis écrasent leurs adversaires un par un. Diviser pour régner reste la matrice fondamentale de la géopolitique américaine.

Cette stratégie n’est pas seulement une démonstration de force ; elle révèle aussi une peur profonde : celle de voir, à moyen terme, des puissances continentales transformer leur poids économique en souveraineté stratégique réelle. Mais loin d’adopter une posture défensive, les États-Unis préfèrent frapper en amont, tant que l’asymétrie de puissance leur est favorable.

La leçon est brutale mais claire : la souveraineté ne se délègue pas, elle se construit et se défend. Les États qui misent sur des alliances idéologiques, des promesses multipolaires ou des partenaires prudents se condamnent à l’isolement au moment décisif. Dans l’ordre international réel — et non celui des discours — seuls comptent la dissuasion crédible, l’autonomie stratégique et la capacité à assumer le rapport de force.

Si la Russie et la Chine entendent réellement incarner une alternative crédible à l’ordre atlantiste et défendre l’émergence d’un monde multipolaire, elles ne peuvent plus se contenter d’une posture d’observateurs prudents pendant que leurs partenaires sont attaqués, asphyxiés ou bombardés par les États-Unis et leurs alliés. Washington et l’Europe, eux, ne doutent jamais lorsqu’il s’agit d’intervenir pour protéger leurs intérêts et leurs partenaires stratégiques. Cette différence de comportement envoie un message clair — et profondément dissuasif — à l’ensemble du système international.

Il est évident qu’une aide existe : conseils militaires, soutien stratégique, livraisons de matériel, coopération discrète. Mais cette approche indirecte atteint aujourd’hui ses limites. Elle ne suffit plus à dissuader l’agression. Après l’Iran, c’est le Venezuela qui se retrouve sous pression directe. Demain, quels seront les prochains ? Les États africains de l’AES ? Le Nicaragua ? La Colombie ? D’autres nations jugées trop indépendantes ou trop récalcitrantes ? Jusqu’où cette logique d’intervention unilatérale pourra-t-elle se poursuivre sans rencontrer de réponse claire et assumée ?

La question centrale est simple et brutale : les États-Unis et leur appareil militaire peuvent-ils continuer à frapper les partenaires de la Russie et de la Chine sans jamais faire face à une riposte à la hauteur de l’enjeu ? Si la réponse est oui, alors la multipolarité n’est qu’un slogan vide. Si la réponse est non, alors elle doit se traduire concrètement dans les faits.

Pourquoi la Russie et la Chine, pourtant dotées de capacités militaires majeures et de la dissuasion nucléaire, ne pourraient-elles pas assurer une protection réelle et crédible à leurs partenaires stratégiques ? Peut-on sérieusement imaginer que, si la Chine engageait une action décisive contre Taïwan, les États-Unis resteraient passifs, invoquant la prudence ou le temps long ? L’histoire récente démontre exactement l’inverse.

On ne peut pas revendiquer la multipolarité tout en acceptant que ses alliés soient systématiquement exposés, affaiblis ou détruits. Un monde multipolaire ne se proclame pas, il se défend. Le rapport de force ne changera pas par incantation, mais par des lignes rouges claires, assumées et crédibles.

Il est désormais impératif que la Fédération de Russie et la République populaire de Chine changent de logiciel stratégique. Non pour rechercher l’escalade, mais pour rétablir la dissuasion. L’histoire internationale ne respecte pas les puissances hésitantes. Elle respecte celles qui assument leurs responsabilités lorsque l’agression devient systémique.

Le monde multipolaire n’est donc pas une réalité, mais un champ de bataille idéologique. Tant que ceux qui s’en réclament refuseront d’en payer le prix politique, militaire et économique, il restera un slogan utile pour masquer la persistance d’un empire américain toujours capable d’imposer sa loi.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Algérie / Maroc : Entre prudence et fierté, l’Algérie choisit la dignité plutôt que la dépendance

 

Cette chronique défend la fermeture continue de la frontière algéro-marocaine comme un choix stratégique de souveraineté et de dignité nationale, non comme un signe d’hostilité.
Il démonte les discours de façade du Maroc et met en lumière les enjeux géopolitiques, sécuritaires et moraux d’une région sous pression d’alliances étrangères.
Le texte adopte un ton souverainiste, lucide et mobilisateur, plaçant l’Algérie en gardienne de l’équilibre maghrébin et en rempart contre les ingérences.
Il appelle à ouvrir les consciences avant les frontières, rappelant que la vigilance n’est pas un repli, mais une forme de résistance politique et historique.

Il est des frontières qui protègent plus qu’elles ne séparent. Celle qui, depuis des années, ferme le passage entre l’Algérie et le Maroc n’est pas un mur de rancune : c’est une ligne de vigilance, une barrière dressée par la lucidité d’un peuple qui a trop payé pour sa liberté pour la laisser à la merci des manœuvres d’autrui.

Un choix de dignité, pas d’hostilité

L’Algérie n’a jamais nourri de haine envers le peuple marocain. Mais elle refuse de tendre la main à un pouvoir qui instrumentalise la fraternité pour mieux masquer ses calculs. Fermer la frontière, c’est refuser de se laisser piéger par les apparences ; c’est affirmer que la souveraineté ne se négocie pas dans les salons diplomatiques ni sous l’œil complaisant des puissances qui rêvent encore de peser sur le destin des nations libres.

Cette frontière n’est pas le symbole d’une guerre : elle est la conséquence d’une politique de non-ingérence et de défense légitime. L’Algérie a le droit, et le devoir, de protéger son territoire des trafics, des réseaux mafieux, des campagnes de déstabilisation et des ingérences déguisées en gestes de réconciliation. Ceux qui lui reprochent sa fermeté oublient que la sécurité nationale n’est pas une concession, mais un pilier de l’État.

Le double discours du voisin de l’Ouest

Rabat parle de paix, mais agit dans l’ombre. Il prêche la fraternité tout en signant des accords qui installent à nos frontières des forces étrangères. Il invoque l’unité maghrébine tout en s’alliant avec ceux qui n’ont jamais voulu voir le Maghreb debout, libre et uni.

Depuis des années, le Maroc tente de transformer la fermeture de la frontière en un argument diplomatique. Il cherche à présenter l’Algérie comme intransigeante, belliqueuse, isolée — quand, en vérité, c’est lui qui s’est engagé sur la voie d’une dépendance politique et sécuritaire qui le dépossède de son autonomie.
Sous couvert de modernité, Rabat a ouvert sa souveraineté à ceux qui dictent leurs conditions depuis Washington, Paris ou Tel-Aviv. Et ce sont ces alliances qui menacent la région, pas la prudence algérienne.

L’Algérie, sentinelle du Maghreb et gardienne de l’équilibre

Face à ce désordre organisé, l’Algérie demeure le dernier bastion d’une conception indépendante de la politique. Elle ne se soumet ni aux blocs, ni aux modes, ni aux injonctions. Elle agit en puissance de paix, mais une paix fondée sur la dignité, pas sur la compromission.

Sa frontière fermée n’est pas un repli : c’est une veille. L’Algérie veille sur ses terres, sur sa jeunesse, sur ses valeurs. Elle veille aussi sur ses voisins, parfois malgré eux, car une frontière ouverte sans confiance ni respect mutuel serait un couloir pour les trafics, le terrorisme et les influences qui rongent les peuples de l’intérieur. Notre pays ne ferme pas pour exclure : il ferme pour préserver.

Ouvrir les consciences avant d’ouvrir les portes

La vraie frontière n’est pas de pierre ni de sable — elle est dans les mentalités. Elle sépare ceux qui défendent leur indépendance de ceux qui l’hypothèquent.
L’Algérie tend la main aux peuples, jamais aux calculs. Elle refuse la normalisation de l’injustice, la banalisation de la dépendance et la compromission des principes.

Un jour, la frontière pourra s’ouvrir. Mais ce jour ne viendra que lorsque la vérité, la loyauté et le respect auront remplacé les illusions diplomatiques. En attendant, l’Algérie doit rester debout, fidèle à sa ligne : celle des nations libres qui préfèrent la solitude à la soumission, la vigilance à la naïveté, la souveraineté à l’illusion du voisinage docile.

 A/Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
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