Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

Affichage des articles dont le libellé est hôpitaux bombardés. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est hôpitaux bombardés. Afficher tous les articles

Après la libération des otages, la guerre continue : le mensonge d’une paix conditionnelle

 

On avait promis que la guerre s’arrêterait une fois les otages israéliens libérés. Mais les bombardements se poursuivent, les civils meurent, et le langage de la paix a été remplacé par celui de la punition.
Cette tribune dénonce la logique d’une guerre devenue autonome, sans justification ni frein moral, où la mort des innocents sert désormais d’argument politique

On nous avait juré que la guerre s’arrêterait lorsque les otages reviendraient.
C’était le refrain, répété sur toutes les chaînes, dans toutes les chancelleries, sur toutes les lèvres des partisans d’Israël : « Libérez les otages, et la paix reviendra. »
Ce slogan, brandi comme une vérité morale, servait à justifier l’injustifiable : les bombardements de quartiers entiers, les enfants sortis sans vie des ruines, les hôpitaux frappés, les familles décimées.
Mais aujourd’hui, les otages sont libres. Et les massacres, eux, ne se sont pas arrêtés.

Le mensonge de la condition

Ce qu’on appelle « conditions à la paix » n’était qu’une façade. Une justification rhétorique pour masquer un projet bien plus profond : celui d’écraser un peuple jusqu’à l’effacement.
Le discours humanitaire n’a été qu’un déguisement. Derrière les appels à la libération des captifs, il n’y avait pas la compassion  il y avait la stratégie.
On n’attendait pas que le Hamas cède pour cesser de frapper Gaza ; on frappait Gaza pour anéantir tout ce qui, de près ou de loin, pouvait ressembler à une résistance, à une existence autonome, à une dignité palestinienne.

Lorsque l’armée israélienne a fait exploser, vendredi, un véhicule transportant une famille palestinienne de onze personnes  dont sept enfants, elle a invoqué la même justification qu’à chaque fois : une « violation de zone ».
Un mot technique, sec, bureaucratique, pour décrire une exécution.
On a tué des enfants parce qu’ils avaient franchi une ligne invisible sur une carte militaire.
Et dans les communiqués officiels, cette absurdité devient doctrine.
Tout comme il y a un an, les massacres étaient justifiés au nom des « otages ».

L’argument s’est effondré la violence demeure

Aujourd’hui ils ont lancé des frappes à Rafah pour venir en aide à leurs groupés armées qui ont reçu l’ordre de violer le cessez le feu pour accuser la Résistance.  Des images satellites récentes révèlent la présence d’une base de l’armée d’occupation israélienne (Tsahal) ainsi que d’une milice composée de gangsters armés (en jaune sur la carte) à la solde d’Israël, dans le quartier de Shuja’iyya, à l’est de la ville de Gaza.

Placée sous le commandement de Rami Khalas, cette milice, formée d’éléments de type mafieux, dispose d’une base attenante à celle de Tsahal. Elle est armée, encadrée et supervisée par Israël, dans le cadre de ses opérations contre le mouvement Hamas.

Par ailleurs, une activité intense et inhabituelle a été observée hier aux coordonnées 31.4977, 34.4742, laissant apparaître une expansion des infrastructures et un trafic accru de véhicules lourds à proximité de la principale base de l’armée d’occupation dans ce secteur.  

Ceux qui suivaient cette guerre depuis longtemps n’en sont pas surpris. Ils savaient déjà que le sort des otages n’était pas la cause, mais le prétexte.
L’armée israélienne n’a jamais bombardé Gaza pour sauver des vies israéliennes : elle a bombardé Gaza pour punir des vies palestiniennes.
Les faits le prouvent, inlassablement.
Quand des hôpitaux ont été visés, on a invoqué la présence supposée du Hamas dans leurs sous-sols.
Mais des médecins occidentaux, présents sur place, ont raconté une autre histoire : celle de soldats entrant dans les hôpitaux détruits pour saccager les appareils restants, méthodiquement, pièce par pièce, pour que plus aucun hôpital ne puisse fonctionner.
Ce n’était pas une guerre contre le Hamas.
C’était une guerre contre la survie elle-même.

Aujourd’hui, le récit officiel se fissure encore.
Les otages ont été libérés — et pourtant, les bombes ne se sont pas tues.
Les arguments s’effondrent les uns après les autres, mais la machine, elle, continue de tourner.
Parce que la guerre, à ce stade, n’a plus besoin de justification : elle s’autoalimente.
Elle est devenue sa propre raison d’être.

Le vacarme des tambours

Écoutez les discours des dirigeants israéliens : ils battent les tambours de la guerre au nom de la sécurité, de la défense, de la survie.
Mais quelle sécurité naît du sang de milliers d’enfants ?
Quelle survie se fonde sur l’anéantissement méthodique d’un peuple enfermé dans un territoire déjà asphyxié ?
Le langage militaire a dévoré le langage moral.
On ne parle plus d’humains, mais de « zones », de « cibles », de « frappes préventives ».
La guerre est devenue un processus administratif, réglé, presque automatique, où la mort de civils n’est plus une tragédie mais une statistique.

Et pourtant, derrière chaque chiffre, il y a un visage, un nom, une voix qui ne parlera plus.
Des enfants qui ne verront jamais la lumière du matin.
Des parents qui ne peuvent plus enterrer leurs morts parce que les bulldozers sont interdits d’entrée.
C’est cela, la réalité de Gaza un lieu où même les funérailles sont un luxe.

Le piège moral de l’Occident

Ce silence complice, ce confort moral, pèsent aussi sur nous.
Nous avons laissé s’installer un discours où l’indignation dépend de l’identité des morts.
Où certains corps méritent les pleurs des chancelleries, et d’autres seulement des notes diplomatiques.
L’Occident, si prompt à brandir les droits humains ailleurs, se tait lorsque son allié commet l’irréparable.
Ce silence est devenu une politique en soi une manière de se protéger de la honte.

Mais l’histoire jugera ce silence avec la même sévérité qu’elle a jugé d’autres silences, dans d’autres temps.
Car ceux qui prétendaient que « tout cesserait une fois les otages libérés » savaient, au fond, que rien ne cesserait. Ils savaient que la guerre n’était pas un moyen, mais un but. Et que la paix, dans leur bouche, n’était qu’un mot vidé de sens.

Le cri sous les ruines

À Gaza, il ne reste presque rien : ni hôpitaux, ni routes, ni abris, ni illusions.
Mais il reste la voix des vivants  ceux qui fouillent les décombres à mains nues, ceux qui refusent que la mort devienne normale, ceux qui persistent à nommer les disparus un à un.
Cette voix, étouffée par le vacarme des bombardements, continue de dire ce que le monde refuse d’entendre : que tuer des civils n’est pas une erreur de guerre, mais une stratégie.
Et que la pire barbarie n’est pas celle des armes, mais celle du mensonge.

Épilogue : le jour d’après

Ils avaient promis que tout s’arrêterait. Que la paix viendrait, que les enfants cesseraient de mourir, que les otages étaient la clé du drame.
Mais aujourd’hui, alors que les bombes poursuivent leur œuvre, la vérité s’impose : ce n’était pas une guerre pour sauver des vies, mais pour en détruire.
Et tant que ce mensonge continuera d’être répété, tant que la mort sera présentée comme un acte de défense, tant que le monde fermera les yeux sur la douleur des plus faibles, alors les tambours de guerre ne cesseront jamais de battre.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 


Le génocide de Gaza : un crime qu’on refuse de nommer

 

Il y a des vérités qui ne devraient souffrir aucune hésitation. Le génocide est l’une d’elles. À Gaza, ce mot n’est pas un abus de langage, ni une « opinion extrême » à débattre dans les studios feutrés des chaînes d’info. C’est un fait documenté, confirmé, répété par les institutions internationales, les juristes spécialisés, les ONG de terrain, et même des organisations israéliennes.

Et pourtant, dans un monde saturé d’images, de rapports, de témoignages, on continue à faire semblant qu’il existerait un doute. On continue à présenter ce crime absolu comme une hypothèse contestée, une simple vision parmi d’autres. Ce mensonge méthodique, entretenu par les gouvernements complices et amplifié par une partie des médias, constitue déjà une forme de participation au génocide : la participation par le silence, par le relativisme, par la dilution de l’évidence.

Ce qui se passe à Gaza n’est pas un « sujet à débat », encore moins une « divergence de points de vue ». C’est un génocide. Le terme n’est pas une exagération militante, mais la conclusion d’enquêtes et d’analyses menées par des instances internationales, des juristes, des ONG, et même des organisations israéliennes de défense des droits humains.

La Commission d’enquête indépendante des Nations unies, l’Association internationale des spécialistes du génocide, Médecins sans frontières, Amnesty International, Human Rights Watch, et bien d’autres ont employé ce mot avec toute la gravité qu’il implique. Aucune institution équivalente n’est venue démontrer le contraire. Le constat est clair, et il est partagé.

Un consensus écrasant, mais ignoré

Les preuves s’accumulent. La Commission d’enquête des Nations unies parle de génocide. L’Association internationale des spécialistes du génocide aussi. Human Rights Watch, Amnesty International, Médecins sans frontières, la Fédération internationale des droits de l’homme, l’Institut Lemkin – tous emploient le même mot. Même Médecins pour les droits de l’homme-Israël, organisation née au cœur de la société israélienne, l’affirme.

Face à ces accusations, Israël ne répond pas par des faits, mais par des slogans : «Hamas»,    « antisémite ». Toute critique, toute enquête, toute voix discordante se voit systématiquement réduite à une conspiration hostile. Cette rhétorique est devenue un écran de fumée, un réflexe destiné à délégitimer plutôt qu’à discuter.

Mais qualifier l’ONU, Amnesty ou Médecins sans frontières de simples « relais du Hamas » n’est pas seulement absurde : c’est dangereux. Cela empêche de nommer la réalité, et cela réduit au silence ceux qui cherchent à l’arrêter.

Face à ce consensus, qu’oppose-t-on ? Le vide. Le déni. Le soupçon systématique d’« antisémitisme ». Comme si l’ONU, Amnesty ou MSF n’étaient soudain plus que des marionnettes du Hamas. Comme si les ONG qui dénoncent les massacres étaient guidées par une haine millénaire, et non par une éthique universelle. C’est cela, l’arme favorite de l’État israélien : disqualifier au lieu de répondre, salir au lieu de débattre.

Le vieux truc rhétorique : tout critique est « antisémite »

Ce procédé est usé, mais efficace. Chaque fois que les bombes réduisent des quartiers entiers en poussière, chaque fois que les hôpitaux sont bombardés, chaque fois que les enfants sont ensevelis sous les décombres, la machine de communication israélienne s’enclenche. Elle ne conteste pas les faits – trop visibles, trop sanglants – elle accuse les témoins.

Tout devient Hamas. Tout devient antisémitisme. L’ONU ? Hamas. Amnesty ? Hamas. Les médecins de Gaza ? Hamas. Les militants juifs antisionistes ? Antisémites contre eux-mêmes. Cette absurdité systématique vise un seul objectif : saturer le débat jusqu’à l’asphyxie, décourager toute dénonciation, transformer l’accusation de génocide en simple propagande ennemie.

Mais ce stratagème ne peut plus masquer la réalité. Un génocide n’est pas moins un génocide parce qu’il est dénoncé par ceux qu’on insulte. Les faits ne disparaissent pas parce qu’on les qualifie de « complot ».

Quand la neutralité tue

Le problème ne réside pas seulement dans la propagande israélienne. Il réside aussi dans la manière dont une partie des médias occidentaux choisit de traiter la question. En plaçant sur le même plan les faits documentés et leur négation politique, ils transforment la vérité en simple hypothèse.

Un journaliste n’a pas pour mission de répéter « un camp dit qu’il pleut, l’autre dit qu’il fait beau ». Son rôle est de regarder par la fenêtre. Or, la fenêtre est grande ouverte : Gaza est le théâtre d’un génocide, et le nier aujourd’hui revient à cautionner sa poursuite.

Les médias occidentaux portent une part immense de responsabilité. Obsédés par l’équilibre des points de vue, ils transforment la vérité en hypothèse. Ils mettent sur le même plan les preuves du crime et son déni intéressé. Ils traitent le génocide comme une controverse intellectuelle, pas comme une tragédie en cours.

Mais qu’est-ce que cette neutralité, sinon une complicité masquée ? Un journaliste n’est pas un perroquet qui répète « un camp dit qu’il pleut, l’autre dit qu’il fait beau ». Sa responsabilité est de regarder par la fenêtre. Et que voit-on par la fenêtre de Gaza ? Des immeubles rasés. Des cadavres d’enfants. Des hôpitaux réduits en cendres. Des familles affamées sous blocus. Un peuple entier écrasé dans l’indifférence.

Le génocide comme déni universel

Ne nous y trompons pas : le cas de Gaza n’est pas isolé. Tous les génocides de l’histoire ont été niés au moment où ils se déroulaient. Les Arméniens ont été massacrés pendant que l’Empire ottoman parlait de « trahison ». Les Juifs d’Europe exterminés tandis que les nazis dénonçaient une « propagande alliée ». Les Tutsis du Rwanda massacrés pendant que la communauté internationale cherchait à éviter le mot « génocide », pour ne pas avoir à intervenir.

Aujourd’hui, Gaza. Même scénario, mêmes euphémismes. On parle de « guerre », de « riposte », de « dommages collatéraux », alors que la réalité crie un autre mot : génocide. Ceux qui refusent de l’employer rejouent, consciemment ou non, la vieille partition du déni.


Nommer pour résister

Nommer le génocide n’est pas une question de sémantique. C’est un acte de résistance. Car tant qu’on tait le mot, on autorise le crime à se poursuivre. Tant qu’on relativise, on permet à la machine de mort de tourner. Tant qu’on cherche des « deux versions », on donne au bourreau le luxe de l’ambiguïté.

Le génocide de Gaza n’est pas un débat théorique. C’est une tragédie en cours, documentée par les institutions les plus compétentes. Refuser de l’appeler par son nom, c’est choisir la posture confortable de l’équilibre apparent, mais c’est en réalité s’installer du côté du crime.

Notre responsabilité collective est claire : ne pas relativiser l’évidence, refuser la neutralité perverse, et nommer ce qui est en train de se dérouler. Car ne pas le dire, c’est déjà y participer.

Gaza n’est pas une controverse, c’est une plaie ouverte. Refuser de la nommer, c’est déjà l’infecter davantage. Et c’est pourquoi il faut le dire, encore et encore, face au cynisme des puissants et à la lâcheté des médias : ce qui se passe est un génocide.

Un appel universel

Ce combat dépasse Gaza. Refuser un génocide, c’est refuser tous les génocides. C’est affirmer qu’aucune cause, aucune idéologie, aucune religion, aucun État ne peut se justifier par l’anéantissement d’un peuple. C’est affirmer que le droit à l’existence est sacré, universel, indivisible.

Aujourd’hui, c’est Gaza. Demain, ce pourrait être ailleurs. La seule arme que nous avons, avant l’action politique, c’est la parole claire. Et cette parole dit ceci : le génocide de Gaza n’est pas une opinion, mais une réalité. Ceux qui le nient ne sont pas des contradicteurs, ce sont des complices.

Le génocide de Gaza ne devrait pas être différent. Comme le dit le vieil adage, si un camp affirme qu’il pleut et l’autre qu’il ne pleut pas, votre rôle n’est pas de citer les deux camps, mais de regarder par la fenêtre. La fenêtre est là, médias occidentaux. Et c’est un génocide qui déferle. On ne débat pas d’un génocide, on l’arrête.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »