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France–Algérie : l’arrogance coloniale sous couvert de diplomatie :

Derrière le vocabulaire policé de l’« apaisement », la diplomatie française continue d’imposer ses exigences à l’Algérie : sécurité, migration, économie, mémoire. Une tribune pamphlétaire qui démonte un discours néocolonial à peine maquillé.

Qu’un ambassadeur de France en Algérie ose déclarer publiquement que Paris a des « exigences » devrait, à lui seul, mettre fin à toute illusion sur la nature réelle des relations franco-algériennes. Ce n’est pas une maladresse. C’est un aveu. La France n’a jamais cessé de parler à l’Algérie comme à une ancienne colonie sommée d’obéir, de coopérer et surtout de se taire.

Sous couvert de « normalisation », le discours français recycle les vieux réflexes impériaux : injonctions sécuritaires, marchandage migratoire, pressions économiques et négation obstinée de la mémoire coloniale. Le ton est feutré, mais le fond est brutal. L’Algérie doit collaborer, contrôler, contenir, céder. Et remercier.

La fameuse « coopération sécuritaire » n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée de sauver la face après l’effondrement total de la présence française au Sahel. Chassée par des peuples lassés de la tutelle militaire, la France cherche aujourd’hui des sous-traitants régionaux pour maintenir une influence perdue. L’Algérie refuse. Et elle a raison. Elle n’a ni à réparer les désastres stratégiques français, ni à sacrifier sa doctrine de non-ingérence pour satisfaire les nostalgies d’empire.

Même logique sur la question migratoire. La France exige que l’Algérie joue le rôle de gendarme, de centre de rétention à ciel ouvert, au nom d’une Europe obsédée par le contrôle des corps et des frontières. Cette obsession sécuritaire, héritière directe du regard colonial, transforme les pays du Sud en zones de confinement humain. Là encore, l’Algérie dit non. Et ce refus devient, aux yeux de Paris, une faute diplomatique.

Le plus révélateur reste l’hostilité affichée envers le projet de loi algérien criminalisant la colonisation. La France ne supporte pas que l’Algérie nomme ce qu’elle a subi. Car nommer, c’est accuser. Accuser, c’est exiger des comptes. Et la France, qui se prétend patrie des droits de l’homme, refuse toujours d’assumer les siens quand il s’agit de crimes coloniaux : massacres, enfumades, déportations, viols, spoliations, essais nucléaires. Ce refus n’est pas de l’ignorance, c’est une stratégie.

Mettre sur le même plan cette loi mémorielle et la détention d’un journaliste français relève d’un cynisme politique assumé. La mémoire de millions de victimes algériennes n’est pas une monnaie d’échange diplomatique. Elle ne se négocie pas. Elle ne se censure pas pour préserver le confort moral de l’ancien colonisateur.

L’accusation d’« arme économique » est tout aussi grotesque. Depuis quand un État souverain n’a-t-il pas le droit de choisir ses partenaires ? Depuis quand rompre avec une dépendance économique héritée du colonialisme devient-il un acte hostile ? Ce que Paris appelle boycott, c’est simplement la fin progressive de privilèges indus accordés pendant des décennies aux entreprises françaises. Le problème n’est pas l’Algérie. Le problème, c’est la perte d’un monopole.

Quant à l’accord d’association avec l’Union européenne, l’utiliser comme instrument de pression est une manœuvre indigne. Cet accord, largement déséquilibré, a affaibli l’économie algérienne au profit des exportateurs européens. Refuser sa renégociation équitable, c’est prolonger une relation de dépendance sous couvert de partenariat.

Il faut cesser de parler d’« apaisement » quand il s’agit de soumission. Il faut cesser de parler de coopération quand il s’agit de contrôle. Et il faut cesser de parler d’avenir commun tant que la France refusera de regarder son passé colonial en face.

L’Algérie n’a rien à prouver. Rien à justifier. Rien à demander.

Elle n’est ni un partenaire mineur ni un élève diplomatique. Elle est un État souverain, avec sa mémoire, ses choix et ses lignes rouges.

La crise actuelle n’est pas une anomalie. Elle est le symptôme d’un mal plus profond : l’incapacité persistante de la France à accepter la fin définitive de son empire. Tant que cette rupture mentale ne sera pas actée, toute normalisation restera un mensonge diplomatique de plus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 


Louvre, mensonges et manipulation : quand les médias français fabriquent leurs coupables

 

Dans une France rongée par ses fractures internes, les médias et les appareils d’État ravivent l’obsession coloniale en désignant sans cesse l’Algérie comme le bouc émissaire idéal. Derrière le « cambriolage du Louvre » et l’arrestation express d’un suspect algérien, se cache un récit politique bien huilé : celui d’un système médiatique français qui, au lieu d’informer, construit ses ennemis.

Un récit trop parfait pour être vrai

La France volée, c’est étonnant, généralement on cite ce pays pour des prix Nobel de  donneurs de Leçon, certes cette fois, il y a des affaires qui sentent la mise en scène avant même d’avoir livré leurs preuves. Celle du « vol spectaculaire au Louvre » en fait partie.
Deux suspects interpellés, dont l’un « sur le point d’embarquer pour Alger » — un timing parfait, une histoire calibrée pour les plateaux télé, et une conclusion servie avant l’enquête. En quelques jours, la machine médiatique française s’est emballée, alignant les titres, les débats, les insinuations : Algérie”, “vol”, “fuite”, “Louvre.

L’affaire aurait pu n’être qu’un fait divers ordinaire : deux suspects interpellés, l’un d’eux sur le point d’embarquer pour Alger. Mais depuis, la mécanique médiatique s’emballe. Tandis que certains désignent l’Algérie, c’est ici que surgit l’interrogation : et si, dans le cadre de ces tractations, la destination « Alger » avait été choisie non par hasard, mais pour *fabriquer une apparence* ?

Une mise en scène destinée à jeter l’opprobre sur un pays déjà stigmatisé dans le discours politico-médiatique français. Une hypothèse, certes, mais qui mérite examen à l’heure où les narratifs s’entrechoquent et où la manipulation de l’opinion devient un art d’État. Le cocktail rêvé pour alimenter l’imaginaire colonial encore vivace dans une partie de la société française.

Comment ne pas douter ?
Comment croire à une telle rapidité d’enquête, à des suspects “si maladroits” qu’ils auraient laissé leurs traces ADN partout, avant de prendre l’avion ?
Ce scénario cousu de fil blanc semble taillé sur mesure pour une double opération : fabriquer un coupable algérien et détourner l’attention des vrais scandales qui éclaboussent les élites françaises, notamment au sein même du musée du Louvre, gangrené depuis des années par des affaires de corruption et de trafic d’antiquités.

Les médias français : usine à récits et manufacture de peur

Selon les informations du Monde, l’un des deux suspects est de nationalité française, l’autre à la double nationalité franco-algérienne. Cherchez l’erreur ?                                                                                  L’Algérie devient encore une fois le décor commode d’un jeu de culpabilité. Pourtant ce même média nous disait que Sansal était Français.

Ce qui se joue ici dépasse un simple fait divers. Depuis plusieurs années, une frange importante des médias français a basculé dans une logique de propagande identitaire.
Sous couvert de “faits d’actualité”, elle entretient un discours racialisé où l’Arabe, l’Algérien, le musulman deviennent les symboles commodes de l’insécurité et du désordre.
Chaque semaine, les chaînes d’info en continu recyclent le même schéma : un nom à consonance maghrébine, une image floue, un bandeau alarmiste, et le poison de la peur s’installe. Dès lors, deux récits s’affrontent.
Le premier, classique : un suspect lié à un vol, en fuite vers Alger, et la tentation française de désigner l’Algérie.
Le second, plus dérangeant : **un scénario construit** pour rediriger le soupçon, pour créer la confusion géopolitique et renforcer une image d’un Maghreb trouble, perméable au crime.

Ce système repose sur trois piliers :

  1. La simplification : réduire des réalités complexes à des stéréotypes commodes.
  2. La répétition : marteler le même récit jusqu’à le rendre “vrai” par saturation.
  3. La diversion : occuper le débat public avec des polémiques périphériques pour éviter les vraies questions sociales et politiques.

Résultat : l’Algérie, son peuple, et ses ressortissants deviennent les boucs émissaires d’une France qui refuse de regarder ses propres faillites. Ce racisme médiatique, souvent maquillé sous le vernis du “débat républicain”, n’est rien d’autre qu’une continuité coloniale.

Un racisme structurel hérité de l’Empire

L’affaire du Louvre n’est qu’un symptôme. Elle révèle une pathologie plus ancienne : la difficulté de la France à se décoloniser mentalement.
Sous la République, le regard colonial a simplement changé de costume. On ne parle plus de “mission civilisatrice”, mais de “valeurs républicaines”. On ne brandit plus le drapeau tricolore au Sahara, mais on impose un récit qui hiérarchise encore les peuples et les cultures.

 L’anti-algérianisme, lui, est devenu une obsession d’État. Qu’il s’agisse des restrictions de visas, des insultes diplomatiques, ou des campagnes médiatiques, tout concourt à entretenir un rapport de mépris et de supériorité.
Et pendant que les plateaux télé accusent “les jeunes d’origine algérienne”, personne ne s’interroge sur les causes profondes : exclusion, discriminations, ghettos, mémoire falsifiée.

Le racisme structurel français n’est pas une dérive ; il est un pilier du système.
Il alimente la peur pour justifier le contrôle, légitime la répression pour masquer l’échec social, et maintient les citoyens dans un état de sidération face à des “ennemis imaginaires”.

Les vrais voleurs sont en costume

Pendant qu’on désigne un Algérien présumé voleur de tableaux, d’autres pillent la culture mondiale depuis leurs bureaux dorés. Rappelons-le : Jean-Luc Martinez, ex-directeur du Louvre, a été mis en examen pour trafic d’antiquités et blanchiment en bande organisée.
Des œuvres égyptiennes, syriennes, libyennes ont été illégalement acquises sous sa direction.
Mais qui en parle ?
Aucune émission, aucun grand titre ne lui colle l’étiquette de “criminel culturel”.

Rien sur la directrice et sa responsable de la sécurité ? Les manquements sont majeurs, massifs, et elles sont toujours en poste. Quand va-t-on enfin en France donner les postes pour une compétence et pas par idéologie ? Pour un sexe ou par copinage ? Car c'est tout le pays qui s'effondre devant nous en ce moment.

Pourquoi ? Parce que le pillage, quand il est européen, devient “commerce d’art”.
Parce que le vol, quand il est colonial, se transforme en “patrimoine universel”.
Et parce que, dans la tête de certains, l’Algérien reste toujours celui qu’on accuse, jamais celui qu’on écoute.

Le vol le plus grave : celui de la vérité

L’affaire du Louvre n’est pas un simple fait divers : c’est un miroir.
Un miroir tendu à une France qui se croit toujours au-dessus du monde, mais qui sombre dans la manipulation et le mensonge.
Un miroir qui révèle la stratégie d’un pouvoir politique et médiatique en quête de boucs émissaires pour masquer sa propre décadence morale.

À force de travestir les faits, de criminaliser des peuples entiers, et de rejouer les vieux réflexes coloniaux, la France moderne perd ce qu’elle prétend défendre : la liberté, l’égalité et la vérité. Pauvre petit pays, déclassé, et qui se croit encore le phare du monde, merci pour la leçon, puissions-nous en tirer les conséquences !

Alors oui, il faut le dire haut et fort : le plus grand vol, ce n’est pas celui d’un tableau du Louvre, mais celui de la vérité — volée par les médias, maquillée par la politique, et enterrée sous les mensonges d’un empire qui ne se remet toujours pas de sa chute.

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/                                        

 


Algérie / Maroc : Entre prudence et fierté, l’Algérie choisit la dignité plutôt que la dépendance

 

Cette chronique défend la fermeture continue de la frontière algéro-marocaine comme un choix stratégique de souveraineté et de dignité nationale, non comme un signe d’hostilité.
Il démonte les discours de façade du Maroc et met en lumière les enjeux géopolitiques, sécuritaires et moraux d’une région sous pression d’alliances étrangères.
Le texte adopte un ton souverainiste, lucide et mobilisateur, plaçant l’Algérie en gardienne de l’équilibre maghrébin et en rempart contre les ingérences.
Il appelle à ouvrir les consciences avant les frontières, rappelant que la vigilance n’est pas un repli, mais une forme de résistance politique et historique.

Il est des frontières qui protègent plus qu’elles ne séparent. Celle qui, depuis des années, ferme le passage entre l’Algérie et le Maroc n’est pas un mur de rancune : c’est une ligne de vigilance, une barrière dressée par la lucidité d’un peuple qui a trop payé pour sa liberté pour la laisser à la merci des manœuvres d’autrui.

Un choix de dignité, pas d’hostilité

L’Algérie n’a jamais nourri de haine envers le peuple marocain. Mais elle refuse de tendre la main à un pouvoir qui instrumentalise la fraternité pour mieux masquer ses calculs. Fermer la frontière, c’est refuser de se laisser piéger par les apparences ; c’est affirmer que la souveraineté ne se négocie pas dans les salons diplomatiques ni sous l’œil complaisant des puissances qui rêvent encore de peser sur le destin des nations libres.

Cette frontière n’est pas le symbole d’une guerre : elle est la conséquence d’une politique de non-ingérence et de défense légitime. L’Algérie a le droit, et le devoir, de protéger son territoire des trafics, des réseaux mafieux, des campagnes de déstabilisation et des ingérences déguisées en gestes de réconciliation. Ceux qui lui reprochent sa fermeté oublient que la sécurité nationale n’est pas une concession, mais un pilier de l’État.

Le double discours du voisin de l’Ouest

Rabat parle de paix, mais agit dans l’ombre. Il prêche la fraternité tout en signant des accords qui installent à nos frontières des forces étrangères. Il invoque l’unité maghrébine tout en s’alliant avec ceux qui n’ont jamais voulu voir le Maghreb debout, libre et uni.

Depuis des années, le Maroc tente de transformer la fermeture de la frontière en un argument diplomatique. Il cherche à présenter l’Algérie comme intransigeante, belliqueuse, isolée — quand, en vérité, c’est lui qui s’est engagé sur la voie d’une dépendance politique et sécuritaire qui le dépossède de son autonomie.
Sous couvert de modernité, Rabat a ouvert sa souveraineté à ceux qui dictent leurs conditions depuis Washington, Paris ou Tel-Aviv. Et ce sont ces alliances qui menacent la région, pas la prudence algérienne.

L’Algérie, sentinelle du Maghreb et gardienne de l’équilibre

Face à ce désordre organisé, l’Algérie demeure le dernier bastion d’une conception indépendante de la politique. Elle ne se soumet ni aux blocs, ni aux modes, ni aux injonctions. Elle agit en puissance de paix, mais une paix fondée sur la dignité, pas sur la compromission.

Sa frontière fermée n’est pas un repli : c’est une veille. L’Algérie veille sur ses terres, sur sa jeunesse, sur ses valeurs. Elle veille aussi sur ses voisins, parfois malgré eux, car une frontière ouverte sans confiance ni respect mutuel serait un couloir pour les trafics, le terrorisme et les influences qui rongent les peuples de l’intérieur. Notre pays ne ferme pas pour exclure : il ferme pour préserver.

Ouvrir les consciences avant d’ouvrir les portes

La vraie frontière n’est pas de pierre ni de sable — elle est dans les mentalités. Elle sépare ceux qui défendent leur indépendance de ceux qui l’hypothèquent.
L’Algérie tend la main aux peuples, jamais aux calculs. Elle refuse la normalisation de l’injustice, la banalisation de la dépendance et la compromission des principes.

Un jour, la frontière pourra s’ouvrir. Mais ce jour ne viendra que lorsque la vérité, la loyauté et le respect auront remplacé les illusions diplomatiques. En attendant, l’Algérie doit rester debout, fidèle à sa ligne : celle des nations libres qui préfèrent la solitude à la soumission, la vigilance à la naïveté, la souveraineté à l’illusion du voisinage docile.

 A/Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 


Un plan colonial maquillé en paix

 

 On nous parle d’un « plan pour Gaza », d’une vision en 20 points présentée comme un horizon de paix. En réalité, ce plan n’est qu’une mise en scène. La suppression du seul passage évoquant un « horizon politique vers un État palestinien » suffit à dévoiler le subterfuge : il ne s’agit pas d’ouvrir la voie à l’autodétermination, mais de l’enterrer définitivement. Netanyahu y a apposé sa signature invisible : chaque mot est calibré pour effacer la souveraineté palestinienne et maintenir Israël en maître absolu.

Le plan Trump est un ultimatum qui appelle le Hamas à abandonner la résistance armée pour laquelle il a été créé, à se dissoudre, à permettre à ses membres d'être escortés en toute sécurité vers l'exil, où ils ne seront pas poursuivis, et à faire confiance à Israël. De plus, Israël a par le passé trouvé de nombreux prétextes pour violer les accords de cessez-le-feu ou les déclarer nuls et non avenus. Le plan demande aux Palestiniens de se soumettre à une domination étrangère supervisée par Donald Trump et Tony Blair, amis d'Israël. Même si les dirigeants politiques du Hamas acceptent le plan, les commandants militaires pourraient refuser de rendre les armes.

Qui ne comprend pas que les combattants du Hamas sont prêts à mourir et à sacrifier la vie de leurs compatriotes palestiniens pour établir un État palestinien gouverné par des Palestiniens 

Le vieux manuel colonial, réédité en 2025

Les mots choisis ne sont pas nouveaux. Rééducation, déradicalisation, reconstruction développement économique … Ce vocabulaire paternaliste est directement tiré du manuel colonial du XIXᵉ siècle. C’est la rhétorique de l’Occident civilisateur qui sait mieux que les « indigènes » ce qui est bon pour eux. C’est le discours de ceux qui justifiaient jadis l’occupation de l’Afrique, de l’Asie et du Moyen-Orient. Gaza devient la nouvelle « mission civilisatrice », une vitrine de domination repeinte aux couleurs du capitalisme high-tech.

La dépossession, moteur du complot

Le plan exige la dissolution du Hamas, l’exil de ses cadres, et la soumission de Gaza à une gouvernance étrangère supervisée par Washington, Londres et Tel-Aviv. En d’autres termes : un ultimatum. Mais l’histoire récente prouve qu’Israël a régulièrement violé les cessez-le-feu, annulé les accords, et continué la colonisation. Pourquoi les Palestiniens devraient-ils cette fois faire confiance à ceux qui les assiègent et les bombardent ?

Ce plan n’a rien d’humanitaire. Il ne vise pas à sauver Gaza, mais à exploiter Gaza. Derrière le langage des « opportunités économiques », se profile une vaste opération de pillage. Les ruines de Gaza deviennent un marché : contrats pour Tesla, Oracle, Kushner, Smotrich ou Blair. Les Palestiniens ne sont pas perçus comme des citoyens mais comme une main-d’œuvre corvéable, taillable, jetable. Les terres ne sont pas des foyers à préserver, mais des terrains à bétonner, à transformer en zones franches, en marchés captifs. C’est le colonialisme sous sa forme la plus brutale : s’emparer des richesses après avoir détruit les vies.

Il est temps de le dire haut et fort : Gaza n’a pas besoin de nouveaux maîtres, mais de liberté. Pas d’investisseurs et de colons, mais de justice. Pas de plans coloniaux, mais de la fin du siège et de l’occupation. La paix véritable ne se construit pas sur les ruines d’un peuple, mais avec lui.

Le silence imposé aux Palestiniens

À aucun moment les Palestiniens n’ont été invités à la table des négociations. Pas le Hamas, pas l’Autorité palestinienne, pas la société civile. Personne. On décide pour eux. On trace leur avenir à Washington et Tel-Aviv comme on traçait des frontières arbitraires sur des cartes coloniales. On efface leur voix, leur droit de choisir, leur capacité à décider de leur futur. C’est le cœur du scandale : cette logique coloniale n’a jamais disparu. Elle continue de nier l’humanité d’un peuple entier, réduit au silence dans un projet qui prétend lui offrir la paix. Certes, ce n'est pas une solution à long terme. Absolument pas. Cela ne résout rien, et cela ne fait qu'ajouter une nouvelle pièce au jukebox. Les Palestiniens continueront de résister, comme c'est leur droit. Israël continuera d'expliquer que leur « sécurité » justifie tout raser, tuer, violer, kidnapper, voler, etc. (Cette liste vous choque ? Tous les éléments sont pourtant faciles à prouver. Et cela remonte bien avant le 7 octobre).

Donc, la situation va s’améliorer dans le sens où les enfants vont probablement arrêter de mourir à cause des bombardements et de la faim. Et la situation ne s’améliorera pas suffisamment pour que le conflit israélo-palestinien cesse. Le problème, c'est qu'à long terme, Israël est en train de perdre la partie. Ils ont accepté qu'après tout cela, les Gazaouis ne disparaîtraient pas. Il n'y a pas assez de morts pour briser le piège démographique : les Juifs sont encore loin d'être assez nombreux pour gouverner démocratiquement les Palestiniens

La continuité d’un apartheid militaire

Le plan s’inscrit dans une logique implacable : celle de la « sécurité » israélienne. Au nom de cette sécurité, Israël justifie tout : le siège, les bombardements, les famines, les assassinats, les confiscations de terres. Ce plan ne fait qu’officialiser cette doctrine. On demande aux Palestiniens de rendre leurs armes, de se dissoudre, de faire confiance à un État qui a violé tous les accords passés. La « paix » selon Trump et Netanyahu, c’est la reddition inconditionnelle. C’est l’apartheid sous contrat, avec l’Amérique comme garant et le capitalisme global comme investisseur.

Les personnes consternées sont celles qui comprennent que les êtres humains ont des droits humains. Si ce plan est adopté, tous les Palestiniens restants à Gaza vivront sans aucune des « subtilités » que sont les droits politiques, juridiques, économiques, intellectuels, la liberté d'enquête, la liberté d'expression, la liberté d'association ou le droit à l'autodéfense. En bref, ils seront esclaves d'un État de surveillance de haute technologie, dirigé par des individus qui les méprisent. La question n'est pas de savoir si le régime du Hamas était un modèle de démocratie. La question est l'inhumanité des colonialistes, attirés de quelque manière que ce soit par une telle « vision » concoctée par des criminels de guerre. Glaçant.

Gaza n’est pas une « terra nullius »

Ce que ce plan veut effacer, c’est la réalité de Gaza : une terre vivante, habitée par un peuple résilient. Gaza n’est pas une page blanche pour investisseurs. Ce n’est pas un terrain vague à transformer en Silicon Valley sous occupation. C’est un territoire qui résiste, une société qui continue d’exister malgré les sièges, malgré les ruines, malgré les morts. Derrière chaque maison détruite, il y a une famille ; derrière chaque ruine, il y a une histoire ; derrière chaque enfant tué, il y a une mémoire. Ce que le plan colonial nie, c’est cette humanité irréductible.

Conclusion forte

Ce plan Trump-Netanyahu-Blair n’est pas un projet de paix. C’est un complot colonial, une continuation de l’occupation par d’autres moyens. C’est la transformation d’un génocide en business, d’un siège en opportunité, d’un peuple en marché.

Ce plan a d’abord été annoncé comme un « plan en 21 points » et est devenu un « plan en 20 points » après des discussions entre Trump et Netanyahu.

Le point supprimé, « Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens pour convenir d'un horizon politique pour une coexistence pacifique », a été remplacé par une aspiration, « les conditions pourraient enfin être réunies pour une voie crédible vers l'autodétermination palestinienne et l'établissement d'un État, ce que nous reconnaissons comme l'aspiration du peuple palestinien », enterrée dans l'un des 20 autres points du texte.Ce changement porte l’empreinte de Netanyahu partout.

La seule paix possible passe par la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien : son autodétermination, sa souveraineté, sa liberté. Pas par des ultimatums dictés depuis les palais de Washington. Pas par des milliards de dollars investis sur des ruines. Pas par des promesses vides qui masquent l’apartheid.

Plan colonial : « Y a-t-il quelque chose que les Palestiniens peuvent accepter dans ce plan ? Bien sûr que oui. La fin de la guerre, du génocide, de la faim qui tue nos enfants. Le retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza. Ce que je dis, c’est que le fait que cela n’ait même pas été discuté avec les Palestiniens ne nous permet pas de donner une réponse claire. »

Personne ne peut décider à qui incombe la compétence sur les questions palestiniennes, hormis les Palestiniens. Tout organe de gouvernement temporaire, quel que soit son dirigeant, doit être approuvé par les Palestiniens avec le consentement de toutes les factions politiques : y compris le Hamas et l’ANP, mais pas seulement. Nous ne pouvons accepter qu’une entité nous soit imposée contre notre volonté. Il est insultant qu’un pays qui se dit démocratique, comme les États-Unis, propose cela sans associer les Palestiniens à la table des négociations.    

Gaza, laboratoire du colonialisme moderne : le complot Trump-Netanyahu-Blair, pour la dépossession constante,  le pillage et surtout le refus du droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination sur leur propre terre.

 Gaza n’est pas à vendre. Gaza n’est pas une colonie expérimentale. Gaza est un peuple. Et ce peuple a le droit à la vie, à la liberté, à la justice. Toute autre voie n’est qu’un mensonge, un crime et une trahison. Et c’est déshumanisant

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »


Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...