Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

Affichage des articles dont le libellé est diplomatie algérienne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est diplomatie algérienne. Afficher tous les articles

Émirats arabes unis : l’argent contre l’histoire, l’ingérence contre la souveraineté


Derrière les tours de verre et les milliards, les Émirats arabes unis mènent une guerre politique, culturelle et médiatique contre l’Algérie. Ce texte démonte une hostilité systématique, assumée, et rappelle une vérité simple : l’histoire ne s’achète pas.

Les Emirat Arabes Unis, ses gratte-ciel vertigineux, ses malls monumentaux, et ses princesses qui s’échappent, une combinaison qui tue, s’ajoute à ceci l’organisation tribale de leurs sociétés où la confusion des pouvoirs est totale. Mais les politiques ont d'autres buts que la vérité. L’Emirat mène une politique proactive dans la région afin de peser non seulement comme un acteur géopolitique sur qui s’appuyer et sur qui compter, mais également comme un médiateur de crises.                                                                                                                                            

Il faut cesser l’hypocrisie. Il faut arrêter de parler de malentendu, de susceptibilité ou d’incident diplomatique.
Ce qui oppose aujourd’hui l’Algérie aux Émirats arabes unis n’est ni conjoncturel ni émotionnel. C’est un affrontement politique profond entre un État souverain enraciné dans l’histoire et un projet hégémonique bâti sur l’argent, l’ingérence et l’arrogance.

Jusqu’en 2019, les relations algéro-émiraties étaient correctes, parfois cordiales, toujours pragmatiques. L’Algérie n’a jamais cherché le conflit. Mais depuis que Mohammed ben Zayed exerce le pouvoir réel, la diplomatie émiratie s’est transformée en machine d’intervention, de déstabilisation et de pression régionale. Les Émirats ne coopèrent plus : ils s’imposent.

Et face à cette logique, l’Algérie dérange.
Parce qu’elle ne s’achète pas.
Parce qu’elle ne se soumet pas.
Parce qu’elle n’entre pas dans les schémas artificiels de domination régionale.

Quand l’histoire manque, l’agressivité commence

Les États sûrs d’eux n’attaquent pas l’histoire des autres.
Les nations solides n’ont pas besoin de campagnes de communication pour exister.

Les Émirats arabes unis sont une construction récente, née après le retrait britannique, précédée non par un État, mais par des cheikhdoms sous protectorat. Ce n’est ni une provocation ni un jugement de valeur : c’est un fait historique. Et c’est précisément ce vide que certains tentent de combler par l’argent, le lobbying et l’agression symbolique.

Les gratte-ciel ne remplacent pas les siècles.
Les pétrodollars ne créent pas de mémoire.
Et aucune opération médiatique ne peut fabriquer une légitimité historique.

L’obsession identitaire, lorsqu’elle devient agressive, révèle toujours la même chose : une fragilité profonde.

Non, ce n’est pas le football. C’est une hostilité organisée

Ceux qui invoquent un match de football pour expliquer l’escalade actuelle mentent ou se mentent. Le football n’a rien créé. Il a seulement exposé une réalité déjà existante.

Depuis des années, les Émirats arabes unis se positionnent systématiquement contre l’Algérie, sur tous les dossiers majeurs :

  • en Libye,
  • au Sahel,
  • dans les forums internationaux,
  • dans les cercles européens,
  • dans les organisations culturelles et patrimoniales.

Toujours le même schéma : financement, pressions, alliances de circonstance, travail en coulisses. Une hostilité froide, méthodique, constante. Ce n’est pas une divergence. C’est une stratégie.

La guerre culturelle : le visage le plus mesquin de l’hostilité

Quand un État s’attaque à la culture d’un autre, c’est qu’il n’a plus rien à opposer politiquement. Les manœuvres émiraties à l’UNESCO, les tentatives d’entrave aux droits historiques algériens, y compris sur des sujets aussi symboliques que le patrimoine vestimentaire, ne relèvent pas du hasard.

Mobiliser des réseaux pour affaiblir l’Algérie sur des dossiers qui ne concernent même pas les Émirats révèle une obsession maladive : effacer, diluer, contester l’identité algérienne là où elle s’exprime.

C’est une attaque symbolique. Et donc politique.

Les médias comme armes

Les campagnes médiatiques hostiles financées par des capitaux émiratis — y compris dans l’espace francophone — ne sont pas des initiatives individuelles. Elles visent la même cible : l’histoire algérienne, son unité nationale, sa souveraineté, sa légitimité.

Ce n’est pas du journalisme.
C’est de la propagande.

La ligne rouge a été franchie

L’Algérie a patienté. Longtemps. Trop longtemps peut-être.
Mais lorsqu’une puissance étrangère s’attaque ouvertement à l’unité nationale et cherche à semer la discorde identitaire, le silence devient une faute.

Il ne s’agit plus d’un désaccord diplomatique.
Il s’agit d’une tentative d’intimidation politique.

À ceux qui croient que l’Algérie se contourne

L’Algérie ne se gère pas comme un marché.
Elle ne se neutralise pas par des chèques.
Elle ne se plie ni aux lobbies ni aux campagnes médiatiques.

Certains États sont nés sous tutelle et ont grandi sous protection.
L’Algérie, elle, est née dans la lutte, s’est construite dans le sacrifice et s’est consolidée dans la résistance.

Nous ne cherchons pas l’affrontement.
Mais nous refusons la soumission.

L’histoire nous a appris une chose :
ceux qui confondent patience et faiblesse finissent toujours par se tromper.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

 

Pourquoi une abstention de la Russie et de la Chine

L’abstention de la Russie et de la Chine lors du récent vote au Conseil de sécurité des Nations unies a suscité un profond sentiment d’amertume parmi ceux qui espéraient voir ces deux puissances s’opposer frontalement à une résolution jugée injuste envers le peuple sahraoui.
Cette réaction est légitime. Elle traduit la déception d’une opinion attachée à l’idée que certaines nations — dites “alliées” — demeurent fidèles à leurs engagements moraux envers les peuples en lutte pour leur autodétermination.

Mais la déception, aussi forte soit-elle, ne doit pas nous aveugler. Car la politique internationale n’est ni un espace de fraternité ni de fidélité affective. C’est le champ dur et froid des intérêts, où chaque État agit d’abord pour lui-même. Et si cette vérité peut paraître crue, elle n’en est pas moins nécessaire à intégrer pour bâtir une diplomatie algérienne pleinement souveraine.

Accuser la Russie et la Chine d’avoir “abandonné” l’Algérie ou le peuple sahraoui, c’est méconnaître la nature du rapport de force au sein du Conseil de sécurité. L’usage du veto est un acte diplomatique majeur, réservé aux enjeux considérés comme vitaux pour les puissances concernées. En s’abstenant, Moscou et Pékin n’ont pas validé la résolution américaine ; ils ont simplement refusé de s’y opposer frontalement. Cette nuance compte, car elle révèle une stratégie d’équilibre — contestable certes, mais non équivalente à une approbation.

Si la Chine ou la Russie, ou même les deux à la fois, avaient opposé leur veto à cette résolution, elles savaient que ce geste aurait entraîné la disparition immédiate de la MINURSO, puisque le texte portait principalement sur la prolongation de son mandat.
Or, un veto à ce stade aurait signifié la fin du mécanisme onusien, ce que réclament depuis longtemps les partisans marocains.

Et que se passerait-il alors ? Plus de MINURSO, donc plus de référendum du peuple sahraoui.

En veillant à préserver l’existence de la MINURSO, même au prix d’une abstention, la Russie et la Chine ont choisi de maintenir vivant le cadre juridique et diplomatique du processus d’autodétermination.
Tant que la mission existe, il reste possible d’influer sur son orientation, de négocier, et, le moment venu, de faire usage du veto au terme du processus si le résultat s’avérait contraire au droit international. C’est à ce dernier stade que l’emploi du veto est stratégique, non en amont. Ce que certains perçoivent comme un renoncement peut être, en réalité, une manœuvre pour garder la main sur le futur du dossier sahraoui.

L’Algérie n’a pas à choisir entre la solitude et la soumission

Face à la domination occidentale et à la passivité parfois calculée des puissances orientales, l’Algérie n’a pas vocation à se replier sur elle-même. Se recentrer sur son développement national, oui ; renoncer à sa voix internationale, jamais.

Notre pays a toujours défendu les causes justes, non par opportunisme, mais par conviction. De la lutte contre l’apartheid à la reconnaissance de la Palestine, en passant par le soutien constant au peuple sahraoui, l’Algérie a fait entendre une voix singulière : celle des peuples libres. Ce positionnement n’est pas une faiblesse ; c’est un héritage et une force morale qui ont valu à l’Algérie respect et considération sur la scène mondiale.

Plutôt que de rompre avec ses partenaires, l’Algérie doit diversifier ses alliances, notamment au sein de l’Afrique, du monde arabe et du Sud global. Un monde multipolaire ne se construira pas sur des fidélités idéologiques, mais sur la coopération équilibrée entre nations souveraines.

Le soutien au peuple sahraoui : un principe, pas une option

L’abstention de Pékin et de Moscou ne change rien à la légitimité du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Le Sahara occidental reste une question de décolonisation inachevée, inscrite depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU. Ce n’est ni une affaire bilatérale, ni une question d’influence régionale : c’est un combat pour le respect du droit international.

L’Algérie n’a jamais défendu le Polisario par intérêt territorial ou rivalité avec le Maroc, mais par fidélité à un principe universel : celui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Renoncer à ce principe reviendrait à trahir notre propre histoire de libération.

L’indépendance ne se mendie pas, elle se construit

Il serait illusoire de croire que quiconque viendra défendre l’Algérie en cas de crise. L’expérience des dernières décennies, de l’Irak à la Libye, a démontré que chaque nation doit d’abord pouvoir compter sur ses propres forces.

Mais cela ne signifie pas se replier dans un isolement défensif. Cela veut dire investir dans la puissance : une économie productive, une souveraineté technologique, une diplomatie proactive et une unité nationale solide.
L’Algérie ne doit pas “laisser les peuples à leur destin”, comme le propose la résignation ; elle doit au contraire montrer la voie d’une indépendance active, d’une solidarité lucide et d’une coopération équitable.

Transformer la désillusion en stratégie

La colère contre la Russie et la Chine, aussi compréhensible soit-elle, ne doit pas se muer en fatalisme. Elle doit être le point de départ d’une réflexion stratégique : comment bâtir une politique étrangère réellement indépendante, capable de dialoguer avec toutes les puissances sans jamais se soumettre à aucune ?

L’Algérie doit défendre ses intérêts avec dignité, non avec dépendance. Elle doit rester fidèle à sa mission historique : celle de faire entendre la voix du Sud, d’incarner la résistance à toutes les formes de domination et de rappeler que la justice internationale ne se quémande pas, elle se conquiert.

Conclusion

L’heure n’est pas à la rupture, mais à la lucidité. La Russie et la Chine ont agi selon leurs calculs ; l’Algérie doit agir selon sa conscience.
Notre pays n’a jamais attendu l’autorisation des puissances pour défendre la liberté. Il ne le fera pas davantage aujourd’hui.

Le monde change, les alliances se déplacent, les intérêts se recomposent — mais les principes demeurent.
Et c’est à la fidélité à ces principes que l’Algérie doit sa grandeur passée et sa légitimité présente. Que cette déception serve donc, non à nous diviser, mais à nous rappeler que la véritable puissance d’une nation réside dans sa capacité à rester fidèle à elle-même.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

L’Algérie face à la France : souveraineté assumée contre visions biaisées

 

Depuis plusieurs décennies, les relations entre l’Algérie et la France oscillent entre rapprochements prudents et ruptures soudaines. Certains articles récents, notamment à propos de la reconnaissance française du Sahara occidental comme marocain, laissent croire que l’Algérie réagit de manière émotive et subordonnée aux aléas de la politique intérieure française. Cette lecture simpliste est réductrice, car elle occulte les dynamiques profondes de la diplomatie algérienne et les choix stratégiques opérés par l’État algérien depuis 1962.

La diplomatie algérienne : une doctrine de souveraineté, pas une réaction épidermique

Contrairement à l’image d’un pays « surpris » ou « vexé » par la décision française, l’Algérie suit une ligne diplomatique constante défense des principes de souveraineté et d’autodétermination, hérités de la lutte de libération nationale, engagement ferme en faveur des causes justes, comme celle du peuple sahraoui, appuyée par les résolutions de l’ONU et la jurisprudence de la Cour de justice européenne et surtout refus des ingérences étrangères et rejet de toute forme de tutelle néocoloniale.

Loin d’être réactive, l’Algérie applique une doctrine claire qui ne varie pas au gré des caprices de Paris.

Le Sahara occidental : une question de droit, non de rivalité

Réduire la position algérienne à une opposition mécanique au Maroc ou à une réaction « de surprise » face à la France est une contre-vérité. Depuis son indépendance, l’Algérie a toujours soutenu le principe de l’autodétermination des peuples. Le Sahara occidental n’est pas une querelle bilatérale mais une question de droit international : les Nations Unies considèrent ce territoire comme non autonome. Le soutien algérien n’est donc ni une invention récente, ni une « réaction à Macron », mais une position cohérente et constante.

La mémoire coloniale : une ligne rouge

Les propos du président Macron, reprenant des mythes tels que « les bienfaits de la colonisation » ou « l’Algérie, une création française », ne peuvent être réduits à de simples maladresses électoralistes. Ils constituent une atteinte frontale à la mémoire algérienne et une négation des crimes coloniaux. Ils trahissent la persistance, au sein de certaines élites françaises, d’une vision condescendante et coloniale. En Algérie, cette ligne rouge ne peut être franchie sans conséquences : elle touche à l’ADN même de la nation, forgée dans la lutte contre la colonisation.

Le Hirak et la refondation de l’Algérie : un choix de rupture

L’article évoque le Hirak de 2019 comme un simple facteur aggravant des tensions avec la France. Mais il s’agit d’un mouvement profond qui a réaffirmé la volonté du peuple algérien de disposer pleinement de son destin, favorisé l’émergence d’une nouvelle gouvernance, incarnée par le président Abdelmadjid Tebboune  qui a conduit à une reconfiguration des alliances internationales, avec une diversification assumée vers la Chine, la Russie, la Turquie, les BRICS, mais aussi l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, les États-Unis et l’Inde.

L’Algérie ne s’éloigne pas de la France par ressentiment, mais parce qu’elle construit une politique étrangère indépendante, adaptée aux réalités du XXIᵉ siècle.

Une puissance régionale en ascension

Aujourd’hui, l’Algérie est loin d’être une puissance périphérique dépendante, elle est un acteur clé en Méditerranée, au Maghreb et au Sahel, elle dispose de ressources stratégiques (hydrocarbures, minéraux) et d’un marché de 47 millions de consommateurs, elle est classée parmi les 25 premières puissances militaires mondiales, avec une expertise reconnue en matière de lutte contre le terrorisme, elle attire désormais l’attention de puissances qui rivalisent avec la France pour renforcer leurs relations (États-Unis, Chine, Russie, Turquie, Inde, Allemagne, Italie, Espagne).

Ce n’est pas l’Algérie qui reste prisonnière d’un lien colonial, mais bien la France qui peine à se défaire d’une vision réductrice et passéiste.

Conclusion : dépasser le prisme colonial

Les tensions actuelles entre l’Algérie et la France ne résultent pas d’une « susceptibilité » algérienne ou d’une réaction circonstancielle. Elles traduisent une réalité plus profonde l’Algérie refuse d’être perçue comme une ancienne colonie sous tutelle, elle affirme son indépendance diplomatique et stratégique, elle construit des partenariats diversifiés qui repositionnent la France au rang d’acteur parmi d’autres.

L’avenir des relations franco-algériennes dépendra de la capacité de Paris à abandonner ses réflexes coloniaux et à reconnaître l’Algérie comme un partenaire souverain, et non comme une extension de ses débats intérieurs.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/