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Déclassement, nostalgie coloniale et haine médiatique : pourquoi la France s’acharne sur l’Algérie :

Je reviens un peu sur la diffusion, le 22 janvier, par le service public français France 2, du numéro de Complément d’enquête intitulé « Rumeurs et coups tordus, la guerre secrète entre la France et l’Algérie » qui constitue un acte politique majeur à mon sens. Non pas une simple émission de télévision, non pas un exercice journalistique discutable, mais un moment de bascule, où la frontière entre information, propagande et règlement de comptes postcoloniaux a été délibérément franchie.

Car il faut appeler les choses par leur nom : ce programme ne documente pas une « guerre secrète », il la fabrique. Il ne révèle pas une hostilité, il l’organise. Il ne questionne pas le pouvoir, il sert une stratégie politique inscrite dans une séquence électorale française marquée par la panique, le déclassement et l’absence totale de projet.

Une hostilité construite, méthodique et assumée

Depuis l’été 2024, un climat délétère s’est progressivement installé dans le discours politique et médiatique français à l’égard de l’Algérie. Cette hostilité ne relève ni d’un malentendu diplomatique, ni d’un différend circonstanciel. Elle est structurelle, idéologique et historique. Elle s’inscrit dans la continuité d’un refus jamais digéré : celui de l’indépendance algérienne.

La coïncidence entre cette escalade et le séisme politique provoqué par les élections législatives de juin 2024 est tout sauf fortuite. La recomposition politique française, défavorable aux droites traditionnelles et aux extrêmes droites, a déclenché une stratégie de repli identitaire classique : désigner un ennemi extérieur, activer les peurs, réveiller les fantômes coloniaux et mobiliser l’inconscient collectif autour d’un récit national blessé.

Dans cette mécanique, l’Algérie occupe une place centrale. Elle cristallise à la fois la mémoire de la défaite coloniale, la question migratoire, l’islam, la souveraineté perdue et le ressentiment d’un empire déchu.

Le service public français comme relais idéologique

Que cette opération soit menée par un média public est particulièrement grave. Complément d’enquête a recyclé, sans nuance ni distance critique, des schémas narratifs hérités de la guerre coloniale :

  • un État algérien présenté comme intrinsèquement autoritaire,
  • des services soupçonnés de manipulations et de menaces,
  • une diaspora décrite comme instrumentalisée, voire prise en otage.

Ce récit n’est pas nouveau. Il est exactement celui qui, dans les années 1950, qualifiait le FLN d’organisation terroriste, criminelle, prédatrice, afin de délégitimer une lutte de libération nationale pourtant reconnue aujourd’hui par l’Histoire.

Les profils choisis comme témoins militants séparatistes, figures marginales, influenceurs notoirement hostiles à l’État algérien, ne relèvent pas d’un pluralisme malheureux, mais d’un choix politique assumé. Comme hier les harkis furent instrumentalisés contre l’Algérie indépendante, certains acteurs sont aujourd’hui recyclés comme leviers de déstabilisation symbolique.

Une diplomatie algérienne irréprochable, une accusation infondée

Il est essentiel de le rappeler avec force : l’Algérie n’a initié aucune escalade. Sa diplomatie est reconnue pour sa constance, son attachement au droit international, à la souveraineté des États et à la résolution pacifique des conflits. Elle entretient d’excellentes relations avec de nombreux partenaires européens, y compris membres de l’OTAN, ce qui ruine toute tentative d’isolement diplomatique.

La véritable rupture est venue de Paris. La reconnaissance unilatérale, en juillet 2024, de la « marocanité » du Sahara occidental par le président Emmanuel Macron constitue un acte de rupture délibéré, en violation des résolutions des Nations unies et de la position historique de neutralité française. Ce choix, effectué au lendemain d’une débâcle électorale, révèle sa nature réelle : un acte de politique intérieure, destiné à flatter des segments électoraux précis, au prix d’un conflit durable avec l’Algérie.

Le traumatisme post-impérial français

Au fond, cette offensive n’est pas dirigée contre l’Algérie en tant que telle. Elle est le symptôme d’un malaise français plus profond : un déclassement économique, diplomatique, militaire et symbolique que les élites françaises refusent d’assumer.

Dans leur imaginaire, ce déclassement commence avec la perte de l’Algérie. Ce traumatisme non résolu continue d’empoisonner leur rapport au monde. Incapables de rivaliser par la compétitivité économique, l’innovation ou l’offre politique, certains cercles rêvent encore d’un retour à une relation asymétrique, faite de dépendance, de pression et d’extraction de ressources, non plus par les canonnières, mais par la contrainte diplomatique, médiatique et collective.

Ne disposant ni des moyens militaires, ni des leviers économiques pour imposer leur volonté à l’Algérie, ces cercles cherchent à européaniser et otaniser le conflit, espérant entraîner l’Union européenne et l’Alliance atlantique dans une logique de coercition indirecte. Une stratégie vouée à l’échec, tant l’Algérie a diversifié ses alliances et consolidé sa position internationale.

L’Algérie face à la tempête

Face à cette guerre diplomatico-médiatique, l’Algérie doit opposer une ligne claire : ni naïveté, ni réaction émotionnelle. Cette offensive ira crescendo jusqu’aux élections présidentielles françaises de 2027, avant de s’éteindre, une fois l’objectif électoral atteint.

En attendant, l’Algérie avance. Elle se développe, s’industrialise, modernise ses infrastructures, renforce sa souveraineté énergétique, alimentaire et militaire. Pendant que certains médias français s’acharnent à caricaturer une « Algérie autoritaire », le pays construit patiemment les bases de son autonomie stratégique.

Se libérer définitivement du complexe colonial

Il est temps, pour les Algériens, de se débarrasser définitivement du complexe du colonisé. Le régime français qui s’agite aujourd’hui est un régime en perte de crédibilité internationale, en crise politique chronique, économiquement fragilisé et diplomatiquement aligné.

Répondre à ses provocations, c’est encore lui accorder une centralité qu’il ne mérite plus. La véritable réponse réside dans la constance, la souveraineté et la confiance en soi.

Car au bout du compte, cette agitation révèle moins la faiblesse de l’Algérie que la déliquescence d’un système politique français incapable d’assumer la fin de son monde.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Colonisation : quand la France veut se poser en victime de l’Histoire

La colère de l’extreme droite face au vote des députés algériens criminalisant la colonisation française n’est pas une réaction intellectuelle. C’est un réflexe de défense identitaire, un spasme mémoriel, un cri de douleur d’un imaginaire colonial qui refuse obstinément de mourir. Car enfin, qu’a fait l’Algérie ? Elle a nommé. Juridiquement. Politiquement. Souverainement. Et cela, pour une certaine presse française, reste un crime impardonnable.

On tolère volontiers que la colonisation soit un « sujet complexe ». On accepte même, parfois, qu’elle ait été « violente ». Mais qu’elle soit qualifiée de crime d’État ? Voilà la ligne rouge. Non pas parce que ce serait faux — mais parce que cela ôte à l’ancienne puissance coloniale le privilège de l’ambiguïté.

La nostalgie camouflée en lucidité

Le texte de ce media de l’extrême droite s’ouvre sur une élégie : Camus, la lumière, la mer, la douleur intime. Le procédé est connu. Il s’agit de poétiser la colonisation pour mieux dissoudre sa réalité matérielle. De remplacer un système de domination par une atmosphère. Une sensation. Une nostalgie.

La biographie sert ici de blanchiment idéologique. La souffrance réelle des juifs d’Algérie  tragédie historique indiscutable est convoquée non pour réclamer justice, mais pour relativiser le crime colonial, comme si l’addition des douleurs annulait la responsabilité structurelle. Vieille ruse : transformer l’histoire en compétition victimaire pour éviter toute qualification politique.

“Ressassement” : le mot préféré des amnésiques

L’Algérie « ressasserait ». Autrement dit, elle parlerait trop. Trop fort. Trop longtemps. Trop mal. Elle devrait, selon cette logique, tourner la page, page écrite par d’autres, arrachée par la force, annotée au sang.

Ce reproche est obscène. Car ce qui est appelé « ressassement » n’est rien d’autre que le refus de l’oubli imposé. L’exigence de ne plus traiter la colonisation comme une querelle d’historiens, mais comme un fait politique aux conséquences durables. Ce que la France de l’extreme droite reproche à l’Algérie, ce n’est pas de garder le silence, mais de ne plus se taire.

La “rente mémorielle” ou l’arrogance intacte

La formule est révélatrice : rente mémorielle. Elle suppose que les anciens colonisés exploiteraient leur passé comme un fonds de commerce, pendant que l’ancienne puissance, elle, serait sommée de payer indéfiniment pour des fautes déjà prescrites par sa propre conscience.

Mais qui parle ici de rente ? Un pays qui a bâti sa richesse, ses infrastructures, son statut international sur une extraction massive de ressources, de terres et de vies, ou un pays qui tente de faire reconnaître juridiquement ce qui lui a été infligé ?

La vérité est simple : ce que cette presse ne supporte pas, ce n’est pas la mémoire algérienne, c’est l’asymétrie qu’elle révèle encore.

Quand la souveraineté devient insupportable : Car au fond, tout est là. L’Algérie agit comme un État souverain. Elle légifère sur son histoire. Elle définit ce qui relève du crime et ce qui relève de l’apologie. Exactement ce que la France fait lorsqu’il s’agit de son propre passé — ou de celui des autres.

Mais voilà : la souveraineté algérienne n’est acceptable que lorsqu’elle est décorative. Culturelle. Folklorique. Dès qu’elle devient juridique, politique, contraignante, elle est jugée agressive, immature, vindicative. L’égalité formelle entre États reste, pour certains, une fiction dangereuse.

Parler d’hier pour éviter aujourd’hui, l’argument des paresseux : L’accusation finale est d’une banalité confondante : l’Algérie parlerait du passé pour masquer ses échecs présents. Argument universel des dominants face aux dominés. On l’a entendu partout, tout le temps. Comme si un peuple devait choisir entre mémoire et avenir. Comme si la justice historique était un luxe réservé aux nations prospères.

Ce raisonnement est non seulement faux, il est cynique. Car ce sont précisément les blessures non reconnues qui empoisonnent le présent. Ce sont les silences imposés qui nourrissent les crises. Criminaliser la colonisation n’empêche pas de gouverner : cela refuse simplement de gouverner sur le mensonge.

Ce que cette rage dit vraiment : Cette colère française ne parle pas de l’Algérie. Elle parle de la fin d’un monopole moral. De l’effondrement progressif d’un récit où la France pouvait être à la fois juge, partie et narratrice. Elle parle de la panique de ceux qui découvrent que l’histoire peut désormais se retourner, non par vengeance, mais par droit.

La colonisation n’est pas un souvenir. C’est une structure. Et lorsqu’un État anciennement colonisé décide de la nommer comme telle crime d’État  ce n’est pas l’histoire qu’il enferme, c’est le déni qu’il fissure. La haine est là. Elle est lente. Elle est irréversible et elle n’a rien de juste.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Algérie–France : le déni mémoriel, dernier refuge de la domination coloniale

En marge de l’hommage rendu à Hocine Aït Ahmed à Alger, parrainé par Edgar Morin, sociologue, philosophe et membre d’honneur de la fondation Hocine Aït Ahmed, je tiens à retenir les déclarations de l’historien français Benjamin Stora ont, une fois encore, mis en lumière une réalité que la France continue de contourner : la crise mémorielle entre l’Algérie et la France n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle est le produit d’un déni historique organisé, qui prolonge sous des formes contemporaines la domination coloniale exercée pendant plus d’un siècle.

Lorsque Benjamin Stora affirme que la France doit encore « reconnaître plein de choses », il désigne une responsabilité lourde que l’État français refuse d’assumer pleinement. La colonisation de l’Algérie ne fut pas une « œuvre civilisatrice » ni une simple parenthèse de l’histoire, mais un système structuré de dépossession, de violences de masse, de racisme institutionnel et de négation de l’existence politique du peuple algérien. Reconnaître cette réalité ne relève pas d’un geste symbolique : c’est une obligation politique et morale.

La question des restitutions en constitue l’un des marqueurs les plus révélateurs. Restes humains de résistants algériens conservés dans les musées français, archives confisquées, biens culturels spoliés : le refus persistant de restituer pleinement ces éléments relève d’une violence symbolique continue. Il s’agit d’un prolongement direct de la logique coloniale d’appropriation et de domination, travestie aujourd’hui en prudence administrative ou en débat académique. Tant que la France se réservera le droit de décider seule de ce qui peut être rendu ou non, elle perpétuera un rapport asymétrique hérité de l’ordre colonial.

Le contexte politique français aggrave encore cette impasse. La montée en puissance de l’extrême droite n’est pas un simple accident électoral ; elle s’inscrit dans une continuité idéologique avec le passé colonial. Nostalgique de l’Empire, hostile à toute reconnaissance des crimes coloniaux, cette mouvance refuse d’accepter l’indépendance de l’Algérie comme une victoire légitime d’un peuple en lutte. Elle impose dans le débat public un récit national falsifié, où la violence coloniale est minimisée et où la mémoire algérienne est systématiquement disqualifiée.

Mais réduire le problème à l’extrême droite serait une erreur. Le blocage mémoriel est avant tout un choix politique d’État. Le rapport remis par Benjamin Stora en janvier 2021, pourtant modéré et largement consensuel, proposait des mesures claires : ouverture accrue des archives, reconnaissance explicite de la responsabilité de l’État français, poursuite des restitutions, reconnaissance officielle d’événements majeurs comme les massacres du 17 octobre 1961. Le fait que ces recommandations soient restées largement lettre morte révèle l’absence de volonté réelle de rompre avec l’héritage colonial.

Ce refus n’est pas neutre. Il structure encore aujourd’hui les relations entre l’Algérie et la France, dans les domaines diplomatique, économique et migratoire. Le déni mémoriel nourrit une posture post-impériale où la France continue de se penser en donneuse de leçons, tout en refusant l’égalité mémorielle et politique avec son ancienne colonie. La mémoire devient alors un outil de pouvoir, utilisé pour maintenir une hiérarchie entre les récits et les souffrances.

Il faut le dire clairement : tant que la France refusera de reconnaître l’histoire de l’indépendance algérienne comme une libération légitime et irréversible, toute invocation de la « réconciliation » restera vide de sens. Il ne peut y avoir d’apaisement durable sans vérité, ni de partenariat équilibré sans reconnaissance pleine et entière des crimes coloniaux.

L’heure n’est plus aux formules prudentes ni aux gestes symboliques fragmentaires. La France doit assumer explicitement sa responsabilité d’État dans la colonisation de l’Algérie, engager des restitutions complètes et irréversibles, ouvrir sans restriction l’ensemble des archives coloniales et reconnaître sans ambiguïté la légitimité historique de la lutte de libération nationale.
À défaut, le discours mémoriel français continuera d’être non pas un travail de vérité, mais le prolongement politique d’une domination que l’histoire a pourtant déjà condamnée.

L’affirmation de Benjamin Stora selon laquelle l’extrême droite française est « résolument opposée à toute concession envers l’Algérie » appelle une mise en miroir tout aussi assumée : l’Algérie, depuis la rupture ouverte par les déclarations d’Emmanuel Macron, n’a cessé d’affirmer avec constance qu’elle ne cédera rien sur le terrain de la mémoire. Il ne s’agit pas d’une posture, mais d’une ligne politique claire, fondée sur une exigence de vérité et de justice.

Car ce que certains voudraient cantonner à un simple « dossier mémoriel » relève en réalité de crimes historiques majeurs, de violences systémiques et de pratiques qui, par leur ampleur et leur nature, interrogent le droit international et la responsabilité des États. Les nostalgiques de « l’Algérie française », enfermés dans la négation et la rancœur, devront se résoudre à cette réalité irréversible : la colonisation n’a jamais été qu’une parenthèse imposée par la force, un accident sanglant de l’histoire algérienne, et non un héritage légitime à défendre ou à réhabiliter.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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France–Algérie : l’arrogance coloniale sous couvert de diplomatie :

Derrière le vocabulaire policé de l’« apaisement », la diplomatie française continue d’imposer ses exigences à l’Algérie : sécurité, migration, économie, mémoire. Une tribune pamphlétaire qui démonte un discours néocolonial à peine maquillé.

Qu’un ambassadeur de France en Algérie ose déclarer publiquement que Paris a des « exigences » devrait, à lui seul, mettre fin à toute illusion sur la nature réelle des relations franco-algériennes. Ce n’est pas une maladresse. C’est un aveu. La France n’a jamais cessé de parler à l’Algérie comme à une ancienne colonie sommée d’obéir, de coopérer et surtout de se taire.

Sous couvert de « normalisation », le discours français recycle les vieux réflexes impériaux : injonctions sécuritaires, marchandage migratoire, pressions économiques et négation obstinée de la mémoire coloniale. Le ton est feutré, mais le fond est brutal. L’Algérie doit collaborer, contrôler, contenir, céder. Et remercier.

La fameuse « coopération sécuritaire » n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée de sauver la face après l’effondrement total de la présence française au Sahel. Chassée par des peuples lassés de la tutelle militaire, la France cherche aujourd’hui des sous-traitants régionaux pour maintenir une influence perdue. L’Algérie refuse. Et elle a raison. Elle n’a ni à réparer les désastres stratégiques français, ni à sacrifier sa doctrine de non-ingérence pour satisfaire les nostalgies d’empire.

Même logique sur la question migratoire. La France exige que l’Algérie joue le rôle de gendarme, de centre de rétention à ciel ouvert, au nom d’une Europe obsédée par le contrôle des corps et des frontières. Cette obsession sécuritaire, héritière directe du regard colonial, transforme les pays du Sud en zones de confinement humain. Là encore, l’Algérie dit non. Et ce refus devient, aux yeux de Paris, une faute diplomatique.

Le plus révélateur reste l’hostilité affichée envers le projet de loi algérien criminalisant la colonisation. La France ne supporte pas que l’Algérie nomme ce qu’elle a subi. Car nommer, c’est accuser. Accuser, c’est exiger des comptes. Et la France, qui se prétend patrie des droits de l’homme, refuse toujours d’assumer les siens quand il s’agit de crimes coloniaux : massacres, enfumades, déportations, viols, spoliations, essais nucléaires. Ce refus n’est pas de l’ignorance, c’est une stratégie.

Mettre sur le même plan cette loi mémorielle et la détention d’un journaliste français relève d’un cynisme politique assumé. La mémoire de millions de victimes algériennes n’est pas une monnaie d’échange diplomatique. Elle ne se négocie pas. Elle ne se censure pas pour préserver le confort moral de l’ancien colonisateur.

L’accusation d’« arme économique » est tout aussi grotesque. Depuis quand un État souverain n’a-t-il pas le droit de choisir ses partenaires ? Depuis quand rompre avec une dépendance économique héritée du colonialisme devient-il un acte hostile ? Ce que Paris appelle boycott, c’est simplement la fin progressive de privilèges indus accordés pendant des décennies aux entreprises françaises. Le problème n’est pas l’Algérie. Le problème, c’est la perte d’un monopole.

Quant à l’accord d’association avec l’Union européenne, l’utiliser comme instrument de pression est une manœuvre indigne. Cet accord, largement déséquilibré, a affaibli l’économie algérienne au profit des exportateurs européens. Refuser sa renégociation équitable, c’est prolonger une relation de dépendance sous couvert de partenariat.

Il faut cesser de parler d’« apaisement » quand il s’agit de soumission. Il faut cesser de parler de coopération quand il s’agit de contrôle. Et il faut cesser de parler d’avenir commun tant que la France refusera de regarder son passé colonial en face.

L’Algérie n’a rien à prouver. Rien à justifier. Rien à demander.

Elle n’est ni un partenaire mineur ni un élève diplomatique. Elle est un État souverain, avec sa mémoire, ses choix et ses lignes rouges.

La crise actuelle n’est pas une anomalie. Elle est le symptôme d’un mal plus profond : l’incapacité persistante de la France à accepter la fin définitive de son empire. Tant que cette rupture mentale ne sera pas actée, toute normalisation restera un mensonge diplomatique de plus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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France-Algérie : Réparations coloniales, pour les 132 années de colonisation française

Les revendications algériennes en matière de réparations pour les 130 années de colonisation française suscitent régulièrement une objection présentée comme symétrique : l’Algérie aurait elle-même participé à la traite et à l’esclavage, notamment sous la Régence d’Alger à l’époque ottomane. Cette objection, fréquemment mobilisée dans le débat public français, repose pourtant sur une confusion conceptuelle et historique majeure. Elle assimile des ordres politiques discontinus, des temporalités hétérogènes et des formes de domination sans rapport structurel, au prix d’une neutralisation politique du passé colonial.

Cet article soutient que cette comparaison relève d’une fausse symétrie, et qu’elle empêche de penser rigoureusement la question des réparations coloniales. En mobilisant les notions de continuité étatique, de structures persistantes et de domination postcoloniale, il s’agit de montrer que la responsabilité historique ne se fonde ni sur une culpabilité abstraite ni sur une analogie morale, mais sur l’existence d’effets présents, mesurables et institutionnellement produits.

Continuité étatique et responsabilité historique

Toute réflexion sur la responsabilité historique suppose une théorie implicite du temps politique. Comme l’ont montré les travaux d’histoire conceptuelle, la simple succession chronologique des régimes ne suffit pas à fonder une imputabilité contemporaine : celle-ci repose sur la continuité des structures de pouvoir, des institutions et des effets sociaux¹.

À cet égard, il n’existe aucune continuité institutionnelle, juridique ou symbolique entre la Régence d’Alger des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles  entité politique intégrée à l’Empire ottoman et l’État algérien issu de la guerre de libération nationale en 1962. Les cadres normatifs, les élites dirigeantes, les bénéficiaires sociaux et les formes de domination propres à cet ordre ancien ne se prolongent pas dans l’Algérie contemporaine.

À l’inverse, la France revendique explicitement une continuité étatique ininterrompue, qui traverse la monarchie restaurée, le Second Empire, les IIIᵉ et IVᵉ Républiques jusqu’à la Ve République actuelle. La colonisation de l’Algérie (1830–1962) s’inscrit pleinement dans cette continuité. L’État qui a mis fin formellement à l’empire est le même que celui qui en a organisé, administré et justifié la domination.

D’un point de vue strictement méthodologique, il serait dès lors plus cohérent d’interroger la responsabilité contemporaine de la France pour les guerres napoléoniennes que d’exiger de l’Algérie actuelle qu’elle réponde d’un ordre politique ancien sans survivance institutionnelle.

Réparations : du crime passé aux structures persistantes

La question des réparations ne saurait être réduite à une logique de compensation morale des crimes passés. Comme l’a formulé la philosophe Magali Bessone,*« ce qui exige d’être réparé, ce ne sont pas les crimes du passé, irréparables, mais les structures persistantes qu’ils ont produites »*². Cette perspective permet de déplacer le débat de la culpabilité vers la responsabilité structurelle.

Dans cette optique, la comparaison entre l’esclavage ancien pratiqué dans la Régence d’Alger et la colonisation française de l’Algérie se révèle conceptuellement inopérante. Si l’esclavage relève d’une histoire condamnable, il ne produit plus aujourd’hui de champ de contraintes sociales, ni d’inégalités systémiques observables dans les sociétés concernées. Aucun État esclavagiste algérien n’existe, aucune institution contemporaine n’en hérite, aucune population identifiable n’en subit les effets structurels.

La colonisation française, en revanche, a engendré des structures durables de dépossession, de hiérarchisation raciale et de domination politique, dont les effets se prolongent bien au-delà de la fin formelle de l’empire.

Domination coloniale et gouvernement postcolonial des populations

La colonisation ne doit pas être comprise comme une simple parenthèse historique, mais comme un laboratoire de la modernité politique, où se sont expérimentées des formes intensifiées de gouvernement, de classification raciale et de violence légitime³. Ces dispositifs n’ont pas disparu avec l’indépendance ; ils se sont recomposés dans l’espace postcolonial.

Les populations issues de l’ex-colonisation se trouvent ainsi prises dans des rapports différenciés à l’État, caractérisés par une exposition accrue à la violence policière, à la discrimination institutionnelle et à la stigmatisation symbolique. Cette situation correspond à ce que l’on peut qualifier, à la suite des travaux postcoloniaux, de gouvernement différentiel des corps et des existences⁴.

La persistance de ces inégalités ne relève pas de comportements individuels déviants, mais de structures incorporées, de routines administratives et d’habitus institutionnels qui orientent durablement les pratiques⁵.

Héritages idéologiques et continuité postcoloniale en France

Les recherches historiques ont montré que la fin de la colonisation algérienne ne s’est pas accompagnée d’une rupture idéologique nette en France. Les réseaux, les discours et les catégories de pensée issus du colonialisme ont continué à structurer le champ politique et médiatique⁶.

L’OAS, organisation terroriste explicitement fondée sur la défense de l’ordre colonial et de la hiérarchie raciale, constitue un point nodal de cette continuité. Si elle a été militairement vaincue, ses héritiers idéologiques ont poursuivi leur action dans l’espace politique, contribuant à la normalisation de discours hostiles aux anciens colonisés, en particulier aux Algériens.

Les violences policières récurrentes visant les populations nord-africaines s’inscrivent dans cette généalogie longue de la violence d’État. Le meurtre de Nahel ne peut être compris comme un fait isolé, mais comme l’un des symptômes d’une économie politique de la violence historiquement située⁷.

Conclusion

Refuser la question des réparations au nom d’une fausse symétrie historique revient à neutraliser politiquement le passé colonial, en le privant de sa capacité à éclairer les inégalités du présent. Il ne s’agit ni de juger l’histoire à l’aune d’une morale anachronique, ni de réduire la réparation à un geste symbolique.

La réparation constitue une exigence démocratique contemporaine, fondée sur la reconnaissance et la transformation de structures postcoloniales toujours opérantes. Tant que ces structures continueront de produire des effets mesurables d’inégalité, la question des réparations demeurera non seulement légitime, mais politiquement incontournable.

Notes

  1. Reinhart Koselleck, Le futur passé, Éditions de l’EHESS.
  2. Magali Bessone, Sans distinction de race ?, Vrin.
  3. Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme.
  4. Achille Mbembe, De la postcolonie.
  5. Pierre Bourdieu, La domination masculine ; Esquisse d’une théorie de la pratique.
  6. Benjamin Stora, La gangrène et l’oubli.
  7. Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

Bibliographie sélective

  • Arendt, Hannah. Les origines du totalitarisme.
  • Bessone, Magali. Sans distinction de race ? Une analyse critique du concept de discrimination.
  • Bourdieu, Pierre. Esquisse d’une théorie de la pratique.
  • Fanon, Frantz. Les damnés de la terre.
  • Koselleck, Reinhart. Le futur passé.
  • Mbembe, Achille. De la postcolonie.
  • Stora, Benjamin. La gangrène et l’oubli.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                         Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le mythe du “privilège algérien”: Fatigués de votre culpabilité ? Nous, fatigués de votre arrogance.

Une modeste réponse Algérienne à la France qui refuse de se regarder en face. À force de refuser d’assumer son histoire coloniale, une partie de la France en vient à accuser l’Algérie d’être responsable de sa mauvaise conscience. Sous couvert d’universalisme, certains intellectuels ressuscitent la vieille arrogance coloniale : celle du maître lassé de sa propre culpabilité. Cette tribune répond, point par point, à ce discours du renversement et du mépris.

On croyait que les temps avaient changé. Mais non : dans certains cercles parisiens, le colonisateur fatigué continue de se présenter comme une victime.
Certaines presses formulent que  le messianisme universaliste se retourne contre la France” pour nous dépeindre une France prisonnière d’une culpabilité coloniale et l’Algérien comme un bénéficiaire ingrat d’avantages immérités. Ainsi donc, la colonisation deviendrait un fardeau moral pour le colonisateur ? Quelle plaisanterie cruelle.
Car ce discours n’est rien d’autre qu’un blanchiment moral : transformer la responsabilité historique en malaise existentiel.

On nous parle d’universalisme républicain, mais c’est toujours celui du dominant.
L’universel, dans leur récit, reste européen, blanc, français.
Le reste du monde n’y est toléré que s’il s’y conforme.
Ce “messianisme” dont parle la presse c’est celui de la France persuadée qu’elle doit sauver le monde — hier par la “civilisation”, aujourd’hui par la “rééducation morale”.

Mais l’Algérie n’a pas besoin d’un sauveur, encore moins d’un psychanalyste.
Ce qu’elle exige, c’est le respect, pas la confession permanente du colonisateur en quête d’absolution.

La presse dénonce les accords franco-algériens de 1968 comme une “injustice”, une “exception”.
Elle feint d’oublier qu’ils furent le prolongement d’une relation asymétrique : un peuple pillé pendant plus d’un siècle, une économie détruite, une société fracturée.
Ces accords ne sont pas des faveurs ; ils sont une reconnaissance minimale d’une dette morale et humaine.

Ce n’est pas un privilège d’obtenir le droit de vivre dignement là où l’on a contribué à reconstruire.
C’est un dû.
Mais la France préfère parler de “privilège” pour ne pas parler de responsabilité.

Quand la presse évoque les “malaise identitaires” ou “violences” associées aux Algériens, il ne fait que raviver une vieille peur : la peur du colonisé visible.
Le drapeau algérien brandi dans les rues, les cris de joie lors d’un match, la fierté d’une diaspora — tout cela est perçu comme une menace.
Mais ce n’est pas l’Algérien qui provoque la tension : c’est la mémoire refoulée d’une France incapable d’accepter sa défaite coloniale. Là où cette presse voit “hostilité”, nous voyons mémoire et dignité.

 

On nous répète que “la France se repent trop”.
Mais de quelle repentance parle-t-on ?
Aucune reconnaissance officielle des massacres de Sétif, Guelma ou Kherrata.
Aucune excuse pour les enfumades, les spoliations, les tortures.
Aucune réparation, ni symbolique ni matérielle.

Alors de quoi parle-t-on ?
La France n’a pas trop demandé pardon — elle ne l’a jamais fait. Et l’Algérie n’attend pas des larmes, mais du respect.
Nous n’avons pas besoin que la France se regarde pleurer, mais qu’elle cesse de travestir l’histoire
La France ne s’est jamais excusée — elle s’est justifiée pour refuser de distinguer entre le pardon et la vérité.

Depuis 1962, la France ne parle pas à l’Algérie — elle parle d’elle-même à travers elle : sa nostalgie, sa culpabilité, son identité en crise.

Or l’Algérie n’est ni un miroir ni une thérapie nationale.
C’est un pays souverain, fier, et lassé d’être le fantôme moral de la République.

Ce texte dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas : la France n’a jamais accepté la fin de sa domination.
Elle parle d’égalité mais rêve de hiérarchie.
Elle parle de mémoire mais exige l’amnésie des autres.

Nous, Algériens, n’attendons ni compassion ni repentance.
Nous demandons l’égalité dans la vérité, la reconnaissance sans condescendance, la mémoire sans mensonge.

L’Algérie ne vit pas dans le passé : c’est la France qui s’y accroche, de peur de regarder l’avenir sans son ancienne supériorité.

Ceux qui écrivent ces textes croient nous instruire. Ils veulent “rééduquer” le peuple français à aimer moins sa culpabilité et plus sa grandeur.
Mais nous, Algériens, ne leur demandons qu’une chose : qu’ils cessent de nous expliquer qui nous sommes.

L’Algérie n’est ni un miroir de la France, ni son laboratoire moral.
C’est un pays libre, debout, souverain.
Et chaque fois que la France essaiera de nous réduire à un symbole de sa crise identitaire, elle trouvera face à elle une vérité qui dérange Et si vous persistez à confondre notre mémoire avec votre malaise, sachez ceci :
le peuple qui s’est libéré sans attendre votre bénédiction ne réclamera jamais votre absolution.


A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Toujours les Algériens : la vieille obsession coloniale de la France

 

Chaque fois que la France cherche un exutoire à ses angoisses, elle ressort le même spectre : l’Algérien. Toujours lui. Toujours cet étranger supposé irréductible, menaçant, envahissant — l’ombre commode sur laquelle on projette les peurs et les lâchetés d’une nation en perte de repères.

Et voici que, sous couvert de « remettre en question les accords franco-algériens de 1968 », on rejoue le vieux théâtre de la haine. Une fois encore, des tribunes d’extrême droite recyclent le fantasme de l’« invasion », le mythe de la « remigration », la rengaine de l’« Algérie coupable ». Derrière le prétexte administratif, c’est toujours la même musique : faire des descendants des colonisés les boucs émissaires des malaises français, c’est  derrière la dénonciation des accords franco-algériens de 1968, la même vieille rengaine colonialiste et xénophobe que  L’extrême droite, héritière de l’OAS, n’a jamais digéré l’indépendance algérienne, elle  n’a que la haine à offrir.  

La colonisation n’est pas finie : elle a changé de costume

Le racisme d’aujourd’hui ne parle plus la langue brutale du colonialisme ; il se pare d’une respectabilité parlementaire, d’une indignation patriotique.
Les mots ont changé, pas la logique : « invasion », « insécurité », « islamisation », « retour chez eux » — tout cela traduit la même pulsion de domination, la même nostalgie d’un ordre blanc et sûr de lui.

Sous couvert de « souveraineté nationale », c’est la vieille supériorité coloniale qu’on ressuscite : celle d’une France qui s’imagine encore pouvoir trier entre les bons et les mauvais étrangers, entre ceux qui méritent la République et ceux qu’elle rejette au nom de leur origine.
C’est une France en miroir, qui ne supporte pas de voir dans l’Algérien le reflet de son propre passé impérial.

Une manipulation politique déguisée en débat d’idées

Qu’on ne s’y trompe pas : cette prétendue « remise en question des accords de 1968 » n’a rien d’un débat juridique.
C’est un signal politique, un test de ralliement à la droite dure et à l’extrême droite. On ne parle plus d’économie, ni de diplomatie : on désigne des coupables.

Les chiffres sont manipulés, les réalités sociales déformées, les nuances effacées.
On ne distingue plus entre les Algériens, les Franco-Algériens, les musulmans, les immigrés — tout est fondu dans un même bloc menaçant. C’est ainsi que l’on fabrique une peur. C’est ainsi que l’on prépare les esprits à la haine.

Les héritiers du mépris colonial

Le plus insupportable, c’est cette inversion morale : ceux-là mêmes qui refusent de regarder la colonisation en face se posent désormais en victimes.
Ils crient à la « revanche coloniale », osent parler de « colonisation à rebours », comme si les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis étaient des armées d’occupation.
C’est le mensonge le plus obscène de notre époque : transformer les enfants de l’exil et de la misère en conquérants.

La vérité, c’est que la France n’a jamais vraiment décolonisé sa tête.
Elle a retiré son drapeau d’Alger, mais elle garde dans ses discours l’arrogance d’hier.
Elle se refuse à comprendre que les liens entre les deux peuples sont indélébiles, faits de mémoire, de sang, de travail, de culture et de douleur partagée.
Ce que certains veulent « couper », c’est ce cordon symbolique qui relie la France à sa propre histoire — une histoire qu’ils détestent parce qu’elle leur rappelle leur responsabilité.

La remigration : euphémisme pour purification

Le mot est lâché, tranquillement : «rémigration». Sous cette apparente neutralité se cache la tentation la plus sinistre — celle d’un nettoyage ethnique à la française, maquillé en programme politique.
Ce terme n’a rien d’un concept : c’est un mot de haine, forgé pour rendre présentable l’impensable.

Ce n’est plus la République qui parle, c’est la revanche de la peur, l’appel du sang.
Et pendant que les plateaux télé déroulent le tapis rouge à ces idées morbides, la société s’habitue. Petit à petit, la violence verbale prépare la violence réelle.

La question n’est pas de savoir si les accords de 1968 doivent être modernisés.
La vraie question est : quelle France voulons-nous être ?
Une France qui érige des murs, ou une France qui regarde son passé en face et construit des ponts ?
Une France qui reproduit la hiérarchie coloniale sous des mots neufs, ou une France capable d’égalité réelle ?

Il est temps de dire non.
Non à cette obsession morbide de « l’Algérien » qui hante encore la conscience française. La République ne sera fidèle à elle-même que lorsqu’elle cessera de confondre justice et vengeance, mémoire et amnésie, identité et exclusion.

L’Algérien comme alibi de la décadence française :  

Chaque fois que la France échoue à se penser, elle accuse l’Algérien.
Chaque fois que son modèle économique se fissure, que ses banlieues brûlent, que sa jeunesse s’égare, elle ressort le vieux coupable colonial.
Car il est plus facile d’accuser les fils de l’immigration que d’affronter les trahisons sociales, la corruption, les inégalités, l’abandon républicain.

Ce n’est pas l’Algérien qui hante la France — c’est la honte française.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

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