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Voilà qu’un « Allah Akbar » en voiture folle retentissait sur l’île d’Oléron

L’attaque commise sur l’Île d’Oléron a immédiatement suscité un déferlement de déclarations politiques. Avant même que l’identité de l’auteur, ses motivations ou son état psychologique soient établis, le mot « attentat » circulait déjà partout. Certains responsables parlaient de « menace islamiste », d’autres dénonçaient « l’angélisme » de leurs adversaires. Une chose est sûre : la course à l’interprétation a devancé l’enquête.

Ce réflexe n’est pas nouveau. Il témoigne d’un glissement structurel du débat public : l’émotion instantanée se substitue à la compréhension, et l’événement tragique devient outil de communication politique. Dans ce théâtre de l’immédiat, l’information n’est plus un processus mais un réflexe, et chaque drame devient le carburant d’une bataille culturelle préexistante.

Pourtant, la réalité de ces actes violents est complexe. Elle concerne à la fois : la circulation de discours extrémistes afin de réduire ces situations au seul facteur religieux ou identitaire, et encore plus la dramatisation médiatique comme mode de pensée ; c’est répondre à la complexité par un slogan, et donc laisser intactes les causes profondes.

Pendant que les plateaux télé s’affolent autour de l'« insécurité »,  pour faire intervenir ses chroniqueurs impartiaux qui assureront que le pire est avenir, et que c’est de la faute des Français : voilà ce qui arrive lorsqu’on reconnaît la Palestine !

Alors que d’autres faits, eux bien établis, passent sous silence : la précarité étudiante qui explose, la pénurie médicale, la fragilisation de l’école, l’épuisement des soignants, l’isolement en Ehpad, la perte de pouvoir d’achat, les inégalités territoriales. Ce sont pourtant ces fractures sociales-là qui structurent durablement le malaise français.

La question n’est donc pas seulement « qui est responsable de cette attaque ? », mais dans quel climat politique elle s’inscrit.

Un climat où la peur devient langage politique fréquent et le citoyen est sommé de choisir un camp avant même de comprendre.

Des faits divers qui tombent bien, pour l’extrême droite parce que ce qui se joue désormais dépasse Oléron

« Je veux adresser toutes mes pensées aux personnes blessées ce matin sur l’île d’Oléron, victimes d’une attaque d’une violence inouïe. » (Yaël Braun-Pivet, qui a eu des mots moins durs pour Israël qui commet un génocide)

« Aujourd’hui, la situation est telle que nous voyons émerger des djihadistes partout en France. » (Éric Zemmour)

« La menace islamiste sur notre pays n’a jamais été aussi forte […] mais c’est une guerre qu’il vous faut mener, ici et maintenant. Demain, il sera trop tard, notre pays a déjà payé un trop lourd tribut à l’islamisme. » (Sébastien Chenu)

Ce qui est choquant, c’est que ces politiques, trois minutes après l’évènement, annoncent déjà que c’est un attentat, et communiquent en ce sens sur les réseaux sociaux, avec un discours des plus terrorisants. Aucun début d’enquête, peu importe, « ils le savent déjà ». 

 Mais il est bon, bien sûr de rappeler que concernant cet attentat, qu’il s'agit en fait d’une fiction politique de certaines forces politiques, qui arrivent t à construire leur stratégie autour du thème de l’islamisme et l’immigration, présentée méthodiquement comme l’origine directe ou indirecte de tous les maux de la société française, et surtout qu’il s’agit également d'un événement en lien avec le Grand Remplacement.  

Ainsi donc, je dois dire bravo aux Français de souche, ayant Vercingétorix comme ancêtre (comme Zemmour), mais presque tous issus de l'immigration. Dans les médias, certains se prennent pour Napoléon, mais ils sont plus nombreux à se croire de souche, de qui, de quoi et depuis quand ?

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

 

 

 

Immigration : quand la peur remplace la raison

Sous couvert de lucidité, certains éditorialistes d’extrême droite transforment la question sociale en guerre identitaire. Derrière le discours sur le “servage moderne” et la “France défigurée”, se cache une manipulation idéologique : faire des travailleurs immigrés les boucs émissaires d’un système qu’ils subissent autant qu’ils le font tourner.

Quand la “lucidité” devient une arme politique

Le discours se présente comme courageux, réaliste, presque moral : il “dit la vérité nue” sur la France “mondialisée”, où les immigrés seraient à la fois nécessaires et indésirables. Mais derrière cette posture de franchise, c’est une rhétorique de la peur qui s’impose.
Les mots claquent — “servage moderne”, “féodalité postmoderne”, “désordre migratoire” — pour dresser le tableau d’une nation déchue. Ce vocabulaire dramatique vise à frapper les esprits, à fabriquer l’urgence et la colère, non à éclairer le débat.

Eric Zemmour   suite au cambriolage du Louvre, le fondateur de Reconquête est aux anges : les fuyards s'apprêtaient à partir pour l'Algérie. Seule ombre au tableau selon lui : on les a retenus sur le territoire français.

Le texte se conclut sur un appel à la régénération morale : “réapprendre à distinguer la charité de la lâcheté, la justice de la complaisance, la fraternité de l’oubli de soi”. En apparence, un éloge de la vertu ; en réalité, une confusion morale soigneusement entretenue.
Derrière ce langage de la “vertu retrouvée”, l’extrême droite impose une justice sans égalité et une fraternité sans altérité. Ce qu’elle nomme “oubli de soi” n’est autre que la solidarité universelle, fondement même de la République.

L’idée d’un “salut de la France” par le “retour à la vérité” d’un peuple “libre et maître chez lui” relève moins d’un projet politique que d’un slogan identitaire.
Elle oppose une France pure, mythifiée, à une France réelle, diverse et vivante. Ce fantasme d’un peuple “qui ne se renie pas” sert à exclure ceux dont les origines ou les appartenances ne cadrent pas avec ce récit national nostalgique.

Pourtant, paradoxe souvent occulté, une part importante des sympathisants et électeurs de l’extrême droite sont eux-mêmes issus de l’immigration.
Des Français d’origine maghrébine, portugaise, italienne ou polonaise adhèrent aujourd’hui à ces discours de rejet, croyant y trouver une forme de reconnaissance ou d’appartenance nationale. Ce phénomène ne relève pas de l’ironie mais d’un drame social : le désenchantement républicain.
Quand la promesse d’égalité ne se concrétise pas, quand l’ascenseur social reste bloqué, il devient tentant de chercher ailleurs un sentiment de fierté — même dans un discours qui finit par vous exclure.
Ainsi, certains descendants d’immigrés intériorisent la rhétorique qui les stigmatise, espérant s’en distinguer : c’est l’un des effets pervers les plus saisissants du ressentiment national.

Ce discours prétend restaurer la dignité, mais il réinstaure symboliquement un ordre colonial : celui d’une France où les uns commandent et les autres servent, où le “respect de ceux qu’on accueille, dans la mesure du possible” signifie en réalité tolérance conditionnelle.
La hiérarchie implicite entre les “vrais Français” et les “tolérés” contredit frontalement l’idéal républicain d’égalité. Elle déguise la peur en fierté, et la méfiance en patriotisme.

Réapprendre la fraternité, ce n’est pas dresser des murs autour de soi : c’est reconnaître la pluralité de ce “nous” français, tissé de migrations, de luttes et de métissages.
Le salut de la France ne viendra pas d’un repli nostalgique, mais d’une affirmation lucide et apaisée d’une identité ouverte, consciente de sa diversité.
Car ceux qui prétendent “ne pas se renier” sont souvent les premiers à renier ce qu’est réellement la France : une nation plurielle, fière, mais jamais figée.

Un discours plein de contradictions

L’auteur reconnaît que sans les travailleurs immigrés, l’économie française ne tiendrait pas debout. Pourtant, il transforme cette réalité en menace.
On dénonce l’exploitation tout en refusant l’intégration, on critique la dépendance tout en niant l’apport.
Cette contradiction révèle l’essence du discours d’extrême droite : faire de l’immigré un problème, même lorsqu’il est la solution.
Au lieu d’analyser les mécanismes économiques de l’exploitation, le texte préfère un récit identitaire : ce ne serait plus la logique du marché qu’il faut combattre, mais “l’étranger”.

Le mythe du Français trahi

Autre stratégie bien connue : le renversement victimaire.
Le Français “de souche” serait marginalisé, culpabilisé, pendant que les immigrés bénéficieraient d’une compassion d’État.
L’antiracisme devient alors, selon l’auteur, une “religion officielle” qui interdit toute critique.
Ce renversement rhétorique permet de présenter la parole raciste comme une vérité courageuse — une posture commode pour masquer un discours de domination.
L’objectif est clair : délégitimer la lutte contre les discriminations en la réduisant à une hypocrisie morale.

Les vraies causes passées sous silence

Dans cette vision du monde, les causes structurelles disparaissent.
Pas un mot sur la précarisation du travail, les politiques migratoires restrictives, les discriminations systémiques, ou les effets du capitalisme globalisé.
Tout est ramené à une opposition binaire : “eux” contre “nous”.
Ce glissement du social vers l’identitaire permet d’évacuer la responsabilité politique et économique réelle, celle qui exploite autant les Français précaires que les travailleurs venus d’ailleurs.

La République défigurée par ceux qui prétendent la défendre

L’auteur invoque sans cesse la République, la fraternité, la dignité du travail.
Mais ces mots, sous sa plume, sont dévoyés.
Une République qui hiérarchise les citoyens selon leurs origines, une fraternité qui exclut, une dignité réservée à certains, ne sont plus républicaines.
C’est là le paradoxe : au nom de la France, on trahit ce qui la fonde.

Lucidité ou lâcheté morale ?

Oui, la France traverse une crise sociale et identitaire. Mais la réponse ne viendra pas du repli ni du mépris.
Être lucide, c’est reconnaître les injustices structurelles ; être lâche, c’est les transformer en peur de l’autre.
La “lucidité” prônée par ces textes n’est qu’un autre nom de la haine maquillée en clairvoyance.

La véritable force républicaine ne consiste pas à désigner un ennemi, mais à refuser le mensonge.
Ce n’est pas la diversité qui fragmente la France, mais l’injustice.

Conclusion : la République ou le ressentiment

L’article d’extrême droite prétend défendre la dignité et la liberté, mais il ne fait que nourrir le ressentiment.
Les travailleurs immigrés ne sont pas les fossoyeurs de la France, ils en sont les bâtisseurs invisibles.
Et si la République veut “vivre debout”, comme le dit l’auteur, elle ne le fera pas contre eux — mais avec eux, dans l’égalité, la justice et la vérité.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/

 

Le prophète Zemmour : les faits divers en champs de bataille idéologique

 

 Les discours d’Éric Zemmour transforment les faits divers en champs de bataille idéologique. Derrière ses métaphores grandiloquentes se cache une mécanique dangereuse : celle qui assimile l’immigré à une menace, l’Algérien au voleur, et l’autre à l’ennemi.  Zemmour se rêve en lanceur d’alerte et il se croit lanceur de vannes. Mais la vérité, moins glorieuse, plus terre à terre, c’est qu’il maîtrise surtout l’art de lanceur de pets : le vacarme et la senteur, le bruit et l’odeur, ça, il gère très bien. Et comme toujours chacun de ses pets devient un communiqué très médiatisé.

Il suffit parfois d’un mot pour dévoiler tout un système de pensée.
Lorsque, après un cambriolage au Louvre, Éric Zemmour déclare que « l’immigration nous vole les bijoux de la Couronne », il ne parle pas d’un vol, mais d’un mythe. Il invente un récit où la criminalité se confond avec l’origine, où un fait divers devient le symbole d’un affrontement civilisationnel. Ce glissement du particulier au général est le cœur du racisme moderne : discret dans la forme, violent dans le fond.

Sous couvert d’admiration pour les enquêteurs, Zemmour félicite la police pour mieux accuser l’immigration tout entière. Il ne s’agit plus de juger deux individus, mais de condamner une communauté entière, réduite à sa nationalité ou à sa religion. Ce procédé est bien connu : c’est le racisme discursif, cette rhétorique qui avance masquée derrière des phrases bien tournées et un ton pseudo-rationnel. Mais qu’on ne s’y trompe pas : derrière la syntaxe se cache la stigmatisation, derrière la formule, la peur.

Le discours de Zemmour est une mise en scène.
Les mots « djihad du quotidien », « notre civilisation », « tragédie de Lola » ne relèvent pas de l’analyse, mais du registre de l’émotion brute. Tout est fait pour entretenir un sentiment d’assiègement, pour faire croire que chaque fait divers est une bataille perdue dans une guerre invisible. Cette dramatisation permanente, ce mélange de faits et de fantasmes, permet d’imposer un récit unique : celui d’une France pure, menacée par l’étranger.
C’est une politique de l’émotion, pas de la raison.

Mais il faut le dire clairement : cette logique du soupçon permanent détruit tout pacte républicain. Car ce que Zemmour présente comme « lucidité », n’est qu’un vieux poison repeint aux couleurs du patriotisme. C’est la vieille idée du bouc émissaire, celle qui a toujours nourri les populismes : expliquer la crise, la violence ou la souffrance sociale non par la complexité du monde, mais par la présence d’un Autre. En pointant du doigt « l’immigration », il détourne l’attention des véritables fractures : les inégalités, la pauvreté, la relégation sociale.

Le plus inquiétant, c’est que ces mots ne choquent plus autant. Il est très difficile, même pour un Français ordinaire de ressentir de l’amour pour toute cette société aristocratique du spectacle médiatique, du mensonge, de l’illusion et de l’arrogance composé essentiellement de millionnaires, ou de parasites de l’audiovisuel sur payés.
D’autant que ces donneurs de leçons qui fabriquent l’opinion en contrôlant les médias, sont complices et apologistes des millions d’assassinats de civils par des criminels. Les larmes de la maman de Lola ont déchiré le cœur de certains. Mais il existe des milliers (dans le présent et plus dans le passé) de mères, d’orphelins, de veufs et de veuves de guerres qui méritent la même compassion surtout à Gaza où les victimes sont majoritairement les consœurs de la petite Lola.
Le racisme s’est fait discours de plateau télé, argument de campagne, slogan politique. On le commente, on le relativise, on le normalise. Or, c’est précisément cette banalisation qui est dangereuse. Car à force d’entendre que « l’immigration nous vole », certains finissent par le croire. Et à force de croire, certains finissent par haïr.
Ce n’est plus seulement un débat d’idées, c’est une dégradation de la culture démocratique, une corrosion du vivre-ensemble. Aujourd’hui plus que jamais les Français de base peuvent se  rendre compte que ce ne sont justement pas des clichés, mais une Culture ancestrale. Ruses, mensonges et profits les 3 piliers du talmudisme

Face à cela, il ne suffit pas de s’indigner. Il faut résister par la parole et par la pensée.
Résister, c’est rappeler que la responsabilité est individuelle, jamais collective.
Résister, c’est refuser qu’un acte isolé devienne un procès contre tout un peuple.
Résister, c’est défendre une France fidèle à son idéal républicain : celle qui juge les actes, pas les origines ; celle qui valorise la justice, pas la vengeance symbolique.

Il ne s’agit pas ici de nier les problèmes ou d’édulcorer le réel. Il s’agit de le comprendre sans le tordre, de parler sans exclure. Car la République n’est pas un mur, c’est une promesse : celle de la dignité égale de tous les citoyens, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs.
Quand Zemmour transforme cette promesse en peur, il ne défend pas la civilisation — il en trahit l’esprit.

Alors oui, il faut dénoncer ce racisme-là.
Celui qui se cache dans les tournures élégantes et les phrases bien ciselées.
Celui qui se glisse dans les discours télévisés, jusqu’à sembler banal.
Parce qu’à chaque fois qu’un mot discrimine, c’est un pan de l’humanité qui recule.
Et parce que la seule guerre qu’il vaille la peine de mener aujourd’hui, c’est celle contre la haine, pour que les mots cessent enfin de blesser la République.

En effet le cambriolage du Louvre sert de diversion à une classe politique française qui patauge dans la médiocrité et à des médias mainstream français qui ne cherchent que le buzz pour augmenter leur audimat.

Aujourd'hui les Français de base, voyant que les caisses sont vides, que leur mode de vie est en danger, que leur identité même est gravement menacée, ne reconnaissant plus le pays où ils sont nés et ils ont la gueule de bois !
Régler l'affaire par une "bonne" foutre dehors tous les indésirables, de l’empire médiatique du mensonge au service des milliardaires fossoyeurs de la France et de leurs complices de la tribu que l’on ne peut nommer.
Dans le champ politique un seul petit exemple Zemmour qui parle des valeurs chrétiennes de la France (sacré moise pour les intimes et Eric pour la plèbe). Un bon exemple de la théorie du grand remplacement !
La France devrait se débarrasser de tous ces poux qui infestent sa tête pour retrouver la paix intérieure et restaurer sa grandeur. 

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/

 


L’extrême droite avec son obsession identitaire veut sauver la France

Sous couvert de lutte contre l’islamisme, un discours se répand : celui d’une Europe assiégée, d’une France “à reconquérir”, d’un Occident “judéo-chrétien” en péril. Ce récit, porté par des essayistes identitaires, transforme la peur en doctrine politique. Et derrière la posture patriotique, se profile une idéologie de rejet.

La peur comme projet politique

Le texte lu pourrait sembler anodin : une énième tribune dénonçant les “dérives islamistes”, l’immigration incontrôlée, la faiblesse des élites. Mais à bien le lire, c’est une tout autre musique qui s’impose.
Sous les références sécuritaires et les appels à la fermeté, ce discours déroule une rhétorique de la peur, saturée de termes anxiogènes : invasion, islamisation, disparition, guerre civile.
Chaque phrase alimente un climat d’urgence. Chaque mot fabrique un ennemi.

Cette mécanique est bien rodée. Elle ne vise pas à informer, mais à mobiliser les affects. En désignant une menace totale — “l’islam politique”, “l’entrisme musulman”, “l’infiltration culturelle” — l’auteur construit un récit où la France serait au bord du gouffre. Le réel se dissout dans la fiction d’un siège civilisationnel.
Et la peur, dès lors, devient un programme.

L’islam comme bouc émissaire universel

Sous couvert de lucidité, ce discours amalgame tout : l’islamisme, l’islam, l’immigration, la foi, la culture, jusqu’à la gastronomie (“le kebab halal” comme symptôme du déclin).
Ce procédé n’est pas nouveau : c’est celui de l’essentialisation. L’islam n’est plus une religion plurielle, vécue par des millions de citoyens français, mais un bloc homogène, porteur d’un projet d’emprise.
Le musulman n’est plus un individu, il devient une catégorie suspecte, une menace culturelle.

C’est ainsi que la peur bascule dans l’idéologie identitaire. Derrière les appels à la “fermeté”, c’est la stigmatisation systémique qui s’installe.
Et sous le masque de la défense de la République, c’est son principe même — l’égalité des citoyens — qui vacille.

Le faux vernis du “socle judéo-chrétien

Le texte vante un retour au “socle judéo-chrétien” pour contrer “l’offensive islamique”. L’expression, séduisante pour certains, est en réalité un slogan politique vide.
L’Europe ne s’est pas construite sur une identité religieuse figée, mais sur des combats intellectuels : la laïcité, les droits de l’homme, la démocratie, la science.
Réduire cette histoire à une essence “judéo-chrétienne”, c’est nier la pluralité des héritages et imposer une hiérarchie entre croyances.

Derrière cette formule se cache un projet réactionnaire : restaurer une identité ethno-spirituelle, opposer les “bons croyants” aux autres, et préparer le terrain à une politique d’exclusion.
C’est la nostalgie d’un monde mythifié, celui d’une Europe blanche, chrétienne et homogène — un mythe, pas une mémoire.

La laïcité détournée en arme de guerre

Ironie amère : ceux qui invoquent sans cesse la laïcité en font une machine d’interdiction.
Interdire le halal dans les cantines, fermer les mosquées “salafistes”, bannir le voile “politique” : autant de propositions qui travestissent la laïcité en outil de tri social.
La loi de 1905 n’a jamais visé à contrôler les croyances, mais à protéger la liberté de culte.
La République, ici, devient une forteresse, non un espace commun.

Ce glissement du laïque vers le coercitif n’est pas anodin. Il annonce une vision autoritaire du politique, où la sécurité justifie la réduction des libertés.
C’est le vieux rêve de l’extrême droite : faire passer la force pour du courage et l’exclusion pour du bon sens.

De la paranoïa à la tentation autoritaire

Les “solutions” proposées dans ce texte — lois d’exception, expulsions massives, “démantèlement” idéologique — relèvent d’une obsession du contrôle.
Elles supposent un État qui surveille, qui classe, qui expulse.
Mais derrière le mot “ordre”, c’est la peur de l’altérité qui commande.

Ce type de rhétorique prépare les esprits à accepter l’illibéralisme : moins de droits pour plus de sécurité, moins de diversité pour plus “d’unité”.
Et lorsque le fantasme d’une “France assiégée” devient la boussole du politique, la démocratie se vide de sa substance.

Raison contre délire identitaire

Reconnaître les dérives islamistes, oui. Mais refuser l’amalgame, encore plus.
Car à trop confondre menace terroriste et présence musulmane, on alimente le ressentiment et on affaiblit la cohésion nationale.
La véritable bataille n’est pas religieuse, mais civique et sociale : éducation, justice, culture, lutte contre les discriminations.
Tout le reste — le “choc des civilisations”, le “socle spirituel”, la “résistance chrétienne” — relève du roman politique.

Face à la crispation identitaire, la lucidité démocratique doit redevenir notre boussole.
La République n’a pas besoin d’ennemis imaginaires pour se défendre.
Elle a besoin de citoyens libres, informés, et capables de penser au-delà de la peur.

Le mirage du “socle judéo-chrétien” : quand la foi devient instrument politique

Appeler l’Occident à “se ressouder autour d’un socle judéo-chrétien”, comme le font Netanyahu, J.D. Vance ou Donald Trump, n’a rien d’un projet spirituel : c’est un manifeste identitaire déguisé en croisade morale. Derrière le vocabulaire de la “solidarité” et du “retour aux valeurs”, se dessine une vision du monde fondée sur la peur et la hiérarchie des civilisations. Cette idée d’un front “judéo-chrétien” face à “l’islamisme” ne cherche pas à défendre la liberté de conscience — elle réintroduit la religion comme marqueur d’appartenance nationale, comme ligne de partage entre les “nôtres” et les “autres”.

L’argument est habile : l’auteur feint de défendre l’Occident contre la radicalisation, mais son projet repose sur une essentialisation des identités. Israël, les États-Unis et l’Europe deviennent les bastions d’un même bloc religieux censé protéger la “civilisation” face à un islam présenté comme homogène et conquérant. Or, cette lecture du monde, héritée des années 2000 et du fantasme du “choc des civilisations”, alimente le conflit qu’elle prétend conjurer.

En France, l’invocation d’un “socle judéo-chrétien” est doublement fallacieuse. D’abord, elle contredit la laïcité, qui garantit la neutralité de l’État et l’égalité entre croyants et non-croyants. Ensuite, elle instrumentalise la foi : la religion n’est plus affaire de spiritualité, mais de stratégie politique. Elle devient un outil de cohésion artificielle, imposée par le haut, censée remplacer ce que l’auteur appelle le “vide moral” de l’Occident.

Ce vide, pourtant, n’est pas religieux — il est social, culturel, politique. Ce ne sont pas les mosquées qui prolifèrent, c’est le désengagement de l’État, l’effondrement du lien collectif, le recul de l’éducation, la crise du sens. Croire qu’un “retour à la spiritualité” réglerait le problème, c’est refuser d’affronter les causes réelles du malaise : la précarité, les inégalités, l’abandon des quartiers, la perte de confiance dans la parole publique.

Le discours du “socle judéo-chrétien” ne ressoude pas, il divise. Il dresse des frontières symboliques là où la République tente encore de bâtir du commun. Il oppose les croyants entre eux, transforme la diversité en menace, et réduit la foi à un drapeau.
Ce n’est pas une réponse à l’islamisme — c’est son miroir inversé : une vision du monde crispée, fermée, incapable de penser la liberté autrement que sous la forme d’une identité.

Conclusion : Le vrai combat n’est pas entre les religions, mais entre la raison et la peur

Sous les habits du patriote, ce discours ressuscite les vieux démons : le fantasme du déclin, la haine de l’autre, la quête d’un “chef fort”.
Ce n’est pas une alerte lucide, c’est une contamination lente de l’espace public par les mots de la peur. ;Et si la République doit aujourd’hui se défendre, ce n’est pas contre une religion, mais contre cette dérive intellectuelle qui fait de la peur un programme et de l’exclusion une vertu.

A/Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                                                     « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. » 
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...