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Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

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Colonisation : quand la France veut se poser en victime de l’Histoire

La colère de l’extreme droite face au vote des députés algériens criminalisant la colonisation française n’est pas une réaction intellectuelle. C’est un réflexe de défense identitaire, un spasme mémoriel, un cri de douleur d’un imaginaire colonial qui refuse obstinément de mourir. Car enfin, qu’a fait l’Algérie ? Elle a nommé. Juridiquement. Politiquement. Souverainement. Et cela, pour une certaine presse française, reste un crime impardonnable.

On tolère volontiers que la colonisation soit un « sujet complexe ». On accepte même, parfois, qu’elle ait été « violente ». Mais qu’elle soit qualifiée de crime d’État ? Voilà la ligne rouge. Non pas parce que ce serait faux — mais parce que cela ôte à l’ancienne puissance coloniale le privilège de l’ambiguïté.

La nostalgie camouflée en lucidité

Le texte de ce media de l’extrême droite s’ouvre sur une élégie : Camus, la lumière, la mer, la douleur intime. Le procédé est connu. Il s’agit de poétiser la colonisation pour mieux dissoudre sa réalité matérielle. De remplacer un système de domination par une atmosphère. Une sensation. Une nostalgie.

La biographie sert ici de blanchiment idéologique. La souffrance réelle des juifs d’Algérie  tragédie historique indiscutable est convoquée non pour réclamer justice, mais pour relativiser le crime colonial, comme si l’addition des douleurs annulait la responsabilité structurelle. Vieille ruse : transformer l’histoire en compétition victimaire pour éviter toute qualification politique.

“Ressassement” : le mot préféré des amnésiques

L’Algérie « ressasserait ». Autrement dit, elle parlerait trop. Trop fort. Trop longtemps. Trop mal. Elle devrait, selon cette logique, tourner la page, page écrite par d’autres, arrachée par la force, annotée au sang.

Ce reproche est obscène. Car ce qui est appelé « ressassement » n’est rien d’autre que le refus de l’oubli imposé. L’exigence de ne plus traiter la colonisation comme une querelle d’historiens, mais comme un fait politique aux conséquences durables. Ce que la France de l’extreme droite reproche à l’Algérie, ce n’est pas de garder le silence, mais de ne plus se taire.

La “rente mémorielle” ou l’arrogance intacte

La formule est révélatrice : rente mémorielle. Elle suppose que les anciens colonisés exploiteraient leur passé comme un fonds de commerce, pendant que l’ancienne puissance, elle, serait sommée de payer indéfiniment pour des fautes déjà prescrites par sa propre conscience.

Mais qui parle ici de rente ? Un pays qui a bâti sa richesse, ses infrastructures, son statut international sur une extraction massive de ressources, de terres et de vies, ou un pays qui tente de faire reconnaître juridiquement ce qui lui a été infligé ?

La vérité est simple : ce que cette presse ne supporte pas, ce n’est pas la mémoire algérienne, c’est l’asymétrie qu’elle révèle encore.

Quand la souveraineté devient insupportable : Car au fond, tout est là. L’Algérie agit comme un État souverain. Elle légifère sur son histoire. Elle définit ce qui relève du crime et ce qui relève de l’apologie. Exactement ce que la France fait lorsqu’il s’agit de son propre passé — ou de celui des autres.

Mais voilà : la souveraineté algérienne n’est acceptable que lorsqu’elle est décorative. Culturelle. Folklorique. Dès qu’elle devient juridique, politique, contraignante, elle est jugée agressive, immature, vindicative. L’égalité formelle entre États reste, pour certains, une fiction dangereuse.

Parler d’hier pour éviter aujourd’hui, l’argument des paresseux : L’accusation finale est d’une banalité confondante : l’Algérie parlerait du passé pour masquer ses échecs présents. Argument universel des dominants face aux dominés. On l’a entendu partout, tout le temps. Comme si un peuple devait choisir entre mémoire et avenir. Comme si la justice historique était un luxe réservé aux nations prospères.

Ce raisonnement est non seulement faux, il est cynique. Car ce sont précisément les blessures non reconnues qui empoisonnent le présent. Ce sont les silences imposés qui nourrissent les crises. Criminaliser la colonisation n’empêche pas de gouverner : cela refuse simplement de gouverner sur le mensonge.

Ce que cette rage dit vraiment : Cette colère française ne parle pas de l’Algérie. Elle parle de la fin d’un monopole moral. De l’effondrement progressif d’un récit où la France pouvait être à la fois juge, partie et narratrice. Elle parle de la panique de ceux qui découvrent que l’histoire peut désormais se retourner, non par vengeance, mais par droit.

La colonisation n’est pas un souvenir. C’est une structure. Et lorsqu’un État anciennement colonisé décide de la nommer comme telle crime d’État  ce n’est pas l’histoire qu’il enferme, c’est le déni qu’il fissure. La haine est là. Elle est lente. Elle est irréversible et elle n’a rien de juste.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/