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Trump, Gaza et le roi philosophe : petite fable royale pour presse obéissante :

Quand la presse courtisane applaudit le mensonge décoratif et tente de prendre les sujets du Makhzen comme des canards et derrière un récit diplomatique lisse et solennel, une presse complaisante fabrique un mythe : celui d’une sagesse monarchique convoquée par Donald Trump pour pacifier Gaza. Cette tribune démonte, ironise et expose les ficelles d’une propagande qui confond communication, prestige et paix réelle, au mépris des faits, du droit international et des morts bien réels.

Donald Trump aurait donc trouvé la solution au chaos moyen-oriental : demander conseil. Pas à des diplomates, pas à l’ONU, pas aux Palestiniens eux-mêmes non  mais à la “sagesse”. Une sagesse royale, évidemment. Car quand les bombes tombent, rien ne vaut un adjectif bien choisi.

Selon une certaine presse marocaine, Donald Trump ce même homme qui a piétiné le droit international avec l’enthousiasme d’un promoteur immobilier  se serait soudain souvenu que la paix ne s’improvise pas sans l’éclairage philosophique du palais royal de Rabat. On imagine la scène : Gaza en ruines, Washington perplexe, et quelque part, la monarchie marocaine convoquée comme oracle géopolitique.

Le récit est propre, lisse, rassurant. Trop. Car ce texte ne décrit pas la réalité : il la maquille.

Trump n’a jamais cherché la paix, il a cherché la photo. Il n’a jamais défendu les Palestiniens, il les a effacés. Il n’a jamais respecté la légalité internationale, il l’a contournée, ridiculisée, enterrée sous le mot “deal”.

Mais qu’importe : dans cette fable, le réel est accessoire. L’essentiel est ailleurs dans la construction d’un mythe. Celui d’un Maroc présenté comme pivot cosmique de la paix mondiale, consulté comme on consulte un sage taoïste avant une guerre.

On convoque alors l’expert attitré, sorte de prêtre laïc de la géopolitique officielle, qui récite le catéchisme : sagesse, patience, anticipation, confiance universelle. Pas une contradiction. Pas une nuance. Pas une question. La paix devient une posture, la Palestine un alibi moral, Gaza une abstraction polie.

Le plus ironique ou le plus cynique  reste cette invocation obsessionnelle du Comité Al-Qods, brandi comme certificat de vertu, pendant que Jérusalem est méthodiquement vidée de sa dimension palestinienne, pierre après pierre, droit après droit.

La presse du Makhzen ne défend pas la Palestine, elle l’exploite symboliquement. Il ne parle pas de paix. Elle parle de prestige.

Elle ne fait pas de politique internationale. Elle fait de la communication monarchique sous perfusion journalistique.

Et au final, cette prose laisse un goût étrange : celui d’un rire involontaire, presque gêné. Un rire noir. Car pendant qu’on encense la sagesse, les bombes tombent toujours. Pendant qu’on couronne les rois de papier, les civils meurent pour de vrai.

La paix, la vraie, ne se proclame pas dans un article complaisant. Elle se construit contre les puissants, pas avec leurs mythologies. Et certainement pas avec Donald Trump comme messager.

Cette presse courtisane d’un roi en papier absent sur scène, ne brûle pas. Elle anesthésie  et c’est peut-être pire, nous voilà avec un royaume des Milles et Une Nuits.


A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Conseil de la paix : Gaza aux enchères, Palestiniens exclus



Un « Conseil de la paix » sans Palestiniens, des sièges à un milliard de dollars, et une diplomatie transformée en salle des ventes : derrière le vernis officiel, Washington vend la paix, efface un peuple et piétine le droit international. Cette tribune démonte, ridiculise et expose la mascarade impériale qui se joue à Gaza.

Il y a des obscénités qui ne rougissent plus. Le « Conseil de la paix » imaginé par Donald Trump pour Gaza en fait partie. Une institution censée incarner la paix… dirigée par l’homme qui a fait du chaos diplomatique et du chantage une esthétique politique. Une paix présidée par Trump, c’est déjà une farce. Mais une farce sanglante.

Ici, on ne négocie pas la paix : on la met aux enchères. Un milliard de dollars le siège permanent. Prix fixe. Pas de remboursement. Pas de garantie morale. Gaza version Sotheby’s. La paix version Wall Street. Le droit international version NFT géopolitique.

Au centre de ce dispositif grotesque, une absence béante, criante, obscène : les Palestiniens. Le peuple dont on parle. Le peuple qu’on bombarde. Le peuple qu’on affame. Le peuple qu’on prétend « pacifier ». Mais qui n’a même pas droit à une chaise. Trop bruyant, sans doute. Pas bankable.

On décide donc de leur avenir sans eux, au nom d’une paix qu’ils n’ont pas commandée, dans un conseil qu’ils ne contrôlent pas, sous l’autorité d’une puissance qui les marginalise méthodiquement depuis des décennies. Ce n’est pas une négociation : c’est une administration coloniale sous licence américaine.

Pendant ce temps, Gaza brûle, affame, suffoque. Mais le Conseil regarde déjà vers « l’après-guerre ». Traduction : l’après-mort. La reconstruction avant les secours. Les contrats avant les corps. Les appels d’offres avant les appels à l’aide. La souffrance comme préambule à l’investissement.

Ce plan n’a rien d’un projet de paix : c’est un plan de dépossession politique. Il efface l’Autorité palestinienne, contourne toute souveraineté locale, installe une structure extérieure au-dessus des institutions palestiniennes, et enterre la « solution à deux États » sous une avalanche de jargon technocratique. Une annexion politique sans drapeau, mais avec un logo.

Et pendant ce temps, Washington ose parler de stabilité. Comme si l’humiliation permanente produisait autre chose que de la rage. Comme si l’injustice organisée pouvait accoucher de la paix. Comme si l’on pouvait gouverner Gaza contre les Palestiniens sans en payer le prix historique.

Ce Conseil est le symptôme d’un monde malade : un monde où l’ordre international est contourné, où l’ONU est reléguée au rôle de figurant embarrassant, où les grandes puissances bricolent leurs propres règles, leurs propres clubs, leurs propres tribunaux — à condition d’en avoir les moyens financiers.

C’est la diplomatie version club privé. Carte noire exigée. Humanité facultative.

Mais appelons les choses par leur nom : ce n’est pas un Conseil de la paix, c’est un Conseil de domination. Une structure pensée non pour résoudre un conflit, mais pour le gérer à l’avantage des puissants. Non pour rendre justice, mais pour verrouiller un rapport de force. Non pour reconnaître un peuple, mais pour le neutraliser politiquement.

La seule paix possible passe pourtant par une évidence que ce projet piétine délibérément : les Palestiniens ne sont pas un problème à gérer, mais un peuple à reconnaître. Sans souveraineté palestinienne, sans droits politiques, sans continuité territoriale, sans cadre multilatéral légitime, il n’y aura jamais de paix — seulement des cessez-le-feu sponsorisés.

Tout le reste n’est que décor. Tout le reste est mensonge. Tout le reste est violence maquillée en gouvernance. Le Conseil de la paix ? Une mascarade impériale. Une insulte au droit international. Une gifle au peuple palestinien ? Une gifle au monde libre.

La paix ne se vend pas. La justice ne s’achète pas.
Les peuples ne sont pas des options négociables.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Le « Conseil de la paix » un instrument de domination globale !

Il faut rompre avec le langage feutré de la diplomatie pour nommer la réalité politique qui se dissimule derrière le projet de « Conseil de la paix » lancé par Donald Trump. Ce dispositif, présenté comme une réponse pragmatique à l’impuissance supposée de l’ONU, constitue en vérité l’une des offensives les plus dangereuses jamais menées contre le principe même d’un ordre international fondé sur le droit. Il ne s’agit pas de réformer la gouvernance mondiale, mais de la confisquer.

Le discours qui accompagne la naissance de ce Conseil relève d’une rhétorique bien rodée : l’ONU serait obsolète, inefficace, paralysée par ses propres règles. Cette critique, largement partagée, est cependant utilisée ici comme un prétexte. Car ce n’est pas l’échec du multilatéralisme qui est combattu, mais ce qu’il contient encore de contraignant pour les grandes puissances. L’ONU n’a pas échoué par excès de règles, mais par sabotage délibéré de celles-ci, au premier rang desquels, figure les États-Unis eux-mêmes.

Le « Conseil de la paix » n’est donc pas une alternative, mais une entreprise de substitution. Il vise à court-circuiter le système onusien en installant un organe parallèle, dépourvu de toute légitimité universelle, mais doté d’une efficacité redoutable précisément parce qu’il échappe à toute forme de contrôle collectif. Là où le Conseil de sécurité est bloqué par le droit de veto, Trump propose un organe où le veto devient personnel, concentré entre les mains d’un seul homme.

La Charte fondatrice du Conseil est, à cet égard, édifiante. Les États membres ne sont ni élus ni désignés selon un principe de représentation équitable, mais invités à titre discrétionnaire. Les mandats sont révocables, conditionnels, renouvelables à la convenance du président. Les contributions financières ouvrent droit à des privilèges politiques. La paix, désormais, se finance ; la légitimité s’achète ; la souveraineté se négocie.

Cette architecture institutionnelle rompt radicalement avec le socle minimal du droit international : l’égalité souveraine des États. Elle instaure un système hiérarchique, où quelques pays exécutent pendant qu’un seul décide. Donald Trump n’y agit pas comme un médiateur ou un garant, mais comme une autorité exécutive suprême, cumulant pouvoir de nomination, droit de veto et monopole de l’interprétation juridique. Le multilatéralisme est vidé de sa substance pour devenir une simple mise en scène.

Dans ce cadre, Gaza apparaît comme un laboratoire grandeur nature. Territoire déjà dévasté par des décennies de violations du droit international, il est aujourd’hui envisagé comme un terrain d’expérimentation pour cette nouvelle diplomatie de tutelle. La paix n’y est pas conçue comme l’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais comme une opération de gestion confiée à une coalition d’États alignés. Si Gaza peut être administrée sans souveraineté, alors aucun pays du Sud n’est à l’abri.

Car le projet est fondamentalement exportable. Afrique, Amérique latine, Asie : partout où les équilibres régionaux résistent aux intérêts dominants, le « Conseil de la paix » pourra être invoqué pour justifier une mise sous contrôle politique, économique ou sécuritaire. La Charte ne prévoit aucun contre-pouvoir crédible, aucun mécanisme de reddition de comptes, aucune garantie pour les peuples concernés. L’arbitraire devient la norme, la stabilité un slogan.

L’objectif final est clair : marginaliser définitivement l’ONU. Non pas en la réformant, mais en l’asphyxiant. En détournant financements, légitimité et initiatives vers un organe concurrent, Washington prépare l’effacement progressif d’une institution pourtant centrale dans l’imaginaire juridique international. L’enterrement du multilatéralisme ne serait alors plus une conséquence involontaire de l’histoire, mais un choix politique assumé.

Sous ses apparences de modernité et d’efficacité, le « Conseil de la paix » consacre ainsi un monde régi par la loi du plus fort, maquillée en gouvernance responsable. Il transforme la paix en instrument de domination et le droit international en décor symbolique. Face à un tel projet, le silence équivaut à une approbation tacite. Le refuser n’est pas un acte idéologique, mais une nécessité politique.

Car lorsque la paix cesse d’être un droit pour devenir un outil de pouvoir, ce n’est plus la sécurité du monde qui est en jeu, mais sa soumission.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Trump ou la diplomatie du chantage:

Menaces commerciales, alliances conditionnelles, droit international relégué au rang d’accessoire : la diplomatie de Trump révèle un Empire qui gouverne par la force. Le danger n’est pas seulement la brutalité, mais l’accoutumance au renoncement.

Il ne s’agit plus d’un désaccord diplomatique, ni même d’un excès de langage présidentiel. Ce qui se joue aujourd’hui, sous couvert de brutalité trumpienne, c’est l’installation méthodique d’un monde où la loi recule devant la force, où le droit international est toléré tant qu’il ne contrarie pas l’intérêt du plus puissant.

Donald Trump ne négocie pas : il intimide.
Il ne propose pas : il exige.
Il ne convainque pas : il menace.

Et lorsqu’il annonce des droits de douane punitifs contre les vins et le champagne français pour contraindre un État souverain à s’aligner sur une initiative américaine, il ne fait pas de diplomatie  il pratique le chantage. Le commerce devient une matraque, l’économie une arme, la paix un prétexte.

La loi du plus fort, enfin assumée

Ce que certains feignent encore de découvrir n’a pourtant rien de nouveau. Les États-Unis n’abandonnent pas l’ordre international : ils cessent simplement d’en faire semblant. Le multilatéralisme n’est plus un cadre, mais un décor. Les alliances ne sont plus des engagements, mais des options révocables. Le droit n’est plus une limite, mais un obstacle que l’on contourne ou que l’on piétine.

Trump n’a pas inventé l’Empire.
Il l’a débarrassé de son hypocrisie.

L’imprévisibilité, érigée en méthode, est présentée comme une preuve de force. En réalité, elle est l’aveu d’un pouvoir incapable de se soumettre à autre chose qu’à lui-même. Un pouvoir qui change d’avis comme de chemise n’est pas souverain : il est capricieux. Et le caprice, lorsqu’il gouverne le monde, s’appelle l’arbitraire.

L’humiliation comme pédagogie politique

Les Européens en font l’expérience répétée : un jour flattés, le lendemain rabaissés. Sommés d’attendre, priés d’encaisser, invités à comprendre après coup. Alliés sur le papier, variables d’ajustement dans les faits. Le message est limpide : la protection américaine se mérite, l’obéissance est attendue, la contestation sanctionnée.

Cette diplomatie de l’humiliation n’est pas un accident. Elle est un outil. Elle rappelle à chacun sa place dans la hiérarchie impériale. Elle teste les résistances, mesure les renoncements, enregistre les silences.

Quand la prudence devient une lâcheté

Pendant que l’on menace des partenaires commerciaux pour obtenir des alignements politiques, les tragédies réelles s’enlisent dans l’inaction calculée. Les crimes documentés, les répressions sanglantes, les peuples écrasés attendent pendant que Washington « réfléchit ». Ce temps long, présenté comme de la prudence, est une posture commode. Il permet de ne rien faire tout en prétendant peser.

Mais l’Histoire est sévère avec ces faux scrupules. Elle ne confond jamais la prudence avec l’inaction, ni la complexité avec la démission. Dans les tragédies humaines, attendre n’est jamais neutre. Attendre, c’est déjà choisir.

Résister ou s’effacer

Le danger n’est pas seulement Trump. Le danger, c’est l’accoutumance. C’est l’acceptation progressive d’un monde où la menace devient un langage légitime, où l’humiliation remplace la négociation, où la force tient lieu de droit.

À force de s’habituer à l’arbitraire, on finit par le trouver normal.
À force de céder, on appelle cela du réalisme.
À force de se taire, on parle de responsabilité.

Ce monde-là n’est pas inévitable. Mais il le deviendra si ceux qui prétendent encore croire au droit, à la souveraineté et à la coopération internationale renoncent à les défendre autrement que par des discours. L’Histoire ne reproche pas aux dirigeants d’avoir hésité.
Elle reproche d’avoir cédé et surtout, d’avoir appelé cela de la sagesse.

Lorsqu’une puissance dotée de l’arme nucléaire, de la première armée du monde et d’un poids économique systémique adopte une politique étrangère fondée sur l’unilatéralisme, la menace et l’imprévisibilité, elle cesse d’être un acteur ordinaire des relations internationales. Elle devient un facteur de risque global. Le problème n’est pas l’Amérique en tant que nation, mais l’exercice d’un pouvoir qui confond domination et légitimité, force et droit.

Dans ces conditions, les décisions américaines ne peuvent être considérées comme relevant d’une souveraineté strictement interne. Elles engagent la stabilité mondiale, les équilibres régionaux et la sécurité collective. Les observer, les critiquer et les contester n’est pas une ingérence, mais une exigence de responsabilité internationale.

L’épisode iranien en fournit une illustration préoccupante. Menaces sans objectifs clairement énoncés, absence de cadre juridique, improvisation stratégique et recul contraint sous pression régionale : cette séquence révèle moins une vision politique qu’une gouvernance par l’ambiguïté et la contrainte. L’histoire rappelle pourtant que les interventions menées au nom de la stabilité produisent souvent l’inverse, comme l’a démontré le précédent de 1953 et ses conséquences durables.

Gouverner par la menace n’installe pas l’ordre, mais l’instabilité. Dans un monde déjà saturé de tensions, chaque décision irréfléchie devient un multiplicateur de risques. Face à cela, le silence n’est pas de la prudence.   C’est un renoncement.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Netanyahou se voulait stratège, semble écrasé par le petit Qatar

Sous la pression du plan de cessez-le-feu soutenu par Donald Trump et le Qatar, Benjamin Netanyahou tente de sauver son gouvernement fracturé tout en dissimulant un échec stratégique majeur. Entre le poids de l’extrême droite, la colère des familles d’otages et la menace d’une mise en cause par la Cour pénale internationale, le Premier ministre israélien se retrouve pris dans un engrenage dont il ne maîtrise plus les leviers.

Un «oui de Netanyahou qui cache un refus

Netanyahou pris au piège de sa propre guerre, sous la pression conjointe de Washington et du Qatar, Benjamin Netanyahou se voit contraint d’accepter un cessez-le-feu qu’il s’efforce de maquiller en victoire. Mais derrière les annonces diplomatiques, Israël apparaît plus divisé, isolé et vulnérable que jamais.

Après des semaines de tractations, Benjamin Netanyahou a officiellement approuvé les grandes lignes du plan de cessez-le-feu élaboré par Donald Trump et soutenu par le Qatar, l’Égypte et la Turquie. Mais derrière les formules diplomatiques, la réalité est tout autre : ce « oui » n’est qu’un refus déguisé.
Le chef du gouvernement israélien cherche avant tout à gagner du temps une stratégie qui lui permet de ménager ses alliés d’extrême droite tout en évitant de s’opposer frontalement à Washington.

Le plan Trump, présenté comme une initiative pour « restaurer la stabilité régionale », prévoit une trêve en plusieurs phases : libération progressive des otages, retrait partiel des troupes israéliennes de la bande de Gaza, et ouverture de couloirs humanitaires sous supervision internationale.
Mais ces conditions, perçues par l’aile droite israélienne comme une capitulation, menacent la survie politique du Premier ministre. C’est là le point cardinal et le principal piège tendu à Netanyahou. Nul ne sait ce qui se jouera dans les jours et les semaines à venir.

Une coalition au bord de l’implosion

À Jérusalem, les fissures au sein du gouvernement Netanyahou se transforment en fractures ouvertes.
Le ministre Itamar Ben-Gvir, figure emblématique de l’extrême droite, a prévenu qu’il quitterait la coalition si le Hamas « survit » à l’accord.
De son côté, Bezalel Smotrich, a dénoncé une « erreur stratégique » et un « cadeau offert au terrorisme ». Ces menaces ne sont pas symboliques : sans le soutien de leurs partis, le gouvernement de Netanyahou s’effondrerait.

Cette situation crée une équation insoluble pour Netanyahou.
S’il cède aux pressions internationales, il perd sa base politique.
S’il poursuit la guerre, il s’enfonce dans un conflit qui a déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de Palestiniens et provoqué une condamnation mondiale.
Il tente donc de concilier l’inconciliable : afficher un semblant d’ouverture diplomatique tout en prolongeant la logique de guerre.

Le Qatar, acteur clé de la diplomatie du cessez-le-feu

Le Qatar s’impose aujourd’hui comme un pivot incontournable dans la médiation du conflit.En exploitant sa position de dialogue à la fois avec Washington et le Hamas, Doha a réussi à imposer un canal diplomatique que Netanyahou n’a pas pu ignorer.La coordination entre le Qatar, l’Égypte et la Turquie soutenue par l’administration Trump  a créé un front international favorable à la trêve.

Pour les États-Unis, l’objectif est clair : obtenir la libération des otages et désamorcer un conflit devenu ingérable sur le plan humanitaire et politique.
Mais pour Netanyahou, accepter cette pression étrangère revient à reconnaître implicitement qu’Israël ne contrôle plus le cours de la guerre. L’armée la plus puissante du Moyen-Orient n’a pas réussi à atteindre ses objectifs : ni la destruction du Hamas, ni la récupération totale des otages par la force.

Un échec militaire et moral

Depuis le début de la guerre à Gaza, l’armée israélienne a mené une campagne d’une intensité sans précédent. Pourtant, malgré la supériorité technologique et l’appui américain, le résultat est ambigu : le Hamas n’a pas été éradiqué, les tunnels demeurent, et l’image d’Israël sur la scène internationale s’est gravement détériorée.
La stratégie du tout-militaire s’est heurtée à la réalité politique et humanitaire d’un territoire densément peuplé et sous blocus depuis plus de quinze ans.

Sur le plan intérieur, les critiques montent. Le Forum des familles d’otages accuse le Premier ministre de retarder délibérément les négociations pour des motifs politiques. L’opinion publique, lassée par la guerre, commence à douter de la promesse d’une « victoire totale ». Les manifestations à Tel-Aviv se multiplient, mêlant familles d’otages, anciens militaires et jeunes Israéliens exaspérés par la corruption et la dérive autoritaire du gouvernement.

L’isolement diplomatique d’Israël

Jamais Israël n’a été aussi isolé sur la scène internationale.
La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une procédure visant Benjamin Netanyahou et plusieurs responsables militaires pour crimes de guerre présumés à Gaza.
En parallèle, la Cour internationale de Justice (CIJ) a reconnu la plausibilité d’un « risque de génocide » dans la bande de Gaza et exigé des mesures de protection immédiates pour les civils.
Ces décisions, même symboliques, marquent un tournant : pour la première fois, le gouvernement israélien fait face à une double mise en cause juridique internationale.

Dans le même temps, plusieurs pays européens — dont l’Espagne, l’Irlande et la Norvège — ont reconnu officiellement l’État de Palestine.
Des pays d’Amérique latine ont rompu leurs relations diplomatiques avec Israël.
Les grandes ONG humanitaires, de Human Rights Watch à Amnesty International, dénoncent la disproportion des attaques et appellent à des sanctions ciblées.
L’image d’Israël comme « seule démocratie du Moyen-Orient » s’effrite rapidement.

Le piège de l’idéologie

Netanyahou est l’architecte d’un système politique fondé sur la peur : peur de l’ennemi extérieur, peur de la division interne, peur de la perte de contrôle. Mais ce système atteint aujourd’hui ses limites.
L’idéologie sécuritaire qui a longtemps permis au Premier ministre de rassembler l’opinion se retourne contre lui.
À force de diaboliser toute négociation et de présenter la guerre comme unique solution, il a enfermé Israël dans une impasse stratégique.

Depuis la création de l’État en 1948, chaque tentative de règlement politique — d’Oslo à l’Initiative de paix arabe — s’est heurtée à la même résistance interne : celle d’une droite convaincue qu’aucune paix durable n’est possible sans domination militaire.
Netanyahou a hérité de cette doctrine et l’a perfectionnée, jusqu’à en faire un outil électoral.
Mais les faits sont têtus : ni la guerre, ni l’occupation, ni les colonies n’ont apporté la sécurité promise.

La justice internationale en embuscade

L’ouverture d’enquêtes par la CPI représente une menace inédite pour le gouvernement israélien.
Si les mandats d’arrêt sont validés, Netanyahou et certains de ses ministres pourraient être visés à titre personnel.
Même si Israël ne reconnaît pas la juridiction de la Cour, le symbole serait dévastateur.
Des diplomates israéliens craignent déjà que ce processus ne dissuade certains pays alliés de coopérer militairement ou économiquement avec Tel-Aviv.

À cela s’ajoutent les procédures en cours pour corruption et abus de pouvoir, qui poursuivent le Premier ministre depuis plusieurs années.
Ces affaires, un temps éclipsées par la guerre, refont surface à mesure que sa popularité s’effondre.
L’homme qui se présentait comme le garant de la sécurité d’Israël devient, aux yeux d’une partie de la population, l’obstacle principal à sa stabilité.

Un cessez-le-feu fragile et incomplet

Malgré les annonces, le plan Trump reste imprécis sur plusieurs points essentiels.
Aucune date n’a été fixée pour le retrait total de l’armée israélienne de Gaza.
Les mécanismes de contrôle humanitaire demeurent flous.
Et rien ne garantit que les livraisons de nourriture, d’eau et de médicaments soient suffisantes pour répondre à la crise humanitaire. Beaucoup redoutent qu’il ne s’agisse que d’une trêve tactique avant une nouvelle offensive.

Pour les Palestiniens, pourtant, cette pause représente un répit vital.
Après des mois de bombardements et de destructions massives, la population de Gaza survit dans des conditions dramatiques : infrastructures détruites, hôpitaux débordés, famine imminente.
Dans ce contexte, même un cessez-le-feu temporaire est accueilli comme une victoire de la vie sur la mort.

La fin d’un cycle

Benjamin Netanyahou a bâti sa carrière sur la promesse d’une sécurité inébranlable et d’une Israël forte face à ses ennemis. Mais la guerre de Gaza révèle l’échec de ce récit.
En cherchant à prolonger le conflit pour sauver son pouvoir, il a fracturé son pays, affaibli son armée et isolé Israël. Ses alliés le pressent de continuer la guerre ; la communauté internationale l’exhorte d’y mettre fin ; et l’opinion publique israélienne vacille entre peur, colère et lassitude.

L’histoire retiendra peut-être cette séquence comme le moment où Netanyahou, maître du jeu politique israélien depuis plus de vingt ans, a perdu la main. Non pas par la force d’un ennemi extérieur, mais par les contradictions de son propre système.
Car aucune puissance, aussi armée soit-elle, ne peut éternellement gouverner par la peur et le mensonge.

Conclusion : l’heure des comptes

Netanyahou se voulait stratège ; il n’est plus qu’un survivant politique.
Le cessez-le-feu qu’il prétend avoir négocié marque moins une victoire qu’un aveu d’impuissance.
Le prix humain de cette guerre des milliers de civils palestiniens tués, des otages toujours détenus, une société israélienne divisée restera comme une cicatrice durable.
L’avenir de la région dépend désormais de la capacité des deux camps à rompre avec la logique de la vengeance et à reconstruire sur la base du droit et de l’égalité.

Mais une chose est sûre : le mythe de l’invincibilité israélienne s’est brisé à Gaza.
Et avec lui, peut-être, la légende politique de Benjamin Netanyahou. Bien que ce dernier ait déclaré qu'Israël se préparait à mettre en œuvre la proposition de cessez-le-feu de Trump à Gaza, les manifestants craignent que les ministres d'extrême droite ne forcent le gouvernement à revenir sur son accord. Cependant Nul ne sait ce qui se jouera dans les jours et les semaines à venir pour le Gouvernement de Netanyahou.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

 

 

Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...