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Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

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L’antisémitisme, cache-misère d’un génocide télévisé


C’est à cause du génocide qu’Israël se coupe de l’humanité car la majorité de ses habitants valide le massacre des Palestiniens.

Il y a deux sortes de gens : ceux qui voient le génocide, et ceux qui voient l’antisémitisme pour ne pas voir le génocide.

Pour les génocidaires, le camp d’en face est forcément judéocentré. C’est sûr que de voir jour après jour des femmes et des enfants assassinés, un pays entier écrasé sous les bombes, ça interroge, ça obsède. Ce qui obsède les êtres humains, ce n’est pas les juifs, mais une armée moderne qui procède à un génocide.

 Le conflit israélo-palestinien se traduit chez nous en un conflit verbal assez dérisoire, mais qui a le mérite de montrer deux choses : qu’il y a une présence médiatique israéliste complètement disproportionnée, avec des valeurs antirépublicaines et antifrançaises, et une résistance croissante à cette occupation

Alors que les opérations militaires israéliennes ont provoqué une destruction massive à Gaza, une partie significative du débat public en France se focalise sur l'antisémitisme supposément croissant. Cette focalisation fonctionne comme une stratégie d’évitement face aux réalités d’un conflit asymétrique, et révèle une crise profonde du discours moral et médiatique français.

Depuis plusieurs mois, les faits sont documentés : frappes ciblant des hôpitaux, infrastructures civiles anéanties, famine organisée, morts massives parmi les femmes et les enfants. Des centaines d’organisations internationales alertent sur ce qui pourrait constituer un génocide. Pourtant, en France, le cœur du débat public semble porter ailleurs : sur le prétendu regain d’antisémitisme.

Cette inversion des priorités ne repose pas sur une analyse rigoureuse de la situation, mais sur une instrumentalisation rhétorique. Elle permet d’éluder la responsabilité politique de l’État israélien, de délégitimer la solidarité avec les Palestiniens, et de recadrer le débat autour d’un prisme moral unique : la protection d’Israël, quel qu’en soit le coût humanitaire.

Dans ce cadre, toute critique de l’intervention militaire israélienne est rapidement soupçonnée d’antisémitisme. Cette confusion volontaire entre critique politique du sionisme et haine des juifs rend toute discussion sereine impossible. Elle permet surtout d’étouffer toute remise en cause du projet colonial israélien et de sa mise en œuvre actuelle à Gaza.

La France, en particulier, souffre d’un climat intellectuel dégradé où le soupçon prime sur l’analyse. Un discours critique, même modéré, est immédiatement suspecté de complicité avec des idéologies extrémistes. Ce réflexe produit un effet paralysant sur les milieux universitaires, les rédactions, et les institutions religieuses.

La disproportion de traitement médiatique est évidente. Très peu de médias généralistes français donnent la parole à des chercheurs, intellectuels ou témoins palestiniens. À l’inverse, les représentants institutionnels pro-israéliens jouissent d’un accès régulier aux plateaux télévisés, aux tribunes de grands quotidiens et aux relais politiques.

Ce déséquilibre n’est pas une simple question d’orientation éditoriale. Il révèle un verrouillage idéologique, où la défense de la ligne israélienne devient un impératif moral, et toute déviation est considérée comme une faute. Il ne s’agit plus d’informer, mais de faire taire. Et cette asymétrie contribue à la perte de crédibilité progressive des médias dominants.

Le journal La Croix, historiquement ancré dans une tradition catholique, offre un exemple particulièrement révélateur de cette difficulté à nommer l’injustice. Dans un article publié récemment, le quotidien évoque la « proximité religieuse et historique avec Israël » comme facteur de malaise parmi les catholiques, face à la situation dramatique à Gaza.

Cette formulation, sous couvert de nuance, traduit en réalité une difficulté à affronter les contradictions morales. Comment une foi fondée sur l’Évangile peut-elle rester neutre face à des crimes contre l’humanité ? Comment une proximité historique justifie-t-elle le silence ou la prudence, lorsqu’un peuple est broyé sous les bombes ? Ce malaise n’est pas moral. Il est politique.

Le soutien massif de la population israélienne à l’offensive militaire actuelle, tel que révélé par plusieurs sondages, pose une question de fond : un État peut-il rester moralement légitime lorsqu’il cautionne, à grande échelle, l’écrasement d’un autre peuple ? La réponse universelle devrait être négative. Or, c’est précisément cette question que l’on refuse d’aborder en France.

En se coupant de toute exigence universaliste, Israël adopte une logique de séparation radicale : entre ses intérêts et ceux du reste du monde, entre sa mémoire et celle des autres, entre son droit à la sécurité et les droits fondamentaux des Palestiniens. Il ne s’agit plus de sécurité, mais d’effacement.   Ils sont aujourd’hui littéralement en train de se suicider, ce qui constitue un spectacle à la fois gratuit et moral assez réjouissant.

Mon Dieu, youpi !  Tu peux bien prendre Gaza, la raser pierre après pierre, croire qu’en effaçant la carte, tu redessineras l’histoire. Mais c’est une illusion pour enfants mal sevrés. Ce chemin-là, une fois emprunté, transforme le conquérant en créature de poussière : ce n’est pas la terre qui change, c’est la mentalité. Et elle ne connaît que deux issues : la fureur ou la folie.

On t’a vendu l’idée d’un paradis à reconquérir. Un mirage. Car si c’était vraiment l’Eden, tu n’attendrais pas un messie pour y poser ton trône. Il n’y a pas de paix là où le sol est pavé de mensonges et d’exils. Et ceux que tu accuses de voler ta lumière ? Ce ne sont pas des ombres étrangères, mais les reflets de ta propre trahison. Des fils perdus, grimés en ennemis, que tu préfères haïr plutôt que reconnaître.

Alors, pour ne pas sombrer, tu t’accroches à une vieille promesse, à l’idée qu’un jour viendra un sauveur, un type sans prépuce, selon la tradition, surgissant dans les cendres comme une mauvaise fable biblique version Disney. On attend la magie, on ferme les yeux sur la boucherie, et on continue le conte, en espérant que cette fois, il finira bien.

Mais les contes ne mentent qu’à ceux qui les écoutent. Les autres voient la main derrière le rideau, le sang sous le vernis, et comprennent que le royaume n’est pas en danger. Il est déjà tombé.

L’idée d’un Israël porteur d’un destin exceptionnel, moralement inattaquable, est aujourd’hui fragilisée. La destruction de Gaza n’est pas seulement une tragédie humaine. Elle marque aussi la faillite d’un récit fondateur, celui d’un État-victime devenu à son tour État-perpétrateur. Ce basculement historique est encore nié par certains, mais il est visible pour quiconque regarde les faits.

Ce ne sont pas les ennemis d’Israël qui ternissent son image. Ce sont ses propres actes, documentés, diffusés, archivés. Aucun contrôle médiatique ne pourra à long terme masquer ce que les satellites, les ONG, les rapports d’experts, les témoignages locaux ont déjà établi.

La période que nous vivons n’appelle pas à la vengeance, mais à la lucidité. Comme après 1945, lorsque les médias français ont dû rendre des comptes sur leur collaboration, un moment de refondation morale s’imposera. Pas forcément sous forme de procès ou de sanctions, mais par une reconquête de la parole publique, libre, argumentée, courageuse.

Le discours anti Palestinien n’est pas un simple désaccord idéologique. Il est devenu un dispositif d’occultation, de disqualification, d’aveuglement. À l’inverse, la défense des Palestiniens ne relève pas d’un projet identitaire, mais d’un réflexe éthique élémentaire. Il ne s’agit pas d’être pro-musulman, ni anti-juif, mais simplement humain.

La priorité du moment n’est pas de dénoncer une vague d’antisémitisme souvent fantasmée, mais de nommer un génocide en cours. De refuser la neutralité face à une destruction planifiée. Et d’assumer que la défense du droit international, de la dignité humaine, de la vérité, ne peut être subordonnée à aucune loyauté géopolitique ou religieuse.

Ce n’est pas Israël qui est en danger. C’est notre capacité collective à voir, nommer, juger.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

Le désarmement du Hamas : un prétexte pour une guerre sans fin

 

Alors que les appels internationaux à la fin des hostilités à Gaza se multiplient, une exigence revient avec insistance : que le Hamas se désarme. Ce mot d’ordre, présenté comme une condition préalable à tout cessez-le-feu, révèle en réalité une logique perverse, celle d’une guerre conçue pour ne jamais s’arrêter. Car pourquoi le Hamas devrait-il déposer les armes, alors qu’Israël, puissance occupante et colonisatrice, continue de mener une politique d’agression systématique contre les Palestiniens, où qu’ils soient ?

Une paix juste, pas une reddition avec un désarmement à sens unique

Depuis des décennies, les gouvernements israéliens successifs ont refusé toute reconnaissance sérieuse de leur responsabilité historique : l’expulsion des Palestiniens en 1948, l’occupation de 1967, la colonisation effrénée des terres cisjordaniennes, le siège inhumain de Gaza. Jamais Israël n’a reconnu ses crimes ni indemnisé ses victimes. Le désarmement des groupes de résistance, dans ce contexte, n’est pas un pas vers la paix : c’est une capitulation unilatérale exigée d’un peuple occupé, sous menace constante.

Loin d’être un accident ou une dérive, la guerre actuelle est le prolongement logique d’un projet colonial. Le gouvernement Netanyahou, soutenu par une coalition kahaniste d’extrême droite, ne veut ni de l’Autorité palestinienne à Gaza, ni de souveraineté palestinienne à quelque niveau que ce soit. Sa stratégie ? Gagner du territoire, détruire l’infrastructure sociale palestinienne, étendre la colonisation, et perpétuer la domination juive exclusive sur toute la terre entre le Jourdain et la mer.

Cette politique n’est pas seulement meurtrière. Elle est suicidaire, comme le rappellent 600 anciens responsables de la sécurité israélienne qui ont récemment averti que la poursuite de la guerre mènerait Israël à la ruine. Ils dénoncent un cabinet de guerre qui, au mépris même des avis militaires de Tsahal, impose une logique maximaliste, où le nettoyage ethnique est envisagé comme solution stratégique.

Ceux qui réclament aujourd’hui la reddition du Hamas oublient (ou feignent d’oublier) le précédent d’Arafat et de l’OLP. En 1982, après avoir accepté l’exil à Tunis, les combattants palestiniens laissaient derrière eux leurs familles dans les camps libanais. Quelques semaines plus tard, à Sabra et Chatila, sous les yeux de l’armée israélienne, les milices phalangistes ont massacré 2 000 civils palestiniens. Ce n’est pas une opinion : une commission israélienne a reconnu la responsabilité indirecte d’Ariel Sharon dans ce crime. Comment demander à un peuple de se désarmer quand son passé lui rappelle que même la reddition ne garantit rien, si ce n’est le massacre ?

La guerre ne se joue pas seulement à Gaza. Elle secoue aussi l’intérieur d’Israël, où les fractures s’aggravent entre familles d’otages, opposition pacifiste, conscrits ultra-orthodoxes, et partisans messianiques de la colonisation. Le rêve d’un « État juif démocratique » se disloque sous le poids de ses contradictions. Israël est peut-être militairement dominant, mais il perd sur les fronts politiques, moraux, économiques et internationaux.

Dès le début de cette campagne génocidaire, de nombreux personnels médicaux juifs israéliens ont salué le bombardement des hôpitaux de Gaza. Ce qui est écrit ici ne devrait pas surprendre. Le déni de l'entreprise sioniste, perçue comme une entreprise raciste, est profondément ancré, même parmi ceux qui apportent une aide humanitaire – à l'exception des rivaux palestiniens. La responsabilité des citoyens de protester et d’agir est d’autant plus lourde lorsque c’est leur propre pays qui commet ou aide ou encourage un génocide.

 

Comme l'écrivait G. Levy il y a de nombreuses années, « les Israéliens sont des spécialistes de l'aide humanitaire dans des zones éloignées, mais pas dans leur propre arrière-cour ».

 

C'est simplement que le cerveau humain est fragile et préfère les histoires aux faits, que tant de gens s'emballent et se vantent de vertu à propos de Gaza, alors qu'ils ignorent ou ne reconnaissent même pas que le 7 octobre a eu lieu, ni que le Hamas existe principalement pour répéter ces violences contre les Israéliens et les Juifs.

Il est important de reconnaître et même de protester contre le fait que le gouvernement israélien soit odieux, mais le temps d'antenne dont il bénéficie est encore largement disproportionné par rapport aux autres conflits et catastrophes humanitaires mentionnés, sans parler de la dystonie qui se déroule aux États-Unis, qui n'est pas encore aussi grave au niveau national, mais qui explique en grande partie pourquoi il est si difficile pour l'humanité de corriger le tir aujourd'hui.

Il est vrai qu’Israël fait une mauvaise chose et qu’il est également utilisé comme bouc émissaire.

Les médecins israéliens, comme la majorité des Juifs israéliens, sont d'accord avec Netanyahou pour faire disparaître les Palestiniens. Ils peuvent encore se considérer comme des personnes morales, la morale juive, l'armée morale, mais ils sont complices d'un génocide. Après avoir tué près de 20 000 enfants palestiniens, la place d'Israël est bannie des nations.

Résister n’est pas un crime, c’est une nécessité

Accuser les Palestiniens de violence sans jamais interroger l’origine de cette violence, l’occupation, l’humiliation, le blocus – relève d’un renversement obscène. Il n’y a aucune rationalité à demander à un peuple d’abandonner ses moyens de défense tant que la violence coloniale, elle, demeure intacte et impunie.  Le Hamas est-il responsable de ce qu'il appelle « le massacre de la farine » ? Vraiment ?

Il y a eu quelques signes avant-coureurs,  

Le sort des Gazaouis et des Palestiniens au cours des décennies sous la botte sioniste, et ensuite, plus important encore, son récit de ce que serait l’avenir des Gazaouis et des Palestiniens sous le statu quo régnant avant l’incursion du déluge d’Al-Aqsa.

Le Hamas a peut-être mal évalué le degré de cruauté et de violence de la réponse de la colonie sioniste à l'incursion, mais qualifier cette erreur de « trahison » est une expression qui, si elle est facile à prononcer pour un sioniste refusant de reconnaître que le sort des Palestiniens a été une brutalité et une humiliation écrasantes, et que leur destin est un effacement progressif et implacable, n'en est pas moins une manifestation d'une obtusité symptomatique. Trahison non génocide. Et les dés ne sont pas encore tombés.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement la survie du Hamas, mais la possibilité pour les Palestiniens d’exister, de résister, de refuser l’effacement. À Gaza aujourd’hui, l’alternative n’est pas entre la guerre et la paix, mais entre la soumission et la dignité.

Le cessez-le-feu ne doit pas être conditionné à une reddition unilatérale. Il doit permettre :

  • La levée immédiate du blocus de Gaza.
  • L’arrêt des bombardements et du nettoyage ethnique en cours.
  • Le retour des otages et la libération des prisonniers politiques.
  • Une reconnaissance claire de la cause palestinienne dans sa dimension historique et politique.

 . La communauté internationale, les opinions publiques, les journalistes, les élus, doivent cesser de faire semblant : il n’y a pas de paix possible sans justice, pas de justice sans mémoire, et pas de mémoire sans vérité.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/

 

La paix n’est possible que si le droit à la dignité et à la souveraineté est reconnu.
Résister, ce n’est pas refuser la paix. C’est refuser l’humiliation.