Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée, elle y est psychanalysée. Et toujours à charge. Gara Djebilet n’échappe pas à cette névrose géopolitique où chaque projet algérien devient automatiquement une escroquerie industrielle, chaque ambition économique un délire nationaliste, chaque investissement une tragédie annoncée.

Le texte consacré à cette mine saharienne n’est pas une analyse économique. C’est un exorcisme régional. Une tentative désespérée de conjurer une réalité simple : l’Algérie tente, maladroitement peut-être, mais résolument, de sortir de la dépendance énergétique.

Et cela, manifestement, dérange.

Car enfin, qu’a-t-on lu sous couvert d’expertise minière ? Une litanie de procès d’intention, d’hyperboles catastrophistes et de sarcasmes militants, le tout emballé dans un discours pseudo-technique qui confond la sidérurgie avec un bilan comptable de PME.

Le phosphore, nous explique-t-on doctement, rendrait le minerai difficilement exploitable. Découverte fracassante : l’industrie lourde est compliquée par le Makhzen.

À ce niveau de profondeur analytique, on s’attend presque à voir surgir un article démontrant que les barrages coûtent cher ou que les centrales nucléaires produisent des déchets.

L’histoire industrielle mondiale repose précisément sur des défis techniques considérés, à leur époque, comme absurdes. La Ruhr, la Sibérie, les Appalaches, tous ces territoires ont été jugés improductifs avant de devenir des piliers économiques. Mais lorsqu’il s’agit de l’Algérie, soudain, la complexité industrielle devient une preuve de folie nationale.

Curieuse asymétrie du doute.

Ce qui frappe dans cette prose hostile, c’est son obsession quasi anthropologique. Gara Djebilet n’est pas seulement présentée comme un projet risqué, ce qui serait un débat légitime  mais comme un crime politique, une hérésie économique, une imposture civilisationnelle.

On ne critique pas un chantier. On criminalise une ambition, et cette réaction révèle beaucoup plus sur ceux qui écrivent que sur ceux qui construisent.

Le texte franchit ensuite le Rubicon intellectuel en sombrant dans l’attaque personnelle, ce sport favori des polémistes en panne d’arguments. Népotisme suggéré, corruption insinuée, gouvernance tournée en caricature familiale. L’argumentation devient alors un mélange de roman-feuilleton et de ragot géopolitique.

Vieille méthode : quand la réalité industrielle résiste, on se rabat sur la suspicion morale. Lorsque l’économie devient trop complexe, on convoque la psychologie du pouvoir. Lorsque l’analyse échoue, on mobilise le soupçon.

Mais le plus savoureux reste cette posture de dénonciation de la propagande algérienne, proférée dans un texte qui relève lui-même de la propagande par saturation émotionnelle. L’auteur accuse Alger de produire un récit héroïque. Soit. Mais que produit-il lui-même sinon un contre-récit apocalyptique où chaque pelleteuse algérienne devient une arme de destruction budgétaire massive ?

On passe d’un roman national à un roman paranoïaque car la vérité, que ces journalistes du Makhzen semblent refuser d’affronter, est brutalement simple : Gara Djebilet est un pari stratégique. Comme tous les projets industriels structurants. Elle peut échouer. Elle peut réussir. Mais elle existe dans une temporalité historique, pas dans le rythme hystérique des éditoriaux géopolitiques.

Les nations qui refusent d’investir dans des projets risqués finissent toujours par dépendre de celles qui ont osé.

Il y a, derrière cette rage éditoriale, quelque chose de plus profond qu’un désaccord économique. Il y a une peur diffuse, presque existentielle : celle d’une Algérie qui industrialise son Sahara, développe ses ressources et recompose son modèle économique.

Car un Maghreb où Alger devient un pôle sidérurgique autonome bouleverse les équilibres régionaux. Et certains équilibres reposent précisément sur l’idée inverse.

L’histoire nous enseigne pourtant une constante : les sociétés qui se moquent des ambitions industrielles de leurs voisins sont souvent celles qui redoutent secrètement leur réussite. Les sarcasmes économiques ont toujours été les masques préférés de l’inquiétude stratégique.

On ironise sur les coûts. On ricane sur les délais. On prophétise l’effondrement. Puis, lorsque le projet finit par produire ses effets, on réécrit l’histoire en expliquant qu’on l’avait toujours anticipé.

Mais il faut reconnaître un mérite à cette charge anti-Gara Djebilet : elle révèle une chose essentielle. Cette mine, avant même de produire du fer, produit déjà une onde de choc narrative dans la région. Elle agit comme un révélateur. Elle expose les anxiétés géopolitiques, les rivalités historiques et les crispations identitaires qui structurent le débat maghrébin.

En ce sens, Gara Djebilet est déjà une réussite. Elle oblige certains à parler d’industrialisation algérienne, fût-ce pour la nier.

Il existe une vieille leçon de l’histoire économique : les nations ne se construisent jamais en écoutant ceux qui leur expliquent pourquoi elles doivent renoncer. Elles avancent, souvent dans l’erreur, parfois dans l’improvisation, toujours dans le risque.

Les éditorialistes, eux, ont le luxe d’avoir toujours raison après coup. Les États, malheureusement pour eux, doivent agir avant.

Et c’est précisément cette différence entre ceux qui écrivent l’histoire et ceux qui la font qui semble aujourd’hui insupportable à certains polémistes régionaux.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

Gara Djebilet ou l’art marocain de réécrire la géographie avec un crayon colonial :

Suite au démarrage de Gara Djebilet, de nouveau la presse marocaine qui se déchaine pour revendiquer le territoire du sud-Ouest Algérien,  ainsi je viens avec une déconstruction critique d’un récit médiatique marocain qui tente de relire l’histoire coloniale pour légitimer des revendications territoriales contemporaines. Entre instrumentalisation des archives, victimisation stratégique et réduction minière des enjeux sahariens, ma tribune démonte les mécanismes d’un discours où la mémoire devient arme politique et où la géographie refuse obstinément de se plier au roman national.

Il existe des récits historiques qui éclairent le passé. Et puis il y a ceux qui le maquillent, le travestissent, le forcent à entrer dans un costume taillé pour les besoins politiques du moment. Le texte de la presse courtisane du Makhzen consacré à Gara Djebilet appartient résolument à la seconde catégorie : un exercice d’acrobatie mémorielle où l’histoire coloniale devient un buffet libre où l’on picore uniquement ce qui nourrit la mythologie territoriale marocaine.

Car au fond, l’argumentaire déployé ne repose pas sur une analyse historique rigoureuse, mais sur un vieux réflexe rhétorique : attribuer à autrui ses propres fantasmes expansionnistes, puis s’en proclamer victime.

Le colonialisme comme alibi sélectif

Le texte repose sur une contradiction monumentale : il prétend dénoncer l’héritage colonial tout en revendiquant précisément les frontières imaginées par ce même colonialisme lorsqu’elles servent les prétentions marocaines. L’histoire devient ainsi un menu à la carte : le découpage colonial est illégitime quand il fixe la souveraineté algérienne, mais miraculeusement sacré lorsqu’il suggère une extension du Maroc.

Or, rappelons un fait élémentaire que la chronique contourne avec une élégance suspecte : les frontières algéro-marocaines ont été héritées, comme partout en Afrique, du principe internationalement reconnu de l’uti possidetis juris. Ce principe, adopté par l’Organisation de l’Unité Africaine en 1964, visait précisément à empêcher que chaque indépendance ne se transforme en foire aux revendications territoriales. Le Maroc, qui aujourd’hui dénonce ce principe avec l’ardeur d’un procureur tardif, l’a pourtant accepté en rejoignant l’organisation continentale. Il est toujours fascinant de voir un État découvrir soudainement l’injustice des frontières lorsqu’elles cessent de coïncider avec ses ambitions.

La mythologie du « Maroc amputé »

La chronique mobilise un rhétorique victimaire devenue un classique : celle d’un Maroc éternellement démembré par ses voisins. Cette narration souffre d’un défaut majeur : elle suppose l’existence d’un Maroc historique aux frontières fixes et continues, ce qui relève davantage du roman national que de la réalité historique.

Avant la colonisation, les zones évoquées relevaient d’espaces tribaux, d’allégeances fluctuantes et de souverainetés diffuses. Transformer ces zones d’influence mouvantes en preuves d’un État-nation moderne relève d’une projection anachronique. C’est vouloir transformer la géographie des caravanes en cartographie diplomatique.

En vérité, la colonisation française n’a pas créé un « complot anti-marocain » ; elle a simplement administré des territoires selon sa logique impériale, souvent brutale, souvent arbitraire et jamais au bénéfice des peuples colonisés, qu’ils soient algériens ou marocains.

Gara Djebilet : quand le minerai devient prétexte géopolitique

Le cœur du récit consiste à présenter Gara Djebilet comme l’origine occulte du conflit saharien, comme si toute la géopolitique régionale pouvait se réduire à une intrigue minière digne d’un roman industriel du XIXe siècle.

Cette vision souffre d’un réductionnisme spectaculaire. Elle ignore volontairement plusieurs réalités : La mine de Gara Djebilet est restée pendant des décennies largement inexploitée, notamment pour des raisons techniques liées à la teneur en phosphore du minerai. Les enjeux du Sahara occidental relèvent avant tout d’un processus de décolonisation reconnu par l’ONU, et non d’un complot ferroviaire vers l’Atlantique. L’Algérie, contrairement à ce que suggère la chronique, n’a jamais revendiqué territorialement le Sahara occidental pour elle-même, ce qui constitue un détail embarrassant pour la thèse de l’expansion minière.

Attribuer au projet minier l’ensemble des tensions régionales revient à expliquer la Seconde Guerre mondiale par une querelle de concession charbonnière.

La tentation permanente du roman conspirationniste

Le texte se distingue par un goût prononcé pour la causalité magique : chaque décision coloniale serait une conspiration anti-marocaine, chaque dynamique régionale une manœuvre algérienne, chaque désaccord diplomatique la preuve d’un plan historique millimétré.

Cette vision transforme l’histoire en thriller paranoïaque où les archives deviennent des oracles et les notes administratives des actes fondateurs de conflits contemporains. Elle évite surtout une question plus dérangeante : pourquoi les revendications territoriales marocaines apparaissent-elles systématiquement sur plusieurs fronts à la fois, Mauritanie hier, Sahara occidental aujourd’hui, frontières orientales par intermittence ?

À force de dénoncer des amputations imaginaires, le discours finit par révéler une nostalgie implicite d’un empire qui n’a jamais existé autrement que dans les atlas scolaires nationalistes du Makhzen

L’ironie tragique du récit libérateur

Le passage final, qui affirme que l’Algérie aurait « récolté les fruits » de la guerre de libération menée par le Maroc, atteint un sommet de révisionnisme historique. Il exige de croire que la guerre d’indépendance algérienne, l’une des plus violentes du XXe siècle, aurait été un projet philanthropique dirigé depuis Rabat.

C’est confondre soutien diplomatique ponctuel et appropriation historique. C’est surtout minimiser le prix humain payé par la société algérienne, réduite ici à simple bénéficiaire opportuniste. Une amnésie sélective qui, sous couvert de fraternité trahie, ressemble davantage à une tentative d’effacement mémoriel par une haine de l’Algérie trop illustrant..

Derrière la rhétorique : une obsession stratégique

Ce qui transparaît surtout, c’est une inquiétude plus contemporaine : l’exploitation effective de Gara Djebilet symbolise pour certains cercles marocains la consolidation économique d’un voisin qu’ils préfèrent imaginer fragile. Lorsque le développement algérien devient tangible, il faut lui inventer une illégitimité historique.

Ainsi naît ce genre de récit où la géologie devient subversive et où chaque pelletée de minerai menace un imaginaire géopolitique.

Conclusion : l’histoire comme miroir déformant

La chronique sur Gara Djebilet n’est pas une analyse historique ; c’est un symptôme politique. Elle illustre la persistance d’une diplomatie mémorielle où l’on tente de gagner sur le terrain symbolique ce que le droit international, la cartographie et la réalité géographique ont déjà tranché. Mais l’histoire possède une cruauté particulière : elle finit toujours par résister aux reconstructions militantes. Elle rappelle que les frontières africaines, aussi imparfaites soient-elles, ont été stabilisées pour éviter précisément ce retour permanent des appétits territoriaux.

A nos voisins Marocains, je tiens à dire en simple citoyen lambda, que pendant que certains écrivent des récits où chaque mine devient un prétexte à la cartographie rêvée, Gara Djebilet, elle, poursuit son existence implacablement concrète : un gisement de fer, pas un gisement de fantasmes.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet.
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La France tend la main avec l’illusion impériale en version ministère de l’Intérieur :

 

Il y a dans la sortie médiatique du ministre français de l’Intérieur quelque chose d’infiniment révélateur : non pas de l’état des relations entre la France et l’Algérie, mais de l’état d’épuisement intellectuel dans lequel semble sombrer une certaine classe politique française dès qu’elle évoque Alger.

Laurent Nunez, invité de France Inter, s’est livré à cet exercice désormais familier : parler d’Algérie comme on commente la météo, avec ce mélange de gravité factice et d’assurance administrative qui donne toujours l’impression que Paris continue de distribuer les bulletins diplomatiques au reste du monde. Le problème, c’est que le thermomètre de la réalité affiche depuis longtemps une température que la France refuse obstinément de lire.

La question mérite pourtant d’être posée, avec toute la brutalité du bon sens : qu’irait donc faire un ministre de l’Intérieur français en Algérie quand le ministre des Affaires étrangères de ce même pays peine lui-même à y trouver un espace politique respirable ? À moins qu’il ne s’agisse d’inventer une nouvelle doctrine diplomatique où la relation entre États serait désormais confiée aux gestionnaires des reconduites à la frontière, transformant la politique étrangère en simple annexe de la préfecture.

Laurent Nunez reprend, avec un zèle presque touchant, la partition de son prédécesseur, en y ajoutant quelques ornements rhétoriques qui tiennent davantage du maquillage que de la pensée stratégique. Le refrain est connu : la France « tend la main », l’Algérie devrait la « saisir », et les blocages seraient imputables à Alger. Une dramaturgie usée jusqu’à la corde, où Paris se distribue le rôle du partenaire patient, raisonnable et magnanime, tandis que l’Algérie serait condamnée à jouer la mauvaise élève capricieuse.

Ce récit serait presque convaincant s’il n’était pas contredit par un détail gênant : la mémoire politique.

Car la relation franco-algérienne n’est pas un dossier administratif que l’on classe entre deux statistiques migratoires. Elle est un champ miné par l’histoire, saturé de symboles, nourri de blessures que la diplomatie française continue d’aborder avec la délicatesse d’un bulldozer institutionnel persuadé qu’il suffit de répéter « coopération » pour faire disparaître les ruines.

Lorsque le ministre évoque avec une insistance quasi obsessionnelle la question des reconduites d’Algériens en situation irrégulière, il réduit volontairement une relation stratégique entre deux États à un contentieux consulaire. Cette obsession migratoire agit comme une loupe déformante qui transforme une relation complexe en simple problème de logistique humaine, comme si cinquante années d’histoire commune pouvaient être résumées à un tableau Excel du ministère de l’Intérieur.

Pendant ce temps, la France persiste dans ce qu’elle qualifie elle-même de gestes d’ouverture, tout en multipliant les signaux politiques, médiatiques et symboliques qui ressemblent davantage à des rappels à l’ordre qu’à des invitations au dialogue. La diplomatie française semble fonctionner selon un principe étrange : proclamer la main tendue tout en gardant le doigt crispé sur l’index moralisateur.

Mais le plus fascinant dans cette séquence reste la conviction intacte, presque admirable dans sa persévérance, que le rapport de force diplomatique demeure favorable à Paris. Cette certitude relève aujourd’hui moins de l’analyse géopolitique que de la nostalgie stratégique. Elle évoque ces officiers qui continuent de dessiner des cartes d’empires disparus pendant que le monde redessine ses alliances sans leur demander leur avis.

La France officielle parle encore à l’Algérie comme on parle à une ancienne dépendance qui tarderait à comprendre qu’elle ne l’est plus. Et lorsque la réalité contredit ce récit, elle choisit de s’adresser non pas à Alger, mais à son propre électorat, transformant chaque déclaration sur l’Algérie en exercice de politique intérieure maquillé en posture diplomatique.

Il y a dans cette mécanique une forme de tragédie comique. La France veut simultanément être partenaire, juge, mémoire officielle et autorité morale. Elle voudrait négocier tout en continuant d’enseigner, coopérer tout en distribuant les bons points, dialoguer tout en fixant seule les termes de la conversation. Autrement dit, elle tente de maintenir une relation adulte avec un vocabulaire paternaliste.

L’intervention répétée du ministère de l’Intérieur dans la gestion politique globale des relations franco-algériennes révèle finalement une vérité plus profonde : la diplomatie française semble avoir renoncé à comprendre l’Algérie autrement que sous l’angle du contrôle migratoire et sécuritaire. C’est une réduction intellectuelle spectaculaire, presque une abdication stratégique.

On ne construit pas une relation bilatérale avec des statistiques d’expulsions. On ne répare pas l’histoire avec des communiqués préfectoraux. Et l’on ne restaure pas la confiance en multipliant les injonctions diplomatiques habillées en gestes de bonne volonté.

Si la France souhaite réellement réinventer sa relation avec l’Algérie, elle devra accepter une mutation beaucoup plus inconfortable : abandonner le confort rhétorique de la supériorité supposée et reconnaître que le temps de la diplomatie verticale appartient au musée des illusions impériales.

En attendant, les déclarations ministérielles continueront probablement de produire ce spectacle familier : celui d’une puissance qui parle encore fort pour masquer le fait qu’elle n’est plus certaine d’être écoutée.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Immortels… vraiment ? Autopsie d’un écrivain de service :

De prime abord, l’affaire pourrait presque prêter à sourire. On serait tenté d’y voir une fable absurde, une de ces histoires paradoxales dont raffole l’esprit caustique une sorte d’histoire belge à rebondissements si le sujet n’était pas, au fond, révélateur d’un malaise plus profond. Car l’admission de Boualem Sansal à l’Académie française, déjà membre de l’Académie royale de Belgique, dépasse le simple épisode anecdotique : elle devient le symptôme d’un dérèglement institutionnel et symbolique.

On imagine sans peine Richelieu, fondateur de l’institution, se retourner dans sa tombe à la date de ce 30 janvier 2026, en contemplant l’évolution de cette maison qu’il avait voulue gardienne exigeante de la langue, de la mesure et de la rigueur. L’Académie, jadis perçue comme un sanctuaire du verbe et de la norme, semble aujourd’hui céder à des élans d’opportunité et d’adhésion émotionnelle.

Les académiciens, emportés par une ferveur quasi militante en faveur de l’écrivain, auront accompli une prouesse réglementaire : contourner l’esprit même de leur propre règlement intérieur. Tout le monde peut devenir Immortel ainsi que l'indiquent les sages, nulle restriction n'est faite aux candidatures, hormis celle de l'âge: 75 ans, maximum, à la date du dépôt de la lettre du postulant. celui-ci fixe pourtant clairement une limite d’âge à 75 ans au moment du dépôt de candidature. Or la demande  de Boualem Sansal a été déposée à 81 ans révolus. On saluera la performance : transformer une règle explicite en simple suggestion décorative. Voilà qui illustre une curieuse souplesse juridique lorsqu’il s’agit de certaines causes jugées supérieures.

Plus étonnant encore : les mêmes soutiens insistaient récemment sur l’âge avancé et l’état de santé fragile de l’intéressé, présenté comme un vieil homme éprouvé, détenu dans les geôles d’Alger. Mais sitôt franchi le seuil de la Coupole, le portrait semble s’inverser : vigueur retrouvée, longévité académique projetée, avenir intellectuel radieux. La relativité des critères n’aura jamais été aussi spectaculaire. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà la formule de Pascal n’a rien perdu de sa pertinence.

Le plus révélateur reste peut-être le projet linguistique affiché. Lors de son intervention à Strasbourg en décembre 2025, à l’occasion du prix mondial Cino Del Duca, l’écrivain évoquait sa volonté de « redéfinir beaucoup, beaucoup de termes ». Ambition considérable, presque programmatique. Redéfinir la langue elle-même entreprise vertigineuse suppose une autorité, une maîtrise et une finesse lexicale que ses détracteurs jugent discutables. À les entendre, les « Immortels » pourrait bientôt délaisser la langue de Molière pour se consacrer à une refonte expérimentale du vocabulaire, de la grammaire et de la rhétorique non plus dans une logique de conservation, mais de transformation idéologique. Une sorte de créole conceptuel, une koinè militante, façonnée par l’air du temps plus que par l’histoire longue de la langue.

Ce nouvel épisode s’inscrirait d’ailleurs, selon cette lecture critique, dans une continuité de choix controversés. Après l’entrée d’Alain Finkielkraut perçue par certains comme une rupture éthique l’Académie confirmerait une trajectoire de politisation croissante. La littérature ne serait plus le critère cardinal ; la posture publique, le positionnement symbolique et l’utilité narrative prendraient le dessus. L’institution deviendrait moins un arbitre du langage qu’une chambre d’écho idéologique.

La dégradation ne s’arrêterait pas là. D’autres distinctions nationales, naguère associées au mérite et à l’excellence, seraient elles aussi, aux yeux des critiques, entrées dans une ère de banalisation. La Légion d’honneur, autrefois rare et solennelle, serait désormais distribuée avec une générosité suspecte à des intérêts diplomatiques, à des alliances stratégiques, parfois à des figures dont l’histoire future contestera la légitimité. Le symbole s’érode lorsque le discernement faiblit.

Dans cette perspective, la nomination apparaît moins comme un hommage littéraire que comme un geste politique. Elle participerait d’une stratégie de récit : fabriquer des figures de génie circonstancielles, investies d’une mission polémique, servant de relais dans des conflits mémoriels et diplomatiques  notamment lorsqu’il s’agit de solder des comptes symboliques avec l’Algérie. La grandeur culturelle céderait alors la place à la fonctionnalité narrative. Verrons- nous un jour l’élection du plus Français Zemmour ???????

Ce qui se joue ici dépasserait donc le cas individuel : c’est l’image d’un pays en perte d’assurance, qui substitue l’effet médiatique au jugement esthétique, l’alignement idéologique à l’exigence critique. Une nation qui, renonçant à son autorité culturelle propre, consentirait à devenir une province parmi d’autres dans un système d’influences globalisées, traversée par des réseaux, des stratégies de discours et des entrepreneurs de controverse.

Dès lors, cette élection ne ressemblerait plus à une consécration, mais à un symptôme  peut-être même, diront les plus sévères, à un dernier clou planté dans le cercueil d’une certaine idée de la dignité littéraire française. Même si plusieurs académiciens sont d'origine étrangère, ce qui est une excellente chose, ne serait-il pas temps, et même urgent, que cette Académie, très passéiste quand même, prenne, par exemple, le nom d' "Académie de la langue au signal politique " et que cette Académie réécrit ses règles et sa mission? On peut aussi se demander si dans le monde d'aujourd'hui elle sert encore à quelque chose.

Mais après tout. On dit ça comme ça et bien sûr cela ne nous regarde pas. N’est-ce pas ?

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Gara Djebilet : vecteur de puissance géoéconomique et pivot stratégique de la transformation industrielle algérienne :

L’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet marque une rupture stratégique dans l’histoire économique de l’Algérie. Pendant des décennies, l’économie nationale est restée largement dépendante des hydrocarbures, exposant le pays aux fluctuations du marché énergétique mondial et limitant sa capacité de diversification. Aujourd’hui, la décision d’exploiter l’un des plus grands gisements de fer au monde traduit une volonté politique claire : construire une économie productive fondée sur la valorisation des richesses nationales.

Les réserves estimées à près de deux milliards de tonnes font de Gara Djebilet un levier stratégique capable de transformer profondément la structure industrielle du pays. Loin d’être un simple projet d’extraction, il constitue le socle d’une nouvelle politique industrielle orientée vers la transformation locale, la production sidérurgique et la création de chaînes de valeur nationales.

Une bataille pour la souveraineté économique : Le projet de Gara Djebilet s’inscrit dans un combat global pour l’indépendance économique. Dans un contexte international marqué par la compétition pour les ressources stratégiques, la maîtrise nationale du fer devient un enjeu majeur pour soutenir les grands programmes d’infrastructures, notamment dans les secteurs du logement, des transports, des ports, des chemins de fer et de l’industrialisation lourde.

Cette orientation vise à réduire la dépendance aux importations, à préserver les réserves de change et à renforcer la sécurité économique du pays. Elle traduit également la volonté de rompre avec les modèles économiques fondés sur la rente et de promouvoir un modèle basé sur la production et la transformation industrielle.

Un levier de justice territoriale et de développement national : L’exploitation de Gara Djebilet constitue également un projet de rééquilibrage territorial. Situé dans le sud-ouest algérien, ce projet contribuera à désenclaver des régions longtemps marginalisées et à intégrer pleinement le Grand Sud dans la dynamique économique nationale.

La réalisation de la ligne ferroviaire stratégique reliant Alger à Tamanrasset représente l’un des piliers de cette transformation. Cette infrastructure favorisera la circulation des ressources, des marchandises et des populations, tout en stimulant l’investissement, l’emploi et l’activité économique dans plusieurs régions du pays.

Les projections indiquent la création de milliers d’emplois directs et indirects, offrant ainsi des perspectives économiques durables aux populations locales et renforçant la cohésion sociale.

Une stratégie nationale de diversification et d’intégration industrielle : Le projet de Gara Djebilet s’inscrit dans une vision globale visant à bâtir une industrie nationale intégrée. Cette stratégie repose sur la transformation locale du minerai et la production d’aciers spécialisés, capables de soutenir le développement de secteurs industriels stratégiques.

Dans cette dynamique, l’Algérie développe également d’autres projets miniers d’envergure, notamment l’exploitation du gisement de zinc d’Oued Amizour et des gisements de phosphate de l’est du pays. Ces projets permettront de renforcer la souveraineté alimentaire et agricole grâce au développement de l’industrie des engrais, tout en diversifiant les sources de revenus nationaux.

Résister aux pressions et aux campagnes de déstabilisation : Comme tout projet structurant, Gara Djebilet fait face à des critiques et à des campagnes médiatiques visant à remettre en cause sa pertinence ou sa viabilité. Ces contestations s’inscrivent dans un contexte géopolitique où la maîtrise des ressources stratégiques constitue un facteur de puissance et d’influence.

La réussite de ce projet nécessite donc une mobilisation nationale fondée sur la transparence, la compétence technique et l’unité autour des objectifs stratégiques du pays. Elle exige également une gouvernance rigoureuse capable de garantir l’efficacité économique et la crédibilité internationale du projet.

Un héritage historique et un engagement pour l’avenir : Découvert dans les années 1950, le gisement de Gara Djebilet symbolise un projet longtemps différé par des contraintes techniques et politiques. Sa relance aujourd’hui représente l’aboutissement d’un rêve historique porté par plusieurs générations d’Algériens aspirant à construire une économie indépendante et souveraine.

Ce projet incarne également la continuité du combat national pour la maîtrise des ressources et le développement autonome du pays. Il constitue un investissement stratégique pour les générations futures et un symbole de la transformation économique de l’Algérie.

Conclusion : Gara Djebilet, symbole de la renaissance industrielle algérienne : Le projet de Gara Djebilet dépasse la dimension minière pour devenir un symbole de la renaissance industrielle et économique de l’Algérie. Il représente un choix stratégique en faveur de la souveraineté, de la diversification économique et du développement territorial équilibré.

Sa réussite dépendra de la capacité collective à transformer cette richesse naturelle en puissance industrielle durable. Plus qu’un projet économique, Gara Djebilet incarne une ambition nationale : celle d’une Algérie forte, indépendante et pleinement engagée dans la construction de son avenir.

 

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Académie française : Boualem Sansal plus utile que grand avec un fauteuil pour service rendu !!!!!

Ce n’est pas un choix littéraire, c’est un choix de message. On ne récompense pas un style, on récompense une position. Ce n’est pas la plume qu’on salue, c’est le discours. Quand un écrivain dit exactement ce que le pouvoir aime entendre, il finit décoré. La vraie subversion dérange. Celle-ci rassure. Ce n’est pas une surprise, c’est une cohérence. On appelle ça du courage surtout quand il va dans le bon sens Une nomination qui ne choque que ceux qui lisent vraiment. On vend de la littérature, on livre de la politique. Ce n’est pas un scandale — c’est un signal. L’institution ne choisit pas un écrivain : elle choisit une voix utile. Quand la critique ne vise qu’un seul camp, elle devient un outil. La dissidence qui passe partout… surtout dans les salons. Plus ça confirme le récit dominant, plus ça monte vite.

Il y a des honneurs qui éclairent. D’autres qui dénoncent ceux qui les décernent. La désignation de Boualem Sansal à l’Académie française appartient à la seconde catégorie : moins une reconnaissance littéraire qu’un signal politique, moins un sacre qu’un symptôme.

On nous demande d’applaudir. On nous somme de voir du génie là où il y a surtout de la conformité utile. On invoque la liberté, le courage, la dissidence, ces mots passe-partout que l’institution dégaine quand elle veut transformer un choix idéologique en évidence morale. Le problème n’est pas qu’un écrivain soit critique. Le problème est : critique de quoi, pour qui, et avec quelle indulgence sélective.

L’Académie n’est pas un refuge d’âmes pures. C’est une fabrique de symboles. Et ses choix ne sont jamais innocents. Elle ne consacre pas seulement des styles : elle valide des récits. Elle ne couronne pas seulement des phrases : elle adoube des positions. Quand elle installe quelqu’un sous la Coupole, elle ne dit pas seulement « voici un écrivain » elle dit « voici une parole que nous voulons légitime ».

Il faut arrêter de maquiller les choses avec du vernis culturel : cette nomination n’est pas d’abord un événement littéraire, c’est un geste symbolique, un geste politique, un geste de vitrine  et tout le monde le sait, même ceux qui font semblant de ne pas le voir pour garder la pose élégante et les mains propres.

On ne va pas nous rejouer la scène du génie découvert au dernier moment par une institution soudain frappée par la grâce des lettres ; l’Académie française ne fonctionne pas à l’illumination, elle fonctionne au signal, au message, au choix de voix qu’elle veut mettre sous projecteur, et le projecteur, ici, éclaire moins une œuvre qu’une posture qui tombe remarquablement bien dans le paysage idéologique du moment.

Quand une institution consacre quelqu’un, elle ne dit pas seulement “voici un écrivain”, elle dit “voici une parole que nous validons, voici un discours que nous installons, voici une critique que nous jugeons fréquentable”, et prétendre le contraire relève soit de la naïveté totale, soit du théâtre poli.

On nous parle de courage, mais c’est un courage qui passe très bien à la télévision, qui circule très bien dans les tribunes, qui est repris très vite, très loin, très haut , c’est un courage qui trouve facilement des micros, des relais, des fauteuils, et ce genre de courage-là n’est jamais le plus risqué, seulement le plus compatible.

La vraie parole dérange large. La parole utile dérange ciblé et c’est toujours la seconde qui reçoit les honneurs.

On nous vend une consécration littéraire, mais écoutez les discussions autour de cette nomination : on parle de positions, de déclarations, de lignes idéologiques, de symboles géopolitiques, presque jamais de langue, presque jamais de style, presque jamais d’invention d’écriture, c’est quand même un indice assez énorme, comme une étiquette collée à l’envers sur le produit.

Si c’était un séisme littéraire, on parlerait de phrases. Là, on parle de messages.

Victor Hugo entrait dans l’histoire parce qu’il débordait les institutions, parce qu’il les mettait en tension, parce qu’il forçait l’époque à élargir ses murs ; aujourd’hui on applaudit quelqu’un parce qu’il entre parfaitement dans la pièce sans toucher les bords, sans déplacer les meubles, sans fissurer le plafond, ce n’est pas la même performance, c’est même le sport opposé.

L’Académie adore la critique, à condition qu’elle ne la vise pas, elle. À condition qu’elle confirme son récit du monde. À condition qu’elle ne l’oblige pas à rouvrir ses propres dossiers poussiéreux. C’est une critique à sens unique, comme une rue bien balisée : circulation autorisée, demi-tour interdit.

Ce n’est pas un complot, ce n’est pas une manœuvre secrète, c’est beaucoup plus banal : c’est de la sélection confortable. On choisit la voix qui valide ce qu’on pense déjà, on appelle ça de la lucidité, on appelle ça de la profondeur, on appelle ça du courage, et l’affaire est classée avec ruban vert.

On va dire que contester ce choix, c’est refuser la liberté d’expression, argument paresseux. Personne ne demande le silence de qui que ce soit. On dit simplement qu’un honneur n’est pas neutre, qu’une consécration n’est pas automatique, et qu’on a parfaitement le droit de dire : non, ceci n’est pas un moment majeur de littérature, c’est un moment majeur de positionnement.

Lire n’oblige pas à sacrer. Respecter le droit de parole n’oblige pas à applaudir le couronnement.

Ce fauteuil ne récompense pas seulement un parcours d’écrivain ; il envoie un message culturel clair : voilà le type de critique que nous mettons au sommet, voilà la voix que nous jugeons exemplaire, voilà la dissidence que nous trouvons acceptable — et quand une dissidence devient acceptable pour l’institution qu’elle est censée secouer, ce n’est plus vraiment une secousse, c’est une décoration.

D’abord, qu’ Boualem Sansal ne devienne pas, pour certains, le « bon immigré », comme des antisémites ont leur « bon Juif ». Qu’il ne serve pas de caution à ceux qui, à longueur de journée, attaquent l’immigration, même la plus nécessaire, la plus honorable…

Toutefois, l’académie accepte de considérer que la venue de boualem Sansal en France s’est avérée une chance, parce qu’il avait des motifs douloureux et dramatiques justifiant son départ de son pays d’origine, et parce qu’il possédait les dispositions et la personnalité les plus appropriées au pays d’accueil.

Et qu’on évite aussi cette petite gymnastique morale bien connue : fabriquer le “bon immigré” de service, celui qu’on exhibe comme une pièce à conviction pendant qu’on charge tous les autres. Le tour est classique : on brandit une réussite individuelle comme un certificat collectif, on applaudit l’exception pour mieux soupçonner la règle, et on appelle ça de la lucidité.

Un parcours remarquable n’est pas une autorisation de trier les êtres humains à la vitrine. Ce n’est pas une médaille qu’on épingle sur un débat pour lui donner l’air propre. Transformer une trajectoire personnelle en argument politique prêt-à-servir, c’est de la récupération, pas du respect.

On connaît la ficelle : “Regardez, celui-là est admirable — pourquoi pas les autres ?” Comme si des millions de vies devaient passer un contrôle qualité idéologique pour mériter la dignité de base. Comme si l’humanité fonctionnait par casting.

Non. Une réussite ne valide pas une théorie. Un exemple ne fait pas une règle. Et une intégration réussie ne doit jamais devenir l’alibi commode pour durcir le regard sur tous les autres.

Quand un nom commence à servir d’outil dans un discours qui le dépasse, ce n’est plus un hommage, c’est une utilisation. Presque un mode d’emploi et les êtres humains ne sont pas des accessoires d’argumentation.

Ce n’est pas un scandale. C’est une indication, et les indications, parfois, parlent beaucoup plus fort que les discours.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

Quand le Maroc regrette Abdelkrim El Khattabi : autopsie d’une nostalgie factuelle née des bluffs du Makhzen et ses souverains.

Abdelkrim El Khattabi  incarne la dignité et l'intégrité face à un souverain perçu comme une « figure spectrale », maintenue artificiellement par un appareil sécuritaire alors que sa crédibilité politique est épuisée. Ce retour vers le passé est le symptôme d'un désenchantement profond face aux « mensonges fondateurs » d'un régime dont la modernité n'est plus que de façade.

Il est essentiel de comprendre que les marocains, endoctrinés et se détestant eux-mêmes, se trouvent dans cet état parce qu'ils ont été soumis, toute leur vie durant, à la propagande et au conditionnement véhiculés par les médias, l'éducation et le Makhzen Ce conditionnement a été perpétré intentionnellement par le Makhzen organisé, qui domine toutes ces institutions. .

L'administration du royaume manipule et oriente régulièrement la presse à scandale « traditionnelle ». Les journalistes de médias sont des parasites attardés, facilement distraits. Donnez-leur quelque chose de brillant et ils le poursuivront aveuglément pendant des jours.

Honni hier, presque réhabilité aujourd’hui, Abdelkrim El Khattabi est devenu malgré lui l’étalon d’une comparaison cruelle pour le pouvoir en place. Un véritable vent de nostalgie, produit d’un désenchantement profond face aux bluffs et aux promesses non tenues de Mohammed VI. Économie affaiblie, diplomatie isolée, société fracturée: en prétendant rompre avec le passé, le «Maroc Moderne» a surtout révélé toute l’ampleur de ses échecs. C’était (vraiment) mieux avant.

Il y a encore quelques années, comparer Abdelkrim El Khattabi favorablement à un autre souverain marocain relevait presque du sacrilège et surtout le nom du souverain était devenu synonyme de corruption systémique, de paralysie institutionnelle, de prédation oligarchique et d’humiliation nationale.

L’ère Abdelkrim El Khattabi est de plus en plus souvent évoquée comme «le bon vieux temps»,  « le bon vieux temps de la dignité »un point de comparaison favorable face au Makhzen issu de la prétendue «Maroc Moderne» et qu’incarne le souverain actuel Mohamed VI. Cette relecture n’est ni sentimentale ni nostalgique au sens affectif. Elle est froide, factuelle. Elle naît d’un décalage criant entre les mensonges fondateurs de Mohamed VIe et les résultats concrets de son exercice du pouvoir.

Abdelkrim El Khattabi s’impose désormais comme une figure de référence majeure face au pouvoir actuel en raison d’un désenchantement profond et d'une remise en question radicale de la gouvernance de Mohammed VI.

Ce regain d'intérêt pour El Khattabi n'est pas une simple nostalgie émotionnelle ; il est décrit comme une figure qui s’appuie sur le constat que le roi actuel, bien que maintenu artificiellement par le Makhzen, s'est vidé de toute crédibilité au point de devenir une « figure spectrale ».

Bien que le Makhzen utilise l'éducation et les médias pour soumettre les Marocains à un endoctrinement intentionnel et à une propagande constante, ce contrôle semble s'effriter face à l'ampleur des échecs concrets. Le vent de nostalgie envers El Khattabi agit comme un révélateur de l'humiliation nationale ressentie face à la paralysie institutionnelle actuelle.

La perte d'influence du pouvoir est également illustrée par le tournant historique au sujet du Sahara occidental, où 50 ans de mobilisation de financements colossaux et d'appareil diplomatique n'auraient pas empêché le retour de l'autodétermination au centre des négociations. Ce revers renforce la perception d'un pouvoir affaibli par rapport à la figure historique et intègre d'El Khattabi.

En somme, l’image El Khattabi est réhabilitée par l'opinion car il représente une alternative symbolique à un système perçu comme étant fondé sur le « bluff » et les promesses non tenues.

Le conditionnement social et la propagande orchestrés par le Makhzen entraînent des conséquences psychologiques profondes et délétères sur la population marocaine :

La conséquence la plus frappante mentionnée est que les Marocains finissent par être « endoctrinés et se détestant eux-mêmes ». Ce sentiment de haine de soi résulte d'une exposition permanente, durant toute une vie, à la propagande véhiculée par les institutions étatiques, l'éducation et les médias.

La population souffre d'un « désenchantement profond » face aux promesses non tenues et aux « bluffs » du pouvoir en place. Ce décalage entre les discours officiels et la réalité concrète de l'exercice du pouvoir génère une perte de confiance généralisée. L'état actuel du pays, marqué par la corruption et la paralysie institutionnelle, est vécu comme une « humiliation nationale ». Ce sentiment est renforcé par ce que les sources décrivent comme le vide de crédibilité de l'État.

Le conditionnement et les échecs politiques ont abouti à une « société fracturée ». Les individus se retrouvent dans un état de vulnérabilité où ils peuvent être facilement distraits par des sujets superficiels, à l'image des journalistes décrits comme poursuivant aveuglément « quelque chose de brillant » qu'on leur donne.

Face au malaise actuel, une forme de nostalgie factuelle » émerge. Ce n'est pas une émotion sentimentale, mais une réaction psychologique de repli vers des figures passées (comme Abdelkrim El Khattabi) perçues comme plus intègres face aux « mensonges fondateurs » du présent.

Enfin, les sources suggèrent que la fin de décennies de stratégies diplomatiques (notamment sur la question du Sahara occidental) pourrait marquer l'effondrement des piliers psychologiques sur lesquels reposait une partie de cette mobilisation nationale. Les médias traditionnels sont considérés comme des outils de propagande en raison de leur intégration directe dans un système de contrôle centralisé et de leur rôle actif dans la manipulation de l'opinion publique.

La presse traditionnelle ne fonctionne pas de manière indépendante, car elle fait partie des institutions que le « Makhzen organisé » domine de manière hégémonique. Cette domination permet une coordination directe entre les orientations politiques et les messages diffusés aux citoyens.

L'administration du royaume ne se contente pas de superviser ; elle manipule et oriente régulièrement la presse dite « traditionnelle » ou « à scandale ». Les médias servent donc de relais aux « mensonges fondateurs » du pouvoir, créant un décalage flagrant entre le discours officiel et les résultats concrets de l'exercice du pouvoir.

Les journalistes sont décrits comme des vecteurs de distraction. Le pouvoir leur fournit des sujets superficiels ou sensationnels « quelque chose de brillant » qu'ils poursuivent aveuglément pendant des jours. Cette méthode permet de détourner l'attention du public des problèmes structurels tels que l'économie affaiblie, la corruption systémique ou l'isolement diplomatique.

Les médias agissent de concert avec le système éducatif pour soumettre les Marocains à un conditionnement durant toute leur vie. Ce processus vise à l'endoctrinement de la population, allant jusqu'à générer une forme d'aliénation ou de « haine de soi » chez les individus.

Les médias et l'appareil diplomatique ont été mobilisés pendant 50 ans pour soutenir des positions spécifiques (notamment sur le Sahara occidental), mobilisant des financements colossaux pour maintenir ce que les sources qualifient de « thèse coloniale » face aux revendications d'autodétermination.

En résumé, les médias traditionnels sont perçus comme des instruments de propagande parce qu'ils sont intentionnellement utilisés par le Makhzen pour maintenir une image artificielle de stabilité et de modernité tout en occultant la «paralysie institutionnelle» et la perte de crédibilité de l'État.

Le Makhzen maintient artificiellement son pouvoir à travers une stratégie multidimensionnelle reposant sur le contrôle institutionnel, la manipulation de l'information et l'exploitation de ressources étatiques. Le Makhzen est décrit comme une organisation qui domine l'ensemble des institutions, en particulier le système éducatif et les médias. Cette emprise permet de soumettre la population, tout au long de sa vie, à un conditionnement et à une propagande intentionnelle. L'objectif de cet endoctrinement est de modeler la perception des citoyens, allant jusqu'à provoquer une forme d'aliénation ou de «haine de soi».

L'administration du royaume manipule et oriente régulièrement la presse traditionnelle. Pour maintenir son contrôle, elle utilise des tactiques de distraction : en fournissant des sujets superficiels ou sensationnels (« quelque chose de brillant ») aux journalistes, elle s'assure qu'ils les poursuivront aveuglément, détournant ainsi l'attention des échecs politiques et sociaux.

Le maintien au pouvoir repose également sur une structure de corruption systémique et de prédation oligarchique. Les sources indiquent que même lorsque l'État se vide de toute crédibilité, le pouvoir est maintenu de manière « artificielle » et « spectrale » malgré une paralysie institutionnelle et une humiliation nationale flagrantes. Ce maintien s'appuie sur des « mensonges fondateurs » qui tentent de masquer une économie affaiblie et une société fracturée.

Mobilisation de ressources massives sur le plan international et diplomatique, le pouvoir a maintenu sa position en mobilisant : Des financements colossaux. L'ensemble de son appareil diplomatique. Le maintien de son armement pour soutenir ce que les sources qualifient de « thèse coloniale ». Ce système global de « magouilles » et de pressions financières est présenté comme le pilier ayant permis de soutenir artificiellement les thèses du pouvoir avant le tournant politique marqué par la résolution 2797 de l'ONU.

À l'intérieur du pays, l'usage des ressources est marqué par une « prédation oligarchique » et une « corruption systémique ». Ces mécanismes financiers permettent de maintenir artificiellement au pouvoir une figure souveraine devenue « spectrale », même lorsque l'État perd toute crédibilité aux yeux de la population.

Le Makhzen utilise sa domination financière pour contrôler les institutions clés comme l'éducation et les médias. En manipulant la presse traditionnelle et en offrant aux journalistes des sujets de diversion,  décrits comme « quelque chose de brillant » à poursuivre, le pouvoir s'assure que les ressources médiatiques servent la propagande et le conditionnement plutôt que l'information factuelle.

Des « mensonges fondateurs » qui soulignent un décalage entre l'usage des fonds pour promouvoir l'image d'un « Maroc Moderne » et la réalité d'une économie affaiblie. Ces financements servent à masquer les échecs concrets de l'exercice du pouvoir par Mohammed VI derrière des promesses non tenues et des discours de façade.

 A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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