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Trop africain pour l’Europe, trop européen pour l’Afrique : le Makhzen Marocain et le malaise de l’identité continentale :

Il existe en Afrique un cas d’école, presque caricatural, de ce que Frantz Fanon aurait appelé une conscience mal à l’aise dans sa propre peau : Le Makhzen du Maroc. Un pays solidement arrimé au continent africain par la géographie, l’histoire et les peuples, mais dont l’imaginaire politique n’a jamais vraiment quitté la rive nord de la Méditerranée. Être africain, pour le  Makhzen, n’a jamais été un point de départ ; tout au plus une solution de repli, activée lorsque l’Europe rappelle, avec une froide régularité juridique, que l’Afrique commence au sud du détroit de Gibraltar.

La tentative d’adhésion à la Communauté économique européenne dans les années 1980 demeure un moment de vérité. Non pas une simple erreur de calcul technocratique, mais un aveu politique brutal : le Maroc ne se voyait pas comme une puissance africaine à part entière, mais comme un Européen empêché. Le rejet de 1987 n’a fait que confirmer une hiérarchie mentale déjà bien installée : l’Europe comme horizon naturel, l’Afrique comme voisinage contraignant. Dès lors, le Royaume s’est appliqué à devenir le meilleur élève non admis de l’Union européenne docile, utile, indispensable, mais jamais invité à s’asseoir à la table.

Pendant ce temps, l’Afrique attendait. Ou plutôt, elle avançait sans lui. Le retrait du Maroc de l’Organisation de l’unité africaine en 1984 constitue sans doute l’un des gestes les plus éloquents de cette fuite continentale. Quitter l’Afrique institutionnelle pendant plus de trois décennies, c’est faire un choix clair : celui de l’isolement volontaire, du mépris feutré pour les mécanismes panafricains jugés inefficaces, bruyants ou indignes d’un État tourné vers des partenaires « sérieux ». Peu importe que le différend du Sahara serve de justification ; aucun désaccord, aussi grave soit-il, ne légitime une absence aussi longue sans révéler un malaise plus profond.

Et puis vint le retour, en 2017. Un retour soigneusement mis en scène, salué par des discours lyriques sur la « famille africaine retrouvée ». Mais l’Afrique n’est pas dupe. On ne quitte pas une maison pendant trente ans pour y revenir en investisseur. Car c’est bien ainsi que le Maroc aborde aujourd’hui le continent : en banquier, en assureur, en entrepreneur, rarement en compagnon de lutte. L’Afrique est visitée, évaluée, financée, exploitée parfois — mais rarement aimée politiquement.

La coopération Sud-Sud vantée à longueur de communiqués ressemble souvent à un paternalisme bien habillé, où le Maroc se présente comme un intermédiaire « plus fiable » entre l’Afrique et l’Europe. Une Afrique utile, rentable, diplomatiquement alignée sur les priorités marocaines — notamment lorsqu’il s’agit de rallier des soutiens sur le dossier du Sahara — mais une Afrique encore trop souvent considérée comme un marché à conquérir plutôt qu’un projet à construire collectivement.

L’ironie atteint son sommet dans la relation maroco-européenne. Le Makhzen se plaint de ne jamais être pleinement accepté par l’Europe, tout en acceptant sans broncher d’en devenir le sous-traitant sécuritaire : gardien des frontières, filtre migratoire, gendarme régional. Il protège la forteresse européenne contre les Africains subsahariens, ses propres frères de continent, dans l’espoir persistant d’une reconnaissance qui ne viendra jamais. Être africain quand il s’agit de bloquer des migrants, être quasi-européen quand il s’agit de commerce : voilà la gymnastique identitaire.

Dans cette configuration, l’africanité du Makhzen apparaît comme conditionnelle et instrumentale. Elle s’active lorsque l’Europe ferme ses portes, lorsque les marchés africains deviennent attractifs, ou lorsque le soutien diplomatique du continent devient indispensable. Elle se fait discrète lorsque l’Afrique parle d’intégration politique, de souveraineté collective ou de rupture avec les dépendances postcoloniales.

Le cas marocain n’est pas isolé, certes, mais il est exemplaire. Il incarne cette tragédie postcoloniale où certaines élites africaines préfèrent être des partenaires mineurs de l’Europe plutôt que des acteurs majeurs de l’Afrique. Tant que l’Afrique restera, dans les imaginaires politiques, une option secondaire, elle continuera d’être traitée comme telle fragmentée, instrumentalisée, reléguée.

Le Makhzen  du Maroc aime rappeler qu’il est un « pont » entre l’Europe et l’Afrique. Mais un pont n’est jamais une destination. Et l’histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant les deux pieds sur le continent africain, ont passé leur temps à regarder ailleurs.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

Le triomphisme de l’extrême droite : une “victoire” vide et une manœuvre sournoise

Le Rassemblement national se félicite d’une prétendue victoire parlementaire : l’adoption symbolique d’une résolution visant à dénoncer les accords migratoires de 1968 entre la France et l’Algérie. En réalité, cette opération n’a rien d’une avancée politique ; elle n’est qu’une démonstration de communication, une mise en scène du pouvoir destinée à faire oublier son impuissance réelle.

Le texte triomphaliste publié dans la presse d’extrême droite n’en fait pas mystère : peu importe la portée juridique — inexistante — de la résolution, l’essentiel est de faire croire que Marine Le Pen et son camp “agissent”, là où le reste de la classe politique serait paralysé. C’est là toute la mécanique populiste : transformer un non-événement institutionnel en victoire symbolique, pour nourrir le récit du “peuple trahi par les élites”.

Une victoire sans effet, une illusion de souveraineté

Les accords franco-algériens de 1968 ont déjà été révisés plusieurs fois (1985, 1994, 2001). Les dénoncer unilatéralement serait contraire au droit international. Ce vote n’a donc aucune conséquence juridique, puisqu’il relève d’une relation diplomatique bilatérale. Le RN le sait parfaitement.
Mais la vérité juridique n’intéresse pas le RN : seul compte l’effet de scène, l’image d’une France “reprenant le contrôle” face à un adversaire fantasmé, l’Algérie.

Cette stratégie est ancienne : fabriquer des victoires symboliques pour masquer la vacuité programmatique. Derrière les effets de manche, rien ne vient répondre aux véritables enjeux migratoires, économiques ou sociaux. Le RN n’a pas de politique, seulement des ennemis.

Le peuple instrumentalisé

Le texte triomphaliste évoque une population “à 72 % favorable au rejet” des accords, sans jamais citer de source. C’est une technique bien rodée : faire parler “le peuple” à la place du peuple.
Le RN se présente comme le porte-voix des “vrais Français”, mais c’est lui qui sélectionne, interprète, et simplifie leurs colères pour les transformer en consentement à la peur.

Réduire la complexité sociale à un chiffre creux, c’est refuser la politique pour lui substituer une émotion dirigée : la rancune.
Le “pays réel” dont parle l’extrême droite n’existe que dans son imaginaire. Le vrai pays, lui, est pluriel, traversé de solidarités, de débats, de contradictions — tout ce que le RN méprise.

Le “front républicain” : cible stratégique du RN

L’auteur de cet article se réjouit de “l’effritement du front républicain”. Ce n’est pas anodin : depuis des années, l’extrême droite mène une offensive culturelle pour banaliser son discours et dissoudre les réflexes antifascistes.
Le RN cherche moins à gagner des élections qu’à faire perdre la mémoire. Son objectif : que voter avec lui ne paraisse plus scandaleux, que “l’interdit de la peste brune” tombe enfin.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce qu’il appelle “désunion des têtes molles” est en réalité la fragilisation du socle démocratique. Le “front républicain” n’est pas un réflexe partisan ; c’est une ligne de défense contre la haine comme principe politique. L’attaquer, c’est fragiliser l’idée même de République.

La revanche coloniale travestie en patriotisme

Au cœur de cette rhétorique se niche un autre poison : le ressentiment postcolonial.
En s’attaquant aux accords de 1968, le RN ravive le mythe d’une France “humiliée” par l’Algérie, d’une relation inégale à renverser. C’est le vieux rêve d’une revanche sur l’histoire.
Ce discours n’a rien à voir avec la souveraineté : il relève du fantasme impérial blessé.
L’Algérie y devient le miroir commode de toutes les frustrations françaises : la désindustrialisation, la précarité, la peur du déclin.
Plutôt que d’en affronter les causes structurelles, le RN préfère désigner un coupable extérieur — étranger, musulman, ancien colonisé.

Réaffirmer une autre idée de la République

Face à ce théâtre d’ombres, notre tâche militante est claire : réaffirmer une République sociale, antiraciste et universaliste.
Non pas une République du rejet, mais une République du lien.
Non pas une souveraineté du repli, mais une souveraineté du partage.

Les relations entre la France et l’Algérie sont une question politique, historique et humaine — pas une obsession identitaire. Les immigrés algériens ont contribué à construire la France contemporaine, dans les usines, les hôpitaux, les quartiers populaires. Les traiter en menace, c’est insulter notre propre histoire.

Conclusion : refuser la victoire du mensonge

Le RN n’a remporté aucune victoire politique. Il a simplement réussi à imposer son récit : celui d’un pays cerné, trahi, assiégé.
Notre réponse doit être à la hauteur : démonter ce récit, point par point, sans jamais céder à sa logique de peur.

Loin d’être un instrument de souveraineté, la dénonciation unilatérale de l’accord franco-algérien de 1968 serait, une rupture illégale, diplomatiquement risquée et politiquement inefficace, qui risquerait d’ouvrir plus de portes qu’elle n’en fermerait Ce n’est pas une France contre l’Algérie, mais une France avec tous ceux qui, d’ici et de là-bas, continuent de croire à la justice et à la fraternité.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Entre peste et choléra : droite/gauche,l’hypocrisie coloniale française face à l’Algérie

 

Introduction : La relation entre l’Algérie et la France reste l’un des points aveugles du débat politique français. À chaque alternance, certains Algériens espèrent que la gauche française représentera un partenaire plus sincère que la droite. Mais cette illusion, persistante depuis les années 1980, n’a cessé de se heurter aux faits : qu’elle soit habillée de promesses socialistes ou d’un discours républicain musclé, la politique française à l’égard de l’Algérie reste fondamentalement coloniale.

Comme l’a montré Benjamin Stora (1991), la mémoire de la guerre d’Algérie est refoulée en France, mais jamais dépassée. Ce refoulé produit une constante : une hostilité de fond, parfois brutale à droite, plus subtile à gauche, mais toujours présente. C’est cette hypocrisie structurelle que nous proposons d’analyser : une France qui ne comprend que la force, une gauche qui masque son poison derrière un peu de miel, et une diplomatie qui trahit la continuité coloniale jusque dans ses gestes symboliques.

La gauche française : le poison sous le miel : L’illusion d’une gauche française « amie » de l’Algérie a été démentie par l’histoire. François Mitterrand en est l’illustration parfaite : célébré à son arrivée au pouvoir en 1981 comme porteur d’un nouvel espoir, il n’était autre que l’ancien ministre de l’Intérieur responsable de la répression coloniale dans les années 1950. Comme le rappelle Todd Shepard (2006), la gauche au pouvoir en 1981 n’a nullement amorcé une rupture mémorielle ou politique avec l’héritage colonial.

Aujourd’hui, les postures de Jean-Luc Mélenchon ou de figures médiatisées comme Rima Hassan ne changent rien au fond : derrière un discours progressiste ou anticolonial de façade, l’Algérie reste perçue comme un objet de gestion diplomatique, non comme un partenaire égal. L’hypocrisie est constante : adoucir le ton pour mieux défendre les mêmes intérêts.

La droite et l’extrême droite, elles, n’ont pas ce souci : elles disent ouvertement leur hostilité. Mais sur le plan des politiques concrètes — migrations, commerce, diplomatie — la différence reste minime.

La France ne comprend que la force : Un constat s’impose : en 132 ans de colonisation comme depuis l’indépendance, Paris n’a jamais cédé par « gentillesse ». C’est la guerre de libération, menée par le FLN et payée au prix de centaines de milliers de morts, qui a contraint la France à partir. Comme l’écrit Mohammed Harbi (2004), « l’État colonial n’a jamais reconnu ses crimes de lui-même, il n’a reculé que devant l’échec militaire et la faillite politique ».

Aujourd’hui encore, l’Algérie ne se fait respecter que lorsqu’elle adopte une ligne dure : réduction de l’usage du français, diversification des partenariats vers la Chine, la Russie, ou la Turquie, et fermeté mémorielle. Ces gestes irritent Paris, mais c’est précisément parce qu’ils affirment la souveraineté algérienne qu’ils obligent la France à écouter.

L’histoire le rappelle : ce sont des soldats algériens qui ont libéré Marseille et la Provence en 1944, alors que l’armée française s’était effondrée en deux semaines en 1940. Dire aux Algériens « rentrez chez vous » relève donc de l’amnésie : les Algériens ne sont pas des intrus en France, ils en ont écrit une page essentielle. Ce rappel historique agit comme une arme polémique mais légitime : il déconstruit le récit d’une France « généreuse » qui aurait accueilli ses anciens colonisés, alors qu’elle leur doit sa propre survie.

Héritages coloniaux : du pillage au Sahara occidental : L’histoire coloniale n’est pas un passé clos. La France est venue en Algérie « sans visa », par la force des armes, en massacrant et pillant les ressources (Le Cour Grandmaison, 2005). Le mouvement migratoire algérien vers la France après 1962 n’a rien d’un « envahissement » : il est le prolongement direct de cette histoire coloniale, comme l’a montré Abdelmalek Sayad (1999). Les Algériens en France ne volent rien : ils travaillent, cotisent, et contribuent.

Les gestes diplomatiques récents confirment la persistance d’une logique coloniale.  Ces gestes nourrissent une conviction largement partagée en Algérie : la France n’a jamais digéré sa défaite de 1962 et continue de cultiver un imaginaire impérial. C’est pourquoi l’idée de réparations, de reconnaissance et même d’excuses publiques refont surface, non comme une provocation, mais comme une nécessité pour solder l’histoire.

Force, mémoire combattante et stratégies algériennes: L’histoire des relations franco-algériennes semble confirmer une constante : la France ne comprend et ne respecte que la force. Déjà, lors de la Révolution française, la logique de l’insurrection violente fut glorifiée comme unique voie vers l’émancipation. De la même manière, ce n’est pas la négociation mais bien la guerre de libération menée par le FLN qui a contraint Paris à quitter l’Algérie en 1962 (Shepard, 2008 ; Stora, 1991).

Ce constat structure encore aujourd’hui les choix stratégiques de l’État algérien. Face aux ambiguïtés françaises, Alger a multiplié les signaux de distanciation : réduction de l’usage du français dans l’enseignement et l’administration (Grandguillaume, 2004), ouverture diplomatique et économique vers la Chine, la Turquie, la Russie et l’Afrique subsaharienne. Loin d’être anecdotiques, ces décisions s’inscrivent dans une logique de souveraineté linguistique et géopolitique, interprétée comme la seule « langue » que Paris comprenne.

Cette dynamique résonne particulièrement avec la mémoire de la diaspora algérienne en France. Nombre de travailleurs algériens et maghrébins ont participé à la Résistance et à la Libération de la France en 1944, notamment dans les combats de Provence et de Marseille (Pervillé, 2002 ; House & MacMaster, 2006). Ces contributions, pourtant décisives, sont largement occultées par les récits nationaux français, qui préfèrent insister sur l’humiliation de la défaite de 1940 ou sur le rôle exclusif de la Résistance française. Ce refoulement mémoriel produit une contradiction criante : des Algériens ont versé leur sang pour libérer la France, alors que leurs descendants sont aujourd’hui sommés de « rentrer chez eux ».

Ainsi, la mémoire combattante des Algériens en France, conjuguée à la stratégie d’autonomisation d’Alger, dessine une leçon de réalisme politique : tant que Paris refusera de reconnaître pleinement cette histoire partagée et douloureuse, il se heurtera à une Algérie décidée à faire de la force et de l’indépendance ses principaux instruments de dialogue.

Héritages coloniaux et continuité symbolique : La conquête et la colonisation de l’Algérie par la France (1830-1962) furent marquées par une violence systématique : massacres de masse, spoliations foncières et accaparement des richesses. Les travaux de Benjamin Stora (1991), Olivier Le Cour Grandmaison (2005) et Sylvie Thénault (2012) ont montré comment l’administration coloniale mit en œuvre une politique d’expropriation, justifiée par un discours de « mission civilisatrice », mais qui reposait en réalité sur la dépossession et l’exploitation. Des villages entiers furent rasés, les terres les plus fertiles confisquées au profit des colons européens, et des générations d’Algériens réduits à l’indigénat.

C’est dans ce contexte historique qu’il faut comprendre le retournement des mobilités : alors que les colons français se sont installés en Algérie sans « visa », imposant leur présence par la force, ce sont aujourd’hui des générations d’Algériens et de Maghrébins qui vivent en France, non pas en envahisseurs mais comme travailleurs, citoyens et acteurs sociaux. Cette « inversion des flux » est perçue par certains comme une injustice, alors qu’elle illustre en réalité une logique de réciprocité historique, ce que l’anthropologue Abdelmalek Sayad (1999) appelait la « double absence » : l’immigré est à la fois produit de l’histoire coloniale et victime de son refoulement mémoriel.

Loin d’appartenir au passé, ces héritages coloniaux réapparaissent sous des formes symboliques contemporaines. La polémique récente autour d’une carte brandie par l’ambassadeur de France au Maroc — représentant un « Grand Maroc » englobant l’Ouest algérien, le Sahara occidental et la Mauritanie — révèle la persistance d’un imaginaire colonial dans la diplomatie française. Comme l’ont montré Zoubir (2010) et Mundy (2020), la question du Sahara occidental reste un terrain d’ambiguïtés où Paris oscille entre soutien à Rabat et neutralité affichée, au détriment de la reconnaissance des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce geste diplomatique, loin d’être anodin, renvoie à une continuité symbolique : la négation des frontières, la remise en cause de la souveraineté algérienne et l’aveuglement face aux traumatismes de la colonisation. Il alimente l’idée largement répandue en Algérie que, malgré les discours officiels de réconciliation, la France n’a jamais véritablement rompue avec ses réflexes impériaux.

Conclusion : La relation franco-algérienne est moins marquée par des alternances politiques que par une constante : l’incapacité de la France à rompre avec ses réflexes coloniaux. La droite assume son hostilité, la gauche la maquille sous un vernis progressiste, mais le fond demeure le même : préserver les intérêts français et nier la souveraineté algérienne.

L’Algérie, forte de son histoire, a compris que la seule voie crédible reste celle de la fermeté et de l’autonomie. La mémoire des massacres, des pillages, mais aussi de la libération de Marseille par des soldats algériens, rappelle que la relation franco-algérienne n’est pas unilatérale, mais bâtie sur une dette historique que la France refuse encore de reconnaître.

Peut-être qu’un jour, comme le suggère une ironie polémique, les héritiers de cette histoire viendront demander pardon en arabe classique, tout en assumant les réparations dues. Mais d’ici là, une certitude demeure : l’Algérie n’obtiendra rien par la supplication, seulement par la force et la fermeté.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

https://kadertahri.blogspot.com/


Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...