Ouvrons le Débat: The Voice of Kader Tahri

Gara Djebilet : la panique médiatique du Makhzen par manque de Fer !!!!!!!

Il existe une pathologie intellectuelle très particulière dans certaines sphères médiatiques du Makhzen : l’Algérie n’y est jamais analysée...

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France Télévisions et l’Algérie : le service public joue une comédie tragique

La France et l’Algérie, toujours à se croiser comme deux acteurs d’un drame mal écrit, toujours à se chercher, à se provoquer, à se décevoir. Dernier acte : France Télévisions, le bien-aimé service public, a décidé de faire disparaître du plateau les vérités trop bruyantes de Xavier Driencourt, ancien ambassadeur à Alger, sous prétexte d’un « manque de créneau horaire ». Rien que ça.

Ah, l’élégance de la censure déguisée en contrainte logistique ! Il faut avouer que le couperet sonne plus chic sous des airs de calendrier mal rempli que sous le nom plus brutal de « censure ».

En guise de compensation, la chaîne nous sert Stéphane Romatet, l’actuel ambassadeur. Pondéré, poli, calibré. La caution diplomatique qui rassure Paris, qui apaise l’ego des journalistes et qui endort le téléspectateur frileux. Quelques phrases anodines de Driencourt sur l’agent Sansal pourront peut-être glisser, histoire de faire croire que tout le monde a droit à la parole, mais la vérité, elle, est bien coincée sous le tapis de la bienséance.

Voilà le service public : entre spectacle et travestissement de l’information.

Et cerise sur le gâteau : tout cela arrive après que l’APS, l’agence de presse algérienne, a déclenché un feu nourri contre l’émission. Selon elle, Driencourt, « obsédé par l’Algérie », transforme le pays en cible médiatique, troque la rigueur journalistique contre les fantasmes les plus rances de l’extrême droite et fait de l’Algérie un fonds de commerce sensationnaliste.

L’APS ne mâche pas ses mots : France Télévisions a choisi de vendre du scandale au lieu de faire du journalisme. Et le public, lui, applaudit le feuilleton.

Mais ne nous leurrons pas : l’apaisement de Paris n’est rien d’autre qu’une mise en scène diplomatique. Derrière les communiqués policés et les interviews calibrées, la France joue sa comédie : montrer qu’elle tend la main et, si ça coince, accuser l’autre. Une mécanique vieille comme le monde, où la faiblesse devient vertu et la panique stratégie. Les téléspectateurs, eux, digèrent les titres racoleurs et le suspense fabriqué, sans voir les dossiers lourds qui continuent de dormir dans les tiroirs : le Sahara occidental, les réseaux d’influence, la question mémorielle… rien n’a bougé.

Et pendant ce temps, l’Algérie a changé d’époque. La France n’est plus la puissance tutélaire, ni le passage obligé, ni la clé de voûte de la région. L’Algérie avance, calculant ses intérêts stratégiques à long terme, déjouant le double langage et renvoyant les postures françaises dans les poubelles de l’Histoire. L’apaisement de Paris ?

Une comédie médiatique. L’Algérie, elle, avance en silence, avec méthode et patience, loin des projecteurs et des scripts racoleurs.

France Télévisions, en choisissant le confort du consensuel et la sécurité diplomatique, a montré l’étendue de sa paresse intellectuelle et morale. La vérité ? Accessoire. L’audience ? Priorité. Les buzz et scandales fabriqués ? Fondement de la programmation. Pendant ce temps, l’Algérie ne se laisse plus instrumentaliser, elle ne se laisse plus infantiliser par le double langage français. L’apaisement verbal peut parfaitement coexister avec la pression feutrée : elle ne se trompe pas.

Il faut le dire sans détour : la France est en retard d’une époque. Elle tente de réparer une relation abîmée avec des gestes théâtraux et des promesses creuses, alors que la réalité a changé. L’Algérie ne cherche pas la rupture, mais elle refuse le double langage et l’instrumentalisation de sa souveraineté pour des débats internes français. L’époque où Alger absorbait toutes les tensions pour préserver le lien est révolue. Aujourd’hui, la relation se mesure à l’aune des intérêts réciproques, froide et calculée.

Et France Télévisions continue sa tragédie : transformer un feuilleton diplomatique en spectacle de boulevard, en accumulant clichés, scandales fabriqués et rumeurs savamment montées. Driencourt absent, Romatet omniprésent : la chaîne choisit le spectacle à la vérité, la sécurité à la responsabilité. Pendant que le public regarde, l’Algérie, elle, joue sur le temps long, souveraine et lucide, sans se laisser impressionner par les plateaux, les titres et les buzz.

En somme, France Télévisions ne fait pas que trahir l’exigence journalistique : elle révèle l’ampleur du mépris pour l’intelligence critique du spectateur et de la réalité politique. Et à la fin, le spectacle se retourne contre ceux qui l’organisent. La vérité, elle, finit toujours par percer. Et quand elle surgit, la France se retrouve, comme toujours, avec ses gestes hypocrites, ses belles paroles et ses comédies diplomatiques, face à une Algérie qui a déjà changé de monde.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Justice à sens unique ? Non, les Français détenus à l’étranger ne sont pas tous des innocents

L’article récemment publié sur les Français détenus à l’étranger se présente comme un cri d’indignation patriotique : nos ressortissants seraient systématiquement victimes d’injustices, et la France serait impuissante à les protéger. Cette vision manichéenne et sensationnaliste mérite d’être dénoncée. Il est temps de rappeler une vérité simple mais inconfortable : tous les Français détenus à l’étranger ne sont pas des innocents, et peindre chacun d’entre eux comme une victime irréprochable est non seulement faux, mais dangereux pour la crédibilité de la diplomatie et de lajustice.

L’émotion ne fait pas la justice

L’article multiplie les formules chocs : « otages », « tragique étau », « conditions inhumaines ». Ces mots dramatiques ne remplacent ni les preuves ni l’analyse juridique. Il est trompeur d’assimiler systématiquement détention à injustice. La France agit régulièrement pour protéger ses citoyens – mais discrètement et avec méthode, non sous les feux des projecteurs. La dramatisation émotionnelle sert à masquer la complexité réelle des situations.

Sélection d’exemples biaisée

Boualem Sansal, Christophe Gleizes, Frédéric Pierucci : l’article utilise des exemples spectaculaires pour prétendre que la détention arbitraire est la norme. Cette méthode est trompeuse. Ce sont des exceptions, pas la règle. La majorité des Français détenus à l’étranger le sont pour des motifs sérieux et documentés. Utiliser des anecdotes médiatiques pour généraliser à tous les citoyens relève d’un biais flagrant et dangereux

La fiction de l’innocence généralisée

L’article donne l’impression que tout Français détenu à l’étranger est un martyr innocent. La réalité est autre : Certains ont effectivement été victimes de régimes autoritaires ou de détentions arbitraires. D’autres ont commis des infractions graves, économiques ou politiques, qui justifient leur arrestation selon le droit local.

Il est irresponsable de faire croire que chaque citoyen emprisonné est un héros persécuté. Cette vision flatteuse de la France et de ses ressortissants ignore la responsabilité individuelle et l’existence de Français coupables de faits sérieux à l’étranger.

La saisine automatique de l’ONU : illusion et danger

Les auteurs proposent de saisir automatiquement le GTDA de l’ONU pour chaque Français détenu. Une idée séduisante, mais naïve : Les États souverains peuvent refuser toute coopération et interpréter la démarche comme une pression politique, augmentant le risque pour le détenu. Le GTDA n’a pas de force coercitive : ses décisions sont consultatives.

Présenter cette solution comme un remède universel relève de la naïveté diplomatique. Elle ne protège pas les innocents et peut mettre en danger ceux qui ont effectivement commis des actes condamnables.

Chiffres et alarmisme : une rhétorique sans fondement

L’article affirme que 5 à 10 % des 2 300 Français détenus seraient arbitrairement emprisonnés. Ce chiffre est totalement spéculatif et sert uniquement à renforcer le sentiment d’urgence et d’injustice. Aucune preuve solide n’est avancée. Il est irresponsable de transformer des hypothèses en certitudes pour justifier une action diplomatique radicale.

Vision manichéenne et dangereuse de la diplomatie

L’article oppose « États oppresseurs » et « France inactive ». Cette simplification est fausse et dangereuse. La diplomatie repose sur le discernement, la négociation, la coopération internationale et parfois la discrétion. Imposer une vision binaire fait passer la France pour faible et naïve, tout en ignorant que certains de nos compatriotes sont responsables de leurs propres mésaventures à l’étranger.

La vérité dérangeante : tous ne sont pas victimes

L’article insiste sur la victimisation totale de nos concitoyens détenus à l’étranger, mais la réalité est différente : Certains Français sont impliqués dans des affaires économiques ou politiques sérieuses, justifiant leur détention selon le droit local. Peindre tous les détenus comme des victimes innocentes est un mensonge partiel, qui dessert à la fois la France et la cause des droits de l’homme.

Il faut défendre les Français injustement détenus, certes, mais sans ignorer la responsabilité de ceux qui ne sont pas innocents. Les exagérations de l’article alimentent le mythe d’une justice à sens unique, où le citoyen français serait toujours le bon et l’étranger toujours le méchant. C’est faux et contre-productif.

Conclusion : nuance, rigueur et responsabilité

Protéger les Français à l’étranger est une priorité légitime. Mais cela exige :

Prudence et discernement, pour distinguer victimes d’arrestations arbitraires et citoyens responsables de leurs actes.

Rigueur juridique, pour que chaque intervention diplomatique repose sur des preuves et non sur l’émotion.

Réalisme international, car la souveraineté des États et la complexité diplomatique imposent des stratégies adaptées.

L’article, sous couvert de défense des droits de l’homme, ignore volontairement la responsabilité individuelle et la complexité des affaires internationales, pour mieux construire le récit sensationnaliste d’une France passive face à des injustices universelles. Il est temps de rappeler que tous les Français détenus à l’étranger ne sont pas des innocents, et que la protection des citoyens passe avant tout par la rigueur, la nuance et le discernement, et non par des slogans simplistes et émotionnels.

Alors, aux auteurs de cet article : cessez de prétendre que tout Français détenu à l’étranger est innocent. Cessez de transformer des exceptions en règles. Cessez de dramatiser pour masquer la complexité du monde. La vérité dérangeante est simple : tous les Français détenus à l’étranger ne sont pas des innocents, et la France ne peut protéger ses citoyens que si elle agit avec intelligence, rigueur et discernement.

La justice n’attend pas les slogans. La vérité non plus.

Kader Tahri
Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »

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