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France : les enfants de la patrie n’attendent plus leur jour de gloire !

enfant de la patrie

Quand on regarde les événements récents de la France, les hauts et les bas s'enchaînent à toute allure, enfin, il y a surtout des bas. On remarque que la plupart des Français sont toujours plus exaspérés et les questions migratoires qui leur semblent être une profonde source d’angoisse. Ils sont de plus en plus en colère contre les émigrés qui, pour eux, sont les principaux responsables des maux de la France, juste un faux sujet déchirant qui n'a pas lieu d'être et qui ne va servir qu'à diviser l'ensemble de la société française, noyautées par une certaine idéologie, qui avance comme justification que tout ce qui ne va pas en France est la faute de  l'immigration et cela en est devenu nauséabond ?  Un véritable piège.

Par devoir de mémoire collective, ces immigrés n'ont pas seulement construit ou reconstruit la France, ils sont la France dans toute sa diversité et sa richesse, sans oublier que la France est le résultat de ces cultures venues d'ailleurs pour écrire son l'Histoire, surtout en ces périodes où la légitimité même des immigrations semble être l’objet d’un débat polémique. Alors, il paraît nécessaire de dénoncer le fantasme aussi malhonnête que caricatural du grand remplacement.

Comment peut-on croire encore au énième revirement des paltoquets partisans, avec un Zemmour en figure de proue, pour une montée des deux extrémités de l'échiquier politique et leur crainte de ne pas être réélu, ainsi L'immigration est devenue un problème essentiellement sociétal, il est donc complètement politique.

Ils ne reprennent sur l’immigration (Le mot  immigration a été compris par un grand nombre de français comme un synonyme d’Arabe ou noir) en l’édulcorant que le programme de l’extrémisme tout en continuant de le vilipender, mais les français aux comportements erratiques, sont morts de peur, soumis, sans convictions. Et dans le chaos qui s’annonce, ils gémiront, pleureront, et se défausseront sur l’autre (l’immigré) des malheurs qui leur arrivent. Les Français dans l'état de sidération de celui qui est sonné par une annonce tragique et n'arrive pas à comprendre ce qui lui arrive. Dans le fond, ils ne méritent que cela.

Depuis toujours, chez le Français, avec un moralisme décevant, entre mauvaise foi d’un côté et sermons moralisants de l’autre, se cache des aigreurs anciennes, des ressentiments obscurs, que nourrit un discours anti-étranger et anti-musulman  et qui rend le mal plus absolu en France, au-delà encore de la délinquance, de la drogue, et de l’islamisme, c’est raciste, ce racisme décadent  des élites intellectuelles, ce racisme qui perfuse dans la société un concentré de dévouements, ce racisme qui salit tout en nivelant par le bas et qui disperse des valeurs d’humanisme en prétendant que tout vaut tout et que tous valent tous.

Avec toute cette haine typiquement française, il est plus difficile pour les Français musulmans pratiquants de se sentir respectés, acceptés et donc de se sentir pleinement citoyens de ce pays qui se crée une crise de l’Islam au lieu de l’exacerber, les normes françaises en matière de liberté religieuse doivent être hissées afin que davantage de musulmans puissent réellement bénéficier de la liberté, cela les encouragerait à briser définitivement la vision coercitive de l’islam. Ce racisme des pseudos-démocrates qui détestent tant que les opinions contraires aux leurs et qui ne rêvent que de couper les têtes qui dépassent de la doxa. Toujours au motif de la suprématie raciale, cet angle diabolisant devenu un cri de ralliement pour les identitaires, en répétant les mêmes vieux poncifs de la bien-pensance sur l’immigration de masse ! Toujours cette obsession identitaire, cette panique nationaliste et cette peur d’un métissage qui ruinerait la pureté de, je ne sais trop quelle race.

La haine de l'autre, de ces méchants émigrés, devient alors la vertu, et le respect humain pour ces méchants déclarés devient la haine, c'est le procédé de toutes les idéologies de haine de l'histoire, faire de l'autre le méchant pour justifier la haine qu'on lui porte.

Les Français ont toujours cru, qu’ils allaient exporter leur culture, leurs valeurs et leur mode de vie à travers le monde. Or, on se rend compte que beaucoup de populations, à l’exemple du Maghreb et de l’Afrique, ne veulent pas s’européaniser et préfèrent conserver leur particularisme, leur histoire, leur culture. Je pense cependant qu’il faut s’en réjouir, car cela a conduit à des ingérences (coloniales) avec but d'aliéner, d’asservir puis de détruire. La France n’est plus rien sur le plan international et les peuples d’Afrique et du Maghreb   au fil de l’histoire se sont toujours débarrassés en temps de ceux qui venaient leur faire de la morale et s’enrichir sur leur dos.

À force de lire des médias, qui sont des instruments de propagande du pouvoir, les français y croient. C’est un fantasme, pourtant dans les faits, le français moyen peut constater que le pacte républicain est brisé. Une justice politisée au service des délinquants plutôt qu’aux citoyens, une  police encore moins vénérable, une éducation nationale avec la théorie du genre au fond de l'abîme. L'hôpital et la santé publique en général croulent sous la bureaucratie et la pénurie chronique de personnels soignants.

Ce qui fait florès en France, c’est bien les harpies du féminisme qui soulève l'acrimonie (dans la théorie du genre, le prosélytisme LGBT à l'école, le mariage et l'adoption homosexuel, la déconstruction de tout, l’abolition des réalités biologiques, etc.) par des revendications et s'inventent des combats, pour avoir le sentiment d'exister au lieu de vivre sereinement, leurs nouvelles luttes sur le droit à l’adultère ou encore que les hommes aussi pourront être enceinte, Il semble que ce soit désormais possible, puisque le planning familial le dit : il y a des hommes avec utérus.

Sur le plan politique, c'est l'insécurité croissante, les déficits persistants de la balance commerciale et un surendettement explosif, le désintérêt persistant des gouvernants pour le rétablissement de l'état de droit sur les manifestations. Ces facteurs justifient et amplifient la réalité de la décrépitude. La flagornerie revient à une méthode politique toujours plus infantilisante qui ne fait que masquer les difficultés internes toujours négligées.  Les médias à la solde d'un pouvoir corrompu font tout pour que cela se voie le moins possible, qu'ils profitent.

Le Chômage, un fléau de société, un problème de fond que la France plafonne à des plus 7% de chômeurs là où les autres pays sont à plus de 3%, malgré tous les secteurs où les entreprises ont du mal à trouver du personnel qualifié pour certaines tâches, voire encore plus grave pour des taches sans qualifications importantes, c’est vrai, la France dédommage plutôt bien et assez longtemps le chômage.

Plus que 5 millions de personnes sans travail en France.

Par ailleurs, l’Insee estime qu’il y a plus 2 millions de personnes en situation de grande pauvreté en France. Parmi elles, on trouve notamment les 300 000 personnes sans domicile fixe (SDF) que compte la France, d’après la Fondation Abbé Pierre.

Selon un sondage Opinionway, plus d'un tiers des 18 à 34 ans envisageraient un départ à l'étranger. « L'ampleur du chômage, et notamment celui des jeunes, constitue l'une des explications les plus plausibles à cette accélération soudaine d'expatriation des jeunes qualifiés. »

Constat qui résume et explique l'état du pays : la grande majorité des Français a la mentalité d’assisté, ne sont intéressés que par leurs consommations. Ils s’ironisent totalement de ce que devient le pays à partir du moment où ils sont assurés de trouver leurs grandes surfaces dans lesquelles ils se complaisent à acheter tant et plus, mais surtout au meilleur prix. Les politiciens n'ont aucun souci à se faire puisqu'ils protègent leur électorat avec l'éducation nationale, les hôpitaux et la médiocrité, au bout du tunnel, en utilisant toutes les arguties, les arguments, les règlements, les coups tordus possibles. Que les français ont été bercés par des allocations, des indemnisés en tout genre et n'envisagent même plus de prendre de risque et qu'ils s'endorment lentement bercés par ce doux refrain que les pouvoirs maintiennent et interdisent de contrarier et en achetant massivement la paix sociale à crédit. 

Un phénomène qui prend de l'ampleur et qui devient récurent sous le terme spécifique d’expatriés (au lieu d’émigrés) des français partent pour diverses raisons, et bien sur d'autres émigrés arrivent pour les remplacer. Des milliers de Français s’expatrient chaque année Les expatriés sont donc Français angoissés, 93 % se déclarent satisfaits de leur expatriation.

Cette satisfaction se manifeste notamment dans l’écart entre la durée d’expatriation initialement prévue et la durée d’expatriation effective. "Les répondants déclarent qu’ils prévoyaient de rester sept ans en moyenne dans leur pays d’accueil, mais au moment de l’enquête, ils y sont déjà depuis 20 ans en moyenne", remarque L’Observatoire de l’expatriation.

Par ailleurs,  de plus en plus de retraités ont fait le choix de s’installer à l’étranger pour y vivre leur retraite. Les raisons qui les ont incités à s’exiler sont nombreuses : discrimination et stigmatisation liées à l’âge (voir notamment l’attitude infantilisante et discriminatoire du gouvernement à l’égard des seniors lors de la crise sanitaire de la Covid-19), érosion du pouvoir d’achat, manque de respect et de considération, fracture générationnelle, …

Les retraités s’expatrient pour un pays plus chaud que la France (Grèce, Portugal, Maroc, Tunisie, Thaïlande, …), pour une meilleure qualité de vie et un meilleur pouvoir d’achat grâce à une fiscalité plus avantageuse.

La France est devenue un pays miné par l’insécurité et paralysé par la bureaucratie et la fiscalité. La France a aussi changé du fait un pays qui prend feu, au sens propre comme au sens figuré, qui pourrait être un marronnier, confirme l'importance de l'insécurité, de l'immigration incontrôlée, de l'effondrement de ses valeurs, du racket fiscal et social, ainsi que de l’ombrage sociale.

La crise migratoire n’est pas une fatalité, les pouvoirs successifs, surtout le dernier ont souhaité et permis cette invasion, sinon il aurait déjà mis un terme à ce fléau en arrêtant les ONG et passeurs qui y trouvent leurs intérêts !  

Cependant il faut saisir que l'insécurité n’est pas complètement liée à l'immigration, la perte culturelle de la France n’est pas lié à une immigration incompatible avec cette dernière. L’individualisme forcené a pris le pas et permettra que la chute de ce pays arrive, pour le plus grand bonheur des racistes.

C'est la première fois de son histoire, que les Français doivent fuir leur propre pays. Dans un article intitulé «La fuite des cerveaux : septième frein à l’entreprise » publié en mars 2021, Claude Goudron du Cercle Frédéric Bastiat indique que « la France est le deuxième pays le plus touché au monde par la fuite de ses cerveaux, elle a un solde négatif de 130 000 alors que les Allemands ont un solde positif de 374 000 ! Le nombre de jeunes diplômés partant à l’étranger, estimés à 80 000 par an, a doublé ces dix dernières années !».

Ces données chiffrées sont inquiétantes. Elle confirme, comme l’écrit le Conseil d’analyse économique, que la France « parvient moins bien que d’autres pays à retenir ses étudiants étrangers » après leur diplôme, elle ne suscite que très peu d’intérêt auprès de l’élite intellectuelle française, à cause non seulement de son système fiscal, mais notamment pour l’absence de reconnaissance des mérites. Claude Goudron en conclut que « nous pourrions comparer la France à un pays sous-développé qui, faute de débouchés correctement rémunérés, inciterait ses ressortissants à émigrer sous de meilleurs cieux ».

Ces départs sont le signe visible d’un déclin du monde français, et résultent essentiellement du fait que les français eux-mêmes se désoccidentalisent.

La Dame France, avec ces dirigeants politiques, ses médias et ses sinistres polémistes, artisans de la division et de la haine, souscrit fortement à ces billevesées, ainsi, nous méprisons cette hypocrisie, ces indignations calculées,  qui aujourd’hui, dans ces organes de presse se font plaisir avec des clichés déformés,  et toutes ces déclarations et actions en la matière sont donc purement racistes, et visent principalement à tenter de faire oublier les très longues années de colonisations et de spoliations et dépouillement des richesses des colonies.  

L’immigration, où je dirais les musulmans de France, ont largement eu le temps de constater, durant ces deux dernières années, à quoi ressemble une société de l’inclusion, du vivre ensemble et de l’égalité, une société qui érige le « droit à la différence » comme repère d’une civilisation occidentale, c’est dire d’une population vidée de sa matière par un lavage de cerveau continu, qui les fait maintenir dans un monde virtuel, le reste du monde, en gros 80% de l'humanité, regarde ce monde occidental de plus en plus avec une immense perplexité

Je ne méprise pas La France, je n'ai simplement aucune fascination ou admiration particulière pour elle, en tant qu’Algérien, j’estime que nous avons en nous-mêmes, dans notre Histoire, dans notre civilisation Islamique, toutes les ressources, y compris sociales et spirituelles, pour nous régénérer.

Pour conclure et être plus clair, je donne tort à la France dont sa relation avec l’Algérie par manque de maintien, de tenue et surtout pour un orgueil colonial versé dans l’obscénité. La suprématie de cette civilisation en voie de pourrissement et son lot de valeurs inversées se trouvent, pour la première fois, frontalement contestées.

La France, n’est-elle pas la patrie autoproclamée des droits de l’Homme ?

On aimerait bien qu’elle s’occupe un peu moins des droits de l’Homme des autres  et qu’elle se préoccupe un peu plus sur le sort des siens.

Les enfants de la Patrie n’attendent plus leur jour de gloire !

Après ça, des journalistes et auteurs chéris, nous parlent de la méchante Algérie  anti-démocrate, certains ne font que répéter ce qu’ils estiment être la chose à dire pour garder l’emploi et la position sociale, voire être promus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

 

Quand la laïcité devient instrument de chasse aux bouts de tissu : l’absurde suspension d’une infirmière à l’AP-HP

Hopital / Islam

À l’AP-HP, on ne plaisante plus avec les couvre-chefs, l’absurde suspension d’une Infirmière !

On croyait avoir tout vu en matière d’application bureaucratique de la laïcité. Et pourtant, l’affaire M.B, infirmière à la Pitié Salpêtrière suspendue huit mois pour avoir porté un calot chirurgical, atteint un sommet d’absurdité. Oui, un simple calot, cet outil hygiénique indispensable pour protéger patients et personnel, a été interprété comme un signe religieux détourné. Le prétexte : “tout signe peut devenir religieux par la volonté de celui qui le porte et ainsi être considéré comme un ‘signe religieux par destination’.” Traduction : même un bout de tissu destiné à couvrir les cheveux au bloc opératoire peut déclencher un procès pour infraction à la laïcité.

Il ne s’agit pas seulement d’une sanction disproportionnée ; c’est une illustration parfaite de ce que devient la laïcité lorsqu’elle est instrumentalisée. Loin de protéger le service public et la neutralité de l’État, elle se transforme en arme contre les pratiques perçues comme musulmanes, et en contrôle obsessionnel du corps et de l’apparence des femmes.

Majdouline B n’a jamais revendiqué d’appartenance religieuse. Elle avait signé la charte de laïcité lors de son embauche et travaillait depuis cinq ans sans problème. Rien n’y fait : sa direction interprète son calot comme un voile “détourné”. Il n’y a aucun impact sur ses fonctions, aucune gêne technique, aucune atteinte à la sécurité des patients. Pourtant, la sanction tombe. Suspension huit mois. L’excès de zèle bureaucratique prend le pas sur le bon sens et la mission première d’un hôpital : soigner.

Ce cas soulève un paradoxe fondamental et inquiétant : dans les hôpitaux publics, le personnel doit être “purifié” de tout signe vestimentaire susceptible d’être interprété comme religieux, tandis que les patient·es restent libres de circuler voilé·es. Dans les hôpitaux privés ou confessionnels, une sœur catholique ou une musulmane peut porter sa coiffe sans problème. Le bon sens et la cohérence disparaissent, remplacés par une obsession du contrôle et de l’apparence.

On pourrait presque en rire si ce n’était tragique. L’absurdité de la situation rappelle les comédies de Louis de Funès : le maréchal des logis Cruchot traque les nudistes sur la plage, et aujourd’hui, des “experts” administratifs semblent vouloir scruter chaque centimètre carré de tissu porté par les infirmières. Bientôt, faudra-t-il mesurer la longueur des manches ou l’ombre d’un bracelet pour juger de la neutralité de l’État ?

Cette dérive illustre une tendance dangereuse : l’instrumentalisation de la laïcité pour contrôler, surveiller et stigmatiser l’islam. La neutralité du service public est invoquée, mais l’application révèle un biais idéologique évident. Alors que le calot est un outil de travail parfaitement neutre, il devient le symbole d’une “islamisation” fantasmée à combattre.

Au-delà du ridicule, il y a une dimension profondément injuste et discriminatoire. La jurisprudence administrative et la Cour européenne des droits de l’homme permettent la neutralité dans le service public, mais le cas présent montre qu’une interprétation extrême peut transformer ce principe protecteur en machine de contrôle des corps et des croyances. Ce n’est plus la laïcité : c’est une chasse aux sorcières version moderne, avec comme victimes principales les femmes musulmanes.

Enfin, l’impact social est réel : stigmatisation, sentiment d’exclusion, et renforcement de la suspicion envers une communauté entière. Alors qu’on aurait besoin de cohésion et de dialogue, l’administration choisit la confrontation et le contrôle vestimentaire. La sécurité sanitaire et la qualité des soins passent au second plan, remplacées par une obsession bureaucratique qui frôle le ridicule et l’injuste.

En résumé : suspendre une infirmière pour un calot, c’est perdre le sens des priorités. C’est transformer la République en théâtre de l’absurde où l’idéologie prime sur le soin, et où les patient·es, pourtant au cœur de la mission publique, n’ont plus rien à voir avec la neutralité administrative. C’est, en un mot, la caricature même de la laïcité instrumentalisée.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Martine à Alger : indignation identitaire d’un vieux réflexe colonial :

La visite de Ségolène Royal en Algérie a déclenché une tempête de dénonciations dans une partie de la presse de droite radicalisée. À les lire, l’ancienne ministre n’aurait pas dialogué : elle se serait soumise. Derrière cette fureur morale, une mécanique bien rodée : disqualifier toute parole qui refuse la posture de domination, criminaliser la mémoire coloniale, et maquiller la nostalgie impériale en fermeté républicaine.

Une colère pavlovienne : Il aura suffi que Ségolène Royal mette un pied à Alger sans discours martial, sans ultimatum, sans coups de menton, pour que certaines plumes dégainent l’artillerie lourde. Le vocabulaire est connu : soumission, trahison, intelligence avec l’ennemi. Rien de neuf. Une colère pavlovienne, réflexe conditionné d’un camp qui confond encore diplomatie et rapport de force, dialogue et capitulation.

Car ce qui est reproché à Ségolène Royal n’est pas tant ce qu’elle a dit que ce qu’elle a refusé d’incarner : la France offensée, blessée, donneuse de leçons, sommée de rappeler à l’Algérie sa place dans un imaginaire post-impérial jamais digéré.

“Repentance” : le mot qui évite de penser : Le mot est brandi comme une menace existentielle : repentance. Mot-épouvantail, mot-bâillon. Il permet d’évacuer toute discussion sérieuse sur l’histoire coloniale en la réduisant à une posture morale excessive, presque pathologique. Comme si reconnaître une violence passée revenait à dissoudre la nation dans la culpabilité.

Cette obsession trahit surtout une angoisse identitaire profonde : celle d’une France qui ne serait plus seule à écrire le récit, à distribuer les rôles, à fixer le sens de l’Histoire. Or une démocratie adulte ne s’effondre pas lorsqu’elle regarde son passé en face. Elle s’affaiblit, en revanche, lorsqu’elle transforme l’amnésie en dogme.

Le journaliste comme pièce à conviction : L’emprisonnement du journaliste Christophe Gleizes est grave. Il appelle une mobilisation constante et ferme. Mais son nom est ici utilisé comme un instrument de mise à l’épreuve idéologique. Non pour défendre la liberté de la presse, mais pour jauger la loyauté nationale de celle qui parle.

Cette instrumentalisation est révélatrice : les droits humains ne sont invoqués que lorsqu’ils servent une narration préexistante. L’indignation devient conditionnelle, stratégique, sélective. Le journaliste cesse d’être un sujet de droit pour devenir un argument de disqualification.

La souveraineté des autres, toujours suspecte : La contradiction est flagrante : ceux qui invoquent la souveraineté française à tout propos s’irritent dès qu’une autre nation affirme la sienne. La souveraineté algérienne devient alors provocation, affront, presque insulte. Comme si l’égalité entre États restait, dans certains esprits, une concession douloureuse.

C’est ici que ressurgit le vieux logiciel colonial : si la France ne domine pas, elle serait dominée. Il n’existe pas de relation horizontale, seulement des rapports de force. Cette vision empêche toute diplomatie mature et condamne la relation franco-algérienne à l’éternel ressentiment.

“Mélenchonisation” : le cache-misère idéologique Faute d’arguments solides, on invoque l’incantation magique : mélenchonisation. Tout devient contamination. Plus besoin d’analyser, de contextualiser, de débattre. On colle une étiquette et l’affaire est classée.

Cette stratégie n’est pas une critique politique : c’est un renoncement intellectuel. Elle dit moins quelque chose de Ségolène Royal que de l’incapacité de ses détracteurs à penser un monde où la gauche ne serait pas réduite à une caricature commode.

L’humanisme à géométrie variable : La morale brandie en fin de parcours achève de dévoiler le double standard. On se découvre soudain une compassion sélective pour certaines victimes, tout en soupçonnant d’illégitimité celles qui ne cadrent pas avec le récit dominant. Certaines souffrances seraient plus respectables que d’autres, moins “compatibles”, trop chargées politiquement. Ce n’est pas une incohérence : c’est une ligne idéologique. L’universalisme proclamé se dissout dès qu’il devient inconfortable.

Ce que cette fureur dit vraiment : Cette polémique ne parle pas de Ségolène Royal. Elle révèle une crispation plus large : celle d’un camp qui confond autorité et nostalgie, fermeté et ressentiment, grandeur et déni historique. Une France rêvée, figée, qui refuse d’admettre que le monde ne gravite plus autour d’elle.

La brûlure est là. Elle est lente, certes, mais nécessaire. Car ce qui est en jeu n’est pas une visite diplomatique, mais la capacité collective à sortir enfin d’un imaginaire de domination pour entrer dans une relation adulte avec l’histoire et avec les autres.

Le délire comme politique étrangère : Certains ont au moins le mérite de la franchise. Puisque reconnaître la souveraineté algérienne serait une offense, autant aller jusqu’au bout : tout rompre, tout couper, tout fermer, tout expulser. Plus de soins, plus d’accords, plus de relations. Des corps largués au large, des manœuvres militaires pour se rassurer, des lieux de culte recyclés selon une géographie ethnique plus confortable. Le fantasme est clair : une diplomatie de la punition, une géopolitique du règlement de comptes, une République rêvée comme une zone de représailles permanentes.

Ce catalogue n’est pas un excès de colère. C’est un programme imaginaire, cohérent dans sa brutalité, où l’on confond souveraineté et vengeance, fermeté et humiliation collective. Une politique étrangère pensée comme une expulsion généralisée, où l’histoire sert de prétexte à l’épuration symbolique et la mémoire de carburant à la rage.

À ce stade, il ne s’agit plus de défendre la France, mais de la rabougrir. La réduire à un réflexe. À une crispation. À une nostalgie militarisée incapable de penser le monde autrement que comme une liste d’ennemis à éloigner, de frontières à fermer, de comptes à solder.

Car enfin, quel aveu plus accablant que celui-ci : pour certains, la souveraineté des autres est si insupportable qu’elle appelle la rupture totale, la démonstration de force, le fantasme disciplinaire. Comme si l’égalité entre États était une menace existentielle. Comme si parler à l’Algérie revenait déjà à capituler.

Face à ce délire froid, reconnaître la souveraineté d’un pays même conflictuel, même difficile  n’est pas une faiblesse. C’est le dernier rempart contre la farce autoritaire. Car à force de vouloir humilier l’autre, on finit toujours par défigurer ce que l’on prétend sauver.

La brûlure, ici, n’est plus seulement historique. Elle est politique. Et elle révèle une vérité simple : ce qui effraie tant ces indignations furieuses, ce n’est pas l’Algérie. C’est l’idée qu’un jour, peut-être, la France n’aura plus le monopole du récit  ni celui de la colère légitime.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Ségolène Royal et la diplomatie qui fait transpirer l’extrême droite :

Ah, voilà qu’on tremble à Paris ! Ségolène Royal ose franchir la Méditerranée, s’asseoir face au président Tebboune et parler… de respect. Le crime est atroce : elle parle aux Algériens comme à des adultes. Dans les pages cirées de certaines presses de l’extrême droite, cette incursion diplomatique est une hérésie. Comment une femme peut-elle « s’improviser médiatrice » sans se dorer le blason au ministère officiel ? Quelle audace ! Quelle inconscience !

L’extrême droite française a immédiatement sorti ses mouchoirs et son arsenal d’injures feutrées : Royal « ne connaît pas les dossiers », « joue à la ministre », « oublie les sujets sensibles ». Sous-entendu : le dialogue, le respect mutuel, la mémoire, c’est bien joli pour les réunions mondaines, mais ça ne rentre pas dans le moule de la haine identitaire et du nationalisme malodorant.

Leur chef-d’œuvre journalistique consiste à transformer le courage en ridicule. Le dossier sur les essais nucléaires ? « Terrain mémoriel », ricanent-ils, comme si réparer les dommages et restituer la mémoire d’un peuple était un passe-temps frivole. La diplomatie personnelle ? Une offense à la grandeur supposée de la France… surtout quand elle rappelle que la souveraineté des autres pays n’est pas un concept optionnel.

C’est fascinant à observer : pour l’extrême droite, tout geste qui dépasse le cadre étroit de la rancune postcoloniale est un danger. Respecter l’Algérie ? Inadmissible. Transmettre des archives historiques ? Scandale. Tenter de reconstruire une relation franco-algérienne pour les jeunes générations ? Crime de lèse-nationalisme.

En réalité, ce que l’extrême droite redoute, ce n’est pas l’incompétence de Royal. C’est l’intelligence du geste : tendre la main, parler d’histoire, faire face aux blessures sans se vautrer dans la haine.

 Et ça, mes amis, ça brûle.

 Ça brûle lentement, comme une braise sous la langue, car ça démontre que le vrai courage ne se mesure pas à la hauteur d’un tweet ou à l’aplomb des slogans haineux.

Alors oui, Ségolène Royal est peut-être « seule » dans ce voyage diplomatique, mais elle a au moins le mérite de ne pas rester assise à Paris, à regarder le monde à travers la lorgnette de la peur et du ressentiment. Elle ose parler aux vivants, à l’histoire, au respect.

Et pour cela, qu’ils crient, qu’ils s’indignent ou qu’ils ricanent,  nous, Algériens et citoyens lambda  nous applaudirons.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 Réponse citoyenne à la presse française de l’extrême droite :

https://www.lejdd.fr/International/algerie-segolene-royal-appelle-au-respect-envers-tebboune-166297

 

France 2026 : les diasporas ont remplacé Dupont-Lajoie et Zemmour le très Français :

On croyait que le racisme était l’affaire exclusive de l’oncle franchouillard et du béret basque ? Surprise : il a changé de visage. Il est né avec les diasporas, il circule sur les réseaux, il se dispute sur les terrains de foot, et il se nourrit de l’histoire qu’on lui sert pour le rendre spectaculaire.

Ah ! La France contemporaine : pays des Lumières, des droits de l’homme et… de la panique multiraciale dès qu’un ballon touche le filet. La finale de la CAN 2026, Maroc contre Sénégal, a été la petite étincelle, et voilà que les réseaux sociaux se transforment en arène de gladiateurs numériques : insultes, menaces, invectives raciales. « Animaux », « macaques », « bougnoules », « esclaves »… Et tout cela en France, pays qui, officiellement, n’a rien à voir avec ce match. Démonstration : le racisme n’a plus de frontières, ni de logique, ni de chronologie.

Le texte français nous explique doctement que les diasporas ont importé le racisme. L’argument est charmant : l’Europe aurait accueilli des populations diverses, et voilà que la société française se transforme en Théâtre de la haine universelle. Les mauvais coupables sont déjà identifiés : pas Dupont-Lajoie, pas le petit Blanc de province, pas le Zemmour de souche non, c’est le jeune Maghrébin, l’Africain francophone, le descendant de l’Afrique subsaharienne. Tout un monde à criminaliser, un écosystème d’ethnies et de croyances à cataloguer, classer, punir… pour l’exemple.

Et puis, bien sûr, il faut sortir l’artillerie lourde de la morale historique. Treize siècles de traite arabo-musulmane, 17 millions de victimes noires, Zanzibar en flammes, esclavage, mutilations. On sert ça aux adolescents marocains et sénégalais nés en France comme un menu dégustation de culpabilité. Histoire, sociologie, football et réseaux sociaux fusionnent dans un cocktail explosif, que la France bien-pensante avale comme du petit lait. Les jeunes insulaires du web ne font que reproduire… mais attention : ce n’est jamais de la responsabilité occidentale, oh non. La faute est toujours ailleurs.

Le pompon arrive avec l’islam, censé transcender tout. Le roi du Maroc, descendant du Prophète, et les soufis sénégalais sont là pour rappeler que la spiritualité existe… mais la magie échoue : l’unité des croyants n’a jamais suffi à contenir la haine raciale. Étonnant, non ? Peut-être que la religion n’a jamais été un manuel de bonnes manières pour le football, ni un antidote aux frustrations sportives.

Le festival continue : les médias français dénoncent les insultes comme si elles étaient des catastrophes nationales, mais passent sous silence le fait que la société a toujours été un chaos organisé. Turcs contre Arméniens, Maghrébins contre Africains, Roms contre tout le monde… La France multiraciale n’a pas inventé le racisme ; elle l’a importé, remixé, digitalisé et décoré avec des hashtags.

Et la touche finale : Emmanuel Macron et ses diasporas heureuses. France 2026 : première diaspora subsaharienne d’Europe, première diaspora maghrébine, première diaspora musulmane… Bravo ! Et maintenant ? On se félicite des records, on distribue des prix moraux et on s’étonne que les jeunes se répondent avec des insultes vieilles de plusieurs siècles. Bienvenue dans la France de l’ironie historique : pays qui accueille et condamne, félicite et accuse, admet et nie, tout à la fois.

Le résultat est limpide : la France contemporaine, celle de la bien-pensance et de l’indignation calibrée, a créé son propre monstre. Le racisme n’est plus ce vieux blanc grognon au repas de Noël ; il a migré, il a appris à tweeter, il connaît les dérives historiques et s’exprime avec style. Il est devenu un feu diffus, multiforme, implacable, qui consume le texte officiel français lui-même avant que vous n’ayez le temps de lever le doigt.

Alors rions, jaune, bien sûr. Rions de ces moralistes qui nous expliquent que la haine est importée, calibrée et visible seulement quand elle touche des communautés qu’ils peuvent pointer du doigt. Rions de cette France qui veut être universelle tout en enfermant ses habitants dans des cages ethniques. Rions… mais brûlons en silence, car le feu est bien réel. Il couve dans les diasporas, dans l’histoire et dans le regard de ceux qui, chaque jour, doivent naviguer entre la réalité sociale et le fantasme moralisateur.

Bienvenue dans la France 2026 : multiraciale, multiraciste et magistralement absurde.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet

« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   https://kadertahri.blogspot.com/

 

 



 

La France selon eux : un peuple empaillé, une peur vivante

Quand l’extrême droite ne débat plus, elle délire et appelle cela lucidité.

Ils parlent d’aveu. En réalité, ils confessent avec vision manichéenne et paranoïaque.
Confession d’un imaginaire en ruine, d’une démocratie tolérée tant qu’elle ne change rien, d’un peuple acceptable seulement s’il reste conforme à la photo jaunie qu’ils en ont gardée.

Le « scandale » Mélenchon n’est qu’un prétexte. Une phrase sortie de son contexte, recodée idéologiquement, puis livrée à la meute. La « Nouvelle France » devient aussitôt une France illégitime, étrangère à elle-même, coupable d’exister autrement. Ce n’est pas une analyse politique : c’est un réflexe identitaire de panique.

Tocqueville est invoqué, comme toujours, pour la décoration. Mais sitôt cité, il est trahi. Lui parlait du renouvellement démocratique ; eux n’entendent que remplacement biologique. Là où Tocqueville pensait citoyens, ils ne savent compter que des corps. La démocratie, chez eux, est acceptable à condition d’être immobile.

Le reste est une litanie obsessionnelle. Immigration égale islam. Démographie égale islam. Europe égale islam. Silence de Macron égale complicité. Le mot devient un fourre-tout, une menace abstraite, un bruit de fond anxiogène destiné à dispenser de toute pensée. Aucun chiffre, aucun mécanisme, aucune temporalité : seulement la peur, répétée jusqu’à saturation.

Même Donald Trump, caricaturé en fou dangereux quand il s’agit de l’Amérique, est soudain recyclé en prophète clairvoyant dès qu’il parle d’Europe. L’anti-américanisme s’efface aussitôt qu’il confirme leurs obsessions. La cohérence n’est pas une valeur : seule compte la validation du fantasme.

Quant au « grand remplacement », le masque est tombé. Hier nié, aujourd’hui revendiqué. Ce n’est plus une hypothèse, mais un dogme. Plus besoin de prouver : on affirme. Plus besoin de convaincre : on martèle. Ce n’est plus une thèse politique, c’est un récit de fin du monde, imperméable au réel.

Et puis vient la phrase de trop — celle qui dit tout. Le « parti de l’étranger ». Les « traîtres ». L’« entrisme ». Nous n’y sommes plus dans le débat démocratique, mais dans la désignation morale. L’adversaire n’est plus un citoyen, c’est une menace intérieure. Ce vocabulaire n’a rien d’innocent : il est l’empreinte de toutes les droites autoritaires quand elles sentent que le monde leur échappe.

Ils parlent de chemin de Damas. Mais encore faudrait-il accepter la chute, le renoncement, la remise en question. Or ils ne descendent pas de cheval : ils tournent en rond, persuadés que l’histoire les agresse parce qu’elle continue sans eux.

La France n’est pas en train de disparaître. Elle change, comme elle l’a toujours fait. Ce qui se délite, en revanche, c’est une vision mortifère du politique, incapable d’aimer un peuple réel, vivant, contradictoire.
Alors ils préfèrent un peuple figé. Empaillé. Silencieux. Un peuple mort — mais rassurant.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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CAN 2026 : le marocain se découvre avec collège des fadaises et autocongratulation :


Ah, la CAN 2026 ! Moment sacré où le football africain devient, pour certains chroniqueurs marocains, un laboratoire de la civilisation, une leçon d’anthropologie et un style anxiogène et dramatique… une tribune pour fustiger l’Algérie. Rien que ça. Oui, pendant que le ballon roule, que les stades brillent et que les supporters vibrent, certains se transforment en moralistes d’opérette, distribuant des diagnostics de santé mentale à un État entier.

Répétons-le : « des asiles psychiatriques pour État n’existent pas encore », mais selon notre observateur, l’Algérie devrait y figurer en tête de liste. Les Algériens ? Malades. Le régime ? Obscène. Et tout cela sur fond de football. Les mots sont lourds, emphatiques, mais la logique, elle, est restée au vestiaire. Le chroniqueur se croit poète et analyste, il est surtout un collégien de la rhétorique, jouant à l’universitaire avec ses clichés.

Chaque anecdote devient un sermon : le penalty manqué de Brahim Diaz, les vidéos « indécentes » envoyées par des amis sénégalais, la violence physique sur le terrain… Tout est transformé en preuve que l’Afrique et l’Algérie sont foncièrement irrationnelles, incapables de fair-play, et bien sûr, jalouses du Maroc. Le foot n’est plus un sport, c’est une leçon de morale à l’emporte-pièce, un théâtre où la supposée supériorité marocaine se pavane au détriment des voisins.

Et puis, ce bijou : « Nous avons été et nous sommes au-delà du football ». Oui, bien sûr. Au-delà du football ? Non, au-delà du ridicule. Le texte se prend pour un traité philosophique sur la nature humaine, mais il n’est qu’un enchaînement de jugements collectifs et de stéréotypes, emballés dans des phrases qui sentent la suffisance. Le vrai spectateur retient surtout que le chroniqueur a confondu la CAN avec le collège des fadaises appliquées.

La répétition des clichés, les attaques ad hominem contre les Algériens et la glorification constante du Maroc ne sont pas seulement agaçantes, elles sont comiques. On dirait un feuilleton moral à épisodes: «Aujourd’hui, le Maroc brille, demain, le voisin malade mental».

Le style prétend « réflexif », le fond est une succession de platitudes et de jugements gratuits. Le sarcasme involontaire de ce texte est si dense qu’il en devient littéralement savoureux pour le lecteur critique.

Ironie finale : ce texte se veut magistral, profond, réfléchi, au ton auto-congratulant. Il n’est que panache sans substance, autocongratulation sans éclat, pamphlet sans logique, un ballon gonflé de suffisance qui éclate dès qu’on le touche. Et nous, lecteurs, restons là, mi-amusés, mi-éberlués, devant ce feu d’artifice verbal : la rhétorique peut brûler mais ici, elle n’a même pas allumé une étincelle.

La morale ? Entre un match de football et un bulletin de collège, il y a un monde. Certains chroniqueurs marocains en bons sujets de Palais, l’ont franchi pour se vautrer dans le ridicule et traiter les Algériens de fous. Merci pour le spectacle : la plume est acérée, mais la cervelle est restée au vestiaire.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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La Marque du Makhzen : en TGV vers le stade, à pied vers l’hôpital !!!

Ils ont  voulu vendre du football. Ils ont livré une démonstration de pouvoir.
Car cette CAN n’était pas un tournoi : c’était un communiqué politique en crampons, un communiqué filmé en 4K, sponsorisé par l’illusion collective et emballé dans le drapeau.

Depuis 1976, le Maroc attendait une coupe. Presque cinquante ans d’abstinence footballistique, une éternité pour un pays qui a compris très tôt que le sport est l’opium moderne, plus efficace que la religion quand il s’agit d’endormir les colères. Depuis Doha 2022, où les Lions de l’Atlas avaient fait trébucher l’Espagne et le Portugal, ces vieilles puissances coloniales qu’on adore battre à la loyale quand l’histoire ne le permet plus, le récit était prêt. Il ne manquait plus que le décor. On l’a monté à Rabat.

La CAN 2025 n’a pas été pensée pour être gagnée. Elle a été pensée pour être vue.
Vue, admirée, partagée, likée. Une répétition générale pour 2030, ce Mondial attribué au Maroc, à l’Espagne et au Portugal comme on attribue un brevet de respectabilité géopolitique. Le football comme visa diplomatique. Le stade comme carte de visite.

L’art de gouverner par l’image : emballage premium

Trente caméras pour filmer une finale. Trente. Comme si un mauvais angle pouvait faire s’effondrer le récit. Tout devait briller : les hôtels, les pelouses, les trains à grande vitesse, les gares, les façades. Le Maroc s’est offert un clip promotionnel de plusieurs milliards, diffusé sur toute la planète, avec figurants africains, stars internationales et figurations populaires soigneusement cadrées.

Vingt millions de touristes en 2024. Objectif : trente millions en 2030. Le pays se rêve en hub mondial, en vitrine propre, lisse, instagrammable. On empile les ports, les LGV, l’électricité verte comme on empile des trophées imaginaires. L’Afrique, enfin entrée dans le XXIᵉ siècle  à condition de rester dans le champ de la caméra.

Pendant ce temps-là, hors cadre, on continue de vivre dans des hôpitaux qui tombent en ruine et des écoles qui fuient leurs professeurs.

Le roi absent, le ballon présent : gouverner sans apparaître

Mais le clou du spectacle n’était pas sur le terrain. Il était vide.
Vide comme la tribune royale. L’absence prolongée de Mohammed VI a transformé la CAN en exercice de ventriloquie d’État. Le roi n’était pas là, mais son portrait si. On l’a remercié en s’adressant à une image posée sur un chevalet. Littéralement. Le pouvoir marocain a franchi un seuil symbolique : gouverner par hologramme émotionnel.

La santé du roi ? Sujet radioactif. L’argent du roi ? Sujet nucléaire. Les rédactions locales se taisent, les occidentales spéculent, les nécrologies s’écrivent en arrière-plan. On finira par lâcher une information minimaliste : un mal de dos. Le corps royal réduit à une lombalgie officielle.

En attendant, la relève s’entraîne. Le prince héritier inaugure, ouvre, ferme. Le frère du roi assure le service minimum, remet une coupe au Sénégal, sourit, disparaît. Le Makhzen tourne, même quand le monarque se fait rare. C’est aussi ça, la modernité institutionnelle du Makhzen..

Coupe perdue, propagande gagnée

Ce qui devait être une apothéose s’est transformée en feuilleton mondial. La CAF, déjà peu réputée pour son sens de la transparence, s’est offert un audit planétaire à la paille de fer. Arbitrage, décisions, gouvernance : tout est désormais ouvert à disséquer. Et c’est peut-être la meilleure nouvelle de cette CAN.

Car le pari de Mohammed VI faire du Maroc une grande nation sportive, est un pari cher. Très cher. Cinq milliards pour la CAN et le Mondial 2030. Un pari socialement explosif dans un pays où la jeunesse, la fameuse GEN Z 212, est descendue dans la rue pendant dix jours pour rappeler une évidence obscène : on ne se soigne pas dans un stade, on n’apprend pas dans une tribune VIP.

Le football, cette maladie qui soigne le pouvoir

Audiences record, enchères futures, droits TV en inflation. Le football africain devient rentable, enfin mais pour qui ?

Ce qui s’est joué sur la pelouse n’était que la partie visible d’un système bien huilé :
du pouvoir qui investit le sport pour neutraliser le politique, du spectacle qui recouvre la contestation, du ballon rond comme rideau de fumée.

Le Maroc n’a pas gagné la CAN. Mais il a montré quelque chose de plus important :
comment un État peut transformer un match en message, une compétition en stratégie, une défaite en opération de communication. Reste une question, brûlante, persistante, impossible à noyer sous les ralentis : Combien de temps encore le public acceptera-t-il de confondre le score avec la justice sociale ?

Le football fait rêver et le Makhzen se retrouve à l’heure du sportwashing
Mais à force de l’utiliser comme anesthésiant, le réveil risque d’être brutal.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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