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Les plumes de paon du Makhzen : Quand l’insulte sert de boussole.

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Il est des textes qui ne se lisent pas, ils se ramassent à la petite cuillère. La dernière saillie de Sanaa Berrada, scribe stipendiée des officines de Rabat, en est l’archétype : un mélange de bile rance, de complexe d’infériorité mal digéré et de cette arrogance propre aux valets qui se croient plus rois que le maître. En s'en prenant au Président Tebboune et au média Le Matin d’Algérie, elle ne signe pas une analyse, mais un aveu d'impuissance drapé dans une vulgarité de caniveau.

Le triomphe des courtisans

Le Palais officiel parle d’une « dream team royale ».
Tout est dit : nous ne sommes plus dans une communauté politique, mais dans une cour.
Le Maroc n’est plus une agora : c’est une loge d’admiration. Les courtisans se succèdent à la télévision pour tresser lauriers et hyperboles.
Le courage intellectuel, lui, se tait ou s’exile. Et dans ce vacarme de louanges, le peuple devient spectateur d’une grandeur qu’il ne ressent plus. Une nation sans contradiction est une nation qui se prive de vitalité. Le pluralisme n’est pas un luxe : c’est un acte de santé publique.

L’obsession du "pantalon" : Un fantasme de soubrette

Dans la splendeur d’une femme de chambre habituée à la baisse de pantalon, cette chose semble obsédée par la garde-robe du Président algérien, évoquant des « baissés de pantalon » avec une gourmandise qui en dit long sur ses propres fantasmes de soumission. Il est vrai que pour une plume habituée à vivre l'échine courbée, le concept de souveraineté doit ressembler à une insulte. Parler de « capitulation » devant Washington quand on a soi-même troqué son honneur et la cause sacrée d'Al-Qods contre un simple tweet de Donald Trump en fin de banquet, c’est atteindre des sommets de schizophrénie que même la psychiatrie lourde hésiterait à traiter.

Le délire des "tables rondes" : Confondre invitation et convocation

L'auteure s'excite sur le prétendu « rejet irréversible » des tables rondes que l'Algérie aurait fini par avaler « piteusement ». Quelle indigence intellectuelle ! Confondre la participation à un processus multilatéral sous l'égide de l'ONU avec une reddition, c'est ignorer que l'Algérie n'est pas là pour quémander, mais pour porter la voix du droit international que le Makhzen tente d'étouffer sous des tapis de billets verts et des logiciels espions. Si Alger participe, c’est pour s'assurer que la farce marocaine ne se joue pas à huis clos. L'Algérie ne négocie pas ses principes : elle les impose dans le cadre des résolutions onusiennes. Les tables rondes ne sont pas le tribunal de l'Algérie, elles sont le rappel permanent que le Sahara n'est pas et ne sera jamais  une province marocaine, n'en déplaise aux cartographes de salon de Rabat.

Le "Nif" contre le "Baise-main"

Berrada s’étouffe de voir que l’opposition algérienne refuse de s’aligner sur les délires expansionnistes de son royaume de pacotille. Quel choc pour cette habituée des courbettes ! Elle ne comprend pas qu’en Algérie, on peut s'opposer au pouvoir sans pour autant vendre sa patrie au plus offrant. C’est la différence fondamentale entre un citoyen et un sujet. L’un a le « Nif » (l'honneur) pointé vers le ciel, l’autre a le front tanné par le carrelage des palais. Elle ressort même la vieille fable de la « rétrocession » de 1975, un mensonge historique que ni l’ONU, ni la Cour de Justice de l’UE ne valident. L’Espagne a fui, le Maroc a envahi, et depuis, il s’embourbe dans un sable qui lui brûle les doigts.

Le rire des condamnés

« Tebboune nous fait rire », écrit-elle. Grand bien lui fasse ! Le rire est le dernier refuge des impuissants. Pendant qu’elle s’esclaffe sur ses propres jeux de mots de cour de récréation (« chéchia caca d'oie » quel niveau intellectuel !), l’Algérie reste le pivot inamovible d’une région que son royaume tente désespérément de déstabiliser par des alliances contre nature.

Continuez de ricaner, Madame Berrada. Rien n’est plus pathétique qu’une plume de cour qui tente de faire la leçon de courage à un peuple de révolutionnaires. Vous n’êtes pas une analyste, vous êtes un bruit de fond. Un petit grincement de porte dans les couloirs du palais. L'histoire s'écrit avec de la dignité, pas avec la bave des courtisans.

On sait de nos voisins du Maroc, c'est toute leur culture historique qui s'exprime ainsi et tous les sous-entendus de leur stratégie du chaos et leur idéologie monarchiste... Ce n'est pas brillant, bien que la bêtise soit inouïe, la boucle du Roi est bouclée. !

Au fait le souverain du Makhzen porte-t-il un pantalon ? Très certainement ce n’est cette dame qui va me répondre ?

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Le roman géopolitique du Makhzen

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Il y a des chroniques qui éclairent. Et puis il y a celles qui éclairent surtout… les obsessions de leur auteur.

À la lecture du papier de  la presse nos voisins de l’ouest, on comprend vite que la visite de Laurent Nuñez à Alger n’est pas tant analysée qu’auscultée au stéthoscope idéologique. Le diagnostic est posé d’avance, les symptômes sont choisis après coup, et le patient les relations franco-algériennes, est déclaré en état critique avec la sérénité d’un médecin qui aurait déjà rédigé le certificat. Spoiler : la réalité est nettement moins théâtrale.

Le fétichisme du « silence suspect »

Premier ressort du texte : l’absence de grand débriefing médiatique serait révélatrice d’un semi-échec. Voilà une curieuse théorie diplomatique où le volume sonore tiendrait lieu d’indicateur stratégique. Pourtant en matière de silence médiatique, je pense que le souverain du Makhzen reste spécialiste dans ses mystérieuses communications.  

Depuis quand la diplomatie sérieuse se mesure-t-elle au nombre de conférences de presse lyriques ? Les relations entre États surtout entre Paris et Alger avancent rarement à coups de tambours et de trompettes. Elles progressent par micro-ajustements, signaux feutrés et conversations à huis clos.

Transformer la sobriété en preuve d’impuissance relève moins de l’analyse que du procès d’intention parfumé au sensationnalisme.

L’art consommé de l’insinuation

La chronique excelle dans une discipline très particulière : suggérer fort sans démontrer clairement.

On nous parle : de silences parlants,  de signaux absents,  de dangers judiciaires imminents

Mais où sont les éléments tangibles ? Où sont les sources ? Où est la hiérarchisation des probabilités ?

Même l’évocation du dossier Christophe Gleizes est traitée comme un thermomètre politique automatique, comme si chaque procédure judiciaire devait mécaniquement se plier aux calendriers diplomatiques. Vision commode — et surtout profondément irréaliste des deux côtés de la Méditerranée.

Le Sahara, clé universelle… vraiment ?

On retrouve ensuite le grand classique : tout ramener à la reconnaissance française du Sahara marocain. À lire Tossa, ce dossier serait la matrice quasi totale des tensions actuelles.

C’est confortable. C’est lisible. C’est… réducteur.

Les relations entre Algérie et France sont une mille-feuille explosive où s’empilent : mémoire coloniale, coopération migratoire, enjeux sécuritaires, pressions politiques internes, contentieux judiciaires

Réduire cette complexité à une seule variable régionale, c’est faire de la géopolitique avec une clé Allen.

La tentation du scénario catastrophe

Le passage sur l’affaire Amir DZ mérite presque une musique de thriller. On nous annonce, à demi-mot mais avec gourmandise, que la justice française pourrait remonter jusqu’aux sommets du pouvoir algérien.

Peut-être. Peut-être pas.

Mais présenter cette hypothèse comme une trajectoire quasi naturelle relève d’une dramatisation prospective qui confond analyse et boule de cristal. Même Gérald Darmanin, que l’auteur convoque dans un scénario téléphonique digne d’une série politique, sait que la machine judiciaire française est moins docile et surtout moins prévisible.

Une inflation artificielle des attentes

Le cœur du problème est peut-être là : la chronique reproche à la visite de Nuñez de ne pas avoir produit ce qu’elle n’avait jamais promis.

Le ministre venait relancer un dialogue sécuritaire.
Ne pas régler : les OQTF en masse, les contentieux judiciaires, la totalité du froid diplomatique, ni l’histoire tourmentée entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune

Créer des attentes maximalistes pour mieux constater leur non-réalisation est une vieille technique polémique. Elle fait de bons papiers. Elle fait de mauvaises analyses.

Ce que révèle vraiment cette chronique

Au fond, le texte de la presse du Makhzen nous apprend moins sur l’état réel du dialogue franco-algérien que sur une certaine grille de lecture militante : dramatiser les frictions, psychologiser les dirigeants, surinterpréter les silences, et annoncer des lendemains judiciaires orageux  C’est un style du Makhzen et sa presse courtisane. Ce n’est pas une preuve.

Comme dans ses habitudes cette presse du Palais ne fait que pratiquer la méthode Coué en répétant les mêmes éléments de langage du makhzen comme une formule magique. Une sorte d’hypnotisme qui semble influer sur leur imaginaire. Il s’autosuggère d’avoir raison. En fin de compte, ils sont dans le déni d’une réalité juste une presse des chimères et ses illusions illusoires.

Garder la tête froide

La réalité, plus prosaïque, est la suivante : le dialogue sécuritaire a repris, les contentieux lourds persistent, aucune normalisation rapide n’est en vue, aucune rupture terminale non plus.

Bref : du gris diplomatique. Pas le grand mélodrame que certains voudraient nous vendre.

À force de chercher des séismes à chaque déplacement ministériel, on finit par confondre la tectonique des plaques avec les vibrations d’un téléphone posé sur une table.

Et en géopolitique comme en médecine, le diagnostic gagne toujours à être posé avant la montée de fièvre… pas après l’emballement éditorial.

C’est triste d’avoir un pays voisin pareil, mais c’est une réalité !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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A Madrid : le Makhzen au rôle du fou du Roi :

le fou du Roi

Madrid, capitale du café, des tapas… et apparemment du grand démasquage diplomatique. Selon la chronique marocaine, l’Algérie y aurait enfin enlevé son masque : l’«observateur» n’est plus un simple spectateur. Suspense : elle est désormais coupable. Culpabilité ? Participation ? Peu importe, la répétition suffit à convaincre.

Acte I : La posture improbable

Dans son Tberguig, la presse courtisane du Makhzen nous dit :

 « Comment se dire extérieur à un conflit tout en accompagnant chacune de ses inflexions… »

Ah ! La logique implacable du pamphlet : si tu existes dans une pièce, tu es déjà complice. Participer à une table ronde devient crime de guerre, rester silencieux devient aveu de culpabilité. La diplomatie est ici réduite à un théâtre de polar, avec un casting accusatoire.

Acte II : Le Polisario, ce bouc émissaire

Avec son Tberguig  la presse courtisane du Makhzen nous apprend :

L’accueil du Polisario est présenté comme preuve irréfutable de « rôle actif dans le conflit ». Fantastique : ouvrir une porte à des réfugiés, c’est désormais déclarer la guerre. Prochainement, respirer le même air qu’un diplomate rebelle sera un crime. Le texte transforme la générosité et le droit d’asile en forfaits militaires. On applaudit la créativité rhétorique, mais la géopolitique en prend un coup.

Acte III : La reconnaissance implicite

Dans son Tberguig, la presse courtisane du Makhzen nous dit :

« …épisode interprété comme la reconnaissance implicite d’un rôle déterminant… »

Traduction : vous étiez assis à la table ? Vous êtes déjà coupable. C’est élégant, poétique… et faux. La présence à Genève ou Madrid ne fait pas d’un État un acteur invisible du conflit. Mais pourquoi laisser la réalité briser un bon scénario du Makhzen ?

Acte IV : Résolution 2797 ou le triomphe annoncé

Avec son Tberguig  la presse courtisane du Makhzen dit :

Le texte nous vend la résolution comme une victoire définitive du plan marocain. Oh ! Quelle surprise : un document qui qualifie une proposition de « sérieuse et crédible » devient une déclaration universelle de victoire. Prochainement, on verra le dictionnaire se plier aux éditoriaux. La rhétorique triomphe de la logique.

Acte V : Silence = aveu

Dans son Tberguig, la presse courtisane du Makhzen nous dit :

 « …la manière la plus sûre de ne pas être associé à une dynamique aura été de ne pas en parler. »

Silence algérien = confession implicite. Voilà la lecture psychologique la plus pratique depuis Freud : ne rien dire devient preuve de culpabilité. Une merveille de sophisme, empaquetée dans une formule journalistique chic : « silence très bavard ». À ce stade, respirer serait déjà suspect.

Acte VI : Le grand final

Avec son Tberguig  la presse courtisane du Makhzen nous apprend :

Madrid devient le théâtre cosmique où l’Algérie est enfin démasquée. La fiction de l’«observateur» se termine : participation = implication, silence = aveu, réunion = preuve de culpabilité. Tout est clair ! Enfin, pour ceux qui ont fermé les yeux sur le droit international, l’autodétermination et les règles de la diplomatie multilatérale.

Épilogue :

Ce texte n’est pas une analyse, c’est un pamphlet. Chaque phrase est une flèche, chaque omission un artifice. Les faits sont pliés, la spéculation est reine, la charge émotionnelle omniprésente. Madrid n’était pas un dialogue, c’était un remake de Sherlock Holmes où la seule vérité admise est celle du scénario marocain.

Le rire noir ? Il est dans la prétention : transformer des interprétations en certitudes, des silences en aveux, et des tables rondes en champs de bataille. Très certainement lié à la consommation de Hachisch et l’oisiveté qui favorise la curiosité. On regarde, on commente ce qu’on a vu ou pas vu, on diffuse une information, il peut aussi s’agir parfois d’une sorte de chasse au scoop. Chapeau pour le style, mais un peu de réalité ne ferait pas de mal.

Devant un tel enthousiasme pour la médisance et le commérage marocain, ainsi que toutes les élucubrations journalistiques marocaines, la tête en l’air, gobent les mouches, nous, Algériens, avons préféré ne rien dire !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le Makhzen Marocain aux jeux à la roulette russe!

Image Blog Kader Tahri

Il est pathétique de voir certains médias marocains se prendre pour des oracles géopolitiques et transformer chaque acte souverain de l’Algérie en catastrophe imminente. La “roulette russe” dont ils parlent n’existe que dans leur imagination, un écran de fumée destiné à masquer l’incapacité du Maroc à assumer sa propre politique intérieure et étrangère sans courir après la validation des puissances étrangères. Pendant qu’ils inventent des crises à chaque coin de phrase, l’Algérie agit avec lucidité, prudence et indépendance. Mais il faut avouer que la vérité dérange : un voisin qui refuse de se plier, qui défend ses intérêts et ses principes, ça ne se raconte pas dans des chroniques alarmistes, ça se vit sur le terrain.

Le Polisario, pour ces scribes marocains, devient le monstre absolu : un “proxy iranien”, un “danger terroriste” digne d’un blockbuster hollywoodien. On croit rêver. Défendre le droit du peuple sahraoui à exister, à revendiquer son identité et son avenir, est désormais un crime aux yeux de certains. Ce récit n’est pas une analyse, c’est de la propagande à l’état pur, un tissu de fantasmes et d’exagérations destiné à justifier les ambitions expansionnistes et à diaboliser l’Algérie. Chaque phrase trahit une obsession : peindre l’Algérie comme faible, isolée et dépendante, pour masquer l’extrême dépendance marocaine aux bonnes grâces de l’extérieur.

Et que dire des accusations sur les relations avec la Russie ? Acheter du matériel militaire, c’est garantir sa défense nationale et sa souveraineté. Mais pour ces chroniqueurs, l’indépendance d’Alger est un crime. Ils transforment un choix stratégique en “provocation internationale”, comme si la liberté d’un État devait être soumise à l’approbation de leurs fantasmes diplomatiques. Cette obsession pathétique à diaboliser l’Algérie révèle surtout leur impuissance et leur incapacité à défendre une politique crédible.

Au bout du compte, ce que ces textes cherchent à faire passer, c’est un mensonge grossier : l’Algérie serait isolée, fragile, en panne de diplomatie, et obligée de céder. La vérité, c’est exactement l’inverse : elle est souveraine, elle décide, elle négocie et elle impose sa voix sur la scène internationale. Le Maroc, lui, n’a trouvé de stabilité que dans la fiction qu’il invente autour du Sahara et de l’Algérie. Chaque chronique alarmiste est un miroir de ses propres faiblesses, de sa dépendance aux États étrangers et de sa panique à voir son narratif contesté.

Alors, aux chantres de la propagande et de l’alarmisme : continuez vos articles pathétiques et vos scénarios catastrophe. Pendant que vous fantasmez sur des menaces imaginaires, l’Algérie avance, forte, lucide et souveraine. Elle ne mendie pas la reconnaissance, elle n’implore pas le soutien de Washington ou d’ailleurs, et elle n’a pas besoin de transformer la réalité en un conte pour faire peur. L’histoire retiendra que les États qui se plient à la peur et aux mensonges des autres finissent par disparaître de la mémoire, mais l’Algérie restera, irréductible, fière et invincible.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Ksar Ich dans la zone de Figuig un territoire Algérien exploité par le Maroc:

Region de Beni Ounif Algerie
 

Chronique d’un conte marocain :

Ah, Figuig ! Ce petit village de 20 familles que l’on transforme en tragédie nationale au fil des bulletins alarmistes. On croirait lire un feuilleton de cape et d’épée : chaque olivier fouetté par le vent devient symbole d’une souveraineté bafouée, chaque berger un héros de l’histoire contemporaine. Et qui mieux qu’un chercheur « originaire » pour nous narrer, d’un ton solennel, que l’Algérie ourdit un plan diabolique depuis 1845, ou presque ?

Que les sujets de sa Majesté du Makhzen puissent, s’installer confortablement : voici l’épopée moderne de  Ksar Ich, ce petit village de 20 familles qui, sous la plume tremblante de Yabiladi et de son héraut Ahmed Noureddine, devient le théâtre d’une apocalypse frontalière. Chaque olivier fouetté par le vent se transforme en symbole de souveraineté volée, chaque berger en martyr de l’histoire.

L’Algérie ? L’ogre. Le Maroc ? Innocent, fragile, éternellement assiégé. Et les Marocains, lecteurs, sont priés de trembler.

L’article déborde de cette habile rhétorique de la peur : incursions, vols, intimidations, meurtres… Une accumulation digne des feuilletons les plus outranciers. On y lit que des soldats algériens, décidément omniprésents, dépouillent des enfants au bord des oueds, arrêtent des paysans, et tirent sur les oliviers comme si c’était des cibles militaires. Tout cela se déroule « au nom de la frontière » — ou plutôt, au nom du sensationnalisme. Le traité de 1972 ? Évoqué comme un talisman, jamais expliqué. Chaque violation alléguée est transformée en preuve du complot algérien universel.

L’histoire se déploie dans un mélange savoureux d’anachronismes : la bataille d’Amgala devient le joker pour annuler 1972 et réinventer le droit territorial selon le souhait du narrateur. Le lecteur sérieux est prié de suspendre son sens critique et de suivre le script : victime, agresseur, répétition dramatique. Aucun espace pour la nuance, aucune marge pour l’examen rationnel : le village de Figuig devient un condensé de pathos, un prétexte pour une épopée nationaliste de pacotille.

Mais ne vous y trompez pas : ce récit n’est pas innocent. Il est un chef-d’œuvre de propagande déguisée en reportage, une mise en scène où chaque phrase est calibrée pour faire bouillir le sang et gonfler l’indignation patriotique. La nuance historique ? On l’éclipse. Le contexte juridique ? On le zappe. Le lecteur est censé se scandaliser, frissonner, trembler pour chaque olivier.

Et derrière le drame, derrière les outrances, transparaît la véritable comédie : l’obsession d’un pays à se peindre en victime éternelle, à transformer chaque incident local en acte de guerre national, à exploiter l’ombre d’Agadir et d’Amgala pour justifier un récit sans fin. Figuig, ce n’est pas un village, c’est une scène de théâtre où la politique-fiction se déguise en reportage.

En fin de compte, le véritable danger n’est pas là-bas, au bord de l’oued, mais dans cette presse qui confond patriotisme et propagande, peur et information. Lire Yabiladi à ce sujet, c’est comme assister à une tragédie grecque où tout le monde sait déjà qui est le méchant, qui est la victime, et où chaque mot pèse plus par sa dramaturgie que par sa véracité.

Figuig brûle peut-être dans le vent du désert. Mais ce qui brûle vraiment, c’est l’intelligence du lecteur, étouffée sous un monologue patriotique calibré pour l’indignation, le pathos et la peur. Et ce feu-là, aucun olivier ne pourra jamais l’éteindre.

La prose de Yabiladi et de son porte-voix Ahmed Noureddine est un modèle du genre : accumulation d’épisodes dramatiques, citations anxiogènes, et références historiques ponctuées comme autant de preuves irréfutables.

On apprend ainsi que la frontière, cette ligne arbitraire tracée sur des cartes poussiéreuses, est systématiquement violée par des « soldats algériens » qui, paraît-il, dépouillent les enfants sur les berges de l’oued Zouzfana. La peur et l’angoisse servent de décor à un récit où l’Algérie est l’ogre, le Maroc le doux villageois innocent.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Mohammed VI : un souverain secret et paradoxal, et le silence qui l’entoure

Portrait de Mohammed VI lors d'un discours
Portrait de Mohammed VI lors d'un discours

Depuis 1999, Mohammed VI règne sur le Maroc dans un mélange de modernité et de mystère. Dans son livre Mohammed VI – Le Mystère, Thierry Oberlé brosse le portrait d’un roi difficile à cerner, dont la puissance politique contraste avec une présence publique discrète. Cette énigme, qui intrigue journalistes et observateurs, explique aussi pourquoi la presse marocaine reste largement silencieuse sur le sujet.

Un souverain secret et paradoxal

L’un des axes majeurs du livre est la personnalité énigmatique de Mohammed VI. Le livre d’Oberlé le décrit comme un roi qui maîtrise l’art de la distance :

Il apparaît rarement en public, préférant que ses décisions parlent d’elles-mêmes.

Il délègue la gestion quotidienne, laissant des ministres et conseillers administrer les affaires courantes.

Il contrôle néanmoins les décisions stratégiques, qu’elles soient économiques, politiques ou diplomatiques.

Cette posture crée un paradoxe fascinant :
Le roi d
étient un pouvoir immense, concentré dans ses mains.
Mais il semble parfois
éloigné de la vie politique visible.

Le Livre suggère que cette distance renforce l’image mystérieuse du souverain, faisant de lui une figure à la fois familière et insaisissable. C’est cette ambiguïté qui intrigue et alimente les spéculations autour de son règne.

Les paradoxes du pouvoir marocain

Le livre met en lumière plusieurs contradictions du règne : Un roi modernisateur, capable de réformes sociales et économiques, mais dont le contrôle du système politique reste centralisé. Une diplomatie active sur la scène internationale, mais une présence publique limitée dans son propre pays. Une image proche du peuple, mais une monarchie concentrant richesse et influence économique.

Le livre d’Oberlé souligne que ces paradoxes ne sont pas des incohérences, mais une stratégie de pouvoir. La distance et le secret ne diminuent pas l’autorité : au contraire, ils la renforcent en créant un halo de mystère autour du roi.

Le silence de la presse marocaine

Si ce portrait intrigue tant hors du Maroc, la presse nationale, elle, reste largement silencieuse. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

Contrôle et autocensure : beaucoup de médias dépendent financièrement ou politiquement du palais, et la critique du roi est un terrain sensible.

Protection légale de la monarchie : la diffamation envers le roi peut entraîner de lourdes sanctions.

Culture du discours officiel : les médias nationaux valorisent l’image du roi modernisateur et protecteur du peuple.

Enjeux diplomatiques et économiques : la diffusion de critiques pourrait fragiliser les relations internationales ou provoquer des tensions internes.

Ainsi, le silence médiatique ne traduit pas un manque d’intérêt, mais la manière dont un système politique gère l’information et protège l’image du souverain.

Conclusion : comprendre le mystère pour comprendre le Maroc

Mohammed VI – Le Mystère n’est pas seulement une biographie. C’est une plongée dans un système où le pouvoir se conjugue avec le secret, et où la perception du roi est aussi soigneusement orchestrée que ses décisions. La distance, la discrétion et le paradoxe du souverain sont des signes de faiblesse : ils sont la clé d’un régime qui reste impuissant, centralisé et mystérieux.

Et si l’on veut vraiment comprendre le Maroc contemporain, il faut d’abord comprendre l’homme derrière le trône… et le silence qu’il impose autour de lui.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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France–Algérie : récits médiatiques pour sa Majesté du Makhzen ou l’applaudissement du mensonge décoratif :

La dégradation actuelle des relations entre la France et l’Algérie ne relève ni du hasard ni d’un malentendu culturel. Elle est le produit de choix politiques précis, de ruptures stratégiques assumées et d’un environnement médiatique de plus en plus enclin à substituer le récit émotionnel à l’analyse géopolitique. Un article de la presse du Palais récemment consacré à l’émission Complément d’enquête s’inscrit pleinement dans cette dérive. De nouveau dans leurs jérémiades contre l’Algérie, la presse courtisane du Makhzen semble encore une fois de plus être versée dans le ridicule pour aller chercher des  personnes non éclairées pour donner une explication alternative à laquelle ils s'accrochent d'autant plus fermement qu'ils ont besoin de certitudes.

Sous couvert d’investigation, il ne propose pas une lecture stratégique des tensions franco-algériennes, mais une construction idéologique visant à désigner l’Algérie comme un acteur intrinsèquement hostile, irrationnel et déstabilisateur. Ce procédé n’éclaire pas la réalité : il la simplifie, la durcit et, surtout, l’instrumentalise.

Du journalisme d’enquête au narratif de confrontation Le premier problème posé par ce texte est méthodologique. Des témoignages individuels, des procédures judiciaires en cours et des accusations non jugées y sont agrégés pour former un récit global de culpabilité étatique. Cette logique relève moins de l’enquête que du réquisitoire.

En géopolitique, la confusion entre faits établis, soupçons et récits militants est toujours dangereuse. Elle crée une illusion de cohérence là où il n’y a souvent qu’une juxtaposition d’éléments hétérogènes, interprétés à sens unique. L’État de droit, que l’on invoque pourtant à longueur de tribunes, ne saurait fonctionner sur la base de présomptions médiatiques ni de procès par association.

L’amalgame comme arme politique : Le cœur idéologique de ce discours repose sur un amalgame systémique : État algérien, régime, institutions, services de renseignement, diaspora, élus binationaux et citoyens d’origine algérienne sont fondus dans un même ensemble soupçonné de duplicité. Ce glissement n’est pas anodin. Il transforme un désaccord politique en soupçon identitaire et substitue à la critique des politiques publiques une mise en cause diffuse des appartenances.

Une telle logique est non seulement infondée, mais politiquement irresponsable. Elle fragilise la cohésion nationale française, nourrit les réflexes de stigmatisation et révèle une incapacité persistante à penser les relations postcoloniales autrement que sous l’angle de la défiance.

Le Sahara occidental : le véritable point de rupture stratégique : Contrairement à ce que suggèrent certains récits médiatiques, la crise actuelle ne procède pas d’une prétendue « obsession algérienne », mais d’une rupture stratégique majeure : la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision constitue un renversement de doctrine diplomatique française et une remise en cause d’un cadre international fondé sur les résolutions des Nations unies.

Dans toute lecture réaliste des relations internationales, une telle inflexion ne peut être considérée comme secondaire. Elle touche à un dossier que l’Algérie considère, depuis des décennies, comme un enjeu central de sécurité régionale et de stabilité maghrébine. Feindre l’étonnement face à la réaction algérienne relève moins de l’analyse que de la posture.

La contradiction stratégique française : Le discours dominant oscille désormais entre deux postures incompatibles : présenter l’Algérie comme un acteur agressif et hostile, tout en reprochant aux médias ou aux autorités françaises toute prudence susceptible de ménager la relation bilatérale. Cette contradiction traduit une hésitation stratégique profonde entre posture morale et réalisme diplomatique.

Or, dans les relations internationales, l’ambiguïté prolongée n’est jamais perçue comme une subtilité, mais comme une faiblesse. Elle nourrit la défiance, alimente les surenchères et obère toute possibilité de dialogue structuré.

La diabolisation comme substitut à la politique étrangère : À défaut d’une vision claire et cohérente de sa relation avec l’Algérie, une partie du débat public français semble avoir opté pour une stratégie de diabolisation progressive. Celle-ci offre l’illusion du confort moral, mais conduit inévitablement à l’impasse diplomatique.

L’Algérie n’est ni un allié naturel ni un ennemi structurel de la France. Elle est une puissance régionale autonome, avec ses intérêts, ses lignes rouges et sa propre lecture du monde. La réduire à une entité pathologique ou intrinsèquement hostile ne renforce ni l’influence française au Maghreb ni la stabilité régionale.

Une ingérence médiatique qui ne dit pas son nom : Il convient enfin de nommer une réalité trop souvent passée sous silence : le rôle actif et assumé de certains médias marocains dans l’exacerbation des tensions entre la France et l’Algérie. Que des organes de presse étrangers celles du Makhzen plus particulièrement,  clairement alignés sur une stratégie étatique régionale, se posent en arbitres des relations franco-algériennes pose une question simple : de quoi se mêlent-ils ?

Cette irruption constante d’une presse marocaine ouvertement partisane dans un débat bilatéral qui ne la concerne pas directement relève moins de l’analyse que de l’instrumentalisation. Elle vise à exporter un conflit régional, celui du Sahara occidental en enrôlant des acteurs tiers et en orientant l’opinion publique française contre l’Algérie.

Il est pour le moins paradoxal de voir ces mêmes médias dénoncer des ingérences qu’ils pratiquent eux-mêmes sans retenue, transformant un différend diplomatique complexe en campagne narrative permanente. Cette diplomatie médiatique de contournement ne sert ni la stabilité régionale ni la clarté du débat public.

Les relations entre la France et l’Algérie relèvent d’un dialogue entre deux États souverains, façonné par l’histoire, les intérêts stratégiques et les rapports de force. Elles ne gagneront rien à être prises en otage par des narratifs exogènes dictés par des agendas régionaux qui ne disent pas leur nom.

En matière de relations internationales, une règle élémentaire s’impose : chacun à sa place. Le reste n’est que bruit, interférences et calculs mal dissimulés dont le Palais Royal du Makhzen semble avoir très mal dans ses assises !

Le dilettantisme marocain est impressionnant, c’est avoir mal aux fesses! 

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