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Le Makhzen Marocain aux jeux à la roulette russe!

Image Blog Kader Tahri

Il est pathétique de voir certains médias marocains se prendre pour des oracles géopolitiques et transformer chaque acte souverain de l’Algérie en catastrophe imminente. La “roulette russe” dont ils parlent n’existe que dans leur imagination, un écran de fumée destiné à masquer l’incapacité du Maroc à assumer sa propre politique intérieure et étrangère sans courir après la validation des puissances étrangères. Pendant qu’ils inventent des crises à chaque coin de phrase, l’Algérie agit avec lucidité, prudence et indépendance. Mais il faut avouer que la vérité dérange : un voisin qui refuse de se plier, qui défend ses intérêts et ses principes, ça ne se raconte pas dans des chroniques alarmistes, ça se vit sur le terrain.

Le Polisario, pour ces scribes marocains, devient le monstre absolu : un “proxy iranien”, un “danger terroriste” digne d’un blockbuster hollywoodien. On croit rêver. Défendre le droit du peuple sahraoui à exister, à revendiquer son identité et son avenir, est désormais un crime aux yeux de certains. Ce récit n’est pas une analyse, c’est de la propagande à l’état pur, un tissu de fantasmes et d’exagérations destiné à justifier les ambitions expansionnistes et à diaboliser l’Algérie. Chaque phrase trahit une obsession : peindre l’Algérie comme faible, isolée et dépendante, pour masquer l’extrême dépendance marocaine aux bonnes grâces de l’extérieur.

Et que dire des accusations sur les relations avec la Russie ? Acheter du matériel militaire, c’est garantir sa défense nationale et sa souveraineté. Mais pour ces chroniqueurs, l’indépendance d’Alger est un crime. Ils transforment un choix stratégique en “provocation internationale”, comme si la liberté d’un État devait être soumise à l’approbation de leurs fantasmes diplomatiques. Cette obsession pathétique à diaboliser l’Algérie révèle surtout leur impuissance et leur incapacité à défendre une politique crédible.

Au bout du compte, ce que ces textes cherchent à faire passer, c’est un mensonge grossier : l’Algérie serait isolée, fragile, en panne de diplomatie, et obligée de céder. La vérité, c’est exactement l’inverse : elle est souveraine, elle décide, elle négocie et elle impose sa voix sur la scène internationale. Le Maroc, lui, n’a trouvé de stabilité que dans la fiction qu’il invente autour du Sahara et de l’Algérie. Chaque chronique alarmiste est un miroir de ses propres faiblesses, de sa dépendance aux États étrangers et de sa panique à voir son narratif contesté.

Alors, aux chantres de la propagande et de l’alarmisme : continuez vos articles pathétiques et vos scénarios catastrophe. Pendant que vous fantasmez sur des menaces imaginaires, l’Algérie avance, forte, lucide et souveraine. Elle ne mendie pas la reconnaissance, elle n’implore pas le soutien de Washington ou d’ailleurs, et elle n’a pas besoin de transformer la réalité en un conte pour faire peur. L’histoire retiendra que les États qui se plient à la peur et aux mensonges des autres finissent par disparaître de la mémoire, mais l’Algérie restera, irréductible, fière et invincible.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Ksar Ich dans la zone de Figuig un territoire Algérien exploité par le Maroc:

Region de Beni Ounif Algerie
 

Chronique d’un conte marocain :

Ah, Figuig ! Ce petit village de 20 familles que l’on transforme en tragédie nationale au fil des bulletins alarmistes. On croirait lire un feuilleton de cape et d’épée : chaque olivier fouetté par le vent devient symbole d’une souveraineté bafouée, chaque berger un héros de l’histoire contemporaine. Et qui mieux qu’un chercheur « originaire » pour nous narrer, d’un ton solennel, que l’Algérie ourdit un plan diabolique depuis 1845, ou presque ?

Que les sujets de sa Majesté du Makhzen puissent, s’installer confortablement : voici l’épopée moderne de  Ksar Ich, ce petit village de 20 familles qui, sous la plume tremblante de Yabiladi et de son héraut Ahmed Noureddine, devient le théâtre d’une apocalypse frontalière. Chaque olivier fouetté par le vent se transforme en symbole de souveraineté volée, chaque berger en martyr de l’histoire.

L’Algérie ? L’ogre. Le Maroc ? Innocent, fragile, éternellement assiégé. Et les Marocains, lecteurs, sont priés de trembler.

L’article déborde de cette habile rhétorique de la peur : incursions, vols, intimidations, meurtres… Une accumulation digne des feuilletons les plus outranciers. On y lit que des soldats algériens, décidément omniprésents, dépouillent des enfants au bord des oueds, arrêtent des paysans, et tirent sur les oliviers comme si c’était des cibles militaires. Tout cela se déroule « au nom de la frontière » — ou plutôt, au nom du sensationnalisme. Le traité de 1972 ? Évoqué comme un talisman, jamais expliqué. Chaque violation alléguée est transformée en preuve du complot algérien universel.

L’histoire se déploie dans un mélange savoureux d’anachronismes : la bataille d’Amgala devient le joker pour annuler 1972 et réinventer le droit territorial selon le souhait du narrateur. Le lecteur sérieux est prié de suspendre son sens critique et de suivre le script : victime, agresseur, répétition dramatique. Aucun espace pour la nuance, aucune marge pour l’examen rationnel : le village de Figuig devient un condensé de pathos, un prétexte pour une épopée nationaliste de pacotille.

Mais ne vous y trompez pas : ce récit n’est pas innocent. Il est un chef-d’œuvre de propagande déguisée en reportage, une mise en scène où chaque phrase est calibrée pour faire bouillir le sang et gonfler l’indignation patriotique. La nuance historique ? On l’éclipse. Le contexte juridique ? On le zappe. Le lecteur est censé se scandaliser, frissonner, trembler pour chaque olivier.

Et derrière le drame, derrière les outrances, transparaît la véritable comédie : l’obsession d’un pays à se peindre en victime éternelle, à transformer chaque incident local en acte de guerre national, à exploiter l’ombre d’Agadir et d’Amgala pour justifier un récit sans fin. Figuig, ce n’est pas un village, c’est une scène de théâtre où la politique-fiction se déguise en reportage.

En fin de compte, le véritable danger n’est pas là-bas, au bord de l’oued, mais dans cette presse qui confond patriotisme et propagande, peur et information. Lire Yabiladi à ce sujet, c’est comme assister à une tragédie grecque où tout le monde sait déjà qui est le méchant, qui est la victime, et où chaque mot pèse plus par sa dramaturgie que par sa véracité.

Figuig brûle peut-être dans le vent du désert. Mais ce qui brûle vraiment, c’est l’intelligence du lecteur, étouffée sous un monologue patriotique calibré pour l’indignation, le pathos et la peur. Et ce feu-là, aucun olivier ne pourra jamais l’éteindre.

La prose de Yabiladi et de son porte-voix Ahmed Noureddine est un modèle du genre : accumulation d’épisodes dramatiques, citations anxiogènes, et références historiques ponctuées comme autant de preuves irréfutables.

On apprend ainsi que la frontière, cette ligne arbitraire tracée sur des cartes poussiéreuses, est systématiquement violée par des « soldats algériens » qui, paraît-il, dépouillent les enfants sur les berges de l’oued Zouzfana. La peur et l’angoisse servent de décor à un récit où l’Algérie est l’ogre, le Maroc le doux villageois innocent.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
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Mohammed VI : un souverain secret et paradoxal, et le silence qui l’entoure

Portrait de Mohammed VI lors d'un discours
Portrait de Mohammed VI lors d'un discours

Depuis 1999, Mohammed VI règne sur le Maroc dans un mélange de modernité et de mystère. Dans son livre Mohammed VI – Le Mystère, Thierry Oberlé brosse le portrait d’un roi difficile à cerner, dont la puissance politique contraste avec une présence publique discrète. Cette énigme, qui intrigue journalistes et observateurs, explique aussi pourquoi la presse marocaine reste largement silencieuse sur le sujet.

Un souverain secret et paradoxal

L’un des axes majeurs du livre est la personnalité énigmatique de Mohammed VI. Le livre d’Oberlé le décrit comme un roi qui maîtrise l’art de la distance :

Il apparaît rarement en public, préférant que ses décisions parlent d’elles-mêmes.

Il délègue la gestion quotidienne, laissant des ministres et conseillers administrer les affaires courantes.

Il contrôle néanmoins les décisions stratégiques, qu’elles soient économiques, politiques ou diplomatiques.

Cette posture crée un paradoxe fascinant :
Le roi d
étient un pouvoir immense, concentré dans ses mains.
Mais il semble parfois
éloigné de la vie politique visible.

Le Livre suggère que cette distance renforce l’image mystérieuse du souverain, faisant de lui une figure à la fois familière et insaisissable. C’est cette ambiguïté qui intrigue et alimente les spéculations autour de son règne.

Les paradoxes du pouvoir marocain

Le livre met en lumière plusieurs contradictions du règne : Un roi modernisateur, capable de réformes sociales et économiques, mais dont le contrôle du système politique reste centralisé. Une diplomatie active sur la scène internationale, mais une présence publique limitée dans son propre pays. Une image proche du peuple, mais une monarchie concentrant richesse et influence économique.

Le livre d’Oberlé souligne que ces paradoxes ne sont pas des incohérences, mais une stratégie de pouvoir. La distance et le secret ne diminuent pas l’autorité : au contraire, ils la renforcent en créant un halo de mystère autour du roi.

Le silence de la presse marocaine

Si ce portrait intrigue tant hors du Maroc, la presse nationale, elle, reste largement silencieuse. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

Contrôle et autocensure : beaucoup de médias dépendent financièrement ou politiquement du palais, et la critique du roi est un terrain sensible.

Protection légale de la monarchie : la diffamation envers le roi peut entraîner de lourdes sanctions.

Culture du discours officiel : les médias nationaux valorisent l’image du roi modernisateur et protecteur du peuple.

Enjeux diplomatiques et économiques : la diffusion de critiques pourrait fragiliser les relations internationales ou provoquer des tensions internes.

Ainsi, le silence médiatique ne traduit pas un manque d’intérêt, mais la manière dont un système politique gère l’information et protège l’image du souverain.

Conclusion : comprendre le mystère pour comprendre le Maroc

Mohammed VI – Le Mystère n’est pas seulement une biographie. C’est une plongée dans un système où le pouvoir se conjugue avec le secret, et où la perception du roi est aussi soigneusement orchestrée que ses décisions. La distance, la discrétion et le paradoxe du souverain sont des signes de faiblesse : ils sont la clé d’un régime qui reste impuissant, centralisé et mystérieux.

Et si l’on veut vraiment comprendre le Maroc contemporain, il faut d’abord comprendre l’homme derrière le trône… et le silence qu’il impose autour de lui.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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France–Algérie : récits médiatiques pour sa Majesté du Makhzen ou l’applaudissement du mensonge décoratif :

La dégradation actuelle des relations entre la France et l’Algérie ne relève ni du hasard ni d’un malentendu culturel. Elle est le produit de choix politiques précis, de ruptures stratégiques assumées et d’un environnement médiatique de plus en plus enclin à substituer le récit émotionnel à l’analyse géopolitique. Un article de la presse du Palais récemment consacré à l’émission Complément d’enquête s’inscrit pleinement dans cette dérive. De nouveau dans leurs jérémiades contre l’Algérie, la presse courtisane du Makhzen semble encore une fois de plus être versée dans le ridicule pour aller chercher des  personnes non éclairées pour donner une explication alternative à laquelle ils s'accrochent d'autant plus fermement qu'ils ont besoin de certitudes.

Sous couvert d’investigation, il ne propose pas une lecture stratégique des tensions franco-algériennes, mais une construction idéologique visant à désigner l’Algérie comme un acteur intrinsèquement hostile, irrationnel et déstabilisateur. Ce procédé n’éclaire pas la réalité : il la simplifie, la durcit et, surtout, l’instrumentalise.

Du journalisme d’enquête au narratif de confrontation Le premier problème posé par ce texte est méthodologique. Des témoignages individuels, des procédures judiciaires en cours et des accusations non jugées y sont agrégés pour former un récit global de culpabilité étatique. Cette logique relève moins de l’enquête que du réquisitoire.

En géopolitique, la confusion entre faits établis, soupçons et récits militants est toujours dangereuse. Elle crée une illusion de cohérence là où il n’y a souvent qu’une juxtaposition d’éléments hétérogènes, interprétés à sens unique. L’État de droit, que l’on invoque pourtant à longueur de tribunes, ne saurait fonctionner sur la base de présomptions médiatiques ni de procès par association.

L’amalgame comme arme politique : Le cœur idéologique de ce discours repose sur un amalgame systémique : État algérien, régime, institutions, services de renseignement, diaspora, élus binationaux et citoyens d’origine algérienne sont fondus dans un même ensemble soupçonné de duplicité. Ce glissement n’est pas anodin. Il transforme un désaccord politique en soupçon identitaire et substitue à la critique des politiques publiques une mise en cause diffuse des appartenances.

Une telle logique est non seulement infondée, mais politiquement irresponsable. Elle fragilise la cohésion nationale française, nourrit les réflexes de stigmatisation et révèle une incapacité persistante à penser les relations postcoloniales autrement que sous l’angle de la défiance.

Le Sahara occidental : le véritable point de rupture stratégique : Contrairement à ce que suggèrent certains récits médiatiques, la crise actuelle ne procède pas d’une prétendue « obsession algérienne », mais d’une rupture stratégique majeure : la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision constitue un renversement de doctrine diplomatique française et une remise en cause d’un cadre international fondé sur les résolutions des Nations unies.

Dans toute lecture réaliste des relations internationales, une telle inflexion ne peut être considérée comme secondaire. Elle touche à un dossier que l’Algérie considère, depuis des décennies, comme un enjeu central de sécurité régionale et de stabilité maghrébine. Feindre l’étonnement face à la réaction algérienne relève moins de l’analyse que de la posture.

La contradiction stratégique française : Le discours dominant oscille désormais entre deux postures incompatibles : présenter l’Algérie comme un acteur agressif et hostile, tout en reprochant aux médias ou aux autorités françaises toute prudence susceptible de ménager la relation bilatérale. Cette contradiction traduit une hésitation stratégique profonde entre posture morale et réalisme diplomatique.

Or, dans les relations internationales, l’ambiguïté prolongée n’est jamais perçue comme une subtilité, mais comme une faiblesse. Elle nourrit la défiance, alimente les surenchères et obère toute possibilité de dialogue structuré.

La diabolisation comme substitut à la politique étrangère : À défaut d’une vision claire et cohérente de sa relation avec l’Algérie, une partie du débat public français semble avoir opté pour une stratégie de diabolisation progressive. Celle-ci offre l’illusion du confort moral, mais conduit inévitablement à l’impasse diplomatique.

L’Algérie n’est ni un allié naturel ni un ennemi structurel de la France. Elle est une puissance régionale autonome, avec ses intérêts, ses lignes rouges et sa propre lecture du monde. La réduire à une entité pathologique ou intrinsèquement hostile ne renforce ni l’influence française au Maghreb ni la stabilité régionale.

Une ingérence médiatique qui ne dit pas son nom : Il convient enfin de nommer une réalité trop souvent passée sous silence : le rôle actif et assumé de certains médias marocains dans l’exacerbation des tensions entre la France et l’Algérie. Que des organes de presse étrangers celles du Makhzen plus particulièrement,  clairement alignés sur une stratégie étatique régionale, se posent en arbitres des relations franco-algériennes pose une question simple : de quoi se mêlent-ils ?

Cette irruption constante d’une presse marocaine ouvertement partisane dans un débat bilatéral qui ne la concerne pas directement relève moins de l’analyse que de l’instrumentalisation. Elle vise à exporter un conflit régional, celui du Sahara occidental en enrôlant des acteurs tiers et en orientant l’opinion publique française contre l’Algérie.

Il est pour le moins paradoxal de voir ces mêmes médias dénoncer des ingérences qu’ils pratiquent eux-mêmes sans retenue, transformant un différend diplomatique complexe en campagne narrative permanente. Cette diplomatie médiatique de contournement ne sert ni la stabilité régionale ni la clarté du débat public.

Les relations entre la France et l’Algérie relèvent d’un dialogue entre deux États souverains, façonné par l’histoire, les intérêts stratégiques et les rapports de force. Elles ne gagneront rien à être prises en otage par des narratifs exogènes dictés par des agendas régionaux qui ne disent pas leur nom.

En matière de relations internationales, une règle élémentaire s’impose : chacun à sa place. Le reste n’est que bruit, interférences et calculs mal dissimulés dont le Palais Royal du Makhzen semble avoir très mal dans ses assises !

Le dilettantisme marocain est impressionnant, c’est avoir mal aux fesses! 

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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France Télévisions et l’Algérie : le service public joue une comédie tragique

La France et l’Algérie, toujours à se croiser comme deux acteurs d’un drame mal écrit, toujours à se chercher, à se provoquer, à se décevoir. Dernier acte : France Télévisions, le bien-aimé service public, a décidé de faire disparaître du plateau les vérités trop bruyantes de Xavier Driencourt, ancien ambassadeur à Alger, sous prétexte d’un « manque de créneau horaire ». Rien que ça.

Ah, l’élégance de la censure déguisée en contrainte logistique ! Il faut avouer que le couperet sonne plus chic sous des airs de calendrier mal rempli que sous le nom plus brutal de « censure ».

En guise de compensation, la chaîne nous sert Stéphane Romatet, l’actuel ambassadeur. Pondéré, poli, calibré. La caution diplomatique qui rassure Paris, qui apaise l’ego des journalistes et qui endort le téléspectateur frileux. Quelques phrases anodines de Driencourt sur l’agent Sansal pourront peut-être glisser, histoire de faire croire que tout le monde a droit à la parole, mais la vérité, elle, est bien coincée sous le tapis de la bienséance.

Voilà le service public : entre spectacle et travestissement de l’information.

Et cerise sur le gâteau : tout cela arrive après que l’APS, l’agence de presse algérienne, a déclenché un feu nourri contre l’émission. Selon elle, Driencourt, « obsédé par l’Algérie », transforme le pays en cible médiatique, troque la rigueur journalistique contre les fantasmes les plus rances de l’extrême droite et fait de l’Algérie un fonds de commerce sensationnaliste.

L’APS ne mâche pas ses mots : France Télévisions a choisi de vendre du scandale au lieu de faire du journalisme. Et le public, lui, applaudit le feuilleton.

Mais ne nous leurrons pas : l’apaisement de Paris n’est rien d’autre qu’une mise en scène diplomatique. Derrière les communiqués policés et les interviews calibrées, la France joue sa comédie : montrer qu’elle tend la main et, si ça coince, accuser l’autre. Une mécanique vieille comme le monde, où la faiblesse devient vertu et la panique stratégie. Les téléspectateurs, eux, digèrent les titres racoleurs et le suspense fabriqué, sans voir les dossiers lourds qui continuent de dormir dans les tiroirs : le Sahara occidental, les réseaux d’influence, la question mémorielle… rien n’a bougé.

Et pendant ce temps, l’Algérie a changé d’époque. La France n’est plus la puissance tutélaire, ni le passage obligé, ni la clé de voûte de la région. L’Algérie avance, calculant ses intérêts stratégiques à long terme, déjouant le double langage et renvoyant les postures françaises dans les poubelles de l’Histoire. L’apaisement de Paris ?

Une comédie médiatique. L’Algérie, elle, avance en silence, avec méthode et patience, loin des projecteurs et des scripts racoleurs.

France Télévisions, en choisissant le confort du consensuel et la sécurité diplomatique, a montré l’étendue de sa paresse intellectuelle et morale. La vérité ? Accessoire. L’audience ? Priorité. Les buzz et scandales fabriqués ? Fondement de la programmation. Pendant ce temps, l’Algérie ne se laisse plus instrumentaliser, elle ne se laisse plus infantiliser par le double langage français. L’apaisement verbal peut parfaitement coexister avec la pression feutrée : elle ne se trompe pas.

Il faut le dire sans détour : la France est en retard d’une époque. Elle tente de réparer une relation abîmée avec des gestes théâtraux et des promesses creuses, alors que la réalité a changé. L’Algérie ne cherche pas la rupture, mais elle refuse le double langage et l’instrumentalisation de sa souveraineté pour des débats internes français. L’époque où Alger absorbait toutes les tensions pour préserver le lien est révolue. Aujourd’hui, la relation se mesure à l’aune des intérêts réciproques, froide et calculée.

Et France Télévisions continue sa tragédie : transformer un feuilleton diplomatique en spectacle de boulevard, en accumulant clichés, scandales fabriqués et rumeurs savamment montées. Driencourt absent, Romatet omniprésent : la chaîne choisit le spectacle à la vérité, la sécurité à la responsabilité. Pendant que le public regarde, l’Algérie, elle, joue sur le temps long, souveraine et lucide, sans se laisser impressionner par les plateaux, les titres et les buzz.

En somme, France Télévisions ne fait pas que trahir l’exigence journalistique : elle révèle l’ampleur du mépris pour l’intelligence critique du spectateur et de la réalité politique. Et à la fin, le spectacle se retourne contre ceux qui l’organisent. La vérité, elle, finit toujours par percer. Et quand elle surgit, la France se retrouve, comme toujours, avec ses gestes hypocrites, ses belles paroles et ses comédies diplomatiques, face à une Algérie qui a déjà changé de monde.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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