Quand les “experts” recyclent la guerre comme
solution morale. Il faut être soit d’une naïveté
abyssale, soit d’une malhonnêteté assumée pour ne pas reconnaître le mécanisme
à l’œuvre. Ce qui se déploie aujourd’hui autour de l’Iran n’est pas une
analyse, ni une alerte humanitaire, ni une réflexion stratégique. C’est un copier-coller
idéologique, usé jusqu’à la corde, dont chaque étape est connue à l’avance.
Le régime
iranien est autoritaire ? Oui. Répressif ? Oui. Brutal ? Oui. Et après ?
C’est précisément là que commence la manipulation.
La morale
comme prétexte, la guerre comme objectif : La violence du régime iranien
n’est pas décrite pour être combattue politiquement. Elle est exhibée pour désactiver
toute pensée critique. Une fois l’horreur posée, toute question devient
suspecte, toute prudence est assimilée à une complicité, toute mémoire
historique à une trahison. Ce n’est plus une analyse : c’est une intimidation
morale.
La contestation confisquée, encore
Les
mobilisations en Iran sont réelles. Leur colère est légitime. Mais croire ou
feindre de croire, qu’elles échapperont aux ingérences étrangères relève du
mensonge pur. On nous a déjà servi cette fable en Syrie : la rue, puis les
financements, les armes, les “alliés”, les proxies, la guerre par procuration.
Le résultat est connu : un pays détruit, une population broyée, et les mêmes
“experts” qui regardent ailleurs. L’Iran ne ferait pas exception. Il serait
pire.
Les chiffres bidons, carburant idéologique
« 80 %
des Iraniens détestent le régime ».
Qui a mesuré ? Comment ? Où ? Quand ? Personne ne le sait. Personne ne le peut.
Mais le chiffre circule, sanctifié, repris en boucle. Il ne sert pas à
comprendre une société, mais à fabriquer une permission morale. Hier, on
avait les armes de destruction massive.
Aujourd’hui, on a des pourcentages fantômes.
Reza Pahlavi : l’aveu colonial
Quand on prétend libérer un peuple en lui imposant le fils d’un dictateur honni, tout est dit. Les jeunes Iraniens ignorent ce nom. Les anciens s’en souviennent très bien : torture, police politique, dépendance au « Grand Satan ». Son seul véritable soutien se trouve hors d’Iran, dans les studios occidentaux et les cercles néoconservateurs. Ce n’est pas un projet démocratique. C’est un réflexe impérial.
Démocratie à sens unique
Netanyahou
est massivement rejeté par la population israélienne. Corruption,
autoritarisme, violence d’État, mépris du droit international. Pourtant,
personne ne parle de « régime à abattre ». La démocratie n’est invoquée que
contre les ennemis. Jamais contre les alliés. Ce n’est pas un oubli. C’est une
règle.
Quand le droit devient facultatif
Dire que « l’ordre
international n’a plus de sens » face à un régime jugé immoral, c’est
admettre que la loi n’existe que pour les faibles. C’est consacrer la loi du
plus fort. C’est justifier toutes les guerres à venir. Ce discours ne combat
pas la barbarie.
Il en est la théorisation moderne.
le scénario que nous connaissons déjà
Nous avons
pris connaissance déjà tout ça. Ils répètent le même scénario en boucle
avec tous les détails. La formule ne change jamais.
« Oh non,
le peuple du pays ciblé est opprimé ! Il a besoin de liberté et de démocratie
! »
« Tiens,
je suis sûr qu’on pourrait utiliser notre puissante armée pour les aider à
obtenir la liberté et la démocratie ! Ce serait formidable, non ? »
« Oh non, maintenant le régime maléfique
commet des atrocités ! Vous savez que c’est vrai parce que c’est dans les
médias, et les médias n’ont pas le droit de mentir ! Nous devons faire quelque
chose ! Nous ne pouvons pas rester les bras croisés ! »
Et après
? Après, ce sont toujours les mêmes
ruines. Et toujours les mêmes experts pour expliquer que personne ne pouvait
prévoir.
Refuser la guerre n’est pas de la naïveté, c’est de la
mémoire
Il faut être
clair : refuser une intervention contre l’Iran, ce n’est pas défendre les
mollahs. C’est refuser d’être les figurants consentants d’un scénario déjà
écrit, déjà joué, déjà catastrophique.
Depuis
cinquante ans, l’Occident applique la même recette : indignation morale, diabolisation,
promesse de transition, chaos, ruines, puis oubli.
Ce n’est pas
de la lucidité.
C’est une pathologie politique.
La vraie
irresponsabilité n’est pas de douter.
La vraie irresponsabilité consiste à persister, contre toute évidence, à croire
que bombarder, sanctionner, renverser de l’extérieur produira enfin,
miraculeusement, a démocratie
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur
inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/
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