Campagne électorale : À force de recycler le même discours, on finit par confondre analyse et récitation.

 Élections : Le piège des discours recyclés

À voir ou entendre de long réquisitoire, des hommes politiques lors de la campagne électorale    au cours de laquelle, les candidats tout en ouvrant quelques garages ou boutique aménagés en bureau des candidats (affiches, drapeaux et surtout la musique) tenteront de convaincre les électeurs. A ceci je pensais découvrir une radiographie inédite de la crise politique algérienne. En réalité, il n'en est rien.  Encore une fois de plus nous sommes face à un discours que l'on entend, sous des formes diverses, depuis l'avènement du multipartisme. Les mots changent, le vocabulaire se fait plus universitaire, les phrases s'allongent, mais le diagnostic reste le même : crise de légitimité, crise de représentation,  défiance citoyenne, abstention électorale... Rien de véritablement nouveau sous le soleil.

Une rhétorique politique bien rodée mais déconnectée des faits

Le problème n’est d’ailleurs pas de critiquer le pouvoir. Dans toute démocratie, la critique est légitime, nécessaire et même salutaire. Le problème est de présenter comme une découverte ce qui relève désormais d'une rhétorique bien rodée. À force de répéter les mêmes analyses sans jamais les enrichir ni les démontrer, on finit par transformer un discours politique en une litanie intellectuelle.

La confusion entre crise politique et faillite de l'État

Plus préoccupant encore, la campagne électorale entretient une confusion entre crise politique et faillite de l'État. Ce n'est pas parce qu'un système politique est contesté que l'État est incapable d'assurer ses fonctions. L'État continue de fonctionner : les administrations rendent des services, les infrastructures se développent, des politiques publiques sont mises en œuvre et les institutions continuent leur activité.

On peut contester leur efficacité, leur orientation ou leur gouvernance ; on ne peut sérieusement soutenir que l'État a arrêté d'exister ou qu'il est devenu inopérant. Confondre ces deux notions, relève davantage du slogan que de l'analyse.

Responsabilité partagée : Le confort de la majorité et de l'opposition

Mais la plus grande omission est ailleurs. Les candidats consacrent l'essentiel de leur propos à dénoncer les insuffisances du pouvoir, avant d'accorder quelques lignes, presque par acquit de conscience, aux faiblesses de l'opposition. Pourtant, si la confiance des citoyens s'est effondrée, c'est aussi parce qu'une grande partie de la classe politique a perdu toute crédibilité.

Depuis plus de trois décennies, combien de partis ont réellement construit une alternative ? Combien ont élaboré un véritable projet économique, social ou institutionnel ? Combien ont su dépasser les querelles d'ego, les scissions à répétition, les rivalités personnelles et les calculs de circonstance ? Trop souvent, l'opposition s'est contentée de faire métier de la contestation, comme si dénoncer suffisait à gouverner.

La vérité est plus dérangeante : une partie de la classe politique, majorité comme opposition, s'est installée dans une forme de confort. Les uns administrent le système, les autres administrent la contestation. Les premiers vivent de l'exercice du pouvoir ; les seconds vivent de la critique du pouvoir. Entre les deux, le citoyen assiste, impuissant, à une représentation dont le scénario semble écrit d'avance.

Une opposition installée dans la culture de la contestation

Cette situation explique largement l'abstention massive observée lors des différents scrutins. Ce rejet ne traduit pas seulement une défiance envers les institutions ; il exprime aussi un désaveu d'une classe politique qui, dans son ensemble, peine à convaincre qu'elle est capable d'améliorer concrètement le quotidien des Algériens.

Les jeunes, en particulier, ne désertent pas seulement les urnes ; ils désertent un débat politique qui leur paraît déconnecté de leurs préoccupations réelles : emploi, logement, pouvoir d'achat, qualité de l'enseignement, perspectives d'avenir.

À force de privilégier les postures aux propositions, les slogans aux programmes et les déclarations aux solutions, cette classe politique a contribué à son propre discrédit. L'embrouille nourrit la magouille, la surenchère remplace le débat, et l'outrance tient lieu de pensée. On préfère les grandes envolées sur la « crise du régime » aux réponses concrètes sur l'investissement, la création de richesse, la réforme de l'administration ou l'avenir des jeunes diplômés.

Une démocratie ne se résume pourtant ni au pouvoir ni à son opposition. Elle repose sur un équilibre entre des institutions crédibles, une majorité responsable, une opposition sérieuse, des corps intermédiaires vivants et des citoyens engagés. Lorsque plusieurs de ces piliers s'affaiblissent simultanément, la crise devient systémique. Vouloir faire porter l'intégralité de la responsabilité sur un seul acteur relève davantage du plaidoyer politique que de l'analyse.

Enfin, il convient de se méfier des prophéties définitives. Depuis trente ans, certains annoncent régulièrement l'effondrement imminent du système, l'épuisement irréversible du régime ou la fin prochaine de toute légitimité. Pourtant, le pays continue d'avancer — parfois lentement, souvent imparfaitement —, mais il avance. Cela ne signifie ni que tout va bien, ni que les critiques sont infondées. Cela signifie simplement que la réalité est plus complexe que les récits catastrophistes.

Conclusion : Pour un débat politique exigeant

En toute citoyenneté, j’estime que la politique mérite mieux que des incantations répétées à l'infini. Elle exige de la rigueur, de l'honnêteté intellectuelle et le courage d'examiner les responsabilités de chacun. Car répéter inlassablement le même diagnostic ne le transforme pas en vérité absolue. Et comme le rappelle un vieil adage, un mensonge répété mille fois peut influencer des esprits, mais il ne remplacera jamais les faits.

L'Algérie a besoin d'un débat politique exigeant, pas d'un concours de déclamations où chacun récite son rôle pendant que les citoyens quittent la salle.

Quant aux citoyens, leur participation demeure indispensable à la vitalité démocratique. C'est dans cette articulation des responsabilités, et non dans la désignation d'un seul coupable, que se trouve la clé d'une compréhension plus complète de la situation. Une démocratie solide ne repose pas uniquement sur la qualité de ceux qui gouvernent, mais aussi sur la maturité de ceux qui les contestent, la vigueur de la société civile et la confiance que les citoyens accordent à l'ensemble du système politique.

À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/          A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                                                    « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Le réarmement des autres est une vertu. Celui de l'Algérie deviendrait un scandale.

Le faux raisonnement : faudrait-il donc attendre les bombes pour construire une armée ?

Il existe une catégorie d'articles dont le véritable sujet n'est jamais celui annoncé par le titre. On croit lire une réflexion sur les dépenses militaires ; on découvre, en réalité, un exercice plus ancien, plus confortable et surtout plus révélateur : expliquer pourquoi certains États auraient naturellement le droit de se préparer à la guerre quand d'autres devraient presque s'excuser de vouloir préparer la paix.

L'article du journal le Point consacré au budget militaire algérien appartient précisément à cette famille d'écrits où le commentaire géopolitique se déguise en évidence morale. Tout commence par une phrase conçue pour produire un réflexe pavlovien : « deuxième armée la plus coûteuse du monde pour un pays qui n'est pas en guerre. » Voilà l'accroche. Voilà le verdict. Le procès est déjà instruit avant même que le lecteur ait ouvert le dossier.

À première vue, la formule paraît frappée au coin du bon sens. Elle est surtout frappée au coin d'un raccourci intellectuel. Car enfin, depuis quand une armée se construit-elle une fois les combats commencés ? Depuis quand la stratégie consiste-t-elle à attendre que les premiers missiles tombent pour découvrir qu'il aurait peut-être fallu former des équipages, entretenir des chaînes logistiques, moderniser les systèmes de défense aérienne ou renouveler une flotte vieillissante ?

Il existe des sophismes si séduisants qu'ils finissent par passer pour des évidences. Celui-ci est de la famille des plus paresseux : « L'Algérie n'est pas en guerre ; pourquoi dépense-t-elle autant pour son armée ? » La phrase est courte, efficace, presque irrésistible. Elle tient dans un titre. Elle ne résiste pourtant pas à cinq minutes de réflexion.

À ce compte-là, pourquoi assurer sa maison avant l'incendie ? Pourquoi financer les pompiers lorsqu'aucune forêt ne brûle ? Pourquoi entretenir une digue tant que la mer demeure calme ? Pourquoi vacciner avant l'épidémie ? Le principe est toujours le même : la prévoyance paraît inutile… jusqu'au jour où son absence coûte infiniment plus cher.

Une armée moderne n'est pas une réaction ; elle est une anticipation. Les doctrines contemporaines de défense reposent sur la dissuasion, la préparation et la crédibilité. Former des pilotes, entraîner des équipages, renouveler des équipements ou bâtir une industrie de défense exige des années, parfois des décennies. Imaginer qu'un État puisse improviser sa sécurité au premier jour d'un conflit relève moins de la stratégie que de la fiction.

Le plus étonnant est que ceux qui tiennent aujourd'hui ce raisonnement n'oseraient jamais l'appliquer aux pays dont ils célèbrent pourtant le réarmement.

Le double standard : quand la géographie change aussi la morale

Depuis 2022, le mot d'ordre est devenu le même dans presque toutes les capitales européennes : réarmer. Berlin débloque des sommes exceptionnelles, Varsovie augmente fortement ses crédits militaires, Paris renforce sa programmation, les pays nordiques accélèrent leurs acquisitions. Les mêmes décisions sont saluées comme des preuves de lucidité stratégique, de responsabilité politique et d'anticipation face à un environnement international dégradé.

Personne ne s'indigne que ces États investissent sans être directement en guerre sur leur territoire. Personne ne réduit leurs choix à une lubie militariste. Au contraire, la préparation est érigée en vertu.

Puis vient l'Algérie. Et soudain, la règle change.

Les mêmes mécanismes de dissuasion deviennent suspects. Les mêmes investissements deviennent excessifs. Les mêmes arguments cessent d'être recevables. Ce qui était présenté comme une nécessité pour les uns devient une anomalie pour les autres.

Il ne s'agit plus d'une différence d'analyse. Il s'agit d'une différence de traitement.

Cette géométrie variable est révélatrice. Les principes ne changent pas ; seuls les acteurs changent. Ce n'est donc pas la logique stratégique qui est contestée, mais la légitimité de celui qui l'applique.

L'ironie est mordante : l'Europe explique depuis des années que la paix se protège par la force de la dissuasion. Mais lorsque cette même logique est revendiquée par un État du Sud, certains découvrent subitement les vertus d'un pacifisme budgétaire dont ils ne se réclament jamais lorsqu'il s'agit de leurs propres gouvernements.

Le véritable enjeu : ce qui dérange n'est pas le budget, mais la souveraineté

Le débat dépasse largement les chiffres. Les budgets militaires sont discutables, comme toutes les politiques publiques. Ils peuvent être critiqués, comparés, évalués. C'est le propre d'une démocratie.

Mais encore faut-il appliquer les mêmes critères à tous.

Or, ce que révèle cette controverse, c'est une difficulté plus profonde : accepter qu'un État non occidental définisse lui-même ses priorités stratégiques, modernise son outil de défense et affirme son autonomie sans que ces choix soient immédiatement interprétés à travers le prisme de la suspicion.

L'Algérie n'évolue pas dans un vide géopolitique. Elle partage des frontières avec une région marquée par des crises prolongées, des trafics transfrontaliers, des groupes armés et des recompositions sécuritaires majeures. On peut débattre du niveau de ses dépenses ; on ne peut sérieusement prétendre que son environnement stratégique serait exempt de risques.

La véritable question est ailleurs : pourquoi le droit d'anticiper serait-il universel lorsqu'il s'exerce à Paris, Berlin ou Varsovie, mais discutable lorsqu'il s'exerce à Alger ?

À cet instant, le débat cesse d'être militaire. Il devient politique. Il révèle une hiérarchie implicite des souverainetés, où certains États seraient spontanément jugés responsables lorsqu'ils renforcent leur défense, tandis que d'autres devraient constamment justifier l'exercice d'un attribut pourtant élémentaire de leur indépendance.

C'est précisément cette hiérarchie qu'il convient de contester.

La souveraineté ne se sollicite pas. Elle ne se négocie pas dans les colonnes d'un éditorial. Elle s'exerce. Une armée crédible ne garantit pas qu'un conflit n’éclate jamais. Elle augmente les chances qu'un adversaire y renonce. C'est le principe même de la dissuasion.

Au fond, la polémique n'a peut-être jamais porté sur le montant d'un budget militaire. Elle révèle surtout une difficulté persistante à regarder l'Algérie comme un acteur stratégique à part entière, capable de définir lui-même ses intérêts et les moyens de les défendre.

Et c'est sans doute là que réside le véritable malaise : non dans l'existence d'une armée moderne, mais dans l'idée qu'elle puisse être le fruit d'une souveraineté pleinement assumée.

À lire, à partager et à méditer (sans majuscules d'État) ! sur https://wahrani31.substack.com/       A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le mythe de la jalousie arabe, africaine contre le Ballon Marocain :

Victimisation autour du foot marocain

À lire certains éditorialistes marocains, le football n'est plus un sport : c'est un test ADN. Si vous n'applaudissez pas le Maroc avec suffisamment d'enthousiasme, c'est que vous êtes jaloux. Si vous restez neutre, vous êtes hostile. Si vous soutenez une autre équipe, vous êtes haineux. Et si par malheur vous êtes arabe ou africain, vous voilà immédiatement enrôlé dans une vaste coalition de rancuniers professionnels ligués contre Rabat.

Quelle performance intellectuelle.

Il fallait oser transformer quelques commentaires de réseaux sociaux, quelques préférences sportives et quelques divergences diplomatiques en une gigantesque théorie de la persécution continentale. Le texte en question y parvient avec un aplomb admirable. On y découvre que des centaines de millions d'Arabes et d'Africains partageraient mystérieusement le même sentiment de jalousie maladive envers le Maroc. Rien que cela.

Le plus fascinant est cette obsession de la haine supposée des autres. À chaque victoire marocaine, certains propagandistes semblent moins préoccupés par le jeu que par la recherche frénétique d'ennemis imaginaires. Le football devient alors une séance collective de psychanalyse inversée : tout désaccord est une agression, toute critique est une jalousie, toute réserve est une preuve d'hostilité.

La vieille recette est connue. Quand les faits résistent, on convoque les émotions. Quand les nuances dérangent, on fabrique des blocs homogènes. « Les Arabes ». « Les Africains ». Comme si ces ensembles humains immenses formaient une seule conscience collective. Comme si un Sénégalais, un Libanais, un Mauritanien, un Irakien ou un Sud-Africain partageaient automatiquement les mêmes opinions, les mêmes intérêts et les mêmes passions footballistiques.

À ce niveau-là, ce n'est plus de l'analyse politique. C'est de l'astrologie géopolitique.

Plus grave encore, le texte prétend expliquer toute réserve envers le Maroc par la seule question de la normalisation avec Israël. Là encore, quelle commodité intellectuelle. Plus besoin de débattre. Plus besoin d'examiner les désaccords réels. Il suffit de décréter que les autres sont mus par une « jalousie viscérale » et le tour est joué.

Ainsi, ceux qui critiquent deviennent jaloux. Ceux qui ne critiquent pas assez les critiques deviennent complices. Ceux qui restent silencieux deviennent suspects. Dans cet univers mental, le Maroc n'a plus de contradicteurs ; il n'a que des envieux.

Une nation sûre d'elle-même n'a pourtant pas besoin de cette dramaturgie permanente. Elle n'a pas besoin de transformer chaque match en référendum existentiel. Elle n'a pas besoin de voir dans chaque tribune étrangère un tribunal hostile. Elle n'a pas besoin de distribuer des certificats d'amitié à ceux qui applaudissent et des certificats de haine à ceux qui se taisent.

Le paradoxe est cruel. À force de dénoncer le mépris des autres, ce discours finit par afficher son propre mépris envers des peuples entiers. À force de combattre les préjugés, il en fabrique de nouveaux. À force de dénoncer les amalgames, il les industrialise.

Le football marocain mérite mieux que cette rhétorique assiégée. Ses succès sont réels. Ses infrastructures existent. Ses performances parlent d'elles-mêmes. Elles n'ont pas besoin d'être emballées dans une légende paranoïaque où le reste du monde passerait son temps à ruminer sa prétendue jalousie.

Car au fond, cette histoire raconte moins la haine des autres que l'angoisse de ceux qui l'inventent.

Et lorsqu'un pays commence à mesurer sa grandeur au nombre d'ennemis qu'il s'imagine, ce n'est plus de la confiance nationale. C'est une fragilité déguisée en fanfare.

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Encore une semaine infernale :

La semaine a débuté par une annonce inattendue du président Donald Trump concernant un « mémorandum d'entente » (MOU) conclu entre les négociateurs américains et iraniens, sous l'égide des médiateurs pakistanais et qataris. Ce mémorandum vise à suspendre les opérations militaires et à entamer soixante jours de discussions en vue d'un accord de paix, fondé sur un plan en quatorze points prévoyant des concessions de part et d'autre. Parmi les principales revendications figurent la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, l'arrêt des attaques israéliennes contre le Liban, la levée des sanctions américaines contre l'Iran et la restitution des avoirs gelés à Téhéran. La signature du mémorandum s'est déroulée par voie électronique par les deux dirigeants, une signature officielle étant initialement prévue en Suisse.

Cependant, des craintes de sabotage israélien ont conduit à un changement de lieu pour une zone plus sûre. La réaction d'Israël a été, comme prévu, agressive : l'État a intensifié ses opérations militaires au Liban et a ignoré les appels au cessez-le-feu du mémorandum. Des responsables israéliens, dont le ministre de la Sécurité nationale, Ben Gvir, ont tenu des propos incendiaires, laissant entrevoir une volonté d'escalader la violence plutôt que de rechercher la paix. Cette position agressive a provoqué une vive réaction de Trump, qui a exprimé sa frustration face aux tactiques « excessives » d'Israël et a rappelé aux dirigeants israéliens que l'Iran avait également le droit de se défendre. Les tensions ont culminé avec un avertissement du vice-président J.D. Vance, qui a conseillé à Israël de ne pas s'aliéner son allié le plus puissant, les États-Unis, par une agression militaire. Les propos de Vance ont mis en lumière la fragilité de l'équilibre des pouvoirs et les répercussions potentielles des actions d'Israël sur les relations israélo-américaines.

En conséquence de la poursuite des actions militaires israéliennes, l'Iran a reporté sa participation à la signature et aux négociations prévues en Suisse, invoquant des violations continues du cessez-le-feu. Cette décision a soulevé des questions quant à la fiabilité des négociations avec les États-Unis et leurs alliés, compte tenu de la méfiance historique de l'Iran, née d'accords antérieurs ayant abouti à des concessions unilatérales sans réciprocité. La directive des dirigeants iraniens de se retirer des pourparlers constitue un obstacle majeur à la mise en œuvre du protocole d'accord, soulignant la nécessité pour les deux parties de faire preuve d'un véritable engagement en faveur de la paix. Les responsables américains, dont le vice-président Vance, ont reconnu la gravité de la situation, sans qu'aucune solution claire ne soit en vue.

Dans ce contexte de turbulences, Trump fait face à une dissidence croissante au sein même de sa base politique, notamment parmi ses partisans les plus fervents pro-israéliens. Des critiques, parmi lesquels d'importants donateurs et des membres du Congrès, ont exprimé leur désapprobation face à toute concession perçue comme une trahison envers l'Iran. Ce conflit interne pourrait compliquer les objectifs de politique étrangère de Trump, d'autant plus qu'il cherche à stabiliser les relations avec l'Iran tout en gérant les pressions exercées par d'influentes factions pro-israéliennes aux États-Unis. De manière générale, il apparaît que les actions d'Israël et la riposte américaine pourraient déterminer l'évolution non seulement du conflit iranien, mais aussi de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient dans son ensemble, avec des répercussions susceptibles d'influencer les prochaines élections et les relations internationales.

Source : https://www.unz.com/pgiraldi/another-week-from-hell/

 

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Texte intégral du Mémorandum d'entente d'Islamabad entre la République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique :

 

La République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique, conjointement et de bonne foi,  sont convenus de ce qui suit le 18 juin 2026 :
 
1. La République islamique d'Iran, les États-Unis d'Amérique et leurs alliés dans le conflit actuel, en signant le présent mémorandum d'entente, déclarent la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et s'engagent à ne plus engager de guerre ni d'opération militaire les uns contre les autres, à s'abstenir de toute menace ou recours à la force, et à garantir l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban. L'accord final confirmera la fin définitive de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que les autres dispositions du présent article.
 
2. La République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique s'engagent à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'autre et à s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de l'autre.
 
3. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique s’engagent à mener des négociations et à parvenir à un accord final dans un délai maximal de 60 jours, prolongeable d’un commun accord.
 
4. Dès la signature du présent mémorandum d'entente, les États-Unis d'Amérique lèveront leur blocus naval et cesseront toute forme de harcèlement ou d'obstruction à l'encontre de la République islamique d'Iran, et mettront fin définitivement au blocus naval dans un délai de 30 jours. Pendant cette période, le trafic maritime sera proportionnel au volume de trafic d'avant-guerre tel qu'établi par la République islamique d'Iran. Les États-Unis d'Amérique s'engagent également à retirer leurs forces militaires de la zone périphérique de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant la signature de l'accord définitif.
 
5. Dès la signature du présent mémorandum d'entente, la République islamique d'Iran mettra tout en œuvre pour assurer le passage gratuit et sécurisé des navires commerciaux, pendant une durée de 60 jours seulement, entre le golfe Persique et la mer d'Oman. Le trafic maritime commercial débutera immédiatement et sera rétabli dans un délai de 30 jours, sous réserve de la levée des obstacles techniques et militaires et du déminage par la République islamique d'Iran. La République islamique d'Iran négociera avec le Sultanat d'Oman afin de déterminer la future administration et les services maritimes dans le détroit d'Ormuz, conformément au droit international applicable et aux droits souverains des États riverains du détroit d'Ormuz, et consultera également les autres États riverains du golfe Persique.
 
6. Les États-Unis d'Amérique s'engagent, de concert avec leurs partenaires régionaux, à élaborer un programme définitif, convenu par les deux parties, pour la reconstruction et le développement économique de la République islamique d'Iran, prévoyant un financement d'au moins 300 milliards de dollars. Les modalités de mise en œuvre de ce programme seront finalisées dans le cadre de l'accord final, dans un délai de 60 jours. Les États-Unis d'Amérique fourniront toutes les autorisations, dérogations et licences nécessaires aux transactions financières concernées.
 
7. Les États-Unis d'Amérique s'engagent à lever toutes les sanctions imposées à la République islamique d'Iran, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, les résolutions du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique et toutes les sanctions unilatérales américaines, primaires et secondaires, selon un calendrier convenu dans le cadre de l'accord final. La République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique reconnaissent l'importance fondamentale de la levée des sanctions mentionnée ci-dessus et expriment leur intention d'aborder rapidement ces questions dans le cadre des négociations afin de parvenir à un accord mutuel.
 
8. La République islamique d'Iran réaffirme qu'elle ne produira ni n'acquerra d'armes nucléaires. La République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique sont convenus que le statut des matières enrichies stockées sera réglé selon un mécanisme convenu par les deux parties et conformément au calendrier prévu à la clause 7, au moins par dilution sur place, sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Les deux parties conviennent également de discuter de la question de l'enrichissement et d'autres sujets d'intérêt commun liés aux besoins nucléaires de la République islamique d'Iran, dans le cadre d'un accord final satisfaisant. L'accord final confirmera les dispositions de la présente clause. La République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique reconnaissent l'importance fondamentale des questions nucléaires susmentionnées et expriment leur intention de les aborder rapidement lors des négociations afin de parvenir à un accord mutuel.
 
9. La République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique conviennent de maintenir le statu quo jusqu'à la conclusion d'un accord définitif ; la République islamique d'Iran maintiendra le statu quo en ce qui concerne son programme nucléaire, et les États-Unis d'Amérique n'imposeront aucune nouvelle sanction contre l'Iran ni ne déploieront de forces militaires supplémentaires dans la région.
 
10. Les États-Unis d'Amérique s'engagent à délivrer immédiatement des dérogations du Département du Trésor pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétrochimiques et de leurs dérivés, ainsi que pour tous les services connexes, y compris les transactions bancaires, l'assurance, le transport, etc., dès la signature du présent protocole d'accord et jusqu'à la levée des sanctions.
 
11. Les États-Unis d'Amérique s'engagent à mettre intégralement à disposition les fonds et avoirs limités ou bloqués de la République islamique d'Iran dès la mise en œuvre du présent mémorandum d'entente. Les États-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran conviendront d'un commun accord des modalités de déblocage de ces fonds au cours des négociations. Ces fonds, qu'ils soient détenus sur le compte principal ou transférés, devront être pleinement utilisables pour le paiement à tout bénéficiaire final désigné par la Banque centrale de la République islamique d'Iran. Les États-Unis d'Amérique s'engagent à délivrer toutes les autorisations et licences nécessaires à cet égard.
12. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique conviennent d’établir un mécanisme exécutif pour surveiller la mise en œuvre réussie du présent mémorandum d’entente et le respect futur de l’accord final.
 
13. Après la signature du présent mémorandum d’entente et sous réserve du début de la mise en œuvre des clauses 1, 4, 5, 10 et 11 du présent mémorandum et de la poursuite de ces actions, la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique entameront exclusivement des négociations sur les clauses restantes de l’accord final.
 
14. L’accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations Unies.
 

La véritable défaite n’est pas celle de l’Iran : quand les prophètes du déclin réécrivent l'Histoire :


 Présenté comme une victoire occidentale, l'accord avec l'Iran révèle surtout les limites de la stratégie américaine et israélienne. Derrière les récits médiatiques de « défaite iranienne » se cache une réalité géopolitique bien différente : échec des objectifs militaires, discrédit diplomatique de Washington et persistance du double standard occidental.

Quand le récit médiatique s'éloigne des faits

Parler aujourd'hui de « défaite stratégique iranienne », comme le répètent en boucle les chaînes d'information, les experts de plateau et les réseaux sociaux, relève davantage de la communication politique que de l'analyse géopolitique. Il faut reconnaître un talent à certains éditorialistes contemporains : celui de transformer le moindre communiqué diplomatique en chute de Rome, le moindre compromis en Munich, le moindre cessez-le-feu en apocalypse civilisationnelle.

À les lire, Versailles ne serait plus Versailles mais une annexe de Téhéran, les États-Unis auraient déposé les armes devant les mollahs et l'Occident, dans un accès soudain de masochisme historique, aurait organisé sa propre reddition dans la galerie des Glaces.

Rien que cela. Une question simple mérite pourtant d'être posée : qui a réellement perdu ?

Depuis des mois, Benjamin Netanyahu promettait la destruction du programme nucléaire iranien, l'affaiblissement durable du régime et l'effondrement de son influence régionale. Donald Trump a fait sienne cette stratégie de confrontation en s'alignant sur les objectifs du gouvernement israélien.

Or aucun de ces objectifs n'a été atteint.

Le régime iranien est toujours en place. Son appareil d'État fonctionne. Son influence régionale demeure. Son programme nucléaire n'a pas été démantelé. Les sanctions sont allégées. Les avoirs gelés sont progressivement débloqués et de nouvelles perspectives économiques s'ouvrent. Depuis quand appelle-t-on cela une défaite ?

Les faits contredisent le récit officiel

Dans l'histoire des conflits, le vaincu paie généralement le prix de la guerre.

Il verse des réparations, cède des territoires ou accepte les conditions imposées par son adversaire. Or nous assistons ici à l'inverse.

Des fonds iraniens gelés sont débloqués. Des mécanismes de compensation économique sont évoqués. Le rôle stratégique du détroit d'Ormuz demeure intact. Si l'on s'en tient aux résultats concrets plutôt qu'aux slogans, le récit d'une capitulation iranienne devient difficile à soutenir.

Le JCPOA : une vérité que beaucoup préfèrent oublier

L'un des angles morts du débat concerne l'accord nucléaire de 2015.

Au moment de sa signature, les experts internationaux considéraient que l'Iran avait accepté le régime d'inspection le plus intrusif jamais appliqué à un État souverain.

Contrairement à une idée largement diffusée, l'Iran n'a jamais produit d'arme nucléaire. Les agences de renseignement américaines elles-mêmes ont régulièrement indiqué ne disposer d'aucune preuve démontrant l'existence d'un programme actif de fabrication d'armes nucléaires.

La rupture majeure ne fut pas iranienne. Elle fut américaine.

C'est Washington qui s'est retiré unilatéralement du JCPOA. C'est Washington qui a rétabli les sanctions. C'est Washington qui a démontré que sa signature diplomatique pouvait être annulée au gré des changements politiques internes.

Le véritable dommage stratégique est peut-être là : dans l'affaiblissement de la crédibilité américaine.

Le double standard occidental

Cette crise met également en lumière une contradiction rarement évoquée.

On exige de l'Iran qu'il renonce définitivement à toute capacité de dissuasion stratégique. Dans le même temps, la seule puissance nucléaire effective de la région échappe à tout contrôle international comparable.

On invoque le droit international lorsqu'il s'agit de condamner certains États, mais on devient soudain beaucoup plus discret lorsqu'il est question de bombardements, d'occupations ou d'opérations militaires menées par des alliés occidentaux.

Cette asymétrie n'échappe plus au reste du monde.

Et c'est précisément ce qui explique l'érosion croissante de l'influence morale et politique de l'Occident sur la scène internationale.

La paix imparfaite vaut mieux que le chaos parfait

Les partisans de l'escalade militaire évitent généralement une question essentielle : quelle était l'alternative ?

Une guerre régionale durable. La fermeture du détroit d'Ormuz. Une explosion des prix de l'énergie. Une crise économique mondiale dont les Européens auraient été parmi les premières victimes.

La négociation n'est pas toujours une victoire éclatante. Elle est souvent le choix pragmatique permettant d'éviter une catastrophe plus grande encore. Présenter chaque compromis diplomatique comme une capitulation relève davantage de l'idéologie que du réalisme.

La véritable leçon de cette crise

La véritable leçon de cette séquence n'est pas la prétendue défaite de l'Iran. C'est l'écart grandissant entre le récit médiatique occidental et la réalité observée par une grande partie du monde. Les peuples regardent les faits. Ils voient qui a rompu les accords. Ils voient qui impose les sanctions. Ils voient qui dispose de l'arme nucléaire. Ils voient qui bombarde. Ils voient qui invoque le droit international et qui l'applique à géométrie variable.

À force de confondre communication et réalité, certains commentateurs finissent par prendre leurs propres récits pour l'Histoire. Mais l'Histoire, elle, est toujours plus têtue que la propagande.

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A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  

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Le crucifix comme arme, le voile comme procès : nouvelle religion républicaine!

Une balance qui ne pèse que d'un côté : L'auteur d’une presse se présente en gardien de la laïcité, scandalisé qu'un maire bénisse le voile et maudisse le crucifix. Mais avant d'accuser la balance du voisin d'être faussée, il faudrait vérifier la sienne.

Chez lui, le crucifix n'est jamais une provocation ni un instrument : il tombe du ciel, pur et incontestable. Le voile, en revanche, devient instantanément pétromonarchie, séparatisme, programme civilisationnel. Deux poids, deux mesures  et une seule conscience pour ne pas s'en apercevoir. « Pourquoi regardes-tu la paille dans l'œil de ton frère, et ne vois-tu pas la poutre dans le tien ? »

L'auteur affirme implicitement qu'une femme portant le voile adhère nécessairement à l'ensemble des prescriptions les plus radicales attribuées à l'islam : soumission des femmes, mise à mort des apostats, hostilité aux juifs et aux chrétiens, etc.

Or c'est un raisonnement absurde : Si l'on applique la même logique à toutes les religions, porter une croix signifierait approuver les croisades, l'Inquisition, les bûchers pour hérésie ou l'interdiction historique du divorce. Porter une kippa signifierait approuver toutes les positions des gouvernements israéliens passés ou présents. Personne ne raisonne ainsi.

Un signe religieux n'est jamais la totalité d'une théologie, encore moins la totalité d'une histoire religieuse. L'auteur réclame pour le voile un traitement qu'il refuse aux autres symboles religieux.

Ce nouveau pharisien prétend parler de laïcité mais glisse constamment vers une dénonciation civilisationnelle. On ne parle plus de citoyens mais de « Nouvelle France », de « pétromonarchie », de « prophétariat », de populations supposément incompatibles avec la République.

Une femme jugée sans avoir été entendue : Au centre de cette fresque, il y a elle. La musulmane voilée. On ne lui demande ni son nom, ni ses raisons, ni son histoire : elle est condamnée avant d'être écoutée. C'est exactement la scène que l'Évangile retourne contre ses juges  celle de la femme qu'on amène devant le Christ pour qu'il la condamne, et à qui il répond : « Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Notre auteur n'a pas cette pudeur. Il a déjà la pierre en main. Et il la jette sur une inconnue, transformée en symbole parce que cela sert mieux sa démonstration qu'un visage réel.

L'excommunication sans procès : Le texte va plus loin encore : il évoque un « prophétariat » qui aurait remplacé le prolétariat, une gauche en quête désespérée d'un nouveau peuple après la défection de l'ancien. C'est une excommunication collective, prononcée sans nommer une seule âme, qui frappe toute une congrégation  les musulmans pratiquants, les femmes voilées  du sceau de l'hérésie civilisationnelle. Même l'Inquisition instruisait des procès, fussent-ils des simulacres. Ici, on condamne sans même convoquer l'accusée à la barre.

L'arme qu'on absout, le procès qu'on instruit : On nous promettait une leçon de laïcité. On nous a livré un catéchisme à sens unique, où la croix est sanctuaire et le voile un aveu de culpabilité. La République, comme le Royaume qu'invoque l'Évangile, ne demande pas de choisir son saint patron contre celui du voisin. Elle demande quelque chose de plus dur, et de plus simple : que chacun commence par nettoyer le dedans de sa propre coupe, avant d'aller inspecter celle des autres.

Le pharisien d'Ivry-sur-Seine ne s'appelle ni le maire, ni l'élu d'opposition. Il tient la plume. Qui sont les vrais pharisiens ?

 

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Évian à l’envers : quand les nostalgiques de l’Empire réécrivent l’Histoire :

Il existe en France une école de pensée singulière : celle qui transforme les bénéficiaires de la colonisation en victimes de l’Histoire et les colonisés en accusés permanents. La chronique de Xavier Driencourt en est une illustration presque parfaite.

Le procédé est simple. On efface cent trente-deux années de colonisation, les expropriations, le Code de l’indigénat, les massacres et les inégalités structurelles. Puis on réduit toute la question algérienne à un débat technique sur la double nationalité. La violence d’un système colonial disparaît derrière les subtilités d’un dossier administratif.

Le tour de passe-passe est habile. Mais il ne résiste pas à l’examen.

Le grand oubli de la colonisation

L’argument central de l’ancien ambassadeur est connu : l’Algérie aurait refusé la double nationalité aux Européens en 1962, mais réclamerait aujourd’hui la protection de ses ressortissants ou de ses binationaux à l’étranger. Présenté ainsi, le raisonnement semble cohérent.

Le problème est qu’il repose sur un oubli colossal : en 1962, l’Algérie ne sortait pas d’un colloque universitaire sur le droit des nationalités. Elle sortait d’une guerre de libération contre une puissance coloniale. Cette réalité change tout.

Les Européens d’Algérie n’étaient pas une minorité comparable à n’importe quelle autre. Ils constituaient le groupe dominant d’un ordre colonial qui accordait les droits les plus étendus à certains et les refusait à la majorité autochtone. Faire aujourd’hui comme si colonisateurs et colonisés occupaient exactement la même position historique relève moins de l’analyse que de la réécriture.

Une indépendance n’est pas une formalité notariale

Ce qui semble surtout déranger certains commentateurs, c’est que le FLN ait affirmé l’existence d’un peuple algérien avant 1830. Pourtant, toute la guerre d’indépendance reposait sur ce principe fondamental : l’Algérie existait avant la conquête française et continuait d’exister malgré elle.

Sans cette évidence, la colonisation se transforme miraculeusement en simple opération de gestion territoriale :

  • Les canons deviennent des actes administratifs.
  • Les conquêtes deviennent des formalités.
  • Les peuples deviennent des détails.
L’absurdité de cette lecture saute aux yeux.

Aucune nation sortie de la domination coloniale n’a bâti sa souveraineté sur le maintien des structures politiques héritées de la colonisation. Exiger cela de l’Algérie revient à lui reprocher d’avoir voulu être indépendante.

Le paradoxe de la loyauté et de la double nationalité

Le plus étonnant reste cependant ailleurs. Dans le même texte, on affirme défendre les descendants des Européens d’Algérie tout en s’interrogeant sur la loyauté des Franco-Algériens : Sont-ils vraiment français ? Se sentent-ils davantage algériens ? Que feraient-ils en cas de conflit entre les deux pays ? Depuis des décennies, ces questions reviennent avec une régularité obsessionnelle.

Ainsi, les descendants d’Algériens seraient parfois trop algériens pour être considéres comme pleinement français, mais suffisamment français lorsqu’il s’agit de les utiliser comme argument contre l’Algérie. La contradiction est si flagrante qu’elle en devient ironique.

Le véritable retournement de l’Histoire

Le véritable paradoxe n’est pas celui que pointe Xavier Driencourt. Le véritable paradoxe est qu’une partie de l’élite française continue de regarder l’Algérie avec les lunettes de 1962 tout en exigeant qu’elle raisonne selon les catégories politiques actuelles. Il est là, le refus d'accepter un fait pourtant élémentaire : l’Algérie n’a pas été créée par les Accords d’Évian. Les Accords d’Évian ont simplement consacré l’échec d’un projet colonial qui prétendait la nier.

Une nostalgie qui refuse de mourir

Au fond, cette chronique nous apprend moins de choses sur l’Algérie que sur certaines obsessions françaises. Elle révèle une difficulté persistante à regarder le passé colonial autrement qu’à travers le prisme de la perte. Comme si l’indépendance algérienne demeurait, pour certains, une anomalie historique qu’il faudrait encore expliquer ; comme si les anciens colonisés devaient éternellement justifier leur liberté.

Mais l’Histoire est têtue. Et son verdict est connu depuis longtemps. L’Algérie n’a pas demandé la permission d’exister. Elle a imposé son existence. C’est précisément ce que certains n’ont toujours pas pardonné.

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Trump prétend pouvoir négocier mieux. Le problème est simple : il doit aujourd’hui réparer ce qu’il a lui-même cassé.

Donald Trump promet un accord nucléaire avec l’Iran « meilleur » que celui de 2015. Il se retrouve face à un Iran plus puissant, plus méfiant et moins enclin aux concessions.  

Le grand retour du démolisseur

Donald Trump revient sur le dossier nucléaire iranien avec une promesse familière : obtenir un accord « bien meilleur » que celui signé sous Barack Obama. L'affirmation a de quoi surprendre. Car l’homme qui se présente aujourd’hui comme l’artisan d’une solution est aussi celui qui, en 2018, a méthodiquement détruit l’accord existant.

L'histoire ressemble à celle d'un entrepreneur qui dynamite un pont parfaitement fonctionnel avant de revenir quelques années plus tard expliquer qu'il est le mieux placé pour le reconstruire. Le problème n'est pas le manque d'audace. C'est le manque de mémoire.

Un accord imparfait, mais efficace

L'accord de 2015 n'était pas parfait. Aucun compromis international ne l'est.

Mais après vingt mois de négociations impliquant les États-Unis, les Européens, la Russie, la Chine et l'Iran, il avait au moins atteint un objectif essentiel : limiter strictement le programme nucléaire iranien et instaurer un système de contrôle sans précédent.

Puis Donald Trump a décidé de le déchirer.

Au nom de la « pression maximale », Washington a rétabli les sanctions et promis que Téhéran finirait par céder.

Huit ans plus tard, le constat est cruel : le régime iranien est toujours là.

En revanche, la confiance a disparu, les tensions se sont aggravées et le programme nucléaire iranien est devenu plus avancé qu'au moment où l'accord a été abandonné.

Une victoire stratégique dont les résultats restent désespérément invisibles.

Le paradoxe Trump

C'est toute l'ironie de la situation Donald Trump cherche aujourd'hui à obtenir davantage de concessions auprès d'un Iran plus puissant qu'en 2015. Il veut négocier un meilleur accord avec moins de crédibilité.

Car une question demeure : pourquoi Téhéran ferait-il confiance à Washington ?

Pourquoi signer un engagement présenté comme durable quand un changement politique à la Maison-Blanche peut suffire à le réduire en miettes ?

La diplomatie repose sur la confiance autant que sur le rapport de force. Or le retrait américain de 2018 a profondément fragilisé les deux.

Quand le slogan remplace la stratégie

Le trumpisme aime se présenter comme une école du réalisme. Pourtant, sur le dossier iranien, il a souvent privilégié le coup d'éclat à la patience diplomatique, la communication à la stratégie et l'affichage politique à la continuité de l'État. Le résultat est saisissant : Washington tente aujourd'hui de reconstruire ce qu'il avait présenté hier comme une catastrophe.

Le fameux « meilleur accord » promis depuis des années ressemble de plus en plus à une tentative de recréer, sous un autre emballage, ce qui existait déjà avant sa destruction.

Une décennie perdue

C'est peut-être là le véritable bilan de cette séquence. Après avoir vendu la rupture comme un acte de force historique, Donald Trump découvre qu'il est infiniment plus difficile de bâtir que de démolir.

S'il obtient un accord, son succès sera jugé à sa capacité de restaurer une stabilité qui existait déjà avant son retrait.

Autrement dit, après des années de tensions, de sanctions et de démonstrations de force, le plus grand exploit diplomatique du président américain pourrait être de revenir au point de départ. Une décennie perdue pour apprendre une leçon pourtant élémentaire : en diplomatie comme ailleurs, casser est facile. Réparer l'est beaucoup moins.

 

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Le mirage de Versailles : Quand la diplomatie française se prend pour un fast-food de luxe:

I. Le théâtre des vanités : Des dorures pour masquer la reculade

Emmanuel Macron vient d’offrir les ors du château de Versailles à Donald Trump sous prétexte de célébrer l’indépendance américaine. Le décor était somptueux, digne des plus grandes heures de la monarchie. Problème : si le plateau de cinéma était impeccable, le scénario, lui, a été écrit à la va-vite sur un coin de table par l'Oncle Sam.

Derrière les embrassades, la presse internationale ne s'y trompe pas : le fameux accord en 14 points signé avec l'Iran directement au milieu des dorures ressemble fort à une capitulation en habit de lumière. En figeant les positions au Liban et en ouvrant la voie à la levée du blocus, Washington efface ses propres lignes rouges. C'est le triomphe du cynisme transactionnel. Applaudir ce texte comme « un pas dans la bonne direction » relève d'une flagornerie pathétique envers un président américain qui a traité Versailles de « vrai truc, pas de la feuille d'or », tout en menaçant la veille de taxer le vin français à 100 %.

L'ombre des Gilets jaunes : Pour la presse anglo-saxonne, la véritable boussole de cette rencontre ne se trouvait pas dans les traités d'histoire, mais à la pompe à essence. Éviter un embrasement social en France grâce à la réouverture du détroit d'Ormuz valait bien toutes les courbettes du monde à Versailles.

II. Du Traité de 1919 au comptoir du McDo : L'ironie de l'histoire

À moins d'un an de la fin de son mandat, Emmanuel Macron cherche désespérément à sculpter sa statue pour la postérité. Les correspondants étrangers s'en amusent follement : il faut un sens de l'humour très particulier pour faire signer à Trump un accord de désengagement à Versailles, lieu historique par excellence de la capitulation et de la négociation forcée.

Mais les mises en scène ne dateront pas le bilan. Des promesses d'éthique balayées par l'affaire Benalla aux caisses de l'État vidées par une dette record, la réalité nationale est têtue. Cette manie d'utiliser les hauts symboles de la France pour "se faire mousser" auprès d'hôtes étrangers frise le ridicule. C'est l'histoire d'un chamelier qui montre les pyramides à un riche touriste américain en lui faisant croire que son grand-père a posé les pierres...

La presse de gauche a beau crier à l'attitude « obséquieuse », la vérité est encore plus cruelle : la cantine officielle de la Start-up nation, ce n'est pas Versailles, c'est le fast-food. Cela tombe bien, l'hôte américain adore les hamburgers !

En fin de compte, la diplomatie française aura joué le rôle de garçon de café de luxe. Le grand succès revendiqué par l'Élysée ? Avoir réussi à retenir Trump jusqu'à la fin du G7 d'Évian grâce à la promesse d'un bon dîner. À part avoir servi de resto et réglé l'addition, cette diplomatie du spectacle n'aura strictement servi à rien.

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