Mabouls : anatomie d’une polémique fabriquée :

Un mot peut déclencher une polémique. Il peut aussi servir de prétexte. Le terme « mabouls », attribué au président de la République dans un moment d’agacement, a offert à certains commentateurs une occasion rêvée : non pas interroger le fond des relations franco-algériennes, mais relancer un récit bien connu. Celui d’une France supposément humiliée, toujours placée en position de faiblesse face à Alger. C'est une vielle technique des mabouls des extrémistes.

La maison France soigne sa clientèle, avec des médecins Algériens et ce glissement mérite qu’on s’y arrête. Car il repose sur une confusion entretenue entre deux registres pourtant distincts : d’un côté, la critique légitime des choix diplomatiques ; de l’autre, une lecture idéologique qui réduit toute stratégie à une posture morale. Dans cette logique, la fermeté devient une vertu absolue, la nuance suscite la méfiance, et la complexité passe pour un renoncement.

Or les relations entre la France et l’Algérie se prêtent mal à ce type de simplifications. Elles s’inscrivent dans une histoire dense, marquée par la colonisation, la guerre, les mémoires concurrentes, mais aussi par de fortes interdépendances contemporaines : humaines, économiques, sécuritaires. Imaginer qu’une politique étrangère puisse s’y déployer uniquement au nom de la « dignité » ou du « rapport de force » relève moins de l’analyse que de l’incantation.

L’un des ressorts du texte incriminé consiste d’ailleurs à figer une déclaration de 2017 la qualification de la colonisation comme « crime contre l’humanité »  pour en faire la clé explicative de toute une politique. Une telle lecture, linéaire et orientée, écarte d’emblée les évolutions, les contraintes et les ajustements propres à toute action diplomatique. Elle transforme un moment de campagne en grille unique de lecture, au prix d’un net appauvrissement du réel.

Plus encore, cette rhétorique remplace souvent l’analyse par une mise en scène. Les mots employés « capitulation », « servilité », « abaissement »  ne décrivent pas une situation : ils cherchent à provoquer une émotion. Ils visent à installer un sentiment d’humiliation nationale à partir d’éléments sélectionnés puis amplifiés. Ce faisant, ils ferment la possibilité d’un débat rationnel sur les marges de manœuvre réelles de l’État.

Cela ne veut pas dire que toute critique de la politique française envers l’Algérie serait infondée. Les tensions existent, les désaccords sont réels, et certaines décisions peuvent parfaitement être contestées. Encore faut-il le faire sans céder au récit totalisant, où chaque geste devient une preuve, chaque nuance une trahison, chaque contrainte un aveu de faiblesse.

Il est d’ailleurs révélateur que, dans ce type de discours, l’Algérie apparaisse moins comme un acteur à part entière que comme le miroir des inquiétudes françaises. Elle devient le support d’une interrogation identitaire : que serions-nous devenus si nous ne savons plus « dire non » ? La question peut être légitime. Mais elle mérite mieux qu’une scénographie polémique.

Une politique étrangère ne se juge ni à l’intensité des formules ni à la satisfaction des réflexes d’orgueil. Elle s’évalue à sa cohérence, à ses résultats et à sa capacité à défendre des intérêts dans un environnement contraint. À cet égard, remplacer l’analyse par l’invective n’éclaire pas le débat public : cela l’appauvrit.

Quant à revendiquer ironiquement l’étiquette de « mabouls », cela peut relever d’une stratégie de communication. Mais cela ne dispense pas de répondre à la question essentielle : que propose-t-on, concrètement, pour améliorer une relation bilatérale dont chacun reconnaît la complexité ? C’est peut-être là que le vrai débat commence.

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça

 https://kadertahri.blogspot.com/

 

Analyse par I.A du Livre Comprendre le Diabète :

 

Je voudrai présenter mon livre après une analyse critique en I.A (Gemini Google)

L'ouvrage de Kader Tahri, Comprendre le Diabète (Éditions du Menhir), se distingue dans la littérature médicale vulgarisée par son approche pédagogique et humaniste. Contrairement à des manuels purement cliniques, il cherche à créer un pont entre le savoir médical complexe et le quotidien du patient.

Voici une analyse critique structurée de l'œuvre :

1. L'Approche Pédagogique : La Clarté avant tout

Le point fort du livre réside dans sa capacité à démythifier une pathologie souvent perçue comme une fatalité. Kader Tahri utilise un langage accessible sans pour autant tomber dans le simplisme.

  • Structure didactique : L'auteur segmente l'information de manière logique (mécanismes biologiques, types de diabète, complications et traitements).
  • Le rôle de l'insuline : L'explication du métabolisme du glucose est particulièrement réussie, permettant au lecteur de comprendre non pas seulement quoi faire, mais pourquoi le faire.

2. Un Plaidoyer pour l'Autonomie du Patient

Plus qu'un simple exposé technique, l'ouvrage est un guide vers l'empowerment (l'autonomisation).

  • L'éducation thérapeutique : Tahri insiste sur le fait que le patient est le premier acteur de son traitement. Il met l'accent sur l'auto-surveillance glycémique et l'interprétation des résultats.
  • Aspect psychologique : L'auteur n'oublie pas la charge mentale liée à la maladie chronique, abordant le vécu émotionnel du diabétique, un aspect parfois négligé par les ouvrages purement techniques.

3. Analyse de l'Hygiène de Vie

L'ouvrage consacre une part importante à la "triade" du traitement : Alimentation, Activité Physique et Médication.

Pilier

Analyse de l'approche de Tahri

Nutrition

Pragmatique. Il évite les régimes restrictifs punitifs pour privilégier l'équilibre glycémique.

Sport

Présenté comme un "médicament naturel", avec des conseils sur la gestion de l'effort.

Médical

Une explication claire des antidiabétiques oraux et de l'insulinothérapie.

 

4. Points de Vigilance et Limites

Bien que l'ouvrage soit une excellente introduction, on peut noter quelques points à nuancer :

  • Évolution technologique : Le domaine du diabète évolue très vite (capteurs de glucose en continu, pompes à insuline intelligentes). Selon l'édition que vous avez en main, certains aspects technologiques peuvent paraître légèrement en retrait par rapport aux dernières innovations de 2024-2025.
  • Généralisation : Comme tout ouvrage de vulgarisation, il propose des conseils généraux. Le diabète étant une maladie extrêmement personnalisée, la lecture doit impérativement s'accompagner d'un suivi médical strict.

Synthèse Critique

Comprendre le Diabète est un outil précieux pour toute personne venant d'être diagnostiquée ou pour l'entourage souhaitant mieux comprendre les enjeux de la maladie. Kader Tahri réussit le pari de transformer l'angoisse du diagnostic en une volonté d'action. C'est un livre qui ne se contente pas de décrire une pathologie, il enseigne à vivre avec.

Note importante : Ce livre est un excellent complément à la relation médecin-patient, mais il ne remplace en aucun cas les prescriptions personnalisées de votre endocrinologue.

C'est un plaisir et un honneur d'échanger directement avec vous, Monsieur Tahri. Félicitations pour ce travail de vulgarisation qui, comme nous l'avons souligné, remplit une mission d'intérêt public essentielle.

Actualiser un ouvrage médical est un défi stimulant, car le paysage de la diabétologie a radicalement changé ces cinq dernières années. Pour que votre nouvelle version soit à la pointe de l'état de l'art en 2026, voici les axes de mise à jour que je vous suggère d'explorer :

1. La Révolution Technologique (La "Boucle Fermée")

C’est sans doute le chapitre qui nécessite la plus grosse refonte.

·         Systèmes automatisés : Développer davantage sur les pompes à insuline couplées aux capteurs de glucose en continu (CGM) via des algorithmes (le "pancréas artificiel").

·         Interprétation des données : Passer de la simple lecture de la glycémie capillaire à la compréhension du TIR (Time in Range) ou "Temps dans la cible", qui est devenu le nouveau standard de suivi plus pertinent que la seule HbA1c.

2. Les Nouvelles Classes Thérapeutiques

La pharmacologie a fait des bonds de géant, notamment pour le diabète de type 2 :

·         Analogues du GLP-1 et GIP : Ces molécules (comme le Tirzépatide ou le Sémaglutide) ont transformé la gestion du poids et de la protection cardiorénale.

·         Inhibiteurs des SGLT2 (Gliflozines) : Un incontournable aujourd'hui pour la protection du rein et du cœur, à intégrer absolument dans vos recommandations de traitement.

3. La Nutrition 2.0 : Personnalisation et Microbiote

L'approche nutritionnelle est devenue moins rigide :

·         Index Glycémique vs Charge Glycémique : Approfondir la nuance pour plus de flexibilité alimentaire.

·         Microbiote intestinal : Intégrer les recherches récentes sur le lien entre la flore intestinale, l'inflammation et l'insulinorésistance.

4. L'Aspect Psychologique et l'Épuisement (Burnout)

Le concept de "Diabetes Distress" (détresse liée au diabète) est désormais mieux identifié.

·         Ajouter une section sur la gestion mentale de la chronicité pour éviter l'épuisement thérapeutique, un sujet très attendu par les patients en 2026.

Suggestions pour la structure de votre nouvelle édition

Section

Ajout suggéré

Valeur ajoutée

Outils

Intégration des applications mobiles et de la télésanté.

Modernité et connectivité.

Prévention

Focus sur la rémission (et non plus seulement le traitement) du DT2.

Espoir et action concrète.

Pratique

Fiches "Réflexes" pour les situations d'urgence ou le voyage.

Utilité immédiate.

Un petit conseil d'expert "IA"

Pour cette nouvelle version, vous pourriez envisager d'inclure des QR codes en fin de chapitre renvoyant vers des vidéos explicatives ou des schémas interactifs. Cela transformerait votre livre papier en un outil hybride très puissant.

 

Par A. Kader Tahri – Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça
https://kadertahri.blogspot.com/

 


Avec Boualem Sansal : La France assiégée… par ses propres fantasmes :

À lire certains pamphlets en circulation, la France ne serait plus qu’un champ de ruines intellectuel, livré à une police de la pensée aussi sournoise qu’omnipotente. Non pas une dictature franche  ce serait trop simple  mais une tyrannie feutrée, mondaine, parfumée aux dîners de Saint-Germain-des-Prés. Là, entre deux verres et trois signatures en maison d’édition, se jouerait rien de moins que l’effacement civilisationnel du pays. Le tableau est séduisant. Il est surtout fictif.
Ce type de discours ne décrit pas la réalité, mais la met en scène. Il prend des désaccords et les transforme en preuves de persécution, en tentatives d'épuration. La vie intellectuelle n'est plus un espace de débat, mais un théâtre d'opérations où les adversaires sont transformés en traîtres.
Chaque désaccord devient une preuve de persécution, chaque critique une tentative d’épuration. À ce niveau d’exagération, la vie intellectuelle n’est plus un espace de débat, mais un théâtre d’opérations.
Le procédé est grossier mais efficace : convoquer les heures les plus sombres de l’histoire pour donner du poids à des querelles présentes. Comparer des écrivains ou des éditeurs à des collaborateurs des années 1940 n’a aucun sens historique ; en revanche, cela produit un effet immédiat. L’adversaire n’est plus un contradicteur, il devient un traître. Et face à un traître, on ne discute pas, on condamne.
À cette mécanique s’ajoute un lexique de sidération. Le terme « islamofascisme », répété comme une incantation, fonctionne moins comme un concept que comme un raccourci émotionnel. Il permet de tout amalgamer, de tout dramatiser, de tout simplifier. La complexité du réel sociale, politique, religieuse  est écrasée au profit d’un récit unique : celui d’une menace globale, indistincte, omniprésente.
Et puis il y a cette vision étrangement figée de la culture française, ramenée à un récit identitaire simplifié, parfois jusqu’à invoquer la Chanson de Roland comme matrice fondatrice d’un affrontement éternel.  
Dans ce paysage saturé de fantasmes, certaines figures sont instrumentalisées jusqu’à l’épuisement. Boualem Sansal en fait aujourd’hui les frais. Non pas qu’il faille s’interdire de le lire ou de le défendre  bien au contraire  mais encore faut-il refuser d’en faire un totem. Car le propre d’un totem, c’est d’écraser toute discussion : soit on s’incline, soit on blasphème.
Il y a une vieille remarque, attribuée à des milieux militaires, selon laquelle il existerait deux types d’antimilitaristes : ceux qui n’y connaissent rien, et ceux qui connaissent trop bien la machine pour s’en méfier lucidement. Les premiers s’agitent, les seconds inquiètent.
C’est précisément cette ambiguïté que certains projettent aujourd’hui sur Sansal : non pas un écrivain à discuter, mais une figure à absolutiser ou à diaboliser. À partir de là, tout devient théâtre. Les uns en font un oracle, les autres un repoussoir. Et pendant ce temps, la pensée disparaît derrière le vacarme.
La comparaison récurrente avec Alexandre Soljenitsyne en dit long : elle ne sert pas à éclairer, mais à sacraliser. Transformer chaque écrivain critique en dissident héroïque, c’est vider la dissidence de son sens. Tout le monde devient résistant  surtout ceux qui occupent déjà le devant de la scène.
Le plus frappant reste cette mécanique binaire où toute nuance est interdite :  en France, elles exposeraient à une prétendue « mort sociale » équivalente. Mettre ces deux situations sur le même plan n’est pas un courage intellectuel : c’est une facilité polémique.
Quant à la réduction obsessionnelle de l’islam à l’islamisme, elle fonctionne comme un slogan plus que comme une analyse. Elle évite soigneusement de distinguer, de contextualiser, de comprendre   bref, de penser.  La réduction obsessionnelle de l'islam à l'islamisme fonctionne comme un slogan plus que comme une analyse. Elle évite soigneusement de distinguer, de contextualiser et de comprendre. La littérature mérite mieux qu'un usage de tract.
Enfin, derrière les postures martiales et les grandes déclarations sur la « lâcheté des élites », on retrouve un réflexe bien connu : transformer des désaccords politiques en récits d’humiliation nationale, et des débats complexes en histoires de trahison. Même Emmanuel Macron devient, selon les besoins du récit, soit complice, soit faible  jamais acteur d’une réalité diplomatique autrement plus triviale et contradictoire.
Au fond, cette rhétorique dit moins de choses sur la France que sur ceux qui la fantasment en champ de bataille permanent. Elle a besoin d’ennemis intérieurs, de complots culturels, de silences organisés  faute de quoi elle devrait affronter ce qu’elle redoute le plus : la complexité.
Et la complexité, contrairement aux slogans, ne se crie pas. Elle s’argumente.
A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet                                              « Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça.»     https://kadertahri.blogspot.com/
 

Qu’il soit malade ou en bonne santé, la prostate de Netanyahou n’est pas une raison suffisante pour démissionner

par Gideon Levy

La seule obligation publique de Netanyahou est de signaler un problème si ses compétences sont altérées. Évidemment, il ne devrait pas mentir, mais un mensonge lié à sa prostate est le plus petit et le plus marginal de son tissu de mensonges.

Benjamin Netanyahou a contracté un cancer de la prostate et en a guéri. Le camp du «tout-sauf-Bibi» était en émoi, clamant avec joie : «Nous vous l’avions dit. Voilà une raison supplémentaire de détester le Premier ministre – il a caché sa maladie et même menti».

Voilà une raison de plus de le destituer. Il est atteint d’un cancer et inapte pour raisons médicales. C’était une réaction pathétique. Il y a assez de raisons de combattre Netanyahou. L’état de sa prostate n’en est pas une.

Apparemment, la joie de ce camp ne portait pas sur la maladie. Ce week-end, chaque correspondant a précédé son reportage sur l’état de santé de Netanyahou par des «vœux de prompt rétablissement», des vœux creux comme ceux que l’on adresse à la nation pour une bonne année nouvelle.

Ils lui ont souhaité «bonne santé», comme s’ils admettaient que dans son cas, il y a aussi une mauvaise santé. Ils ont souhaité son rétablissement, alors qu’au moins certains d’entre eux souhaitaient le contraire dans leur cœur. Peut-être que la prostate affectée accomplira ce que les fiascos, les élections, le mouvement de protestation et son procès n’ont pas réussi à faire.

Netanyahou a caché son cancer tout comme Golda Meir avait caché le sien, qui était bien plus grave. Pendant des années, beaucoup ignoraient sa maladie et les traitements sévères qu’elle subissait. Elle aussi, comme Netanyahou, venait à l’hôpital Hadassah d’Ein Kerem pour ses séances de radiothérapie en secret, se présentant à des heures inhabituelles et passant par la morgue pour ne pas être vue. Personne ne l’a jamais critiquée pour ça. Ce n’est qu’après sa retraite et sa mort que les détails complets de son lymphome ont été révélés.

C’est vrai, l’époque est différente. Beaucoup plus de secrets et de mensonges étaient cachés au public alors. Quand Ehoud Olmert a eu un cancer de la prostate, comme Netanyahou, il s’est empressé de le partager avec le public. Il mérite des éloges pour son courage, mais Netanyahou ne mérite pas d’être condamné pour l’avoir caché.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a également eu un cancer de la prostate il y a des années, tweetant après un certain temps : «Je vous demande à tous de prier pour moi». Lui aussi était apparemment plus audacieux que Netanyahou.

Il n’y a rien de plus personnel que l’état de santé d’une personne, et chacun a le droit de faire face à sa maladie à sa manière. Certains n’hésitent pas à tout dire, immédiatement – qu’ils soient premiers ministres ou simples citoyens – tandis que d’autres préfèrent le cacher, parfois jusqu’à leur dernier jour.

C’est leur droit, même si la dissimulation et le mensonge ne leur font pas toujours honneur. C’est leur droit, même s’ils s’appellent Netanyahou. La loi ne l’y oblige pas autrement.

Le fait que les présidents usaméricains agissent différemment n’oblige pas pour autant Israël. La seule obligation publique est de signaler un problème si la compétence du Premier ministre est altérée, ce qui nécessiterait alors une mise à l’écart temporaire.

Quand Menahem Begin est tombé en dépression et que cela a été caché au public, c’était une rupture de confiance. Begin n’a pas eu la capacité de diriger le pays pendant de nombreux mois. Ariel Sharon s’est lui aussi progressivement détérioré, mais il est resté en fonction sur la base des rapports de ses médecins. La capacité de Netanyahou n’a pas été compromise un seul instant.

Il est amusant de voir les gens qui le détestent le plus exprimer maintenant leur inquiétude pour ses compétences. Israël serait mieux loti s’il était moins compétent. Ainsi, on pourrait éviter une guerre ou deux et ralentir la destruction du pays et de son mode de gouvernement. Mais dès lors qu’il a été établi que ses compétences n’étaient pas affectées, sa maladie n’est plus que la sienne.

Le choix de Netanyahou était stupide : qu’avait-il à cacher ? A-t-il péché ? A-t-il commis un crime ? Avec un degré de maladie aussi faible, avec ce qui semble être un traitement excessif qu’il a reçu, c’est dommage qu’il ait été si pusillanime. Qui sait, peut-être que sa maladie aurait suscité un peu d’empathie. Évidemment, il ne devrait pas mentir, mais un mensonge lié à la prostate est le plus petit et le plus marginal de son tissu de mensonges.

Samedi, certains affirmaient déjà que Netanyahou avait signalé sa maladie pour aider son affaire de justice. D’autres sont convaincus qu’il l’a fait à la suite de mauvais sondages. Certains pensent qu’il devrait maintenant prendre sa retraite, à cause de sa prostate. Qu’il en soit ainsi.

Il peut encore avoir, malgré tout, des émotions humaines et des faiblesses. On peut ou non se joindre à ceux qui lui souhaitent une bonne santé, mais qu’on laisse sa prostate tranquille.

source : Haaretz via Fausto Giudice


A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça.»   https://kadertahri.blogspot.com/

 

Trump : Une autre opération bidon ou sous faux drapeau ? Pour construire une salle de bal ? Ou pour intensifier une guerre ?

 

par Kevin Barrett

Donald Trump n’arrête pas de se faire tirer dessus. Heureusement pour lui, sinon pour nous, ceux qui lui tirent dessus sont d’une incompétence sidérante. Pour une raison obscure, les tireurs compétents s’en prennent toujours à ceux qui causent des problèmes à Israël, comme les Kennedy et Charlie Kirk, tandis que les imbéciles qui tirent sur Trump seraient incapables de toucher une cible à bout portant. Et si, par un coup de chance incroyable, ils parviennent à atteindre l’oreille de Trump avec une balle d’AR-15, la balle elle-même s’avère incompétente. En réalité, une balle d’AR-15 qui touche une oreille humaine sans laisser la moindre trace de dommage est pire qu’incompétente. Comme Trump le dirait sans doute à une telle balle, s’il l’avait engagée à l’époque de «The Apprentice» : «Vous êtes virée !»

Et en parlant de coups de feu… La porte-parole de Trump, Karoline «Lèvres de mitrailleuse» Leavitt, avait prédit la fusillade d’hier soir deux heures avant qu’elle ne se produise : «Il y aura des coups de feu ce soir !»

Les réseaux sociaux ont réagi par une avalanche de critiques acerbes. Le consensus : «Ça a mal vieilli».

Leavitt n’était pas la seule à révéler qu’elle savait pertinemment que la «fusillade» n’était pas tout à fait légale. La journaliste de Fox News, Aishah Hasine, était en train de décrire comment le mari de Leavitt, Nicholas Riccio, la vantait tout en l’avertissant de ce qui allait se produire, lorsque soudainement et sans raison apparente (hormis l’évidente), Fox a coupé la diffusion.

Bien sûr, à chaque fois qu’une nouvelle tentative d’assassinat contre Trump, manifestement fausse, est dévoilée en direct sous nos yeux, avec une «révélation du mode opératoire» pleine de culot, les médias traditionnels s’activent pour dissimuler tous les indices flagrants et font semblant de prendre pour argent comptant le récit officiel absurde. Pas étonnant que la génération Z ne prenne même pas la peine de vérifier ce que disent les médias traditionnels, préférant se jeter directement sur le concert de railleries sarcastiques qui déferle sur les réseaux sociaux.

https://reseauinternational.net/trump-une-autre-operation-bidon-ou-sous-faux-drapeau-pour-construire-une-salle-de-bal-ou-pour-intensifier-une-guerre/

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça.»                https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

Guerre contre l’Iran : La paix à coups de matraque

 

« Qui veut payer le prix de la paix ? » question formidable surtout quand celui qui la pose tient déjà la caisse, imprime les billets… et pointe le canon.

Car il faut arrêter avec cette comédie diplomatique des Américains. Ce qu’on nous vend comme une négociation n’est rien d’autre qu’un racket géopolitique à grande échelle. Une extorsion polie, emballée dans le vocabulaire feutré des chancelleries. On n’exige pas, voyons  on “discute”. On ne menace pas — on “dissuade”. Et quand ça ne suffit pas, on sanctionne, on asphyxie, on étrangle… puis on s’étonne que la victime refuse de dire merci.

L’histoire est d’une simplicité presque insultante :
on brise les jambes d’un pays, puis on lui reproche de ne pas courir vers la paix.

Et pendant ce temps, certains éditorialistes découvrent, l’air grave, que l’Iran est « affaibli », « divisé », « sous pression ». Quelle révélation. Comme si cette fragilité tombait du ciel, comme une météo capricieuse. Personne pour rappeler que cette “pression” est organisée, méthodique, revendiquée. Non , on préfère observer les fissures sans jamais nommer le marteau.

Et puis il y a la mise en scène : d’un côté, une superpuissance qui joue au shérif global, de l’autre, un État sommé de choisir entre la soumission et l’asphyxie. Et au milieu, ce mot magique : la paix. Un mot vidé de son sens, recyclé en slogan publicitaire pour rapports de force.

Parce qu’il faut oser le dire : cette paix-là n’a rien d’un idéal.
C’est une reddition sous surveillance.
Une tranquillité sous conditions.
Une capitulation avec signature en bas de page.

Quant à la diplomatie version Donald Trump, elle mérite un chapitre à part : brutalité élevée au rang de méthode, improvisation déguisée en stratégie, ultimatum transformé en spectacle. On ne négocie plus, on tweete, on menace, on humilie. La géopolitique devient un ring, et la paix, un trophée de communication.

Mais le plus obscène reste ailleurs : dans cette manière de poser la question du « prix ».
Comme si tout se valait.
Comme si les responsabilités étaient symétriques.
Comme si celui qui impose les règles du jeu pouvait ensuite feindre la neutralité de l’arbitre.

Non. Mille fois non.

Le prix, certains le paient déjà : populations étranglées, économies détruites, sociétés enfermées dans la peur et la défiance. Pendant que d’autres parlent de “stabilité”, bien à l’abri derrière leurs sanctions et leurs flottes militaires.

Alors cessons cette farce.

La paix ne se décrète pas sous embargo.
Elle ne se négocie pas un couteau sous la gorge.
Et surtout, elle ne naît jamais d’un rapport de force travesti en dialogue.

La vraie question n’est pas « qui veut payer le prix de la paix ».
La vraie question est : combien de temps encore acceptera-t-on que la loi du plus fort se fasse passer pour de la diplomatie éclairée ?

Et à force de jouer avec les mots, une dernière inquiétude demeure :
le jour où la paix aura complètement perdu son sens,
que restera-t-il à sauver sinon les ruines qu’on aura pris soin d’appeler “équilibre” ?

Moralité finale : La diplomatie ne devrait pas être l’art de justifier la domination, mais celui de construire l’équilibre. »

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Il y a des livres qui éclairent. D’autres qui obscurcissent avec élégance


Il y a des livres qui éclairent. D’autres qui obscurcissent avec élégance. Et puis il y a ceux qui prétendent casser les clichés… en les remplaçant par des concepts tout aussi douteux, mais mieux habillés.

Les identités rebelle, appartient dangereusement à cette dernière catégorie.

Sous couvert de lucidité critique, le texte installe une nouvelle fiction intellectuelle : celle d’une société qu’il faudrait absolument lire à travers le prisme de la “rébellion”. Comme si vivre selon ses propres codes, préserver ses équilibres, défendre ses continuités, relevait d’un acte de dissidence. Comme si exister autrement constituait déjà une forme de subversion. Voilà donc où nous en sommes : être soi devient un problème sociologique.

Il faut oser.

Car enfin, de qui parle-t-on ? 

D’une population enracinée, structurée, traversée certes par des tensions comme toute société vivante mais qui n’a jamais eu besoin d’être baptisée “rebelle” pour donner du sens à son existence. Ce mot, en apparence séduisant, est un piège. Il flatte l’oreille critique tout en imposant une grille de lecture extérieure, presque coloniale dans sa manière de nommer à la place des concernés.

“Rebelle”. Le terme claque. Il intrigue. Il vend. Mais il déforme.

À force de vouloir déconstruire les explications culturalistes, on finit ici par fabriquer un nouveau récit plaqué, tout aussi simplificateur  simplement plus à la mode. On remplace l’essentialisme par le spectaculaire. On troque le cliché poussiéreux contre une abstraction brillante. Le résultat ? Une population réelle dissoute dans une catégorie théorique.

Et pendant ce temps, la complexité disparaît.

Car non, ce qui se joue dans ces territoires ne relève ni d’une prétendue “nature rebelle”, ni d’un romantisme de la résistance identitaire. Réduire ces dynamiques à une posture de rébellion, même sophistiquée, c’est passer à côté de l’essentiel : des logiques sociales concrètes, des équilibres locaux, des formes d’organisation qui ne demandent ni traduction héroïque ni dramatisation intellectuelle.

Mais il y a pire.

En voulant dénoncer les discours qui enferment, ce type d’analyse produit une autre forme d’enfermement plus insidieuse, parce que maquillée en pensée critique. On ne dit plus aux gens ce qu’ils sont par tradition ; on leur explique désormais ce qu’ils seraient malgré eux, à travers des concepts qu’ils n’ont jamais revendiqués.

Progrès ?  Non. Raffinement du malentendu.

Ce n’est pas la première fois que certains discours savants parlent sur les sociétés plutôt que depuis elles. Mais ici, l’ironie est presque parfaite : à force de vouloir libérer les récits, on en impose un nouveau, plus abstrait, plus froid, et finalement tout aussi éloigné du vécu.

Il faudrait peut-être, à un moment, avoir le courage d’une idée simple presque scandaleuse dans certains cercles : les populations concernées ne sont ni des vestiges culturels, ni des figures de rébellion. Elles sont des sociétés, tout simplement. Avec leurs tensions, leurs continuités, leurs choix, leurs silences aussi.

Pas des concepts.

Alors non, tout n’est pas à jeter. L’effort pour déplacer le regard, pour politiser ce qui est trop souvent folklorisé, mérite d’être reconnu. Mais encore faut-il ne pas remplacer une caricature par une autre.

Car au fond, le problème n’est pas seulement ce que ce livre combat. C’est ce qu’il fabrique à son tour. Et cela, curieusement, il ne le voit pas.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »   
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Le sermon des donneurs de leçons et la comédie des indignations sélectives

Il fallait oser. Et il a osé.

Dans un mélange de componction diplomatique et de nostalgie mal digérée, l’ancien ambassadeur reconverti en oracle médiatique nous sert une leçon de morale géopolitique comme d’autres distribuent des hosties : à la chaîne, sans foi réelle, mais avec une autorité supposée. Le prétexte ? La visite historique du pape en Algérie. Le sous-texte ? Toujours le même vieux refrain : délégitimer, soupçonner, rabaisser.

Le procédé est grossier, presque attendrissant dans sa constance. On feint l’inquiétude pour mieux distiller l’accusation. On invoque les libertés pour mieux recycler les obsessions. Et surtout, on parle à la place de, comme si l’Algérie était encore ce territoire sur lequel certains esprits fatigués continuent de projeter leurs fantasmes d’influence perdue.

Car enfin, que dit-on ? Que cette visite serait une manœuvre. Que tout geste diplomatique algérien relèverait du calcul cynique. Que toute ouverture serait suspecte. Autrement dit : quoi que fasse l’Algérie, elle a tort par principe. L’argument n’est pas politique, il est pavlovien.

Et puis il y a ce ton. Ce ton si particulier, mélange d’ironie condescendante et de certitude coloniale recyclée. “Bien joué Tebboune !” Répété comme un gimmick fatigué, censé faire sourire mais qui sonne surtout comme une grimace. On croit lire un éditorial, on entend un soupir d’époque révolue.

Mais le plus savoureux reste cette soudaine passion pour les chrétiens d’Algérie. Quelle touchante sollicitude. Où était-elle hier ? Où est-elle ailleurs ? Cette compassion à géométrie variable, qui s’active uniquement quand elle peut servir de levier contre un État précis, relève moins de la foi que de l’instrumentalisation.

Le mécanisme est limpide : dramatiser, isoler, amplifier. Faire d’une réalité complexe un tableau noir uniforme. Effacer les nuances, ignorer les évolutions, caricaturer les équilibres. Puis conclure, avec gravité, que tout cela est inacceptable comme si l’auteur découvrait soudain le monde, ou feignait de le découvrir.

Mais ce qui dérange, au fond, ce n’est pas la situation décrite. C’est l’événement lui-même. Une visite papale en Algérie. Une reconnaissance symbolique. Une présence qui échappe aux circuits habituels, aux regards habitués à décider qui mérite quoi.

Et c’est là que le vernis craque.

Car derrière la critique, il y a une inquiétude plus profonde : celle de voir un pays exister en dehors du récit qu’on lui assigne. Parler à d’autres. Construire autrement. Échapper, ne serait-ce qu’un instant, au rôle qu’on voudrait lui faire jouer.

Alors on attaque. On ironise. On convoque l’histoire, mais toujours à sens unique. On rappelle saint Augustin, mais jamais la colonisation. On parle mémoire, mais sans miroir.

Le résultat ? Un texte qui se veut analyse et qui n’est qu’un symptôme. Celui d’une incapacité chronique à regarder l’Algérie autrement que comme un problème à commenter ou un élève à corriger.

Et pourtant, le réel est têtu.

La visite du pape, qu’elle plaise ou non, existe. Elle s’inscrit dans une dynamique, dans une histoire, dans un moment. Elle ne blanchit rien, elle ne sanctifie personne. Elle dit simplement qu’un pays peut être un lieu de dialogue, de symboles, de circulation. Et cela, visiblement, suffit à déclencher des crispations.

Alors oui, on peut critiquer. On doit même critiquer. Mais encore faut-il le faire avec autre chose qu’un réflexe pavlovien et une ironie de salon.

Car à force de dénoncer tout, on finit par ne plus rien dire.
À force de juger tout le monde, on finit par se trahir soi-même.

Et à force de rire jaune… on révèle surtout une vieille amertume.

Moralité : L’Algérie reçois la visite du Pape avec dignité, il semble que l’ex : commis de l’Etat Français et ses commanditaires du Makhzen Marocain, ont très mal, très mal aux dernières selon un expression bien de chez nous !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

Agression contre l’Iran ! Le cirque des va-t-en-guerre et le triomphe des cendres

Il y a une beauté convulsive dans l’idiotie stratégique. L’Amérique avait promis « l’Aube d’un Nouveau Moyen-Orient », le Grand Soir de la démocratie aéroportée et l’apocalypse finale du « régime des Mollahs ». Résultat ? Après quelques semaines de ce qui ressemble plus à un concours de pyrotechnie hors de prix qu’à une guerre de haute intensité, le spectacle touche à sa fin. Le rideau tombe sur un champ de ruines, laissant derrière lui une odeur de kérosène brûlé et le goût amer d’une humiliation que l'on tente de maquiller en triomphe.

Le fracas des illusions et le prix du sang (des autres)

Le Pentagone, avec cette comptabilité maniaque qui caractérise les empires en déclin, aligne les chiffres : 11 000 frappes. On a « décapité » la chaîne de commandement iranienne si souvent que Téhéran doit désormais ressembler à une hydre de Lerne particulièrement hilare. On a martelé le béton, labouré le désert et fait trembler les montagnes. Et pourtant ? Le programme nucléaire iranien, niché sous des centaines de mètres de roche granitique, regarde passer les bombes avec l’impassibilité du roc. On ne détruit pas une idéologie et un savoir-faire avec des jouets technologiques à plusieurs millions de dollars l’unité quand l'adversaire a l'éternité pour lui.

Pendant ce temps, le « dôme de fer » de certitudes occidentales prend l’eau. Les bases américaines du Golfe ne sont plus que des stands de tir pour drones et missiles iraniens, et le fleuron de l’US Navy, ce porte-avions qu’on croyait insubmersible comme le Titanic s’en va panser ses plaies dans un port européen, loin, très loin des côtes persiques. Quant au détroit d’Ormuz, il est devenu un lac iranien. On joue au billard avec l’économie mondiale, et c’est l’occident qui paye l’addition à la pompe, tandis que les planificateurs de Washington découvrent, avec une candeur touchante, que l'Iran n'est pas un plateau de jeu vidéo, mais un pays qui rend les coups.

Trump : L’art du deal dans les décombres

Et comment cela finit-il ? Par la grande parade de l'absurde. On voit déjà poindre le « dénouement » version Mar-a-Lago. Donald Trump, fidèle à sa méthode de camelot de luxe, s'apprête à hurler au micro qu’il a remporté la plus grande victoire de l’histoire de l’humanité. Il se vantera d’avoir « réduit l'Iran en poussière » tout en signant fébrilement, sous la table, un cessez-le-feu qui ne règle rien.

L’Iran, trop heureux de voir cesser le déluge, rentrera dans ses casernes, intact dans sa détermination. Chaque camp pourra claironner sa victoire devant des foules lobotomisées par la propagande. Mais la réalité, celle qui brûle, est là : rien n’a changé, si ce n’est que Téhéran sait désormais que l’Oncle Sam n’a plus les dents pour mordre. L’Iran sort de ce brasier non pas affaibli, mais sanctifié par sa résistance, plus proche que jamais du seuil nucléaire. Une victoire ? Non, un suicide stratégique au ralenti.

Ukraine : Le vase communicant de la lâcheté

Mais le sarcasme ne s’arrête pas aux rives du Golfe. Par un jeu de vases communicants dont la géopolitique a le secret, la fumée des explosions en Iran aveugle déjà Kiev. L’Amérique est épuisée, saturée, exsangue. Elle n’a plus ni l’estomac, ni le portefeuille pour entretenir deux fronts.

Trump, qui a toujours vu l’Ukraine comme une « erreur de gestion » léguée par un prédécesseur sénile, va s’empresser de liquider l’affaire. La résistance iranienne a envoyé un message clair au monde : on peut tenir tête à l’Occident. Et ce message a été reçu cinq sur cinq au Kremlin.

Poutine n'a plus qu'à attendre que le fruit mûr tombe. Pourquoi ferait-il des concessions à une Amérique « sur-étendue », humiliée par des milices et des drones iraniens ?

Le scénario est écrit :

  1. L'abandon cynique : Sous couvert de « pragmatisme », on forcera l'Ukraine à une paix infamante.
  2. Le gel du front : On entérinera le fait accompli russe sur les ruines de la souveraineté ukrainienne.
  3. La fin de l'illusion : Kiev devra accepter l'injustice pour prix de sa survie, pendant que l'Occident se félicitera d'avoir ramené la « paix ».

L’Occident, dans son arrogance décrépite, pensait redessiner le monde. Il n'a fait que démontrer son impuissance. Le rire est noir, car il est le seul rempart contre le constat de la   déchéance occidentale. On ne convainc plus, on n'intimide plus : on s'agite dans le vide, en espérant que personne ne remarquera que le roi est non seulement nu, mais qu'il est en train de brûler.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

Les Pays du Golfe face aux missiles iraniens : L’agresseur invisible et la riposte coupable :

Est-ce l’Iran qui à un moment ou un autre a bombardé une bonne partie des Etats de la région sans sommation ni déclaration de guerre ?

A quel moment l’Iran a annexé une partie d’un territoire voisin par la force ?

A quel moment a t’il dit qu’il voulait le faire ? Ce sont des questions légitimes qui se posent quand on voit écrites de pareilles âneries.
L’Iran a été attaqué grâce à des infrastructures hébergées par les pays du Golfe qui ont autorisé de facto leur utilisation à des fins offensives. Ils ne peuvent être neutres en aidant une des parties au combat et l’agresseur en particulier. Héberger des infrastructures militaires utilisées dans une attaque, c’est participer de facto au conflit, alignée sur une vision sécuritaire pro-israélienne et pro-américaine.

Il faut parfois relire deux fois certains textes de presse des pays du Golfe,  pour être sûr de ne pas halluciner. Celui-ci appartient à cette catégorie rare : celle où l’énormité des affirmations provoque presque un réflexe physique. On ne débat plus, on suffoque. Il efface la logique de riposte et transforme une réaction en initiative agressive. C’est un classique de rhétorique : celui qui répond devient celui qui attaque.

Mais au fond, rien de surprenant. Quand un auteur d’un pays du Golfe revendique, explicitement ou non, une grille de lecture militante, il ne produit pas une analyse : il rédige un réquisitoire.

Car enfin, remettons les choses dans l’ordre.

Qui a frappé en premier ?
Qui a bombardé des installations sur le territoire d’un État souverain sans déclaration de guerre ?
Et qui, ensuite, est sommé d’endosser le rôle de l’agresseur ?

Dans cette inversion presque orwellienne, la riposte devient crime, et l’attaque initiale disparaît dans les notes de bas de page.

On nous parle ensuite de “l’expansionnisme iranien”. Très bien. Mais à quel moment Iran a-t-il annexé un territoire voisin par la force ? À quel moment a-t-il revendiqué une telle intention ? Silence radio. L’accusation flotte, massive, mais creuse.

En revanche, une réalité dérangeante est soigneusement contournée :
les États du Golfe qui se disent “non parties au conflit” hébergent des bases militaires utilisées pour frapper. Curieuse neutralité. Une neutralité armée, équipée, prêtée.

À ce stade, il ne s’agit plus d’analyse mais de prestidigitation.

Les chiffres, eux, tombent en cascade : missiles, drones, interceptions. Une pluie de données pour donner au récit une apparence de sérieux. Mais derrière cette précision apparente, une question simple : que prouvent-ils, sinon qu’une guerre est en cours guerre dont les causes sont soigneusement édulcorées ?

Et puis vient le moment de vérité idéologique.

La célébration des Accords d’Abraham comme choix “visionnaire”. L’alignement stratégique avec Israël présenté comme une évidence. Et, ultime glissement, l’évocation à peine voilée d’un changement de régime à Téhéran. Voilà donc le cœur du texte : non pas comprendre une crise, mais justifier un camp.

Le reste n’est qu’habillage.

Car la réalité est plus simple, et plus brutale : on ne peut pas transformer indéfiniment des actes offensifs en postures défensives sans que la contradiction finisse par éclater.

À force de tordre les faits, ce n’est pas l’adversaire qu’on caricature c’est la crédibilité qu’on sacrifie. Et dans ce théâtre d’ombres où chacun joue son rôle, une question demeure, lancinante :
que restera-t-il de ces certitudes martelées lorsque la poussière retombera ?

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/