Les Pays du Golfe face aux missiles iraniens : L’agresseur invisible et la riposte coupable :

Est-ce l’Iran qui à un moment ou un autre a bombardé une bonne partie des Etats de la région sans sommation ni déclaration de guerre ?

A quel moment l’Iran a annexé une partie d’un territoire voisin par la force ?

A quel moment a t’il dit qu’il voulait le faire ? Ce sont des questions légitimes qui se posent quand on voit écrites de pareilles âneries.
L’Iran a été attaqué grâce à des infrastructures hébergées par les pays du Golfe qui ont autorisé de facto leur utilisation à des fins offensives. Ils ne peuvent être neutres en aidant une des parties au combat et l’agresseur en particulier. Héberger des infrastructures militaires utilisées dans une attaque, c’est participer de facto au conflit, alignée sur une vision sécuritaire pro-israélienne et pro-américaine.

Il faut parfois relire deux fois certains textes de presse des pays du Golfe,  pour être sûr de ne pas halluciner. Celui-ci appartient à cette catégorie rare : celle où l’énormité des affirmations provoque presque un réflexe physique. On ne débat plus, on suffoque. Il efface la logique de riposte et transforme une réaction en initiative agressive. C’est un classique de rhétorique : celui qui répond devient celui qui attaque.

Mais au fond, rien de surprenant. Quand un auteur d’un pays du Golfe revendique, explicitement ou non, une grille de lecture militante, il ne produit pas une analyse : il rédige un réquisitoire.

Car enfin, remettons les choses dans l’ordre.

Qui a frappé en premier ?
Qui a bombardé des installations sur le territoire d’un État souverain sans déclaration de guerre ?
Et qui, ensuite, est sommé d’endosser le rôle de l’agresseur ?

Dans cette inversion presque orwellienne, la riposte devient crime, et l’attaque initiale disparaît dans les notes de bas de page.

On nous parle ensuite de “l’expansionnisme iranien”. Très bien. Mais à quel moment Iran a-t-il annexé un territoire voisin par la force ? À quel moment a-t-il revendiqué une telle intention ? Silence radio. L’accusation flotte, massive, mais creuse.

En revanche, une réalité dérangeante est soigneusement contournée :
les États du Golfe qui se disent “non parties au conflit” hébergent des bases militaires utilisées pour frapper. Curieuse neutralité. Une neutralité armée, équipée, prêtée.

À ce stade, il ne s’agit plus d’analyse mais de prestidigitation.

Les chiffres, eux, tombent en cascade : missiles, drones, interceptions. Une pluie de données pour donner au récit une apparence de sérieux. Mais derrière cette précision apparente, une question simple : que prouvent-ils, sinon qu’une guerre est en cours guerre dont les causes sont soigneusement édulcorées ?

Et puis vient le moment de vérité idéologique.

La célébration des Accords d’Abraham comme choix “visionnaire”. L’alignement stratégique avec Israël présenté comme une évidence. Et, ultime glissement, l’évocation à peine voilée d’un changement de régime à Téhéran. Voilà donc le cœur du texte : non pas comprendre une crise, mais justifier un camp.

Le reste n’est qu’habillage.

Car la réalité est plus simple, et plus brutale : on ne peut pas transformer indéfiniment des actes offensifs en postures défensives sans que la contradiction finisse par éclater.

À force de tordre les faits, ce n’est pas l’adversaire qu’on caricature c’est la crédibilité qu’on sacrifie. Et dans ce théâtre d’ombres où chacun joue son rôle, une question demeure, lancinante :
que restera-t-il de ces certitudes martelées lorsque la poussière retombera ?

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

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