La nostalgie coloniale n’est pas une opinion, c’est un refus de l’histoire :

 

La nostalgie coloniale

Il y a des mots qui trahissent plus qu’ils n’expliquent. En affirmant que son hostilité envers l’Algérie remonte à l’indépendance de 1962, le maire de Béziers, Robert Ménard, ne livre pas seulement une confidence personnelle : il met à nu la persistance d’une blessure coloniale mal refermée dans une partie de la vie politique française.

Car derrière l’émotion affichée, derrière le récit de l’exil et de l’enfance perdue à Oran, se rejoue un vieux scénario : celui d’une mémoire qui continue de se penser victime tout en refusant de regarder en face la réalité du système dont elle est issue.

Le mythe du « chez nous »

« On était chez nous », martèle Robert Ménard. Cette phrase, répétée depuis des décennies dans certains milieux nostalgiques de « l’Algérie française », n’est pas anodine. Elle est le cœur du problème.

Car non, la colonisation n’a jamais été une simple histoire d’enracinement familial ou de paysages aimés. Elle fut une entreprise de conquête, de dépossession et de domination institutionnalisée pendant 132 ans. Elle s’est construite sur : l’expropriation massive des Algériens, leur mise à l’écart juridique et politique et une violence structurelle documentée par l’historiographie.

Continuer, en 2026, à parler de « chez nous » sans nommer cette réalité n’est pas de la nostalgie innocente. C’est une forme de cécité politique.

Le rappel salutaire de l’histoire

L’historien Fabrice Riceputi a eu le mérite de remettre les pendules à l’heure. Face au récit victimaire, il a répondu sans détour :

« NON BEBERT, T’ETAIS PAS “CHEZ TOI”, MAIS, DEPUIS 1830, CHEZ “EUX” »

Et de rappeler une vérité souvent évacuée du débat public français : si le départ de 1962 a été un traumatisme réel pour de nombreux pieds-noirs, il s’inscrit dans l’effondrement d’un ordre colonial « profondément injuste à l’égard du peuple algérien ».

Autrement dit : on ne peut pas isoler la douleur de l’exil de la violence structurelle qui l’a rendue inévitable.

Le déni français qui perdure

Plus de soixante ans après l’indépendance, une partie du discours politique français reste prisonnière d’un récit inversé où la fin de la colonisation serait d’abord une tragédie française. Ce renversement mémoriel n’est pas neutre : il entretient un brouillage historique qui empêche toute relation apaisée avec l’Algérie.

Pendant que certains responsables continuent de parler de « terre perdue », l’Algérie, elle, a conquis sa souveraineté au prix d’une guerre longue et meurtrière face à l’État français dirigé notamment par Charles de Gaulle au moment des accords d’Évian.

Refuser d’intégrer cette réalité, c’est prolonger symboliquement le conflit dans le champ des mots.

Nommer enfin ce qui persiste

Il ne s’agit pas de nier les blessures individuelles ni les drames de l’exil. Il s’agit de refuser que ces douleurs servent, consciemment ou non, à blanchir le cadre colonial qui les a produites.

Tant que des responsables politiques français continueront d’entretenir l’illusion d’un « chez nous » colonial, la relation entre Paris et Alger restera prisonnière d’un passé mal digéré.

La nostalgie peut être humaine.
Le déni historique, lui, est politique.

Et en 2026, il est plus que temps de le nommer pour ce qu’il est.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 


Les plumes de paon du Makhzen : Quand l’insulte sert de boussole.

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Il est des textes qui ne se lisent pas, ils se ramassent à la petite cuillère. La dernière saillie de Sanaa Berrada, scribe stipendiée des officines de Rabat, en est l’archétype : un mélange de bile rance, de complexe d’infériorité mal digéré et de cette arrogance propre aux valets qui se croient plus rois que le maître. En s'en prenant au Président Tebboune et au média Le Matin d’Algérie, elle ne signe pas une analyse, mais un aveu d'impuissance drapé dans une vulgarité de caniveau.

Le triomphe des courtisans

Le Palais officiel parle d’une « dream team royale ».
Tout est dit : nous ne sommes plus dans une communauté politique, mais dans une cour.
Le Maroc n’est plus une agora : c’est une loge d’admiration. Les courtisans se succèdent à la télévision pour tresser lauriers et hyperboles.
Le courage intellectuel, lui, se tait ou s’exile. Et dans ce vacarme de louanges, le peuple devient spectateur d’une grandeur qu’il ne ressent plus. Une nation sans contradiction est une nation qui se prive de vitalité. Le pluralisme n’est pas un luxe : c’est un acte de santé publique.

L’obsession du "pantalon" : Un fantasme de soubrette

Dans la splendeur d’une femme de chambre habituée à la baisse de pantalon, cette chose semble obsédée par la garde-robe du Président algérien, évoquant des « baissés de pantalon » avec une gourmandise qui en dit long sur ses propres fantasmes de soumission. Il est vrai que pour une plume habituée à vivre l'échine courbée, le concept de souveraineté doit ressembler à une insulte. Parler de « capitulation » devant Washington quand on a soi-même troqué son honneur et la cause sacrée d'Al-Qods contre un simple tweet de Donald Trump en fin de banquet, c’est atteindre des sommets de schizophrénie que même la psychiatrie lourde hésiterait à traiter.

Le délire des "tables rondes" : Confondre invitation et convocation

L'auteure s'excite sur le prétendu « rejet irréversible » des tables rondes que l'Algérie aurait fini par avaler « piteusement ». Quelle indigence intellectuelle ! Confondre la participation à un processus multilatéral sous l'égide de l'ONU avec une reddition, c'est ignorer que l'Algérie n'est pas là pour quémander, mais pour porter la voix du droit international que le Makhzen tente d'étouffer sous des tapis de billets verts et des logiciels espions. Si Alger participe, c’est pour s'assurer que la farce marocaine ne se joue pas à huis clos. L'Algérie ne négocie pas ses principes : elle les impose dans le cadre des résolutions onusiennes. Les tables rondes ne sont pas le tribunal de l'Algérie, elles sont le rappel permanent que le Sahara n'est pas et ne sera jamais  une province marocaine, n'en déplaise aux cartographes de salon de Rabat.

Le "Nif" contre le "Baise-main"

Berrada s’étouffe de voir que l’opposition algérienne refuse de s’aligner sur les délires expansionnistes de son royaume de pacotille. Quel choc pour cette habituée des courbettes ! Elle ne comprend pas qu’en Algérie, on peut s'opposer au pouvoir sans pour autant vendre sa patrie au plus offrant. C’est la différence fondamentale entre un citoyen et un sujet. L’un a le « Nif » (l'honneur) pointé vers le ciel, l’autre a le front tanné par le carrelage des palais. Elle ressort même la vieille fable de la « rétrocession » de 1975, un mensonge historique que ni l’ONU, ni la Cour de Justice de l’UE ne valident. L’Espagne a fui, le Maroc a envahi, et depuis, il s’embourbe dans un sable qui lui brûle les doigts.

Le rire des condamnés

« Tebboune nous fait rire », écrit-elle. Grand bien lui fasse ! Le rire est le dernier refuge des impuissants. Pendant qu’elle s’esclaffe sur ses propres jeux de mots de cour de récréation (« chéchia caca d'oie » quel niveau intellectuel !), l’Algérie reste le pivot inamovible d’une région que son royaume tente désespérément de déstabiliser par des alliances contre nature.

Continuez de ricaner, Madame Berrada. Rien n’est plus pathétique qu’une plume de cour qui tente de faire la leçon de courage à un peuple de révolutionnaires. Vous n’êtes pas une analyste, vous êtes un bruit de fond. Un petit grincement de porte dans les couloirs du palais. L'histoire s'écrit avec de la dignité, pas avec la bave des courtisans.

On sait de nos voisins du Maroc, c'est toute leur culture historique qui s'exprime ainsi et tous les sous-entendus de leur stratégie du chaos et leur idéologie monarchiste... Ce n'est pas brillant, bien que la bêtise soit inouïe, la boucle du Roi est bouclée. !

Au fait le souverain du Makhzen porte-t-il un pantalon ? Très certainement ce n’est cette dame qui va me répondre ?

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le roman géopolitique du Makhzen

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Il y a des chroniques qui éclairent. Et puis il y a celles qui éclairent surtout… les obsessions de leur auteur.

À la lecture du papier de  la presse nos voisins de l’ouest, on comprend vite que la visite de Laurent Nuñez à Alger n’est pas tant analysée qu’auscultée au stéthoscope idéologique. Le diagnostic est posé d’avance, les symptômes sont choisis après coup, et le patient les relations franco-algériennes, est déclaré en état critique avec la sérénité d’un médecin qui aurait déjà rédigé le certificat. Spoiler : la réalité est nettement moins théâtrale.

Le fétichisme du « silence suspect »

Premier ressort du texte : l’absence de grand débriefing médiatique serait révélatrice d’un semi-échec. Voilà une curieuse théorie diplomatique où le volume sonore tiendrait lieu d’indicateur stratégique. Pourtant en matière de silence médiatique, je pense que le souverain du Makhzen reste spécialiste dans ses mystérieuses communications.  

Depuis quand la diplomatie sérieuse se mesure-t-elle au nombre de conférences de presse lyriques ? Les relations entre États surtout entre Paris et Alger avancent rarement à coups de tambours et de trompettes. Elles progressent par micro-ajustements, signaux feutrés et conversations à huis clos.

Transformer la sobriété en preuve d’impuissance relève moins de l’analyse que du procès d’intention parfumé au sensationnalisme.

L’art consommé de l’insinuation

La chronique excelle dans une discipline très particulière : suggérer fort sans démontrer clairement.

On nous parle : de silences parlants,  de signaux absents,  de dangers judiciaires imminents

Mais où sont les éléments tangibles ? Où sont les sources ? Où est la hiérarchisation des probabilités ?

Même l’évocation du dossier Christophe Gleizes est traitée comme un thermomètre politique automatique, comme si chaque procédure judiciaire devait mécaniquement se plier aux calendriers diplomatiques. Vision commode — et surtout profondément irréaliste des deux côtés de la Méditerranée.

Le Sahara, clé universelle… vraiment ?

On retrouve ensuite le grand classique : tout ramener à la reconnaissance française du Sahara marocain. À lire Tossa, ce dossier serait la matrice quasi totale des tensions actuelles.

C’est confortable. C’est lisible. C’est… réducteur.

Les relations entre Algérie et France sont une mille-feuille explosive où s’empilent : mémoire coloniale, coopération migratoire, enjeux sécuritaires, pressions politiques internes, contentieux judiciaires

Réduire cette complexité à une seule variable régionale, c’est faire de la géopolitique avec une clé Allen.

La tentation du scénario catastrophe

Le passage sur l’affaire Amir DZ mérite presque une musique de thriller. On nous annonce, à demi-mot mais avec gourmandise, que la justice française pourrait remonter jusqu’aux sommets du pouvoir algérien.

Peut-être. Peut-être pas.

Mais présenter cette hypothèse comme une trajectoire quasi naturelle relève d’une dramatisation prospective qui confond analyse et boule de cristal. Même Gérald Darmanin, que l’auteur convoque dans un scénario téléphonique digne d’une série politique, sait que la machine judiciaire française est moins docile et surtout moins prévisible.

Une inflation artificielle des attentes

Le cœur du problème est peut-être là : la chronique reproche à la visite de Nuñez de ne pas avoir produit ce qu’elle n’avait jamais promis.

Le ministre venait relancer un dialogue sécuritaire.
Ne pas régler : les OQTF en masse, les contentieux judiciaires, la totalité du froid diplomatique, ni l’histoire tourmentée entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune

Créer des attentes maximalistes pour mieux constater leur non-réalisation est une vieille technique polémique. Elle fait de bons papiers. Elle fait de mauvaises analyses.

Ce que révèle vraiment cette chronique

Au fond, le texte de la presse du Makhzen nous apprend moins sur l’état réel du dialogue franco-algérien que sur une certaine grille de lecture militante : dramatiser les frictions, psychologiser les dirigeants, surinterpréter les silences, et annoncer des lendemains judiciaires orageux  C’est un style du Makhzen et sa presse courtisane. Ce n’est pas une preuve.

Comme dans ses habitudes cette presse du Palais ne fait que pratiquer la méthode Coué en répétant les mêmes éléments de langage du makhzen comme une formule magique. Une sorte d’hypnotisme qui semble influer sur leur imaginaire. Il s’autosuggère d’avoir raison. En fin de compte, ils sont dans le déni d’une réalité juste une presse des chimères et ses illusions illusoires.

Garder la tête froide

La réalité, plus prosaïque, est la suivante : le dialogue sécuritaire a repris, les contentieux lourds persistent, aucune normalisation rapide n’est en vue, aucune rupture terminale non plus.

Bref : du gris diplomatique. Pas le grand mélodrame que certains voudraient nous vendre.

À force de chercher des séismes à chaque déplacement ministériel, on finit par confondre la tectonique des plaques avec les vibrations d’un téléphone posé sur une table.

Et en géopolitique comme en médecine, le diagnostic gagne toujours à être posé avant la montée de fièvre… pas après l’emballement éditorial.

C’est triste d’avoir un pays voisin pareil, mais c’est une réalité !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le Livre «Algérie Juive» : une vision imaginaire !

Le débat récent autour de la mémoire juive en Algérie montre à quel point les questions d’histoire peuvent rapidement se charger d’émotion et de malentendus. Ma position se veut à la fois claire et nuancée : oui, il a existé une présence juive ancienne en Algérie, et cette réalité historique ne doit ni être niée ni minimisée. Mais non, cette présence ne saurait justifier l’idée d’une « Algérie juive », formulation que je considère historiquement excessive et source de confusion.

Il est aujourd’hui bien établi par les travaux d’historiens que des communautés juives ont vécu en Afrique du Nord depuis l’Antiquité et qu’elles ont été présentes, à des degrés divers, dans plusieurs villes de l’actuelle Algérie. Sous différentes périodes  médiévale, ottomane puis coloniale  ces communautés ont contribué à la vie économique, artisanale et culturelle de certaines cités. Reconnaître cette réalité relève simplement de la rigueur historique.

Cependant, reconnaître une présence ne signifie pas redéfinir la nature globale d’un pays. À aucune période connue de l’histoire, l’Algérie n’a été majoritairement juive sur le plan démographique, ni structurée politiquement autour d’une identité juive. La société algérienne s’est historiquement construite autour d’une majorité arabo-berbère musulmane, qui a constitué le socle démographique, culturel et politique du territoire. Les communautés juives, bien que parfois dynamiques et visibles dans certaines villes, sont toujours restées minoritaires à l’échelle du pays.

C’est pourquoi l’expression « Algérie juive », selon la manière dont elle est comprise ou utilisée, peut poser problème. Si elle vise simplement à rappeler l’existence d’une composante juive dans l’histoire nationale, elle peut s’inscrire dans une démarche de redécouverte légitime d’un passé pluriel. Mais si elle laisse entendre explicitement ou implicitement que l’Algérie aurait été substantiellement définie par une identité juive, ou qu’elle aurait constitué une société juive à part entière, alors elle ne correspond pas à la réalité historique telle qu’établie par la majorité des recherches.

Dans ce contexte, je souhaite également exprimer mes réserves à l’égard de l’ouvrage L’Algérie juive. L’autre moi que je connais si peu de Hédia Bensahli. À mes yeux, le livre adopte un ton que je juge trop complaisant dans sa manière de présenter la place de la composante juive dans l’histoire algérienne. Sans nier l’intérêt de revisiter des mémoires parfois négligées, il me semble que le récit tend par moments à surévaluer la portée structurante de cette présence, au risque de brouiller les proportions historiques.

L’Algérie n’a jamais été « juive »

Il est impératif de rappeler une précision de taille : l’Algérie n’a jamais été juive. Il y avait des Juifs en Algérie, comme il y avait des Musulmans, des Berbères, des Européens. La valorisation romantique qui transforme la judéité algérienne en « nuance authentique d’un creuset millénaire » est historiquement abusive. La judéité a été minime et culturellement peu féconde, elle n’a jamais constitué l’essence de l’Algérie. Les récits poétiques qui font des Juifs « des acteurs centraux » effacent les nuances essentielles : différences de statut sous la colonisation, trajectoires variées, tensions sociales et choix politiques douloureux.

Les « enquêtes de terrain » : un argument sans fondement critique

IL est dit pour valoriser les « enquêtes de terrain » menées par l’auteure, dont je doute fortement qu’il ne s’agit que d’un prêt nom, pour donner un titre qui met toute l’histoire algérienne à une dérive juive.

Mais combien de témoins  et que sont-ils ? Selon quelle méthode ? Comment le corpus a-t-il été croisé avec les archives ? Silence complet.

En histoire contemporaine, le témoignage est précieux mais fragile : mémoire reconstructive, biais de sélection, effets du présent sur le passé. Le présenter comme une garantie scientifique relève d’un tour de passe-passe rhétorique, et non d’une démonstration historiographique

Entre mémoire et histoire

Le vocabulaire mobilisé  « réhabilitation », « travail de mémoire », « réconciliation des mémoires » montre que le livre confond mémoire et histoire. La mémoire peut être militante, symbolique, émotive. L’histoire exige méthode, critique des sources et contextualisation. L’ouvrage mérite d’être lu et débattu, mais il ne peut être présenté sans réserve comme un travail historique incontestable.

Pour un débat réellement éclairé

Que L’Algérie juive fasse débat est sain, que la mémoire juive en Algérie soit reconnue est juste. Mais la reconnaissance ne se fait pas en transformant la mémoire en mythe ou la polémique en caution scientifique. La véritable exigence consiste à replacer la judéité dans la pluralité et la complexité de l’histoire algérienne, à expliciter les méthodes, à croiser les sources et à distinguer rigoureusement le témoignage mémoriel de la démonstration historique.

C’est seulement dans cette rigueur que l’on peut honorer toutes les mémoires algériennes juive, musulmane, berbère ou européenne sans céder à la simplification, à la rhétorique ou à la complaisance.

Une démarche mémorielle gagne en crédibilité lorsqu’elle maintient une distance critique constante. Or, lorsqu’un récit donne l’impression de privilégier la réhabilitation symbolique au détriment de la mise en perspective démographique et politique, il peut susciter des interrogations légitimes. Le débat historiographique doit rester ouvert, mais il doit aussi rester rigoureux dans l’usage des mots et des cadres d’interprétation.

Le véritable enjeu, à mes yeux, est d’éviter les simplifications dans un sens comme dans l’autre. Nier la présence juive serait une erreur historique. Mais surinterpréter cette présence au point d’en faire un trait structurant de l’identité globale de l’Algérie le serait tout autant. L’histoire du pays est complexe, stratifiée, faite de circulations humaines, d’échanges et de coexistences diverses  mais aussi de rapports de majorité et de minorité qu’il faut regarder lucidement.

Une approche sereine de cette question suppose donc de tenir ensemble deux exigences : la fidélité aux faits historiques et le refus des lectures anachroniques ou maximalistes. L’Algérie a été, comme beaucoup de sociétés méditerranéennes, traversée par une pluralité de présences. Mais cette pluralité ne doit pas conduire à brouiller les équilibres démographiques et historiques qui ont structuré le pays sur la longue durée.

En définitive, défendre une position nuancée  oui à la reconnaissance de la présence juive en Algérie, non à la caractérisation d’une « Algérie juive »  n’est ni une posture de déni ni une prise de position idéologique. C’est, au contraire, une invitation à traiter l’histoire avec précision, mesure et sens des proportions. Une mémoire apaisée se construit toujours sur la complexité assumée des faits, jamais sur leur simplification.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Le Ministre de l’Intérieur Français en Algérie, juste une belle affiche !

alt : Ministre Français en viste en Algerie

À lire le dit de la presse Française consacré à la visite de Laurent Nuñez à Alger, une impression tenace s’impose : celle d’un récit une fois de plus déséquilibré, où la responsabilité des tensions franco-algériennes semble glisser presque mécaniquement du côté d’Alger, tandis que le rôle de Paris demeure traité avec une retenue pour le moins confortable, assez  drôle la lecture de la presse française dont les journaleux ont manifestement des ambitions littéraires, au niveau de l’Académie Française de Sansal.

Ce biais n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une longue tradition médiatique française qui tend à présenter la relation avec l’Algérie sous un prisme largement franco-centré. Dans l’article, l’initiative française est valorisée, les promesses de « résultats dans les plus brefs délais » sont relayées sans véritable mise à distance critique, et la séquence diplomatique est décrite comme une tentative de dégel impulsée par Paris. Mais où est l’examen sérieux des responsabilités françaises dans la dégradation actuelle des relations ?

Car enfin, la crise entre la France et l’Algérie ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un enchaînement de décisions politiques, de déclarations publiques et de choix diplomatiques dont la France est pleinement partie prenante. Réduire implicitement la tension à une posture algérienne, ou à une forme de blocage venu d’Alger, revient à simplifier à l’extrême une réalité profondément bilatérale — et historiquement chargée.

Plus révélateur encore est le déséquilibre flagrant des voix citées. La parole officielle française occupe l’espace central : déclarations ministérielles, intentions affichées, objectifs sécuritaires. En face, les positions algériennes apparaissent peu incarnées, peu développées, presque périphériques. Le président Abdelmadjid Tebboune est mentionné, certes, mais sans que sa lecture politique de la séquence ne soit réellement explorée. Quant aux analystes algériens, aux chercheurs spécialisés ou aux voix critiques indépendantes, ils sont tout simplement absents.

Ce type de traitement produit un effet bien connu : il construit un récit implicite dans lequel la France agit, propose, relance tandis que l’Algérie semble devoir répondre, suivre ou résister. Or la réalité diplomatique est autrement plus symétrique, et souvent plus rugueuse. Les autorités algériennes ont leurs propres contraintes internes, leur propre lecture du rapport de force et leurs propres lignes rouges, notamment sur les questions migratoires, mémorielles et régionales. Les ignorer ou les sous-documenter n’aide ni à comprendre la situation, ni à éclairer le débat public.

On peut également s’étonner du faible niveau de questionnement critique face aux promesses politiques rapportées. Annoncer des « résultats rapides » dans le dossier franco-algérien relève presque du rituel diplomatique tant l’histoire récente montre la lenteur, la fragilité et parfois la réversibilité des avancées entre les deux pays. Relayer cette formule sans la confronter au bilan des précédentes tentatives de rapprochement revient à reprendre, au moins en partie, la narration officielle.

Informer sérieusement sur la relation franco-algérienne exige pourtant autre chose qu’une simple chambre d’écho des communications ministérielles. Cela suppose : de diversifier réellement les sources, de restituer la profondeur historique du contentieux et surtout de traiter les responsabilités de manière équilibrée.

À défaut, le risque est clair : reconduire, article après article, une lecture partielle qui entretient les incompréhensions plutôt qu’elle ne les éclaire.

Dans un moment où les relations entre Paris et Alger restent fragiles, le rôle de la presse devrait être d’apporter de la complexité, de la nuance et du pluralisme. Pas de reproduire — même involontairement un récit diplomatique à sens unique.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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Algérie/France : Nous avons des Lois :

 

Les Ministres Algerien et Français

La visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, n’a rien d’un banal déplacement diplomatique. Derrière les poignées de main et les sourires de circonstance se joue une séquence politique beaucoup plus révélatrice : celle d’une France hésitante, traversée de contradictions, et en quête d’avantages stratégiques sans toujours assumer le prix politique d’un véritable partenariat. La question centrale demeure entière : c’est l’envoyé de la France de Macron ou celle de la France de Retailleau ?

S’agit-il d’une visite de travail ou seulement une visite de courtoisie, sans être un fin politique il me semble que c’est plutôt une visite de courtoisie, une sorte de revue des effectifs du président d’une entité coloniale, accompagné fortement de médias aux canards de causettes et déchaînés contre une Algérie  qui n’existe pas et il leurs reste la hargne, les insultes, les concours entre eux à s'exciter sur leurs slogans ...

La priorité sécuritaire, matrice du discours

Ancien patron de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), Laurent Nuñez porte une grille de lecture avant tout sécuritaire. Pour l’appareil d’État français, l’Algérie est indispensable : verrou du Sahel, pivot du renseignement régional, acteur clé sur les flux migratoires.

Mais cette centralité s’accompagne d’une ambiguïté persistante. Paris exige une coopération maximale notamment en matière de sécurité et de migration  tout en rechignant à reconnaître pleinement la nécessité d’une relation équilibrée sur le plan politique. Autrement dit : partenariat recherché, mais asymétrie conservée.

Les influences qui pèsent sur la décision française

Comme toute démocratie, la France est traversée par des réseaux d’influence multiples  politiques, économiques, associatifs qui cherchent à orienter le débat stratégique.

Parmi eux figurent notamment le CRIF et ELNET, acteurs visibles du paysage politico-diplomatique français. Leur rôle, réel dans le débat public, alimente à Alger une perception de plus en plus répandue : celle d’une politique française parfois sensible à des pressions externes dans la définition de ses priorités moyen-orientales et méditerranéennes.

Le CRIF et ELNET en première ligne, l’aspect le plus critique de cette visite réside dans l’inféodation croissante de la politique étrangère française à des groupes de pression puissants, Laurent Nuñez se déplace sous le regard vigilant du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) et de l'organisation ELNET, qui militent activement pour aligner les intérêts de Paris sur les impératifs géostratégiques sionistes ( Franco-Israélo-Morocco ),

Pour ces lobbies, l’Algérie demeure un " obstacle idéologique " majeur qu’il faut neutraliser ou affaiblir. La posture de Nuñez est ainsi dictée par une volonté de satisfaire ces cercles qui voient dans la fermeté algérienne sur le dossier palestinien une menace à réduire. L’axe Paris-Rabat...Une convergence d'intérêts toxique Le ministre français parle également au nom d'un lobby pro-marocain solidement ancré au sein de l'administration française, ce groupe de pression, en parfaite symbiose avec les cercles sionistes, pousse vers une rupture définitive des équilibres régionaux au profit de Rabat, en venant à Alger, Nuñez porte en filigrane cette nouvelle orientation française, utilisant les dossiers de l'immigration et des visas comme des outils de chantage politique pour servir cet axe hybride qui vise à isoler l'Algérie sur l'échiquier méditerranéen

Qu’elle soit exagérée ou fondée, cette perception pèse désormais sur la confiance bilatérale.

Le facteur marocain : une ligne de fracture durable

Autre sujet de crispation : la relation privilégiée entre Paris et le Maroc.

À Alger, cette proximité est souvent interprétée comme un déséquilibre stratégique assumé. Dans ce contexte, les dossiers migratoires et consulaires prennent une dimension qui dépasse largement la technique administrative : ils deviennent des instruments de pression dans une rivalité régionale feutrée mais bien réelle.

Prisonnier du climat politique français

Il serait naïf d’analyser la démarche de Laurent Nuñez sans regarder la scène politique française. Le durcissement du débat migratoire, la pression de l’opinion et la compétition entre forces politiques poussent l’exécutif à afficher des signaux de fermeté.

La menace agitée autour de la révision de l’accord de 1968 relève aussi de cette logique : envoyer un message à l’électorat intérieur, parfois au risque de tendre inutilement la relation avec Alger.

Une France plurielle… et parfois contradictoire

Contrairement aux lectures simplistes, la France n’agit pas d’un seul bloc. Elle est traversée par : des élites administratives issues de l’après-guerre, des réseaux économiques puissants,  des courants politiques hérités des recompositions des années 1960 et des forces plus conservatrices en pleine affirmation.

Ces dynamiques internes produisent une politique étrangère parfois hésitante, où les signaux envoyés à Alger peuvent manquer de lisibilité stratégique.

Le poids intact des logiques de puissance

Une constante, en revanche, ne varie guère : les grandes puissances défendent d’abord leurs intérêts. L’histoire montre que les alternances politiques modifient le ton, rarement la trajectoire stratégique.

Pour les États qui aspirent à une autonomie réelle, la leçon est connue : la crédibilité internationale repose encore largement sur la puissance économique, technologique et militaire. Le monde reste, qu’on le veuille ou non, structuré par le rapport de force.

OQTF : la bataille des interprétations

Le débat actuel souffre aussi d’une confusion entretenue entre deux instruments juridiques distincts.

« OQTF » qui est l’acronyme de « Obligation de quitter le territoire français », cette mesure non prévue dans les Accords Algéro-français ne concerne que l’administration française (la préfecture) et l’individu objet de la mesure. Elle ne s’adresse et ne vaut qu’avec ce dernier, non à l’État Algérien qui n’y est lié en rien. L’État français qui prend cette mesure « invite » la personne y visée qu’à quitter son territoire, à charge pour celle-ci de se rendre dans le pays de son choix pourvu qu’elle quitte le territoire français.

Nulle part, il n’est écrit ou prévu que l’Algérie doive accepter de « reprendre » une personne frappée d’une « OQTF ». Les autorités françaises s’évertuent ici qu’à vouloir faire un abusif amalgame entre « OQTF » et « Arrêté d’expulsion », comme si les Autorités Algériennes ne savaient pas faire la distinction.

Conclusion : une relation à la croisée des chemins

La visite de Laurent Nuñez à Alger révèle moins une crise ponctuelle qu’un malaise structurel. Entre impératifs sécuritaires, calculs politiques internes et rivalités régionales, la relation franco-algérienne reste prisonnière de ses non-dits.

Une chose est sûre : à l’ère des puissances affirmées, les relations internationales ne se nourrissent ni d’illusions ni de nostalgie, mais de clarté stratégique et de rapports de force assumés.

La vraie question n’est donc peut-être pas seulement pour qui parle l’envoyé de Paris mais si Paris est prêt, enfin, à parler d’égal à égal.

Gageons juste que le Ministre de l’Intérieur Français n'aura pas oublié de téléphoner à son chef spirituel Retailleau pour lui faire son compte rendu et peut-être lui passer le bonjour de l’Algérie.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
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La langue arabe : un trésor de culture et de pensée

La langue Arabe

Une langue universelle au-delà des frontières

Il est essentiel de rappeler certaines vérités sur la langue arabe, dont l’enseignement demeure un vecteur majeur de richesse culturelle. Comme toute langue, l’arabe est avant tout un véhicule de culture et de beauté, dépassant largement les frontières d’une communauté ou d’une religion. À titre d’exemple, les églises chrétiennes du Proche et Moyen-Orient célèbrent leurs offices en arabe, soulignant la dimension universelle de cette langue.

L’influence des non-Arabes dans l’essor de l’arabe

L’histoire démontre que la diffusion et le rayonnement de l’arabe ne se limitent pas aux seuls Arabes. Des chrétiens arabophones ont traduit en arabe les grands textes grecs de la philosophie et des sciences, permettant ainsi la transmission de savoirs fondamentaux. Le tout premier livre imprimé en arabe était d’ailleurs une Bible. De même, des Juifs arabophones d’Andalousie ont contribué à l’épanouissement de la langue, comme en témoigne Moïse Maïmonide de Cordoue, philosophe et juriste ayant rédigé ses œuvres en arabe.

La richesse lexicale et la précision des mots

Ainsi sans me déclarer un linguiste avéré, tout en empruntant à un site partenaire, je dirai que la Langue Arabe est une langue très riche; les Arabes se vantent, selon Ernest Renan, d’avoir :

80 mots pour désigner le miel,  200 pour le serpent, 500 pour le lion,  1000 pour le chameau et l’épée et également presque 4400 mots pour rendre l’idée de malheur.

Le lexique arabe compte environ 60 000 mots. Les grammairiens affirment que la plupart des racines sont initialement des verbes, dont le nombre total s’élève à environ 6 000. Bien que certains noms puissent sembler synonymes, la majorité comporte des nuances subtiles, permettant des distinctions fines dans le sens et la connotation.

Cette richesse se manifeste dans la vie quotidienne. Par exemple, le concept de vide se décline selon l’objet ou la situation :

- Une table sans repas est appelée «khiwaan». Lorsqu’elle est servie, on utilise le terme  «Maa’idah» .

- Un verre vide est  «koob» ou «qadah». Lorsqu’il contient un liquide, il devient « ka’s ».

- Pour désigner le fait de manger tout ce qui se trouve sur une table, lors du dîner, on utilise le verbe «iqtamma» 

Il y a dans la langue arabe, toute une catégorie de mots qui signifient une chose ainsi que son contraire. Il y a par exemple ce qui à nos yeux s’apparentent à des contradictions le mot "Saleem", signifie celui qui est guéri, et celui qui vient d’être mordu par un serpent,

Le mot "Baseer", désigne une personne avec une vue perspicace, mais aussi un aveugle.

Le mot "Umma" qui est généralement traduit en nation, ainsi que l’entité qui suit et est guidée.

Je noterai également ces belles anecdotes : "On raconte que le grand poète et linguiste aveugle du XIe siècle, Abul-Ala Al-Maary a heurté au Souk un prince à la cour de Ibn Saleh Mirdas, le souverain du nord de la Syrie.

Le prince a perdu son calme, en voyant que le poète était pauvre, et les poètes pauvres, ne sont pas censés se frotter à la riche noblesse! Ce prince traita alors le poète de "chien ignorant". Abul-Ala répliqua aussitôt : "le chien parmi nous est celui qui ne connait pas les soixante-dix noms pour désigner le chien !"

Ces soixante-dix noms n’étaient pas tout à fait synonymes, car ils ne signifient pas tout à fait : «chien», plutôt, ils décrivent les conditions d’un chien, un chien enragé avait un nom différent d’un joyeux, le chien qui avait une oreille vers le haut et l’autre vers le bas a un nom différent de celui qui avait les deux oreilles, ou les deux oreilles vers le bas. Ce qui est vrai du chien est vrai de la plupart des autres créatures.

L’amour quant à lui possède plusieurs noms différents, dont chacun a une légère différence, mais critique de l’autre. "Hawa", est le goût léger, il comporte également un élément d’erreur, d’irrationalité, le vieux proverbe préislamique va : "Hawa fait perdre la raison".

Il y a le nom "ishq", qui vient de l’intrication de deux amoureux inséparables mais toujours indépendants et distincts, et encore le nom "Hayam" et "Fitna", ce qui signifie l’amour, l’engouement, le désir passionné, mais aussi guerre civile et illusion. Il y a le nom «Sakan «     pour décrire la relation entre les couples mariés. Le stade suprême de l’amour est, paradoxalement, "fanaa", ce qui signifie la non-existence. C’est le stade où les amoureux perdent leurs existences indépendantes et effectivement devenu l’un à l’autre.

La science du Tafsir (l’exégèse) du Coran est une discipline des sciences islamiques qui vise l'explication des termes du Coran et ce que l'on en tire d'enseignement1.

La discipline, ainsi définie, s'est dotée pour atteindre son objet, de connaissances et d'une méthodologie d’exégèse et d'interprétation du texte Coranique  pour en approfondir la compréhension c’est-à-dire qu’elle cherche à en saisir le sens immédiat des mots.  

Le terme «Tafsir» signifie «clarifier ce qui est obscur». C'est aussi, au passage, ce qui ressort du sens d'explication qui nécessite une interprétation pour en saisir le sens qui a un impact considérable sur la pensée religieuse musulmane. 

Quant à la culture arabe, elle a puisé l’essentiel de sa source dans le texte sacré de l’Islam lui permettant ainsi de mettre sur pied une approche et une pensée originales, comme l’a bien souligné Mohamed Arkoun "La pensée arabe a eu, avec le Coran, un départ fulgurant. Le Livre a ouvert des horizons si vastes, introduit des thèmes si denses, utilisé des moyens d’expression si exceptionnels qu’aujourd’hui encore il offre aux penseurs et aux chercheurs scientifiques d’inépuisables sujets à exploiter".

L’arabe et la pensée religieuse et scientifique

La langue arabe est intimement liée au développement intellectuel et spirituel du monde islamique. La science du Tafsir, l’exégèse coranique, illustre cette relation : elle cherche à clarifier le sens immédiat des mots du Coran et à en tirer des enseignements méthodiques. Mohamed Arkoun souligne l’impact du Coran sur la pensée arabe :

« La pensée arabe a eu, avec le Coran, un départ fulgurant. Le Livre a ouvert des horizons si vastes… qu’il offre encore aujourd’hui aux chercheurs d’inépuisables sujets à exploiter. »

Ainsi, la langue arabe n’est pas seulement un outil de communication, mais un vecteur de pensée, d’art et de science.

En final je voudrais partager des citations de personnalités qui furent fascinées par la langue arabe, bien que ces citations ne reflètent en fait que leur avis personnels. Parmi ces occidentaux, on trouve des penseurs, écrivains et orientalistes qui ont étudié la langue arabe et qui l'ont bien maîtrisée. D'autres, sont tombés sous le charme de cette belle langue

"La langue arabe est parmi les langues du monde les plus riches" – Freitag, Allemand

"L'imposant et l’éternel patrimoine arabe a prouvé qu’il est plus fort que toute tentative qui visait à repousser l’arabe littéraire de sa position dominante" – Johann Fuck, Allemand

"L’arabe a atteint, grâce au Coran, une extension qu’aucune autre langue, parmi les langues du monde, n’a jamais connue" – Karl Breukelman, Orientaliste allemand

"La chose la plus étrange qui est arrivée dans l'histoire humaine concerne la diffusion de la langue arabe. En effet, la langue arabe était inconnue, et soudainement, elle a connu une expansion pleine et complète. Cette langue n’a ni enfance, ni vieillesse. Elle a dépassé ses sœurs par la richesse de son vocabulaire, par la précision de ses termes et par la justesse de son système de construction et sa structuration." – Ernest Renan, Orientaliste français

"L’arabe est une langue extrêmement riche. J’ai appris à lire l’arabe à un certain moment, sans le comprendre. Ce qui est intéressant avec cette langue, par rapport à une autre, et moi je suis passionné par ça, c’est que lorsque vous apprenez l’arabe, vous connaissez la mentalité des gens. Mais si vous apprenez le français, vous ne connaissez pas la mentalité des francophones. C’est la construction, la création de cette langue qui est extraordinairement riche. Il y a des gens érudits qui, avec une seule lettre, ont écrit des bouquins entiers. C’est une langue qui, moi, me passionne." – Prince Laurent de Belgique

"Comment l’Homme peut-il résister à la beauté de cette langue, à sa logique et à son éblouissement unique? Même les voisins des Arabes, eux-mêmes, dans les pays qu’ils ont conquis, sont tombés sous le charme de cette langue." – Sigrid Hunke, Historienne des religions et écrivain allemande (1913-1999)

"L’une des caractéristiques les plus importantes de l’arabe est sa capacité à exprimer des significations secondaires que les peuples occidentaux sont incapables d’exprimer." – Régis Blachère, Orientaliste, islamologue et arabisant français (1900-1973)

Conclusion : fierté et universalité de l’arabe

La langue arabe possède des particularités et des nuances qui la rendent unique, tant à l’oral qu’à l’écrit. Sans chauvinisme, il est possible de reconnaître la beauté et la richesse de chaque langue, tout en valorisant fièrement sa propre culture. L’arabe incarne à la fois un patrimoine intellectuel et culturel majeur et un vecteur de dialogue universel.

À tous les arabophones : votre langue est véritablement magnifique !

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/