Iran/Etats-Unis: quand l’Iran sert d’épouvantail permanent

Iran/Etats Unis

Il existe une mécanique bien huilée dans la presse occidentale: présenter la complexité du Moyen-Orient comme une équation simple, presque scolaire. D’un côté, l’ordre, la rationalité stratégique et la sécurité collective incarnés par les États-Unis, Israël et leurs alliés. De l’autre, le chaos, la subversion et la menace permanente personnifiés par l’Iran. Le texte que j’ai sous les yeux s’inscrit parfaitement dans cette tradition. Il ne décrit pas la réalité : il la découpe, la sélectionne, la redessine jusqu’à la faire entrer dans un récit déjà écrit.

Car enfin, depuis quand un conflit régional se réduit-il à la dangerosité d’un seul acteur ?

On nous décrit l’Iran comme le cœur d’un réseau militaire tentaculaire, orchestrant milices et frappes à distance pour étendre son influence. Mais ce récit oublie opportunément que le Moyen-Orient n’est pas un échiquier où un seul joueur avancerait ses pions pendant que les autres se contenteraient de défendre leur roi. Les États-Unis maintiennent des dizaines de bases militaires dans la région. Israël mène régulièrement des frappes extraterritoriales. L’Arabie saoudite a conduit une guerre dévastatrice au Yémen. Cette réalité disparaît presque totalement du récit proposé, comme si la violence devenait légitime dès lors qu’elle émane du bon camp.

Il faut également refuser cette idée paresseuse qui consiste à présenter l’Iran comme l’ennemi naturel de tous les pays du Moyen-Orient. L’antagonisme central de Téhéran vise Israël, et cet antagonisme ne surgit pas dans un vide historique. Il s’inscrit dans une mémoire politique longue, qui commence avec le renversement en 1953 du Premier ministre iranien Mossadegh par une opération orchestrée par les services américains et britanniques. Cet épisode, fondateur pour la conscience politique iranienne contemporaine, a ouvert la voie à la dictature du Shah, régime autoritaire soutenu sans réserve par les puissances occidentales.

Curieusement, la révolution iranienne disparaît presque toujours du récit lorsqu’il s’agit de dénoncer la nature oppressive du régime actuel. Comme si l’histoire commençait soudainement en 1979, au moment précis où l’Iran cesse d’être un allié stratégique de l’Occident.

Depuis cette révolution, la République islamique vit sous un régime de sanctions économiques qui asphyxie sa population tout en consolidant paradoxalement ses élites sécuritaires. Mais là encore, la narration dominante inverse la causalité : les sanctions deviennent une réponse légitime à l’agressivité iranienne, jamais un facteur participant à son durcissement.

Plus révélateur encore est le traitement de la question nucléaire. Pendant des années, elle a servi d’argument central pour justifier pressions diplomatiques, sanctions économiques et menaces militaires. Aujourd’hui, elle semble reléguée au second plan, remplacée par un discours plus global sur la menace stratégique iranienne. Cette évolution pose une question simple et dérangeante :

Si l’objectif était réellement d’empêcher la prolifération nucléaire, pourquoi avoir saboté l’accord international qui encadrait précisément ce programme et dont les inspecteurs confirmaient globalement le respect ?

Et surtout, qui peut encore croire qu’un État déterminé à acquérir l’arme nucléaire pourrait être arrêté uniquement par la pression extérieure ?

La Corée du Nord offre depuis des décennies un démenti cinglant à cette croyance. Elle a développé son arsenal dans un isolement quasi total. Imaginer que l’Iran, puissance régionale bien plus intégrée économiquement et stratégiquement, serait le seul cas où la coercition fonctionnerait relève davantage du pari idéologique que de l’analyse stratégique.

La presse Occidentale reproduit également une simplification commode en décrivant les Houthis, le Hezbollah ou certaines milices irakiennes comme de simples marionnettes de Téhéran. Cette vision nie les dynamiques locales, sociales et politiques qui nourrissent ces mouvements. Elle permet surtout de transformer chaque conflit régional en projection directe d’un affrontement global avec l’Iran, légitimant ainsi une militarisation permanente des relations internationales.

Et c’est bien là le cœur du problème. Derrière l’apparence d’analyse stratégique, ce type de discours fabrique une vision du monde où la guerre devient non seulement probable, mais presque nécessaire. Chaque tentative de compromis est décrite comme une faiblesse. Chaque désescalade comme une victoire offerte à l’adversaire. La diplomatie y apparaît comme une naïveté dangereuse, et la démonstration de force comme la seule langue compréhensible.

Pourtant, l’histoire récente devrait inciter à un peu de modestie. Les interventions militaires occidentales ont rarement stabilisé durablement la région. Elles ont souvent produit l’effet inverse, alimentant radicalisations, effondrements étatiques et cycles de violence sans fin. Les démonstrations spectaculaires de puissance navale ou aérienne fascinent les commentateurs stratégiques, mais elles laissent derrière elles des territoires fracturés et des sociétés durablement déstabilisées.

À force de présenter le Moyen-Orient comme un champ de bataille inévitable entre blocs irréconciliables, on finit par rendre cette guerre presque naturelle, presque inéluctable. C’est peut-être là la fonction réelle de ce type de discours : non pas analyser le conflit, mais préparer les esprits à son acceptation.

Car la guerre commence rarement avec les missiles. Elle commence avec les récits qui la rendent pensable.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

 

France : les enfants de la patrie n’attendent plus leur jour de gloire !

enfant de la patrie

Quand on regarde les événements récents de la France, les hauts et les bas s'enchaînent à toute allure, enfin, il y a surtout des bas. On remarque que la plupart des Français sont toujours plus exaspérés et les questions migratoires qui leur semblent être une profonde source d’angoisse. Ils sont de plus en plus en colère contre les émigrés qui, pour eux, sont les principaux responsables des maux de la France, juste un faux sujet déchirant qui n'a pas lieu d'être et qui ne va servir qu'à diviser l'ensemble de la société française, noyautées par une certaine idéologie, qui avance comme justification que tout ce qui ne va pas en France est la faute de  l'immigration et cela en est devenu nauséabond ?  Un véritable piège.

Par devoir de mémoire collective, ces immigrés n'ont pas seulement construit ou reconstruit la France, ils sont la France dans toute sa diversité et sa richesse, sans oublier que la France est le résultat de ces cultures venues d'ailleurs pour écrire son l'Histoire, surtout en ces périodes où la légitimité même des immigrations semble être l’objet d’un débat polémique. Alors, il paraît nécessaire de dénoncer le fantasme aussi malhonnête que caricatural du grand remplacement.

Comment peut-on croire encore au énième revirement des paltoquets partisans, avec un Zemmour en figure de proue, pour une montée des deux extrémités de l'échiquier politique et leur crainte de ne pas être réélu, ainsi L'immigration est devenue un problème essentiellement sociétal, il est donc complètement politique.

Ils ne reprennent sur l’immigration (Le mot  immigration a été compris par un grand nombre de français comme un synonyme d’Arabe ou noir) en l’édulcorant que le programme de l’extrémisme tout en continuant de le vilipender, mais les français aux comportements erratiques, sont morts de peur, soumis, sans convictions. Et dans le chaos qui s’annonce, ils gémiront, pleureront, et se défausseront sur l’autre (l’immigré) des malheurs qui leur arrivent. Les Français dans l'état de sidération de celui qui est sonné par une annonce tragique et n'arrive pas à comprendre ce qui lui arrive. Dans le fond, ils ne méritent que cela.

Depuis toujours, chez le Français, avec un moralisme décevant, entre mauvaise foi d’un côté et sermons moralisants de l’autre, se cache des aigreurs anciennes, des ressentiments obscurs, que nourrit un discours anti-étranger et anti-musulman  et qui rend le mal plus absolu en France, au-delà encore de la délinquance, de la drogue, et de l’islamisme, c’est raciste, ce racisme décadent  des élites intellectuelles, ce racisme qui perfuse dans la société un concentré de dévouements, ce racisme qui salit tout en nivelant par le bas et qui disperse des valeurs d’humanisme en prétendant que tout vaut tout et que tous valent tous.

Avec toute cette haine typiquement française, il est plus difficile pour les Français musulmans pratiquants de se sentir respectés, acceptés et donc de se sentir pleinement citoyens de ce pays qui se crée une crise de l’Islam au lieu de l’exacerber, les normes françaises en matière de liberté religieuse doivent être hissées afin que davantage de musulmans puissent réellement bénéficier de la liberté, cela les encouragerait à briser définitivement la vision coercitive de l’islam. Ce racisme des pseudos-démocrates qui détestent tant que les opinions contraires aux leurs et qui ne rêvent que de couper les têtes qui dépassent de la doxa. Toujours au motif de la suprématie raciale, cet angle diabolisant devenu un cri de ralliement pour les identitaires, en répétant les mêmes vieux poncifs de la bien-pensance sur l’immigration de masse ! Toujours cette obsession identitaire, cette panique nationaliste et cette peur d’un métissage qui ruinerait la pureté de, je ne sais trop quelle race.

La haine de l'autre, de ces méchants émigrés, devient alors la vertu, et le respect humain pour ces méchants déclarés devient la haine, c'est le procédé de toutes les idéologies de haine de l'histoire, faire de l'autre le méchant pour justifier la haine qu'on lui porte.

Les Français ont toujours cru, qu’ils allaient exporter leur culture, leurs valeurs et leur mode de vie à travers le monde. Or, on se rend compte que beaucoup de populations, à l’exemple du Maghreb et de l’Afrique, ne veulent pas s’européaniser et préfèrent conserver leur particularisme, leur histoire, leur culture. Je pense cependant qu’il faut s’en réjouir, car cela a conduit à des ingérences (coloniales) avec but d'aliéner, d’asservir puis de détruire. La France n’est plus rien sur le plan international et les peuples d’Afrique et du Maghreb   au fil de l’histoire se sont toujours débarrassés en temps de ceux qui venaient leur faire de la morale et s’enrichir sur leur dos.

À force de lire des médias, qui sont des instruments de propagande du pouvoir, les français y croient. C’est un fantasme, pourtant dans les faits, le français moyen peut constater que le pacte républicain est brisé. Une justice politisée au service des délinquants plutôt qu’aux citoyens, une  police encore moins vénérable, une éducation nationale avec la théorie du genre au fond de l'abîme. L'hôpital et la santé publique en général croulent sous la bureaucratie et la pénurie chronique de personnels soignants.

Ce qui fait florès en France, c’est bien les harpies du féminisme qui soulève l'acrimonie (dans la théorie du genre, le prosélytisme LGBT à l'école, le mariage et l'adoption homosexuel, la déconstruction de tout, l’abolition des réalités biologiques, etc.) par des revendications et s'inventent des combats, pour avoir le sentiment d'exister au lieu de vivre sereinement, leurs nouvelles luttes sur le droit à l’adultère ou encore que les hommes aussi pourront être enceinte, Il semble que ce soit désormais possible, puisque le planning familial le dit : il y a des hommes avec utérus.

Sur le plan politique, c'est l'insécurité croissante, les déficits persistants de la balance commerciale et un surendettement explosif, le désintérêt persistant des gouvernants pour le rétablissement de l'état de droit sur les manifestations. Ces facteurs justifient et amplifient la réalité de la décrépitude. La flagornerie revient à une méthode politique toujours plus infantilisante qui ne fait que masquer les difficultés internes toujours négligées.  Les médias à la solde d'un pouvoir corrompu font tout pour que cela se voie le moins possible, qu'ils profitent.

Le Chômage, un fléau de société, un problème de fond que la France plafonne à des plus 7% de chômeurs là où les autres pays sont à plus de 3%, malgré tous les secteurs où les entreprises ont du mal à trouver du personnel qualifié pour certaines tâches, voire encore plus grave pour des taches sans qualifications importantes, c’est vrai, la France dédommage plutôt bien et assez longtemps le chômage.

Plus que 5 millions de personnes sans travail en France.

Par ailleurs, l’Insee estime qu’il y a plus 2 millions de personnes en situation de grande pauvreté en France. Parmi elles, on trouve notamment les 300 000 personnes sans domicile fixe (SDF) que compte la France, d’après la Fondation Abbé Pierre.

Selon un sondage Opinionway, plus d'un tiers des 18 à 34 ans envisageraient un départ à l'étranger. « L'ampleur du chômage, et notamment celui des jeunes, constitue l'une des explications les plus plausibles à cette accélération soudaine d'expatriation des jeunes qualifiés. »

Constat qui résume et explique l'état du pays : la grande majorité des Français a la mentalité d’assisté, ne sont intéressés que par leurs consommations. Ils s’ironisent totalement de ce que devient le pays à partir du moment où ils sont assurés de trouver leurs grandes surfaces dans lesquelles ils se complaisent à acheter tant et plus, mais surtout au meilleur prix. Les politiciens n'ont aucun souci à se faire puisqu'ils protègent leur électorat avec l'éducation nationale, les hôpitaux et la médiocrité, au bout du tunnel, en utilisant toutes les arguties, les arguments, les règlements, les coups tordus possibles. Que les français ont été bercés par des allocations, des indemnisés en tout genre et n'envisagent même plus de prendre de risque et qu'ils s'endorment lentement bercés par ce doux refrain que les pouvoirs maintiennent et interdisent de contrarier et en achetant massivement la paix sociale à crédit. 

Un phénomène qui prend de l'ampleur et qui devient récurent sous le terme spécifique d’expatriés (au lieu d’émigrés) des français partent pour diverses raisons, et bien sur d'autres émigrés arrivent pour les remplacer. Des milliers de Français s’expatrient chaque année Les expatriés sont donc Français angoissés, 93 % se déclarent satisfaits de leur expatriation.

Cette satisfaction se manifeste notamment dans l’écart entre la durée d’expatriation initialement prévue et la durée d’expatriation effective. "Les répondants déclarent qu’ils prévoyaient de rester sept ans en moyenne dans leur pays d’accueil, mais au moment de l’enquête, ils y sont déjà depuis 20 ans en moyenne", remarque L’Observatoire de l’expatriation.

Par ailleurs,  de plus en plus de retraités ont fait le choix de s’installer à l’étranger pour y vivre leur retraite. Les raisons qui les ont incités à s’exiler sont nombreuses : discrimination et stigmatisation liées à l’âge (voir notamment l’attitude infantilisante et discriminatoire du gouvernement à l’égard des seniors lors de la crise sanitaire de la Covid-19), érosion du pouvoir d’achat, manque de respect et de considération, fracture générationnelle, …

Les retraités s’expatrient pour un pays plus chaud que la France (Grèce, Portugal, Maroc, Tunisie, Thaïlande, …), pour une meilleure qualité de vie et un meilleur pouvoir d’achat grâce à une fiscalité plus avantageuse.

La France est devenue un pays miné par l’insécurité et paralysé par la bureaucratie et la fiscalité. La France a aussi changé du fait un pays qui prend feu, au sens propre comme au sens figuré, qui pourrait être un marronnier, confirme l'importance de l'insécurité, de l'immigration incontrôlée, de l'effondrement de ses valeurs, du racket fiscal et social, ainsi que de l’ombrage sociale.

La crise migratoire n’est pas une fatalité, les pouvoirs successifs, surtout le dernier ont souhaité et permis cette invasion, sinon il aurait déjà mis un terme à ce fléau en arrêtant les ONG et passeurs qui y trouvent leurs intérêts !  

Cependant il faut saisir que l'insécurité n’est pas complètement liée à l'immigration, la perte culturelle de la France n’est pas lié à une immigration incompatible avec cette dernière. L’individualisme forcené a pris le pas et permettra que la chute de ce pays arrive, pour le plus grand bonheur des racistes.

C'est la première fois de son histoire, que les Français doivent fuir leur propre pays. Dans un article intitulé «La fuite des cerveaux : septième frein à l’entreprise » publié en mars 2021, Claude Goudron du Cercle Frédéric Bastiat indique que « la France est le deuxième pays le plus touché au monde par la fuite de ses cerveaux, elle a un solde négatif de 130 000 alors que les Allemands ont un solde positif de 374 000 ! Le nombre de jeunes diplômés partant à l’étranger, estimés à 80 000 par an, a doublé ces dix dernières années !».

Ces données chiffrées sont inquiétantes. Elle confirme, comme l’écrit le Conseil d’analyse économique, que la France « parvient moins bien que d’autres pays à retenir ses étudiants étrangers » après leur diplôme, elle ne suscite que très peu d’intérêt auprès de l’élite intellectuelle française, à cause non seulement de son système fiscal, mais notamment pour l’absence de reconnaissance des mérites. Claude Goudron en conclut que « nous pourrions comparer la France à un pays sous-développé qui, faute de débouchés correctement rémunérés, inciterait ses ressortissants à émigrer sous de meilleurs cieux ».

Ces départs sont le signe visible d’un déclin du monde français, et résultent essentiellement du fait que les français eux-mêmes se désoccidentalisent.

La Dame France, avec ces dirigeants politiques, ses médias et ses sinistres polémistes, artisans de la division et de la haine, souscrit fortement à ces billevesées, ainsi, nous méprisons cette hypocrisie, ces indignations calculées,  qui aujourd’hui, dans ces organes de presse se font plaisir avec des clichés déformés,  et toutes ces déclarations et actions en la matière sont donc purement racistes, et visent principalement à tenter de faire oublier les très longues années de colonisations et de spoliations et dépouillement des richesses des colonies.  

L’immigration, où je dirais les musulmans de France, ont largement eu le temps de constater, durant ces deux dernières années, à quoi ressemble une société de l’inclusion, du vivre ensemble et de l’égalité, une société qui érige le « droit à la différence » comme repère d’une civilisation occidentale, c’est dire d’une population vidée de sa matière par un lavage de cerveau continu, qui les fait maintenir dans un monde virtuel, le reste du monde, en gros 80% de l'humanité, regarde ce monde occidental de plus en plus avec une immense perplexité

Je ne méprise pas La France, je n'ai simplement aucune fascination ou admiration particulière pour elle, en tant qu’Algérien, j’estime que nous avons en nous-mêmes, dans notre Histoire, dans notre civilisation Islamique, toutes les ressources, y compris sociales et spirituelles, pour nous régénérer.

Pour conclure et être plus clair, je donne tort à la France dont sa relation avec l’Algérie par manque de maintien, de tenue et surtout pour un orgueil colonial versé dans l’obscénité. La suprématie de cette civilisation en voie de pourrissement et son lot de valeurs inversées se trouvent, pour la première fois, frontalement contestées.

La France, n’est-elle pas la patrie autoproclamée des droits de l’Homme ?

On aimerait bien qu’elle s’occupe un peu moins des droits de l’Homme des autres  et qu’elle se préoccupe un peu plus sur le sort des siens.

Les enfants de la Patrie n’attendent plus leur jour de gloire !

Après ça, des journalistes et auteurs chéris, nous parlent de la méchante Algérie  anti-démocrate, certains ne font que répéter ce qu’ils estiment être la chose à dire pour garder l’emploi et la position sociale, voire être promus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

 

 

Le Makhzen Marocain aux jeux à la roulette russe!

Image Blog Kader Tahri

Il est pathétique de voir certains médias marocains se prendre pour des oracles géopolitiques et transformer chaque acte souverain de l’Algérie en catastrophe imminente. La “roulette russe” dont ils parlent n’existe que dans leur imagination, un écran de fumée destiné à masquer l’incapacité du Maroc à assumer sa propre politique intérieure et étrangère sans courir après la validation des puissances étrangères. Pendant qu’ils inventent des crises à chaque coin de phrase, l’Algérie agit avec lucidité, prudence et indépendance. Mais il faut avouer que la vérité dérange : un voisin qui refuse de se plier, qui défend ses intérêts et ses principes, ça ne se raconte pas dans des chroniques alarmistes, ça se vit sur le terrain.

Le Polisario, pour ces scribes marocains, devient le monstre absolu : un “proxy iranien”, un “danger terroriste” digne d’un blockbuster hollywoodien. On croit rêver. Défendre le droit du peuple sahraoui à exister, à revendiquer son identité et son avenir, est désormais un crime aux yeux de certains. Ce récit n’est pas une analyse, c’est de la propagande à l’état pur, un tissu de fantasmes et d’exagérations destiné à justifier les ambitions expansionnistes et à diaboliser l’Algérie. Chaque phrase trahit une obsession : peindre l’Algérie comme faible, isolée et dépendante, pour masquer l’extrême dépendance marocaine aux bonnes grâces de l’extérieur.

Et que dire des accusations sur les relations avec la Russie ? Acheter du matériel militaire, c’est garantir sa défense nationale et sa souveraineté. Mais pour ces chroniqueurs, l’indépendance d’Alger est un crime. Ils transforment un choix stratégique en “provocation internationale”, comme si la liberté d’un État devait être soumise à l’approbation de leurs fantasmes diplomatiques. Cette obsession pathétique à diaboliser l’Algérie révèle surtout leur impuissance et leur incapacité à défendre une politique crédible.

Au bout du compte, ce que ces textes cherchent à faire passer, c’est un mensonge grossier : l’Algérie serait isolée, fragile, en panne de diplomatie, et obligée de céder. La vérité, c’est exactement l’inverse : elle est souveraine, elle décide, elle négocie et elle impose sa voix sur la scène internationale. Le Maroc, lui, n’a trouvé de stabilité que dans la fiction qu’il invente autour du Sahara et de l’Algérie. Chaque chronique alarmiste est un miroir de ses propres faiblesses, de sa dépendance aux États étrangers et de sa panique à voir son narratif contesté.

Alors, aux chantres de la propagande et de l’alarmisme : continuez vos articles pathétiques et vos scénarios catastrophe. Pendant que vous fantasmez sur des menaces imaginaires, l’Algérie avance, forte, lucide et souveraine. Elle ne mendie pas la reconnaissance, elle n’implore pas le soutien de Washington ou d’ailleurs, et elle n’a pas besoin de transformer la réalité en un conte pour faire peur. L’histoire retiendra que les États qui se plient à la peur et aux mensonges des autres finissent par disparaître de la mémoire, mais l’Algérie restera, irréductible, fière et invincible.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

L’Algérie, une menace sous-estimée pour la France ?

Emble Algerien

Quand on regarde les événements récents de la France, les hauts et les bas s'enchaînent à toute allure, enfin, il y a surtout des bas et trop souvent il y a des politiques en prophètes, en grands visionnaires successifs, ne cadrent pas le jeu et leur trahison au peuple est bien là : L’Algérie, toujours l’Algérie et encore l’Algérie ……..

Il fallait bien que cela revienne. Comme les saisons, comme les rhumatismes impériaux, comme ces douleurs fantômes dont souffrent les membres amputés, la France médiatique redécouvre périodiquement l’Algérie… non comme un pays réel, mais comme un spectre utile.

Car voilà qu’à intervalles réguliers, l’Algérie redevient, dans certains studios parisiens saturés de nostalgie coloniale et d’angoisse identitaire, la menace du jour. Après la Russie, après l’Iran, après les banlieues, voici donc que l’Algérie toujours elle  se voit sommée de jouer le rôle de la conjuration nationale.

Il faut reconnaître à cette mécanique une admirable fidélité historique : depuis 1962, la France officielle a perdu l’Algérie, mais la France médiatico-politique refuse obstinément d’en faire le deuil.

La vieille recette : transformer un ancien dominé en danger permanent

La méthode est grossière, mais elle fonctionne. Elle repose sur trois leviers qu’on actionne avec la régularité d’un orgue funèbre.

D’abord, la dramatisation sécuritaire. On convoque les mots lourds : « déstabilisation », « menace », « influence », « infiltration ». Le vocabulaire n’analyse pas, il suggère. Il installe une atmosphère. Il transforme une relation diplomatique complexe en récit paranoïaque où l’Algérie cesse d’être un État pour devenir une intention malveillante.

Ensuite, l’amalgame civilisationnel, cet art ancien qui consiste à évoquer un pays pour aussitôt convoquer l’islam, puis l’immigration, puis la peur sociale. La logique est d’une simplicité enfantine : on remplace la géopolitique par la symbolique identitaire.

 L’Algérie devient alors moins un acteur international qu’un miroir commode des angoisses françaises sur elle-même.

Enfin, le soupçon diasporique, cette invention moderne qui permet de regarder des millions de citoyens ou binationaux non plus comme des individus, mais comme une masse potentiellement téléguidée par une puissance étrangère. Curieuse conception de la citoyenneté qui semble vaciller dès que le nom, la mémoire ou l’accent rappellent l’autre rive de la Méditerranée

Une propagande qui dit plus sur la France que sur l’Algérie

Car la vérité est moins flatteuse pour ses artisans : ce discours révèle surtout la difficulté persistante de certains cercles français à penser l’Algérie comme une souveraineté achevée.

L’Algérie doit rester, dans cette dramaturgie, un problème.
Jamais un partenaire normal. Jamais un État qui poursuit, comme tous les autres, ses intérêts.

On lui reproche son nationalisme, oubliant qu’il est né précisément d’une guerre où la France tenta d’éradiquer ce même nationalisme. On lui reproche sa mémoire, comme si l’histoire coloniale devait être rangée dans un musée discret, accessible uniquement aux historiens et jamais aux peuples qui l’ont vécue dans leur chair.

Il y a là quelque chose d’éminemment ironique : on exige d’un pays anciennement colonisé une maturité mémorielle que l’ancienne puissance coloniale peine elle-même à atteindre.

L’industrie française de l’ennemi nécessaire

Toute nation en doute cherche un miroir déformant. La France contemporaine, fracturée par ses propres tensions sociales, identitaires et politiques, a parfois trouvé dans l’Algérie un exutoire commode.

Lorsque l’intégration patine, on parle d’Alger.
Lorsque la diplomatie maghrébine échappe à Paris, on parle d’Alger.
Lorsque les fractures coloniales resurgissent dans la société française, on parle encore d’Alger.

L’Algérie devient ainsi une métaphore paresseuse permettant d’éviter les introspections douloureuses. Elle est le raccourci rhétorique qui évite d’affronter la complexité française elle-même.

La nostalgie impériale comme logiciel politique

Ce discours révèle surtout une chose : l’Empire a disparu géographiquement, mais il survit mentalement. Il persiste dans cette incapacité à admettre que l’Algérie n’est plus un prolongement contrarié de la République, mais un État étranger, doté de sa propre stratégie, de ses propres contradictions et de sa propre dignité.

L’Algérie est perçue non comme elle est, mais comme elle aurait dû rester : périphérie disciplinée d’un centre qui refuse d’avoir cessé d’être le centre.

Il faut voir avec quelle constance ce logiciel réapparaît dès que Paris perd un levier d’influence. L’Algérie n’est jamais accusée d’exister ; elle est accusée d’exister librement.

Le comique noir d’une peur sélective

Il y a, dans cette rhétorique, quelque chose de presque burlesque. Une puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité, héritière d’un des appareils diplomatiques les plus vastes du monde, qui tremblerait devant une conspiration algérienne diffuse orchestrée par des influenceurs et des souvenirs historiques.

La tragédie se mêle ici au théâtre de boulevard. La grandeur stratégique se dissout dans la panique identitaire. Et l’on assiste, médusé, à ce spectacle d’une ancienne puissance coloniale qui redoute moins les transformations du monde que le fantôme de son propre passé.

Ce que révèle vraiment ce discours

Il ne révèle ni une menace algérienne ni même une stratégie algérienne particulièrement singulière. Il révèle une chose infiniment plus simple et infiniment plus dérangeante :

La France n’a jamais complètement réglé sa relation psychologique avec la perte de l’Algérie.

Et tant que cette cicatrice restera ouverte, certains éditorialistes continueront d’y tremper leur plume pour écrire des récits où l’Algérie doit rester l’adversaire symbolique nécessaire à l’équilibre fragile du débat politique français.

Conclusion

L’Algérie n’est pas l’obsession de la France. C’est parfois la France qui demeure prisonnière de l’Algérie qu’elle a perdue.

Et plus ce passé refuse de mourir dans certains imaginaires, plus il ressuscite sous forme d’alertes sécuritaires, de soupçons civilisationnels et de discours prophétiques où l’analyse cède la place à la hantise.

Les empires meurent rarement d’un coup. Ils se prolongent longtemps dans les fantasmes de ceux qui ne savent plus très bien ce qu’ils sont devenus.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

L’humanité a un ennemi commun : Israël

Francesca Albanese

Il fallait s’y attendre. À chaque fois qu’une voix internationale s’aventure à égratigner Israël, la même cohorte d’éditorialistes surgit, haletante, l’extrême droite en robe de chambre civilisationnelle, pour sonner le tocsin moral. On dirait une brigade de pompiers pyromanes : ils accourent pour éteindre l’incendie qu’ils entretiennent avec application depuis des décennies  celui de l’immunité morale érigée en dogme géopolitique.

La phrase de Francesca Albanese ? Excessive, théâtrale, grossière comme une banderole de manifestation. Mais dans le grand cirque des indignations hiérarchisées, elle a surtout servi de prétexte idéal pour relancer le numéro préféré de certains éditorialistes : la Passion selon Israël, récit où l’État hébreu endosse simultanément le rôle du martyr éternel et du gendarme universel, crucifié par l’ONU tout en tenant le marteau.

Car dans ce théâtre, Israël n’est plus un État. Il est devenu une relique morale, une hostie diplomatique que l’on brandit pour bénir les bombes et absoudre les gravats.

L’ONU : ce repaire de barbares qui osent lire des rapports

Le réquisitoire contre l’ONU est désormais un classique du cabaret géopolitique. L’organisation serait une assemblée de tyrans en costume froissé, un syndicat d’autocrates jaloux conspirant contre la seule démocratie digne de ce nom. On croirait entendre un aristocrate outré découvrant que les domestiques ont accès à la salle de bal.

Le problème, évidemment, est que l’ONU ressemble au monde. Tragique faute de goût. Elle reflète ses contradictions, ses hypocrisies, ses brutalités. Elle ne fonctionne pas comme un club privé réservé aux puissances persuadées d’incarner la vertu occidentale sous cellophane.

Mais cette banalité est insupportable pour les nouveaux prêtres de la géopolitique morale. Ils exigent une ONU qui applaudirait Israël comme un public chauffé à blanc dans un gala patriotique, et qui réserverait ses condamnations aux ennemis officiels de l’Occident. Une ONU transformée en fan-club diplomatique, avec distribution de trophées et séance de selfies civilisationnels.

La démocratie, ce parfum qui couvre l’odeur de la poudre

L’argument massue surgit alors, tel un slogan publicitaire : Israël est une démocratie. Rideau. Silence dans la salle. Génuflexion collective.

Dans cette vision simplifiée à la truelle, la démocratie devient un parfum d’ambiance capable de masquer n’importe quelle odeur de poudre, de ruine ou de désespoir : les démocraties ont bombardée, colonisé, torturé et massacré avec une remarquable régularité. Elles l’ont parfois fait avec davantage d’efficacité bureaucratique que les dictatures. La démocratie n’est pas un certificat d’innocence ; c’est un système politique. Rien de plus, rien de moins.

Mais dans la mythologie éditoriale dominante, elle devient un talisman, un gri-gri juridique censé éloigner toute critique. Le droit international, lui, n’est toléré que lorsqu’il se comporte comme un majordome discret.

Israël, ce pays qui souffre tellement qu’il en oublie parfois de regarder qui souffre en face

Le tour de force rhétorique le plus spectaculaire consiste à maintenir simultanément deux récits contradictoires : Israël serait une forteresse surpuissante, mais aussi une victime existentielle permanente. Un colosse stratégique atteint d’une fragilité métaphysique chronique.

Ce récit fonctionne admirablement. Il transforme toute critique en agression et toute enquête en persécution. Il permet de présenter les rapports d’ONG comme des pamphlets militants, les décisions de juridictions internationales comme des crises d’hystérie diplomatique, et les souffrances palestiniennes comme des variables secondaires dans une équation sécuritaire sacrée.

Pendant ce temps, la réalité ce parasite obstiné continue d’exister : territoires fragmentés, populations enfermées dans des labyrinthes administratifs, violence cyclique devenue routine. Mais ces détails sont relégués au rang d’inconfort narratif. Ils gâchent la pureté du récit héroïque.

L’antisémitisme : le bouton rouge qui arrête la conversation

Et voici venir l’arme rhétorique suprême, le bouton rouge qui suspend toute pensée : l’accusation d’antisémitisme brandie comme un extincteur idéologique. Utilisée légitimement, elle est indispensable. Utilisée mécaniquement, elle devient un sédatif intellectuel d’une redoutable efficacité.

Car plus la critique d’Israël se fonde sur des faits, plus elle devient suspecte. Elle doit alors franchir un parcours d’obstacles moral où l’on exige qu’elle prouve sa pureté avant même d’être entendue. Pendant ce temps, les faits, eux, attendent poliment derrière la porte.

Ce procédé finit par produire un paradoxe sinistre : il fragilise la lutte contre l’antisémitisme réel en la transformant en outil diplomatique. À force de crier au loup à chaque critique d’un gouvernement, on finit par banaliser la présence des véritables loups.

Le grand carnaval moral

Nous vivons désormais dans un carnaval diplomatique où chaque camp se déguise en incarnation de l’humanité. Les uns brandissent la bannière de la civilisation assiégée. Les autres celle de l’oppression universelle. Les costumes changent, les slogans s’échangent, mais la tragédie continue, obstinée, indifférente aux performances oratoires.

Pendant que les tribunes s’écrivent avec une encre trempée dans l’indignation, les morts tombent avec une neutralité terriblement professionnelle. Ils ne votent pas, ne publient pas, ne participent pas aux plateaux télé. Ils ont la mauvaise habitude d’exister sans se soucier des récits qui prétendent les expliquer.

Le droit, cet empêcheur de croire en rond

Le droit international reste là, obstiné, gris, procédurier, incapable de produire des envolées lyriques. Il réclame des preuves, des enquêtes, des responsabilités. Autant dire qu’il est devenu l’ennemi naturel des prophètes médiatiques.

Car le droit, lorsqu’il fonctionne, détruit les mythologies confortables. Il rappelle que la puissance n’est pas un argument et que la souffrance n’est pas un monopole.

Mais le droit est ennuyeux. Il ne fait pas vibrer les plateaux télé. Il ne permet pas de distribuer des certificats de civilisation comme des prospectus électoraux. Alors on le cite, on le brandit, on le tord, puis on l’abandonne dès qu’il devient contraignant.

Et pendant ce temps…

Pendant ce temps, le conflit continue, imperturbable, comme un mécanisme rouillé qui tourne sans plus personne pour le réparer. Les éditorialistes distribuent les rôles d’anges et de démons, les diplomates collectionnent les communiqués, et les populations continuent de payer la facture humaine d’un débat transformé en opéra moral grotesque.

La véritable obscénité n’est pas l’excès verbal d’une rapporteuse internationale. Elle est la transformation systématique d’une tragédie humaine en concours d’indignations performatives.

Car au bout du compte, derrière les tribunes enflammées et les sermons civilisationnels, une vérité demeure, froide et implacable : les bombes n’ont jamais lu un éditorial. Et elles s’en portent très bien.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/

 

 

Ksar Ich dans la zone de Figuig un territoire Algérien exploité par le Maroc:

Region de Beni Ounif Algerie
 

Chronique d’un conte marocain :

Ah, Figuig ! Ce petit village de 20 familles que l’on transforme en tragédie nationale au fil des bulletins alarmistes. On croirait lire un feuilleton de cape et d’épée : chaque olivier fouetté par le vent devient symbole d’une souveraineté bafouée, chaque berger un héros de l’histoire contemporaine. Et qui mieux qu’un chercheur « originaire » pour nous narrer, d’un ton solennel, que l’Algérie ourdit un plan diabolique depuis 1845, ou presque ?

Que les sujets de sa Majesté du Makhzen puissent, s’installer confortablement : voici l’épopée moderne de  Ksar Ich, ce petit village de 20 familles qui, sous la plume tremblante de Yabiladi et de son héraut Ahmed Noureddine, devient le théâtre d’une apocalypse frontalière. Chaque olivier fouetté par le vent se transforme en symbole de souveraineté volée, chaque berger en martyr de l’histoire.

L’Algérie ? L’ogre. Le Maroc ? Innocent, fragile, éternellement assiégé. Et les Marocains, lecteurs, sont priés de trembler.

L’article déborde de cette habile rhétorique de la peur : incursions, vols, intimidations, meurtres… Une accumulation digne des feuilletons les plus outranciers. On y lit que des soldats algériens, décidément omniprésents, dépouillent des enfants au bord des oueds, arrêtent des paysans, et tirent sur les oliviers comme si c’était des cibles militaires. Tout cela se déroule « au nom de la frontière » — ou plutôt, au nom du sensationnalisme. Le traité de 1972 ? Évoqué comme un talisman, jamais expliqué. Chaque violation alléguée est transformée en preuve du complot algérien universel.

L’histoire se déploie dans un mélange savoureux d’anachronismes : la bataille d’Amgala devient le joker pour annuler 1972 et réinventer le droit territorial selon le souhait du narrateur. Le lecteur sérieux est prié de suspendre son sens critique et de suivre le script : victime, agresseur, répétition dramatique. Aucun espace pour la nuance, aucune marge pour l’examen rationnel : le village de Figuig devient un condensé de pathos, un prétexte pour une épopée nationaliste de pacotille.

Mais ne vous y trompez pas : ce récit n’est pas innocent. Il est un chef-d’œuvre de propagande déguisée en reportage, une mise en scène où chaque phrase est calibrée pour faire bouillir le sang et gonfler l’indignation patriotique. La nuance historique ? On l’éclipse. Le contexte juridique ? On le zappe. Le lecteur est censé se scandaliser, frissonner, trembler pour chaque olivier.

Et derrière le drame, derrière les outrances, transparaît la véritable comédie : l’obsession d’un pays à se peindre en victime éternelle, à transformer chaque incident local en acte de guerre national, à exploiter l’ombre d’Agadir et d’Amgala pour justifier un récit sans fin. Figuig, ce n’est pas un village, c’est une scène de théâtre où la politique-fiction se déguise en reportage.

En fin de compte, le véritable danger n’est pas là-bas, au bord de l’oued, mais dans cette presse qui confond patriotisme et propagande, peur et information. Lire Yabiladi à ce sujet, c’est comme assister à une tragédie grecque où tout le monde sait déjà qui est le méchant, qui est la victime, et où chaque mot pèse plus par sa dramaturgie que par sa véracité.

Figuig brûle peut-être dans le vent du désert. Mais ce qui brûle vraiment, c’est l’intelligence du lecteur, étouffée sous un monologue patriotique calibré pour l’indignation, le pathos et la peur. Et ce feu-là, aucun olivier ne pourra jamais l’éteindre.

La prose de Yabiladi et de son porte-voix Ahmed Noureddine est un modèle du genre : accumulation d’épisodes dramatiques, citations anxiogènes, et références historiques ponctuées comme autant de preuves irréfutables.

On apprend ainsi que la frontière, cette ligne arbitraire tracée sur des cartes poussiéreuses, est systématiquement violée par des « soldats algériens » qui, paraît-il, dépouillent les enfants sur les berges de l’oued Zouzfana. La peur et l’angoisse servent de décor à un récit où l’Algérie est l’ogre, le Maroc le doux villageois innocent.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »  
https://kadertahri.blogspot.com/