![]() |
| le fou du Roi |
Madrid,
capitale du café, des tapas… et apparemment du grand démasquage diplomatique.
Selon la chronique marocaine, l’Algérie y aurait enfin enlevé son masque : l’«observateur»
n’est plus un simple spectateur. Suspense : elle est désormais coupable. Culpabilité ?
Participation ? Peu importe, la répétition suffit à convaincre.
Acte I : La posture improbable
Dans son Tberguig,
la presse courtisane du Makhzen nous dit :
« Comment se dire extérieur à un conflit
tout en accompagnant chacune de ses inflexions… »
Ah ! La
logique implacable du pamphlet : si tu existes dans une pièce, tu es déjà
complice. Participer à une table ronde devient crime de guerre, rester
silencieux devient aveu de culpabilité. La diplomatie est ici réduite à un
théâtre de polar, avec un casting accusatoire.
Acte II : Le Polisario, ce
bouc émissaire
Avec son Tberguig
la presse courtisane du Makhzen nous apprend :
L’accueil du
Polisario est présenté comme preuve irréfutable de « rôle actif dans le
conflit ». Fantastique : ouvrir une porte à des réfugiés, c’est désormais
déclarer la guerre. Prochainement, respirer le même air qu’un diplomate rebelle
sera un crime. Le texte transforme la générosité et le droit d’asile en
forfaits militaires. On applaudit la créativité rhétorique, mais la
géopolitique en prend un coup.
Acte III : La reconnaissance
implicite
Dans son Tberguig,
la presse courtisane du Makhzen nous dit :
« …épisode
interprété comme la reconnaissance implicite d’un rôle déterminant… »
Traduction :
vous étiez assis à la table ? Vous êtes déjà coupable. C’est élégant, poétique…
et faux. La présence à Genève ou Madrid ne fait pas d’un État un acteur
invisible du conflit. Mais pourquoi laisser la réalité briser un bon scénario
du Makhzen ?
Acte IV : Résolution 2797 ou
le triomphe annoncé
Avec son Tberguig
la presse courtisane du Makhzen dit :
Le texte nous vend la résolution comme une victoire définitive du plan marocain. Oh ! Quelle surprise : un document qui qualifie une proposition de « sérieuse et crédible » devient une déclaration universelle de victoire. Prochainement, on verra le dictionnaire se plier aux éditoriaux. La rhétorique triomphe de la logique.
Acte V : Silence = aveu
Dans son Tberguig,
la presse courtisane du Makhzen nous dit :
« …la manière la plus sûre de ne pas être
associé à une dynamique aura été de ne pas en parler. »
Silence
algérien = confession implicite. Voilà la lecture psychologique la plus pratique
depuis Freud : ne rien dire devient preuve de culpabilité. Une merveille de
sophisme, empaquetée dans une formule journalistique chic : « silence
très bavard ». À ce stade, respirer serait déjà suspect.
Acte VI : Le grand final
Avec son Tberguig la presse courtisane du Makhzen nous apprend :
Madrid
devient le théâtre cosmique où l’Algérie est enfin démasquée. La fiction de l’«observateur»
se termine : participation = implication, silence = aveu, réunion = preuve de
culpabilité. Tout est clair ! Enfin, pour ceux qui ont fermé les yeux sur le
droit international, l’autodétermination et les règles de la diplomatie
multilatérale.
Épilogue :
Ce texte
n’est pas une analyse, c’est un pamphlet. Chaque phrase est une flèche, chaque
omission un artifice. Les faits sont pliés, la spéculation est reine, la charge
émotionnelle omniprésente. Madrid n’était pas un dialogue, c’était un remake de
Sherlock Holmes où la seule vérité admise est celle du scénario marocain.
Le rire
noir ? Il est dans la prétention : transformer des interprétations en
certitudes, des silences en aveux, et des tables rondes en champs de bataille. Très
certainement lié à la consommation de Hachisch et l’oisiveté qui favorise la
curiosité. On regarde, on commente ce qu’on a vu ou pas vu, on diffuse une
information, il peut aussi s’agir parfois d’une sorte de chasse au scoop. Chapeau
pour le style, mais un peu de réalité ne ferait pas de mal.
Devant un
tel enthousiasme pour la médisance et le commérage marocain, ainsi que toutes
les élucubrations journalistiques marocaines, la tête en l’air, gobent les
mouches, nous, Algériens, avons préféré ne rien dire !
A/Kader
Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
« Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient
comme ça. » https://kadertahri.blogspot.com/

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire