Affichage des articles dont le libellé est boycott diplomates ONU. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est boycott diplomates ONU. Afficher tous les articles

De qui les États-Unis sont-ils le proxy ? (Archives)

Regardez-les. Admirez la diplomatie des carnassiers. Les sionistes au pouvoir n’ont pas d’alliés, car leurs plus purs instincts les poussent irrépressiblement vers la destruction de l'Autre et leur propre suicide politique. C’est une loi élémentaire de la physique sociale : on ne règne pas en célébrant le culte de la mort, et on ne conserve pas un réseau d'amis quand on s'est mis la terre entière à dos. L’« alliance sacrée » entre Tel-Aviv et Washington, agrémentée des platitudes complices des régimes européens, n'est rien d'autre qu'un pacte entre caïds du crime organisé. Une association de malfaiteurs qui s'embrassent le matin et se sauteront à la gorge au tout premier signe de faiblesse l'après-midi.

Mais après tout, le prétendu « monde libre » semble pris d'une crise de démence suicidaire. Il accepte sans broncher d’être gouverné par un aventurier de foire comme Donald Trump ou par la brochette de jean-foutre qui font office de dirigeants en Israël et à travers l'Occident. Une jeunesse crédule se laisse ferrer par des charlatans politiques et des démagogues toxiques, Netanyahou en tête. Et pendant ce temps, les foules écoutent les prières des fous en guerre ouverte contre la raison. C'est un grand marché de la connerie : d'un côté, des écologistes de pacotille qui exploitent des angoisses légitimes pour refourguer de la contrefaçon scientifique ; de l'autre, des complotistes en roue libre qui voient la main du Diable chez les Francs-Maçons, les satanistes pédophiles ou les extraterrestres.

Ajoutez à ce tableau d'honneur l'effondrement méthodique de l'école publique, la promotion active de l'obscurantisme, la tolérance béate pour les trafics, le vandalisme et les incendies volontaires... Si la France, l'Espagne, l'Italie ou la Grande-Bretagne deviennent invivables parce qu'une trop grande partie du corps social refuse de se comporter en citoyens, et si l'on continue de décréter qu'il faut dépendre à 100 % de l'étranger pour leurs besoins vitaux à commencer par de quoi manger, soyons clairs : l'Occident ne va rien « vaincre » du tout. Il va tout simplement crever.

Regardons les chiffres, la froide réalité : les États-Unis, c'est 4 % de la population mondiale, 14 % de la production de la planète et 13 % des importations globales. Pour maintenir leur statut d’hégémon absolu avec un tel différentiel, ils n'ont pas cinquante options : il leur faut une politique de prédation pure, financer le chaos et organiser la nuisance globale pour étouffer préventivement le moindre rival. Une stupidité d'une paresse intellectuelle crasse, équivalente à ce socialisme de bazar qui s'imagine que l'économie mondiale est un gâteau à taille fixe qu'il faudrait voler avant que le voisin ne le croque.

Pendant ce temps, le vent tourne. On ferait bien d'abandonner l'expression condescendante de « Sud global » pour celle, autrement plus factuelle, de Majorité mondiale. L'Inde et le Brésil, deux des piliers fondateurs des BRIC, sont des démocraties parlementaires. L'Afrique du Sud, qui les a rejoints pour former les BRICS, cherchait avant tout à se prémunir du terrorisme et de l'extrémisme religieux. Car chacun sait  ou devrait savoir que le fanatisme takfiriste (Daeech) a été méthodiquement manipulé et instrumentalisé par la CIA pour déstabiliser les États souverains, qu'ils soient laïcs ou non. Petit détail savoureux pour l'Histoire : le plus ancien manuel retrouvé du parfait petit soldat takfiriste avait été imprimé très officiellement dans le Montana. Comme c'est étrange ! Le hasard fait décidément bien les choses.

 

Ce qu'il y a de formidable avec la bande de voyous qui sert de guides, c'est qu'ils finissent toujours par avouer la bouche enfarinée. Comme par exemple quand ils ont vu les pétromonarchies du Golfe entamer une romance diplomatique avec Pékin, leur premier cri du cœur n'a pas été « La démocratie est en danger ! », mais un sublime : « Oh merde ! Ce sont les Chinois qui vont foutre la main sur leurs ressources, et pas nous ! » Le masque tombe, la nudité de l'impérialisme apparaît dans toute sa splendeur.

Cette supériorité odieuse des États-Unis  que tout cœur authentiquement progressiste a le devoir moral de haïr, comme on haïssait au XIXᵉ siècle l'infâme Angleterre et son peuple de boutiquiers cyniques  est peut-être enfin sur le point de toucher à sa fin. On reste halluciné en observant les successeurs de Washington, Jefferson, Lincoln et Roosevelt emprunter leurs méthodes de gouvernance directement aux pires Gouvernements  despotiques d'Ouganda d’Israël.

Rendons toutefois à César ce qui lui appartient : à côté du vol, de la rapine et de la force brute impériale, l'Amérique a aussi compté une véritable étincelle de créativité, une intelligence vive et une collection impressionnante de Prix Nobel. On y croise des Japonais, des Chinois, des chercheurs issus de tous les peuples de la Terre. Rendons-lui cet hommage : une nation capable d'attirer et d'accueillir autant de découvreurs n'est pas entièrement méprisable.

Mais la réalité du terrain rattrape le théâtre des ombres. La profondeur de l’isolement international d’Israël est devenue totale, bien que scrupuleusement masquée par le filtre complaisant des médias de grand chemin. À l’Assemblée générale de l’ONU, Netanyahou est venu pérorer depuis la tribune devant une salle quasiment vide.

Ces images ne mentent pas. Regardez ces dizaines de délégués quitter la salle en signe de protestation dégoûtée dès que le premier ministre israélien s'avance vers le micro. Heureusement que la honte ne tue plus depuis longtemps, sans quoi les travées seraient jonchées de cadavres. Car il n'y a pas de mots pour qualifier la veulerie de ces diplomates restés sagement assis. Dans ce désert de courage, saluons la lucidité des interventions du président iranien, du président turc ou du roi de Jordanie, qui ont au moins eu la décence de nommer les choses et de condamner sans détour le génocide en cours à Gaza et en Cisjordanie.

A/Kader Tahri / Chroniqueur engagé, observateur inquiet
«
Il faut dire les choses comme elles sont, mais refuser qu’elles soient comme ça. »